À la découverte des cétacés de Guadeloupe

Jeudi 1er mars 2018

imageDate importante pour nos deux ex-étudiants parisiens aujourd’hui diplômés, Anne et Alexandre, déjà présents et mentionnés lors de nos périples à Rome en 2014, en Périgord et en Scandinavie en 2016, en Pologne en 2017… (voir les précédentes chroniques sur ces sujets). Profitant des congés de février et fuyant les grands froids sibériens de la métropole, les voilà momentanément en Guadeloupe, qui nous emmènent à la découverte du milieu marin de notre belle région. C’est la gracieuse Anne, experte en plans pas foireux du tout et grande manipulatrice du clavier et d’Internet, qui, comme d’habitude, nous a concocté cette sortie exceptionnelle. Un clic sur le site de Guadeloupe Évasion Découverte (Ged) https://www.guadeloupe-evasion-decouverte.com et la réservation est enregistrée pour le jeudi 1er mars.

Une journée particulièrement ensoleillée

Pour arriver à Deshaies à l’heure du départ du petit catamaran, il faut quitter Pointe-à-Pitre de bonne heure, car même si c’est dans l’autre sens que le monstrueux embouteillage du matin bloque la circulation, des aléas de parcours sont toujours possibles, et pas question de rater la sortie programmée. Après le mauvais temps relatif des jours gras, le soleil revenu s’est installé durablement sur l’archipel. Il est 8 heures et la mer promet d’être belle :  conditions idéales pour une rencontre amicale avec les cétacés.

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Recommandée par le Parc National de la Guadeloupe

Partenaire entre autres du Parc National de la Guadeloupe et de l’Agence des aires marines protégées (AGOA), Guadeloupe Évasion Découverte est une entreprise touristique à vocation écologique, versée comme son nom l’indique dans la découverte et la protection du milieu naturel maritime guadeloupéen. Elle propose des sorties en mer pour l’observation des mammifères marins, mais aussi des excursions dans la mangrove et les ilets du grand cul de sac. L’une de ses principales activités est de permettre la recherche et l’observation de plus d’une vingtaine de mammifères marins évoluant dans le sanctuaire dévolu aux cétacés, principalement sur la côte occidentale de la Guadeloupe, dite Côte sous le vent..

Une espèce sauvage aux apparitions imprévisibles

Sitôt montés à bord, pieds nus mais casquette ou chapeau solidement fixé sur la tête, bardés de crème solaire, nous sommes prévenus : animaux sauvages, libres de leurs déplacements, nos amis les cétacés du large ne nous attendent pas pour se montrer comme de vulgaires bêtes de cirque bien dressées et obéissantes. Claire et Cédric, nos deux sympathiques et prévenants accompagnateurs, nous expliquent les inattendus de l’expédition : nous pouvons très bien revenir bredouilles et frustrés, comme, au contraire, la tête pleine d’images insolites de dauphins joueurs et gracieux, de grands cachalots placides, de globicéphales facétieux et de mythiques baleines à bosse, fières d’exhiber leur étonnante gibbosité…

Bilingue et compétent, Cédric nous renseigne sur nos hôtes et les conditions de leur observation

Un hydrophone pour repérer les mammifères

À l’occasion de cette sortie en mer à vocation pédagogique, les explications de Cédric nous seront fort utiles pour nous permettre de participer activement à la recherche des animaux et de les identifier facilement au besoin. Mais, pour le moment, après une petite heure de navigation apparemment au jugé, rien ne se montre à l’horizon, ni aux abords de notre catamaran. Seule la mer scintille sous le soleil, sans aucune nervosité chez la vingtaine de passagers qui savent qu’ils ne sont pas maîtres de la nature et qu’il serait inutile de s’impatienter. C’est alors que Claire, ayant coupé le moteur, se charge de son hydrophone et tente de repérer une présence, assistée de Cédric en alerte sous des écouteurs.

Claire aidée de son hydrophone indique la direction d’une possible présence

Enfin jaillit un cri … 

Là, là, là !… Et ce n’est pas une fausse alerte ! En même temps que Claire revenue à son poste de commande, un observateur plus attentif que les autres a repéré, juste devant notre étrave, un jaillissement d’écume, signe de la présence d’une petite compagnie de dauphins. Cédric, en marin expérimenté, grimpé sur le pont d’observation, confirme la bonne nouvelle. Alors, au risque que l’eau rentre par l’avant, tous, nous nous précipitons à la proue du petit navire pour admirer les évolutions de nos amis. Ce sont de grands dauphins à dos sombre qui nous accompagnent en un grandiose ballet de nage acrobatique et de petits sauts joyeux, juste pour nous saluer et montrer leur étonnant savoir-faire. Durant près d’une demi-heure et par deux fois, ces splendides animaux nous offrent le privilège de leur présence et de leurs facéties. Notre expédition est sauvée, nous savons d’ores et déjà que nous ne rentrerons ni bredouilles ni frustrés.

Dauphin à dos sombre évoluant devant notre navire

Une attente récompensée

Pourtant la recherche continue

Forts de cette première et inoubliable observation, l’espoir naît en nous de faire d’encore plus spectaculaires rencontres. Tels des capitaines Achab du Moby Dick, nous voudrions apercevoir « notre » baleine, sinon blanche, du moins à bosse, comme nous l’a si bien décrite Cédric. Aussi, après une demi-heure de navigation sans succès, monteur coupé, Claire replonge son hydrophone à l’arrière et Cédric coiffe ses écouteurs. De forts signaux sont perçus, mais trop lointains et que nous poursuivons en vain. D’autant plus qu’un gros plaisancier traverse à grand bruit le sanctuaire, nous enlevant tout espoir d’une nouvelle récompense. En dépit d’une observation à la jumelle d’Alexandre, nous regagnons la base nautique, ayant devant nous jusqu’à Deshaies, une heure et demie de navigation…

Rien de tel pour nous priver de nos observations

Pas la moindre frégate qui signifierait la présence de nouveaux cétacés

Retour au port

Il est près de 13 heures. Ayant découvert Terre-de-Bas par le Sud, nous avons largement dépassé l’horaire prévu. Mais Claire et Cédric, en amoureux eux-mêmes de nos visiteurs aquatiques, ont voulu nous gratifier de davantage d’observations. Ce sera à coup sûr pour une autre fois. Nous  mettons le cap sur le port de Deshaies, plus que satisfaits de cette sortie à laquelle un planteur bienvenu, gracieusement servi à bord et joliment aromatisé, vient mettre un sympathique point d’orgue. Nous adressons un grand merci à Claire et Cédric et à Guadeloupe Évasion Découverte pour leurs actions en faveur de la préservation des cétacés de Guadeloupe. Ils contribuent ainsi à les protéger et à mieux les faire connaître à nos compatriotes insulaires et métropolitains, mais aussi aux étrangers qui nous ont accompagnés en ce jeudi ensoleillé du 1er mars 2018. Et pour finir et atténuer leurs imprudents coups de soleil, un merci particulier à Anne et Alexandre qui nous ont concocté cette expédition maritime hors du commun, en attendant l’été prochain pour une balade irlandaise déjà programmée…

Retour sur la terre ferme

Texte et photographies : Raymond Joyeux

 

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Marins-pêcheurs disparus : un souvenir douloureux

En ce 28ème anniversaire de la disparition en mer de Michel Bordy, Patrick et François Bride, le 21 février 1990, je vous propose la chronique que j’avais publiée en 2015 rappelant ce tragique événement. Puisse la population de Terre-de-Haut avoir une pensée pour ces marins-pêcheurs et leur famille alors que le temps venteux qui sévit actuellement sur nos îles rappelle étrangement les conditions météorologiques de l’époque. 

Par un mercredi venteux

Monument communal aux marins-pêcheurs disparus

Monument communal aux marins-pêcheurs disparus

Le mercredi 21 février 1990, il y a 25 ans jour pour jour, à trois heures du matin, Michel Bordy, 38 ans, Patrick Bride, 36 ans et son frère François, 29 ans, quittent la baie du Marigot à Terre-de-Haut sur leur saintoise Calou, comme ils le font presque chaque nuit depuis l’ouverture de la pêche à la traîne, au large de l’archipel. Le temps n’est pas très beau en cette période de vacances de Carnaval, mais c’est le lot quotidien des pêcheurs saintois,  au risque, hélas, de leur vie, de devoir affronter les éléments d’où ils tirent par tradition et nécessité leur principale subsistance et celle de leur famille, tentant parallèlement d’assumer les lourdes charges financières qui sont les leurs, et qu’alourdit d’année en année l’échéance trimestrielle du rôle d’équipage, leur garantissant la qualité d’inscrits maritimes et de professionnels.

Une communauté maritime solidaire

Patrick Bride, 36 ans

Patrick Bride, 36 ans

À terre, ce mercredi, jusque dans l’après-midi, malgré la mauvaise brise qui souffle de l’Est, personne n’est particulièrement inquiet, les familles étant habituées aux retours de pêche tardifs en cette saison. C’est seulement en fin de journée, alors que la nuit commence à tomber, que le retard des trois jeunes pêcheurs est pris au sérieux et que l’angoisse s’installe et grandit dans les cœurs. Après une nuit que l’on imagine sans sommeil pour les parents et amis tourmentés, l’alerte est donnée le jeudi matin 22 février. Sans attendre, la communauté des marins et pêcheurs saintois, solidaire de ceux qui manquent à l’appel, entreprend les premières recherches, conjointement menées par le dispositif départemental de secours et de repérage en mer. Elles vont durer officiellement quatre jours, sans résultat, amenuisant au fil des heures l’espoir de retrouver vivants Michel, Patrick et François.

Un naufrage inexpliqué

Michel Bordy, 38 ans

Michel Bordy, 38 ans

Le mardi 27, près d’une semaine après le naufrage présumé, alors que toute la Guadeloupe, indifférente aux soucis de la petite dépendance, se défoule, défile et danse au rythme du Carnaval, une épave est repérée au large de Capesterre Belle-Eau. Sitôt la nouvelle confirmée, les pêcheurs qui, eux, n’ont jamais cessé les recherches, reprennent la mer dans la direction signalée, trouvent le hors-bord partiellement immergé avec ses deux moteurs intacts et tout son attirail, et le ramènent à Terre-de-Haut vers 20 heures. Le cœur serré, la quasi totalité de la population abattue se rend au débarcadère comme pour interroger ce témoin silencieux du drame : nos amis ont dû sombrer le matin même de leur départ car les réserves d’essence sont à peine entamées et les appâts bien rangés dans un thermos enfermé dans le gaillard d’avant. Surpris sans doute par une lame, Calou a dû se trouver tout à coup rempli d’eau, le poids des moteurs ne tardant pas à le faire gîter par l’arrière. Mais sans doute pour éviter la perte de leur bateau, l’équipage a le temps d’arrimer des bouées à l’étrave, de solidariser les réservoirs de carburant et de mettre à l’abri le matériel de pêche. C’est ainsi en tout cas que les sauveteurs retrouvent l’épave, l’avant seul, soutenu par les bouées, émergeant de la surface des flots.

 Des recherches perçues à l’époque comme insuffisantes et inadaptées

François Bride, di Calou, 29 ans

François Bride, dit Calou, 29 ans

Ce même soir, on apprend qu’un corps a été retrouvé sur une plage de Marie-Galante. C’est celui de François. De ses camarades, aucune nouvelle. C’est la consternation et la rage, car on sait aujourd’hui que des recherches mieux organisées et mobilisant davantage de moyens, auraient peut-être permis d’éviter le pire, le naufrage ayant probablement eut lieu à quelques encablures de la Grande dépendance.
Il fallait être présent à l’enterrement de François en cet après-midi du 28 février 1990 écrasé de soleil, pour comprendre et partager la douleur des familles pleurant leurs enfants, mais aussi l’émotion de toute une population solidaire, bouleversée par ce drame.

Un mémorial aux marins-pêcheurs disparus en mer

momu busteLes deux frères Bride et Michel Bordy ne sont pas, hélas, les seuls pêcheurs saintois ayant payé de leur vie leur tribut à la mer. Avant eux, en 1978, un marin breton, connu sous le nom de Rémy, installé aux Saintes avec sa famille, habitué à sortir seul, disparaissait mystérieusement corps et biens dans des circonstances jamais élucidées. Deux ans plus tard, le 22 février 1980, c’est au tour de Camille et d’André Cassin de faire naufrage au large de Saint-Barthélemy. Seul Camille, dit Lazare, réussit à gagner la terre, son compagnon  à quelques mois de la retraite, n’a jamais été retrouvé. En juin-juillet 2013, Jean-Louis Cassin et Daniel Judes, suite au mauvais temps et à une avarie de leur voilier, sont retrouvés au large du Vénézuela après  32 jours d’errance sur l’océan, sans eau ni vivre, alors qu’ils faisaient route vers Saint-Barth. Déshydraté et inanimé, Jean-Louis a pu être ramené à la vie de justesse, mais Daniel Judes a été retrouvé mort sur le voilier. En mémoire de ces marins saintois morts ou disparus en mer, la municipalité de Terre-de-Haut a fait ériger un monument, à l’esthétique improbable, contestée, il est vrai, par beaucoup, et visible place de la mairie. Une plaque de marbre, malheureusement non nominative et mal entretenue, rappelle le souvenir de ces hommes qui ont tragiquement perdu leur vie en mer, élément qui leur est pourtant familier et qui depuis des générations est leur raison d’être et les fait vivre. En ce jour du 25 ème anniversaire de la mort et de la disparition de Patrick, François et Michel, associons les noms de Rémy, André, Daniel et, bien qu’il fût un enfant, celui de Jeoffrey, le fils de Fernand Samson, pour affirmer notre solidarité avec leurs familles et leurs proches et rendre hommage à leur mémoire.

En ce 25 ème anniversaire du drame de 1990, un petit effort de rénovation aurait pu être fait !

En ce 25 ème anniversaire du drame de 1990, un petit effort de rénovation aurait pu être fait !

PS : Les photos de Patrick et François Bride m’ont été aimablement communiquées par leur sœur Fanny. Celle de Michel Bordy par sa sœur Elza. Un grand merci à toutes deux pour ce geste qui perpétue le souvenir de leurs frères..
Raymond Joyeux

 

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Terre-de-Haut : le nécessaire retour à la fraternité

Abolir l’arbitraire

« Plus encore que le déficit financier, Terre-de-Haut souffre d’un déficit démocratique abyssal… Je ne crois pas à l’avènement d’un homme providentiel… Seule la fédération de toutes les intelligences nous sauverait du chaos qui couve. »
Chrysos Chrysostome Bélénus ( Terre-de-Haut Indiscrétions, 12 janvier 2018)

UnknownCe blog n’étant ni un magazine politique ni une tribune judiciaire, nous nous garderons bien de commenter ici les houleux événements qui ont marqué ces derniers mois et semaines notre petite communauté saintoise. À savoir, après les nombreuses, inhabituelles et inquiétantes perquisitions effectuées aux Saintes et ailleurs en 2017, la comparution devant le Tribunal correctionnel de Basse-Terre, les 11 et 12 janvier 2018, de son plus haut dignitaire et de quelques autres prévenus. Que les personnes impliquées dans cette affaire, bénéficiant jusqu’au verdict, pressons-nous de le rappeler, de la présomption d’innocence, encourent de lourdes peines dont, pour certains, la prison ferme et des années d’inéligibilité, cette situation infamante, loin de nous réjouir, nous plonge au contraire dans un abîme de tristesse et de honte. Car, au-delà de l’iniquité reconnue des faits et de leurs responsables présumés, il s’agit avant tout, de la réputation et de l’image de notre communauté, mises à mal et ternies pour longtemps par des agissements impardonnables et leurs éventuelles condamnations à venir, sur lesquelles nous serons définitivement fixés ce vendredi 23 février. Pas de commentaire donc mais une proposition d’abandon de l’état d’esprit partisan et arbitraire qui prévaut depuis plus de quarante ans à Terre-de-Haut au sein de notre gouvernance municipale. Autrement dit le souhait d’un retour à la fraternité perdue, telle qu’elle était pratiquée chez nous autrefois – il y a bien longtemps ! – par des élus intègres, étrangers à toute recherche d’intérêt personnel, soucieux uniquement d’une juste administration communale, pour la satisfaction de tous, sans distinction d’opinion ni exclusion malveillante systématique…

Une devise républicaine trop souvent malmenée

La devise républicaine, est-il besoin de le rappeler ? Liberté-Égalité-Fraternité, inscrite au fronton de nos mairies exprime et garantit, dans le principe, les droits fondamentaux des citoyens dans nos pays sous régime démocratique – y compris celui de prétendre légitimement exercer un jour à son tour les responsabilités électorales ! Dans la réalité, c’est une évidence que ces trois piliers du fonctionnement institutionnel de notre vie publique : sociale, politique et morale, sont souvent ébranlés. Dans les rapports des citoyens entre eux d’abord mais surtout dans les relations que ces derniers entretiennent avec le pouvoir établi, qu’il soit local, régional ou plus largement national. Proposer une politique de fraternisation et en établir les conditions et les modalités d’application nécessite d’abord de définir les termes de la proposition.

Une mairie entièrement à part – Photo R.Joyeux

Une conception oubliée de la politique 

« Une île qui devrait être si agréable à gérer loin de tout raisonnement politique ou personnel c’est-à- dire financier. » Docteur Yves Espiand – Médecin aux Saintes de 1962 à 1965

Tout le monde le sait, la politique, au sens large, c’est l’organisation au mieux des affaires de la cité. Elle a globalement pour objectif de réguler les interactions entre les aspirations des citoyens et les moyens mis en œuvre pour satisfaire leurs légitimes attentes. Concrètement, c’est, d’un côté, la possibilité pour les membres de la communauté  – quelles que soient par ailleurs leurs opinions – d’exprimer librement leurs aspirations ; de l’autre, pour le pouvoir élu, l’obligation d’entendre, de prendre en considération cette expression et de déterminer les priorités en fonction des moyens dont dispose la collectivité. Or cette nécessaire mise en adéquation des moyens et des fins, reposant principalement sur des richesses financières plus ou moins étoffées, – à condition qu’elles ne soient pas dilapidées sans contrôle, à tort et à travers comme c’est le cas aujourd’hui – aboutit fatalement à des choix et par là-même à des conflits d’intérêts souvent néfastes à l’harmonie des rapports entre administrés et administrants. Surtout lorsque ces choix, opérés sans consultation, ne sont ni justifiés ni portés explicitement au préalable à la connaissance de la population. Tel fut le cas chez nous de l’onéreuse réalisation de la fameuse plage artificielle du Fond Curé… aujourd’hui entièrement engloutie sous les flots.

Plage du Fond Curé : un gaspillage inconsidéré des deniers publics- R.Joyeux

La fraternisation : moteur et conséquence de l’action politique

Mais la politique ne se réduit pas à cette seule et unique question de rapport de force entre les citoyens et leurs élus, généré par un incontournable problème de trésorerie. Elle repose tout aussi essentiellement sur des considérations humanistes à haute valeur philosophique et morale qui devraient permettre de dépasser sinon d’éviter les conflits et de les apaiser au mieux dans un esprit et une volonté de conciliation. C’est en ce sens que nous parlons de politique de fraternisation. Aussi, loin d’être une simple invite, la notion de fraternité doit être considérée, par-delà le concept abstrait, comme le moteur premier de toute action politique digne de ce nom en même temps que sa conséquence naturelle, génératrice d’harmonie et de solidarité.

Fraternité : Marianne place du débarcadère à Terre-de-Haut – Ph. R.Joyeux

La collectivité communale : une grande famille ?

Sans tomber dans le cliché ou le lieu commun dépourvu de signification et de substance, on peut comparer l’entité communale à une grande famille. Avec ses modalités de fonctionnement, ses aspirations morales et éducatrices, ses réalisations concrètes et ses projets d’avenir, le tout chapeauté et mis en œuvre au sein des assemblées communales par une organisation institutionnelle ouverte, impartiale mais nécessairement hiérarchisée : le conseil municipal. Cette comparaison de la commune avec la famille a été évoquée maintes fois et continue de servir dans les discours électoraux de nos hommes politiques de tout bord. Nous savons tous, malheureusement, que ce n’est, le plus souvent, que vague formulation de style et de principe, sans contenu véritable ni réalité. Pour se donner bonne conscience, pour tenter de faire oublier leurs éventuelles turpitudes, combien de ténors de nos assemblées communales, ici comme ailleurs, tyranneaux avérés et parfaits briseurs d’égalité et de fraternité, ont usé et abusé sans honte de cette comparaison si belle en soi mais trompeuse et vide de sens dans leur bouche ?

La démocratie confisquée – Image labrique.net

Sans nous étendre sur le cas de Terre-de-Haut, chacun se souvient de cet ex-élu qui, dans ses nombreuses et interminables interventions publiques, particulièrement celles des vœux de nouvel an, s’est imposé comme le plus grand diviseur historique de notre petite communauté et qui n’avait pourtant de cesse de ne parler, avec des trémolos de crocodile, que de notre grande famille saintoise. Grande famille saintoise dont il se considérait évidemment comme le tout puissant et vertueux gourou, s’arrogeant le droit et la liberté de dénigrer à sa guise, d’enfoncer et d’exclure, sans possibilité de contradiction ni de réponse, la moitié – considérée à ses yeux comme rebelle – de cette soi-disant famille, la traitant successivement d’irresponsable, de traître, d’ennemi public, d’irrécupérable, que sais-je encore. Et cela, en des termes haineux et méprisants d’une innommable et lâche mesquinerie…

Quatre maires dignes de ce nom 

Mais si nous remontons un peu plus loin dans le temps, nous trouverons heureusement l’exemple inverse. Nous trouverons des magistrats communaux comme Théodore Samson, Georges Azincourt, Eugène Samson et plus temporairement le docteur René Germain, pour qui la fraternité et la réconciliation avaient un sens et un visage. Ces maires successifs qui ont dirigé notre commune, sans arrogance, sans prétention ni fausse hauteur, ne se sont jamais focalisés sur leurs pouvoirs éphémères pour en abuser et chercher à les élargir au détriment de la collectivité. Ils ne se sont jamais focalisés sur leurs prétendus adversaires pour leur en faire voir de toutes les couleurs, celles du mépris, celles de l’exclusion, celles de l’obstruction systématique.

Portant l’écharpe, Théodore Samson et une partie de ses conseillers en 1936

Ils n’étaient certes pas tous des hommes de haute culture ou de science mais ils avaient tous le même cœur, la même intelligence pratique, le même sens de la justice, la même conception de l’action politique, si restreinte soit-elle ici. Avec eux, sitôt les soubresauts des consultations électorales enterrés, il n’y avait plus ni partisans ni adversaires. Avec eux, sitôt les élections passées, la communauté saintoise redevenait une et indivisible, c’est-à-dire constituait une vraie famille. Une famille où tous les membres étaient égaux, où personne n’était défavorisé au profit d’un autre. Une famille où il n’était pas interdit aux uns de parler aux autres, comme c’est le mot d’ordre officiel d’aujourd’hui. Une famille enfin où chacun avait libre accès à la maison commune sans se faire malproprement rejeté.

Respect mutuel et tolérance : un exemple venu d’en haut

Il ne s’agit pas ici de faire de l’angélisme et de prétendre qu’avec ces maires regrettés tout conflit disparaissait comme par miracle ou enchantement. Mais si, après les inévitables joutes électorales, chacun gardait ses idées et ses convictions, le respect mutuel et la tolérance étaient de mise et l’exemple en ce domaine venait toujours d’en haut. Car, ces quatre maires n’étaient pas des personnages exceptionnels, mais des êtres humains tout simplement équilibrés. Ces quatre maires dont nous avons cité le nom et dont l’action éducatrice, disons même, à notre échelle, civilisatrice, a été radicalement anéantie par le sabotage méthodique qui s’ensuivit. Ces quatre maires saintois non seulement étaient ouverts à toute discussion, à toute réflexion, à toute proposition des administrés, mais allaient au-devant d’eux, sans distinction d’opinions, sans arrogance. Ils écoutaient leurs doléances, examinaient leurs propositions, les rencontraient dans la rue, sans faire de différence entre « partisans » et « adversaires ». Toujours disponibles, leur bureau c’était la place publique, c’était leur chantier, c’était l’appontement, leur bateau ou leur cabinet médical. Ils n’étaient pas hommes à s’enfermer à double tour comme des taupes aveugles et sourds dans un cabinet secret, à refuser des rendez-vous, à prendre des semaines pour signer un document, à ne jamais répondre aux courriers, à renier la parole donnée, à dire oui en pensant non..

Sortir du tunnel

À leurs yeux, la commune considérée comme une grande et vraie famille, justement, n’était pas une simple comparaison, une figure de style pour faire bien dans des discours alambiqués et trompeurs. La grande famille communale, c‘était pour eux une réalité concrète, palpable. La grande famille communautaire, au bon sens du terme, il la vivait et la faisait vivre quotidiennement par leur écoute, par leur sens du rassemblement et de la fraternité, par leur compréhension, leur honnêteté foncière et la force de leur conviction. Ils n’étaient pas hommes à mettre de l’huile sur le feu et à attiser les haines et les conflits au sein des familles et de la population. Leur sens de l’équité et de la morale publique leur interdisait de pratiquer la discrimination en fonction de la couleur du bulletin de vote ou du slogan inscrit sur le tee-shirt électoral…

À Amsterdam en 2016 – Photo Raymond Joyeux

C’est tout cela, en moins de trois générations, qu’à Terre-de-Haut nous avons perdu. Et si, en près de 50 ans de gouvernance locale (*), tout a été fichu par terre, et qu’en 2018 nous sommes toujours politiquement et moralement dans un tunnel, ce n’est pas en reprochant sans rire à l’opposition « de vouloir prendre le pouvoir », c’est-à-dire à se considérer soi-même, implicitement, au sortir du tribunal le 12 janvier dernier, comme seul légitime à y prétendre, à l’exercer et à le conserver indéfiniment dans des conditions de régularité plus que douteuses, que s’instaurera malheureusement aux Saintes une autre politique. Celle plus que jamais nécessaire de l’acceptation de l’autre, de la tolérance et de la fraternité retrouvée.

Appel à la fraternité : Jeune fille à la fleur – Photo Marc Riboud

* Voir notre chronique du 16 juillet 2017 :

https://raymondjoyeux.com/2017/07/16/chronique-dun-desastre-annonce-ou-les-racines-du-mal-saintois/comment-page-1/#comment-1490

Raymond Joyeux

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Sport, loisir et culture à Terre-de-Haut : la série noire continue

Une conséquence inattendue de Maria :
la fermeture de la bibliothèque municipale

Après l’arrêt des activités de la voile traditionnelle et la disparition des deux associations de marins-pêcheurs ; après la fermeture par arrêté municipal de l’OMCS (Office Municipal de la Culture et des Sports) et la dissolution de l’AJSS (Association de la Jeunesse Sportive Saintoise) en novembre 2017, voici la condamnation pure et simple de la bibliothèque municipale suite aux intempéries de l’ouragan Maria. Autant dire que Terre-de-Haut ne dispose à ce jour (février 2018) d’aucune structure associative, de sport, de loisir ou de culture susceptible d’intéresser ou d’occuper intelligemment jeunesse, visiteurs et population. Un seul exemple significatif : cette année 2018, aucune manifestation carnavalesque digne de ce nom  organisée autrefois par l’OMCS et sa dynamique équipe… Rappelons que cette structure très active a été (momentanément) fermée pour incompatibilité entre la municipalité et les membres du nouveau bureau élus régulièrement mais supposés être de l’opposition !

Les locaux de l’OMCS aujourd’hui fermés par arrêté municipal

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Porte de droite : entrée de la bibliothèque municipale

Une structure minimaliste plus qu’archaïque

Peu attrayante par sa vétusté et son exiguïté, (un local à demi délabré d’une ancienne et lépreuse caserne militaire), la minuscule bibliothèque municipale de Terre-de-Haut avait au moins le mérite d’exister. Sans autre aménagement intérieur que des rayonnages adossés aux murs, elle fonctionnait néanmoins tant bien que mal, jusqu’à l’arrivée de Maria. Et cela grâce à la persévérance et à la disponibilité de sa bibliothécaire attitrée, secondée par un agent communal détaché, mais aussi, il faut le dire, grâce à la générosité de quelques donateurs qui l’alimentaient régulièrement en ouvrages, revues et brochures de toute nature pour la satisfaction de tous. Malheureusement, l’ouragan du 18 septembre 2017 ayant emporté les tôles du toit, l’eau s’est infiltrée dans la structure, détériorant une partie de son contenu, rendant local et livres momentanément inexploitables.

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Une simple bâche sur le toit du bâtiment depuis 5 mois

Une négligence coupable

Mais si une fermeture passagère au public s’imposait, tous les ouvrages n’ayant pas été atteints, avec moins de négligence et un minimum de bonne volonté, beaucoup d’entre eux auraient pu être sauvés et transportés en lieu sûr. Au lieu de cela, pour suppléer à l’absence de toiture, la municipalité, laissant les ouvrages moisir sur place, s’est contentée d’installer une bâche sur la charpente que le vent et les pluies de ces derniers jours ont fini par déchiqueter avec les conséquences irréparables que l’on imagine… D’où, depuis le passage dévastateur de l’ouragan Maria, Terre-de-Haut se voit privée du seul lien qui la rattachait à un semblant de culture.

Et pourquoi pas la maison Monrose ?

Il faudra donc à l’évidence, pour reconstituer le stock de livres et remettre sur pied la bibliothèque, repartir à zéro. Dans ce cas, en attendant la réparation du toit de la caserne et la restauration du local, pourquoi ne pas utiliser la villa communale Monrose, le plus souvent inoccupée, pour y installer, ne serait-ce que provisoirement, un embryon de bibliothèque ? Quitte à solliciter les donateurs qui ne manqueront pas, nous en sommes persuadés, de répondre présents et de mettre à la disposition du public, leur surplus de livres et autres ouvrages comme ils l’ont fait jusqu’à ce jour. C’est le sens de notre appel d’aujourd’hui aussi bien à l’adresse de notre municipalité, très soucieuse, à n’en pas douter, de redonner un peu de vie chez nous à la culture, qu’aux amateurs éclairés qui ne savent que faire de leurs ouvrages déjà lus. Un double geste généreux que tout un chacun saurait apprécier à sa juste valeur.

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La villa Monrose pour redonner vie à la bibliothèque municipale

Nous tenons pour notre part un carton de livres, tous genres confondus, à la disposition de la bibliothécaire et de son adjoint qui peuvent à tout instant nous contacter pour en prendre possession quand bon leur semblera.

PS : Les photos sont de l’auteur.

Raymond Joyeux

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Quand les collégiens des Saintes découvrent et lisent un auteur saintois

Présentation de l’auteur

par Anne de Floris,

 ancienne élève de l’École Normale Supérieure, agrégée d’histoire, doctorante, enseignante à la Sorbonne

Il est particulièrement mal aisé, déplaisant et, sans doute quelque peu prétentieux, de parler de soi et de se mettre publiquement en avant. C’est avant tout sous couvert de modestie et d’une sincère pudeur que Raymond Joyeux repoussait sans cesse l’écriture de ce billet. Une bien noble attitude, certes, mais qui avait le grand inconvénient de priver son lectorat d’une réflexion passionnante sur l’émergence d’un fait nouveau aux Saintes : la lecture et l’étude par les collégiens de l’archipel des écrits d’un auteur saintois, en l’occurrence le rédacteur habituel de ce blog. C’est pour cette raison que nous lui avons proposé, en fin de compte, de rédiger cette présentation à sa place, estimant qu’il était bien dommage de passer sous silence les termes d’une rencontre féconde entre les traces d’une mémoire individuelle mise en prose et le regard d’une jeune génération, si souvent aveugle à l’histoire des lieux qu’elle côtoie chaque jour. Après de longues hésitations l’auteur a finalement accepté notre proposition, convaincu que le récit de cette expérience susciterait de fructueux débats sur les notions liées de lecture et de patrimoine, et saurait rencontrer de nombreux échos tant auprès des collégiens eux-mêmes que des nombreux lecteurs de ce blog. Et pour peu que le dialogue s’établisse par le biais des commentaires, ce serait, selon lui, une occasion supplémentaire de nous enrichir les uns les autres, culturellement parlant…

Écoliers de Terre-de-Haut du début du XXème siècle

Des ouvrages édités à compte d’auteur par et pour l’Association Les Ateliers de la Lucarne

À l’origine, nous explique l’auteur, un court récit autobiographique de 160 pages intitulé Fragments d’une enfance saintoise paru en novembre 2009 et postfacé aujourd’hui par Mme Scarlett Jesus, ancienne Inspectrice de l’Éducation nationale, critique d’art et de littérature. Pensant à tort ou à raison que ce modeste ouvrage pourrait intéresser les enseignants du primaire et des collèges, Raymond Joyeux, l’avait transmis à tout hasard aux bibliothécaires des établissements scolaires de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, sans attendre particulièrement de réponse, ce qui fut le cas, précise-t-il, pendant trois ans. Jusqu’au jour où le gestionnaire du collège des Saintes de l’époque, M. Patrick Giorgi, à la demande d’une nouvelle prof de français, en commande, à sa grande surprise, une vingtaine d’exemplaires pour les classes de sixième.

Et c’est ainsi que, par l’entremise de leur professeur de français, Mme Hélène Rossignol, les collégiens saintois eurent pour la première fois entre leurs mains cet ouvrage et reçurent son auteur dans leur classe. De fil en aiguille, ce premier récit, étudié dès lors en 6ème, aussi bien à Terre-de-Haut qu’à Terre-de-Bas, fut suivi d’un second récit toujours autobiographique de 210 pages, plus spécialement accessible aux élèves de 3ème : Les manguiers du Galion, relatant son expérience de lycéen au séminaire-collège de Blanchet près de Gourbeyre. De son côté, le plus souvent disponible, puisqu’à la retraite, et navigant régulièrement entre Pointe-à-Pitre et les Saintes, Raymond Joyeux s’est proposé pour continuer à passer bénévolement dans les classes à la demande des enseignants intéressés. Aux Saintes, respectivement professeurs de français à Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, M. Marbœuf et Mme Rossignol l’ont alors de nouveau sollicité pour rencontrer leurs élèves et répondre à leurs questions. C’est ce qui s’est encore fait cette année scolaire 2017-2018, juste au retour des congés de la Toussaint, aux collèges jumelés des deux îles, avec l’assentiment officiel de leur Principale, Mme Luce Cassin.*

* Rappelons pour mémoire que, voilà quelques années, M. Patrick Péron, professeur des écoles à Terre-de-Haut, aujourd’hui à la retraite, et auteur lui-même de nombreux ouvrages (poésie, roman, histoire), avait invité Raymond Joyeux dans sa classe de CM2 pour une séance de poésie.

Des rencontres enrichissantes

Classe de 6ème de Terre-de-Bas novembre 2017

Rencontrer des élèves qui étudient ses textes est toujours pour Raymond Joyeux, ancien professeur lui-même, une grande satisfaction. Cet enthousiasme revêt ici, aux Saintes, une dimension toute particulière, les collégiens trouvant dans les ouvrages étudiés les reflets d’une vie insulaire qu’ils connaissent bien mais dont la patine les surprend, les laissant avec nombre de questions. Pouvoir rencontrer l’auteur et l’interroger directement sur ses souvenirs est une chance incroyable, qui se résout dans un échange d’une grande richesse, intergénérationnel et collectif, passionné et curieux. Au-delà de la recherche avide de l’anecdote et du sympathique exercice de comparaison, il est plaisant de constater que l’intérêt qu’ils manifestent dévie toujours sur le travail d’écriture à proprement parler, permettant ainsi à l’auteur de répondre à leurs nombreuses questions sur sa conception du livre comme objet culturel et patrimonial.

Voici à ce propos les réflexions qu’a développées Raymond Joyeux à l’intention des élèves de 3ème. Réflexions regroupées ici en un bloc unique pour la nécessité de la présente chronique. Laissons donc la parole à l’auteur sur le rôle et l’importance, selon lui, du livre et de la littérature en général pour le grand public et à l’école en particulier.
Anne de Floris, agrégée d’Histoire, enseignante à la Sorbonne.

La parole à l’auteur :

Le livre, objet cultuel doublement patrimonial

Élèves de 3ème du collège de Terre-de-Haut, novembre 2017

1  – L’œuvre littéraire comme objet culturel

Saint-John Perse, poète guadeloupéen, Prix Nobel de littérature 1960 

En tant que tel, en dehors de son contenu et quel que soit celui-ci, le livre est, par nature, objet du patrimoine. C’est-à-dire que, sitôt publié, il n’appartient plus totalement à son auteur mais à la communauté dont celui-ci est originaire. Au même titre qu’une œuvre picturale, musicale, artisanale ou autre. Ces œuvres qui prennent racines au sein d’une communauté donnée enrichissent, par leur caractère culturel, le patrimoine immatériel de cette communauté, en ce sens qu’elles appartiennent à ses membres qui peuvent dès lors se l’approprier. Il arrive que lorsque leur importance est universellement reconnue, ces œuvres dépassent le cadre de la collectivité originelle restreinte pour faire partie du patrimoine de la communauté humaine en son ensemble : grandes œuvres artistiques de toute nature. (Littérature, musique, peinture, architecture etc.). Ainsi, on peut considérer que le poète guadeloupéen Saint-John Perse, bien qu’originaire d’une petite île, entre dans la catégorie des grands créateurs universels et a enrichi par son génie outre le patrimoine de la Guadeloupe, celui de toute la communauté humaine. De même que la musique de Mozart ou de Beethoven, les grandes œuvres picturales de la Renaissance italienne, la statuaire antique grecque et latine, les peintures rupestres des grottes de Lascaux… pour ne citer que ces exemples-là.

2 – Le livre en tant que support de la mémoire collective

Pour revenir à un aspect plus modeste – mais non moins essentiel – de la notion de patrimoine, celui d’une communauté restreinte comme la Guadeloupe dite continentale et ses îles, tous les écrivains guadeloupéens (pour ne parler que de littérature) l’ont enrichi par leurs talents et leurs écrits, que ceux-ci relèvent du domaine du roman, du théâtre, du conte, de l’histoire ou de la poésie… Si en plus, ces ouvrages sont des œuvres autobiographiques, évoquant des faits et gestes de notre passé en les mettant en valeur dans des situations de vie réelle, leurs auteurs auront contribué à les sortir de l’oubli, leur permettant de s’inscrire dans la mémoire collective. Sans eux, ces modes de vie d’autrefois auraient été, sans doute, définitivement perdus. Maryse Condé avec Le cœur à rire et à pleurer, Ernest Pépin avec Coulée d’or, Max Rippon et Le dernier matin, Daniel Maximin avec Tu, c’est l’enfance, entre autres auteurs connus, font partie de ces écrivains populaires dont les œuvres entrent sans conteste dans le patrimoine culturel de notre région.

Dans cette optique, mais beaucoup plus modestement que les auteurs et œuvres cités, certains de mes propres écrits, qu’on le veuille ou non, toutes proportions gardées et surtout toute vraie ou fausse prétention mise à part, entrent dans cette catégorie. Fragments d’une enfance saintoise d’abord, Les manguiers du Galion ensuite, ces deux récits autobiographiques, en s’inscrivant dans le contexte géographique et historique des années 50-60, contribuent à immortaliser, en quelque sorte, de nombreux aspects passés de la culture saintoise et guadeloupéenne. Ils entrent par conséquent, dans le patrimoine commun régional, pour peu que ce qualificatif se débarrasse de toute connotation péjorative. Les étudier en classe est le moyen le plus sûr de faire connaître aux membres de la jeune génération ce que fut notre passé et les leçons qu’on peut en tirer pour aujourd’hui. Passé vécu qui plus est par un auteur encore à leur portée par l’entremise de professeurs engagés, soutenus dans leur action de perpétuation de la mémoire par une programmation officielle appropriée.

Vue du collège de Terre-de-Bas côté jardin

3 – Pour conclure : que penser des journées dites du patrimoine ?

Les journées du patrimoine organisées annuellement sur le plan national, donc également chez nous en Guadeloupe et aux Saintes, permettent le plus souvent au public de ne visiter et découvrir que les grands monuments de la collectivité où ils sont implantés. Malheureusement d’autres aspects du patrimoine ne sont pas, à notre sens, suffisamment mis en valeur et présentés, comme si les arts (littérature, musique, peinture, sculpture…), et encore plus l’artisanat en étaient les parents pauvres et parfois pas parents du tout. Il est certes plus difficile de permettre l’appropriation d’une œuvre littéraire ou musicale en une journée que de visiter une cathédrale ou une fortification. D’où l’importance de l’école comme lieu, moyen et vecteur de cette appropriation. C’est là un des rôles primordiaux de l’Éducation nationale que mettent en œuvre les enseignants, soucieux de perpétuer ainsi, en l’élargissant, cette richesse patrimoniale que sont les livres en particulier et tous les autres arts en général.

Remerciements

Aussi, il ne me reste plus qu’à remercier Anne de Floris pour sa présentation trop aimable à mon égard, mes collègues du collège Archipel des Saintes, Madame Hélène Rossignol et Monsieur Marbœuf ainsi que leur directrice, Mme Luce Cassin, qui ont accepté d’accueillir avec gentillesse et sympathie mes ouvrages dans leur établissement. Comme le font certains professeurs de français d’autres collèges et lycées de la Guadeloupe continentale. En faisant lire et étudier ces ouvrages aux élèves, – les miens comme ceux d’autres auteurs – ces établissements contribuent à promouvoir le patrimoine littéraire de notre région tout en donnant aux jeunes générations le goût et le plaisir indicible de la lecture et de la culture. Raymond Joyeux

Classe de 6ème de Massabielle – PAP,  étudiant Fragments d’une enfance saintoise

PS : Tous les ouvrages de l’auteur (récits et poésie) sont imprimés par Speedyprint à Jarry, entreprise saintoise gérée par Sylvie Bonbon pour le compte de l’Association Les Ateliers de la Lucarne.
Les photos sont de Raymond Joyeux, sauf celles des écoliers du haut, de Saint-John Perse et des livres de M. Condé et D. Maximin.
Celles des classes sont publiées avec l’assentiment enthousiaste des intéressés.
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Voyage au cœur de l’archipel saintois (suite et fin)

« J’ai rêvé l’autre soir d’îles plus vertes que le songe… Et les navigateurs descendent au rivage en quête d’une eau bleue ; ils voient – c’est le reflux – le lit refait des sables ruisselants : la mer arborescente y laisse, s’enlisant, ces pures empreintes capillaires, comme de grandes palmes suppliciées… » Saint-John Perse – Amers.

Cette présente chronique fait suite au précédent article publié le 17 janvier dernier, selon le texte de Sauzeau de Puyberneau extrait de sa Monographie sur les Saintes, éditée à Bordeaux en 1901. Rappelons que l’auteur était à l’époque médecin militaire dans l’archipel et qu’il a fait une étude complète et minutieuse de la situation géographique, humaine et administrative de chacune des îles qui le composent. Document précieux pour l’histoire, cette monographie présente un intérêt majeur unique pour la connaissance de notre passé insulaire et, par comparaison avec la situation actuelle de notre environnement, devrait à ce titre intéresser tous les Saintois d’aujourd’hui.
Raymond Joyeux

2 – Terre-de-Bas

La Terre d’en Bas, ainsi appelée à cause de sa situation sous le vent de l’archipel, dont elle est l’unité la plus à l’Ouest, diffère essentiellement de Terre d’en Haut, non seulement par sa configuration extérieure, mais encore par sa constitution géologique. Cet îlot semble avoir été plus respecté des soulèvements et des contractions terrestres, et au lieu de débris disséminés de minéralisation volcanique, le sol présente effectivement une plus grande aptitude végétale.

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L’altitude de Terre d’en Bas envisagée dans son ensemble est supérieure à celle de Terre d’en Haut. Elle est bordée de hautes falaises qui ne s’interrompent qu’en quelques points pour former les Petites Anses, double baie très étroite qui sert de débarcadère aux habitants du bourg ; l’Anse à Dos, semblable aux précédentes ; l’Anse Pajot, assez grande mais peu profonde ; l’Anse à Chaux, en face du Pâté ; la Grande Anse, la plus large, la plus sablonneuse, très profonde, rappelant beaucoup son homonyme de Terre d’en Haut ; l‘Anse des Mûriers, la seule qui soit constamment à l’abri des mauvais temps, refuge des marins ; la Grande Baie ou Anse Fidelin, relativement calme aussi.

Une géométrie parfaite

Terre d’en Bas fait dans la mer un dessin presque hexagonal dont les angles sont représentés  par la Pointe à Vaches, la Pointe Noire, la Pointe du Fer à Cheval, la Pointe Sud et la Pointe du Gouvernail. La superficie de Terre d’en Bas dépasse celle de Terre d’en Haut car elle mesure 3.300 mètres du Nord au Sud et 3.600 mètres de l’Est à l’Ouest. Le bourg est bâti à 60 mètres environ au-dessus du niveau de la mer ; on y arrive par un chemin excessivement rapide qui naît des Petites Anses.

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Le bourg de Petites Anses aujourd’hui – Photo R. Joyeux

Terre d’est Haut est distante de Terre d’en Bas de 4650 mètres (distance rectiligne mesurée de l’Anse du Bourg de l’une à la Grande Anse de l’autre) ; mais il faut compter un trajet triple quand on veut atterrir aux Petites Anses.  Le vent et les courants sont tels que les marins eux-mêmes préfèrent à cette traversée celle du Vieux Fort, et depuis longtemps ils demandent que leur commune relève du Vieux Fort au lieu de Terre d’en Haut (perception, contributions, syndicat maritime, service de santé).

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Emblème actuel du hameau de Grande Anse – Photo R. Joyeux

Aussi à la Grande Anse, se trouve un hameau très considérable. Le trajet de la Grande Anse aux Petites Anses est très pénible et demande une heure de marche environ par un sentier composé de roches en escalier, particularité qui a fait donner à ce sentier le nom de Dégel ; il faut passer par-dessus un morne de 284 mètres d’altitude, le Morne Létang, ou Morne Paquet dont le sommet est un magnifique plateau.

3 – Îlet à Cabrits

À l’Ouest de Terre d’en Haut, cet îlet contribue à former la passe du Nord de la rade à la protection de laquelle il concourt par sa position naturelle. Trois ou quatre mornes le constituent dans sa presque totalité : le Morne Joséphine (90 mètres), le Morne Bombarde, le Morne Cabrits.

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Îlet à Cabris vu de Terre-de-Haut – Photo R. Joyeux

On y avait autrefois établi des batteries dont les feux pouvaient au besoin couvrir la rade. Sa conformation rappelle beaucoup celle de Terre d’en Haut, comme laquelle elle présente un ensemble de pointes et d’anses très gracieuses : la Pointe Bombarde, la Pointe à Cabrits, la Pointe du Sable sont les trois plus importantes et limitent trois baies larges, mais peu profondes : l’Anse du Bananier ou Anse du Vent, l’Anse à Chaux, l’Anse sous le Vent. Il mesure, abstraction faite de la superficie des hauteurs, considéré à la base seulement, 750 mètres du Nord au Sud, 1.100 mètres de l’Est à l’Ouest.

 

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L’îlet à Cabrits n’est pas habité par des particuliers ; il présente un grand intérêt, néanmoins, au point de vue administratif, car c’est là que sont établis un lazaret important et la prison centrale de la colonie. Près de l’Anse à Chaux, un petit cimetière garde fidèlement les restes des victimes de l’épidémie de choléra de 1865, de triste mémoire. Au Nord du Morne à Cabrits, à une faible distance du rivage, se dresse un rocher innommé dont la forme simule vaguement celle d’un lion.

Un rocher dont la forme simule celle d’un lion – Photo R. Joyeux

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Ruines du Fort Joséphine à l’îlet à Cabrits – Photo R. Joyeux

3- Le Grand Îlet

Situé à 1.200 mètres au Sud  de Terre d’en Haut, il est assez élevé, lui aussi, au-dessus du niveau de la mer. Il offre également plusieurs mornes dont le plus élevé a 168 mètres. Taillé en falaise du côté de la haute mer, il se perd insensiblement, du côté Nord, en une longue plage sablonneuse au milieu de laquelle est creusé un vaste étang qui ne se dessèche jamais. La forme presque triangulaire de cet îlet le rapproche un peu du précédent, sans pourtant que les pointes terminales ressemblent en rien aux angles de ce dernier : la Grosse Pointe, dans le Nord est abrupte, tandis que la Pointe Basse, comme l’indique son nom, constitue, à l’opposé, un point d’atterrissage relativement facile. En face de cette pointe, il y a une série de petits rochers aigus désignés sous le nom de Les Quilles. (1)

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Le Grand Îlet vu du Chameau – Photo R. Joyeux

Le Grand Îlet n’est plus habité aujourd’hui (nous sommes 1901) que par une seule famille qui s’occupe de l’élevage des moutons. Les terres sont la propriété de plusieurs héritiers, ce qui explique pourquoi elles ne sont pas encore mieux exploitées. Il est assez étendu en superficie : 1.200 mètres de la Pointe Basse  à la Pointe des Colibris qui est dans le Sud-Est et 900 mètres de la Pointe Basse à la Grosse Pointe.

(1) – Les Quilles ont disparu, fracassées lors des exercices à tirs réels de la Marine nationale dans les années 60, à une époque où le concept de protection de l’environnement était inconnu !  Aujourd’hui, le Grand Îlet est la propriété du Conservatoire du littoral, au même titre que l’Îlet à Cabris. (NDLR)

4 – La Coche

C’est un long rocher placé sur la même ligne de latitude que l’îlet que nous venons de voir, dont il est séparé par un bras de mer de 750 mètres, auquel on a donné l’appellation de Passe des Dames. Il est allongé à direction de N-0 – S-E ; sa pointe Nord est juste en face de de la Passe du Sud dont il est distant de 1.800 mètres. Comme le Grand Îlet, il présente une plage très sablonneuse dans le bas du versant tourné du côté de Terre d’en Haut, et se termine au contraire brusquement du côté opposé par une haute falaise ; c’est donc là qu’est la plus grande hauteur du rocher. Il est très étroit : 150 mètres dans sa plus grande largeur, sur 800 mètres de long. il est inhabité.

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La Coche et à droite l’îlet des Augustins – Photo R. Joyeux

5 – Les Augustins

Groupe de rochers à l’Ouest de la Coche qu’ils touchent presque ; un petit passage étroit et dangereux, la Passe des Souffleurs permet néanmoins d’en faire le tour. Ils n’ont rien d’intéressant.

Ilet des Augustins et sa Vierge de pierre – Photo R. Joyeux

6 – Le Pâté

Le Pâté est ce rocher plat qui émerge en face de Terre d’en Bas, à 900 mètres au N-E de la Pointe à Vaches. Il rappelle grossièrement le nom qu’il porte. L’ascension en est très difficile, et il est encore plus difficile d’échouer un canot au pied de ses falaises. Aux environs, la mer est toujours forte, et il n’est pas prudent de s’y risquer sans le conseil d’un professionnel du timon. Les naufrages ne sont pas rares en cet endroit ; il faut avoir une parfaite connaissance des vents. Le Pâté est la demeure d’oiseaux de toute sorte.

7 – La Redonde

Elle se présente presque avec la même apparence que le Pâté ; elle est plus régulière, moins nue et un peu moins élevée. 150 mètres seulement la séparent de la Terre d’en Haut, près de la Plaine.

La Redonde et les Îlets environnants – Photo Alain Joyeux

Texte : Sauzeau de Puyberneau 1901
Photos de Raymond et d’Alain Joyeux.

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Environnement : reconstitution du récif corallien à Terre-de-Haut

Le collège de Gourdeliane s’implique

Les Saintois n’ont pas manqué d’observer en novembre dernier et en ce mois de janvier 2018 la présence sur leur littoral durant plusieurs jours de jeunes garçons et filles s’affairant autour d’une étrange structure flottante qu’ils ont remorquée au large et mouillée non loin de l’îlet à Cabris. Ce n’étaient tout simplement que les élèves d’une classe de 3ème du collège de Gourdeliane à Baie-Mahault qui se sont investis depuis deux ans dans la préservation des coraux dans le cadre d’une opération intitulée Kay an nou. Cette opération qui a pour mission la sauvegarde et la reconstitution de nos récifs coralliens s’inscrit elle-même dans un projet national plus global initié par la Fondation C.GÉNIAL.

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Qu’est-ce que la Fondation C.Génial ?

Créée en 2006 par des entreprises et le soutien du Ministère de la Recherche, la Fondation C.Génial a pour mission de promouvoir les sciences et les technologies, et les métiers qui y sont associés. Elle œuvre également au rapprochement entre le monde de l’entreprise et celui de l’éducation pour faire face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Voici comment cette fondation définit elle-même sa mission et ses objectifs :

Nos objectifs sont multiples et complémentaires :

– Promouvoir les métiers scientifiques et techniques et mieux faire connaître leur intérêt et leur diversité
– Susciter des vocations scientifiques, chez les filles et chez les garçons.
– Développer des échanges entre la jeunesse et le milieu de la science et de l’entreprise.
– Impliquer ingénieurs et techniciens des entreprises dans la mise en valeur de leurs métiers.
– Illustrer l’enseignement des sciences au collège et au lycée avec des exemples d’applications en entreprise.
– Informer les jeunes sur les grands enjeux de société liés à l’avancée des sciences et des technologies.
Grâce à l’engagement des professionnels du monde de l’enseignement et de l’entreprise, nous mettons en place plusieurs actions phares :

Nos valeurs

ENGAGEMENT dans des actions à vocation sociétale. Cet engagement sociétal est teinté de pragmatisme car nous nous investissons pleinement chaque jour pour mener à bien notre mission.
GÉNÉROSITÉ qui est notre leitmotiv. Cette générosité s’exprime à la fois par le temps consacré à nos actions, le bénévolat et par les contributions financières qui nous sont essentielles afin d’accroître notre développement.
ENTHOUSIASME pour aider les jeunes à comprendre le monde d’aujourd’hui et de demain en leur donnant le goût des sciences et des technologies. C’est par cet enthousiasme communicatif que nous assurons la pérennisation de nos actions.
OUVERTURE sur le monde scientifique et technique qui se traduit par une transmission de compétences et de savoir-faire envers les jeunes et leurs enseignants.

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Un partenariat fort avec l’Éducation nationale

L’ensemble des actions de la Fondation se fait en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale. Une convention-cadre a été signée en 2011 et a été renouvelée en 2014, puis en 2017 afin de développer nos actions au sein de l’Éducation nationale. Cette étroite collaboration se traduit notamment par un travail actif entre la Fondation et le dispositif ministériel « Sciences à l’école ».

Remorquage à l’Îlet à Cabris – Photo Raymond Joyeux – novembre 2017

Concours

images-1«Sciences à l’École» et la Fondation C.Génial pilotent et organisent le « concours C.Génial », concours scientifique national pour les collégiens et les lycéens. Le « concours C.Génial », qui se décline en « C.Génial-collège » et « C.Génial-lycée », est destiné à promouvoir les sciences et s’adresse aux élèves de collèges et lycées.
Il s’agit pour les élèves participants de présenter un projet scientifique conduit en équipe. Après une première étape de sélection, toutes les équipes finalistes se retrouvent pour la finale nationale. Pour la session 2018, la finale aura lieu à Toulouse, à la Cité de l’Espace.

Objectifs

Le « concours C.Génial » invite les collégiens et les lycéens à présenter en équipe un projet innovant. Est attendue une démarche de projet scientifique interdisciplinaire (mathématiques,  physique, chimie, sciences de la vie et de la Terre, technologie…) et associant si possible l’enseignement professionnel et les enseignements généraux dans le cas des projets présentés par des équipes de lycées professionnels.

Le Collège de Gourdeliane :
vainqueur académique du concours C.Génial

Pour la troisième fois le collège de Gourdeliane a remporté le 1er prix de la finale académique de ce concours scientifique. « Cette année nous avons présenté un projet innovant intitulé « KAY AN NOU ». Il s’agit là de proposer une réponse au problème du blanchissement des coraux. Après avoir réalisé des recherches, des expériences, et fabriqué des maquettes et prototypes en classe, ce dispositif artificiel a été implanté par les 27 élèves de la 3ème D à l’Îlet à Cabrit aux Saintes au mois de janvier. Un reportage de Guadeloupe 1ère a d’ailleurs couvert l’événement. Vous pourrez, si vous le désirez, observer à l’Îlet à Cabrit les structures immergées repérables par la bouée en surface ainsi que le panneau d’information fixé sur l’Îlet ». (Dossier de presse Collège de Gourdeliane)

HELP pour l’exposition internationale de Sciences au Luxembourg

Suite à leur premier prix au concours national de Sciences C.Génial, les élèves du Collège de Gourdeliane seront les seuls représentants de la France à l’exposition internationale de Sciences qui se déroulera au Luxembourg fin mars 2018. Malheureusement seuls 3 élèves et un professeur sont pris en charge par les organisateurs pour la finale nationale à Paris qui aura lieu du 18 au 20 mai 2018. Pour qu’un maximum d’élèves de cette classe qui se sont impliqués dans ce projet puissent partir à Paris soutenir leurs camarades, comme c’est le cas pour les élèves des autres académies de l’Hexagone, 6000 € sont nécessaires. Aussi les responsables du projet KAY AN NOU lancent un appel aux dons afin de récolter les fonds nécessaires. Si vous souhaitez y participer, cliquez sur le lien ci-dessous. Par votre obole, vous aurez contribué à soutenir et encourager ces élèves pour leur implication méritoire dans la sauvegarde de notre environnement. (Site Collège de Gourdeliane)

https://www.leetchi.com/c/projets-de-fse-gourdeliane􏰊􏰖􏰇􏰢􏰩􏰉􏰑􏰒􏰞􏰇􏰖􏰂􏰇􏰅􏰆􏰇􏰝􏰘􏰗􏰝􏰗􏰢􏰆􏰘􏰇􏰟􏰦􏰆􏰇􏰘􏰀􏰝􏰗􏰦􏰢􏰆􏰇􏰉􏰟􏰇􏰝􏰘􏰗􏰃􏰖􏰌􏰓􏰆􏰇􏰅􏰟􏰇􏰃􏰖􏰉􏰦􏰎􏰔􏰒􏰢􏰢􏰆􏰓􏰆􏰦􏰞􏰇􏰅􏰆􏰢􏰇􏰎􏰗􏰘􏰉􏰟􏰠􏰪􏰇􏰁􏰝􏰘􏰌􏰢􏰇􏰉􏰚􏰗􏰒􏰘􏰇 􏰟􏰔􏰎􏰗􏰓􏰚􏰔􏰇􏰀􏰐􏰚􏰇􏰟􏰐􏰌􏰖􏰐􏰟􏰌􏰖􏰐􏰚􏰡􏰇􏰀􏰐􏰚􏰇􏰐􏰤􏰢􏰔􏰟􏰓􏰐􏰜􏰌􏰐􏰚􏰡􏰇􏰐􏰠􏰇􏰒􏰎􏰆􏰟􏰓􏰞􏰙􏰔􏰇􏰀􏰐􏰚􏰇􏰝􏰎􏰞􏰙􏰐􏰠􏰠􏰐􏰚􏰇􏰐􏰠􏰇􏰢􏰟􏰘􏰠􏰘􏰠􏰫􏰢􏰐􏰚􏰇􏰐􏰜􏰇􏰌􏰗􏰎􏰚􏰚􏰐􏰡􏰇􏰌􏰐􏰇 􏰀􏰓􏰚􏰢􏰘􏰚􏰓􏰠􏰓􏰒􏰇􏰎􏰟􏰠􏰓􏰒􏰓􏰌􏰓􏰐􏰗􏰇􏰎􏰇􏰔􏰠􏰔􏰇􏰓􏰝􏰢􏰗􏰎􏰜􏰠􏰔􏰇􏰢􏰎􏰟􏰇􏰗􏰐􏰚􏰇􏰬􏰭􏰇􏰔􏰗􏰑􏰛􏰐􏰚􏰇􏰀􏰐􏰇􏰗􏰎􏰇􏰮􏰑􏰝􏰐􏰇􏰍􏰇􏰂􏰇􏰖􏰩􏰒􏰖􏰆􏰞􏰇􏰂􏰇􏰄􏰉􏰃􏰘􏰒􏰞􏰇􏰉􏰟􏰠􏰇􏰋􏰉􏰒􏰦􏰞􏰆􏰢􏰇􏰉􏰟􏰇 􏰝􏰘􏰓􏰚􏰇􏰀􏰐􏰇􏰦􏰎􏰜􏰛􏰓􏰐􏰟􏰥􏰇􏰂􏰜􏰇􏰟􏰐􏰢􏰘􏰟􏰠􏰎􏰕􏰐􏰇􏰀􏰐􏰇􏰍􏰙􏰎􏰀􏰐􏰗􏰘􏰙􏰢􏰐􏰇􏰣􏰑􏰟􏰐􏰇􏰉􏰇􏰅􏰩􏰉􏰒􏰖􏰖􏰆􏰟􏰘􏰢􏰇􏰎􏰗􏰟􏰚􏰆􏰘􏰞􏰇􏰖􏰩􏰀􏰚􏰌􏰦􏰆􏰓􏰆􏰦􏰞􏰪􏰇 􏰏􏰗􏰟􏰢􏰇􏰝􏰗􏰟􏰘􏰘􏰆􏰙􏰇􏰢􏰒􏰇􏰚􏰗􏰟􏰢􏰇􏰖􏰆􏰇􏰅􏰀􏰢􏰒􏰘􏰆􏰙􏰇􏰗􏰃􏰢􏰆􏰘􏰚􏰆􏰘􏰇􏰂􏰇􏰖􏰩􏰒􏰖􏰆􏰞􏰇􏰂􏰇􏰄􏰉􏰃􏰘􏰒􏰞􏰇􏰖􏰆􏰢􏰇􏰢􏰞􏰘􏰟􏰎􏰞􏰟􏰘􏰆􏰢􏰇􏰒􏰓􏰓􏰆􏰘􏰑􏰀􏰆􏰢􏰇􏰘􏰆􏰝􏰀􏰘􏰉􏰃􏰖􏰆􏰢􏰇􏰝􏰉􏰘􏰇

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Panneau d’information sur le projet à Terre-de-Haut – Photo R.Joyeux

Rectificatif

Les responsables du projet KAY AN NOU du collège de Gourdeliane m’ont apporté les précisions suivantes concernant cette opération que je m’empresse de vous communiquer avec toutes mes excuses pour les erreurs contenues dans la chronique initiale :

1 – Ce n’est pas la Fondation CGénial qui a initié le projet concerné, mais les enseignants avec les élèves et ce n’est qu’après que nous avons présenté notre projet au concours Génial académique.
2 – L’exposition au Luxembourg se fait les 23 et 24 mars, aussi nous partons le mercredi 21 mars.
Merci de prendre note de ce rectificatif
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Raymond Joyeux

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