Un livret sur la Mangrove réalisé par une classe de CM2 de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe

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Le thème de cette année 2018/2019 à l’Externat Saint Joseph de Cluny à Pointe-à-Pitre dans la classe de CM2 de Madame GRUEL est : LA MANGROVE. Dans le cadre du programme Cayoli Junior, nous avons travaillé tout au long de l’année avec Léna Jardin du port pour mieux comprendre la mangrove, et afin de garder un souvenir de ces expériences, un livre a été réalisé par la classe. Nous vous invitons à le découvrir :

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Mangrove et racines de palétuvier – Photo tirée du livret

Nous remercions Mme Patricia Gruel, professeur des écoles à l’externat Saint Joseph de Cluny de Pointe-à-Pitre, ainsi que ses élèves de CM2, de nous avoir autorisé à publier ce magnifique et précieux travail sur la mangrove et ses habitants.
Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez  consulter l’ouvrage Faune des Antilles,  J-F Maillard, Édition Roger Leguen, 2008, ou vous rendre sur le site du Parc National de la Guadeloupe en cliquant sur le lien : Parc national de la Guadeloupe

Réalisation, texte et dessins sont des élèves de Mme Gruel
avec la participation de Léna Jardin du Port autonome de la Guadeloupe :

Je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes vacances et vous propose de nous retrouver bientôt pour d’autres chroniques en vous remerciant pour votre intérêt et votre amicale fidélité.

Raymond Joyeux

 

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Les Saintes en basse saison au jour le jour…

Une fréquentation touristique réduite…

Chaque année, début juin, nous entrons aux Saintes en période de basse saison pour une durée d’un à quatre mois, selon le type de commerce et de prestation. Réalité paradoxale puisqu’on pourrait croire qu’à l’approche des grandes vacances l’afflux touristique serait au contraire en augmentation avec un pic au 15 août, date de la fête patronale de Terre-de-Haut, réputée drainer un nombre non négligeable de visiteurs. Mais si certaines compagnies maritimes ont réduit leurs horaires au premier de ce mois jusqu’au 14 juillet, que les restaurateurs profitent pour donner congé à leur personnel ou rénover leur enseigne, que le marché aux légumes a fermé temporairement ses étals et que les habituelles marchandes de tourments d’amour font reposer leur four, c’est qu’à la base, ils ont noté avec l’expérience une baisse réelle de la fréquentation. Et c’st vrai. Cependant…

Des classes entières en sortie « pédagogique »…

Observons toutefois que le mois de juin est généralement propice aux sorties scolaires et que c’est quasiment tous les jours que défilent dans nos rues, en dépit d’une circulation routière toujours aussi intense, des classes entières venues de la proche Guadeloupe et qu’attirent les charmes reconnus de notre petit archipel : visite incontournable du Fort Napoléon et du bourg, baignade tranquille et sans danger sous la vigilante conduite du maître-nageur (ou nageuse…), repas sur la plage tiré du sac, à l’ombre des raisiniers ou des chapiteaux dressés à cet effet par la commune, en fonction des demandes des écoles…. Heureuse initiative soit dit en passant à mettre à l’actif de la municipalité et qu’apprécient les jeunes élèves et leurs accompagnateurs et accompagnatrices, ravis de trouver un peu de fraîcheur et d’échapper ainsi aux ardeurs irrépressibles de l’implacable Phébus ! (ou si l’on préfère de Râ, l’Égyptien)…
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Quid des toilettes publiques et des distributeurs de billets ?..

Si rechercher l’ombre bienfaisante à tout prix pour la pause de midi est une nécessité à cette période de l’année où le soleil est au plus fort de ses feux, (nous sommes au solstice d’été), trouver ouvertes les toilettes dites publiques est par contre plus qu’une gageure. C’est ainsi que la cinquantaine d’élèves de CM2 venus s’ébattre sur la plage du Fond Curé, le lundi 17 juin, a dû attendre que l’on téléphone à la mairie pour faire ouvrir tardivement ces fameuses toilettes, cadenassées de façon incompréhensible à double tour en pleine journée. Pour une commune qui se veut touristique, ce détail qui n’en est pas un, est rédhibitoire! Réponse très aimable et gênée de l’employée de la mairie : « les groupes doivent prévenir de leur arrivée pour obtenir l’ouverture des toilettes… » Étrange conception, en vérité, d’un service public essentiel à notre époque. Service public dont Vespasien avait compris la nécessité et qu’il avait mis en œuvre à Rome au 8ème siècle de notre ère ! Un point positif cependant, l’utilisation ici est gratuite, ce qui explique peut-être cela, mais quand même !

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Quant aux distributeurs de billets, les deux appareils autrefois opérationnels, respectivement du débarcadère et de la mairie, ont déserté les lieux et c’est à la poste qu’il faut désormais se rendre pour retirer de l’argent, aux jours et heures d’ouverture, bien entendu. Et pour cause, le distributeur est à l’intérieur du bureau, en attendant, semble-t-il, une prochaine installation à l’extérieur. Les plus optimistes tablent sans sourciller sur la légendaire rapidité de l’administration ! Mais en attendant, ce sont les visiteurs du dimanche et des jours fériés qui se retrouvent parfois en panne de liquidité, ce qui est, concédons-le, comme pour les WC publics impraticables, un parfait atout « touristique » pour notre île… Copie donc doublement à revoir pour nos responsables, en ces temps d’examens en tous genres !

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Mardi 18 juin, une matinée bien remplie… en récompenses

Faute de célébrer en fanfare et défilé le 79 ème anniversaire de l’Appel du Général De Gaulle, c’est au Collège Archipel des Saintes qu’a eu lieu une belle et sympathique cérémonie de remise de récompenses à deux élèves des classes de 3ème de nos deux îles respectives par la Compagnie de Transport Maritime Déher. Les heureux lauréats sont Dabriou Kency de Terre-de-Haut et Brudey Maël de Terre-de-Bas, récompensés pour leur travail et leur conduite exemplaire depuis la 6ème. Ces deux élèves qui comptent poursuivre leur scolarité en seconde sur le continent et que pour notre part nous félicitons très chaleureusement, reçurent chacun un ordinateur portable et la gratuité de transport sur la CTM Déher, entre les Saintes et la Guadeloupe pour la totalité de la prochaine année scolaire. On peut lire le compte rendu de cette remise de récompenses sur le site facebook de la CTM Déher, pionnière en matière d’action sociale et initiatrice de cette  manifestation, dont c’était la seconde édition :  lien Facebook : CTM Déher 

Les deux lauréats entourés de leurs parents, de Raoul Déher et de quelques invités. Photo CTM Déher

Fête- et faites – de la Musique

Ce vendredi 21 Juin 2019, c’est par un défilé aux flambeaux en blanc, au son magique et rythmé du Ka, que nos musiciens amateurs ont célébré le premier jour de l’été et la traditionnelle fête de la musique. Créée en 1982 par le Ministre français de la Culture, Jack Lang, cette manifestation est devenue depuis un événement mondial célébré à la même date sur pratiquement tous les continents ! Remercions et félicitons organisateurs et participants de Terre-de-Haut pour cet « heureux événement » qui s’inscrit depuis quelques années, pour le bonheur de tous, dans une joyeuse et harmonieuse continuité. Les prestations prévues sur la place du débarcadère, comme indiqué sur l’affiche, ont eu lieu finalement sur la place de l’ancien marché du Fond Curé, par respect pour un décès récent survenu à proximité du débarcadère.

 

Hormis celle de la CTM Déher de la remise des prix, les photos sont de Raymond Joyeux

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Tri sélectif, ou comment une belle initiative risque de dégénérer en cauchemar !

Des déchets par-dessus la tête …

Existe-t-il de par le vaste monde une collectivité insulaire aussi petite et fragile que Terre-de-Haut (600 hectares, 1800 habitants), qui génère autant de déchets ? La question reste posée et les municipalités successives y sont confrontées de manière récurrente… depuis celle de Georges Azincourt qui, entre 1958 et 62, fut la première à instaurer aux Saintes un service communal de ramassage des poubelles. Certes, à l’époque – il y a 60 ans – ce ramassage se faisait, faute de mieux, par canot à rames avec rejet des déchets à la mer, mais c’était au temps où plastique et autres encombrants métalliques et électroniques n’étaient pas à la mode, et où le verre était consigné…

Amas de tout venant à la déchetterie de la Colline à Terre-de-Haut  – Ph. R.Joyeux

Un bien pour un mal ?..

Depuis peu, pour apporter sa contribution citoyenne à la résolution de cet épineux problème, et soulager par la même occasion la municipalité et le service public de voirie, l’Association ALISÉS s’est investie, à partir des nombreuses palettes qui jonchent le site de la déchetterie, dans la réalisation d’une série de petits conteneurs en bois, respectivement peints en jaune et vert et destinés au tri sélectif. L’initiative qui, à l’ère de l’individualisme forcené, mérite d’être signalée, ne semble pourtant pas, malheureusement, se révéler très efficace… pour le moment  !

Des conteneurs esthétiques et fonctionnels – Photo Alisés

En effet, outre le manque de civisme de certains qui profitent pour y déposer carrément et sans honte chaque jour, leurs sachets d’ordures ménagères non triées, c’est au niveau de la régularité du ramassage que le bât blesse. Entre la commune et la CASBT (Communauté d’Agglomérations du Sud Basse-Terre), personne ne sait exactement qui est responsable de la collecte et du traitement des déchets déposés dans ces petits conteneurs. Si bien que, n’étant pas pour la plupart régulièrement vidés, alors qu’il n’y avait autrefois aucune ordure qui traînait aux endroits où ils sont installés, ce sont maintenant des amas de bouteilles en plastique, de canettes et autres résidus de consommation courante qui ornent le sol au pied de ces conteneurs le plus souvent archi bondés.

Conteneur de tri, non destiné aux déchets organiques ménagers . Ph. R. Joyeux

Éparpillement de déchets inexistant avant l’installation des poubelles -Ph. R.Joyeux

Des conteneurs trop souvent bondés – Photo R.Joyeux

À proximité du plateau sportif – Ph. R. Joyeux

Incivilité et souci du bien commun

Notre propos n’est pas de distribuer, comme à l’école d’autrefois, bons points et bonnets d’âne. Mais il faut reconnaître qu’à Terre-de-Haut, alors que certains, bénévoles isolés ou au sein d’associations, s’évertuent à améliorer notre cadre de vie et à protéger notre belle nature, d’autres, indisciplinés et incivils, s’acharnent au contraire à les saccager. Et s’il ne faut pas accabler la municipalité qui, dans la mesure de ses possibilités financières, techniques et humaines, met tout en œuvre pour nous rendre la vie meilleure et apporter à son échelle sa pierre à la protection et la sauvegarde d’une planète déjà bien malmenée, reconnaissons que les instances communautaires dont nous dépendons ne sont pas en ce domaine totalement exemptes de critiques.

Un affichage sans ambiguité.

Si nous étions toutes et tous un peu plus responsables, davantage soucieux de notre environnement et du bien commun, et que chacun en ce qui le concerne faisait régulièrement et consciencieusement son travail, nos amis des ALISÉS, que nous félicitons au passage, ne verraient pas leur initiative sur le point de dégénérer en cauchemar… Et notre exceptionnel environnement serait mieux apprécié, à l’image de ce magnifique crabier prêt à prendre son envol…

Élégant crabier des Saintes en posture d’envol – Photo de l’auteur, 31 mai 2019

Terre-de-Haut, 1er juin 2019 – Raymond Joyeux

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Patrimoine : batteries et fortifications du littoral saintois

Un document patrimonial indispensable

Littoral-GuadeloupeDans un somptueux ouvrage, abondamment illustré, publié en décembre 2018, les Éditions HC ont répertorié, avec le concours, du Conservatoire du Littoral, l’ensemble des fortifications qui jalonnent les côtes de Guadeloupe, allant d’Anse-Bertrand à Vieux-Habitants, en passant par la Désirade et naturellement les Saintes, Terre-de-Bas et Terre-de-Haut. Remarquable travail pour la découverte et la connaissance de notre patrimoine, cet ouvrage n’intéressera pas seulement les amateurs passionnés d’histoire militaire, mais aussi toute personne désireuse de s’approprier l’histoire tout court de notre archipel à travers son passé particulièrement riche en événements et monuments souvent miliaires qui ont façonné son visage d’aujourd’hui. Pour vous donner un avant-goût du contenu de ce livre, voici, concernant les Saintes, l’historique succincte des fortifications qui nous sont familières mais dont nous connaissons sans doute très mal quand et pourquoi elles ont été édifiées sur nos côtes.

Terre-de-Bas 

Batterie du Fer-à-Cheval.

Très discrète, le plus souvent enfouie sous une abondante végétation, donc peu visible immédiatement, cette batterie surplombe d’une quinzaine de mètres l’entrée du port de l’Anse des Mûriers et était équipée à l’origine de deux canons. Érigée en pierres de taille probablement à la fin du 18ème siècle, à l’aplomb du site dit du Fer-à-Chevalelle était destinée à protéger l’île d’éventuelles intrusions de navires britanniques ennemis arrivant des îlots voisins de la Coche et des Augustins. Les ruines d’une poudrière de construction plus récente sont visibles en retrait de la plateforme. Il semblerait qu’en face, sur l’autre morne délimitant l’entrée du port, une autre batterie ait existé, renforçant ainsi le dispositif défensif du secteur. Sauf erreur, il n’en reste malheureusement aucune trace.

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Emplacement de la batterie du Fer-à-Cheval – Photo Raymond Joyeux

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Ilots de la Coche et des Augustins, avec la Dominique en arrière-plan, en ligne de mire des canons de la batterie- Ph. R.Joyeux

Terre-de-Haut

Batterie du Bois-Joli

Morne ou Anse à Cointre, Bois-Joli, Anse-Mire, Morel, La Rabès, Coquelet, Pavillon… beaucoup ne le savent pas, surtout parmi les plus jeunes, le nom des lieux-dits qui nous sont familiers provient pour la plupart de personnalités militaires ou civiles influentes ayant habité notre archipel au début de sa colonisation et au cours des nombreux conflits militaires qui émaillèrent son histoire. Ainsi, patronyme du premier propriétaire des lieux, Mathieu Boisjoly, ce nom n’est pas d’abord l’enseigne d’un hôtel célèbre de Terre-de-Haut, mais celui de la pointe ouest de notre île où domine une batterie presqu’intacte : la batterie dite de Bois-Joli. Édifiée au début du XIXè siècle pour répondre aux risques d’un nouveau conflit avec l’Angleterre, qui finalement n’a jamais eu lieu puisque les Anglais abandonnèrent toute ambition de conquête territoriale dans le secteur à partir de 1816, cette fortification est accessible soit directement par l’hôtel, soit par le sentier qui sépare le Morne à Cointre du Chameau. Un portail métallique s’ouvre sur un tracé balisé par un chemin de croix qui aboutit à la plateforme de tir et à une poudrière transformée en chapelle décorée, parfaitement entretenue. À condition d’être bien chaussé, la balade vaut le détour, pas seulement pour l’intérêt de découvrir un dispositif militaire en excellent état de conservation, mais aussi pour le plaisir de jouir d’une vue imprenable sur les îles du Grand-Îlet, Terre-de-Bas, l’Îlet à Cabris, le Pain de Sucre et toute la partie occidentale de la baie des Saintes… Reste à connaître les circonstances qui ont permis l’implantation au  XXème siècle d’une croix monumentale en béton, en plein milieu de la plateforme, transformant étrangement un site militaire voué à la guerre en lieu de pèlerinage pacifique et religieux, propice à la méditation…

Grande Croix de Dozulé visible de loin – Ph. R. Joyeux

Élément de la plateforme de la batterie dominant la Baie des Saintes – Ph R. Joyeux

Intérieur de la poudrière reconvertie en oratoire dédié au Sacré-Cœur – Ph. R.Joyeux

Batterie du Morne Morel

Exactement à l’opposé de celle de Bois-Joli, la batterie du Morne Morel, plus connue sous l’appellation de Fort Caroline, du nom du personnage féminin de l’hypothétique histoire d’amour que cette énigmatique créole aurait vécue sur les lieux avec la Chevalier Paulin de La Poix de Fréminville en 1822, (voir à ce sujet notre chronique du 10 avril 2014 en cliquant sur le lien en fin de paragraphe *). Davantage qu’une simple batterie, le Morne Morel, dominant la baie de Pompierre, a connu dès le XVIIIè siècle une succession d’ouvrages militaires destinés à la défense de la baie des Saintes. L’actuelle plateforme protégée de son parapet date de 1780. Selon les rédacteurs de notre livre de référence, page 107 : « Les vestiges visibles aujourd’hui sur le Morne Morel correspondent à ceux d’une redoute militaire (…) regroupant ainsi un magasin à poudre aujourd’hui en ruine, accompagné de batteries dallées en pierre et entourées par des parapets maçonnés Au sol, des dallages en arc de cercle permettent de témoigner de la présence originelle de canons et des fenêtres défensives qu’ils couvraient. »  « Ces ouvrages ont été détruits entre 1809 et 1811, lors de l’occupation anglaise de l’archipel  » est-il précisé à la page 106.
* https://raymondjoyeux.com/2014/04/10/amour-tragique-aux-saintes-en-1822/

Plateforme dallée et parapet en pierres maçonnées – Ph. R. Joyeux

Magasin de poudre en ruine – Ph. R. Joyeux

Îlet à Cabris 

Vestiges militaires 

Pour protéger la baie des Saintes des forces maritimes anglaises, en plus des batteries  et redoutes installées sur l’île de Terre-de-Haut, l’Îlet à Cabris fut dès le XVIIIè siècle un point stratégique progressivement fortifié. Une première construction, baptisée d’abord Fort la Reine, puis Fort Joséphine, et composée de plusieurs bâtiments en pierre volcanique est édifiée en 1779 sur les hauteurs de la Pointe-Sable. Parallèlement à cette construction principale, cinq autres batteries voient le jour en 1840, parmi lesquelles celles de la Pointe Bombarde, Cabri et Anse à Chaux.

Ruines des fortifications militaires à l’îlet à Cabris – Ph R. Joyeux -2012

Pignon encore debout en 2012, mais démoli par l’ouragan Maria en 2017 – Ph R.Joyeux

Pénitencier et lazaret

En 1851, profitant de la fin des conflits entre la France et l’Angleterre, l’ensemble des constructions militaires est transformé en pénitencier pour recevoir les condamnés au bagne de Cayenne avant leur transfert aux Îles du Salut. Vingt ans plus tard, en 1871, coexistant avec le pénitencier, c’est au tour d’un lazaret de quarantaine d’être installé sur l’Îlet, à l’écart des bâtiments de la prison. Construit en bois sur des fondations de pierre, ce lazaret était destiné à la mise en quarantaine des engagés volontaires venus principalement de Pondichery pour remplacer les anciens esclaves des plantations après l’abolition de 1848. Endommagé par un incendie en 1889, il n’a jamais été reconstruit. L’ensemble des activités de l’îlet à Cabris dont il ne reste que des ruines, prennent définitivement fin en 1902.

Ruines du pénitencier en 2012 – Photo Raymond Joyeux

Conclusion

Si une réhabilitation même partielle semble actuellement difficilement réalisable, il est dommage, de notre point de vue, que toute cette richesse patrimoniale de l’archipel des Saintes reste insuffisamment mise en valeur. L’intérêt de l’ouvrage que nous avons cité, et de cette modeste chronique, est de nous sensibiliser au moins à son existence… En attendant que des passionnés d’histoire locale, encouragés par le Conservatoire du Littoral et les instances communales ou régionales, se mettent à l’œuvre en prenant en charge ne serait-ce qu’un entretien minimal des lieux et leur balisage, ce qui serait non seulement un atout touristique et pédagogique non négligeable, mais un moyen efficace de faire connaître notre histoire à nos compatriotes, jeunes et moins jeunes, et à nos nombreux visiteurs…

Terre-de-Haut vue à travers les vestiges de l’Îlet à Cabris Photo R. Joyeux

Ps : Pour éviter les longueurs, nous avons volontairement omis de mentionner la batterie de la Tête Rouge, abondamment décrite et illustrée dans l’ouvrage mentionné.
Signalons que la plupart des informations qui ont nourri cette chronique sont tirées de diverses sources, en particulier justement de l’ouvrage publié aux Éditions HC, intitulé Littoral de Guadeloupe, (entre nature et patrimoine), présenté en début de page et vendu dans toutes les bonnes libraires pour la modique somme de 18, 50 euros.
Les photos et la rédaction du présent texte sont de Raymond Joyeux.

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Bonne fête des mères !….

Hommage à nos mères

Ô l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie !
Pain merveilleux qu’un Dieu partage et multiplie,
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier !
Victor Hugo

Chères mamans de Terre-de-Haut, et d’ailleurs,

En ce jour de fête qui vous est consacré, il nous apparaît important, et je dirais même, indispensable, de venir honorer avec nos modestes moyens ce que vous représentez à nos yeux. Bien plus, ce que vous êtes réellement : les piliers vivants de notre communauté, sa clé de voûte, sa pierre angulaire. Votre rôle dans la société des hommes, ici comme ailleurs, n’est plus ni à définir ni à préciser. Vous êtes non seulement l’origine du monde mais sa mémoire vive et son avenir.

L’origine du monde parce que sans vous l’humanité ne pourrait ni exister ni se perpétuer. La mémoire et l’avenir du monde parce que sans vous toute conscience s’arrêterait et l’homme n’aurait plus qu’à attendre tristement le tarissement et l’extinction de sa race. Mais en plus de ce destin divin de créatrice de vie et de propagatrice de l’espèce, vous symbolisez à la fois pour nous ce qu’il y a de plus fragile et de plus solide.   85422704d5db83710b44XXL

De plus fragile parce que votre cœur de mère, fait pour supporter toutes les joies et toutes les douleurs, pourrait à tout instant se briser comme le plus fin cristal lorsque l’un des vôtres est en danger. Fragile parce que votre âme, soumise à toutes les tensions, tiraillée entre la tendresse infinie et l’inquiétude permanente, pourrait à tout instant éclater lorsque l’un des vôtres : enfants, mari, compagnon ou proche lignée, s’égare dans les méandres de la séparation, de la maladie ou de la disparition…

Mais en même temps, votre solidité, votre résistance instinctive à toutes les épreuves sont la garantie naturelle de l’équilibre et de la survie familiale et sociale.Vous êtes celles sur qui à tout instant l’on peut compter. Celles sur qui on peut s’établir au milieu des tempêtes de la vie, dans la confiance la plus absolue et l’amour partagé.

Vous êtes celles à qui on peut se livrer sans pudeur, se confier sans réticence car vous êtes plus que n’importe qui, avec vos bras toujours ouverts, amour, bienveillance et pardon. Vous êtes dans votre condition maternelle, l’indispensable sève de l’enfant qui naît, l’indispensable soutien de l’enfant qui grandit, l’indispensable refuge de l’enfant qui revient…

images - copieDans toute votre existence de mères attentives, votre souci premier, souvent invisible aux yeux, mais pourtant bien réel et constant, c’est le bonheur toujours plus grand des vôtres, c’est l’amour toujours à dispenser, c’est la tendresse toujours à prodiguer…

Quel est le plus grand malheur pour une mère sinon de perdre son enfant bien aimé ? Quel est le plus grand malheur pour un enfant, même devenu adulte, sinon de perdre ou de renier sa mère ?

Joie de la maternité. Bonheur ineffable face au petit être qui se développe et progresse. Satisfaction toujours plus grande face à la réussite et aux exploits de celle ou de celui qui restera toujours votre fils ou votre fille. Mais soucis constants face aux incertitudes inévitables de la vie : santé, études, mariage, séparation et pourquoi pas, nouvel enfantement ! En vous se résument et se marient les sentiments les plus contradictoires et les plus violents de la nature humaine, liés au parcours souvent chaotique de l’existence…

Mais un jour vous voilà grand-mères. Vous voilà arrière-grand-mères. Votre sang, votre cœur, votre amour ont porté leurs fruits. Et si votre corps a un peu vieilli, si vos jambes sont fatiguées et vos cheveux d’argent, si vos yeux ont faibli et vos pas hésitants perdu leur assurance, vos sentiments, eux, n’ont pas changé. C’est toujours le même amour, toujours le même bonheur mais aussi la même inquiétude que vous éprouvez face à la chair de votre chair. Mais, assurées désormais d’affronter l’éternité, malgré les mésaventures de l’âge, malgré parfois un brin d’injuste solitude, la sérénité de l’esprit est devenue, le plus souvent, heureusement, votre compagne habituelle.            4b1987e6

Car avec vous tout s’est accompli. Votre condition de mères s’est inscrite dans l’histoire et au-delà du temps. Le destin est en marche : donatrices de vie et d’amour, vous avez scellé la pierre blanche d’une nouvelle humanité. Comment alors ne pas vous exprimer en retour notre gratitude ? Comment ne pas vous témoigner, par-delà toutes nos mesquineries, par-delà toutes nos faiblesses, notre reconnaissance filiale et notre affection sans bornes ?

C’est pourquoi, chères mamans, chères grand-mères et arrière-grand-mères, au nom de toute notre communauté dont vous avez été et êtes encore le levain et pour qui vous restez non seulement un exemple de vitalité mais un symbole d’espérance renouvelée et de germination future, en levant tout à l’heure nos verres en votre honneur, en vous offrant la rose de l’espoir, je voudrais rendre hommage à vos vertus de courage, de patience, de compréhension, de force et de persévérance, et vous souhaiter du fond du cœur et le plus sincèrement, une très belle et très heureuse fête des mères.

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Discours prononcé à Terre-de-Haut, le dimanche 27 mai 2001 à la Salle Paul-Émile.

R.J.

 

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Histoire locale : le jour où Terre-de-Bas devint autonome

Une pétition et deux années d’attente…

Nous le savons tous maintenant, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas ont longtemps formé une seule et même collectivité dénommée Commune des Saintes. Le conseil municipal unique dont les assemblées se tenaient à la mairie de Terre-de-Haut, était alors constitué de 16 membres, également répartis, puisque huit sièges étaient dévolus à chacune des deux îles. C’est d’abord face aux difficultés rencontrées pour se rendre à ces réunions, le plus souvent en soirée, que les conseillers municipaux de Terre-de-Bas, soutenus par une pétition de la population, sollicitèrent en novembre 1880 l’érection de leur île en commune autonome de plein droit, séparée de Terre-de-Haut. Cette demande était d’autant plus justifiée qu’en période de mauvais temps ces conseillers se trouvaient le plus souvent en minorité face à ceux de Terre-de-Haut alors qu’ils représentaient à l‘époque un nombre plus important d’habitants. Mais l’époque étant ce qu’elle était et les lenteurs administratives encore plus pénalisantes qu’aujourd’hui, il leur a fallu attendre deux ans pour obtenir gain de cause, puisque c’est par un décret du Président de la République Jules Grévy, en date du 9 août 1882, que Terre-de-Bas fut enfin érigée en commune autonome.

Fac-similé intégral de l’original de la pétition

 Page 1/4

Page 2

 Texte retranscrit de cette pétition :

Page  3 : premières signatures autographes de la pétition

4ème et dernière page des signatures de la pétition

Décret érigeant Terre-de-Bas en commune autonome
et attribution des ilots aux deux localités

Mémorial de Terre-de-Bas – Photo Raymond Joyeux

Premier conseil municipal de Terre-de-Bas élu en octobre 1882
et liste des maires de cette commune depuis cette date

Jean-Pierre Lognos, dernier maire des Saintes

Voir sa biographie sur le lien suivant :

https://raymondjoyeux.com/2013/10/17/jean-pierre-lognos-loublie-de-lhistoire-des-saintes/

Le square de la mémoire

Mémorial de Terre-de-Bas, inauguré  le 6 août 2017 – Ph. R. Joyeux

Ainsi, après plus de deux siècles de cohabitation mouvementée, nos deux îles de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, quoiqu’unies encore aujourd’hui sous le drapeau du canton des Saintes, poursuivent séparément leur destin municipal respectif depuis 137 ans. Longtemps jumelée à sa voisine, le plus souvent à ses dépens, Terre-de-Bas a su obtenir à juste titre son autonomie administrative grâce à la persévérance et à la ténacité de ses représentants et de sa population. Le grand mérite de la municipalité actuelle, sous la conduite de son maire Emmanuel Duval, c’est d’avoir su par l’inauguration d’un mémorial, informer et sensibiliser la population à son histoire, acte citoyen positif, indispensable à l’équilibre de tous.

***

Je remercie chaleureusement M. Louis-Guy Brudey, des services de l’urbanisme à la municipalité de Terre-de-Bas, de m’avoir aimablement transmis le fac-similé de la pétition de 1880 ainsi que de nombreux autres documents qui m’ont permis de rédiger cette chronique. À lui, à vous toutes et tous, comme il est mentionné au bas de cette historique pétition, je dis à mon tour, salut et fraternité.

                                                                    Raymond Joyeux, le 7 mai 2019

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Circulation : une pétition adressée au maire de Terre-de-Haut

Devenue inextricable et particulièrement dangereuse pour la population et les visiteurs, la circulation des véhicules à moteur dans les rues de Terre-de-Haut, qu’ils soient à quatre ou deux roues, électriques ou à essence, pose depuis très longtemps un sérieux problème aux autorités, impuissantes à ce jour à la maîtriser. Forts de cette constatation, des résidents tentent aujourd’hui d’alerter la mairie – et autres instances administratives –  en lançant une pétition, exposant clairement leurs revendications. 

 2003 : déjà pas de place pour les piétons – Photo France-Antilles

Voici le texte scanné de cette pétition que nous nous sommes procuré :

 

Des tentatives de réglementation restées lettres mortes

Nous ignorons combien cette pétition obtiendra de signatures et si elle a des chances d’aboutir, mais l’initiative est assez rare pour être signalée et témoigne d’un ras-le-bol évident des résidents soumis en permanence aux inconvénients et dangers de l’anarchie qui règne en ce domaine. Il convient toutefois de rappeler que les deux précédents maires, MM Robert Joyeux et Louis Molinié n’étaient pas restés les bras croisés face à cette situation. Chacun d’eux avait pris, sans succès malheureusement, un certain nombre d’arrêtés pour tenter d’une part de limiter l’afflux de véhicules entrant sur le territoire de la commune et de règlementer d’autre part une circulation inadaptée à la topographie de l’île, et particulièrement du centre-bourg où la vie est devenue infernale aux nombreux piétons et riverains.

Le premier bus touristique à passagers débarque aux Saintes en 1974
et des arrêtés municipaux jamais appliqués

Si le premier bus touristique est arrivé à Terre-de-Haut en 1974, le premier des arrêtés  municipaux censés réglementer la circulation remonte au 4 avril 1991. Et le dernier, qui date du 31 janvier 2003, n’a, quant à lui, jamais été abrogé. Malheureusement, aucun d’entre eux n’a eu les effets escomptés et c’est toujours davantage de voitures, golfettes, scooters, motos, vélos, trottinettes et autres skates à moteur électrique ou non, qui sillonnent parfois à des vitesses inconsidérées les rues du bourg, au milieu d’enfants, d’adultes et de personnes âgées qui n’ont même pas la ressource de se réfugier sur des trottoirs trop étroits, la plupart du temps d’ailleurs inexistants…

Les attendus pertinents de l’arrêté de janvier 2003 non encore abrogé mais jamais appliqué

1° Considérant que le territoire de la commune abrite des espèces fragiles protégées d’intérêt national (cactacées, orchidacées, oiseaux, iguanes, tortues), ainsi que des sites archéologiques précolombiens, et qu’il est nécessaire de règlementer la circulation afin d’assurer leur protection;
2° Considérant la nécessité de protéger l’environnement et la tranquillité publique dans une commune à vocation touristique;
3° Considérant que les voies carrossables de l’île se caractérisent par leur étroitesse, leur déclivité, leur sinuosité, et partant par leur dangerosité;
4° Considérant que la multiplication des véhicules à moteur est incompatible avec le réseau routier de la commune, nuit à la commodité de passage dans les rues, et qu’elle porte par conséquent atteinte à la sécurité des citoyens;
5° Considérant par ailleurs que l’exiguïté et la topographie de l’île font obstacle à la construction de trottoirs, la création de parcs de stationnement et l’élargissement du réseau routier;
6° Considérant que l’affluence touristique constatée le week-end et pendant la haute saison (Décembre à Mai) aggrave davantage encore les dangers de la circulation, et que l’augmentation de la fréquentation touristique depuis dix ans (170 000 visiteurs par an en 2002 contre 85 000 en 1990) laisse craindre une dégradation de la situation.
7° Considérant que la tranquillité des citoyens est troublée par les nuisances sonores inhérentes à la circulation des véhicules à moteur…

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On ne saurait mieux dire… Pourtant cet arrêté, approuvé par les autorités préfectorales de l’époque, aux considérants éloquents, n’est jamais entré en application. Pour la raison simple qu’il comportait outre une interdiction absolue de circulation sur tout le territoire de la commune, un certain nombre d’exceptions et de passe-droits qui le rendaient inapplicable et caduc à la date même de sa publication !

Espèce protégée, cet imprudent iguane s’apprête à traverser la rue ! – Ph.R.Joyeux

Il ne reste plus qu’à souhaiter que la pétition actuellement en cours mobilise les autorités qui prendront enfin, espérons-le, les mesures nécessaires pour permettre à tout un chacun de vivre et de circuler paisiblement à Terre-de-Haut, sans craindre pour sa sécurité et celle de ses enfants.

Sécurité routière

Journal France Antilles – 8/9 mars 2003

Hormis la première et la dernière, les illustrations dont de l’auteur.
Raymond Joyeux – Terre-de-Haut, 06 avril 2019

À quand le retour de l’insouciant repos d’après-midi à Terre-de-Haut ? Photo extraite de la Brochure Guadeloupe – Éditions du Pacifique 1974

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