Alain JOYEUX expose à Terre-de-Bas

Un vernissage sous l’égide de l’OMCSL

aloa-006C’est le samedi 25 février 2017 à 11 heures qu’a eu lieu à l’OMCSL de Terre-de-Bas le vernissage de l’exposition de peinture d’Alain Joyeux. La trentaine de toiles présentée par l’artiste a vu la visite dès ce premier jour, des amateurs d’art des deux îles. Ceux de Terre-de-Haut, s’étant rendus sur place par navette maritime et bus, ont profité pour la plupart, après le vernissage, d’une halte-déjeuner dans les restaurants du lieu pour déguster poisson lion ou coffre grillé préparé à la mode locale. Prévue pour durer jusqu’au 4 mars, cette exposition se transportera bientôt pour partie à Terre-de-Haut après cette date, et sera visible quelque temps à l’Hôtel LÔ Bleu qui a mis gracieusement ses murs à la disposition de l’artiste pour une exposition temporaire.

Une initiative de Léonie Samson-Maisonneuve

img_9960C’est à l’initiative de la très active responsable de l’OMCSL de Terre-de-Bas, Léonie Samson Maisonneuve, que cette exposition initialement prévue à la Désirade et reportée à une date ultérieure a pu avoir lieu. Monsieur Vincent, Président de l’Office Municipal de la Culture et Monsieur Sully Duval, premier magistrat de la commune, accompagné de son épouse et d’adjoints au maire disponibles, ont honoré de leur présence cette originale manifestation qu’ils ont particuliè-rement appréciée, tout comme le public qui s’était déplacé et à qui une collation bien venue a été offerte. Alain Joyeux a pu commenter ses tableaux et son travail de création et répondre aux questions des visiteurs comme à celles du correspondant du quotidien France-Antilles dont nous publions ci-dessous le compte-rendu paru dans l’édition guadeloupéenne du 2 mars 2017. Regrettant que de telles manifestations culturelles n’aient pas lieu plus souvent, le maire, monsieur Duval s’est félicité en aparté que Terre-de-Bas puisse disposer d’une salle communale comme l’OMCSL pour recevoir les artistes et leurs œuvres, proposer aux  enfants des activités régulières et permettre aux habitants d’assister à des conférences, des représentations théâtrales, des concerts et des expositions épisodiques d’artisanat… Ce que, hélas, ajouterons-nous, Terre-de-Haut est dans l’incapacité d’offrir à ses administrés, notre commune ne disposant que d’une petite structure vieillissante et inadaptée, tirant financièrement le diable par la queue, et que Johana Sigiscar, la responsable méritante, tente, tant bien que mal, d’animer avec les moyens du bord.

L’article de France-Antilles

article-france-antille-fev-2017-1

Pour faire davantage connaissance avec Alain Joyeux

foto-alainNé à Lyon en 1969 et diplômé de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de cette ville, Alain Joyeux a vécu une partie de sa petite enfance à Terre-de-Haut. Il a enseigné les Arts plastiques dans un établissement de Pointe-à-Pitre et au collège de Terre-de-Bas. Après avoir exercé en Suisse comme travailleur social, il est actuellement employé à l’Ecole Steiner de Saint-Genis-Laval près de Lyon. Son activité parallèle d’Art-thérapeute indépendant lui permet de s’adonner à sa passion, la photographie, le dessin et la peinture. Pour mieux le connaître et accéder à son œuvre, je vous propose, si vous le souhaitez,  en le remerciant, lui et les organisateurs,  pour cette belle exposition, de le retrouver sur les liens suivants :

http://joyeuxart.blogspot.fr
https://raymondjoyeux.com/2015/01/19/alain-joyeux-ou-linspiration-tropicale/

 public-alainTexte et Photos : Raymond Joyeux

Publié dans Artistes saintois | 5 commentaires

Mini concert à Terre-de-Haut

Un ensemble vocal venu de Franche-Comté

orguesLe jeudi 23 février à 16 heures, l’ensemble vocal Chœur Opus 39 se produisait en l’église de Terre-de-Haut sous la direction de Christian Bacheley, en présence d’un public clairsemé mais attentif et sous le charme. C’est à l’initiative des Orgues de Guadeloupe, Association musicale bien connue, présidée par Joël GUSTAVE dit DUFLO, que cette chorale a été invitée dans le cadre du deuxième Festival International d’Orgues de l’association. « Festival qui promet, selon le mot de son président, de grands moments d’émotion autour de la musique où nous l’espérons tous nos amis mélomanes et néophytes trouveront leur compte. »  Ce  fut sans conteste le cas aux Saintes ce jeudi où ce type de manifestation plutôt rare chez nous, avouons-le, mérite d’être davantage signalé et encouragé par une assistance plus fournie afin d’inciter les organisateurs à nous rendre visite plus souvent pour le plus grand bonheur des amateurs saintois et visiteurs de musique et de chant.

orgue-1

Le Chœur Opus 39

Créé en 1991 à l’initiative de Christian Bacheley, le Chœur Opus 39 est un ensemble mixte réunissant une cinquantaine de choristes amateurs de la région d’Arbois. Il a pour vocation d’interpréter des œuvres majeures puisées dans le répertoire de musiques sacrées, seul ou en association avec des orchestres et des artistes lyriques : Credo et Gloria de Vivaldi, Missa Criolla de Ramirez, Carmina Burana de Carl Orff, Requiem de Mozart, Petite Messe solennelle de Rossini, Musique pour les Funérailles de la reine Mary de Purcell, Requiem de Fauré, Oratorio de Noël de Saint-Saëns, Te Deum et Messe de Minuit de M-A. Charpentier, Deutsche Messe de Schubert, Requiem de Michaël Haydn…
Le Chœur Opus 39 a également le goût du voyage. Il s’est déplacé aux Etats-Unis (Iowa et Wisconsin) en 2008, puis à Prague en 2011, à Barcelone en avril 2013 et enfin en Guadeloupe en février 2017.

orgue-2

Christian Bacheley,
organiste, pianiste et chef de chœur

img_9924-copieAprès avoir commencé l’étude de l’orgue à Besançon, Christian Bacheley est admis au Conservatoire de Lyon. Poursuivant son parcours musical comme Directeur de l’EMM d’Arbois de 1983 à 2015, puis comme titulaire de l’orgue de l’église Saint-Just de cette ville depuis 1985, il fonde en 1991 le Chœur 0pus 39 qui nous rend visite aujourd’hui. Organiste et pianiste soliste, il est aussi souvent amené à accompagner chanteurs et instrumentistes dans un art qu’il affectionne particulièrement. Sa carrière de concertiste lui permet de jouer en récital ou avec diverses formations instrumentales et vocales, en France et à l’étranger. À Paris, il a donné des concerts à la cathédrale Notre-Dame, en l’église de la Trinité et à la chapelle de la Salpétrière. Directeur artistique du « Festival International d’Orgue d’Arbois », il s’est produit en France dans divers festivals renommés : Bourges, Carcassonne, Mougins… En 2012, il a donné cinq récitals au Canada et s’est produit entre autres en Suisse, Allemagne, Pologne, Angleterre, Italie…

Le concert de Terre-de-Haut :
de Mozart à Léonard Cohen

Ce jeudi 23 février, le public présent en l’église de Terre-de-Haut a pu apprécier un programme de choix, raccourci cependant par la nécessité de reprendre la navette de Trois-Rivières à 17 heures. En un peu moins d’une heure cependant les choristes de Chœur Opus 39 nous ont gratifiés de l’Ave Verum de Mozart, d’un ensemble d’œuvres de John Rutter, du Notre Père de Duruflé, du Benedictus de Jacob De Haan, de File la laine de Robert Marcy et Marcel Corneloup, des Saltimbanques de Guillaume Apollinaire et Louis Bessières, de l’Alleluia enfin de Léonard Cohen. Pour ce dernier chant très applaudi, l’ensemble « À Cœur d’Hommes » de Guadeloupe s’est joint aux choristes d’Artois, ajoutant ainsi une note créole à la prestation de nos amis de Franche Comté.

orgue-4

Un grand remerciement aux organisateurs et aux interprètes

En terminant cette chronique, nous nous permettons de nous faire le porte-parole de l’assistance de ce jeudi 23 février 2017 à Terre-de-Haut pour remercier chaleureusement les organisateurs de ce mini-concert en la personne de M. Joël Gustave dit Duflo, Président des Amis de L’Orgue de Guadeloupe et du Festival, les interprètes francs-comtois de Chœur Opus 39 et leur directeur, M. Christian Bacheley. Nous leur souhaitons un franc succès dans la poursuite de leur programme d’interprétation à travers la Guadeloupe : à savoir le vendredi 24 février en l’église Notre Dame du Mont Carmel et le samedi 25 en l’église Saint Dominique de Baillif. Puissent-ils garder de leur tournée en Guadeloupe continentale et aux Saintes un excellent souvenir avec le projet d’y revenir pour le plus grand bonheur des mélomanes antillais.

L'assistance après le concert

L’assistance après le concert

Raymond Joyeux
avec mes remerciements à M. Gustave Dit Duflo pour le programme du festival et du concert ; à M. Bacheley pour la notice concernant sa carrière et le parcours de Chœur Opus 39.

Publié dans Actualités saintoises | Laisser un commentaire

L’innovateur Samba nous a quittés

L’étoffe d’un pionnier

rolan-2Le 7 janvier 2017, Roland DÉHER dit Samba, nous quittait à l’âge de 85 ans. Pour son inhumation le lundi 9 de ce même mois, la petite église de Terre-de-Haut était pleine à craquer, obligeant une bonne partie des fidèles et sympathisants à rester debout sur le parvis et aux abords. Ce qui prouve que notre ami était non seulement apprécié dans sa commune mais au-delà. Cela n’a rien d’étonnant car si Roland était bien évidemment très connu chez nous, il l’était aussi en Guadeloupe continentale, où sa réputation de pionnier dans nombre de domaines, et de propriétaire enjoué du restaurant La Paillotte au Marigot, avait depuis longtemps franchi le Canal des Saintes. Digne représentant de cette grande famille saintoise de marins et d’entrepreneurs que sont les Déher à Terre-de-Haut, Roland a été de tout temps un travailleur acharné et devrait à ce titre servir d’exemple et de modèle à certains de nos jeunes trop souvent oisifs et qui voudraient donner par l’action volontaire et déterminée un sens positif à leur vie.

Marin-Pêcheur, responsable de voirie et transporteur

palangr_33m_-1Enrôlé d’abord sur le thonier-palangrier Gouverneur Général Éboué au milieu des années 50, avant d’acquérir aux Saintes son propre bateau de pêche, Roland Déher poursuit une carrière de marin qu’il mène de front dans un premier temps avec une activité de responsable municipal de voirie. Propriétaire de l’une des seules camionnettes circulant à Terre-de-Haut au début des années 60, il obtient en effet le premier marché de voirie communale sous le mandat d’Eugène Samson. Avant cette date, c’est le maire Georges Azincourt qui avait initié timidement ce service de ramassage par canot des ordures ménagères qui étaient malheureusement déversées à la mer entre l’Ilet à Cabris et le Pain de Sucre. Au grand dam de nos amis  de Terre-de-Bas – et on les comprend – qui recevaient régulièrement nos déchets flottants sur leur unique plage fréquentable de Grand’Anse. Avec sa camionnette, Roland résolvait en partie le problème mais en partie seulement, car faute de structure adéquate, les déchets étaient entreposés sur un terrain vague, sans tri ni traitement. Lorsque la commune crée sa propre entreprise de voirie, Roland Déher, jamais à court d’initiative, recycle sa camionnette et devient le premier transporteur de marchandises et de matériaux de la commune.

Fabricant et fournisseur de parpaings et de gravier

mur-parpaing-preview-8145355Dans le même temps, étant encore le premier à faire l’acquisition de moules à parpaings et d’un concasseur à fonctionnement thermique, Roland, profite de l’essor de la construction et des difficultés d’approvisionnement pour se lancer dans la fabrication de parpaings et de gravier par concassage. Il rend ainsi grandement service aux futurs propriétaires et entrepreneurs de maçonnerie à qui il propose  parpaings et matériaux fabriqués sur place, livrés à domicile grâce à sa camionnette Citroën, parfaitement entretenue et aménagée en conséquence. Nombre de maisons saintoises construites à cette époque portent ainsi la marque de fabrique D.R, initiales, vous l’aurez compris, de Déher Roland, l’éternel pionnier toujours à l’affût de nouvelles innovations.

Le restaurateur averti

Enfin, si l’on en croit sa petite fille Maëlys, qui fit un émouvant témoignage aux obsèques de son papy le 9 janvier dernier en y associant sa grand-mère Nadia, au-dessus de toutes les entreprises novatrices évoquées dont Roland Déher fut l’initiateur, figure « l’œuvre de sa vie » qui ne serait autre que « la tenue d’un des premiers restaurants de l’île, où beaucoup de Saintois aimaient à se rassembler pour les grandes occasions. » Ce restaurant, La Paillotte, situé face à la baie du Marigot existe toujours et continue de fonctionner et d’accueillir chaque jour, sous la férule de Corine, une des filles de Roland, de nombreux clients, Saintois et visiteurs, qui n’attendent pas forcément une grande occasion pour aller savourer un ti-punch maison et déguster le fameux court-bouillon saintois que tous les Guadeloupéens nous envient et qui devrait figurer au patrimoine gastronomique de notre archipel.

À la Paillotte, Roland Roland et la fameuse dorade coryphène, base du court-bouillon senti.

À la Paillotte, Roland exhibant la fameuse dorade coryphène, base du court-bouillon saintois.

Une renommée au-delà de nos eaux

archipel_inacheve_l25-1Dans un célèbre ouvrage intitulé l‘archipel inachevé, publié sous la direction de Jean Benoist en 1972, aux Editions de l’Université de Montréal, le sociologue québécois Jean Archambault, sous le titre : De la voile au moteur. Technologie et changement social aux Saintes, écrit :
«  C’est un jeune marin de vingt-trois ans qui le premier acheta un moteur hors-bord. Son jeune âge, et plus encore sa personnalité, sont à l’origine de ce geste. Il est ce qu’on pourrait appeler un innovateur-né. En plus d’introduire le premier moteur à Terre-de-Haut, il est le seul marin de l’île à avoir travaillé sur un chalutier expérimental. Bientôt, il quitte la pêche et s’intéresse aux travaux de voirie. Voyant qu’à la suite du relèvement du niveau de vie on commence à construire en dur, il se lance dans la fabrication de parpaings de ciment, puis introduit un concasseur dans l’île et s’établit fabricant de gravier. Il est maintenant – nous sommes en 1972 – le seul habitant de l’île à posséder deux voitures avec lesquelles il fait du transport. »

Vous l’aurez compris, Jean Archambault parle de Roland Déher. En plus du témoignage de sa petite fille le jour de ses obsèques, (« ta bonne humeur perpétuelle, tes danses virevoltantes qui t’ont valu le surnom de SAMBA, tes petits blafs du matin, tes petits punchs préparés avec amour pour tes amis à La Paillotte »...) quel plus bel hommage rendre à ce Saintois « innovateur-né » que d’inscrire pour la postérité son nom et son œuvre dans un ouvrage qui fera date dans l’histoire et l’évolution de notre île ! Comme il est dit plus haut, souhaitons que ces mots ne soient pas pour nous seulement le témoignage d’une vie passée bien remplie, mais un exemple vivant à suivre, pour nos jeunes et moins jeunes… Pour peu qu’ils aient, comme l’a dit si bien Maëlys de son grand-père Samba, « le respect des autres, l’endurance au travail, l’amour de la nature, » en un mot, l’âme et l’étoffe d’un pionnier.

Texte : Raymond JOYEUX
Mes remerciements à ses enfants pour les photos de Roland et à sa petite fille Maëlys pour le beau texte de son témoignage.

Publié dans Histoire locale | 3 commentaires

Quand les collégiens de Terre-de-Haut faisaient le tour… du FRANCE

Janvier 1974 :
Le France mouille en rade des Saintes

Janvier 1974 : l’année même de son dernier voyage transatlantique, tous pavois déployés, le FRANCE mouille exceptionnellement en rade des Saintes. C’est un événement majeur sans précédent pour nos compatriotes. Aussi, pour récompenser les élèves du collège Jean Calo qui ont travaillé bénévolement plusieurs samedis après-midi à nettoyer les douves du Fort Napoléon, il est décidé de les emmener faire le tour du paquebot. Grâce à l’obligeance de M. Eugène Samson, maire de Terre-de-Haut et propriétaire de la vedette La Saintoise, rendez-vous est pris et voilà nos joyeux collégiens partis à l’assaut du plus luxueux paquebot du monde, juste fierté de la marine française de l’époque.

Un groupe d'élèves en partance pour l'aventure. Ph. R. Joyeux

Un groupe d’élèves en partance pour l’aventure. Ph. R. Joyeux

Douze années de navigation

C’est le 11 mai 1960 que le paquebot FRANCE fut lancé en présence du Général de Gaulle alors Président de la République. Construit aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, il ne sera mis en service que deux ans plus tard, en janvier 1962, le temps d’être somptueusement aménagé, meublé, décoré par les plus grands professionnels de l’époque.

En rade des Saintes - Ph R.Joyeux

En rade des Saintes,  entre le Pain de Sucre et l’Îlet à Cabris- Ph R.Joyeux

Par la suite, après douze ans de traversées transatlantiques et de croisières autour du monde sous pavillon français, n’étant plus financièrement rentable aux yeux des autorités, son désarmement est brutalement décidé avec l’accord du Président de la République fraîchement élu, Valéry Giscard d’Estaing… Alors que ce dernier s’était engagé à le maintenir en service au cours de sa campagne électorale. Promesse non tenue qui provoque la colère des équipages et des admirateurs du paquebot, et inspire, à sa vente en 1975, à Michel Sardou, sa célèbre chanson : Ne m’appelez plus jamais France, que toutes les radios nationales passent en boucle dès sa sortie et qui restera six semaines N° un, se vendant dans la foulée à 950 000 exemplaires.

Ne m'appelez plus jamais France - Ph. R. Joyeux

Ne m’appelez plus jamais France – Ph. R. Joyeux

Décidé à s’en débarrasser au plus vite et passant outre la mutinerie de l’équipage, les manifestations et le mécontentement populaire, le gouvernement français le vend en 1977 à un homme d’affaires saoudien. Notre pays perd ainsi ce pur joyau des mers surnommé alors « le Petit Frère du Normandie », autre paquebot transatlantique de légende qui fut lui aussi le symbole maritime de la France des années 1930, et considéré à ce jour comme l’un des meilleurs paquebots jamais construits. Puis c’est un armateur norvégien qui le rachète en 1979, et le rebaptise NorwayPlusieurs fois radicalement transformé, il assurera quelques croisières en mer des Caraïbes avant d’être finalement revendu à un ferrailleur en 2006, pour être démantelé sous le nom de Blue Lady. Cette triste opération prendra fin en 2009 en Inde, sur le chantier d’Alang.

france-4-2

Une population et des élèves émerveillés

france-3C’était sans connaître le sort déjà scellé du célèbre paquebot que la population saintoise et les élèves du collège Jean Calo profitèrent de son escale d’une journée dans la baie des Saintes en ce début janvier 1974pour le contempler à loisir, rêvant sans doute de croisières et de courses autour du monde. À cette date en effet, en dehors des bâtiments de guerre de la Marine Nationale, habitués à fréquenter nos eaux accueillantes, peu de navires de ce type programmaient un séjour touristique aux Saintes. Contrairement à notre époque où chaque jour nous déverse par pleines chaloupes son lot de visiteurs bigarrés, débarquant de ces monstres des mers d’un autre âge que sont les Club Med, Sea Cloud ou autres Clippers. J’imagine que ces jeunes collégiens, devenus adultes, ont gardé de cette journée et de ce tour improvisé du France, même s’il a été rapide, un souvenir impérissable. Interrogés en tout cas par nos soins récemment, et se reconnaissant pour la plupart sur les photos, c’est avec un enthousiasme sans mélange qu’ils évoquent cette journée précieusement gardée en mémoire.

Retour à quai

Retour à quai – Ph. R. Joyeux

Le Collège Jean Calo en 1974

Difficile d’évoquer cet épisode de sortie scolaire exceptionnelle sans dire un mot du Collège Jean Calo des années 1970 qui accueillait alors, sans aucun problème et sur un seul site, aussi bien les élèves de Terre-de-Haut que ceux de Terre-de-Bas. Créé en 1965 à l’instigation du Docteur René Germain, Conseiller général du Canton des Saintes, et sous la mandature du maire Eugène SAMSON, ce fut d’abord un établissement municipal ayant à sa tête un « directeur » enseignant secondé par un corps professoral restreint, sans autre personnel administratif ou de service qu’une femme de ménage rétribuée par la commune. Jusqu’à cette date, les élèves issus des classes du primaire des deux communautés étaient contraints d’aller poursuivre leur scolarité secondaire en Guadeloupe avec tous les inconvénients que l’on imagine.

Façade du CEG Jean Calo en 1974 - Ph. R. Joyeux

Façade du CEG Jean Calo à Terre-de-Haut  en 1974 – Ph. R. Joyeux

france-6À la rentrée de 1965, c’est l’ouverture à Terre-de-Haut, dans une salle aménagée de l’ancienne Caserne militaire, qui permit d’accueillir les premiers élèves de 6ème, provenant des CM2 des deux communes. En tout, un peu plus d’une trentaine de jeunes garçons et filles assurés de poursuivre leur scolarité sur place jusqu’en 3ème. D’année en année, les effectifs augmentant, les classes de 5ème, puis de 4ème et de 3ème furent créées, auxquelles se rattachèrent les classes dites de transition. En 1974, soit neuf ans plus tard, et année de notre pittoresque tour du FRANCE évoqué plus haut, l’effectif total du collège des Saintes, devenu CEG départemental Jean Calo, dépassait largement les cent vingt élèves, soit davantage qu’aujourd’hui pour les deux sites réunis de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas. Pour la petite histoire, faut-il rappeler que conçu au départ pour 200 élèves, et pour les deux communes saintoises, le site de Terre-de-Bas ne compte aujourd’hui que 28 élèves pour les 4 niveaux de classes, dont 4 seulement en 6ème. Souhaitons que ce magnifique établissement, faute d’effectif suffisant, ne finisse pas à la casse, comme ce fut le cas pour notre super paquebot, Le FRANCE, pourtant fierté nationale, à son époque, de notre marine marchande et commerciale …

france-5-1

Texte et photos : Raymond Joyeux
Sources pour l’historique du FRANCE : Wikipédia

Publié dans Histoire locale | 4 commentaires

 

Publié dans Actualités saintoises | 4 commentaires

Littérature : quand l’amour s’affiche en poésie

Bien que ce blog ne soit pas d’abord destiné à mettre en avant mes propres écrits, dérogeant pour une fois à la règle, j’ai le plaisir de vous faire part de la publication aux Ateliers de la Lucarne de mon nouveau recueil de poèmes, Indécises saisons, paru en décembre 2016. Cet ouvrage de 84 pages, imprimé à Jarry-Baie-Mahault chez Speedyprint, se compose de deux parties : une série de textes écrits entre 1965 et 1985 suivi d’un long poème composé en décembre 2002. En tirage limité, sous jaquette amovible illustrée par Jean-Claude Lavaud, (1) il n’est disponible que chez l’auteur à l’adresse suivante : raymondjoyeux@yahoo.fr.

(1 ) – Pour plus d’informations sur Jean-Claude Lavaud, suivre le lien :
https://raymondjoyeux.com/2014/…/regard-sur-jean-claude-lavaud-peintre-et-sculpte...

Petits poèmes hallucinés

couv-defÉcrits pour certains depuis plus de 40 ans, sans projet initial de publication, ces textes tournent autour de trois thèmes essentiels : le sentiment amoureux, la mémoire et l’absence. Bien que distincts dans leur forme et leur contenu, éléments constitutifs communs à tout poème pris séparément, ces trois axes d’écriture – donc de lecture – sont ici unis par un lien fort, celui du rêve. Rêve accompli, lucide ou non, ou rêve en gestation, comme il est dit en titre de la première partie. S’il arrive que ces rêves ou portions de rêve prennent des allures d’hallucination, justifiant ainsi le sous-titre de l’ouvrage – Petits poèmes hallucinés -, ils répondent pour la plupart au concept connu de l’élément externe déclencheur du rêve au cours du sommeil paradoxal. Ainsi dès le premier poème, Onirisme (p.13), qui donne le ton général du recueil, le vers final : « Tu glisses dans le four de ma bouche la pâte levée de ton sein couronné », est cet élément. C’est lui en effet qui déclenche le rêve et détermine son contenu, c’est-à-dire, ici, le poème en son ensemble, jusqu’à ce dernier vers.

La construction et la progression linéaire du poème cité procèdent ainsi volontairement de la constitution ontologique et psychanalytique du rêve dont on ne découvre l’élément déclencheur qu’à la fin. Alors que par définition il en est à l’origine. Procéder autrement eût été minimiser la faculté cognitive et culturelle du lecteur averti et le priver de la surprise finale.

Appropriation de l’œuvre 

Il est évident qu’un lecteur totalement ignorant du processus gestatif du rêve ne verrait dans ce dernier vers précédemment mentionné qu’un fantasme érotique et banal d’écrivain, sans lien avec la partie du texte qui le précède. Il n’aurait ainsi qu’une appréhension partielle, altérée ou approximative du poème qu’il assimilerait à une suite d’images sans lien ni signification. Et ainsi pour les autres poèmes du recueil. D’où sans doute le scepticisme affiché ou contenu (pour ne pas dire la raillerie) que pourrait éventuellement susciter chez certains esprits une lecture superficielle et restrictive de ces poèmes. Et, de façon plus élargie, l’incompréhension ou le rejet de toute expression poétique.

Savoir lire entre les lignes

Être capable de lire entre les lignes d’un poème pour en saisir la quintessence, la portée, la musique et surtout l’émotion qu’il dégage – et de s’imprégner soi-même de cette émotion – n’est pas en fin de compte donné à tout le monde. Comme il n’est pas donné à tout le monde, on le sait, d’apprécier pleinement un tableau ou une pièce musicale dont on ignore les clefs. Une éducation culturelle forte et une sensibilité appropriée – en partie naturelles et innées il est vrai, mais surtout acquises et renforcées toutes deux par la fréquentation répétée et la connaissance des œuvres et des auteurs – sont le plus souvent nécessaires à une approche efficiente et jouissive de la poésie en particulier comme de toute œuvre d’art en général.

Les trois axes de lecture

1- L’expression du sentiment amoureux

Il apparaît clairement à la lecture de ce recueil que le sentiment amoureux est la clé de voûte de l’ensemble des poèmes et de leur conception architecturale. Ce qui n’a rien à voir avec l’érotisme gratuit, encore moins avec la vulgarité ou la pornographie. Mais comment exprimer ce sentiment autrement que par des mots et des images qui le traduisent et ce, en fonction de sa propre complexion mentale ? C’est à ce titre que la grande majorité des poèmes du recueil utilisent en les combinant tous les ingrédients spécifiques qui définissent et transfigurent le sentiment amoureux et ses manifestations souvent impétueuses : intensité de l’exaltation, fusion intime, focalisation sur la personne aimée, hyperactivité du corps, des sens et de l’intellect, entre autres… C’est le sens des expressions comme : « je prends un instant configuration de toi (P.13) – autre moi-même retrouvé (p.19) – ton cerveau confondu avec le mien (p.22) – folle agitation du volcan de ma chair (p.29) – de disparaître en toi mes pensées se colorent (p.33)- nos pensées d’hier et de toujours sont devenues communes (p. 40) – nos souffles confondus (p.41) etc…

Autant d’images, d’interpellations, de notations qui, avec d’autres procédés littéraires, donnent corps, tout au long du recueil, à l’expression de la passion. Tout comme les notes sur la portée font vibrer la phrase harmonique et donnent sens à l’œuvre musicale. Et si les poèmes de ce recueil semblent s’adresser chacun à un partenaire en particulier, réel ou imaginaire, le plus souvent différent, le projet et, espérons-le, le résultat, sont de toujours viser à transcender cet ancrage personnalisé pour parvenir, au-delà d’une définition aussi élégante et complète soit-elle, à une description, une expression universelle de l’amour, sublimée, ayant comme point de départ – et d’arrivée – soit une expérience affective intensément vécue et partagée, soit une vision onirique, orchestrée et matérialisée par l’écriture poétique.

2 – L’évocation récurrente de la mémoire

couverture-saison-2Rares sont les poèmes au cours desquels le lecteur de ce recueil ne rencontre pas l’évocation réitérée de la mémoire. Que ce soit sous ce vocable-même de mémoire ou ceux équivalents de souvenir et d’oubli, cette notion apparaît littéralement quinze fois dans le recueil. Comme si, appréhendant de se couper de son expérience amoureuse du moment, l’aimé s’évertuait à l’inscrire à jamais dans le substrat mémoriel, afin de sceller son vécu dans le temps.

On comprend dès lors que cette évocation est loin d’être un jeu gratuit de répétition. Une sorte de tic inélégant d’écriture sans signification réelle. C’est au contraire un authentique appel à la perpétuation des émotions, au prolongement d’un état extatique intense dont il veut non seulement garder le souvenir, mais duquel il projette de se repaître indéfiniment, tant il est conscient des métamorphoses que cet état a opérées en lui, aussi bien physiquement que mentalement. Faire échec à l’instantanéité des émotions, tel pourrait se résumer cet appel incessant à la mémoire et au souvenir. Se projeter dans le futur avec comme point d’appel l’événement ponctuel qu’il veut transformer en état permanent de satisfaction amoureuse, affective plus que sentimentale. Satisfaction à laquelle est associé bien entendu l’être aimé du moment, constituant plus que symbolisant la part féminine, complice indispensable et fusionnel, à l’origine et sujet de sa passion qu’il voudrait inextinguible. Et c’est dans le poème Le cœur de ton absence, page 49, que se traduit le mieux, selon nous, cette volonté d’immortalisation de la passion précédemment évoquée :

Sous l’œil de la nuit
qui s’étire
j’entends se dresser l’ombre
du jour nouveau 
entre les feuilles

Je sens battre le cœur de ton absence
et le rythme du mien
s’accélère au passage
du vent

Viens pour l’ultime prière
à genoux sur nos souvenirs

Viens joindre tes doigts
à ceux de l’oubli
qui nous embrume

Viens accorder ton souffle
à celui de la page
tournée

Demain nous écrirons
sur le sable du temps
nos mémoires entrelacées.

3 – L’obsession de l’absence et de la solitude

Oubli-absence-solitude, le rapport sémiologique entre ces trois états de conscience est évident. Associés à l’expression du sentiment amoureux, ils n’en constituent pas pour autant la face négative. S’ils apparaissent comme traduisant une certaine inquiétude, une image de frustration obsessionnelle de l’être aimant qui craint la perte de son amour et veut le soustraire à l’usure, ils peuvent aussi bien, de notre point de vue, être perçus comme des garde-fous protégeant la passion de la tiédeur, de la corrosion de l’habitude et du temps. Étincelle qui réactive le feu intérieur, l’absence peut redynamiser la relation entre partenaires et rendre la présence à venir encore plus fusionnelle. C’est elle par exemple, dans Acmée, (page 53) qui tisse à la vague un visage ; c’est elle qui fait battre le cœur de l’aimé (page 49) et, si elle agit parfois comme un étau (page 35), c’est elle aussi qui tient lieu de vigie (page52) et permet de faire dire à l’amant, s’adressant à sa bien-aimée absente :

À travers les lames
de ma mémoire immobile
infatigable guetteur
je t’espionne

Par-delà les barreaux
intérieurs
de ma solitude
ta présence ne m’échappe pas

Je recouvre point par point
ton souvenir
qui se reflète
sur la surface indifférente du temps

Et je palpe l’inconsistance
symétrie
de ton absence
omniprésente.

****

En conclusion, si ce recueil peut paraître à certains passéiste ou convenu, il n’a, à notre sens, que la modeste ambition de rendre compte d’une écriture introspective où le sentiment amoureux tient une place prédominante. Où mémoire, oubli, absence, solitude loin d’assombrir ou d’affadir le propos, viennent au contraire le pimenter, accentuant l’exaltation que fait naître en chacun de nous la passion dévorante de l’amour et des relations affectives. En dépit parfois des illusions agissant comme une substance hallucinogène propice aux divagations les plus extravagantes mais ancrées dans une réalité constitutive de notre étonnante nature.
Raymond Joyeux
Janvier 2017

Publié dans Littérature | 11 commentaires

Restauration : deux chefs saintois distingués

Un choix d’exception

atlas-gourmetsÀ la veille des fêtes de cette fin d’année 2016, ne boudons pas notre plaisir… culinaire, s’entend ! Deux de nos restaurateurs ont en effet été récemment distingués par le très sérieux ATLAS DES GOURMETS, organe de la gastronomie locale qui prime chaque année depuis deux ans les meilleures tables de la Guadeloupe et de ses îles. Pour l’édition 2017 de cette prestigieuse sélection, parmi les 21 « tables gourmandes » retenues à travers le département, figurent les enseignes de deux de nos compatriotes. Il s’agit du restaurant Ti Kaz’ la de Philippe DADE et d’1 Ti Bo Doudou de Georges GARÇON. Mais à côté de ces deux restaurants saintois primés, le luxueux Atlas des Gourmets nous présente dans sa deuxième édition, outre chacune des enseignes sélectionnées, le portrait de quelques personnages de haute volée, tels Sylvain Sérouart d’Iguane Café, notre ami Philippe Dade déjà cité et l’artiste peintre Vincent Nicaudie. De nombreuses interviews jalonnent également les pages du magazine, apportant au lecteur nombre d’informations axées toutes bien entendu sur la gastronomie créole et les métiers de bouche. Et en point d’orgue, celle du Président du CTIG (1), Louis Molinié, ce qui est la moindre des choses quand on connaît l’impact de la restauration dans la politique touristique de nos îles.
(1) CTIG : Comité du Tourisme des Iles de Guadeloupe.

Un haut critère de qualité : l’authenticité

Trophée Atlas des Gourmets - Ph. R. Joyeux

Trophée Atlas des Gourmets – Ph. R. Joyeux

Pour cette sélection très fermée, qui n’est pas, soulignons-le, une compétition avec gagnants et perdants, mais une reconnaissance proclamée de qualité, le premier critère d’appréciation retenu c’est celui de l’authenticité. Comme le précise l’Atlas des Gourmets, « les restaurateurs sélectionnés ont à cœur de proposer une cuisine qui allie les couleurs, les parfums et les textures les plus authentiques. »
Affirmation que ne démentira pas le Président du CTIG, Louis Molinié en personne, maire par ailleurs de Terre-de-Haut et conseiller régional, amateur reconnu et éclairé, comme chacun sait, de la bonne chère. Bien que malencontreusement absent à Saint-François pour la remise des précieux trophées, dans l’interview accordée à cette occasion à l’Atlas des Gourmets et pour avoir sans doute l’excellente habitude de fréquenter à tour de rôle chacun des 22 restaurants répertoriés de notre île, ce parfait connaisseur de la cuisine créole en général et saintoise en particulier a en effet finement déclaré : « L’authenticité est là ; je la vois, je la connais ». Rendant ainsi implicitement hommage à nos deux chef saintois couronnés, Philippe Dade et Georges Garçon. Et, à travers eux, à l’ensemble des restaurateurs guadeloupéens primés qui font de ce haut critère de qualité la caractéristique essentielle de leur enseigne.

Ti Kaz’ la
ou le bruissement des vagues

Ouvert sur la Baie des Saintes. Ph.R.Joyeux

Ouvert sur la Baie des Saintes. Ph.R.Joyeux

« Ouvert sur la baie des Saintes, le restaurant de Philippe Dade propose une carte élégante où les goûts et les parfums se mêlent. Poissons et légumes pays s’accordent avec des saveurs de terroirs français ou d’ailleurs, créant la surprise et offrant des découvertes surprenantes. Une cuisine juste et sincère. » C’est ainsi que l’Atlas des Gourmets présente Ti Kaz’ la à ses lecteurs. Et les nombreux clients de Philippe Dade, Saintois ou visiteurs, pourraient aisément le confirmer. Entre le carpaccio au roquefort d’espadon ou de thon, les raviolis de langouste et les noix de Saint-Jacques aux carottes gelées, en guise d’entrées ; la langouste grillée à l’antillaise, le jarret d’agneau Blue Mountain ou la choucroute de la mer en plat de résistance, c’est toute une palette de saveurs originales que Ti Kaz’ la offre à sa clientèle.

Élégantes tables de Ti Kaz'la - Ph. Atlas des Gourmets

Élégantes tables  et décor de Ti Kaz’la – Ph. Atlas des Gourmets

Photo Atlas des Gourmets

Présentation Ph. Dade – Atlas des Gourmets

Saveurs sublimées par une large gamme de desserts, allant du célèbre tourment d’amour qu’on ne présente plus, au délicieux soufflé chaud à la mangue et son coulis de framboise… Autant de merveilles gastronomiques concoctées par cet excellent cordon bleu d’origine parisienne qu’est Philippe Dade, ancien cuisinier du croiseur-école Jeanne d’Arc, formé à l’art des métiers de bouche depuis son plus jeune âge. Pour votre information, Ti Kaz’ la se situe au 10 rue Benoît Cassin à Terre-de-Haut, au bout d’une pittoresque ruelle, fenêtre de plein ciel ouverte sur l’incomparable baie des Saintes, grandiose décor naturel s’accordant magiquement à l’exotisme subtil des menus proposés.

http://ti-kaz-la.restaurant-les-saintes.com/

1 Ti Bo Doudou
ou le meilleur du poisson

Georges Garçon - Ph Atlas des Gourmets

Georges Garçon – Ph Atlas des Gourmets

« Georges Garçon, fils de mareyeur saintois et frère de trois cuisiniers et restaurateurs, tient son restaurant sur la plage de Fond Curé aux Saintes. Les pieds dans le sable, dégustez son menu à prix unique, avec un choix de plats inventifs et gourmands où la mer tient la plus belle place. » Cet extrait de l’Atlas des Gourmets résume parfaitement le parti pris gastronomique de la table du restaurant 1 Ti Bo Doudou et de son talentueux chef, le sympathique Georges Garçon. Bien que se méfiant du terme « gastronomique » qu’il craint de galvauder et auquel il préfère celui moins prétentieux de « culinaire », Georges Garçon ne soigne pas moins pour autant menus et présentation. Restaurateur autodidacte, il sait d’instinct accommoder ingrédients, matière première et décoration pour le plus grand plaisir des yeux et du palais de ses invités. Et si une super-palme de l’authenticité était à décerner, c’est sans conteste à lui qu’elle reviendrait, tant il privilégie dans ses préparations les produits frais du terroir (igname, papaye, patate douce, giraumon…), alliés au meilleur du poisson des Saintes, base essentielle de sa carte particulièrement appréciée des gourmets les plus exigeants. C’est d’ailleurs une des raisons de son classement Trip Advisor en tête des 22 restaurants de Terre-de-Haut depuis son ouverture au 58 rue Benoît Cassin, sur la plage du Fond Curé, face au pittoresque Ilet à Cabris, célèbre pour son ancien pénitencier, ses ruines historiques et l’eau cristalline de ses criques escarpées. Un conseil : pensez impérativement à réserver.

1 Ti Bo Doudou - Ph. l'Atlas des Gourmets

1 Ti Bo Doudou – Ph. Atlas des Gourmets

http://www.lessaintes-resa.fr/1ti-bo-doudou/1-ti-bo-doudou.html

Au final : un satisfecit général

Il ne nous reste plus qu’à féliciter nos deux lauréats qui font honneur, par la qualité de leurs prestations culinaires, à la gastronomie saintoise. Prouvant s’il en était besoin que des efforts sont faits du côté de nos restaurateurs, dont la moindre des courtoisies est de satisfaire la clientèle qu’elle soit résidente ou de passage. Ajoutons que, de ce point de vue, c’est le lot, avec plus ou moins de bonheur, de nos vingt autres établissements saintois, de leurs chefs et de leur personnel qui, s’ils ne sont pas aujourd’hui sur la sellette, ne restent pas moins dignes de figurer parmi les meilleures tables de Guadeloupe. C’est l’occasion pour vous, lecteurs résidents ou de passage aux Saintes, de profiter des fêtes de fin d’année pour faire votre choix et vous adonner, sans réticence, en famille ou entre amis, aux plaisirs ineffables de la table. Et de fêter ainsi joyeusement le passage en 2017, année que nous vous souhaitons volontiers appétissante, croustillante et musicale, puisque selon le mot du célèbre compositeur Rossini (1792-1868) : « La bonne cuisine c’est une mélodie que l’on déguste par la bouche »  ….

Présentation Georges Garçon - Ph Atlas des Gourmets

Présentation Georges Garçon – Ph Atlas des Gourmets

                           Alors, Bonne et Heureuse Année gastronomique à tous !

4250caf7

titi-source_ebp

Publié dans Actualités saintoises | 5 commentaires

Aux origines des patronymes saintois

Patrick Péron récidive

peron-patrick-1On ne présente plus Patrick Péron. Rappelons que cet éminent professeur des écoles à la retraite, d’origine basque, s’est installé à Terre-de-Haut voilà 45 ans. Qu’il y a mené une carrière active d’enseignant et d’animateur socio-culturel, faisant de notre île son lieu privilégié de résidence permanente. Marié à une Saintoise et père de deux filles auxquelles naturellement il a dédicacé son présent ouvrage, il s’est passionné très tôt pour l’histoire locale et continue de sonder avec bonheur le passé et l’âme de notre archipel. Recherches qu’il nous fait partager par des publications régulières chez divers éditeurs. Aussi bien très sérieusement sous forme de contributions historiques, que de façon plus légère, romanesque ou poétique. Alors que, trop modeste, il prétend n’être ni historien ni romancier ni poète, Patrick Péron a néanmoins publié précédemment, outre une Petite histoire de Terre-de-Haut, un recueil de poèmes et un roman policier basé sur les faits réels s’étant déroulés aux Saintes entre les années 1782 et 1865. Autant d’ouvrages dont nous avons rendu compte dans notre chronique du 26 septembre 2014 et que l’on peut consulter sur le lien :
https://raymondjoyeux.com/2014/09/26/patrick-peron-historien-poete-romancier/

Colons et engagés aux Saintes du XVII ème au XIX ème siècle :
un précieux ouvrage utile et passionnant

Cet ouvrage sur les patronymes saintois, tel que mentionné en sous-titre, devrait concerner tous les habitants de l’archipel intéressés par leur origine géographique et généalogique. Parue en août de cette année 2016 chez l’éditeur local NESTOR, comme la précédente, cette récente publication  de Patrick Péron « propose, comme il est dit en 4ème de couverture, de faire connaissance avec ces colons et engagés qui ont tout quitté en France, de gré ou de force, pour débarquer dans les îles françaises d’Amérique, de Saint-Domingue à la Martinique, et finalement s’installer et travailler en Guadeloupe, dans les grandes habitations du Sud Basse-Terre dont les Saintes faisaient partie. »  

Tombe ancienne atypique au cimetière de Terre-de-Haut - Ph. R. Joyeux

Tombe ancienne atypique au cimetière de Terre-de-Haut – Ph. R. Joyeux

Bien entendu, Patrick Péron n’entend pas présenter dans ce livre une généalogie rigoureuse et complète de toutes les familles saintoises. Mais il apporte à chacune d’elles des éléments nominatifs et spatiaux leur permettant d’une part de mieux cerner leur identité et de découvrir d’autre part la complexité des liens qui les unissent. Au mythe trop longtemps répandu d’une population saintoise prétendument d’origine exclusivement bretonne se substitue une réalité totalement autre. La diversité des origines géographiques de nos compatriotes est ainsi définitivement établie, sans pour autant, comme le souligne l’auteur, altérer l’essence et l’existence d’une identité communautaire spécifique forgée au fil des années. Même si certains noms ont disparu, les patronymes présents aujourd’hui sur nos deux îles de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas témoignent d’une réelle continuité dans les rapports familiaux. Et si, grâce à l’apport extérieur et au métissage qui s’ensuit, cette continuité exclut tout caractère apparent de consanguinité, elle ne reflète pas moins, par le jeu des alliances, la perpétuation de liens plus ou moins étroits de parenté entre les Saintois, aussi bien sur le plan biologique que patronymique. 

f1-1-highres

 

 

Une étude toponymique

L’un des nombreux autres intérêts de cet ouvrage de Patrick Péron est l’étude qu’il fait de l’origine des noms des lieux-dits de l’archipel. Cette partie de son livre comprise entre les pages 177 et 181 n’est pas la moins instructive. Elle devrait intéresser plus d’un de nos compatriotes, en particulier les jeunes qui croient que tel site de Terre-de-Haut, par exemple, a pour nom celui d’un établissement hôtelier, alors que c’est au contraire cet hôtel qui a pris le nom du site où il s’est implanté. D’où viennent pour Terre-de-Haut les appellations de Coquelet, l’Anse à Cointre, l’Anse à Gilot, l’Anse Mire, Bois-Joli, Morel, La Rabès… et, pour Terre-de-Bas, Morne Paquet, l’Anse Pajot… etc ? Nous serons plus qu’étonnés des réponses apportées par l’auteur.

Mémorial colonisation de Terre-de-Haut

Mémorial colonisation de Terre-de-Haut – Ph. R. Joyeux

Les maires des Saintes

Enfin, pour compléter la présentation de cet ouvrage et, sans déflorer davantage son  contenu, voici une évocation des maires des Saintes rapportée par Patrick Péron. Sachons tout d’abord que, jusqu’en 1882, les deux îles de l’archipel saintois ne formaient qu’une seule et même municipalité, celle des Saintes. Le premier maire de cette nouvelle collectivité administrative, créée en 1792 par la Révolution, était un notable, grand propriétaire terrien du nom de GRIZEL SAINTE-MARIE. À ce premier magistrat municipal ont succédé dans l’ordre les dénommés Picard, Lassalle, Lasserre, Desnoyers, Jeoffroy, Lassalle à nouveau, Desvallons, Reimonet, Mitre, Nesty, et Jean-Pierre Lognos, originaire de la région de Béziers. C’est sous le mandat de ce dernier maire des Saintes que les deux îles deviennent par décret ministériel, le 9 août 1882, des communes séparées, ayant désormais chacune leur municipalité propre. Précisons pour rappel que de tous ces personnages importants, seul le patronyme catalan Lognos et dans une moindre mesure celui de Lassalle ont survécu, à Terre-de-Haut, aux aléas de l’histoire.

Place de la mairie Terre-de-Bas

Place de la mairie de Terre-de-Bas commémorant la création des deux communes saintoises.

La préface d’ Yvain Jouveau du Breuil

Il est peut paraître étonnant de terminer la présentation succincte d’un ouvrage en évoquant sa préface. Mais il faut savoir que de son propre aveu, son auteur Patrick Péron fait souvent référence à ce généalogiste de renom qu’est Yvain Jouveau du Breuil, auteur lui-même, entre autres d’un Dictionnaire des familles saintoises et d’une publication intitulée Les Normands et le peuplement des Saintes au XVII ème siècle.  C’est donc à ce chercheur que j’emprunterai la conclusion de cette chronique, qui précise très justement en parlant du livre de Patrick Péron : « C’est l’histoire de ces hommes et femmes que l’auteur de cet ouvrage nous donne en lecture pour que cette mémoire reste présente, vive, et que les générations futures perpétuent ce souvenir et continuent le travail de leurs ancêtres. »

On ne saurait mieux dire. Quant à nous, nous ajouterons tout simplement que la publication de cet ouvrage tombe on ne peut mieux en cette fin d’année 2016. Puisse le posséder et en prendre lecture constituer pour chaque habitant de notre communauté saintoise une source de connaissance mutuelle, un appel  à la fraternité et à la tolérance. À ce titre, nous ne saurons trop remercier son auteur, Patrick Péron de nous l’avoir offert, à nous, population saintoise, comme un lien indispensable d’amitié, un cadeau plus que bienvenu en cette période de Noël.

Joyeux Noël donc à vous tous, chers amis lecteurs et lectrices de ce blog.
Et que la nouvelle année qui se présente vous apporte santé, amour, joie, et tout le bonheur que vous souhaitez.
Raymond Joyeux

img_0386

PS : Le livre Colons et engagés aux Saintes… de Patrick Péron est en vente chez l’auteur et à la boutique de la presse à Terre-de-Haut, au prix de 22 euros.

On peut par ailleurs se procurer les ouvrages cités d’ Yvain Jouveau du Breuil auprès de l’Association Généalogie et Histoire de la Caraïbe, 81 rue des Trois Territoires, 94120 Fontenay-sous-Bois. E-mail : GHCaraibe@noos.fr. Bonne lecture à tous.

Publié dans Histoire locale | 7 commentaires

Terre-de-Haut, terre sans eau ?

Vous avez été très nombreux à consulter la précédente chronique sur le Saut d’eau du Chameau, d’après les photos et video de Cathy FOY. Pour compléter votre information, voici, toujours de Cathy FOY, les images exceptionnelles des conséquences des pluies diluviennes des 9 et 10 novembre 2016 à Terre-de-Haut. Pour visionner les videos, cliquez sur les liens en bleu en dessous des photos.

1 – Au Marigot, carrefour de Pompierre

marigot

Marigot 1

Marigot 2

2 – À  la Savane

savane

Savane

3 – Au Saut d’Eau du Chameau

chameau

Chameau

Merci encore à Cathy pour ses images, et à vous, chers lecteurs, pour votre intérêt et votre fidélité à suivre ce blog.
Suite à ce déluge, qui a dit que Terre-de-Haut était une terre sans eau ?
Je rassure les amateurs de voyage : après cette parenthèse saintoise, je poursuivrai ma chronique de l’été voyageur que vous êtes également très nombreux à suivre.
À très bientôt.
Raymond Joyeux

 

Publié dans Actualités saintoises | 6 commentaires

Un phénomène exceptionnel : le Saut d’Eau déchaîné

Quand le Saut d’eau porte bien son nom

Il faut remonter à bien longtemps pour admirer cette chute d’eau dans toute sa splendeur. Les pluies abondantes et continues de ces derniers jours aux Saintes, en particulier dans la nuit du 9 au 10 novembre 2016, si elles ont surpris les habitants de Terre-de-Haut par leur ampleur, ont surtout réveillé un phénomène peu connu des plus jeunes, la résurgence du Saut d’Eau, au flanc du Chameau.

2016-11-11-photo-00000016-copie

Cette cascade épisodique, bien connue des plus anciens, ne s’active qu’en cas de fortes pluies et c’est ce qui s’est passé ces jours derniers. Le phénomène est d’autant plus extraordinaire qu’il est rare. Aussi je remercie Cathy FOY qui n’a pas hésité, en dépit des difficultés d’accès dues aux éboulements, à se rendre sur les lieux pour la photographier et ramener la vidéo ci-dessous qu’elle a bien voulu me confier pour ce blog.

2016-11-11-photo-00000013-copie

2016-11-11-photo-00000010-copie

Pour visionner la chute en action, cliquez sur le lien ci-dessous.

Saut d’eau à Terre de Haut

Encore merci Cathy pour ces images exceptionnelles.

Publié dans Actualités saintoises | 2 commentaires