Terre-de-Haut à l’heure de 1984 ?

Mieux qu’une armada de caméras de surveillance : une mamie postée derrière une fenêtre !
Karine Giébel

Si l’on en croit les commentateurs des réseaux sociaux, le plus souvent mal informés par déficit, selon nous, de communication communale, la municipalité de Terre-de-Haut aurait l’intention d’installer dans la commune des caméras de surveillance. En vue, semble-t-il, entre autres, de dissuader les auteurs présumés d’actes d’incivilité de poursuivre leur condamnable et clandestine activité ! Ignorant nous-mêmes les tenants et aboutissants de cet insolite projet puisque, n’ayant pas de compte Facebook et ne recevant jamais dans notre boîte aux lettres les comptes-rendus circonstanciés des délibérations du conseil municipal – comme cela se fait couramment ailleurs – nous ne pouvons que rester perplexes face à la teneur, si elle est avérée, d’une telle information dont nous avons du mal à appréhender, sur le principe, les véritables motivations.

Image rapport de la Cour des Comptes

Que certains administrés, mal intentionnés, enfreignant les règles du Mieux Vivre Ensemble, soient coupables de malveillances, principalement en matière de respect de l’environnement en déversant sans complexe leurs déchets dans la nature, cela a toujours existé et existera certainement toujours. Qu’une municipalité, soucieuse du bien-être de tous, cherche à faire cesser ces comportements répréhensibles, c’est tout à son honneur. Mais la question reste posée de savoir quelle méthode employer pour tenter de mettre un terme à ces pratiques asociales.

Dessin de Hector dans Les maires mènent l’enquête à Friauville

En l’occurrence, espionner les citoyens par caméras interposées n’a jamais été, nous semble-t-il, une méthode efficace pour contrer d’éventuels contrevenants, tout au moins dans ce type d’infraction. Ces derniers, se sachant ou se croyant surveillés, sauront toujours contourner tous les moyens de détection aussi perfectionnés fussent-ils, et continueront tant bien que mal à agir à leur gré, avec souvent plus de malice encore. Pour preuve, un semblant de caméra fictive à 6€50, installée autrefois sur notre propre maison, n’a jamais empêché le saccage de nos plantes décoratives, régulièrement victimes de malveillance. Mais à supposer que les responsables soient pris en flagrant délit, quelle sanction leur appliquer si tant est que leur identité soit objectivement établie ? Chacun sait que, quelles que soient sa nature et sa sévérité, la sanction (ou la menace de sanction), si elle est parfois dissuasive, n’a jamais été le meilleur moyen pédagogique pour améliorer le comportement des mauvais élèves. Elle ne remplacera jamais en tout cas le bon exemple, le dialogue constructif et la persuasion.

Mais, s’il parvenait à se concrétiser, plus qu’un investissement improductif prévisible – quoique subventionné, semble-t-il ici, intégralement par l’État – (voir à ce sujet le rapport très négatif de la Cour des Comptes), ce qui nous chagrine dans ce projet de caméras c’est surtout le principe. Celui qui consiste à vouloir mettre sous surveillance – même si l’intention n’y est pas – toute une population sur un si petit territoire. Quels délits vraiment préjudiciables à la communauté saintoise d’aujourd’hui justifient-ils un tel projet ? Aucun, nous semble-t-il, à l’évidence. L’avoir accepté et proposé au Conseil Municipal c’est avoir fait preuve à minima, selon nous, d’un manque de discernement psychologique qui étonne de la part de nos élus autoproclamés réputés pour leur ouverture d’esprit. En plus des critiques, justifiées ou non, que ce projet a suscitées et continue de susciter au sein de la population, majorité comprise, la balance bénéfice/perte – comme on le dit aujourd’hui à propos de la vaccination – est, politiquement, socialement et économiquement, largement en faveur de la perte. Mille projets plus judicieux en effet, chez nous, mériteraient infiniment plus d’attention que la pose et l’exploitation, même gratuites encore une fois et légalement encadrées, de caméras probablement inutiles et inefficaces, selon les experts de la Cour des Comptes… Caméras qui nous ramèneraient, dans l’esprit hyperbolique des gens, aux temps odieux des plus liberticides régimes.

Aussi, pour poursuivre et conclure cette chronique sur le mode de l’hyperbole (figure de style qui traduit l’exagération en vue de mettre en relief une idée), à la place de ce cadeau empoisonné que la commune n’était pas obligée d’accepter, s’il en est un, de cadeau urgent, à offrir à nos conseillers municipaux en cette fin d’année 2021 pour qu’ils réexaminent sans tarder ce projet controversé, c’est assurément le livre essentiel de George Orwell, 1984. Livre plus que jamais d’actualité qui décrit les ravages pour la démocratie et les libertés individuelles de l’espionnage d’état, personnalisé par l’intraitable et vigilant Big Brother.

Mais après tout, et plus sérieusement, au risque de réduire en miettes notre argumentation, on pourrait se demander qui devraient avoir peur de ce projet de surveillance communale si mal vu (sans mauvais jeu de mots) de nos compatriotes, sinon ceux qui commettent des infractions ? Alors, finalement, caméras ou pas ?… Référendum populaire ou pas sur le sujet ? À vous, amis lecteurs, de donner votre avis… si vous le souhaitez, évidemment !

Publié par Raymond Joyeux
le 15 décembre 2021

Publié dans Actualités saintoises | 12 commentaires

Le docteur Yves ESPIAND co-fondateur de l’Association l’Avenir Saintois et ancien praticien aux Saintes est décédé

C’est avec une grande tristesse que nous venons d’apprendre le décès du docteur Yves Espiand à l’âge de 88 ans. Les Saintois qui l’ont connu se joignent à moi pour exprimer à sa famille et à ses proches leurs plus sincères condoléances.
Voici ci-dessous, un extrait de la chronique que je lui avais consacrée il y a quelques années alors qu’il avait pris sa retraite en métropole, diminué après un grave accident de la route en 1990. Ce qui ne l’avait pas empêché de revenir en Guadeloupe et aux Saintes en juillet 2012, revoir les lieux où il fut affecté comme médecin.

Médecin hors pair et sportif émérite

Le docteur Yves ESPIAND n’est pas un inconnu aux Saintes. À la retraite dans le Midi de la France, il séjourna dans notre archipel comme omnipraticien de 1963 à 1966, en remplacement du docteur Hourtiguet. Si, comme tous les médecins de passage, il était logé à la Maison Bateau, il avait installé son cabinet médical au dispensaire communal, en même temps qu’une pro-pharmacie qu’il a été le premier à ouvrir et à tenir à Terre-de-Haut. Cette officine, dotée des médicaments de première urgence, évitait aux patients le déplacement en Guadeloupe avec leur ordonnance, ce qui n’était pas un mince avantage pour nos compatriotes. Mais le docteur Espiand était aussi un grand sportif et amateur de football. Il avait en effet de qui tenir puisque son père, professeur de mathématiques au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre fut le fondateur de la Solidarité Scolaire, équipe de football qui a eu son heure de gloire dans le championnat guadeloupéen. C’est donc tout naturellement que notre docteur s’intéressa aux jeunes de la commune et participa à la création de L’Avenir Saintois dont il fut l’un des membres les plus actifs, comme joueur, entraîneur et conseiller technique.

Équipe de foot de l’Avenir Saintois en 1965 – debout de gauche à droite : Marcel Déher – Gilbert Samson – G. Gamas – Éric Joyeux – Maxime Procida – Euphrase Hoff – Accroupis de gauche à droite :
 Michel Bocage – J.Pierre Péter – Yves Espiand – Raymond Joyeux – Euphrase Bocage

Un amoureux des Saintes, de la littérature et de la poésie

Dans un ouvrage autobiographique édité à compte d’auteur et publié en juillet 2014, Yves Espiand fait le récit de sa vie mouvementée depuis sa naissance à Pointe-à-Pitre en 1933, ses années d’études médicales, ses différentes affectations, jusqu’aux difficiles années de sa vie de retraité, en passant par le terrible accident dont il fut victime en juillet 1990, dix ans avant son départ à la retraite en Février 2000. Il y retrace ses démêlés judiciaires suite à son divorce d’avec sa première épouse et inclut de nombreux poèmes dont un intitulé L’archipel des Saintes. Poème qu’il reconnaît lui-même comme maladroit mais qui exprime l’amour qu’il portait à notre archipel et que je vous fais découvrir ci-dessous.

L’archipel des Saintes

Sur mon île enchanteresse naît l’aurore timide et brève
L’émeraude de la mer caresse de sa mousse l’ocre de la grève
La couvrant de sa blanche écume scintillante mais brève
Ah, la subtile odeur iodée et suave de la nuit qui s’achève !

Quel éblouissant collier d’îles au sable magnifique
Émergeant de l’eau d’un coup de baguette magique
Tutoyant les océans tel le grave et fougueux Atlantique
Pourtant enfermées dans leurs joyaux, magnifiques.

Et c’est Terre-de-Haut entre ses deux pitons, toute fière
Le Chameau bosselé, monotone tout couvert de lierre
Le dos tourné vers l’infini, un orant disant ses prières
Loin du Fort Napoléon majestueux, inflexible barrière.

Merveilleuse baie ouverte sur la blonde plage de Grand-Anse
Crèches des tortues luth avançant comme sur un air de danse
Rugissant sous l’effort, haletantes baveuses sans défense
Pour sortir leurs œufs dans un filet visqueux en forme de ganse

Voici le Marigot, discret, lointain dans son décor grisâtre
Éloigné des bruits du village, eau stagnante presque saumâtre
Au fond d’une anse profonde dans une chaleur douçâtre
Idéale pour les tenants d’une carnation couleur d’albâtre

Nous irons à Crawen qui exprime du soleil les plus folles ardeurs
Mysticité des naturistes dégustant une solitude pleine de ferveur
Avec dans le lointain la grise Dominique et ses sombres hauteurs
Quel plaisir ! cette chaude tranquillité nous enveloppe de bonheur

La sombre masse d’en face c’est Terre-de-Bas la verdoyante
Criques grisâtres retentissant des cris d’une activité pagayante
Diversité humaine, géologique, végétale : couleurs chatoyantes
Bordée d’une mer parfois hostile, ourlée d’écume rutilante.

Notre périple saintois s’achève en une fantasmagorique apothéose
Chapelet d’îlots jetés sur la Caraïbe attisant nos pupilles en overdose
Des tons changeants, souvent brillants résultent de cette osmose :
Ciel, terre, mer. Rarement un rayon vert à nos yeux se propose.

 Yves Espiand, 20 janvier 2012

Le docteur Yves Espiand à son bureau de retraité en 2014

Adieu, cher ami Yves, ton séjour aux Saintes a marqué les esprits. Tes anciens patients, comme l’ensemble de la population ne t’oublieront pas. Tu fus pour la jeunesse de nos îles un révélateur et un exemple. Puisse ton souvenir rester à jamais dans leurs cœurs.

Publié par Raymond Joyeux
le 13 décembre 2021

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L’Anse à Gilot : un dépotoir grandeur nature à ciel ouvert

Située en contrebas du Morne Rouge, l’Anse à Gilot, tout le monde le sait à Terre-de-Haut, est depuis toujours le réceptacle naturel obligé de tout ce qui flotte librement dans la baie des Saintes, depuis le pied du Fort Napoléon au Mouillage, jusqu’à cette plage extrême du Fond-Curé. Nos petits voiliers miniatures d’autrefois, échappés à notre vigilance de skippers-amateurs inexpérimentés, se récupéraient immanquablement, à notre grand soulagement, sous le morne de la TSF. Les courants n’ayant pas changé, il n’est donc pas étonnant que tout un amoncellement de détritus de toute nature, se retrouve ainsi agglutiné au sable jusqu’à la limite de l’enclos des propriétés privées bordant le rivage. Ajouté à cela l’incivisme et le laisser-aller congénital de certains de nos compatriotes, on ne s’étonnera pas que l’Anse à Gilot devienne ou soit périodiquement – pour ne pas dire en permanence –  une poubelle immonde, un dépotoir grandeur nature à ciel ouvert, comme l’indique le titre de cette chronique.

Lors d’un précédent billet consacré à l’Anse à Gilot, daté du 31 juillet 2013, sur la base d’un sévère rapport de l‘ARS, nous avions alerté nos lecteurs sur la qualité bactériologique  extrêmement dégradée – voire dangereuse – des eaux de baignade de ce site. Aujourd’hui, rien n’a changé sinon en pire. Puisqu’à côté de la présence toujours active des Escherichia Coli, Streptocoques fécaux et autres très poétiques Staphylocoques, on trouve pêle-mêle une quantité toujours croissante de polluants plastiques (bouteilles, emballages, sachets, bidons, bâches…), de vieux cordages impossibles à dégager du sable, de palettes enfouies, de branches mortes, de palmes et noix de coco desséchées, entre autres flottants échoués par la marée et qui rendent l’accès au site quasiment impraticable. (Ci dessous le lien pour la chronique du 31 juillet 2013).

https://raymondjoyeux.com/2013/07/31/lanse-a-gillot-a-terre-de-haut-la-plage-la-plus-polluee-de-guadeloupe/

C’est ce que nous avons malheureusement constaté ce samedi 4 décembre 2021 au matin quand, à l’appel d’une association locale et du club de plongée Pisquette, nous nous sommes rendus à l’Anse à Gilot pour un nettoyage programmé de la plage et des fonds marins limitrophes. Inutile de dire que la foule était loin d’être au rendez-vous puisque nous nous sommes retrouvés, plongeurs compris, à moins d’une dizaine de personnes – presque toujours les mêmes dont une jeune polonaise  – pour ce qui devait être « un grand nettoyage ».  Sans matériel approprié ni service technique communal, pourtant prévu par la mairie, c’est, pour la plupart, à mains nues que nous avons rempli quelque dix grands sacs poubelle, nous contentant de ne ramasser que les objets en plastique, les restes de cordage, de filets et de bâches en décomposition. C’est dire que le travail est loin d’être achevé, même si les plongeurs plus que méritants ont ramené du fond nombre de tôles coupantes, batteries, pneus, entre autres détritus, inconsidérément jetés à la mer comme dans la gueule béante d’un vulgaire dépotoir !

Quelles conclusions tirer de ce rendez-vous manqué et de la situation toujours alarmante en matière de propreté et de salubrité publique de ce site de l’Anse à Gilot ? D’abord, selon nous, que certains riverains ne semblent pas faire beaucoup d’efforts pour maintenir praticable leur environnement immédiat. Ensuite et surtout que la population, dans son ensemble, se sent très peu impliquée quand il s’agit de donner à notre île une figure plus attrayante, plus propre, plus belle. Nous l’avions déjà observé lors des précédents nettoyages auxquels ne participent que très peu de locaux. Enfin, que malgré toutes les actions quotidiennement engagées par la municipalité pour améliorer la situation dans le bourg qui, il faut le souligner, présente un visage beaucoup plus attrayant et propre qu’auparavant, il reste à l’évidence des points noirs dans la gestion de l’environnement communal. Celui entre autres, de ne pas obliger systématiquement les responsables de dépôts sauvages à éliminer leurs déchets comme ceux de l’ancien chantier naval de l’Anse à Gilot. Que font en effet au pied du Morne Rouge cet amas de canots éventrés, ces vieux filets troués qui ne servent plus qu’à attirer vermines et rats, ce rail de halage abandonné qui dénature et rend dangereuse cette partie de la plage ?

Certes, nous savons que, s’il est facile de donner leçons et conseils, il est plus difficile de faire bouger les choses face à l’indifférence et l’inertie ancrées dans les mœurs ancestrales. Et que c’est seulement lorsqu’une majorité de la population – faisant abstraction de ses préférences politiques – prendra conscience de l’importance environnementale pour elle-même et pour la communauté que peut-être un semblant de changement en ce domaine s’opérera à Terre-de-Haut comme ailleurs. Espérons, pour le bien de tous, que cette prise de conscience ne tarde pas trop à émerger chez nos compatriotes saintois et plus généralement guadeloupéens. Car, faut-il le rappeler, nous naviguons tous sur le même ô combien merveilleux mais très fragile archipel.

Texte et photos Raymond Joyeux
Publié le 6 décembre 2021

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Crise sociale aux Antilles : le point de vue d’une professeur de droit constitutionnel

Pour faire suite à la précédente chronique, voici ci-dessous l’analyse d’Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’université de Rennes-I.
Cette constitutionnaliste, qui a enseigné à l’université des Antilles et de la Guyane pendant six ans, porte un regard sans concession sur la situation de la Guadeloupe et de la Martinique.
Point de vue que, bien entendu, l’on n’est pas obligé de partager…

Aux Antilles, pourquoi une telle complaisance ?

Le 27 mars 2020, sur recours en référé de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), le président du tribunal administratif de Basse-Terre avait rendu une bien étrange ordonnance enjoignant l’ARS et le CHU de l’île de «passer commande des doses nécessaires au traitement de l’épidémie de Covid-19 par l’hydroxychloroquine et l’azithromycine comme défini par l’IHU Méditerranée infection», le tout en nombre suffisant pour «couvrir les besoins présents et à venir de la population» de l’archipel guadeloupéen ! L’ordonnance s’appuyait explicitement sur les déclarations du professeur Raoult et se basait sur le «droit à la vie» de la population insulaire. Cette décision loufoque, heureusement annulée en appel par le Conseil d’État, résume la tyrannie et le chantage qu’exerce de longue date sur les pouvoirs publics, y compris judiciaires, un syndicalisme insulaire irrationnel et infantile, dont on ne trouve l’équivalent qu’en Corse.

Les statuts de l’UGTG lui assignent de «prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre les intérêts des travailleurs, de défendre la liberté syndicale et les libertés démocratiques, de réaliser l’unité de tous les travailleurs de la Guadeloupe et de lutter pour la suppression des rapports d’exploitation coloniale, des rapports de production (sic)». L’étendue et l’esprit de cette «raison sociale», étrangement conçue pour une organisation prétendument professionnelle, permettent de comprendre pourquoi la situation insulaire, plus encore en Guadeloupe qu’en Martinique, se caractérise par des comportements syndicaux extrémistes et violents, accompagnés d’un clientélisme aux méthodes douteuses, dont les conséquences, notamment au CHU de Pointe-à-Pitre, ont parfois tourné au drame.

. (Photo by Carla BERNHARDT / AFP)

Cela fait des décennies que ce syndicalisme calamiteux ruine les maigres chances de développement économique de territoires insulaires privés de toute réelle compétitivité par un système social extravagant et une fonction publique surrémunérée et pléthorique. Prétendument indépendantistes, ces syndicats n’ont jamais rien fait d’autre, à coups de revendications irresponsables, que d’enfoncer ces territoires dans toujours plus d’assistanat et de dépendance. Chaque crise déclenchée n’a pour but et pour effet que d’ouvrir davantage le robinet de la perfusion publique.

Cette fois-ci, l’on commence par favoriser dans la partie de la population prompte à croire les remèdes de guérisseurs et de quimboiseurs un mouvement de colère anarchique, et l’on met ensuite en cause l’État «colonialiste», responsable de tous les maux. Mais ce n’est tout de même pas la faute de Paris ni du préfet si une grande partie de la population insulaire refuse de se faire vacciner et provoque ainsi une accélération des contaminations à fort potentiel toxique chez ceux des habitants qui sont diabétiques ou en surpoids. Imagine-t-on les critiques acerbes des médias nationaux si une partie de la population de deux départements métropolitains refusait de se faire vacciner et recourait à la violence pour faire plier l’État?

La mauvaise foi que traduit l’incrimination permanente de l’État, bouc émissaire idéal, atteint des sommets quand il s’agit de compétences appartenant notoirement aux collectivités ultramarines. L’eau ne manque pas dans les îles caribéennes, puisqu’il en tombe des trombes, et ce n’est pas l’État qui gère les services et installations hydrauliques, décentralisés. Si la question de l’eau potable ne cesse d’alimenter les mécontentements en Guadeloupe et en Martinique, c’est en raison de l’incurie et de l’impéritie légendaires des élus locaux concernant les services publics essentiels dont ils ont la responsabilité.

MO NEWS N°039 du jeudi 2 au mercredi 8 décembre 2021

S’agissant du chlordécone, dont on prétend qu’il serait à l’origine de la défiance de la population antillaise à l’égard de la politique sanitaire de l’État, ce dernier n’accorde jamais à un territoire ultramarin que les dérogations que les forces économiques, sociales et politiques locales «exigent». Et c’est bien le chantage à la compétitivité de la banane antillaise et donc à l’emploi local qui a été mis en avant, en son temps, pour justifier l’usage dérogatoire et funeste du pesticide. La seule faute de l’État dans cette affaire est précisément d’avoir trop écouté ses interlocuteurs locaux et de leur avoir cédé. Il devrait s’en souvenir au sujet de l’obligation vaccinale.

Voilà des décennies que les rapports s’accumulent sur la situation de l’outre-mer comme sur la Corse, faisant toujours les mêmes constats, diagnostiquant les mêmes responsabilités locales, aggravées par le chantage à l’emploi et la crainte des autorités de l’État, y compris juridictionnelles, de faire appliquer la loi et respecter l’ordre public parce qu’elles sont tétanisées par le poncif éculé de la «répression coloniale».

La crise actuelle vérifie l’habituelle comédie insulaire: l’État cède lamentablement en reportant l’obligation vaccinale, se ridiculisant au regard de l’impératif de santé publique tandis que ceux qui l’ont exigé aujourd’hui lui reprocheront demain avec aplomb d’avoir «discriminé» les Antillais en matière de protection sanitaire. Le gouvernement annonce aussi, bien entendu, mille emplois «aidés» supplémentaires, rajoutant la couche d’assistanat indispensable à toute «réponse» aux soubresauts insulaires, et il «ouvre» le sempiternel débat sur l’autonomie.

On évitera soigneusement la question essentielle : à quoi sert de donner plus de pouvoir à des élites insulaires dont l’incurie, démontrée, se trouve à l’origine de la crise ? Mais on ne change jamais, en France, une politique qui perd.

Anne-Marie Le Pourhiet, vice-présidente de l’Association française de droit constitutionnel.

Publié par Raymond Joyeux
le vendredi 3 décembre 2021

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Guadeloupe en crise : un jeune homme s’exprime

Comme beaucoup d’autres, sans doute, j’ai reçu le texte qui suit par WhatsApp. Parmi toutes les publications sur le sujet qui émaillent la toile, j’ai pensé que ce cri d’un jeune Guadeloupéen était susceptible d’intéresser les lecteurs de ce blog. D’où ma décision de le publier en dépit de son anonymat. À l’heure où la Guadeloupe est une nouvelle fois à la croisée des chemins, il peut être parmi d’autres un élément de réflexion. On peut y adhérer ou ne pas être d’accord. Je laisse donc chacun à ses opinions. Tous les commentaires, sauf injures et diffamations, sont les bienvenus.
Raymond Joyeux

STOP 🛑 ✋ JÉNÈSS GWADLOUP

Je suis un jeune Guadeloupéen et je ne me reconnais pas dans les jeunes qui se tiennent sur des barrages… ni même de nombreux amis à moi.

Je vous demande de ne pas parler de jeunesse Guadeloupéenne lorsque vous désignez ces voyous sur les barrages, ces cambrioleurs, ces voleurs violents qui ne respectent pas la loi.

J’ai 27 ans et par manque de sérieux je ne me suis pas investi dans ma scolarité et j’ai connu l’échec scolaire. Mais j’ai reçu une bonne éducation. Le soir j’étais chez ma mère et pas dans la rue!!!

J’ai connu le chômage et pourtant je ne me suis jamais drogué.

Si j’ai connu l’échec, ce n’était pas à cause du système comme on aime à dire, ou encore moins de l’Etat! Mais uniquement à cause de moi.

Il faut arrêter de toujours chercher un responsable, un coupable lorsqu’il arrive quelque chose.

Grâce à l’état et aux dispositifs en place j’ai pu bénéficier du RSA, ainsi que de nombreuses formations.

J’ai été accompagné pour la recherche d’une formation qui correspond à mon profil. Ce qui m’a choqué lorsque j’ai fait mon bilan de compétences c’est qu’on était à peine 6.

Les formations, travailler, n’intéresse pas tous les jeunes. Pour certains c’est plus facile de voler, de braquer et passer les journées à fumer du cannabis et à boire de l’alcool dans un abri de bus.

Ensuite ils disent pour se défendre « yo paka fè ayen ban nou » (Ils ne font rien pour nous)

TROP FACILE !

Heureusement qu’il y a beaucoup d’autres jeunes qui sont conscients et qui étudient en Guadeloupe ou ailleurs pour préparer leur avenir. Heureusement, il y a des jeunes qui prient Dieu.

A ceux qui sont sur les barrages, je leur dis ARRÊTEZ! vous ne me représentez pas. Rentrez chez vous pour aider vos parents, faites la vaisselle, nourrissez 2 poules, 2 cabris. Arrêtez de voler!

Adultes, médias, syndicalistes politiciens… Honte à vous!!!!

arrêtez de soutenir des voyous en cagoule. Lorsqu’on porte une cagoule c’est qu’on sait qu’on fait quelque chose d’interdit et on ne veut pas être reconnu.

Wouvè zyié a zot! (Ouvrez vos yeux)

Ce sont ces mêmes jeunes que vous encouragez qui viendront vous agresser demain, vous braquer et vous cambrioler.

Franchement j’ai honte de vous.

Pauvre Guadeloupe 😢😭

Valable aussi pour la Martinique 🇲🇶

Publié volontairement sans illustration le 28 novembre 2021

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Terre-de-Haut : une vraie folie de chien

Raymond Joyeux

Depuis la publication de cette chronique, en novembre 2018, il semblerait que Terre-de-Haut ait enregistré une recrudescence du nombre de chiens sur son petit territoire. Tant mieux pour les heureux propriétaires et pour ce sympathique animal de compagnie. Encore faudrait-il que certaines règles de salubrité publique et de courtoisie soient respectées. Ce qui ne semble pas toujours être le cas, vu les nombreuses plaintes exprimées ici ou là concernant en particulier les déjections abandonnées aussi bien sur les plages que dans les rues et sur les places.
Amis propriétaires, n’attendez pas que les autorités prennent des mesures autoritaires, entre autres celle d’interdire la présence de chiens sur les plages, comme cela se fait partout ailleurs. Ramassez les déjections de votre animal et ne le laissez pas galoper sans frein ni laisse au milieu des serviettes de plage et dans les rues au risque de provoquer un accident fatal pour lui…

Voir l’article original 1 472 mots de plus

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Les Saintes vues de l’espace

J’ai le plaisir de partager avec vous cette splendide photographie de notre archipel prise depuis l’espace par l’astronaute français Thomas PESQUET. De mon point de vue, Terre-de-Bas, à gauche, a la forme d’une tête de taureau avec une corne bien en évidence et les pattes antérieures prêtes à se jeter sur Terre-de-Haut, couchée sur le dos, qui demande grâce ! Mais à chacun son interprétation, la mienne ne valant pas plus qu’une autre…

Le texte qui suit est un extrait original d’un livre ancien sur la Guadeloupe publié sur Internet par Gallica. La dernière photographie représentant Terre-de-Haut est l’œuvre de ULM Archipel Guadeloupe.

Vous souhaitant un heureux moment de lecture, je vous adresse toutes mes amitiés et vous dis à très bientôt pour une prochaine chronique.

Raymond Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
Le 17 Octobre 2021

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Max Samson : un exemple et un modèle sportif pour les jeunes Saintois d’aujourd’hui

Désormais à la retraite, Max Samson est revenu à Terre-de-Haut. Les jeunes Saintois d’aujourd’hui le connaissent certainement. Mais savent-ils qu’il a été le champion incontesté de la natation saintoise, guadeloupéenne et caribéenne, à une époque où l’association L’Avenir Saintois faisait parler d’elle sur le plan sportif et pas seulement en natation ? L’article de Joseph Laurent que m’a aimablement transmis Marc-André Bonbon nous retrace l’exceptionnel parcours d’un garçon doué auquel il faut associer parmi d’autres les noms de Geo Petit, Yvan Samson, Gilles Dabriou, Gilbert Samson, Roger et Raymond Cassin, Christian Bonbon, Auguste Bartoche, Jocelyn Joyeux… mais aussi les filles comme Maryse et Patricia Bordy … (pardon pour ceux et celles que j’ai oubliés) – qui furent nos dignes représentants sur de nombreux podiums sportifs et qui peuvent servir de modèles d’engagement et de persévérance à la jeune génération d’aujourd’hui. R.J.

Max SAMSON : la glisse saintoise

Un texte de Joseph Laurent

Max Samson incarne l’implication et l’influence saintoises dans la natation guadeloupéenne des années 1970. Né à Saint-Claude en 1951 de parents saintois (son père est marin-pêcheur), il vit jusqu’à l’âge de 16 ans à Terre-de-Haut.

Le leader du club Avenir Saintois

C’est Georges Petit (dit Geo), à l’occasion d’animations sportives en mer, qui découvre ce jeune nageur qui affiche déjà de grandes qualités de glisse. Il l’entraînera pendant toute sa carrière en Guadeloupe, en mer et en piscine. Max est licencié à L’Avenir Saintois. Ce club, fierté de l’île, cultive un esprit de fraternité, un désir de progresser par l’effort et une volonté farouche de s’affirmer par les performances. Les nageurs de l’AS se veulent les meilleurs nageurs de la Guadeloupe et de la Caraïbe.

De gauche à droite : Geo Petit – Max Samson – Yvan Samson – Christian Bonbon

Un grand compétiteur de mer et de piscine

Samson, nageur de fond excelle dans les épreuves de mer en Guadeloupe et dans la Caraïbe. Son plus bel exploit reste l’édition de 1972 de la course Basse-Terre – Rivière Sens, contre Alain Mosconi, champion d’Europe. Max se classe en deuxième place, victime d’une faute de signalisation de l’entonnoir d’arrivée. À la Barbade il est sacré champion de la Caraïbe en 1971.

Au cours de sa carrière, Max défie de grands nageurs internationaux. Il affronte Michel Rousseau (champion d’Europe et vice-champion du 100 m nage libre en 1973), sur 100 m nage libre et réalise 4’36 » aux 400 m nage libre à la piscine de Baimbridge contre Alain Mosconi. En 1973, il bat Bernard Combet, finaliste au JO, sur 100 m papillon à Basse-Terre en 1’05 ».

Alain Mosconi- Ph. Internet
Michel Rousseau – Ph Internet

Un homme attaché à son pays

En 1977, Max Samson quitte la Guadeloupe pour exercer à la piscine communale de Saint-Ouen. Depuis 1991, il est maître-nageur – sauveteur (MNS) à la piscine du Bourget. Ce garçon de grande taille, sculpté pour la natation, doté d’une excellente technique sur les quatre nages, aurait pu aisément embrasser une carrière nationale. Il est resté tout au long de sa vie de sportif d’une grande humilité. Il n’a jamais oublié son île des Saintes. Il revient régulièrement en Guadeloupe et pense mettre ses compétences au service des jeunes de son pays à l’heure de la retraite.

Max Samson récompenséColl privée

Palmarès entre autres de Max Samson :
– Champion de la Caraïbe en mer à la Barbade (1971)
– Premier nageur antillo-guyanais à descende sous la minute (59’76 ») aux 100m nage libre.Chro

Joseph Laurent

Publié par Raymond Joyeux
Le 19 septembre 2021

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Les Astres noirs ou l’éloge de la poésie

Ô convoi solennel des soleils magnifiques,
Nouez et dénouez vos vastes masses d’or
Doucement, tristement, sur de graves musiques,
Menez le deuil très lent de votre sœur qui dort.

Jules Laforgue

Photo Alain Joyeux – Terre de Haut Août 2021

Je songe aux Astres noirs, au troupeau planétaire

Des lourds soleils éteints que le Temps fit déchoir ;

Je songe à vous, Étoiles d’ombre et de mystère,

Qui gravitez parmi vos sœurs blanches du soir ;

            Et que la Terre

            Ne peut pas voir.

 

Ô grands astres d’orgueil dont la flamme est profonde,

Astres fructifiés au flanc fertile et noir,

Où l’Être germe, où l’âme pense, où l’Amour gronde,

Globes divins emplis de sève et de pouvoir,

            Nul œil au monde

            Ne peut vous voir !

 

Notre œil voit les soleils frivoles au cœur vide,

Les vains soleils de gaz dans l’éther se mouvoir ;

Mais ceux qui vont, pompeusement, au ciel livide,

Féconds et lourds, couverts de Vie et de savoir

            Notre œil stupide

            Ne peut les voir.

 

Photo Raymond Joyeux-Terre-de-Haut-Mars 2018

Oh ! vos flores de pourpre ! oh ! vos monts de porphyre !

Vos faunes de terreur qu’on ne peut concevoir !

Oh ! ruts d’amour qui, par les bois, devez sourire,

Oh ! pleurs géants qui d’yeux profonds devez pleuvoir !

            L’homme, ô délire !

            Ne peut vous voir !

 

Et moi, songeant à vous, Astres noirs que Dieu roule,

Je pense – et les yeux clos, je me sens émouvoir –

À ces hautains Poètes noirs, dont le front croule

Plein de pensers, de voix, d’amour, de feu, d’espoir,

            Et que la foule

            Ne sait pas voir.

Poème de Jean Rameau
Extrait de l’anthologie de Jean-Pierre LUMINET
LES POÈTES ET l’UNIVERS
Éditions Cherche Midi
Octobre 2012

Publié par Raymond Joyeux
Le
6 septembre 2021

Publié dans Littérature, Poésie | Laisser un commentaire

Hommage à Nise

C’est avec une infinie tristesse et une très vive émotion que nous avons appris le décès de notre amie Nise Boulon, veuve Bertille, emportée par la pandémie le 19 août dernier. Ce samedi 28 août, une messe à son intention a été célébrée en l’église de Terre-de-Haut au cours de laquelle a été lu le témoignage qui suit : simple hommage à une grande dame que sa famille et ses nombreux amis regretteront longtemps.

Nise, te voilà désormais au paradis. En compagnie de ton cher époux Aimé que tu as rejoint en silence.

Toi qui avais l’habitude de t’éclipser, parfois en douce, pour nous revenir plus en forme que jamais, tu nous fais faux bond aujourd’hui pour l’éternité.

À nous qui te pleurons, tu laisses le lourd et douloureux héritage de ta définitive absence.

Toi, toujours si présente parmi nous, tes amis du bord de mer, qui étions devenus ta seconde famille, par la magie de ton sourire et de ta générosité.

Que de grands bonheurs nous avons vécus avec toi et grâce à toi !

Tu avais, chacun le sait, le cœur et la porte toujours grands ouverts. Pour nous, bien sûr, mais aussi aux passants souvent inconnus, de la rue comme de la plage, à qui tu ne manquais jamais de faire le signe de l’amitié et du partage.

Ce sens de l’accueil et de la bonne humeur qui te caractérisait, pas un instant tu l’as enfoui dans le sable du Fond-Curé.

Pas un instant sans que tu l’accomplisses comme un don naturel émanant de ton être, rayonnant de joie de vivre et de soleil intérieur.

Le raisinier du bord de mer, illuminé de ton rire, était notre point de ralliement et de convergence. Le témoin silencieux et complice de nos folies sans extravagances, mais toujours avec éclat, où tu prenais généreusement ta part de réjouissances, sans réticence ni calcul.

Il était le lieu géométrique de nos rassemblements interminables. Celui de nos palabres enjoués, de nos connivences vivantes et joyeuses.

Avec toi, nous ne manquions jamais une occasion ou un prétexte pour nous retrouver sous son ombre et célébrer un anniversaire, une fête religieuse ou profane, quelle qu’elle soit. Ou tout simplement pour partager un repas amical dans la complicité et le rayonnement de ta présence.

Sans le revendiquer, tu étais alors, malgré toi, la reine du jour et de la nuit. Une reine toujours pimpante, parfumée, souriante, resplendissante de beauté et d’élégance naturelle.

Quelle lumière manquera à nos cœurs désormais orphelins ! Quel éclat de rire manquera à nos conversations devenues aujourd’hui sans intérêt. Sinon pour évoquer ton exceptionnelle gentillesse et tes bras grands ouverts à tous et à chacun.

Chère Nise, tant aimée, là où tu es maintenant, vois ta famille et tes amis sans exception et que j’aurai du mal à nommer, tant ils sont nombreux et nombreuses, terrassés par le chagrin.

Vois-les, celles et ceux des Saintes, mais aussi de Basse-Terre et de toute la Guadeloupe aujourd’hui meurtrie par ce mal qui t’a si douloureusement emportée.

Aussi, même si nous sommes peu nombreux aujourd’hui dans cette église, pour te dire au revoir, c’est au nom de tous que nous te remercions pour ce que as été pour nous : un soleil toujours rayonnant, une écoute toujours attentive, un accueil toujours généreux, une amitié toujours entière et partagée.

C’est cela que nous garderons de toi et qui restera à jamais inscrit dans nos cœurs et nos mémoires. Cela que notre raisinier, lui aussi orphelin, gravera dans son écorce et que ni le vent ni la mer ne sauront un jour effacer.

Texte et photos Raymond Joyeux

Publié le samedi 28 août 2021

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