L’actualité politique ou l’éternelle répétition de l’Histoire

Quand le présent rejoint et dépasse allègrement le passé

À la veille  du premier tour des élections présidentielles, il semble opportun de proposer à nos lecteurs cette réflexion sur les agissements de nos hommes politiques et le traitement   souvent très particulier que leur réserve la justice. Parue voilà bientôt 25 ans dans le Journal L’IGUANE d’octobre-novembre 1992, cette réflexion n’a de toute évidence rien perdu de son actualité. Ce qu’elle dénonçait alors tourne aujourd’hui en boucle sur tous les médias et concerne la plupart des candidats à ces élections, surtout les plus en vue. Perquisitions, détournements de fonds publics, soupçons de corruption, conflits d’intérêt, enrichissements personnels, trafics d’influence, faux et usage de faux, mises en examen… Autant de turpitudes qui dans d’autres pays auraient sinon conduit à des arrestations immédiates, du moins interdiraient à ces candidats de briguer toute fonction élective à plus forte raison celle de la magistrature suprême… mais qui, en France, tout en étant une redoutable épée de Damoclès, en dépit de la présomption d’innocence, leur laissent libres (pour l’instant) les mains, le verbe et l’action… Ce qui est totalement incompréhensible pour les simples citoyens de base que nous sommes.

1992 : un vent rafraîchissant de moralisation

Depuis quelques mois (nous sommes en 1992), un vent de moralisation publique et de justice, prenant le plus souvent ses origines dans la conscience indignée des citoyens, relayée par des magistrats courageux, souffle sur certaines pratiques politiques et ébranle, parfois même déracine sans ménagement, les hommes et les femmes sans scrupule qui les mettent en œuvre.
Du Brésil à la Guadeloupe en passant par Paris, ce sont des présidents, des anciens ministres, des députés, des maires, bref des élus de haut rang ou des responsables politiques en vue, qui sont inculpés, destitués, voire carrément incarcérés pour corruption, trafic d’influence, délit d’ingérence, détournement de fonds publics, gestion douteuse, irrégularités électorales, que sais-je encore ?…

Une volonté citoyenne de transparence

Simples citoyens, appelés périodiquement à choisir par voie d’élections libres nos représentants aux diverses assemblées institutionnelles, si nous nous réjouissons d’une telle volonté d’assainissement et d’incitation à la transparence, nous constatons aussi, hélas, que le chemin est encore long qui mène à la parfaite intégrité des hommes publics et surtout à l’instauration d’une justice enfin crédible et efficace dans le domaine politique. C’est André Jacques, Président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture qui écrit dans le Monde Diplomatique de septembre 92 : « Les auteurs de délits très graves, d’atteinte à la sécurité, à la vie, à la dignité de populations entières, les artisans d’une prévarication à grande échelle demeurent le plus souvent hors d’atteinte de la justice… Les problèmes soulevés par l’impunité sont si graves que, grâce à de véritables mobilisations au sein de la société civile, la question a commencé d’être posée : comment remédier à l’absence de justice au niveau national et d’instruments contraignants à l’échelle internationale ? »

Palais de l’Élysée – Ph. Le Monde

Pourquoi pas au niveau des communes ?

Niveau national et international, certes, mais pourquoi ne pas commencer par ce qui est, si j’ose dire, à portée de main, la cellule de base de la vie démocratique, le village, et ce qui en fait une entité institutionnelle, la commune ? Combien de fois n’avons-nous pas dénoncé ici (dans L’Iguane ndlr), avec nos modestes moyens, les abus de pouvoir flagrants et la corruption de certains maires de petites communes oubliées qui profitent justement de leur éloignement des grandes métropoles et des médias nationaux pour perpétrer impunément leurs forfaits dans le dos des populations impuissantes ? Combien de fois la presse guadeloupéenne elle-même n’a-t-elle pas montré du doigt les agissements d’élus locaux notoirement indélicats qui n’ont jamais été inquiétés par la justice, en tout cas jusqu’à ces dernières semaines jamais sérieusement condamnés ? Les délits avérés qu’ils commettent, pour folkloriques qu’ils pourraient paraître à certains, ne sont pas moins répréhensibles et passibles des rigueurs de la loi.

Mairie de Terre-de-Haut – Ph. R.Joyeux

Une démocratie à deux vitesses

C’est à croire qu’aux yeux d’une certaine justice, l’intouchabilité de nos élus est et reste proportionnellement supérieure au degré d’insularité et d’exiguïté de leur électorat et… corollairement le degré de citoyenneté et de dignité des administrés que nous sommes, inversement proportionnel à cette intouchabilité. D’ailleurs n’est-ce pas le législateur lui-même (le plus souvent à multiple casquette) qui a institué la démocratie à deux vitesses et incite à considérer les habitants des petites communes comme des citoyens de seconde zone en plaçant certains élus privilégiés au-dessus de la loi ?

Proportionnalité du scrutin et déclaration de patrimoine

Deux exemples parmi d’autres nous le prouvent aisément. Le premier concerne le système électoral qui exclut du scrutin proportionnel lors des élections municipales les communes de moins de 2000 habitants, faisant qu’une liste qui obtiendrait 49, 9% des suffrages à ces élections n’aurait pas un seul élu au conseil municipal. (Rappelons pour mémoire que si Terre-de-Haut a subi pendant longtemps les méfaits de ce principe, depuis 2014 cette loi a été modifiée et les électeurs ont pu envoyer pour la première fois aux dernières élections municipales quatre conseillers d’opposition à la mairie. Ndlr).
Le deuxième exemple c’est le projet de loi qui sera bientôt discuté au parlement (Je rappelle que nous sommes en 1992. Ndlr) et qui concerne l’obligation de déclaration de ressources et de patrimoine pour les élus en début et fin de mandat. (Loi votée depuis). Or qui échapperont à cette obligation ? Encore et toujours les maires des communes de moins de 2000 habitants. (En réalité ne sont soumis à cette obligation que les maires des communes de plus de 20 000 habitants. On est très loin du compte et les petites communes comme Terre-de-Haut échappent à cette disposition !)

Enrichissement personnel et impunité

Qui ne connaît pourtant au moins un élu de ces petites communes isolées et sans contrôle réel de l’État qui, n’ayant pour seule ou principale ressource que ses maigres indemnités de fonction, mais confondant quotidiennement affaires privées et fonds publics, ne mène un train de vie de monarque, s’achetant ou se faisant construire en milieu de mandat de luxueux palaces, sans commune mesure avec ses possibilités financières propres ? Quand la loi elle-même encourage un délit, il faut avoir une sacrée dose d’honnêteté pour ne pas succomber aux tentations faciles que les circonstances et l’inertie de l’entourage et des institutions vous jettent chaque jour sous les pas ! L’essentiel étant d’éviter les glissades trop spectaculaires et de poursuivre en douce, comme si de rien était son petit bonhomme de chemin…

Cet article de R. Joyeux a été publié dans L’IGUANE en octobre 1992 sous le titre :
La démocratie à deux vitesses

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Généalogie d’une famille saintoise

De l’Hérault aux Saintes :
les LOGNOS

Dans le prolongement du précieux livre de Patrick Péron : Colons et engagés aux Saintes du XVII ème au XIX ème siècle, paru aux Éditions Nestor en août 2016 et dont j’ai rendu compte dans ma chronique du 12 décembre de cette même année, je vous propose la généalogie d’une famille saintoise établie à Terre-de-Haut probablement depuis 1835 et dont le fondateur, originaire de l’Hérault, n’était autre que Jean-Pierre LOGNOS, dernier maire des deux îles saintoises avant leur séparation en communes distinctes. Sauf pour la descendance saintoise actuelle, les informations qui suivent sont tirées d’un texte de Pierre Bardin, généalogiste, publié en novembre 1993 sur le site Généalogie et histoire de la Caraïbe bulletin Numéro 54, page 899.

Une famille d’origine occitane

Saint-Nazaire-de-Ladarez village d’origine des Lognos dans l’Hérault

Le patronyme occitan LOGNOS (on prononce LOG-NOS) est rare et peu porté aujourd’hui. Le berceau familial est le hameau de Laurenque dans la vallée de l’Orb (il y pousse des orangers), situé à 28 km au nord-ouest de Béziers. On pense que les LOGNOS y vivaient dès le Moyen-Age. Dans le courant du XVI ème siècle, ils partirent s’installer dans deux villages voisins, Roquebrun et Saint-Nazaire de Ladarez où un ancêtre de notre Jean-Pierre deviendra consul vers 1700. Un Jacques LOGNOS, né en 1760, va s’établir à Béziers où son fils Hippolyte, né le 29 fructidor an 13 (16 9 1805), se rendra célèbre, non pas comme riche négociant (son vrai métier) mais comme maire, de 1851 à 1856. En effet, en 1852, partisan de Napoléon III, il soutient le coup d’état du 2 décembre et fait réprimer une insurrection populaire menée par l’ancien maire, Casimir PERET. Bilan : 70 morts, 750 déportés, 2 condamnés à la guillotine et déportation à Cayenne de Casimir PERET qui y mourut en tentant de s’évader.

Aujourd’hui, s’il n’y a plus de LOGNOS à Laurenque et Saint-Nazaire de Ladarez, le nom reste représenté à Vieussan, Roquebrun, Cazouls lès Béziers, Agde, Bessan, Montpellier et   Saint-Georges d’Orques. A Béziers ne vivent plus que deux veuves LOGNOS dont les maris étaient originaires de Laurenque. Saint-Nazaire de Ladarez, village de 350 habitants à 32 kms de Béziers, a conservé ses registres paroissiaux, le plus ancien daté de 1689.

Arrivée de Jean-Pierre LOGNOS en Guadeloupe
et son mariage avec Antoinette DÉHER

Église du Mont-Carmel en Guadeloupe

Les registres de Roquebrun et Laurenque sont déposés aux Archives départementales et ne commencent qu’en 1738. Malgré les « trous » inévitables, il a été possible de retrouver les ascendants directs de Jean-Pierre, parti « vers les Amériques » à une date inconnue. Part-il pour la Guadeloupe comme soldat ou pour « y faire fortune » en perfectionnant son métier de cordonnier ? Lors de son mariage à Terre-de-Haut des Saintes, son premier témoin n’est autre, en effet, que Pierre SOLIER,  maître cordonnier à Basse-Terre. Son mariage avec Marie Antoinette DEHER va le faire entrer de plain pied dans l’histoire de l’archipel guadeloupéen puisque les DEHER figurent parmi les premiers habitants, recensés parmi les protestants de 1687 et très vite passés de Mont-Carmel aux Saintes. A l’instar de son ancêtre consul de Saint-Nazaire de Ladarez, Jean-Pierre LOGNOS deviendra maire de Terre de Haut. (En réalité de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas réunies. Ndlr)

                                                         Installation à Terre-de-Haut

Les LOGNOS sont surtout installés à Terre-de-Haut, plus précisément au Fond Curé, qui est en quelque sorte le creuset antillais de la famille. Certains en partiront pour Trois-Rivières ou Gourbeyre; une seule personne s’installera à Pointe-à-Pitre, Marie-Anne, arrière-grand-mère de notre correspondante (voir GHC 38, 92-118, page 579). Marie-Anne mettra au monde, en 1882, dans la maison de son père Jean-Pierre, un « enfant naturel » prénommé Parfait Joseph Célestin Albert. Elle le reconnaîtra pour son fils en 1884, lui permettant ainsi de porter le nom de LOGNOS, partira s’installer à Pointe-à-Pitre, à l’angle des rues Frébault et Abbé Grégoire, et y décèdera en 1913. Cet enfant aurait pour père, selon la tradition familiale, un enseigne de vaisseau âgé de 32 ans nommé Philippe de CHARTRAND. Notons qu’en 1882, Marie Anne a 32 ans et qu’elle est veuve de Christophe BAUMANN, caporal dans une compagnie disciplinaire. Succomber aux charmes d’un bel officier de marine dans la douceur de la nuit saintoise, rien de plus naturel.

Ancienne maison à Terre-de-Haut de René Lognos, petit-fils de J.P Lognos, aujourd’hui Kaz à Mimi

Mais cette tradition familiale, si elle repose sur un fond de vérité, se heurte à un obstacle majeur : il n’y a pas de dossier d’officier au nom de Philippe de CHARTRAND aux Archives de la Marine à Vincennes. Ajoutons qu’à 32 ans, on a passé le grade d’enseigne. Alors ?L’hypothèse d’un officier de la marine marchande n’est pas à écarter et, si elle n’enlève rien au romantisme de l’aventure, complique sérieusement la recherche. Autre hypothèse, celle d’une rencontre avec un militaire du 1er ou 2ème RIMA, dont on trouve la présence comme témoins dans de nombreux actes aux Saintes à cette époque. Signalons enfin qu’un Antoine LOGNOS figure en 1875 dans les archives du 1er RIMA à Vincennes. Compte tenu de la rareté du patronyme, on peut imaginer qu’il est originaire de l’Hérault et peut-être vint-il saluer des cousins éloignés. Voilà tout ce qu’il est possible de dire en l’état actuel des investigations effectuées.

Descendance saintoise de Jean-Pierre Lognos :
de la première à la 5ème génération 

De son mariage avec Antoinette Déher le 11 mai 1841, Jean-Pierre Lognos eut 7 enfants :  dont les deux premiers meurent prématurément : Jean-Arthur (3.7.43-8.11.1843) et Marie (morte à la naissance le 7.9.1844) – puis viennent Marie-Anne (12.8.1845 -31.3.1913) – Olim Antoinette (12.6.1847- ?) – Jean Isidore (21.10.1849 – 7.8.1907) – Casimir André (28.9.1851 – 26.2.1924) – Rose Hortense (15.10.1856 – 28.2.1916).

Victor Lognos – 1884-1958petit-fils de Jean-Pierre. Lognos

Le 22 janvier 1877, l’un des fils de Jean-Pierre, Casimir André Lognos, âgé de 26 ansépouse à Terre-de-Haut Marie-Léontine Cassin, âgée de 25 ans, fille d’Étienne Guillaume Cassin et de Mariette Bride. Le couple aura six enfants dont Victor et René Lognos. Ces deux derniers, petits-fils de Jean-Pierre Lognos (enfants de la 3ème génération), sont les ascendants directs des actuels Lognos de Terre-de-Haut. Ils vont en effet épouser deux sœurs : Amélie et Thérèse Segrétier qui leur donneront au total 16 enfants.
Victor et Amélie auront pour leur part 6 filles, dont Hortense qui épouse Léon Lorgé, (9 enfants) –  Léontine qui épouse Joubert Joyeux, (5 enfants)- Marie qui épouse Martin Bourgeois (8 enfants) – et Éliane qui épouse Marcel Molinié (3 enfants). Vingt-cinq enfants au total qui portent le nom de leur père respectif :  Lorgé – Joyeux – Bourgeois – Molinié. Les trois autres filles de Victor (Yvette, Robertine et Cécile n’ont pas eu de descendance). La première, Yvette, a fini ses jours en Haïti comme religieuse, supérieure de la congrégation locale des sœurs de Saint-Joseph de Cluny.

René Lognos et Thérèse Segrétier auront de leur côté 10 enfants : 5 garçons et 5 filles. Les 5 garçons (André, René dit Loulou, Michel, Robert et Pierre) vont perpétuer le patronyme de Lognos, tandis que les 5 filles, (Lucienne, Thérèse, Lydie, Fernande et Gisèle) donneront naissance à des enfants qui porteront le nom de leur père : respectivement Lorgé, D’Huy, Dubois, Pouchoux et de nouveau Dubois. Il reste à tous ces descendants encore vivants des  5ème et 6ème générations des LOGNOS de la lignée saintoise, d’établir la généalogie de leur 2ème parent,  – si ce n’est déjà fait – les uns en cherchant celle de leur père, les autres celle de leur mère. 

Avec le salut amical d’un des nombreux descendants de Jean-Pierre Lognos (5ème génération), fils de Léontine Lognos, petit-fils de Victor Lognos, arrière petit-fils de Casimir Lognos et arrière-arrière petit-fils de Jean-Pierre LOGNOS, l’auteur de ce blog :  Raymond Joyeux.

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Ue autorisation de monter à bord de la Jeanne d’arc datant de 1937

Un document inestimable

Irénée Azincourt  dit Néné

À l’époque très lointaine où les navires de la Marine nationale fréquentaient régulièrement la baie des Saintes, certains habitants étaient autorisés à monter à bord pour vendre leurs produits ou proposer leurs services à l’équipage, comme récupérer le linge sale pour le laver et le repasser à domicile. Le document exceptionnel que nous présentons aujourd’hui est une autorisation de monter à bord délivrée au nom du Commandant de la Jeanne d’Arc, le Capitaine de Vaisseau Latham. Elle date de janvier 1937 et a été accordée à monsieur Irénée Azincourt, plus connu aux Saintes sous le diminutif de Néné. Autorisation délivrée « pour vendre des fruits et des curios », ce dernier mot d’origine anglaise, aujourd’hui tombé en désuétude, signifiant objets divers, bibelots. C’est notre ami Claude Déher, époux de la petite-fille de M. Irénée Azincourt qui, avec la photo ci-contre, nous a aimablement communiqué ce précieux document et que nous remercions vivement pour nous avoir permis de le rendre public… sachant que sa publication ne manquera pas d’intéresser nos compatriotes saintois toujours très sensibles à tout ce qui touche aux faits et à l’histoire maritimes de leur archipel.

Autorisation vente sur la Jeanne d'Arc - copie

Le Commandant Latham

Le Capitaine de Vaisseau au nom duquel cette autorisation a été accordée, et qui a commandé la Jeanne d’Arc de 1935 à 1937, se nommait Pierre Latham. Promu à la tête de l’aéronautique navale française en 1940, il a fini sa carrière comme contre-amiral, grade auquel il accéda en 1941. Il mourut en 1974 à l’âge de 88 ans, ayant été l’un des 20 Capitaines de Vaisseau qui commandèrent la Jeanne d’Arc de 1930 à 1964.

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La Jeanne d’arc en 1937

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C’est ce bâtiment présenté ici que les plus anciens d’entre nous ont connu et qui chaque année faisait une longue escale aux Saintes lors de son tour du monde. Voir notre chronique du 30 avril 2014 : https://raymondjoyeux.com/2014/04/30/quand-la-jeanne-darc-mouillait-aux-saintes/.

La Jeanne d’Arc sous pavois du temps de sa gloire

Lancé le 14 février 1930 après deux ans de construction aux chantiers de Saint-Nazaire et propulsé par des moteurs de 35 200 cv, le croiseur Jeanne d’Arc pouvait atteindre 27 nœuds à pleine vitesse. Il était long de 170 m et large de 17,70 m. Conçu pour être à la fois navire-école et navire de guerre, il était équipé de 8 canons de 155 mm en tourelles doubles, de 4 canons de 75 mm, de 10 canons de 40 mm et de 20 de 20 mm. Il eut un rôle très actif pendant la seconde Guerre mondiale. En août 1940, accompagné du croiseur Émile Bertin, il escorta le transfert de l’or de la Banque de France vers le Canada avant de rejoindre en Atlantique le porte-avions Bearn, puis les Antilles françaises. Immobilisé à Pointe-à-Pitre jusqu’en 1943, il rejoignit l’armée de la Libération et participa au débarquement en Provence. Après la guerre, il reprit du service comme navire-école et a compté à son actif pas moins de 27 croisières autour du monde. Retiré du service en 1964, il sera désarmé et remorqué de Brest à Toulon en janvier 1965 pour déconstruction. Sitôt achevé son désarmement, il sera remplacé par le porte-hélicoptères La Résolue qui fut baptisé peu après Jeanne d’Arc (la 3ème du nom de la Marine française), reprenant à son tour le rôle de navire-école pour officiers mariniers en formation.

Désarmée, la Jeanne d’Arc est remorquée à Toulon pour être déconstruite

De nos jours beaucoup de Saintois regrettent encore le temps où les navires de guerre français faisaient traditionnellement escale dans leur rade. C’était une période bénie pour tous où officiers en tenue et marins à pompon rouge fréquentaient bars et restaurants et déambulaient joyeusement dans les rues privées de l’afflux des touristes et des encombrements que nous connaissons aujourd’hui. Archipel à vocation essentiellement maritime, les Saintes ont ainsi perdu une tradition que sans doute elles ne retrouveront plus. Ainsi va le monde : un mode de vie chasse le précédent et ce changement inévitable génère de nouvelles traditions dont le charme aux yeux de beaucoup n’est pas toujours au rendez-vous.

La Jeanne aux Saintes – Collection Catan – Années 1950-60

Sources : photos et informations sur la Jeanne d’Arc : Archives de la Marine nationale.
Remerciements à Claude Déher pour la photo d’Irénée Azincourt et l’autorisation de monter à bord.
Raymond Joyeux

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Alain JOYEUX expose à Terre-de-Bas

Un vernissage sous l’égide de l’OMCSL

aloa-006C’est le samedi 25 février 2017 à 11 heures qu’a eu lieu à l’OMCSL de Terre-de-Bas le vernissage de l’exposition de peinture d’Alain Joyeux. La trentaine de toiles présentée par l’artiste a vu la visite dès ce premier jour, des amateurs d’art des deux îles. Ceux de Terre-de-Haut, s’étant rendus sur place par navette maritime et bus, ont profité pour la plupart, après le vernissage, d’une halte-déjeuner dans les restaurants du lieu pour déguster poisson lion ou coffre grillé préparé à la mode locale. Prévue pour durer jusqu’au 4 mars, cette exposition se transportera bientôt pour partie à Terre-de-Haut après cette date, et sera visible quelque temps à l’Hôtel LÔ Bleu qui a mis gracieusement ses murs à la disposition de l’artiste pour une exposition temporaire.

Une initiative de Léonie Samson-Maisonneuve

img_9960C’est à l’initiative de la très active responsable de l’OMCSL de Terre-de-Bas, Léonie Samson Maisonneuve, que cette exposition initialement prévue à la Désirade et reportée à une date ultérieure a pu avoir lieu. Monsieur Vincent, Président de l’Office Municipal de la Culture et Monsieur Sully Duval, premier magistrat de la commune, accompagné de son épouse et d’adjoints au maire disponibles, ont honoré de leur présence cette originale manifestation qu’ils ont particuliè-rement appréciée, tout comme le public qui s’était déplacé et à qui une collation bien venue a été offerte. Alain Joyeux a pu commenter ses tableaux et son travail de création et répondre aux questions des visiteurs comme à celles du correspondant du quotidien France-Antilles dont nous publions ci-dessous le compte-rendu paru dans l’édition guadeloupéenne du 2 mars 2017. Regrettant que de telles manifestations culturelles n’aient pas lieu plus souvent, le maire, monsieur Duval s’est félicité en aparté que Terre-de-Bas puisse disposer d’une salle communale comme l’OMCSL pour recevoir les artistes et leurs œuvres, proposer aux  enfants des activités régulières et permettre aux habitants d’assister à des conférences, des représentations théâtrales, des concerts et des expositions épisodiques d’artisanat… Ce que, hélas, ajouterons-nous, Terre-de-Haut est dans l’incapacité d’offrir à ses administrés, notre commune ne disposant que d’une petite structure vieillissante et inadaptée, tirant financièrement le diable par la queue, et que Johana Sigiscar, la responsable méritante, tente, tant bien que mal, d’animer avec les moyens du bord.

L’article de France-Antilles

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Pour faire davantage connaissance avec Alain Joyeux

foto-alainNé à Lyon en 1969 et diplômé de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de cette ville, Alain Joyeux a vécu une partie de sa petite enfance à Terre-de-Haut. Il a enseigné les Arts plastiques dans un établissement de Pointe-à-Pitre et au collège de Terre-de-Bas. Après avoir exercé en Suisse comme travailleur social, il est actuellement employé à l’Ecole Steiner de Saint-Genis-Laval près de Lyon. Son activité parallèle d’Art-thérapeute indépendant lui permet de s’adonner à sa passion, la photographie, le dessin et la peinture. Pour mieux le connaître et accéder à son œuvre, je vous propose, si vous le souhaitez,  en le remerciant, lui et les organisateurs,  pour cette belle exposition, de le retrouver sur les liens suivants :

http://joyeuxart.blogspot.fr
https://raymondjoyeux.com/2015/01/19/alain-joyeux-ou-linspiration-tropicale/

 public-alainTexte et Photos : Raymond Joyeux

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Mini concert à Terre-de-Haut

Un ensemble vocal venu de Franche-Comté

orguesLe jeudi 23 février à 16 heures, l’ensemble vocal Chœur Opus 39 se produisait en l’église de Terre-de-Haut sous la direction de Christian Bacheley, en présence d’un public clairsemé mais attentif et sous le charme. C’est à l’initiative des Orgues de Guadeloupe, Association musicale bien connue, présidée par Joël GUSTAVE dit DUFLO, que cette chorale a été invitée dans le cadre du deuxième Festival International d’Orgues de l’association. « Festival qui promet, selon le mot de son président, de grands moments d’émotion autour de la musique où nous l’espérons tous nos amis mélomanes et néophytes trouveront leur compte. »  Ce  fut sans conteste le cas aux Saintes ce jeudi où ce type de manifestation plutôt rare chez nous, avouons-le, mérite d’être davantage signalé et encouragé par une assistance plus fournie afin d’inciter les organisateurs à nous rendre visite plus souvent pour le plus grand bonheur des amateurs saintois et visiteurs de musique et de chant.

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Le Chœur Opus 39

Créé en 1991 à l’initiative de Christian Bacheley, le Chœur Opus 39 est un ensemble mixte réunissant une cinquantaine de choristes amateurs de la région d’Arbois. Il a pour vocation d’interpréter des œuvres majeures puisées dans le répertoire de musiques sacrées, seul ou en association avec des orchestres et des artistes lyriques : Credo et Gloria de Vivaldi, Missa Criolla de Ramirez, Carmina Burana de Carl Orff, Requiem de Mozart, Petite Messe solennelle de Rossini, Musique pour les Funérailles de la reine Mary de Purcell, Requiem de Fauré, Oratorio de Noël de Saint-Saëns, Te Deum et Messe de Minuit de M-A. Charpentier, Deutsche Messe de Schubert, Requiem de Michaël Haydn…
Le Chœur Opus 39 a également le goût du voyage. Il s’est déplacé aux Etats-Unis (Iowa et Wisconsin) en 2008, puis à Prague en 2011, à Barcelone en avril 2013 et enfin en Guadeloupe en février 2017.

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Christian Bacheley,
organiste, pianiste et chef de chœur

img_9924-copieAprès avoir commencé l’étude de l’orgue à Besançon, Christian Bacheley est admis au Conservatoire de Lyon. Poursuivant son parcours musical comme Directeur de l’EMM d’Arbois de 1983 à 2015, puis comme titulaire de l’orgue de l’église Saint-Just de cette ville depuis 1985, il fonde en 1991 le Chœur 0pus 39 qui nous rend visite aujourd’hui. Organiste et pianiste soliste, il est aussi souvent amené à accompagner chanteurs et instrumentistes dans un art qu’il affectionne particulièrement. Sa carrière de concertiste lui permet de jouer en récital ou avec diverses formations instrumentales et vocales, en France et à l’étranger. À Paris, il a donné des concerts à la cathédrale Notre-Dame, en l’église de la Trinité et à la chapelle de la Salpétrière. Directeur artistique du « Festival International d’Orgue d’Arbois », il s’est produit en France dans divers festivals renommés : Bourges, Carcassonne, Mougins… En 2012, il a donné cinq récitals au Canada et s’est produit entre autres en Suisse, Allemagne, Pologne, Angleterre, Italie…

Le concert de Terre-de-Haut :
de Mozart à Léonard Cohen

Ce jeudi 23 février, le public présent en l’église de Terre-de-Haut a pu apprécier un programme de choix, raccourci cependant par la nécessité de reprendre la navette de Trois-Rivières à 17 heures. En un peu moins d’une heure cependant les choristes de Chœur Opus 39 nous ont gratifiés de l’Ave Verum de Mozart, d’un ensemble d’œuvres de John Rutter, du Notre Père de Duruflé, du Benedictus de Jacob De Haan, de File la laine de Robert Marcy et Marcel Corneloup, des Saltimbanques de Guillaume Apollinaire et Louis Bessières, de l’Alleluia enfin de Léonard Cohen. Pour ce dernier chant très applaudi, l’ensemble « À Cœur d’Hommes » de Guadeloupe s’est joint aux choristes d’Artois, ajoutant ainsi une note créole à la prestation de nos amis de Franche Comté.

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Un grand remerciement aux organisateurs et aux interprètes

En terminant cette chronique, nous nous permettons de nous faire le porte-parole de l’assistance de ce jeudi 23 février 2017 à Terre-de-Haut pour remercier chaleureusement les organisateurs de ce mini-concert en la personne de M. Joël Gustave dit Duflo, Président des Amis de L’Orgue de Guadeloupe et du Festival, les interprètes francs-comtois de Chœur Opus 39 et leur directeur, M. Christian Bacheley. Nous leur souhaitons un franc succès dans la poursuite de leur programme d’interprétation à travers la Guadeloupe : à savoir le vendredi 24 février en l’église Notre Dame du Mont Carmel et le samedi 25 en l’église Saint Dominique de Baillif. Puissent-ils garder de leur tournée en Guadeloupe continentale et aux Saintes un excellent souvenir avec le projet d’y revenir pour le plus grand bonheur des mélomanes antillais.

L'assistance après le concert

L’assistance après le concert

Raymond Joyeux
avec mes remerciements à M. Gustave Dit Duflo pour le programme du festival et du concert ; à M. Bacheley pour la notice concernant sa carrière et le parcours de Chœur Opus 39.

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L’innovateur Samba nous a quittés

L’étoffe d’un pionnier

rolan-2Le 7 janvier 2017, Roland DÉHER dit Samba, nous quittait à l’âge de 85 ans. Pour son inhumation le lundi 9 de ce même mois, la petite église de Terre-de-Haut était pleine à craquer, obligeant une bonne partie des fidèles et sympathisants à rester debout sur le parvis et aux abords. Ce qui prouve que notre ami était non seulement apprécié dans sa commune mais au-delà. Cela n’a rien d’étonnant car si Roland était bien évidemment très connu chez nous, il l’était aussi en Guadeloupe continentale, où sa réputation de pionnier dans nombre de domaines, et de propriétaire enjoué du restaurant La Paillotte au Marigot, avait depuis longtemps franchi le Canal des Saintes. Digne représentant de cette grande famille saintoise de marins et d’entrepreneurs que sont les Déher à Terre-de-Haut, Roland a été de tout temps un travailleur acharné et devrait à ce titre servir d’exemple et de modèle à certains de nos jeunes trop souvent oisifs et qui voudraient donner par l’action volontaire et déterminée un sens positif à leur vie.

Marin-Pêcheur, responsable de voirie et transporteur

palangr_33m_-1Enrôlé d’abord sur le thonier-palangrier Gouverneur Général Éboué au milieu des années 50, avant d’acquérir aux Saintes son propre bateau de pêche, Roland Déher poursuit une carrière de marin qu’il mène de front dans un premier temps avec une activité de responsable municipal de voirie. Propriétaire de l’une des seules camionnettes circulant à Terre-de-Haut au début des années 60, il obtient en effet le premier marché de voirie communale sous le mandat d’Eugène Samson. Avant cette date, c’est le maire Georges Azincourt qui avait initié timidement ce service de ramassage par canot des ordures ménagères qui étaient malheureusement déversées à la mer entre l’Ilet à Cabris et le Pain de Sucre. Au grand dam de nos amis  de Terre-de-Bas – et on les comprend – qui recevaient régulièrement nos déchets flottants sur leur unique plage fréquentable de Grand’Anse. Avec sa camionnette, Roland résolvait en partie le problème mais en partie seulement, car faute de structure adéquate, les déchets étaient entreposés sur un terrain vague, sans tri ni traitement. Lorsque la commune crée sa propre entreprise de voirie, Roland Déher, jamais à court d’initiative, recycle sa camionnette et devient le premier transporteur de marchandises et de matériaux de la commune.

Fabricant et fournisseur de parpaings et de gravier

mur-parpaing-preview-8145355Dans le même temps, étant encore le premier à faire l’acquisition de moules à parpaings et d’un concasseur à fonctionnement thermique, Roland, profite de l’essor de la construction et des difficultés d’approvisionnement pour se lancer dans la fabrication de parpaings et de gravier par concassage. Il rend ainsi grandement service aux futurs propriétaires et entrepreneurs de maçonnerie à qui il propose  parpaings et matériaux fabriqués sur place, livrés à domicile grâce à sa camionnette Citroën, parfaitement entretenue et aménagée en conséquence. Nombre de maisons saintoises construites à cette époque portent ainsi la marque de fabrique D.R, initiales, vous l’aurez compris, de Déher Roland, l’éternel pionnier toujours à l’affût de nouvelles innovations.

Le restaurateur averti

Enfin, si l’on en croit sa petite fille Maëlys, qui fit un émouvant témoignage aux obsèques de son papy le 9 janvier dernier en y associant sa grand-mère Nadia, au-dessus de toutes les entreprises novatrices évoquées dont Roland Déher fut l’initiateur, figure « l’œuvre de sa vie » qui ne serait autre que « la tenue d’un des premiers restaurants de l’île, où beaucoup de Saintois aimaient à se rassembler pour les grandes occasions. » Ce restaurant, La Paillotte, situé face à la baie du Marigot existe toujours et continue de fonctionner et d’accueillir chaque jour, sous la férule de Corine, une des filles de Roland, de nombreux clients, Saintois et visiteurs, qui n’attendent pas forcément une grande occasion pour aller savourer un ti-punch maison et déguster le fameux court-bouillon saintois que tous les Guadeloupéens nous envient et qui devrait figurer au patrimoine gastronomique de notre archipel.

À la Paillotte, Roland Roland et la fameuse dorade coryphène, base du court-bouillon senti.

À la Paillotte, Roland exhibant la fameuse dorade coryphène, base du court-bouillon saintois.

Une renommée au-delà de nos eaux

archipel_inacheve_l25-1Dans un célèbre ouvrage intitulé l‘archipel inachevé, publié sous la direction de Jean Benoist en 1972, aux Editions de l’Université de Montréal, le sociologue québécois Jean Archambault, sous le titre : De la voile au moteur. Technologie et changement social aux Saintes, écrit :
«  C’est un jeune marin de vingt-trois ans qui le premier acheta un moteur hors-bord. Son jeune âge, et plus encore sa personnalité, sont à l’origine de ce geste. Il est ce qu’on pourrait appeler un innovateur-né. En plus d’introduire le premier moteur à Terre-de-Haut, il est le seul marin de l’île à avoir travaillé sur un chalutier expérimental. Bientôt, il quitte la pêche et s’intéresse aux travaux de voirie. Voyant qu’à la suite du relèvement du niveau de vie on commence à construire en dur, il se lance dans la fabrication de parpaings de ciment, puis introduit un concasseur dans l’île et s’établit fabricant de gravier. Il est maintenant – nous sommes en 1972 – le seul habitant de l’île à posséder deux voitures avec lesquelles il fait du transport. »

Vous l’aurez compris, Jean Archambault parle de Roland Déher. En plus du témoignage de sa petite fille le jour de ses obsèques, (« ta bonne humeur perpétuelle, tes danses virevoltantes qui t’ont valu le surnom de SAMBA, tes petits blafs du matin, tes petits punchs préparés avec amour pour tes amis à La Paillotte »...) quel plus bel hommage rendre à ce Saintois « innovateur-né » que d’inscrire pour la postérité son nom et son œuvre dans un ouvrage qui fera date dans l’histoire et l’évolution de notre île ! Comme il est dit plus haut, souhaitons que ces mots ne soient pas pour nous seulement le témoignage d’une vie passée bien remplie, mais un exemple vivant à suivre, pour nos jeunes et moins jeunes… Pour peu qu’ils aient, comme l’a dit si bien Maëlys de son grand-père Samba, « le respect des autres, l’endurance au travail, l’amour de la nature, » en un mot, l’âme et l’étoffe d’un pionnier.

Texte : Raymond JOYEUX
Mes remerciements à ses enfants pour les photos de Roland et à sa petite fille Maëlys pour le beau texte de son témoignage.

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Quand les collégiens de Terre-de-Haut faisaient le tour… du FRANCE

Janvier 1974 :
Le France mouille en rade des Saintes

Janvier 1974 : l’année même de son dernier voyage transatlantique, tous pavois déployés, le FRANCE mouille exceptionnellement en rade des Saintes. C’est un événement majeur sans précédent pour nos compatriotes. Aussi, pour récompenser les élèves du collège Jean Calo qui ont travaillé bénévolement plusieurs samedis après-midi à nettoyer les douves du Fort Napoléon, il est décidé de les emmener faire le tour du paquebot. Grâce à l’obligeance de M. Eugène Samson, maire de Terre-de-Haut et propriétaire de la vedette La Saintoise, rendez-vous est pris et voilà nos joyeux collégiens partis à l’assaut du plus luxueux paquebot du monde, juste fierté de la marine française de l’époque.

Un groupe d'élèves en partance pour l'aventure. Ph. R. Joyeux

Un groupe d’élèves en partance pour l’aventure. Ph. R. Joyeux

Douze années de navigation

C’est le 11 mai 1960 que le paquebot FRANCE fut lancé en présence du Général de Gaulle alors Président de la République. Construit aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, il ne sera mis en service que deux ans plus tard, en janvier 1962, le temps d’être somptueusement aménagé, meublé, décoré par les plus grands professionnels de l’époque.

En rade des Saintes - Ph R.Joyeux

En rade des Saintes,  entre le Pain de Sucre et l’Îlet à Cabris- Ph R.Joyeux

Par la suite, après douze ans de traversées transatlantiques et de croisières autour du monde sous pavillon français, n’étant plus financièrement rentable aux yeux des autorités, son désarmement est brutalement décidé avec l’accord du Président de la République fraîchement élu, Valéry Giscard d’Estaing… Alors que ce dernier s’était engagé à le maintenir en service au cours de sa campagne électorale. Promesse non tenue qui provoque la colère des équipages et des admirateurs du paquebot, et inspire, à sa vente en 1975, à Michel Sardou, sa célèbre chanson : Ne m’appelez plus jamais France, que toutes les radios nationales passent en boucle dès sa sortie et qui restera six semaines N° un, se vendant dans la foulée à 950 000 exemplaires.

Ne m'appelez plus jamais France - Ph. R. Joyeux

Ne m’appelez plus jamais France – Ph. R. Joyeux

Décidé à s’en débarrasser au plus vite et passant outre la mutinerie de l’équipage, les manifestations et le mécontentement populaire, le gouvernement français le vend en 1977 à un homme d’affaires saoudien. Notre pays perd ainsi ce pur joyau des mers surnommé alors « le Petit Frère du Normandie », autre paquebot transatlantique de légende qui fut lui aussi le symbole maritime de la France des années 1930, et considéré à ce jour comme l’un des meilleurs paquebots jamais construits. Puis c’est un armateur norvégien qui le rachète en 1979, et le rebaptise NorwayPlusieurs fois radicalement transformé, il assurera quelques croisières en mer des Caraïbes avant d’être finalement revendu à un ferrailleur en 2006, pour être démantelé sous le nom de Blue Lady. Cette triste opération prendra fin en 2009 en Inde, sur le chantier d’Alang.

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Une population et des élèves émerveillés

france-3C’était sans connaître le sort déjà scellé du célèbre paquebot que la population saintoise et les élèves du collège Jean Calo profitèrent de son escale d’une journée dans la baie des Saintes en ce début janvier 1974pour le contempler à loisir, rêvant sans doute de croisières et de courses autour du monde. À cette date en effet, en dehors des bâtiments de guerre de la Marine Nationale, habitués à fréquenter nos eaux accueillantes, peu de navires de ce type programmaient un séjour touristique aux Saintes. Contrairement à notre époque où chaque jour nous déverse par pleines chaloupes son lot de visiteurs bigarrés, débarquant de ces monstres des mers d’un autre âge que sont les Club Med, Sea Cloud ou autres Clippers. J’imagine que ces jeunes collégiens, devenus adultes, ont gardé de cette journée et de ce tour improvisé du France, même s’il a été rapide, un souvenir impérissable. Interrogés en tout cas par nos soins récemment, et se reconnaissant pour la plupart sur les photos, c’est avec un enthousiasme sans mélange qu’ils évoquent cette journée précieusement gardée en mémoire.

Retour à quai

Retour à quai – Ph. R. Joyeux

Le Collège Jean Calo en 1974

Difficile d’évoquer cet épisode de sortie scolaire exceptionnelle sans dire un mot du Collège Jean Calo des années 1970 qui accueillait alors, sans aucun problème et sur un seul site, aussi bien les élèves de Terre-de-Haut que ceux de Terre-de-Bas. Créé en 1965 à l’instigation du Docteur René Germain, Conseiller général du Canton des Saintes, et sous la mandature du maire Eugène SAMSON, ce fut d’abord un établissement municipal ayant à sa tête un « directeur » enseignant secondé par un corps professoral restreint, sans autre personnel administratif ou de service qu’une femme de ménage rétribuée par la commune. Jusqu’à cette date, les élèves issus des classes du primaire des deux communautés étaient contraints d’aller poursuivre leur scolarité secondaire en Guadeloupe avec tous les inconvénients que l’on imagine.

Façade du CEG Jean Calo en 1974 - Ph. R. Joyeux

Façade du CEG Jean Calo à Terre-de-Haut  en 1974 – Ph. R. Joyeux

france-6À la rentrée de 1965, c’est l’ouverture à Terre-de-Haut, dans une salle aménagée de l’ancienne Caserne militaire, qui permit d’accueillir les premiers élèves de 6ème, provenant des CM2 des deux communes. En tout, un peu plus d’une trentaine de jeunes garçons et filles assurés de poursuivre leur scolarité sur place jusqu’en 3ème. D’année en année, les effectifs augmentant, les classes de 5ème, puis de 4ème et de 3ème furent créées, auxquelles se rattachèrent les classes dites de transition. En 1974, soit neuf ans plus tard, et année de notre pittoresque tour du FRANCE évoqué plus haut, l’effectif total du collège des Saintes, devenu CEG départemental Jean Calo, dépassait largement les cent vingt élèves, soit davantage qu’aujourd’hui pour les deux sites réunis de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas. Pour la petite histoire, faut-il rappeler que conçu au départ pour 200 élèves, et pour les deux communes saintoises, le site de Terre-de-Bas ne compte aujourd’hui que 28 élèves pour les 4 niveaux de classes, dont 4 seulement en 6ème. Souhaitons que ce magnifique établissement, faute d’effectif suffisant, ne finisse pas à la casse, comme ce fut le cas pour notre super paquebot, Le FRANCE, pourtant fierté nationale, à son époque, de notre marine marchande et commerciale …

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Texte et photos : Raymond Joyeux
Sources pour l’historique du FRANCE : Wikipédia

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Littérature : quand l’amour s’affiche en poésie

Bien que ce blog ne soit pas d’abord destiné à mettre en avant mes propres écrits, dérogeant pour une fois à la règle, j’ai le plaisir de vous faire part de la publication aux Ateliers de la Lucarne de mon nouveau recueil de poèmes, Indécises saisons, paru en décembre 2016. Cet ouvrage de 84 pages, imprimé à Jarry-Baie-Mahault chez Speedyprint, se compose de deux parties : une série de textes écrits entre 1965 et 1985 suivi d’un long poème composé en décembre 2002. En tirage limité, sous jaquette amovible illustrée par Jean-Claude Lavaud, (1) il n’est disponible que chez l’auteur à l’adresse suivante : raymondjoyeux@yahoo.fr.

(1 ) – Pour plus d’informations sur Jean-Claude Lavaud, suivre le lien :
https://raymondjoyeux.com/2014/…/regard-sur-jean-claude-lavaud-peintre-et-sculpte...

Petits poèmes hallucinés

couv-defÉcrits pour certains depuis plus de 40 ans, sans projet initial de publication, ces textes tournent autour de trois thèmes essentiels : le sentiment amoureux, la mémoire et l’absence. Bien que distincts dans leur forme et leur contenu, éléments constitutifs communs à tout poème pris séparément, ces trois axes d’écriture – donc de lecture – sont ici unis par un lien fort, celui du rêve. Rêve accompli, lucide ou non, ou rêve en gestation, comme il est dit en titre de la première partie. S’il arrive que ces rêves ou portions de rêve prennent des allures d’hallucination, justifiant ainsi le sous-titre de l’ouvrage – Petits poèmes hallucinés -, ils répondent pour la plupart au concept connu de l’élément externe déclencheur du rêve au cours du sommeil paradoxal. Ainsi dès le premier poème, Onirisme (p.13), qui donne le ton général du recueil, le vers final : « Tu glisses dans le four de ma bouche la pâte levée de ton sein couronné », est cet élément. C’est lui en effet qui déclenche le rêve et détermine son contenu, c’est-à-dire, ici, le poème en son ensemble, jusqu’à ce dernier vers.

La construction et la progression linéaire du poème cité procèdent ainsi volontairement de la constitution ontologique et psychanalytique du rêve dont on ne découvre l’élément déclencheur qu’à la fin. Alors que par définition il en est à l’origine. Procéder autrement eût été minimiser la faculté cognitive et culturelle du lecteur averti et le priver de la surprise finale.

Appropriation de l’œuvre 

Il est évident qu’un lecteur totalement ignorant du processus gestatif du rêve ne verrait dans ce dernier vers précédemment mentionné qu’un fantasme érotique et banal d’écrivain, sans lien avec la partie du texte qui le précède. Il n’aurait ainsi qu’une appréhension partielle, altérée ou approximative du poème qu’il assimilerait à une suite d’images sans lien ni signification. Et ainsi pour les autres poèmes du recueil. D’où sans doute le scepticisme affiché ou contenu (pour ne pas dire la raillerie) que pourrait éventuellement susciter chez certains esprits une lecture superficielle et restrictive de ces poèmes. Et, de façon plus élargie, l’incompréhension ou le rejet de toute expression poétique.

Savoir lire entre les lignes

Être capable de lire entre les lignes d’un poème pour en saisir la quintessence, la portée, la musique et surtout l’émotion qu’il dégage – et de s’imprégner soi-même de cette émotion – n’est pas en fin de compte donné à tout le monde. Comme il n’est pas donné à tout le monde, on le sait, d’apprécier pleinement un tableau ou une pièce musicale dont on ignore les clefs. Une éducation culturelle forte et une sensibilité appropriée – en partie naturelles et innées il est vrai, mais surtout acquises et renforcées toutes deux par la fréquentation répétée et la connaissance des œuvres et des auteurs – sont le plus souvent nécessaires à une approche efficiente et jouissive de la poésie en particulier comme de toute œuvre d’art en général.

Les trois axes de lecture

1- L’expression du sentiment amoureux

Il apparaît clairement à la lecture de ce recueil que le sentiment amoureux est la clé de voûte de l’ensemble des poèmes et de leur conception architecturale. Ce qui n’a rien à voir avec l’érotisme gratuit, encore moins avec la vulgarité ou la pornographie. Mais comment exprimer ce sentiment autrement que par des mots et des images qui le traduisent et ce, en fonction de sa propre complexion mentale ? C’est à ce titre que la grande majorité des poèmes du recueil utilisent en les combinant tous les ingrédients spécifiques qui définissent et transfigurent le sentiment amoureux et ses manifestations souvent impétueuses : intensité de l’exaltation, fusion intime, focalisation sur la personne aimée, hyperactivité du corps, des sens et de l’intellect, entre autres… C’est le sens des expressions comme : « je prends un instant configuration de toi (P.13) – autre moi-même retrouvé (p.19) – ton cerveau confondu avec le mien (p.22) – folle agitation du volcan de ma chair (p.29) – de disparaître en toi mes pensées se colorent (p.33)- nos pensées d’hier et de toujours sont devenues communes (p. 40) – nos souffles confondus (p.41) etc…

Autant d’images, d’interpellations, de notations qui, avec d’autres procédés littéraires, donnent corps, tout au long du recueil, à l’expression de la passion. Tout comme les notes sur la portée font vibrer la phrase harmonique et donnent sens à l’œuvre musicale. Et si les poèmes de ce recueil semblent s’adresser chacun à un partenaire en particulier, réel ou imaginaire, le plus souvent différent, le projet et, espérons-le, le résultat, sont de toujours viser à transcender cet ancrage personnalisé pour parvenir, au-delà d’une définition aussi élégante et complète soit-elle, à une description, une expression universelle de l’amour, sublimée, ayant comme point de départ – et d’arrivée – soit une expérience affective intensément vécue et partagée, soit une vision onirique, orchestrée et matérialisée par l’écriture poétique.

2 – L’évocation récurrente de la mémoire

couverture-saison-2Rares sont les poèmes au cours desquels le lecteur de ce recueil ne rencontre pas l’évocation réitérée de la mémoire. Que ce soit sous ce vocable-même de mémoire ou ceux équivalents de souvenir et d’oubli, cette notion apparaît littéralement quinze fois dans le recueil. Comme si, appréhendant de se couper de son expérience amoureuse du moment, l’aimé s’évertuait à l’inscrire à jamais dans le substrat mémoriel, afin de sceller son vécu dans le temps.

On comprend dès lors que cette évocation est loin d’être un jeu gratuit de répétition. Une sorte de tic inélégant d’écriture sans signification réelle. C’est au contraire un authentique appel à la perpétuation des émotions, au prolongement d’un état extatique intense dont il veut non seulement garder le souvenir, mais duquel il projette de se repaître indéfiniment, tant il est conscient des métamorphoses que cet état a opérées en lui, aussi bien physiquement que mentalement. Faire échec à l’instantanéité des émotions, tel pourrait se résumer cet appel incessant à la mémoire et au souvenir. Se projeter dans le futur avec comme point d’appel l’événement ponctuel qu’il veut transformer en état permanent de satisfaction amoureuse, affective plus que sentimentale. Satisfaction à laquelle est associé bien entendu l’être aimé du moment, constituant plus que symbolisant la part féminine, complice indispensable et fusionnel, à l’origine et sujet de sa passion qu’il voudrait inextinguible. Et c’est dans le poème Le cœur de ton absence, page 49, que se traduit le mieux, selon nous, cette volonté d’immortalisation de la passion précédemment évoquée :

Sous l’œil de la nuit
qui s’étire
j’entends se dresser l’ombre
du jour nouveau 
entre les feuilles

Je sens battre le cœur de ton absence
et le rythme du mien
s’accélère au passage
du vent

Viens pour l’ultime prière
à genoux sur nos souvenirs

Viens joindre tes doigts
à ceux de l’oubli
qui nous embrume

Viens accorder ton souffle
à celui de la page
tournée

Demain nous écrirons
sur le sable du temps
nos mémoires entrelacées.

3 – L’obsession de l’absence et de la solitude

Oubli-absence-solitude, le rapport sémiologique entre ces trois états de conscience est évident. Associés à l’expression du sentiment amoureux, ils n’en constituent pas pour autant la face négative. S’ils apparaissent comme traduisant une certaine inquiétude, une image de frustration obsessionnelle de l’être aimant qui craint la perte de son amour et veut le soustraire à l’usure, ils peuvent aussi bien, de notre point de vue, être perçus comme des garde-fous protégeant la passion de la tiédeur, de la corrosion de l’habitude et du temps. Étincelle qui réactive le feu intérieur, l’absence peut redynamiser la relation entre partenaires et rendre la présence à venir encore plus fusionnelle. C’est elle par exemple, dans Acmée, (page 53) qui tisse à la vague un visage ; c’est elle qui fait battre le cœur de l’aimé (page 49) et, si elle agit parfois comme un étau (page 35), c’est elle aussi qui tient lieu de vigie (page52) et permet de faire dire à l’amant, s’adressant à sa bien-aimée absente :

À travers les lames
de ma mémoire immobile
infatigable guetteur
je t’espionne

Par-delà les barreaux
intérieurs
de ma solitude
ta présence ne m’échappe pas

Je recouvre point par point
ton souvenir
qui se reflète
sur la surface indifférente du temps

Et je palpe l’inconsistance
symétrie
de ton absence
omniprésente.

****

En conclusion, si ce recueil peut paraître à certains passéiste ou convenu, il n’a, à notre sens, que la modeste ambition de rendre compte d’une écriture introspective où le sentiment amoureux tient une place prédominante. Où mémoire, oubli, absence, solitude loin d’assombrir ou d’affadir le propos, viennent au contraire le pimenter, accentuant l’exaltation que fait naître en chacun de nous la passion dévorante de l’amour et des relations affectives. En dépit parfois des illusions agissant comme une substance hallucinogène propice aux divagations les plus extravagantes mais ancrées dans une réalité constitutive de notre étonnante nature.
Raymond Joyeux
Janvier 2017

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Restauration : deux chefs saintois distingués

Un choix d’exception

atlas-gourmetsÀ la veille des fêtes de cette fin d’année 2016, ne boudons pas notre plaisir… culinaire, s’entend ! Deux de nos restaurateurs ont en effet été récemment distingués par le très sérieux ATLAS DES GOURMETS, organe de la gastronomie locale qui prime chaque année depuis deux ans les meilleures tables de la Guadeloupe et de ses îles. Pour l’édition 2017 de cette prestigieuse sélection, parmi les 21 « tables gourmandes » retenues à travers le département, figurent les enseignes de deux de nos compatriotes. Il s’agit du restaurant Ti Kaz’ la de Philippe DADE et d’1 Ti Bo Doudou de Georges GARÇON. Mais à côté de ces deux restaurants saintois primés, le luxueux Atlas des Gourmets nous présente dans sa deuxième édition, outre chacune des enseignes sélectionnées, le portrait de quelques personnages de haute volée, tels Sylvain Sérouart d’Iguane Café, notre ami Philippe Dade déjà cité et l’artiste peintre Vincent Nicaudie. De nombreuses interviews jalonnent également les pages du magazine, apportant au lecteur nombre d’informations axées toutes bien entendu sur la gastronomie créole et les métiers de bouche. Et en point d’orgue, celle du Président du CTIG (1), Louis Molinié, ce qui est la moindre des choses quand on connaît l’impact de la restauration dans la politique touristique de nos îles.
(1) CTIG : Comité du Tourisme des Iles de Guadeloupe.

Un haut critère de qualité : l’authenticité

Trophée Atlas des Gourmets - Ph. R. Joyeux

Trophée Atlas des Gourmets – Ph. R. Joyeux

Pour cette sélection très fermée, qui n’est pas, soulignons-le, une compétition avec gagnants et perdants, mais une reconnaissance proclamée de qualité, le premier critère d’appréciation retenu c’est celui de l’authenticité. Comme le précise l’Atlas des Gourmets, « les restaurateurs sélectionnés ont à cœur de proposer une cuisine qui allie les couleurs, les parfums et les textures les plus authentiques. »
Affirmation que ne démentira pas le Président du CTIG, Louis Molinié en personne, maire par ailleurs de Terre-de-Haut et conseiller régional, amateur reconnu et éclairé, comme chacun sait, de la bonne chère. Bien que malencontreusement absent à Saint-François pour la remise des précieux trophées, dans l’interview accordée à cette occasion à l’Atlas des Gourmets et pour avoir sans doute l’excellente habitude de fréquenter à tour de rôle chacun des 22 restaurants répertoriés de notre île, ce parfait connaisseur de la cuisine créole en général et saintoise en particulier a en effet finement déclaré : « L’authenticité est là ; je la vois, je la connais ». Rendant ainsi implicitement hommage à nos deux chef saintois couronnés, Philippe Dade et Georges Garçon. Et, à travers eux, à l’ensemble des restaurateurs guadeloupéens primés qui font de ce haut critère de qualité la caractéristique essentielle de leur enseigne.

Ti Kaz’ la
ou le bruissement des vagues

Ouvert sur la Baie des Saintes. Ph.R.Joyeux

Ouvert sur la Baie des Saintes. Ph.R.Joyeux

« Ouvert sur la baie des Saintes, le restaurant de Philippe Dade propose une carte élégante où les goûts et les parfums se mêlent. Poissons et légumes pays s’accordent avec des saveurs de terroirs français ou d’ailleurs, créant la surprise et offrant des découvertes surprenantes. Une cuisine juste et sincère. » C’est ainsi que l’Atlas des Gourmets présente Ti Kaz’ la à ses lecteurs. Et les nombreux clients de Philippe Dade, Saintois ou visiteurs, pourraient aisément le confirmer. Entre le carpaccio au roquefort d’espadon ou de thon, les raviolis de langouste et les noix de Saint-Jacques aux carottes gelées, en guise d’entrées ; la langouste grillée à l’antillaise, le jarret d’agneau Blue Mountain ou la choucroute de la mer en plat de résistance, c’est toute une palette de saveurs originales que Ti Kaz’ la offre à sa clientèle.

Élégantes tables de Ti Kaz'la - Ph. Atlas des Gourmets

Élégantes tables  et décor de Ti Kaz’la – Ph. Atlas des Gourmets

Photo Atlas des Gourmets

Présentation Ph. Dade – Atlas des Gourmets

Saveurs sublimées par une large gamme de desserts, allant du célèbre tourment d’amour qu’on ne présente plus, au délicieux soufflé chaud à la mangue et son coulis de framboise… Autant de merveilles gastronomiques concoctées par cet excellent cordon bleu d’origine parisienne qu’est Philippe Dade, ancien cuisinier du croiseur-école Jeanne d’Arc, formé à l’art des métiers de bouche depuis son plus jeune âge. Pour votre information, Ti Kaz’ la se situe au 10 rue Benoît Cassin à Terre-de-Haut, au bout d’une pittoresque ruelle, fenêtre de plein ciel ouverte sur l’incomparable baie des Saintes, grandiose décor naturel s’accordant magiquement à l’exotisme subtil des menus proposés.

http://ti-kaz-la.restaurant-les-saintes.com/

1 Ti Bo Doudou
ou le meilleur du poisson

Georges Garçon - Ph Atlas des Gourmets

Georges Garçon – Ph Atlas des Gourmets

« Georges Garçon, fils de mareyeur saintois et frère de trois cuisiniers et restaurateurs, tient son restaurant sur la plage de Fond Curé aux Saintes. Les pieds dans le sable, dégustez son menu à prix unique, avec un choix de plats inventifs et gourmands où la mer tient la plus belle place. » Cet extrait de l’Atlas des Gourmets résume parfaitement le parti pris gastronomique de la table du restaurant 1 Ti Bo Doudou et de son talentueux chef, le sympathique Georges Garçon. Bien que se méfiant du terme « gastronomique » qu’il craint de galvauder et auquel il préfère celui moins prétentieux de « culinaire », Georges Garçon ne soigne pas moins pour autant menus et présentation. Restaurateur autodidacte, il sait d’instinct accommoder ingrédients, matière première et décoration pour le plus grand plaisir des yeux et du palais de ses invités. Et si une super-palme de l’authenticité était à décerner, c’est sans conteste à lui qu’elle reviendrait, tant il privilégie dans ses préparations les produits frais du terroir (igname, papaye, patate douce, giraumon…), alliés au meilleur du poisson des Saintes, base essentielle de sa carte particulièrement appréciée des gourmets les plus exigeants. C’est d’ailleurs une des raisons de son classement Trip Advisor en tête des 22 restaurants de Terre-de-Haut depuis son ouverture au 58 rue Benoît Cassin, sur la plage du Fond Curé, face au pittoresque Ilet à Cabris, célèbre pour son ancien pénitencier, ses ruines historiques et l’eau cristalline de ses criques escarpées. Un conseil : pensez impérativement à réserver.

1 Ti Bo Doudou - Ph. l'Atlas des Gourmets

1 Ti Bo Doudou – Ph. Atlas des Gourmets

http://www.lessaintes-resa.fr/1ti-bo-doudou/1-ti-bo-doudou.html

Au final : un satisfecit général

Il ne nous reste plus qu’à féliciter nos deux lauréats qui font honneur, par la qualité de leurs prestations culinaires, à la gastronomie saintoise. Prouvant s’il en était besoin que des efforts sont faits du côté de nos restaurateurs, dont la moindre des courtoisies est de satisfaire la clientèle qu’elle soit résidente ou de passage. Ajoutons que, de ce point de vue, c’est le lot, avec plus ou moins de bonheur, de nos vingt autres établissements saintois, de leurs chefs et de leur personnel qui, s’ils ne sont pas aujourd’hui sur la sellette, ne restent pas moins dignes de figurer parmi les meilleures tables de Guadeloupe. C’est l’occasion pour vous, lecteurs résidents ou de passage aux Saintes, de profiter des fêtes de fin d’année pour faire votre choix et vous adonner, sans réticence, en famille ou entre amis, aux plaisirs ineffables de la table. Et de fêter ainsi joyeusement le passage en 2017, année que nous vous souhaitons volontiers appétissante, croustillante et musicale, puisque selon le mot du célèbre compositeur Rossini (1792-1868) : « La bonne cuisine c’est une mélodie que l’on déguste par la bouche »  ….

Présentation Georges Garçon - Ph Atlas des Gourmets

Présentation Georges Garçon – Ph Atlas des Gourmets

                           Alors, Bonne et Heureuse Année gastronomique à tous !

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