Hommage à Geo PETIT

Un compatriote exemplaire unanimement regretté

Né à Terre-de-Haut en janvier 1938, plus connu aux Saintes sous le diminutif de Geo, Georges Petit est décédé le 12 juillet dernier à l’âge de 81 ans. Si le monde sportif guadeloupéen en général et de la natation en particulier a perdu et regrette l’un de ses plus grands champions, c’est l’homme complet, à l’esprit rigoureux et ouvert que pleurent aujourd’hui les Saintois.

Numériser.pdfÉlu conseiller municipal en mars 1971, il fut le leader incontesté d’une nouvelle gouvernance pour Terre-de-Haut sous la conduite du maire, le docteur René Germain. Malheureusement, à la suite du départ prématuré de ce dernier, il démissionna d’un conseil municipal décimé et réduit, sans cesser d’insuffler ses idées pour un changement radical de politique, tout en se préoccupant de préserver ce qu’il considérait comme le patrimoine inaliénable légué par nos ancêtres.
Connu pour son engagement auprès des jeunes Saintois et pour ses deux passions, que furent la natation et la construction navale, Geo a été sur le plan sportif plusieurs fois champion de Guadeloupe et de la Caraïbe au 100 mètres nage libre individuels et en équipe, et sur le plan professionnel, le concepteur avec Alain Foy d’un nouveau type de canot saintois mieux adapté à la motorisation hors-bord.

Un esprit lucide et visionnaire

Entre 1989 et 1994, collaborateur de L’IGUANE, Geo contribua par ses réflexions au succès et à la popularité de ce journal d’opposition auquel il confiait régulièrement ses articles. Les extraits que je vous propose aujourd’hui, tirés de mes archives, sont ceux d’une chronique écrite au cours de la campagne électorale de mars 1989. Restées à ce jour inédites mais qui n’ont rien perdu de leur actualité, ces réflexions sont celles d’un esprit lucide et visionnaire,  d’un compatriote amoureux de son île natale, inquiet de son devenir, comme l’avait déjà montré notre précédente publication.

Réflexions de Geo Petit sur l’évolution de Terre

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Adieu  Geo et merci pour tout ce que tu as apporté à notre île.
Puisse ton exemple nous guider pour les temps à venir et inspirer nos compatriotes et nos élus d’aujourd’hui comme ceux de demain dans la voie exigeante
de l’intelligence et de la lucidité.

Raymond Joyeux

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Lettre à mon île

À l’heure où je m’apprêtais à republier cet article de Geo Petit, j’apprends avec tristesse la terrible nouvelle de son décès. J’adresse à son épouse Raymonde, à ses enfants, à sa famille et à ses proches, mes plus sincères condoléances.

Cette chronique, publiée voilà quelques années sur ce blog, semble susciter à nouveau votre intérêt. C’est donc naturellement que je me permets de la remettre en ligne, sans modification. Puissions-nous trouver dans les propos de notre ami Geo des éléments de réflexion pour un mieux vivre dans notre île, comme il l’avait souhaité voilà 27 ans, puisque c’est dans le journal L’IGUANE de Juillet 1992 qu’il les avait publiés pour la première fois.
Raymond joyeux

Un texte éloquent de Geo PETIT, toujours d’actualité

GEO2 - copie 3 (1)Georges M. PETIT est né à Terre-de-Haut le 1er Janvier 1938. Comme un don du ciel à sa famille et à notre île. Plus connu sous le diminutif de Geo, il a marqué de son empreinte l’actualité maritime, politique et sportive saintoise et seule la jeunesse d’aujourd’hui ignore peut-être qui il fut pour notre commune. Sportif émérite et adepte de culturisme à ses débuts, Geo fut à maintes reprises champion de Guadeloupe de natation et leader incontesté d’une équipe de nageurs saintois qui comptait alors, entre autres, dans ses rangs : Gilles DabriouGilbert, Max et Yvan Samson, Auguste Bartoche, Roger et Raymond Cassin. Équipe inexistante aujourd’hui qui pourtant, sous la conduite de Geo, a dominé dans les années 70-80 la natation guadeloupéenne. Mais outre son engagement sportif et citoyen au service des jeunes de Terre-de-Haut et du développement de la natation saintoise, Geo PETIT fut, avec son comparse Alain FOY, un pionnier de la construction navale de haut niveau avec un outillage à l’époque plus que rudimentaire.

 

Le Café de la Marine : maison familiale de Geo Petit à Terre-de-Haut

Le Café de la Marine : maison familiale de Geo PETIT à Terre-de-Haut

Fourmillant d’idées et de projets raisonnables pour notre île, Geo fut aussi un conseiller municipal éclairé. Ardent défenseur d’une évolution modérée, condamnant le tout béton, privilégiant l’utilisation des matériaux naturels et la protection à tout prix de notre environnement et de son fragile écosystème, il a toujours regretté qu’un modernisme un peu trop brutal ait altéré l’âme saintoise au point de la menacer à tout jamais de disparition. Enfin, collaborateur de L’IGUANE, entre 1989 et 94, Geo PETIT, féru par ailleurs de généalogie, y présentait régulièrement des articles d’opinion et de réflexion dont la pertinence 25 ans plus tard n’a pas pris une ride. À preuve cette lettre à son île, toujours d’actualité, que je vous propose aujourd’hui et qui parut dans l’IGUANE N° 19 de juillet 1992. Préfiguration sans doute d’un ouvrage en préparation qu’il a l’intention à 77 ans, de publier sous peu, si les dieux de l’édition lui sont favorables. Je te salue Geo et, au nom de notre amitié, je te souhaite courage et bon vent pour ta prochaine publication. Raymond Joyeux

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J’ai rêvé d’une île…

J’ai rêvé d’une île où les gens s’arrêtent un instant pour se regarder, s’aimer, s’embrasser. J’ai rêvé de réflexions qui nous viendraient non seulement de la tête mais aussi du cœur. J’ai rêvé que chez moi l’espoir renaissait…

Enfant du souvenir et de l’espérance, fils nostalgique, comment avec de telles pensées lancinantes ne pas t’écrire mon désespoir ? Je te regarde, île chérie, et ne vois plus que ta beauté physique, toujours apte à captiver les visiteurs en mal d’exotisme, mais ne retrouve plus ton âme qui me faisait croire en ton avenir. Tu l’as perdue au carrefour de la société de consommation, au carrefour du modernisme !

Terre-de-Haut, vue panoramique

Terre-de-Haut, vue panoramique : Photo R. Joyeux

Tu as placé entre toi et moi une immense barrière, une vaste palissade. Dans ton sein, là où j’ai trouvé l’épanouissement de mon enfance, je ne retrouve qu’incompréhension, je ne vois qu’un esprit frileux en mal d’intérêt, un monde froid et impersonnel. Oui ! Mon île chérie, tu as misé sur les affaires, et ta nature est une enchère au regard même de tes propres fils. Emportée par ce flot venu de l’Est, tu ballottes et tu dérives au gré des vents et des courants. Ton passé, ta belle et humaine société a fait place à la division et à l’égoïsme. L’amour, la galanterie, le spirituel, ton vieil héritage, sont devenus une tare.

La jeunesse – ton avenir – s’enfonce et tu t’en fiches

Pleinement consciente de tes limites, ton activité, comme on le constate, semble beaucoup plus gouverner ton ambition personnelle ; quant à ton imagination, elle n’est plus stimulée que pour mettre en avant ta négativité. En cela tu n’es aucunement gênée. Tu n’as plus d’orgueil en ce sens que tu ne donnes aucune importance à ce qui était ta jeunesse et ce qu’elle est devenue. Cette même jeunesse – ton avenir – s’enfonce et tu t’en fiches ! Quand bien même tu aurais choisi, il faudrait que tu saches qu’une attitude partisane n’est nullement un signe de réussite à ton développement matériel. Ce développement, tel que tu le conçois ne prépare vraiment pas ton avenir. Si tu as de l’aversion pour une majorité de tes propres enfants, comment feras-tu pour affranchir de la crainte tes amis financiers étrangers d’une xénophobie galopante que tu ne contrôles pas ?

Senne traditionnelle au soleil couchant- Ph R.Joyeux

Senne traditionnelle saintoise au soleil couchant- Ph R.Joyeux

Non ! île chérie, si tu n’apportes pas de clarté et de brillance là où règne la confusion ; si tu ne sais pas garder ton intelligence propre et sans déviation face à la pression de l’argent ; si tu n’es pas celle qui, grâce à ses pouvoirs donne un conseil désintéressé et un jugement constructif, tu continueras encore longtemps avec tes arguments fallacieux à justifier une politique humaniste inexistante. Il est stupéfiant de constater, quand il s’agit de politique, comment tu méprises ton propre sang. Ce pouvoir que tu possèdes d’étaler pendant tes campagnes électorales ton beau programme, invoquant une masse de promesses confuses en direction de ta jeunesse désarmée et de te voir le lendemain te vautrer dans ce qui fait tes habitudes.

Arc en ciel

 Plus de clarté et de brillance là où règne la confusion. – Ph R.Joyeux

Demain il faudra que tu rendes des comptes

Quel mépris ! Quelle leçon pour ta progéniture ! Demain il faudra bien que tu rendes des comptes. La division a cela de formidable qu’elle rend l’opprimé plus apte à cultiver son mental, ainsi, plus riche de connaissances, il pourra affronter des lendemains plus difficiles… N’oublie pas, mon île, que ton travail était de poursuivre et d’amener à la manifestation objective la vision qui a fait ton nom, aujourd’hui ton renom. Ta mission était de donner forme à ce qui faisait dans le passé ton charme et la chaleur de ton contact. Aujourd’hui tu as voulu et tu as pris ce qui appartenait aux autres, tu as perdu ce qui était à toi. Oh, oui ! mon île, depuis toujours je dialogue avec toi, mais comme une amante capricieuse, toujours tu as refusé d’écouter, préférant la démagogie à la réalité. Amoureux fervent, je n’ai jamais abdiqué, espérant un jour retrouver le chemin de ton cœur. Mais, là encore, la déception est grande.

Voiles traditionnelles

Voiles traditionnelles au départ d’une régate  – Photo Adieu Vat

Tu ne parles que d’affaires, que d’argent, que de haine

Ta moralité, comme l’égalité, n’était pas une vague aspiration. Elles plongeaient leurs racines, ces deux vertus, au plus profond de ton être. Le plus haut cri de la fraternité n’était-ce pas le symbole de tes maires humanistes du passé ? Qu’as-tu fait pour honorer cet héritage ? Tu m’en veux de te parler avec le cœur, et toi, tu ne parles que d’affaires, que d’argent, que de haine. Est-ce cela ton évolution ? Comment ne pas trouver chez toi une autre dimension ? Si vraiment les affaires, le tourisme, l’argent, t’ont changée, si tes richesses augmentent si bien ta politique, pourquoi ce désespoir chez tes enfants ? Est-ce cela ta réussite ? Est-ce cela, pour toi, être « Saintes » ? Île chérie, redeviens virginale. Tu as perdu ton âme, il est temps de la retrouver…

Ne laisse point l’amertume remplacer l’amour au cœur de ton fils. Tu étais née pour être une épouse tendre et romantique, telle que je t’avais connue. Maintenant tu es une  femme quelconque, celle qu’on « baise » et qu’on n’épouse plus. Une maîtresse ! Tu crois l’être pour tes soi-disant amants, mais ne t’ont-ils pas prostituée ? Te libérer de ton esprit sectaire, de tes préjugés étroits ; savoir effacer les limites dans tes relations avec tes proches voisines ; retrouver ta culture originelle. Voilà ce qu’il faut pour te reprendre et te retrouver. Ainsi nous reverrions le respect du prochain, l’absence d’égoïsme, une conformité avec la loi humaine. Suis mon conseil, oh mon île !  Il est encore temps. Oublie ta beauté physique, ferme ton peignoir et parle-moi avec ton âme…

Solidarité et fraternité : deux vertus saintoise à retrouve Ph R. Joyeux

Solidarité et fraternité : deux vertus saintoises selon Geo à réhabiliter –  Ph R. Joyeux

J’ai rêvé d’une île où les gens s’arrêtent un instant pour se regarder, s’aimer, s’embrasser. J’ai rêvé de réflexions qui nous viendraient non seulement de la tête mais aussi du cœur. J’ai rêvé que chez moi l’espoir renaissait…

Geo PETIT- L’Iguane – Juillet 1992

Geo Petit : Culturiste, champion de natation- Année 1980

Geo Petit : Culturiste amateur, champion saintois de natation.

PS : Je remercie la famille de Geo Petit et particulièrement sa fille Marlène pour m’avoir gracieusement transmis les photos de Geo. 

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Un livret sur la Mangrove réalisé par une classe de CM2 de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe

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Le thème de cette année 2018/2019 à l’Externat Saint Joseph de Cluny à Pointe-à-Pitre dans la classe de CM2 de Madame GRUEL est : LA MANGROVE. Dans le cadre du programme Cayoli Junior, nous avons travaillé tout au long de l’année avec Léna Jardin du port pour mieux comprendre la mangrove, et afin de garder un souvenir de ces expériences, un livre a été réalisé par la classe. Nous vous invitons à le découvrir :

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Mangrove et racines de palétuvier – Photo tirée du livret

Nous remercions Mme Patricia Gruel, professeur des écoles à l’externat Saint Joseph de Cluny de Pointe-à-Pitre, ainsi que ses élèves de CM2, de nous avoir autorisé à publier ce magnifique et précieux travail sur la mangrove et ses habitants.
Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez  consulter l’ouvrage Faune des Antilles,  J-F Maillard, Édition Roger Leguen, 2008, ou vous rendre sur le site du Parc National de la Guadeloupe en cliquant sur le lien : Parc national de la Guadeloupe

Réalisation, texte et dessins sont des élèves de Mme Gruel
avec la participation de Léna Jardin du Port autonome de la Guadeloupe :

Je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes vacances et vous propose de nous retrouver bientôt pour d’autres chroniques en vous remerciant pour votre intérêt et votre amicale fidélité.

Raymond Joyeux

 

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Les Saintes en basse saison au jour le jour…

Une fréquentation touristique réduite…

Chaque année, début juin, nous entrons aux Saintes en période de basse saison pour une durée d’un à quatre mois, selon le type de commerce et de prestation. Réalité paradoxale puisqu’on pourrait croire qu’à l’approche des grandes vacances l’afflux touristique serait au contraire en augmentation avec un pic au 15 août, date de la fête patronale de Terre-de-Haut, réputée drainer un nombre non négligeable de visiteurs. Mais si certaines compagnies maritimes ont réduit leurs horaires au premier de ce mois jusqu’au 14 juillet, que les restaurateurs profitent pour donner congé à leur personnel ou rénover leur enseigne, que le marché aux légumes a fermé temporairement ses étals et que les habituelles marchandes de tourments d’amour font reposer leur four, c’est qu’à la base, ils ont noté avec l’expérience une baisse réelle de la fréquentation. Et c’st vrai. Cependant…

Des classes entières en sortie « pédagogique »…

Observons toutefois que le mois de juin est généralement propice aux sorties scolaires et que c’est quasiment tous les jours que défilent dans nos rues, en dépit d’une circulation routière toujours aussi intense, des classes entières venues de la proche Guadeloupe et qu’attirent les charmes reconnus de notre petit archipel : visite incontournable du Fort Napoléon et du bourg, baignade tranquille et sans danger sous la vigilante conduite du maître-nageur (ou nageuse…), repas sur la plage tiré du sac, à l’ombre des raisiniers ou des chapiteaux dressés à cet effet par la commune, en fonction des demandes des écoles…. Heureuse initiative soit dit en passant à mettre à l’actif de la municipalité et qu’apprécient les jeunes élèves et leurs accompagnateurs et accompagnatrices, ravis de trouver un peu de fraîcheur et d’échapper ainsi aux ardeurs irrépressibles de l’implacable Phébus ! (ou si l’on préfère de Râ, l’Égyptien)…
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Quid des toilettes publiques et des distributeurs de billets ?..

Si rechercher l’ombre bienfaisante à tout prix pour la pause de midi est une nécessité à cette période de l’année où le soleil est au plus fort de ses feux, (nous sommes au solstice d’été), trouver ouvertes les toilettes dites publiques est par contre plus qu’une gageure. C’est ainsi que la cinquantaine d’élèves de CM2 venus s’ébattre sur la plage du Fond Curé, le lundi 17 juin, a dû attendre que l’on téléphone à la mairie pour faire ouvrir tardivement ces fameuses toilettes, cadenassées de façon incompréhensible à double tour en pleine journée. Pour une commune qui se veut touristique, ce détail qui n’en est pas un, est rédhibitoire! Réponse très aimable et gênée de l’employée de la mairie : « les groupes doivent prévenir de leur arrivée pour obtenir l’ouverture des toilettes… » Étrange conception, en vérité, d’un service public essentiel à notre époque. Service public dont Vespasien avait compris la nécessité et qu’il avait mis en œuvre à Rome au 8ème siècle de notre ère ! Un point positif cependant, l’utilisation ici est gratuite, ce qui explique peut-être cela, mais quand même !

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Quant aux distributeurs de billets, les deux appareils autrefois opérationnels, respectivement du débarcadère et de la mairie, ont déserté les lieux et c’est à la poste qu’il faut désormais se rendre pour retirer de l’argent, aux jours et heures d’ouverture, bien entendu. Et pour cause, le distributeur est à l’intérieur du bureau, en attendant, semble-t-il, une prochaine installation à l’extérieur. Les plus optimistes tablent sans sourciller sur la légendaire rapidité de l’administration ! Mais en attendant, ce sont les visiteurs du dimanche et des jours fériés qui se retrouvent parfois en panne de liquidité, ce qui est, concédons-le, comme pour les WC publics impraticables, un parfait atout « touristique » pour notre île… Copie donc doublement à revoir pour nos responsables, en ces temps d’examens en tous genres !

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Mardi 18 juin, une matinée bien remplie… en récompenses

Faute de célébrer en fanfare et défilé le 79 ème anniversaire de l’Appel du Général De Gaulle, c’est au Collège Archipel des Saintes qu’a eu lieu une belle et sympathique cérémonie de remise de récompenses à deux élèves des classes de 3ème de nos deux îles respectives par la Compagnie de Transport Maritime Déher. Les heureux lauréats sont Dabriou Kency de Terre-de-Haut et Brudey Maël de Terre-de-Bas, récompensés pour leur travail et leur conduite exemplaire depuis la 6ème. Ces deux élèves qui comptent poursuivre leur scolarité en seconde sur le continent et que pour notre part nous félicitons très chaleureusement, reçurent chacun un ordinateur portable et la gratuité de transport sur la CTM Déher, entre les Saintes et la Guadeloupe pour la totalité de la prochaine année scolaire. On peut lire le compte rendu de cette remise de récompenses sur le site facebook de la CTM Déher, pionnière en matière d’action sociale et initiatrice de cette  manifestation, dont c’était la seconde édition :  lien Facebook : CTM Déher 

Les deux lauréats entourés de leurs parents, de Raoul Déher et de quelques invités. Photo CTM Déher

Fête- et faites – de la Musique

Ce vendredi 21 Juin 2019, c’est par un défilé aux flambeaux en blanc, au son magique et rythmé du Ka, que nos musiciens amateurs ont célébré le premier jour de l’été et la traditionnelle fête de la musique. Créée en 1982 par le Ministre français de la Culture, Jack Lang, cette manifestation est devenue depuis un événement mondial célébré à la même date sur pratiquement tous les continents ! Remercions et félicitons organisateurs et participants de Terre-de-Haut pour cet « heureux événement » qui s’inscrit depuis quelques années, pour le bonheur de tous, dans une joyeuse et harmonieuse continuité. Les prestations prévues sur la place du débarcadère, comme indiqué sur l’affiche, ont eu lieu finalement sur la place de l’ancien marché du Fond Curé, par respect pour un décès récent survenu à proximité du débarcadère.

 

Hormis celle de la CTM Déher de la remise des prix, les photos sont de Raymond Joyeux

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Tri sélectif, ou comment une belle initiative risque de dégénérer en cauchemar !

Des déchets par-dessus la tête …

Existe-t-il de par le vaste monde une collectivité insulaire aussi petite et fragile que Terre-de-Haut (600 hectares, 1800 habitants), qui génère autant de déchets ? La question reste posée et les municipalités successives y sont confrontées de manière récurrente… depuis celle de Georges Azincourt qui, entre 1958 et 62, fut la première à instaurer aux Saintes un service communal de ramassage des poubelles. Certes, à l’époque – il y a 60 ans – ce ramassage se faisait, faute de mieux, par canot à rames avec rejet des déchets à la mer, mais c’était au temps où plastique et autres encombrants métalliques et électroniques n’étaient pas à la mode, et où le verre était consigné…

Amas de tout venant à la déchetterie de la Colline à Terre-de-Haut  – Ph. R.Joyeux

Un bien pour un mal ?..

Depuis peu, pour apporter sa contribution citoyenne à la résolution de cet épineux problème, et soulager par la même occasion la municipalité et le service public de voirie, l’Association ALISÉS, sous la conduite de Pédro Garçon, s’est investie, à partir des nombreuses palettes qui jonchent le site de la déchetterie, dans la réalisation d’une série de petits conteneurs en bois, respectivement peints en jaune et vert et destinés au tri sélectif. L’initiative qui, à l’ère de l’individualisme forcené, mérite d’être signalée, ne semble pourtant pas, malheureusement, se révéler très efficace… pour le moment  !

Des conteneurs esthétiques et fonctionnels – Photo Alisés

En effet, outre le manque de civisme de certains qui profitent pour y déposer carrément et sans honte chaque jour, leurs sachets d’ordures ménagères non triées, c’est au niveau de la régularité du ramassage que le bât blesse. Entre la commune et la CASBT (Communauté d’Agglomérations du Sud Basse-Terre), personne ne sait exactement qui est responsable de la collecte et du traitement des déchets déposés dans ces petits conteneurs. Si bien que, n’étant pas pour la plupart régulièrement vidés, alors qu’il n’y avait autrefois aucune ordure qui traînait aux endroits où ils sont installés, ce sont maintenant des amas de bouteilles en plastique, de canettes et autres résidus de consommation courante qui ornent le sol au pied de ces conteneurs le plus souvent archi bondés.

Conteneur de tri, non destiné aux déchets organiques ménagers . Ph. R. Joyeux

Éparpillement de déchets inexistant avant l’installation des poubelles -Ph. R.Joyeux

Des conteneurs trop souvent bondés – Photo R.Joyeux

À proximité du plateau sportif – Ph. R. Joyeux

Incivilité et souci du bien commun

Notre propos n’est pas de distribuer, comme à l’école d’autrefois, bons points et bonnets d’âne. Mais il faut reconnaître qu’à Terre-de-Haut, alors que certains, bénévoles isolés ou au sein d’associations, s’évertuent à améliorer notre cadre de vie et à protéger notre belle nature, d’autres, indisciplinés et incivils, s’acharnent au contraire à les saccager. Et s’il ne faut pas accabler la municipalité qui, dans la mesure de ses possibilités financières, techniques et humaines, met tout en œuvre pour nous rendre la vie meilleure et apporter à son échelle sa pierre à la protection et la sauvegarde d’une planète déjà bien malmenée, reconnaissons que les instances communautaires dont nous dépendons ne sont pas en ce domaine totalement exemptes de critiques.

Un affichage sans ambiguité.

Si nous étions toutes et tous un peu plus responsables, davantage soucieux de notre environnement et du bien commun, et que chacun en ce qui le concerne faisait régulièrement et consciencieusement son travail, nos amis des ALISÉS, que nous félicitons au passage, ne verraient pas leur initiative sur le point de dégénérer en cauchemar… Et notre exceptionnel environnement serait mieux apprécié, à l’image de ce magnifique crabier prêt à prendre son envol…

Élégant crabier des Saintes en posture d’envol – Photo de l’auteur, 31 mai 2019

Terre-de-Haut, 1er juin 2019 – Raymond Joyeux

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Patrimoine : batteries et fortifications du littoral saintois

Un document patrimonial indispensable

Littoral-GuadeloupeDans un somptueux ouvrage, abondamment illustré, publié en décembre 2018, les Éditions HC ont répertorié, avec le concours, du Conservatoire du Littoral, l’ensemble des fortifications qui jalonnent les côtes de Guadeloupe, allant d’Anse-Bertrand à Vieux-Habitants, en passant par la Désirade et naturellement les Saintes, Terre-de-Bas et Terre-de-Haut. Remarquable travail pour la découverte et la connaissance de notre patrimoine, cet ouvrage n’intéressera pas seulement les amateurs passionnés d’histoire militaire, mais aussi toute personne désireuse de s’approprier l’histoire tout court de notre archipel à travers son passé particulièrement riche en événements et monuments souvent miliaires qui ont façonné son visage d’aujourd’hui. Pour vous donner un avant-goût du contenu de ce livre, voici, concernant les Saintes, l’historique succincte des fortifications qui nous sont familières mais dont nous connaissons sans doute très mal quand et pourquoi elles ont été édifiées sur nos côtes.

Terre-de-Bas 

Batterie du Fer-à-Cheval.

Très discrète, le plus souvent enfouie sous une abondante végétation, donc peu visible immédiatement, cette batterie surplombe d’une quinzaine de mètres l’entrée du port de l’Anse des Mûriers et était équipée à l’origine de deux canons. Érigée en pierres de taille probablement à la fin du 18ème siècle, à l’aplomb du site dit du Fer-à-Chevalelle était destinée à protéger l’île d’éventuelles intrusions de navires britanniques ennemis arrivant des îlots voisins de la Coche et des Augustins. Les ruines d’une poudrière de construction plus récente sont visibles en retrait de la plateforme. Il semblerait qu’en face, sur l’autre morne délimitant l’entrée du port, une autre batterie ait existé, renforçant ainsi le dispositif défensif du secteur. Sauf erreur, il n’en reste malheureusement aucune trace.

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Emplacement de la batterie du Fer-à-Cheval – Photo Raymond Joyeux

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Ilots de la Coche et des Augustins, avec la Dominique en arrière-plan, en ligne de mire des canons de la batterie- Ph. R.Joyeux

Terre-de-Haut

Batterie du Bois-Joli

Morne ou Anse à Cointre, Bois-Joli, Anse-Mire, Morel, La Rabès, Coquelet, Pavillon… beaucoup ne le savent pas, surtout parmi les plus jeunes, le nom des lieux-dits qui nous sont familiers provient pour la plupart de personnalités militaires ou civiles influentes ayant habité notre archipel au début de sa colonisation et au cours des nombreux conflits militaires qui émaillèrent son histoire. Ainsi, patronyme du premier propriétaire des lieux, Mathieu Boisjoly, ce nom n’est pas d’abord l’enseigne d’un hôtel célèbre de Terre-de-Haut, mais celui de la pointe ouest de notre île où domine une batterie presqu’intacte : la batterie dite de Bois-Joli. Édifiée au début du XIXè siècle pour répondre aux risques d’un nouveau conflit avec l’Angleterre, qui finalement n’a jamais eu lieu puisque les Anglais abandonnèrent toute ambition de conquête territoriale dans le secteur à partir de 1816, cette fortification est accessible soit directement par l’hôtel, soit par le sentier qui sépare le Morne à Cointre du Chameau. Un portail métallique s’ouvre sur un tracé balisé par un chemin de croix qui aboutit à la plateforme de tir et à une poudrière transformée en chapelle décorée, parfaitement entretenue. À condition d’être bien chaussé, la balade vaut le détour, pas seulement pour l’intérêt de découvrir un dispositif militaire en excellent état de conservation, mais aussi pour le plaisir de jouir d’une vue imprenable sur les îles du Grand-Îlet, Terre-de-Bas, l’Îlet à Cabris, le Pain de Sucre et toute la partie occidentale de la baie des Saintes… Reste à connaître les circonstances qui ont permis l’implantation au  XXème siècle d’une croix monumentale en béton, en plein milieu de la plateforme, transformant étrangement un site militaire voué à la guerre en lieu de pèlerinage pacifique et religieux, propice à la méditation…

Grande Croix de Dozulé visible de loin – Ph. R. Joyeux

Élément de la plateforme de la batterie dominant la Baie des Saintes – Ph R. Joyeux

Intérieur de la poudrière reconvertie en oratoire dédié au Sacré-Cœur – Ph. R.Joyeux

Batterie du Morne Morel

Exactement à l’opposé de celle de Bois-Joli, la batterie du Morne Morel, plus connue sous l’appellation de Fort Caroline, du nom du personnage féminin de l’hypothétique histoire d’amour que cette énigmatique créole aurait vécue sur les lieux avec la Chevalier Paulin de La Poix de Fréminville en 1822, (voir à ce sujet notre chronique du 10 avril 2014 en cliquant sur le lien en fin de paragraphe *). Davantage qu’une simple batterie, le Morne Morel, dominant la baie de Pompierre, a connu dès le XVIIIè siècle une succession d’ouvrages militaires destinés à la défense de la baie des Saintes. L’actuelle plateforme protégée de son parapet date de 1780. Selon les rédacteurs de notre livre de référence, page 107 : « Les vestiges visibles aujourd’hui sur le Morne Morel correspondent à ceux d’une redoute militaire (…) regroupant ainsi un magasin à poudre aujourd’hui en ruine, accompagné de batteries dallées en pierre et entourées par des parapets maçonnés Au sol, des dallages en arc de cercle permettent de témoigner de la présence originelle de canons et des fenêtres défensives qu’ils couvraient. »  « Ces ouvrages ont été détruits entre 1809 et 1811, lors de l’occupation anglaise de l’archipel  » est-il précisé à la page 106.
* https://raymondjoyeux.com/2014/04/10/amour-tragique-aux-saintes-en-1822/

Plateforme dallée et parapet en pierres maçonnées – Ph. R. Joyeux

Magasin de poudre en ruine – Ph. R. Joyeux

Îlet à Cabris 

Vestiges militaires 

Pour protéger la baie des Saintes des forces maritimes anglaises, en plus des batteries  et redoutes installées sur l’île de Terre-de-Haut, l’Îlet à Cabris fut dès le XVIIIè siècle un point stratégique progressivement fortifié. Une première construction, baptisée d’abord Fort la Reine, puis Fort Joséphine, et composée de plusieurs bâtiments en pierre volcanique est édifiée en 1779 sur les hauteurs de la Pointe-Sable. Parallèlement à cette construction principale, cinq autres batteries voient le jour en 1840, parmi lesquelles celles de la Pointe Bombarde, Cabri et Anse à Chaux.

Ruines des fortifications militaires à l’îlet à Cabris – Ph R. Joyeux -2012

Pignon encore debout en 2012, mais démoli par l’ouragan Maria en 2017 – Ph R.Joyeux

Pénitencier et lazaret

En 1851, profitant de la fin des conflits entre la France et l’Angleterre, l’ensemble des constructions militaires est transformé en pénitencier pour recevoir les condamnés au bagne de Cayenne avant leur transfert aux Îles du Salut. Vingt ans plus tard, en 1871, coexistant avec le pénitencier, c’est au tour d’un lazaret de quarantaine d’être installé sur l’Îlet, à l’écart des bâtiments de la prison. Construit en bois sur des fondations de pierre, ce lazaret était destiné à la mise en quarantaine des engagés volontaires venus principalement de Pondichery pour remplacer les anciens esclaves des plantations après l’abolition de 1848. Endommagé par un incendie en 1889, il n’a jamais été reconstruit. L’ensemble des activités de l’îlet à Cabris dont il ne reste que des ruines, prennent définitivement fin en 1902.

Ruines du pénitencier en 2012 – Photo Raymond Joyeux

Conclusion

Si une réhabilitation même partielle semble actuellement difficilement réalisable, il est dommage, de notre point de vue, que toute cette richesse patrimoniale de l’archipel des Saintes reste insuffisamment mise en valeur. L’intérêt de l’ouvrage que nous avons cité, et de cette modeste chronique, est de nous sensibiliser au moins à son existence… En attendant que des passionnés d’histoire locale, encouragés par le Conservatoire du Littoral et les instances communales ou régionales, se mettent à l’œuvre en prenant en charge ne serait-ce qu’un entretien minimal des lieux et leur balisage, ce qui serait non seulement un atout touristique et pédagogique non négligeable, mais un moyen efficace de faire connaître notre histoire à nos compatriotes, jeunes et moins jeunes, et à nos nombreux visiteurs…

Terre-de-Haut vue à travers les vestiges de l’Îlet à Cabris Photo R. Joyeux

Ps : Pour éviter les longueurs, nous avons volontairement omis de mentionner la batterie de la Tête Rouge, abondamment décrite et illustrée dans l’ouvrage mentionné.
Signalons que la plupart des informations qui ont nourri cette chronique sont tirées de diverses sources, en particulier justement de l’ouvrage publié aux Éditions HC, intitulé Littoral de Guadeloupe, (entre nature et patrimoine), présenté en début de page et vendu dans toutes les bonnes libraires pour la modique somme de 18, 50 euros.
Les photos et la rédaction du présent texte sont de Raymond Joyeux.

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Bonne fête des mères !….

Hommage à nos mères

Ô l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie !
Pain merveilleux qu’un Dieu partage et multiplie,
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier !
Victor Hugo

Chères mamans de Terre-de-Haut, et d’ailleurs,

En ce jour de fête qui vous est consacré, il nous apparaît important, et je dirais même, indispensable, de venir honorer avec nos modestes moyens ce que vous représentez à nos yeux. Bien plus, ce que vous êtes réellement : les piliers vivants de notre communauté, sa clé de voûte, sa pierre angulaire. Votre rôle dans la société des hommes, ici comme ailleurs, n’est plus ni à définir ni à préciser. Vous êtes non seulement l’origine du monde mais sa mémoire vive et son avenir.

L’origine du monde parce que sans vous l’humanité ne pourrait ni exister ni se perpétuer. La mémoire et l’avenir du monde parce que sans vous toute conscience s’arrêterait et l’homme n’aurait plus qu’à attendre tristement le tarissement et l’extinction de sa race. Mais en plus de ce destin divin de créatrice de vie et de propagatrice de l’espèce, vous symbolisez à la fois pour nous ce qu’il y a de plus fragile et de plus solide.   85422704d5db83710b44XXL

De plus fragile parce que votre cœur de mère, fait pour supporter toutes les joies et toutes les douleurs, pourrait à tout instant se briser comme le plus fin cristal lorsque l’un des vôtres est en danger. Fragile parce que votre âme, soumise à toutes les tensions, tiraillée entre la tendresse infinie et l’inquiétude permanente, pourrait à tout instant éclater lorsque l’un des vôtres : enfants, mari, compagnon ou proche lignée, s’égare dans les méandres de la séparation, de la maladie ou de la disparition…

Mais en même temps, votre solidité, votre résistance instinctive à toutes les épreuves sont la garantie naturelle de l’équilibre et de la survie familiale et sociale.Vous êtes celles sur qui à tout instant l’on peut compter. Celles sur qui on peut s’établir au milieu des tempêtes de la vie, dans la confiance la plus absolue et l’amour partagé.

Vous êtes celles à qui on peut se livrer sans pudeur, se confier sans réticence car vous êtes plus que n’importe qui, avec vos bras toujours ouverts, amour, bienveillance et pardon. Vous êtes dans votre condition maternelle, l’indispensable sève de l’enfant qui naît, l’indispensable soutien de l’enfant qui grandit, l’indispensable refuge de l’enfant qui revient…

images - copieDans toute votre existence de mères attentives, votre souci premier, souvent invisible aux yeux, mais pourtant bien réel et constant, c’est le bonheur toujours plus grand des vôtres, c’est l’amour toujours à dispenser, c’est la tendresse toujours à prodiguer…

Quel est le plus grand malheur pour une mère sinon de perdre son enfant bien aimé ? Quel est le plus grand malheur pour un enfant, même devenu adulte, sinon de perdre ou de renier sa mère ?

Joie de la maternité. Bonheur ineffable face au petit être qui se développe et progresse. Satisfaction toujours plus grande face à la réussite et aux exploits de celle ou de celui qui restera toujours votre fils ou votre fille. Mais soucis constants face aux incertitudes inévitables de la vie : santé, études, mariage, séparation et pourquoi pas, nouvel enfantement ! En vous se résument et se marient les sentiments les plus contradictoires et les plus violents de la nature humaine, liés au parcours souvent chaotique de l’existence…

Mais un jour vous voilà grand-mères. Vous voilà arrière-grand-mères. Votre sang, votre cœur, votre amour ont porté leurs fruits. Et si votre corps a un peu vieilli, si vos jambes sont fatiguées et vos cheveux d’argent, si vos yeux ont faibli et vos pas hésitants perdu leur assurance, vos sentiments, eux, n’ont pas changé. C’est toujours le même amour, toujours le même bonheur mais aussi la même inquiétude que vous éprouvez face à la chair de votre chair. Mais, assurées désormais d’affronter l’éternité, malgré les mésaventures de l’âge, malgré parfois un brin d’injuste solitude, la sérénité de l’esprit est devenue, le plus souvent, heureusement, votre compagne habituelle.            4b1987e6

Car avec vous tout s’est accompli. Votre condition de mères s’est inscrite dans l’histoire et au-delà du temps. Le destin est en marche : donatrices de vie et d’amour, vous avez scellé la pierre blanche d’une nouvelle humanité. Comment alors ne pas vous exprimer en retour notre gratitude ? Comment ne pas vous témoigner, par-delà toutes nos mesquineries, par-delà toutes nos faiblesses, notre reconnaissance filiale et notre affection sans bornes ?

C’est pourquoi, chères mamans, chères grand-mères et arrière-grand-mères, au nom de toute notre communauté dont vous avez été et êtes encore le levain et pour qui vous restez non seulement un exemple de vitalité mais un symbole d’espérance renouvelée et de germination future, en levant tout à l’heure nos verres en votre honneur, en vous offrant la rose de l’espoir, je voudrais rendre hommage à vos vertus de courage, de patience, de compréhension, de force et de persévérance, et vous souhaiter du fond du cœur et le plus sincèrement, une très belle et très heureuse fête des mères.

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Discours prononcé à Terre-de-Haut, le dimanche 27 mai 2001 à la Salle Paul-Émile.

R.J.

 

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