En guise de vœux du nouvel an : vivre entre ciel et mer..

Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris a organisé en 1997 une passionnante exposition sur les ÎLES. Outre des connaissances et informations insoupçonnées, nous avons ramené de notre visite de l’époque une intéressante brochure résumant en textes et illustrations les principaux thèmes de cette exposition. Nous pensons que les extraits qui suivent sont susceptibles d’intéresser nos lecteurs Saintois, Antillais et tous les iliens en général, quel que soit l’emplacement de leur île respective sur l’immensité des océans du globe.

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L’île comme nous la rêvons

Objet de science, objet de rêve, l’île renvoie des images diverses, selon qu’elle est sous le regard du géographe, du biologiste, de l’écrivain, du poète ou de tout un chacun.

Sa définition géographique, qui s’appuie sur des indicateurs essentiellement physiques, tels que sa taille ou son éloignement des autres terres, n’est déjà pas simple. Peut-on encore parler d’île, quand il s’agit par exemple du vaste continent australien ? Mais les représentations qu’elle suscite dans nos têtes sont encore plus complexes. Ce n’est pas par hasard si le thème de l’île nourrit une riche littérature depuis l’Odyssée d’Homère jusqu’à des œuvres contemporaines comme Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier.

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Photo Muséum National d’Histoire Naturelle

Les îles sont isolées des autres terres

La caractéristique même de l’île est son isolement, qui engendre des conditions de vie particulières. Les animaux et végétaux confrontés à ce nouveau milieu évoluent autrement que sur le continent. C’est ainsi que peuvent apparaître sur l’île, en quelques dizaines ou centaines de milliers d’années, des espèces nouvelles, présentes nulle part ailleurs. Ces espèces sont dites endémiques à l’île. Elles se distinguent, souvent de façon spectaculaire, par leur morphologie, leur écologie, leur comportement.

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Iguane délicatissima endémique de Petite Terre en Guadeloupe. Photo Raymond Joyeux

Chez les hommes, l’isolement géographique va également créer des conditions de vie nouvelles. Dans un espace restreint, éloigné du continent, les insulaires, liés aux autres peuples par des échanges plus ou moins limités, vont inventer un monde à eux, une manière d’affirmer leur différence et leur identité.

Tradition et identité saintoises – La traîne : Tableau d’Alain Joyeux

Les îles sont reliées aux autres terres

Aussi lointaines qu’elles puissent être, les îles entretiennent toutes des liens avec le continent ou d’autres terres proches. Les îles océaniques, surgies de l’eau, n’ont pu se peupler qu’à partir d’immigrants venus d’ailleurs ; les iles continentales, elles, étaient déjà habitées au moment de leur formation ; mais dans les deux cas, des relations régulières ou épisodiques s’établissent avec l’extérieur.

Différents paramètres propres à l’île, sa taille, sa proximité des autres terres, sa géologie, son climat favorisent ou limitent les échanges.
L’arrivée des espèces animales et végétales est également fonction de l’aptitude que celles-ci ont à se déplacer puis à s’implanter. Les courants océaniques et atmosphériques jouent aussi leur rôle. Dans le cas des hommes, le problème du peuplement est plus complexe, faisant intervenir des facteurs liés à leur histoire propre.

Voiliers saintois reliant autrefois l’archipel des Saintes au « continent » guadeloupéen tableau d’Alain Joyeux

N.B. Les textes ci-dessus sont extraits du catalogue de l’exposition sur les îles au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris 1997

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L’homme qui aimait les îles
D.H. Lawrence
Éditions Pardès 1988

C’était un homme qui aimait les îles. Et il était né dans une île, mais elle ne faisait pas son affaire, car elle contenait beaucoup trop d’autres habitants, en dehors de lui. Il désirait une île qui fût à lui seul : non pas nécessairement pour y être seul, mais pour en faire un monde qui n’appartiendrait qu’à lui.

Une île, quand elle est assez grande, ne vaut pas mieux qu’un continent. Il faut vraiment qu’elle soit très petite pour quelle donne l’impression d’être une île ; il faut qu’elle soit minuscule pour qu’on puisse avoir la prétention de la remplir de sa seule personnalité.

Or, grâce à tout un concours de circonstances, cet amateur d’îles, lorsqu’il eut trente-cinq ans, acquit bel et bien une île à lui. Il ne la possédait pas en toute propriété, mais il avait un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans, ce qui, lorsqu’il s’agit d’un homme et d’une île, équivaut à l’éternité. Car si vous êtes comme Abraham et si vous voulez que vos descendants soient aussi nombreux que les grains de sable du rivage, vous ne choisiriez pas une île pour vous multiplier. Bientôt elle serait surpeuplée et les habitants s’entasseraient dans des taudis. Pensée horrible pour quelqu’un qui, dans son île, aime son isolement. Non, une île est un nid qui ne contient qu’un seul œuf, un seulement. Cet œuf est l’insulaire lui-même…

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L’île au cœur de l’archipel

Raymond Joyeux – Poèmes de l’archipel
Édition Les Ateliers de la Lucarne 2018

Je suis l’île au cœur de l’archipel
De profondes racines j’alimente mes ans
Et les vents sont mon souffle et les marées mon sang
Je suis l’île au cœur de l’archipel.

Je vibre aux pulsations de la mer incessante
Au rythme irrégulier de ses mouvantes lèvres
Je module ma course et je règle mes fièvres
Je vibre aux pulsations de la mer incessante.

Les odeurs matinales emplissent mes réveils
Je les dénombre toutes et je les éparpille
Puis les forme en bouquets pour les offrir aux filles
Les odeurs matinales emplissent mes réveils.

Le soleil rétrécit l’ombre de mes paupières
Et mes veines se gonflent en désirs insoumis
Les passions rentrées se déchaînent à midi
Le soleil rétrécit l’ombre de mes paupières.

J’aime les battements et la fraîcheur des ailes
Des myriades d’oiseaux à ma cour attachées
Et le picotement de leur bec affolé
J’aime les battements et la fraîcheur des ailes.

Quand la sueur de l’amour à mon front se fait perle
Dans le chuchotement des sables de la nuit
Je m’offre en gémissant aux humides roulis
Quand la sueur de l’amour à mon front se fait perle.

Et j’égrène aux courants ma semence insulaire
Mes germes coralliens que fécondent les algues
Et que nourrit le sel amniotique des vagues
Et j’égrène aux courants ma semence insulaire.

Je suis l’île au cœur de l’archipel
De profondes racines j’alimente mes ans
Et les vents sont mon souffle et les marées mon sang
Je suis l’île au cœur de l’archipel.

L’île de Terre-de-Haut dans l’archipel des Saintes – Photo Raymond Joyeux

Remerciements pour votre fidélité
et meilleurs vœux à toutes et tous pour l’année 2022

Publié par Raymond Joyeux
le 27 décembre 2021

Publié dans Réflexions | 6 commentaires

Sucreries saintoises an tan lontan : berlingots, boboyottes et compagnie…

En cette fin d’année 2021, alors que l’épidémie de Covid-19 reprend plus que jamais du service, nous condamnant à des restrictions de plus en plus contraignantes, je me permets de vous présenter, en guise de modeste consolation, et pour adoucir nos cœurs, une page extraite de mon ouvrage Fragments d’une enfance saintoise publié en juin 2020 chez CaraïbÉditions.

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Nous sommes en 1952, la population saintoise vient de subir deux épreuves consécutives : un puissant séisme au mois de mai et le cyclone Charly en septembre.
Quelques jours avant la rentrée scolaire, la mère de l’auteur a repris ses habitudes de pâtissière et prépare pour la famille des bocaux de confiseries locales, pour le plus grand bonheur des enfants.

Depuis que le séisme de mai avait brisé en deux par le milieu sa plaque de marbre, ma mère, découragée, avait cessé la fabrication de berlingots et autres sucreries dont elle avait le secret.

Or, à notre grande surprise, quand tout fut nettoyé après le cyclone et que la vie eut repris son cours normal, comme pour nous consoler de nos épreuves et nous remettre de nos émotions avant la rentrée des classes, elle reprit ses activités de confiseuse et s’activa à ses fourneaux. Loin d’avoir oublié sa recette de berlingots, nous eûmes l’impression qu’elle l’avait améliorée.

Le sucre fondu était versé bouillant sur les deux parties du marbre qu’elle avait pris soin d’ajuster minutieusement et de bien huiler avant l’opération. Pour prévenir tout débor-dement et éviter l’infiltration du sirop dans l’interstice, deux petites bordures rectangulaires de métal plat posées debout sur le marbre, de part et d’autre de la cassure, retenaient la préparation.

Le temps de laisser crever les bulles de l’épais sirop brûlant, régulièrement étalé sur son support, elle s’enduisait les mains d’un peu d’huile, les frottait l’une contre l’autre, récupérait délicatement la nappe de sucre liquide, encore chaude et luisante et, sur un clou de charpente fixé en biais au chambranle de la porte, commençait l’étirement.

Le va-et-vient autour du clou durait jusqu’à ce que le sucre devienne blanc et opaque et que le colorant, menthe, grenadine, anis ou citron, versé dans la pâte, s’incorpore parfaitement en minces filets verts, rouges ou jaunes au ruban, qui durcissait à mesure qu’il était pétri.

Lorsqu’elle estimait sa consistance idéale, ma mère étalait sur le marbre le cordon de sucre, vivant toron de souplesse et de tiédeur, qu’elle continuait d’étirer et roulait légèrement en vrille. Elle le découpait ensuite aux ciseaux en petits cylindres tors, lisérés de colorant et pincés aux deux bouts, semblables à des osselets de porcelaine chinoise, qu’elle séparait les uns des autres et qui finissaient de durcir en refroidissant.

Me levant tôt pour la messe, je n’assistais le plus souvent qu’au début des opérations. Mais sitôt prononcé l’Ite missa est, annonçant la fin de la célébration, je m’empressais de me dévêtir de ma livrée d’enfant de chœur et courais à la maison pour avoir le privilège d’être le premier à goûter ces berlingots encore tièdes dont les arômes de sucre, d’anis, de citron, ou de menthe emplissaient toute la cuisine. Totalement refroidis, ils étaient placés dans un bocal transparent en forme d’encrier Waterman que ma mère posait sur le dressoir de la salle à manger, comme pour attiser notre gourmandise.

À vrai dire, ce n’était que lorsqu’on les avait laissés reposer un jour ou deux que les berlingots devenaient fondants et onctueux et dégageaient toute leur saveur. Leur douceur anisée, mentholée, ou légèrement acidulée nous coulait délicieusement dans la gorge en un filet de plaisir impossible à décrire, mais alors il n’en restait du bocal que la moitié…

Doucelettes- bellemartinique.com

Avec les berlingots, ma mère nous préparait des sucres d’orge ambrés qui avaient la forme de pointes de flèche émoussées et qu’elle munissait d’une bûchette de palme de cocotier pour nous permettre de les sucer en fermant les yeux de bonheur, sans nous coller les doigts. Elle faisait aussi des doucelettes, des boboyottes, des surelles confites qu’elle enfilait également sur de fines baguettes et qui ne passaient jamais la journée.

Sucres à coco à tête rose douxcaprices.com

 Nous vécûmes la fin des vacances à nous gaver de confiseries, nous doutant confusément que c’était sa façon à elle de nous prodiguer pudiquement un surplus d’affection, de douceur et, pour tout dire, de cette générosité discrète qui lui était naturelle.

Surelles confites

JOYEUX NOËL À TOUTES et TOUS

Texte de Raymond Joyeux
Extrait de

Fragments d’une enfance saintoise
CaraïÉditions 2020
Chapitre 25 Page 149
En vente dans toutes les librairies
aux Antilles comme en Métropole.

Publié le 20 décembre 2021

 

Publié dans Rétrospective | 3 commentaires

Terre-de-Haut à l’heure de 1984 ?

Mieux qu’une armada de caméras de surveillance : une mamie postée derrière une fenêtre !
Karine Giébel

Si l’on en croit les commentateurs des réseaux sociaux, le plus souvent mal informés par déficit, selon nous, de communication communale, la municipalité de Terre-de-Haut aurait l’intention d’installer dans la commune des caméras de surveillance. En vue, semble-t-il, entre autres, de dissuader les auteurs présumés d’actes d’incivilité de poursuivre leur condamnable et clandestine activité ! Ignorant nous-mêmes les tenants et aboutissants de cet insolite projet puisque, n’ayant pas de compte Facebook et ne recevant jamais dans notre boîte aux lettres les comptes-rendus circonstanciés des délibérations du conseil municipal – comme cela se fait couramment ailleurs – nous ne pouvons que rester perplexes face à la teneur, si elle est avérée, d’une telle information dont nous avons du mal à appréhender, sur le principe, les véritables motivations.

Image rapport de la Cour des Comptes

Que certains administrés, mal intentionnés, enfreignant les règles du Mieux Vivre Ensemble, soient coupables de malveillances, principalement en matière de respect de l’environnement en déversant sans complexe leurs déchets dans la nature, cela a toujours existé et existera certainement toujours. Qu’une municipalité, soucieuse du bien-être de tous, cherche à faire cesser ces comportements répréhensibles, c’est tout à son honneur. Mais la question reste posée de savoir quelle méthode employer pour tenter de mettre un terme à ces pratiques asociales.

Dessin de Hector dans Les maires mènent l’enquête à Friauville

En l’occurrence, espionner les citoyens par caméras interposées n’a jamais été, nous semble-t-il, une méthode efficace pour contrer d’éventuels contrevenants, tout au moins dans ce type d’infraction. Ces derniers, se sachant ou se croyant surveillés, sauront toujours contourner tous les moyens de détection aussi perfectionnés fussent-ils, et continueront tant bien que mal à agir à leur gré, avec souvent plus de malice encore. Pour preuve, un semblant de caméra fictive à 6€50, installée autrefois sur notre propre maison, n’a jamais empêché le saccage de nos plantes décoratives, régulièrement victimes de malveillance. Mais à supposer que les responsables soient pris en flagrant délit, quelle sanction leur appliquer si tant est que leur identité soit objectivement établie ? Chacun sait que, quelles que soient sa nature et sa sévérité, la sanction (ou la menace de sanction), si elle est parfois dissuasive, n’a jamais été le meilleur moyen pédagogique pour améliorer le comportement des mauvais élèves. Elle ne remplacera jamais en tout cas le bon exemple, le dialogue constructif et la persuasion.

Mais, s’il parvenait à se concrétiser, plus qu’un investissement improductif prévisible – quoique subventionné, semble-t-il ici, intégralement par l’État – (voir à ce sujet le rapport très négatif de la Cour des Comptes), ce qui nous chagrine dans ce projet de caméras c’est surtout le principe. Celui qui consiste à vouloir mettre sous surveillance – même si l’intention n’y est pas – toute une population sur un si petit territoire. Quels délits vraiment préjudiciables à la communauté saintoise d’aujourd’hui justifient-ils un tel projet ? Aucun, nous semble-t-il, à l’évidence. L’avoir accepté et proposé au Conseil Municipal c’est avoir fait preuve à minima, selon nous, d’un manque de discernement psychologique qui étonne de la part de nos élus autoproclamés réputés pour leur ouverture d’esprit. En plus des critiques, justifiées ou non, que ce projet a suscitées et continue de susciter au sein de la population, majorité comprise, la balance bénéfice/perte – comme on le dit aujourd’hui à propos de la vaccination – est, politiquement, socialement et économiquement, largement en faveur de la perte. Mille projets plus judicieux en effet, chez nous, mériteraient infiniment plus d’attention que la pose et l’exploitation, même gratuites encore une fois et légalement encadrées, de caméras probablement inutiles et inefficaces, selon les experts de la Cour des Comptes… Caméras qui nous ramèneraient, dans l’esprit hyperbolique des gens, aux temps odieux des plus liberticides régimes.

Aussi, pour poursuivre et conclure cette chronique sur le mode de l’hyperbole (figure de style qui traduit l’exagération en vue de mettre en relief une idée), à la place de ce cadeau empoisonné que la commune n’était pas obligée d’accepter, s’il en est un, de cadeau urgent, à offrir à nos conseillers municipaux en cette fin d’année 2021 pour qu’ils réexaminent sans tarder ce projet controversé, c’est assurément le livre essentiel de George Orwell, 1984. Livre plus que jamais d’actualité qui décrit les ravages pour la démocratie et les libertés individuelles de l’espionnage d’état, personnalisé par l’intraitable et vigilant Big Brother.

Mais après tout, et plus sérieusement, au risque de réduire en miettes notre argumentation, on pourrait se demander qui devraient avoir peur de ce projet de surveillance communale si mal vu (sans mauvais jeu de mots) de nos compatriotes, sinon ceux qui commettent des infractions ? Alors, finalement, caméras ou pas ?… Référendum populaire ou pas sur le sujet ? À vous, amis lecteurs, de donner votre avis… si vous le souhaitez, évidemment !

Publié par Raymond Joyeux
le 15 décembre 2021

Publié dans Actualités saintoises | 12 commentaires

Le docteur Yves ESPIAND co-fondateur de l’Association l’Avenir Saintois et ancien praticien aux Saintes est décédé

C’est avec une grande tristesse que nous venons d’apprendre le décès du docteur Yves Espiand à l’âge de 88 ans. Les Saintois qui l’ont connu se joignent à moi pour exprimer à sa famille et à ses proches leurs plus sincères condoléances.
Voici ci-dessous, un extrait de la chronique que je lui avais consacrée il y a quelques années alors qu’il avait pris sa retraite en métropole, diminué après un grave accident de la route en 1990. Ce qui ne l’avait pas empêché de revenir en Guadeloupe et aux Saintes en juillet 2012, revoir les lieux où il fut affecté comme médecin.

Médecin hors pair et sportif émérite

Le docteur Yves ESPIAND n’est pas un inconnu aux Saintes. À la retraite dans le Midi de la France, il séjourna dans notre archipel comme omnipraticien de 1963 à 1966, en remplacement du docteur Hourtiguet. Si, comme tous les médecins de passage, il était logé à la Maison Bateau, il avait installé son cabinet médical au dispensaire communal, en même temps qu’une pro-pharmacie qu’il a été le premier à ouvrir et à tenir à Terre-de-Haut. Cette officine, dotée des médicaments de première urgence, évitait aux patients le déplacement en Guadeloupe avec leur ordonnance, ce qui n’était pas un mince avantage pour nos compatriotes. Mais le docteur Espiand était aussi un grand sportif et amateur de football. Il avait en effet de qui tenir puisque son père, professeur de mathématiques au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre fut le fondateur de la Solidarité Scolaire, équipe de football qui a eu son heure de gloire dans le championnat guadeloupéen. C’est donc tout naturellement que notre docteur s’intéressa aux jeunes de la commune et participa à la création de L’Avenir Saintois dont il fut l’un des membres les plus actifs, comme joueur, entraîneur et conseiller technique.

Équipe de foot de l’Avenir Saintois en 1965 – debout de gauche à droite : Marcel Déher – Gilbert Samson – G. Gamas – Éric Joyeux – Maxime Procida – Euphrase Hoff – Accroupis de gauche à droite :
 Michel Bocage – J.Pierre Péter – Yves Espiand – Raymond Joyeux – Euphrase Bocage

Un amoureux des Saintes, de la littérature et de la poésie

Dans un ouvrage autobiographique édité à compte d’auteur et publié en juillet 2014, Yves Espiand fait le récit de sa vie mouvementée depuis sa naissance à Pointe-à-Pitre en 1933, ses années d’études médicales, ses différentes affectations, jusqu’aux difficiles années de sa vie de retraité, en passant par le terrible accident dont il fut victime en juillet 1990, dix ans avant son départ à la retraite en Février 2000. Il y retrace ses démêlés judiciaires suite à son divorce d’avec sa première épouse et inclut de nombreux poèmes dont un intitulé L’archipel des Saintes. Poème qu’il reconnaît lui-même comme maladroit mais qui exprime l’amour qu’il portait à notre archipel et que je vous fais découvrir ci-dessous.

L’archipel des Saintes

Sur mon île enchanteresse naît l’aurore timide et brève
L’émeraude de la mer caresse de sa mousse l’ocre de la grève
La couvrant de sa blanche écume scintillante mais brève
Ah, la subtile odeur iodée et suave de la nuit qui s’achève !

Quel éblouissant collier d’îles au sable magnifique
Émergeant de l’eau d’un coup de baguette magique
Tutoyant les océans tel le grave et fougueux Atlantique
Pourtant enfermées dans leurs joyaux, magnifiques.

Et c’est Terre-de-Haut entre ses deux pitons, toute fière
Le Chameau bosselé, monotone tout couvert de lierre
Le dos tourné vers l’infini, un orant disant ses prières
Loin du Fort Napoléon majestueux, inflexible barrière.

Merveilleuse baie ouverte sur la blonde plage de Grand-Anse
Crèches des tortues luth avançant comme sur un air de danse
Rugissant sous l’effort, haletantes baveuses sans défense
Pour sortir leurs œufs dans un filet visqueux en forme de ganse

Voici le Marigot, discret, lointain dans son décor grisâtre
Éloigné des bruits du village, eau stagnante presque saumâtre
Au fond d’une anse profonde dans une chaleur douçâtre
Idéale pour les tenants d’une carnation couleur d’albâtre

Nous irons à Crawen qui exprime du soleil les plus folles ardeurs
Mysticité des naturistes dégustant une solitude pleine de ferveur
Avec dans le lointain la grise Dominique et ses sombres hauteurs
Quel plaisir ! cette chaude tranquillité nous enveloppe de bonheur

La sombre masse d’en face c’est Terre-de-Bas la verdoyante
Criques grisâtres retentissant des cris d’une activité pagayante
Diversité humaine, géologique, végétale : couleurs chatoyantes
Bordée d’une mer parfois hostile, ourlée d’écume rutilante.

Notre périple saintois s’achève en une fantasmagorique apothéose
Chapelet d’îlots jetés sur la Caraïbe attisant nos pupilles en overdose
Des tons changeants, souvent brillants résultent de cette osmose :
Ciel, terre, mer. Rarement un rayon vert à nos yeux se propose.

 Yves Espiand, 20 janvier 2012

Le docteur Yves Espiand à son bureau de retraité en 2014

Adieu, cher ami Yves, ton séjour aux Saintes a marqué les esprits. Tes anciens patients, comme l’ensemble de la population ne t’oublieront pas. Tu fus pour la jeunesse de nos îles un révélateur et un exemple. Puisse ton souvenir rester à jamais dans leurs cœurs.

Publié par Raymond Joyeux
le 13 décembre 2021

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L’Anse à Gilot : un dépotoir grandeur nature à ciel ouvert

Située en contrebas du Morne Rouge, l’Anse à Gilot, tout le monde le sait à Terre-de-Haut, est depuis toujours le réceptacle naturel obligé de tout ce qui flotte librement dans la baie des Saintes, depuis le pied du Fort Napoléon au Mouillage, jusqu’à cette plage extrême du Fond-Curé. Nos petits voiliers miniatures d’autrefois, échappés à notre vigilance de skippers-amateurs inexpérimentés, se récupéraient immanquablement, à notre grand soulagement, sous le morne de la TSF. Les courants n’ayant pas changé, il n’est donc pas étonnant que tout un amoncellement de détritus de toute nature, se retrouve ainsi agglutiné au sable jusqu’à la limite de l’enclos des propriétés privées bordant le rivage. Ajouté à cela l’incivisme et le laisser-aller congénital de certains de nos compatriotes, on ne s’étonnera pas que l’Anse à Gilot devienne ou soit périodiquement – pour ne pas dire en permanence –  une poubelle immonde, un dépotoir grandeur nature à ciel ouvert, comme l’indique le titre de cette chronique.

Lors d’un précédent billet consacré à l’Anse à Gilot, daté du 31 juillet 2013, sur la base d’un sévère rapport de l‘ARS, nous avions alerté nos lecteurs sur la qualité bactériologique  extrêmement dégradée – voire dangereuse – des eaux de baignade de ce site. Aujourd’hui, rien n’a changé sinon en pire. Puisqu’à côté de la présence toujours active des Escherichia Coli, Streptocoques fécaux et autres très poétiques Staphylocoques, on trouve pêle-mêle une quantité toujours croissante de polluants plastiques (bouteilles, emballages, sachets, bidons, bâches…), de vieux cordages impossibles à dégager du sable, de palettes enfouies, de branches mortes, de palmes et noix de coco desséchées, entre autres flottants échoués par la marée et qui rendent l’accès au site quasiment impraticable. (Ci dessous le lien pour la chronique du 31 juillet 2013).

https://raymondjoyeux.com/2013/07/31/lanse-a-gillot-a-terre-de-haut-la-plage-la-plus-polluee-de-guadeloupe/

C’est ce que nous avons malheureusement constaté ce samedi 4 décembre 2021 au matin quand, à l’appel d’une association locale et du club de plongée Pisquette, nous nous sommes rendus à l’Anse à Gilot pour un nettoyage programmé de la plage et des fonds marins limitrophes. Inutile de dire que la foule était loin d’être au rendez-vous puisque nous nous sommes retrouvés, plongeurs compris, à moins d’une dizaine de personnes – presque toujours les mêmes dont une jeune polonaise  – pour ce qui devait être « un grand nettoyage ».  Sans matériel approprié ni service technique communal, pourtant prévu par la mairie, c’est, pour la plupart, à mains nues que nous avons rempli quelque dix grands sacs poubelle, nous contentant de ne ramasser que les objets en plastique, les restes de cordage, de filets et de bâches en décomposition. C’est dire que le travail est loin d’être achevé, même si les plongeurs plus que méritants ont ramené du fond nombre de tôles coupantes, batteries, pneus, entre autres détritus, inconsidérément jetés à la mer comme dans la gueule béante d’un vulgaire dépotoir !

Quelles conclusions tirer de ce rendez-vous manqué et de la situation toujours alarmante en matière de propreté et de salubrité publique de ce site de l’Anse à Gilot ? D’abord, selon nous, que certains riverains ne semblent pas faire beaucoup d’efforts pour maintenir praticable leur environnement immédiat. Ensuite et surtout que la population, dans son ensemble, se sent très peu impliquée quand il s’agit de donner à notre île une figure plus attrayante, plus propre, plus belle. Nous l’avions déjà observé lors des précédents nettoyages auxquels ne participent que très peu de locaux. Enfin, que malgré toutes les actions quotidiennement engagées par la municipalité pour améliorer la situation dans le bourg qui, il faut le souligner, présente un visage beaucoup plus attrayant et propre qu’auparavant, il reste à l’évidence des points noirs dans la gestion de l’environnement communal. Celui entre autres, de ne pas obliger systématiquement les responsables de dépôts sauvages à éliminer leurs déchets comme ceux de l’ancien chantier naval de l’Anse à Gilot. Que font en effet au pied du Morne Rouge cet amas de canots éventrés, ces vieux filets troués qui ne servent plus qu’à attirer vermines et rats, ce rail de halage abandonné qui dénature et rend dangereuse cette partie de la plage ?

Certes, nous savons que, s’il est facile de donner leçons et conseils, il est plus difficile de faire bouger les choses face à l’indifférence et l’inertie ancrées dans les mœurs ancestrales. Et que c’est seulement lorsqu’une majorité de la population – faisant abstraction de ses préférences politiques – prendra conscience de l’importance environnementale pour elle-même et pour la communauté que peut-être un semblant de changement en ce domaine s’opérera à Terre-de-Haut comme ailleurs. Espérons, pour le bien de tous, que cette prise de conscience ne tarde pas trop à émerger chez nos compatriotes saintois et plus généralement guadeloupéens. Car, faut-il le rappeler, nous naviguons tous sur le même ô combien merveilleux mais très fragile archipel.

Texte et photos Raymond Joyeux
Publié le 6 décembre 2021

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Crise sociale aux Antilles : le point de vue d’une professeur de droit constitutionnel

Pour faire suite à la précédente chronique, voici ci-dessous l’analyse d’Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’université de Rennes-I.
Cette constitutionnaliste, qui a enseigné à l’université des Antilles et de la Guyane pendant six ans, porte un regard sans concession sur la situation de la Guadeloupe et de la Martinique.
Point de vue que, bien entendu, l’on n’est pas obligé de partager…

Aux Antilles, pourquoi une telle complaisance ?

Le 27 mars 2020, sur recours en référé de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), le président du tribunal administratif de Basse-Terre avait rendu une bien étrange ordonnance enjoignant l’ARS et le CHU de l’île de «passer commande des doses nécessaires au traitement de l’épidémie de Covid-19 par l’hydroxychloroquine et l’azithromycine comme défini par l’IHU Méditerranée infection», le tout en nombre suffisant pour «couvrir les besoins présents et à venir de la population» de l’archipel guadeloupéen ! L’ordonnance s’appuyait explicitement sur les déclarations du professeur Raoult et se basait sur le «droit à la vie» de la population insulaire. Cette décision loufoque, heureusement annulée en appel par le Conseil d’État, résume la tyrannie et le chantage qu’exerce de longue date sur les pouvoirs publics, y compris judiciaires, un syndicalisme insulaire irrationnel et infantile, dont on ne trouve l’équivalent qu’en Corse.

Les statuts de l’UGTG lui assignent de «prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre les intérêts des travailleurs, de défendre la liberté syndicale et les libertés démocratiques, de réaliser l’unité de tous les travailleurs de la Guadeloupe et de lutter pour la suppression des rapports d’exploitation coloniale, des rapports de production (sic)». L’étendue et l’esprit de cette «raison sociale», étrangement conçue pour une organisation prétendument professionnelle, permettent de comprendre pourquoi la situation insulaire, plus encore en Guadeloupe qu’en Martinique, se caractérise par des comportements syndicaux extrémistes et violents, accompagnés d’un clientélisme aux méthodes douteuses, dont les conséquences, notamment au CHU de Pointe-à-Pitre, ont parfois tourné au drame.

. (Photo by Carla BERNHARDT / AFP)

Cela fait des décennies que ce syndicalisme calamiteux ruine les maigres chances de développement économique de territoires insulaires privés de toute réelle compétitivité par un système social extravagant et une fonction publique surrémunérée et pléthorique. Prétendument indépendantistes, ces syndicats n’ont jamais rien fait d’autre, à coups de revendications irresponsables, que d’enfoncer ces territoires dans toujours plus d’assistanat et de dépendance. Chaque crise déclenchée n’a pour but et pour effet que d’ouvrir davantage le robinet de la perfusion publique.

Cette fois-ci, l’on commence par favoriser dans la partie de la population prompte à croire les remèdes de guérisseurs et de quimboiseurs un mouvement de colère anarchique, et l’on met ensuite en cause l’État «colonialiste», responsable de tous les maux. Mais ce n’est tout de même pas la faute de Paris ni du préfet si une grande partie de la population insulaire refuse de se faire vacciner et provoque ainsi une accélération des contaminations à fort potentiel toxique chez ceux des habitants qui sont diabétiques ou en surpoids. Imagine-t-on les critiques acerbes des médias nationaux si une partie de la population de deux départements métropolitains refusait de se faire vacciner et recourait à la violence pour faire plier l’État?

La mauvaise foi que traduit l’incrimination permanente de l’État, bouc émissaire idéal, atteint des sommets quand il s’agit de compétences appartenant notoirement aux collectivités ultramarines. L’eau ne manque pas dans les îles caribéennes, puisqu’il en tombe des trombes, et ce n’est pas l’État qui gère les services et installations hydrauliques, décentralisés. Si la question de l’eau potable ne cesse d’alimenter les mécontentements en Guadeloupe et en Martinique, c’est en raison de l’incurie et de l’impéritie légendaires des élus locaux concernant les services publics essentiels dont ils ont la responsabilité.

MO NEWS N°039 du jeudi 2 au mercredi 8 décembre 2021

S’agissant du chlordécone, dont on prétend qu’il serait à l’origine de la défiance de la population antillaise à l’égard de la politique sanitaire de l’État, ce dernier n’accorde jamais à un territoire ultramarin que les dérogations que les forces économiques, sociales et politiques locales «exigent». Et c’est bien le chantage à la compétitivité de la banane antillaise et donc à l’emploi local qui a été mis en avant, en son temps, pour justifier l’usage dérogatoire et funeste du pesticide. La seule faute de l’État dans cette affaire est précisément d’avoir trop écouté ses interlocuteurs locaux et de leur avoir cédé. Il devrait s’en souvenir au sujet de l’obligation vaccinale.

Voilà des décennies que les rapports s’accumulent sur la situation de l’outre-mer comme sur la Corse, faisant toujours les mêmes constats, diagnostiquant les mêmes responsabilités locales, aggravées par le chantage à l’emploi et la crainte des autorités de l’État, y compris juridictionnelles, de faire appliquer la loi et respecter l’ordre public parce qu’elles sont tétanisées par le poncif éculé de la «répression coloniale».

La crise actuelle vérifie l’habituelle comédie insulaire: l’État cède lamentablement en reportant l’obligation vaccinale, se ridiculisant au regard de l’impératif de santé publique tandis que ceux qui l’ont exigé aujourd’hui lui reprocheront demain avec aplomb d’avoir «discriminé» les Antillais en matière de protection sanitaire. Le gouvernement annonce aussi, bien entendu, mille emplois «aidés» supplémentaires, rajoutant la couche d’assistanat indispensable à toute «réponse» aux soubresauts insulaires, et il «ouvre» le sempiternel débat sur l’autonomie.

On évitera soigneusement la question essentielle : à quoi sert de donner plus de pouvoir à des élites insulaires dont l’incurie, démontrée, se trouve à l’origine de la crise ? Mais on ne change jamais, en France, une politique qui perd.

Anne-Marie Le Pourhiet, vice-présidente de l’Association française de droit constitutionnel.

Publié par Raymond Joyeux
le vendredi 3 décembre 2021

Publié dans Actualités générales | 5 commentaires

Guadeloupe en crise : un jeune homme s’exprime

Comme beaucoup d’autres, sans doute, j’ai reçu le texte qui suit par WhatsApp. Parmi toutes les publications sur le sujet qui émaillent la toile, j’ai pensé que ce cri d’un jeune Guadeloupéen était susceptible d’intéresser les lecteurs de ce blog. D’où ma décision de le publier en dépit de son anonymat. À l’heure où la Guadeloupe est une nouvelle fois à la croisée des chemins, il peut être parmi d’autres un élément de réflexion. On peut y adhérer ou ne pas être d’accord. Je laisse donc chacun à ses opinions. Tous les commentaires, sauf injures et diffamations, sont les bienvenus.
Raymond Joyeux

STOP 🛑 ✋ JÉNÈSS GWADLOUP

Je suis un jeune Guadeloupéen et je ne me reconnais pas dans les jeunes qui se tiennent sur des barrages… ni même de nombreux amis à moi.

Je vous demande de ne pas parler de jeunesse Guadeloupéenne lorsque vous désignez ces voyous sur les barrages, ces cambrioleurs, ces voleurs violents qui ne respectent pas la loi.

J’ai 27 ans et par manque de sérieux je ne me suis pas investi dans ma scolarité et j’ai connu l’échec scolaire. Mais j’ai reçu une bonne éducation. Le soir j’étais chez ma mère et pas dans la rue!!!

J’ai connu le chômage et pourtant je ne me suis jamais drogué.

Si j’ai connu l’échec, ce n’était pas à cause du système comme on aime à dire, ou encore moins de l’Etat! Mais uniquement à cause de moi.

Il faut arrêter de toujours chercher un responsable, un coupable lorsqu’il arrive quelque chose.

Grâce à l’état et aux dispositifs en place j’ai pu bénéficier du RSA, ainsi que de nombreuses formations.

J’ai été accompagné pour la recherche d’une formation qui correspond à mon profil. Ce qui m’a choqué lorsque j’ai fait mon bilan de compétences c’est qu’on était à peine 6.

Les formations, travailler, n’intéresse pas tous les jeunes. Pour certains c’est plus facile de voler, de braquer et passer les journées à fumer du cannabis et à boire de l’alcool dans un abri de bus.

Ensuite ils disent pour se défendre « yo paka fè ayen ban nou » (Ils ne font rien pour nous)

TROP FACILE !

Heureusement qu’il y a beaucoup d’autres jeunes qui sont conscients et qui étudient en Guadeloupe ou ailleurs pour préparer leur avenir. Heureusement, il y a des jeunes qui prient Dieu.

A ceux qui sont sur les barrages, je leur dis ARRÊTEZ! vous ne me représentez pas. Rentrez chez vous pour aider vos parents, faites la vaisselle, nourrissez 2 poules, 2 cabris. Arrêtez de voler!

Adultes, médias, syndicalistes politiciens… Honte à vous!!!!

arrêtez de soutenir des voyous en cagoule. Lorsqu’on porte une cagoule c’est qu’on sait qu’on fait quelque chose d’interdit et on ne veut pas être reconnu.

Wouvè zyié a zot! (Ouvrez vos yeux)

Ce sont ces mêmes jeunes que vous encouragez qui viendront vous agresser demain, vous braquer et vous cambrioler.

Franchement j’ai honte de vous.

Pauvre Guadeloupe 😢😭

Valable aussi pour la Martinique 🇲🇶

Publié volontairement sans illustration le 28 novembre 2021

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Terre-de-Haut : une vraie folie de chien

Raymond Joyeux

Depuis la publication de cette chronique, en novembre 2018, il semblerait que Terre-de-Haut ait enregistré une recrudescence du nombre de chiens sur son petit territoire. Tant mieux pour les heureux propriétaires et pour ce sympathique animal de compagnie. Encore faudrait-il que certaines règles de salubrité publique et de courtoisie soient respectées. Ce qui ne semble pas toujours être le cas, vu les nombreuses plaintes exprimées ici ou là concernant en particulier les déjections abandonnées aussi bien sur les plages que dans les rues et sur les places.
Amis propriétaires, n’attendez pas que les autorités prennent des mesures autoritaires, entre autres celle d’interdire la présence de chiens sur les plages, comme cela se fait partout ailleurs. Ramassez les déjections de votre animal et ne le laissez pas galoper sans frein ni laisse au milieu des serviettes de plage et dans les rues au risque de provoquer un accident fatal pour lui…

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Les Saintes vues de l’espace

J’ai le plaisir de partager avec vous cette splendide photographie de notre archipel prise depuis l’espace par l’astronaute français Thomas PESQUET. De mon point de vue, Terre-de-Bas, à gauche, a la forme d’une tête de taureau avec une corne bien en évidence et les pattes antérieures prêtes à se jeter sur Terre-de-Haut, couchée sur le dos, qui demande grâce ! Mais à chacun son interprétation, la mienne ne valant pas plus qu’une autre…

Le texte qui suit est un extrait original d’un livre ancien sur la Guadeloupe publié sur Internet par Gallica. La dernière photographie représentant Terre-de-Haut est l’œuvre de ULM Archipel Guadeloupe.

Vous souhaitant un heureux moment de lecture, je vous adresse toutes mes amitiés et vous dis à très bientôt pour une prochaine chronique.

Raymond Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
Le 17 Octobre 2021

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Max Samson : un exemple et un modèle sportif pour les jeunes Saintois d’aujourd’hui

Désormais à la retraite, Max Samson est revenu à Terre-de-Haut. Les jeunes Saintois d’aujourd’hui le connaissent certainement. Mais savent-ils qu’il a été le champion incontesté de la natation saintoise, guadeloupéenne et caribéenne, à une époque où l’association L’Avenir Saintois faisait parler d’elle sur le plan sportif et pas seulement en natation ? L’article de Joseph Laurent que m’a aimablement transmis Marc-André Bonbon nous retrace l’exceptionnel parcours d’un garçon doué auquel il faut associer parmi d’autres les noms de Geo Petit, Yvan Samson, Gilles Dabriou, Gilbert Samson, Roger et Raymond Cassin, Christian Bonbon, Auguste Bartoche, Jocelyn Joyeux… mais aussi les filles comme Maryse et Patricia Bordy … (pardon pour ceux et celles que j’ai oubliés) – qui furent nos dignes représentants sur de nombreux podiums sportifs et qui peuvent servir de modèles d’engagement et de persévérance à la jeune génération d’aujourd’hui. R.J.

Max SAMSON : la glisse saintoise

Un texte de Joseph Laurent

Max Samson incarne l’implication et l’influence saintoises dans la natation guadeloupéenne des années 1970. Né à Saint-Claude en 1951 de parents saintois (son père est marin-pêcheur), il vit jusqu’à l’âge de 16 ans à Terre-de-Haut.

Le leader du club Avenir Saintois

C’est Georges Petit (dit Geo), à l’occasion d’animations sportives en mer, qui découvre ce jeune nageur qui affiche déjà de grandes qualités de glisse. Il l’entraînera pendant toute sa carrière en Guadeloupe, en mer et en piscine. Max est licencié à L’Avenir Saintois. Ce club, fierté de l’île, cultive un esprit de fraternité, un désir de progresser par l’effort et une volonté farouche de s’affirmer par les performances. Les nageurs de l’AS se veulent les meilleurs nageurs de la Guadeloupe et de la Caraïbe.

De gauche à droite : Geo Petit – Max Samson – Yvan Samson – Christian Bonbon

Un grand compétiteur de mer et de piscine

Samson, nageur de fond excelle dans les épreuves de mer en Guadeloupe et dans la Caraïbe. Son plus bel exploit reste l’édition de 1972 de la course Basse-Terre – Rivière Sens, contre Alain Mosconi, champion d’Europe. Max se classe en deuxième place, victime d’une faute de signalisation de l’entonnoir d’arrivée. À la Barbade il est sacré champion de la Caraïbe en 1971.

Au cours de sa carrière, Max défie de grands nageurs internationaux. Il affronte Michel Rousseau (champion d’Europe et vice-champion du 100 m nage libre en 1973), sur 100 m nage libre et réalise 4’36 » aux 400 m nage libre à la piscine de Baimbridge contre Alain Mosconi. En 1973, il bat Bernard Combet, finaliste au JO, sur 100 m papillon à Basse-Terre en 1’05 ».

Alain Mosconi- Ph. Internet
Michel Rousseau – Ph Internet

Un homme attaché à son pays

En 1977, Max Samson quitte la Guadeloupe pour exercer à la piscine communale de Saint-Ouen. Depuis 1991, il est maître-nageur – sauveteur (MNS) à la piscine du Bourget. Ce garçon de grande taille, sculpté pour la natation, doté d’une excellente technique sur les quatre nages, aurait pu aisément embrasser une carrière nationale. Il est resté tout au long de sa vie de sportif d’une grande humilité. Il n’a jamais oublié son île des Saintes. Il revient régulièrement en Guadeloupe et pense mettre ses compétences au service des jeunes de son pays à l’heure de la retraite.

Max Samson récompenséColl privée

Palmarès entre autres de Max Samson :
– Champion de la Caraïbe en mer à la Barbade (1971)
– Premier nageur antillo-guyanais à descende sous la minute (59’76 ») aux 100m nage libre.Chro

Joseph Laurent

Publié par Raymond Joyeux
Le 19 septembre 2021

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