Vendredi 5 juin 2026
Le pré aux chevaux
Levé à 7 heures, de ma fenêtre, j’observe les deux chevaux du voisin dans le pré d’en face. Il les a sauvés de justesse à la veille d’être conduits à l’abattoir, dans un état squelettique innommable. Aujourd’hui, ce sont de beaux spécimens d’une luisante robe baie qui broutent paisiblement à longueur de journée dans un large espace qui leur est réservé. Selon ce que nous savons, leur propriétaire n’a aucune intention de les exploiter pour quoi que ce soit. Totalement libres, ils vont et viennent à leur gré et semblent parfaitement heureux de leur sort, ne s’éloignant jamais l’un de l’autre. Je prends souvent plaisir à les regarder paître et ne résiste pas au bonheur de les photographier de temps à autre pour les faire figurer dans mon journal.

Douze degrés au réveil
Ce matin il fait 12 degrés au thermomètre mais avec un ciel moins ténébreux que la veille. Après déjeuner, je ne tarde pas à me vêtir de mes habits d’extérieur, avec pull obligatoire, moi qui croyais avoir terminé avec le froid ! L’épisode de canicule nous avait un peu terrassés, mais à tout prendre je préfère encore la chaleur, même intense, à cette fraîcheur qui m’oblige à me charger lourdement en habits d’hiver alors que nous sommes à moins de deux semaines de l’été ! Cette alternance de chaud et de froid est devenue ici une habitude qui perturbe le potager et nous change radicalement de notre climat quasi constant de la Guadeloupe. Heureusement, lorsqu’il ne pleut pas, le corps se réchauffe vite au jardin où il y a beaucoup à faire chaque jour.
Si je trace le bilan de mes activités extérieures depuis notre arrivée voilà tout juste deux mois, j’ai l’impression de n’avoir rien fait alors que tout me montre le contraire. Il a fallu d’abord se débarrasser de toute la végétation envahissante aux abords de la maison, sans attendre que les hautes herbes prennent possession de tout l’espace environnant. C’est dire que débroussailleuse et tondeuse n’ont pas cessé de ronronner jusqu’au soir lorsque le temps le permettait. Même si à ce jour il reste encore des ilots de verdure si denses qu’au lieu de m’en plaindre, je pense à la profusion de vie minuscule qui les habite et qu’ils protègent, jusqu’à l’inévitable passage de la faux meurtrière !

Au potager
Au potager, après le bêchage, manuel, je tiens à le préciser, par un autre de mes sympathiques et serviables voisins, je n’ai pas cessé un seul jour de m’y rendre. Ayant par ailleurs noté la date des plantations successives comme je le fais depuis des années, je pourrais vous préciser à quelle heure exacte et sous quel temps ont été mis en terre les 18 pieds de tomates diverses, les salades, haricots et autres courgettes, courges, aubergines, poivrons, blettes et poireaux. La tenue de ces journaux, en plus de me garder l’esprit éveillé, me permet de comparer d’une année sur l’autre le calendrier des mises en terre et l’évolution de chaque culture en temps réel.

Premières plantations
À ce propos je prends soin de bien aligner toutes les plantations qui le nécessitent. C’est selon moi le respect que je leur dois et qu’elles méritent. J’ai ainsi le sentiment de participer à mon niveau au rétablissement de la perfection du monde mise à mal par ce que l’on sait. Dans le cas contraire j’aurais l’impression que le potager prospérerait de travers et que je contribuerais à propager le désordre ambiant, notre lot quotidien en ces temps de guerres et de massacre d’innocents sans défense.

Pour conclure ce bilan au jardin en ce vendredi 5 juin, et en attendant la récolte, je citerai ce passage de mon journal de l’an dernier à la même date en précisant que cette année 2026 j’ai renoncé à mettre en terre les pommes de terre.
5 juin 2025
« Pas de pluie au réveil. Ciel couvert sans vent. Température idéale pour travailler à l’extérieur. De 10 h à midi, pose de la dernière bordure composite. 14h30, je retourne au jardin butter les patates, ramasser les mauvaises herbes et ranger le matériel. Fini le jardin pour aujourd’hui. Il est 16 heures avec ciel couvert. Se débarrasser rapidement du tee-shirt trempé de sueur.
Plaisir de la douche. »

Publié par Raymond Joyeux
le vendredi 5 juin 2026











































