Tri sélectif, ou comment une belle initiative risque de dégénérer en cauchemar !

Des déchets par-dessus la tête …

Existe-t-il de par le vaste monde une collectivité insulaire aussi petite et fragile que Terre-de-Haut (600 hectares, 1800 habitants), qui génère autant de déchets ? La question reste posée et les municipalités successives y sont confrontées de manière récurrente… depuis celle de Georges Azincourt qui, entre 1958 et 62, fut la première à instaurer aux Saintes un service communal de ramassage des poubelles. Certes, à l’époque – il y a 60 ans – ce ramassage se faisait, faute de mieux, par canot à rames avec rejet des déchets à la mer, mais c’était au temps où plastique et autres encombrants métalliques et électroniques n’étaient pas à la mode, et où le verre était consigné…

Amas de tout venant à la déchetterie de la Colline à Terre-de-Haut  – Ph. R.Joyeux

Un bien pour un mal ?..

Depuis peu, pour apporter sa contribution citoyenne à la résolution de cet épineux problème, et soulager par la même occasion la municipalité et le service public de voirie, l’Association ALISÉS, sous la conduite de Pédro Garçon, s’est investie, à partir des nombreuses palettes qui jonchent le site de la déchetterie, dans la réalisation d’une série de petits conteneurs en bois, respectivement peints en jaune et vert et destinés au tri sélectif. L’initiative qui, à l’ère de l’individualisme forcené, mérite d’être signalée, ne semble pourtant pas, malheureusement, se révéler très efficace… pour le moment  !

Des conteneurs esthétiques et fonctionnels – Photo Alisés

En effet, outre le manque de civisme de certains qui profitent pour y déposer carrément et sans honte chaque jour, leurs sachets d’ordures ménagères non triées, c’est au niveau de la régularité du ramassage que le bât blesse. Entre la commune et la CASBT (Communauté d’Agglomérations du Sud Basse-Terre), personne ne sait exactement qui est responsable de la collecte et du traitement des déchets déposés dans ces petits conteneurs. Si bien que, n’étant pas pour la plupart régulièrement vidés, alors qu’il n’y avait autrefois aucune ordure qui traînait aux endroits où ils sont installés, ce sont maintenant des amas de bouteilles en plastique, de canettes et autres résidus de consommation courante qui ornent le sol au pied de ces conteneurs le plus souvent archi bondés.

Conteneur de tri, non destiné aux déchets organiques ménagers . Ph. R. Joyeux

Éparpillement de déchets inexistant avant l’installation des poubelles -Ph. R.Joyeux

Des conteneurs trop souvent bondés – Photo R.Joyeux

À proximité du plateau sportif – Ph. R. Joyeux

Incivilité et souci du bien commun

Notre propos n’est pas de distribuer, comme à l’école d’autrefois, bons points et bonnets d’âne. Mais il faut reconnaître qu’à Terre-de-Haut, alors que certains, bénévoles isolés ou au sein d’associations, s’évertuent à améliorer notre cadre de vie et à protéger notre belle nature, d’autres, indisciplinés et incivils, s’acharnent au contraire à les saccager. Et s’il ne faut pas accabler la municipalité qui, dans la mesure de ses possibilités financières, techniques et humaines, met tout en œuvre pour nous rendre la vie meilleure et apporter à son échelle sa pierre à la protection et la sauvegarde d’une planète déjà bien malmenée, reconnaissons que les instances communautaires dont nous dépendons ne sont pas en ce domaine totalement exemptes de critiques.

Un affichage sans ambiguité.

Si nous étions toutes et tous un peu plus responsables, davantage soucieux de notre environnement et du bien commun, et que chacun en ce qui le concerne faisait régulièrement et consciencieusement son travail, nos amis des ALISÉS, que nous félicitons au passage, ne verraient pas leur initiative sur le point de dégénérer en cauchemar… Et notre exceptionnel environnement serait mieux apprécié, à l’image de ce magnifique crabier prêt à prendre son envol…

Élégant crabier des Saintes en posture d’envol – Photo de l’auteur, 31 mai 2019

Terre-de-Haut, 1er juin 2019 – Raymond Joyeux

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Patrimoine : batteries et fortifications du littoral saintois

Un document patrimonial indispensable

Littoral-GuadeloupeDans un somptueux ouvrage, abondamment illustré, publié en décembre 2018, les Éditions HC ont répertorié, avec le concours, du Conservatoire du Littoral, l’ensemble des fortifications qui jalonnent les côtes de Guadeloupe, allant d’Anse-Bertrand à Vieux-Habitants, en passant par la Désirade et naturellement les Saintes, Terre-de-Bas et Terre-de-Haut. Remarquable travail pour la découverte et la connaissance de notre patrimoine, cet ouvrage n’intéressera pas seulement les amateurs passionnés d’histoire militaire, mais aussi toute personne désireuse de s’approprier l’histoire tout court de notre archipel à travers son passé particulièrement riche en événements et monuments souvent miliaires qui ont façonné son visage d’aujourd’hui. Pour vous donner un avant-goût du contenu de ce livre, voici, concernant les Saintes, l’historique succincte des fortifications qui nous sont familières mais dont nous connaissons sans doute très mal quand et pourquoi elles ont été édifiées sur nos côtes.

Terre-de-Bas 

Batterie du Fer-à-Cheval.

Très discrète, le plus souvent enfouie sous une abondante végétation, donc peu visible immédiatement, cette batterie surplombe d’une quinzaine de mètres l’entrée du port de l’Anse des Mûriers et était équipée à l’origine de deux canons. Érigée en pierres de taille probablement à la fin du 18ème siècle, à l’aplomb du site dit du Fer-à-Chevalelle était destinée à protéger l’île d’éventuelles intrusions de navires britanniques ennemis arrivant des îlots voisins de la Coche et des Augustins. Les ruines d’une poudrière de construction plus récente sont visibles en retrait de la plateforme. Il semblerait qu’en face, sur l’autre morne délimitant l’entrée du port, une autre batterie ait existé, renforçant ainsi le dispositif défensif du secteur. Sauf erreur, il n’en reste malheureusement aucune trace.

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Emplacement de la batterie du Fer-à-Cheval – Photo Raymond Joyeux

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Ilots de la Coche et des Augustins, avec la Dominique en arrière-plan, en ligne de mire des canons de la batterie- Ph. R.Joyeux

Terre-de-Haut

Batterie du Bois-Joli

Morne ou Anse à Cointre, Bois-Joli, Anse-Mire, Morel, La Rabès, Coquelet, Pavillon… beaucoup ne le savent pas, surtout parmi les plus jeunes, le nom des lieux-dits qui nous sont familiers provient pour la plupart de personnalités militaires ou civiles influentes ayant habité notre archipel au début de sa colonisation et au cours des nombreux conflits militaires qui émaillèrent son histoire. Ainsi, patronyme du premier propriétaire des lieux, Mathieu Boisjoly, ce nom n’est pas d’abord l’enseigne d’un hôtel célèbre de Terre-de-Haut, mais celui de la pointe ouest de notre île où domine une batterie presqu’intacte : la batterie dite de Bois-Joli. Édifiée au début du XIXè siècle pour répondre aux risques d’un nouveau conflit avec l’Angleterre, qui finalement n’a jamais eu lieu puisque les Anglais abandonnèrent toute ambition de conquête territoriale dans le secteur à partir de 1816, cette fortification est accessible soit directement par l’hôtel, soit par le sentier qui sépare le Morne à Cointre du Chameau. Un portail métallique s’ouvre sur un tracé balisé par un chemin de croix qui aboutit à la plateforme de tir et à une poudrière transformée en chapelle décorée, parfaitement entretenue. À condition d’être bien chaussé, la balade vaut le détour, pas seulement pour l’intérêt de découvrir un dispositif militaire en excellent état de conservation, mais aussi pour le plaisir de jouir d’une vue imprenable sur les îles du Grand-Îlet, Terre-de-Bas, l’Îlet à Cabris, le Pain de Sucre et toute la partie occidentale de la baie des Saintes… Reste à connaître les circonstances qui ont permis l’implantation au  XXème siècle d’une croix monumentale en béton, en plein milieu de la plateforme, transformant étrangement un site militaire voué à la guerre en lieu de pèlerinage pacifique et religieux, propice à la méditation…

Grande Croix de Dozulé visible de loin – Ph. R. Joyeux

Élément de la plateforme de la batterie dominant la Baie des Saintes – Ph R. Joyeux

Intérieur de la poudrière reconvertie en oratoire dédié au Sacré-Cœur – Ph. R.Joyeux

Batterie du Morne Morel

Exactement à l’opposé de celle de Bois-Joli, la batterie du Morne Morel, plus connue sous l’appellation de Fort Caroline, du nom du personnage féminin de l’hypothétique histoire d’amour que cette énigmatique créole aurait vécue sur les lieux avec la Chevalier Paulin de La Poix de Fréminville en 1822, (voir à ce sujet notre chronique du 10 avril 2014 en cliquant sur le lien en fin de paragraphe *). Davantage qu’une simple batterie, le Morne Morel, dominant la baie de Pompierre, a connu dès le XVIIIè siècle une succession d’ouvrages militaires destinés à la défense de la baie des Saintes. L’actuelle plateforme protégée de son parapet date de 1780. Selon les rédacteurs de notre livre de référence, page 107 : « Les vestiges visibles aujourd’hui sur le Morne Morel correspondent à ceux d’une redoute militaire (…) regroupant ainsi un magasin à poudre aujourd’hui en ruine, accompagné de batteries dallées en pierre et entourées par des parapets maçonnés Au sol, des dallages en arc de cercle permettent de témoigner de la présence originelle de canons et des fenêtres défensives qu’ils couvraient. »  « Ces ouvrages ont été détruits entre 1809 et 1811, lors de l’occupation anglaise de l’archipel  » est-il précisé à la page 106.
* https://raymondjoyeux.com/2014/04/10/amour-tragique-aux-saintes-en-1822/

Plateforme dallée et parapet en pierres maçonnées – Ph. R. Joyeux

Magasin de poudre en ruine – Ph. R. Joyeux

Îlet à Cabris 

Vestiges militaires 

Pour protéger la baie des Saintes des forces maritimes anglaises, en plus des batteries  et redoutes installées sur l’île de Terre-de-Haut, l’Îlet à Cabris fut dès le XVIIIè siècle un point stratégique progressivement fortifié. Une première construction, baptisée d’abord Fort la Reine, puis Fort Joséphine, et composée de plusieurs bâtiments en pierre volcanique est édifiée en 1779 sur les hauteurs de la Pointe-Sable. Parallèlement à cette construction principale, cinq autres batteries voient le jour en 1840, parmi lesquelles celles de la Pointe Bombarde, Cabri et Anse à Chaux.

Ruines des fortifications militaires à l’îlet à Cabris – Ph R. Joyeux -2012

Pignon encore debout en 2012, mais démoli par l’ouragan Maria en 2017 – Ph R.Joyeux

Pénitencier et lazaret

En 1851, profitant de la fin des conflits entre la France et l’Angleterre, l’ensemble des constructions militaires est transformé en pénitencier pour recevoir les condamnés au bagne de Cayenne avant leur transfert aux Îles du Salut. Vingt ans plus tard, en 1871, coexistant avec le pénitencier, c’est au tour d’un lazaret de quarantaine d’être installé sur l’Îlet, à l’écart des bâtiments de la prison. Construit en bois sur des fondations de pierre, ce lazaret était destiné à la mise en quarantaine des engagés volontaires venus principalement de Pondichery pour remplacer les anciens esclaves des plantations après l’abolition de 1848. Endommagé par un incendie en 1889, il n’a jamais été reconstruit. L’ensemble des activités de l’îlet à Cabris dont il ne reste que des ruines, prennent définitivement fin en 1902.

Ruines du pénitencier en 2012 – Photo Raymond Joyeux

Conclusion

Si une réhabilitation même partielle semble actuellement difficilement réalisable, il est dommage, de notre point de vue, que toute cette richesse patrimoniale de l’archipel des Saintes reste insuffisamment mise en valeur. L’intérêt de l’ouvrage que nous avons cité, et de cette modeste chronique, est de nous sensibiliser au moins à son existence… En attendant que des passionnés d’histoire locale, encouragés par le Conservatoire du Littoral et les instances communales ou régionales, se mettent à l’œuvre en prenant en charge ne serait-ce qu’un entretien minimal des lieux et leur balisage, ce qui serait non seulement un atout touristique et pédagogique non négligeable, mais un moyen efficace de faire connaître notre histoire à nos compatriotes, jeunes et moins jeunes, et à nos nombreux visiteurs…

Terre-de-Haut vue à travers les vestiges de l’Îlet à Cabris Photo R. Joyeux

Ps : Pour éviter les longueurs, nous avons volontairement omis de mentionner la batterie de la Tête Rouge, abondamment décrite et illustrée dans l’ouvrage mentionné.
Signalons que la plupart des informations qui ont nourri cette chronique sont tirées de diverses sources, en particulier justement de l’ouvrage publié aux Éditions HC, intitulé Littoral de Guadeloupe, (entre nature et patrimoine), présenté en début de page et vendu dans toutes les bonnes libraires pour la modique somme de 18, 50 euros.
Les photos et la rédaction du présent texte sont de Raymond Joyeux.

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Bonne fête des mères !….

Hommage à nos mères

Ô l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie !
Pain merveilleux qu’un Dieu partage et multiplie,
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier !
Victor Hugo

Chères mamans de Terre-de-Haut, et d’ailleurs,

En ce jour de fête qui vous est consacré, il nous apparaît important, et je dirais même, indispensable, de venir honorer avec nos modestes moyens ce que vous représentez à nos yeux. Bien plus, ce que vous êtes réellement : les piliers vivants de notre communauté, sa clé de voûte, sa pierre angulaire. Votre rôle dans la société des hommes, ici comme ailleurs, n’est plus ni à définir ni à préciser. Vous êtes non seulement l’origine du monde mais sa mémoire vive et son avenir.

L’origine du monde parce que sans vous l’humanité ne pourrait ni exister ni se perpétuer. La mémoire et l’avenir du monde parce que sans vous toute conscience s’arrêterait et l’homme n’aurait plus qu’à attendre tristement le tarissement et l’extinction de sa race. Mais en plus de ce destin divin de créatrice de vie et de propagatrice de l’espèce, vous symbolisez à la fois pour nous ce qu’il y a de plus fragile et de plus solide.   85422704d5db83710b44XXL

De plus fragile parce que votre cœur de mère, fait pour supporter toutes les joies et toutes les douleurs, pourrait à tout instant se briser comme le plus fin cristal lorsque l’un des vôtres est en danger. Fragile parce que votre âme, soumise à toutes les tensions, tiraillée entre la tendresse infinie et l’inquiétude permanente, pourrait à tout instant éclater lorsque l’un des vôtres : enfants, mari, compagnon ou proche lignée, s’égare dans les méandres de la séparation, de la maladie ou de la disparition…

Mais en même temps, votre solidité, votre résistance instinctive à toutes les épreuves sont la garantie naturelle de l’équilibre et de la survie familiale et sociale.Vous êtes celles sur qui à tout instant l’on peut compter. Celles sur qui on peut s’établir au milieu des tempêtes de la vie, dans la confiance la plus absolue et l’amour partagé.

Vous êtes celles à qui on peut se livrer sans pudeur, se confier sans réticence car vous êtes plus que n’importe qui, avec vos bras toujours ouverts, amour, bienveillance et pardon. Vous êtes dans votre condition maternelle, l’indispensable sève de l’enfant qui naît, l’indispensable soutien de l’enfant qui grandit, l’indispensable refuge de l’enfant qui revient…

images - copieDans toute votre existence de mères attentives, votre souci premier, souvent invisible aux yeux, mais pourtant bien réel et constant, c’est le bonheur toujours plus grand des vôtres, c’est l’amour toujours à dispenser, c’est la tendresse toujours à prodiguer…

Quel est le plus grand malheur pour une mère sinon de perdre son enfant bien aimé ? Quel est le plus grand malheur pour un enfant, même devenu adulte, sinon de perdre ou de renier sa mère ?

Joie de la maternité. Bonheur ineffable face au petit être qui se développe et progresse. Satisfaction toujours plus grande face à la réussite et aux exploits de celle ou de celui qui restera toujours votre fils ou votre fille. Mais soucis constants face aux incertitudes inévitables de la vie : santé, études, mariage, séparation et pourquoi pas, nouvel enfantement ! En vous se résument et se marient les sentiments les plus contradictoires et les plus violents de la nature humaine, liés au parcours souvent chaotique de l’existence…

Mais un jour vous voilà grand-mères. Vous voilà arrière-grand-mères. Votre sang, votre cœur, votre amour ont porté leurs fruits. Et si votre corps a un peu vieilli, si vos jambes sont fatiguées et vos cheveux d’argent, si vos yeux ont faibli et vos pas hésitants perdu leur assurance, vos sentiments, eux, n’ont pas changé. C’est toujours le même amour, toujours le même bonheur mais aussi la même inquiétude que vous éprouvez face à la chair de votre chair. Mais, assurées désormais d’affronter l’éternité, malgré les mésaventures de l’âge, malgré parfois un brin d’injuste solitude, la sérénité de l’esprit est devenue, le plus souvent, heureusement, votre compagne habituelle.            4b1987e6

Car avec vous tout s’est accompli. Votre condition de mères s’est inscrite dans l’histoire et au-delà du temps. Le destin est en marche : donatrices de vie et d’amour, vous avez scellé la pierre blanche d’une nouvelle humanité. Comment alors ne pas vous exprimer en retour notre gratitude ? Comment ne pas vous témoigner, par-delà toutes nos mesquineries, par-delà toutes nos faiblesses, notre reconnaissance filiale et notre affection sans bornes ?

C’est pourquoi, chères mamans, chères grand-mères et arrière-grand-mères, au nom de toute notre communauté dont vous avez été et êtes encore le levain et pour qui vous restez non seulement un exemple de vitalité mais un symbole d’espérance renouvelée et de germination future, en levant tout à l’heure nos verres en votre honneur, en vous offrant la rose de l’espoir, je voudrais rendre hommage à vos vertus de courage, de patience, de compréhension, de force et de persévérance, et vous souhaiter du fond du cœur et le plus sincèrement, une très belle et très heureuse fête des mères.

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Discours prononcé à Terre-de-Haut, le dimanche 27 mai 2001 à la Salle Paul-Émile.

R.J.

 

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Histoire locale : le jour où Terre-de-Bas devint autonome

Une pétition et deux années d’attente…

Nous le savons tous maintenant, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas ont longtemps formé une seule et même collectivité dénommée Commune des Saintes. Le conseil municipal unique dont les assemblées se tenaient à la mairie de Terre-de-Haut, était alors constitué de 16 membres, également répartis, puisque huit sièges étaient dévolus à chacune des deux îles. C’est d’abord face aux difficultés rencontrées pour se rendre à ces réunions, le plus souvent en soirée, que les conseillers municipaux de Terre-de-Bas, soutenus par une pétition de la population, sollicitèrent en novembre 1880 l’érection de leur île en commune autonome de plein droit, séparée de Terre-de-Haut. Cette demande était d’autant plus justifiée qu’en période de mauvais temps ces conseillers se trouvaient le plus souvent en minorité face à ceux de Terre-de-Haut alors qu’ils représentaient à l‘époque un nombre plus important d’habitants. Mais l’époque étant ce qu’elle était et les lenteurs administratives encore plus pénalisantes qu’aujourd’hui, il leur a fallu attendre deux ans pour obtenir gain de cause, puisque c’est par un décret du Président de la République Jules Grévy, en date du 9 août 1882, que Terre-de-Bas fut enfin érigée en commune autonome.

Fac-similé intégral de l’original de la pétition

 Page 1/4

Page 2

 Texte retranscrit de cette pétition :

Page  3 : premières signatures autographes de la pétition

4ème et dernière page des signatures de la pétition

Décret érigeant Terre-de-Bas en commune autonome
et attribution des ilots aux deux localités

Mémorial de Terre-de-Bas – Photo Raymond Joyeux

Premier conseil municipal de Terre-de-Bas élu en octobre 1882
et liste des maires de cette commune depuis cette date

Jean-Pierre Lognos, dernier maire des Saintes

Voir sa biographie sur le lien suivant :

https://raymondjoyeux.com/2013/10/17/jean-pierre-lognos-loublie-de-lhistoire-des-saintes/

Le square de la mémoire

Mémorial de Terre-de-Bas, inauguré  le 6 août 2017 – Ph. R. Joyeux

Ainsi, après plus de deux siècles de cohabitation mouvementée, nos deux îles de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, quoiqu’unies encore aujourd’hui sous le drapeau du canton des Saintes, poursuivent séparément leur destin municipal respectif depuis 137 ans. Longtemps jumelée à sa voisine, le plus souvent à ses dépens, Terre-de-Bas a su obtenir à juste titre son autonomie administrative grâce à la persévérance et à la ténacité de ses représentants et de sa population. Le grand mérite de la municipalité actuelle, sous la conduite de son maire Emmanuel Duval, c’est d’avoir su par l’inauguration d’un mémorial, informer et sensibiliser la population à son histoire, acte citoyen positif, indispensable à l’équilibre de tous.

***

Je remercie chaleureusement M. Louis-Guy Brudey, des services de l’urbanisme à la municipalité de Terre-de-Bas, de m’avoir aimablement transmis le fac-similé de la pétition de 1880 ainsi que de nombreux autres documents qui m’ont permis de rédiger cette chronique. À lui, à vous toutes et tous, comme il est mentionné au bas de cette historique pétition, je dis à mon tour, salut et fraternité.

                                                                    Raymond Joyeux, le 7 mai 2019

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Circulation : une pétition adressée au maire de Terre-de-Haut

Devenue inextricable et particulièrement dangereuse pour la population et les visiteurs, la circulation des véhicules à moteur dans les rues de Terre-de-Haut, qu’ils soient à quatre ou deux roues, électriques ou à essence, pose depuis très longtemps un sérieux problème aux autorités, impuissantes à ce jour à la maîtriser. Forts de cette constatation, des résidents tentent aujourd’hui d’alerter la mairie – et autres instances administratives –  en lançant une pétition, exposant clairement leurs revendications. 

 2003 : déjà pas de place pour les piétons – Photo France-Antilles

Voici le texte scanné de cette pétition que nous nous sommes procuré :

 

Des tentatives de réglementation restées lettres mortes

Nous ignorons combien cette pétition obtiendra de signatures et si elle a des chances d’aboutir, mais l’initiative est assez rare pour être signalée et témoigne d’un ras-le-bol évident des résidents soumis en permanence aux inconvénients et dangers de l’anarchie qui règne en ce domaine. Il convient toutefois de rappeler que les deux précédents maires, MM Robert Joyeux et Louis Molinié n’étaient pas restés les bras croisés face à cette situation. Chacun d’eux avait pris, sans succès malheureusement, un certain nombre d’arrêtés pour tenter d’une part de limiter l’afflux de véhicules entrant sur le territoire de la commune et de règlementer d’autre part une circulation inadaptée à la topographie de l’île, et particulièrement du centre-bourg où la vie est devenue infernale aux nombreux piétons et riverains.

Le premier bus touristique à passagers débarque aux Saintes en 1974
et des arrêtés municipaux jamais appliqués

Si le premier bus touristique est arrivé à Terre-de-Haut en 1974, le premier des arrêtés  municipaux censés réglementer la circulation remonte au 4 avril 1991. Et le dernier, qui date du 31 janvier 2003, n’a, quant à lui, jamais été abrogé. Malheureusement, aucun d’entre eux n’a eu les effets escomptés et c’est toujours davantage de voitures, golfettes, scooters, motos, vélos, trottinettes et autres skates à moteur électrique ou non, qui sillonnent parfois à des vitesses inconsidérées les rues du bourg, au milieu d’enfants, d’adultes et de personnes âgées qui n’ont même pas la ressource de se réfugier sur des trottoirs trop étroits, la plupart du temps d’ailleurs inexistants…

Les attendus pertinents de l’arrêté de janvier 2003 non encore abrogé mais jamais appliqué

1° Considérant que le territoire de la commune abrite des espèces fragiles protégées d’intérêt national (cactacées, orchidacées, oiseaux, iguanes, tortues), ainsi que des sites archéologiques précolombiens, et qu’il est nécessaire de règlementer la circulation afin d’assurer leur protection;
2° Considérant la nécessité de protéger l’environnement et la tranquillité publique dans une commune à vocation touristique;
3° Considérant que les voies carrossables de l’île se caractérisent par leur étroitesse, leur déclivité, leur sinuosité, et partant par leur dangerosité;
4° Considérant que la multiplication des véhicules à moteur est incompatible avec le réseau routier de la commune, nuit à la commodité de passage dans les rues, et qu’elle porte par conséquent atteinte à la sécurité des citoyens;
5° Considérant par ailleurs que l’exiguïté et la topographie de l’île font obstacle à la construction de trottoirs, la création de parcs de stationnement et l’élargissement du réseau routier;
6° Considérant que l’affluence touristique constatée le week-end et pendant la haute saison (Décembre à Mai) aggrave davantage encore les dangers de la circulation, et que l’augmentation de la fréquentation touristique depuis dix ans (170 000 visiteurs par an en 2002 contre 85 000 en 1990) laisse craindre une dégradation de la situation.
7° Considérant que la tranquillité des citoyens est troublée par les nuisances sonores inhérentes à la circulation des véhicules à moteur…

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On ne saurait mieux dire… Pourtant cet arrêté, approuvé par les autorités préfectorales de l’époque, aux considérants éloquents, n’est jamais entré en application. Pour la raison simple qu’il comportait outre une interdiction absolue de circulation sur tout le territoire de la commune, un certain nombre d’exceptions et de passe-droits qui le rendaient inapplicable et caduc à la date même de sa publication !

Espèce protégée, cet imprudent iguane s’apprête à traverser la rue ! – Ph.R.Joyeux

Il ne reste plus qu’à souhaiter que la pétition actuellement en cours mobilise les autorités qui prendront enfin, espérons-le, les mesures nécessaires pour permettre à tout un chacun de vivre et de circuler paisiblement à Terre-de-Haut, sans craindre pour sa sécurité et celle de ses enfants.

Sécurité routière

Journal France Antilles – 8/9 mars 2003

Hormis la première et la dernière, les illustrations dont de l’auteur.
Raymond Joyeux – Terre-de-Haut, 06 avril 2019

À quand le retour de l’insouciant repos d’après-midi à Terre-de-Haut ? Photo extraite de la Brochure Guadeloupe – Éditions du Pacifique 1974

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Ma contribution au grand débat

Le lundi 18 mars était le dernier jour pour présenter sa contribution sur le site Internet gouvernemental du grand débat national. Sans trop y croire, j’ai donc posté la mienne sur le thème Démocratie et citoyenneté, en ne publiant que le paragraphe sur la nécessaire égalité d’obligations légales des élus. Ceux des grandes comme des petites communes. Si j’avais eu l’opportunité de le faire sur un éventuel cahier de doléances de la mairie de Terre-de-Haut voici, en ma qualité de citoyen, ce que j’aurais écrit.

Pour une démocratie égalitaire participative

Depuis 1965 que, sur le plan local, je me suis engagé en politique, jusqu’en 2014 où je me suis définitivement retiré de toute compétition électorale, à part aux municipales de 1971 qui ont vu l’équipe dont je faisais partie arriver à la mairie, pas la moindre de mes idées ou de mes propositions n’a triomphé de quelque manière que ce soit en ma commune de Terre-de-Haut. C’est dire que c’est avec circonspection et incrédulité quant à sa portée et sa prise en compte, ne serait-ce que partiellement, par les instances ad hoc, que je livre aujourd’hui ma contribution à ce qu’il est convenu d’appeler le grand débat.

En analysant la pratique politique saintoise depuis près d’un demi siècle et les multiples déboires qu’elle a générés pour notre communauté, collectivement et individuellement, on arrive à la conclusion que peu de choses auraient pu suffire à les éviter. La première étant de modifier radicalement les rapports exécrables qui sont encore les nôtres aujourd’hui entre les élus des deux bords d’une part, et entre ces mêmes élus et la population d’autre part.

Ce que je préconise

I – Sur le plan national

On peut regretter qu’en dépit du principe d’égalité qui devrait s’appliquer à tous, les petites communes comme la nôtre aient toujours été tenues à l’écart dès l’origine de toutes les lois électorales qui ont régi le fonctionnement de la représentativité démocratique jusqu’en 2014. Ce n’est qu’à cette date en effet que l’opposition chez nous a pu envoyer au Conseil Municipal des élus issus de sa mouvance. Pourquoi avoir attendu jusque là pour instaurer le respect de ce qui constitue depuis toujours l’essence même de la démocratie ? Peut-être que, si pendant d’interminables décennies, les représentants de la moitié de la population n’avaient pas été exclus de la conduite des affaires communales, nombre de dysfonctionnements et leurs désastreuses conséquences nous auraient été épargnés !

Mais si, en l’exemple cité, on peut dire qu’il vaut mieux tard que jamais, ce que nous réclamons aujourd’hui à l’État c’est, une fois pour toutes, de placer toutes les collectivités sans exception sur la même ligne. C’est-à-dire, appliquer à tous les élus communaux, quelle que soit l’importance de la communauté qu’ils administrent, les mêmes obligations et responsabilités. À savoir :

 1 – limiter à deux, en plus du nombre de mandats, celui des candidatures à une même élection. (Actuellement les maires des petites communes – contrairement à ceux des grandes agglomérations – peuvent se représenter autant de fois qu’ils le veulent aux élections municipales, et ce jusqu’à leur mort.)

 2 – appliquer le principe de la déclaration de patrimoine à tous les candidats avant toute élection. (Actuellement les maires des petites communes en sont exemptés et peuvent s’enrichir sans contrôle sur le dos des contribuables.)

3 – rendre les élus personnellement responsables des délits de détournements, malversations et faillites budgétaires dont ils se rendraient coupables par négligence ou mauvaise gestion avérée, avec démission immédiate d’office, inéligibilité à vie et comparution devant les tribunaux en vue d’une éventuelle condamnation pénale.

Voilà trois mesures, faciles à prendre, nous semble-t-il, au plan national et qui, selon nous, en plus de mettre tout le monde sur un même pied d’égalité feraient réfléchir tout candidat aux élections municipales et éviteraient qu’un même maire reste indéfiniment au pouvoir pour finir par considérer la commune comme un bien personnel, s’en accaparer et l’administrer comme sa propriété privée… et la conduire en fin de compte au précipice. Ce qui est, hélas ! le cas pour nous aujourd’hui.

II – Sur le plan communal

Les élections municipales n’ont pas pour objectif d’investir le maire et son conseil de pouvoirs discrétionnaires illimités qui les autoriseraient à agir et à décider sans en référer à la population souveraine qui les a élus. Le mandat scellé par les élections n’est pas tant d’ailleurs une affaire de pouvoirs que de responsabilités partagées dont il convient constamment de rendre compte aux électeurs-citoyens.

           Je préconise, sur ce plan, qu’il doit être fait obligation aux maires de :

1 – Partager et répartir par délégation les responsabilités au sein du Conseil Municipal. Ainsi, plutôt que de se concentrer entre les mains d’un seul, les compétences municipales seront assumées par l’ensemble du corps des conseillers opposition comprise, qui, sous la conduite d’adjoints délégués, étudient et traitent en équipes les dossiers qui leur sont confiés. Cette méthode de fonctionnement présente le triple avantage d’éviter la confiscation par un seul d’un pouvoir discrétionnaire occulte dont il deviendrait le maître absolu ; de se répartir les tâches, devenues administrativement de plus en plus lourdes et complexes ; d’impliquer enfin personnellement chacun des élus dans la gestion des affaires communales.

2 – Rendre compte systématiquement à la population. Cette pratique des responsabilités partagées au sein du conseil ne peut que déboucher naturellement sur une transparence absolue de la gestion municipale et sur une information régulière aux administrés. Budget, projets, décisions prises ou à prendre doivent être impérativement rendus publics par tous les moyens à disposition du conseil : affichage systématique, presse, bulletin municipal…

3 – Susciter la participation citoyenne aux affaires. Comment imaginer que des décisions importantes qui engagent le présent et l’avenir des administrés et de leur commune soient prises à leur insu, sans aucune consultation populaire préalable ni échange ? À ce propos, l’exemple calamiteux parmi d’autres du ridicule et ruineux aménagement de la plage du Fond Curé est emblématique de la dérive autocratique et du manque condamnable de concertation.

Sans se départir de son pouvoir décisionnel, une assemblée municipale respectueuse de ses administrés a le devoir et l’obligation morale d’associer, sans préjugé ni exclusion, l’ensemble de ses membres à la gestion de la cité. Elle doit régulièrement lors des séances du Conseil Municipal donner la parole au public, aux associations, à toute personne qui le souhaite, en rompant avec l’habituel silence imposé aux participants à l’occasion de ces séances. Cela s’appelle la démocratie participative. Solliciter, entre autres, le concours de citoyens volontaires dans des commissions de réflexion extra-municipales ne peut qu’enrichir et éclairer le choix des élus tout en responsabilisant la population.

Un contexte insulaire favorable à la mise en place de ces mesures

De par sa configuration géographique, démographique et sociale, Terre-de-Haut est par excellence la collectivité où l’expérience d’une démocratie participative exemplaire devrait s’exercer sans problème. C’est ce que pendant plus de 30 ans mes amis partenaires et moi nous nous sommes efforcés, à chaque échéance électorale, de proposer sans succès à nos compatriotes. Mais les temps n’étant plus les mêmes, ce projet peut être rendu possible demain. À condition que ceux qui aspirent aux responsabilités communales mettent fin à leurs stériles querelles partisanes, fassent taire leurs ambitions personnelles et, sans se soustraire à leur louable volonté de servir, se laissent guider par l’esprit d’ouverture et de fraternité. Ils pourront ainsi, ensemble, actualiser cette déclaration du Président Chirac faite au lendemain des élections présidentielles de mai 2002 et qui est la définition même de l’engagement politique : « J’ai compris votre appel pour que la politique change. Pour que tout dans l’action qui doit être maintenant conduite doive répondre à cet appel et s’inspirer d’une exigence de service et d’écoute pour chaque Française et chaque Français. »

                                                                                      Terre-de-Haut, le 20 mars 2019
Raymond Joyeux
Simple citoyen

PS. Revoir sur le même sujet les chroniques précédentes :

https://raymondjoyeux.com/2018/02/19/terre-de-haut-le-necessaire-retour-a-la-fraternite/

https://raymondjoyeux.com/2017/07/16/chronique-dun-desastre-annonce-ou-les-racines-du-mal-saintois/comment-page-1/#comment-1490

 

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Inédit aux Saintes : une bibliothèque gratuite de partage et d’échange

Une info victime d’un problème technique

Le quotidien France-Antilles de Guadeloupe devait publier le vendredi 1er mars 2019 sous la plume de Marijoé Métayer une information relatant l’installation à Terre-de-Haut d’une bibliothèque urbaine participative, mettant gratuitement à la disposition du public un certain nombre d’ouvrages en libre service. Malheureusement un problème technique survenu sur les presses du journal n’a pas permis ce jour-là son impression sur papier. Si bien que les habituels lecteurs saintois de France-Antilles ont été privés de l’information. Celle-ci, visible sur le site Internet du journal, a été néanmoins relayée sur le compte Facebook de Terre-de-Haut indiscrétions  mais n’a suscité à ce jour que très peu de commentaires.

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Ancienne bibliothèque municipale endommagée par Maria – Ph R.Joyeux

Pour permettre une plus large diffusion de cette information,
voici relatés ici la genèse et l’historique de cette initiative :

C’est pour suppléer à la fermeture sine die de la bibliothèque municipale de Terre-de-Haut endommagée par l’ouragan Maria, et répondre à une demande croissante de lecteurs privés de leur passion, que cette bibliothèque a été créée. Mais l’idée de mettre gracieusement aux Saintes des ouvrages à la disposition du public est bien antérieure à la fermeture de la bibliothèque municipale. Nos pérégrinations estivales en France et en Europe nous avaient en effet permis d’observer bien avant Maria la présence dans de nombreux villages de ces dépôts de livres, présentés la plupart du temps dans des cabines téléphoniques désaffectées comme le montre la photo ci-dessous prise par nos soins en août 2015.

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Cabine à livres à ÉVELLE, près de Beaune en Bourgogne – Photo R. Joyeux 2015

Nous avions alors pensé que cette pratique pouvait parfaitement convenir aux Saintes et avions le projet, en faisant appel à la générosité du public, de faire profiter habitants et vacanciers de livres déjà lus par leurs propriétaires et dont ils n’avaient plus l’usage. Mais le projet tardant à voir le jour, l’après Maria a été l’occasion de le concrétiser. C’est  ainsi qu’avec Igor Schlumberger, toujours partant pour des initiatives citoyennes inédites, nous l’avons finalisé.

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La bibliothèque finie et opérationnelle, réalisée avec des matériaux de récupération

En utilisant des matériaux de récupération sélectionnés par Igor, nous avons commencé la construction de l’armoire à la Toussaint 2018. Aidés pour les finitions par Alain Bocage dont la réputation de charpentier n’est plus à faire, et par Alain Joyeux pour la peinture et l’inscription, alors que les livres offerts s’accumulaient, nous avons terminé le meuble en février 2019. Et le 28 du même mois, la bibliothèque, devenue opérationnelle, était inaugurée et placée à l’abri des intempéries grâce à la bienveillance de Mme Claudia Cassin, propriétaire de l’épicerie Vival, qui nous a gracieusement proposé la terrasse couverte de son magasin, face au petit marché du Fond Curé.

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Alain Bocage ajustant les pommelles de la porte vitrée – Ph. R. Joyeux 

De mains en livres : bientôt un site Facebook

Ainsi, résidents de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, visiteurs de passage ou de longue durée, petits et grands lecteurs, peuvent désormais venir emprunter librement livres, BD ou revues, les rapporter à l’occasion après lecture pour ne pas épuiser le stock et, éventuellement, l’alimenter en offrant en partage leurs propres ouvrages. Chaque lecteur pourra de plus, s’il le souhaite, commenter ses lectures sur Facebook où un compte à cet effet sera bientôt ouvert. En attendant, nous remercions chaleureusement les artisans de cette initiative, les donateurs d’aujourd’hui et de demain, Mme Claudia Cassin, pour son accueil, et souhaitons bonne et fructueuse lecture à tous les passionnés.

Raymond Joyeux

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