18 septembre – 18 octobre : Terre-de-Haut un mois après Maria

Dérogeant une seconde fois au suivi de mes chroniques estivales sur la Pologne, je vous présente, chers amis lecteurs qui me suivez sur ce sujet, toutes mes excuses pour cette nouvelle interruption momentanée et vous propose quelques commentaires, informations et photographies sur la situation de Terre-de-Haut, un mois jour pour jour après le passage de Maria de sinistre mémoire.

État des lieux :
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ne situation qui a du mal à se débloquer

Beaucoup d’articles, de réflexions, d’analyses, de commentaires et d’images ayant déjà été publiés sur l’ouragan lui-même, sa puissance, sa trajectoire, ses effets, aussi bien sur les réseaux sociaux, sur les radios et télévisions, que dans les quotidiens et hebdomadaires départementaux, il paraît inutile de revenir sur le phénomène en tant que tel, largement connu aujourd’hui dans toute sa brutalité. Intéressons-nous plutôt, trente jours après, à la situation actuelle de notre commune, pour ne parler que d’elle. Sans oublier que d’autres collectivités, plus touchées que la nôtre, souffrent sans doute davantage des effets des deux monstres successifs que furent Irma et son exécrable sœur jumelle Maria. Collectivités qui sont encore loin d’être totalement relevées des désastres subis.

Eau et électricité : un rétablissement rapide et bienvenu

Sur ce point, il n’y a rien à redire, sinon que du bien, des félicitations et un grand merci aux responsables et techniciens. Les opérateurs de ces secteurs ont en effet procédé très rapidement au rétablissement de la distribution de ces deux services indispensables dans les délais très courts, si bien que dans ce domaine, la population de Terre-de-Haut n’a pas eu trop longtemps à souffrir de leur manque. Et aujourd’hui, la situation est redevenue tout à fait normale, comme avant les ouragans. Sauf pour l’éclairage public qui tarde à se rétablir. Concernant l’eau, un problème de potabilité survenu quelques jours, a vite été endigué par une distribution en mairie aux habitants de packs d’eau minérale avec service à domicile pour les « personnes âgées »… Comme ont été fournis « à ceux qui en avaient besoin » des groupes électrogènes et des tronçonneuses thermiques… sans favoritisme, évidemment, comme cela s’est toujours fait chez nous depuis la nuit des temps ! Ah bon ?

L’efficacité des agents EDF a permis de rétablir rapidement l’énergie électrique -Ph A. Joyeux

Téléphone et Internet : toujours pas de connexion et personne au bout du fil

On ne pas dire autant du réseau téléphonique. C’est un des points noirs qui subsistent encore à l’heure où nous publions cette chronique. Des techniciens venus de Guadeloupe ont bien dans un premier temps procédé aux réparations nécessaires au niveau du central de la TSF. Mais, malheureusement, l’après-midi même de leur départ, le feu se déclarait dans les installations, obligeant le service communal d’incendie à intervenir, noyant sous des trombes d’eau toute possibilité de reprise rapide des communications.

Containers de récupération saturés

Une seconde tentative a été faite quelques jours plus tard. Mais le réseau aérien non encore totalement restauré, et semble-t-il, l’antenne-relais de Vieux Fort, toujours au sol, interdisent le rétablissement du service téléphonique et par le fait même d’Internet. Les cellulaires eux-mêmes, commencent à peine à fonctionner, les opérateurs ayant encore du mal à stabiliser leurs réseaux. Information prise, ce n’est qu’au 28 octobre, si tout va bien, que tout pourrait rentrer dans l’ordre, espérons-le vivement. L’intervention du maire rappelant la nécessité d’enterrer les lignes aussi bien téléphoniques qu’électriques relève du pur bon sens. N’oublions pas cependant que voilà une quinzaine d’années, d’importants travaux d’enfouissement ont été entrepris dans la commune, avec pose de gaines orange pour le passage des câbles sans que les travaux aient été finalisés. Pourquoi l’arrêt brutal de ces travaux ? Mystère.

Encombrants et nettoyage du bourg et des plages : l’insupportable attente

C’est sur ce point que rien ne va plus. Sans aller très loin dans les investigations, il faut reconnaître que les services communaux sont totalement dépassés par la situation. Certes il y a beaucoup à faire, et certains secteurs du bourg, il faut le dire, ont commencé d’être très progressivement débarrassés des monceaux d’encombrants et de branchages générés par la puissance des vents et que les habitants ont entreposés en vrac, faute de mieux, le long des rues. Or Terre-de-Haut est l’une des petites communes la mieux dotée en matériel d’élagage, de broyage, de déblayage, de tri et de traitement de ses déchets. Nous sommes une île certes et il faut transférer ailleurs nos nombreux déchets et encombrants.

Cela suppose, personne n’en doute, une sacrée organisation, du matériel, du personnel, un calendrier, des emplacements de stockage et de traitement, mais d’ici à faire croire qu’un pneu crevé de camion empêche toute action de ramassage, il ne faut pas charrier non plus, pour parler vulgairement. Et il faut surtout, une fois pour toutes,  arrêter de tenir compte des opinions politiques pour procéder aux élagages sélectifs avant les périodes cycloniques. C’est de la responsabilité des maires de traiter indifféremment et dans le même sens tous les administrés. Cela faciliterait drôlement les choses après les intempéries et tout le monde y gagnerait. 

Une commune touristique livrée à elle-même

D’un autre côté, commune touristique s’il en est, mise en avant dans toutes les pubs vantant les charmes de l’archipel guadeloupéen (soi-disant Archiperle des Antilles,  – barbarisme on ne peut plus affreux !), Terre-de-Haut mériterait, c’est vrai, un traitement plus rapide et plus efficace de la part des instances départementales et régionales. De plus avec un responsable communal, président, rien que cela, du comité régional du tourisme, on aurait pu croire que… et s’attendre à… etc

Eh bien non, nous sommes à ce jour quantité plus que négligeable, et sauf à retrousser nous-mêmes nos manches et à mettre nos mains dans nos ordures – beaucoup le font ! – nous sommes réduits à voir notre commune pratiquement livrée à elle-même… Une lueur d’espoir cependant à la veille de l’ouverture de la saison touristique : financement, équipements et main d’œuvre sont prévus pour bientôt, comme l’aurait promis la Présidente du Conseil départemental lors de sa récente visite en mairie. Visite de laquelle aucune image ni déclaration publique n’a filtré mais dont le citoyen aimerait connaître la teneur exacte. Au même titre que l’administré de Terre-de-Bas, commune il est vrai autrement plus active et efficace que la nôtre en matière de demande, d’obtention d’aide et de communication. Bravo M. Duval !

E.Duval maire de TDB en réunion avec la Présidente du Conseil départemental – Ph.Site Mme Borel-Licertain

La plage artificielle du Fond Curé : un fiasco prévisible

Il n’y avait pas besoin d’un ouragan pour prévoir et constater que cette impensable entreprise était d’emblée vouée à l’échec. Échec financier sans précédent, on le savait dès le départ, mais aussi échec écologique et environnemental exorbitant. Avec cette digue de pierres inopérante qui défigure le secteur et la pollution générée par les égouts, les caniveaux et la proximité de la décharge, tout était réuni pour le plus grand fiasco décisionnel que Terre-de-Haut ait jamais connu. Seuls quelques naïfs ont fait semblant de croire un moment que cette fameuse plage serait une réussite. Aujourd’hui les faits sont là pour prouver plus qu’abondamment le contraire !

Plage artificielle du Fond Curé : la mer a repris ses droits – Ph R. Joyeux

Pollution marine : qui s’en préoccupe ? 

Bien avant les dernières intempéries majeures que nous avons connues fin août et le 18 septembre de cette année 2017, les fonds marins de Terre-de-Haut, particulièrement aux abords du littoral, étaient (et sont toujours) un dépotoir innommable de déchets de toutes sortes dont on ne parle jamais et dont personne en haut lieu ne se préoccupe. Ces amas d’objets immondes : assiettes, couverts et gobelets en plastique, gouttières délabrées, vieux cordages, sachets, filets pourrissants, carcasses de moteurs, bidons d’huile, bouteilles et autres canettes… défigurent outre les fonds qu’ils colonisent, mais aussi les plages sur lesquelles ils s’échouent au moindre raz de marée, générant une pollution permanente, indigne d’une commune maritime comme Terre-de-Haut.

La pêche aux déchets a de beaux jours devant elle – action et Ph. d’Alain Joyeux

Et ce n’est pas une journée par an organisée par des volontaires et les clubs de plongée qui résoudra le problème même si le travail de ramassage qu’ils font ce jour-là est loin d’être négligeable. Si chacun ne se sent pas responsable de son environnement immédiat, c’est la catastrophe assurée. Combien de Saintois en sont vraiment conscients ? On peut les compter assurément sur les doigts ; et se poser sérieusement la question n’est pas inutile, tant les mauvaises habitudes d’individualisme sont ancrées hélas dans nos mœurs.

Déchets régurgités  par l’ouragan sur la place du Plan d’eau. Ph R.Joyeux

Transports maritimes : restriction des liaisons inter- îles

Avec la disparition de la navette Bleu Azur, retrouvée éventrée à Saint Kits sans possibilité de rapatriement, les liaisons régulières entre Terre-de-Haut et Terre de Bas semblent  à ce jour définitivement interrompues. D’autre part, si la vedette à passagers Béatrix a pu être sauvée in extremis alors qu’elle était, semble-t-il, à la dérive en pleine tempête, ce ne fut pas le cas pour le joyau de la CTM DÉHER, Le Miss Guadeloupe, qui, rompant ses amarres dans la nuit du 18 au 19 septembre, s’est échouée au Pain de Sucre, sur les rochers de l’Anse Devant. Actuellement en cours d’expertise, il attend d’être fixé sur son sort. Dans l’espoir d’une rapide réparation et d’une remise à flot imminente, ses armateurs ont dû procéder à des modifications d’horaires, d’autant plus nécessaires qu’une autre unité de la compagnie est en arrêt technique. Un simple clic sur le site de la CTM vous informera sur les nouveaux horaires, provisoires, espérons-le, aussi bien pour les rotations vers Trois-Rivières que pour celles sur Basse-Terre. Quant à la Compagnie Saintoise de Transports, son navire La Parisienne, échoué lui aussi sur les cayes, n’assure plus son service régulier de transbordement des déchets vers Pointe-à-Pitre. Ce qui complique fortement la tâche des gestionnaires de la plate-forme de tri et les oblige à prévoir un autre moyen de transfert des containers.

La Parisienne entrant au port de Pointe-à-Pitre avant Maria – Ph R. Joyeux

De bonnes volontés se font jour : ne désespérons pas !

En arrivant au terme de cette chronique quelque peu déprimante, je reçois d’un ami une info réjouissante qui atténue en partie mes réflexions sur la pollution marine à Terre-de-Haut et l’individualisme saintois. Elle apporte une note positive à mes propos et c’est volontiers que je vous en fais part : un internaute de Baie-Mahault du nom de Lapin la, vient de publier sur sa page Facebook un appel aux bonnes volontés pour l’aider à replanter à Pompierre des cocotiers, en remplacement de ceux détruits par Maria.

Cocoteraie de Pompierre décimée

Voici son message que vous pouvez consulter avec les likes et les commentaires en cliquant sur le lien photographique ci-dessous :

En réponse à Lapin la

Cher ami inconnu, votre généreuse proposition me touche énormément comme elle touchera sans doute beaucoup de Saintois. Mais à moi, elle revêt une connotation toute particulière puisqu’en 1971, j’étais l’un de ceux qui avaient participé à la plantation de la cocoteraie de Pompierre aujourd’hui décimée par l’ouragan. Si je suis aux Saintes lors de votre venue, vous pourrez compter sur moi, avec d’autres, je l’espère, pour vous aider à rebâtir cette cocoteraie. Au nom de mes compatriotes, je vous adresse un grand merci, et, en attendant de vous connaître, vous exprime toute ma sympathie et mon entière solidarité. 

Raymond Joyeux

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Dépaysement en Pologne – 3

Après la parenthèse des ouragans du début septembre qui ont lourdement touché la Guadeloupe et ses îles, nous voilà revenus à nos chroniques sur la Pologne…

Nous sommes le jeudi 3 août. Depuis notre arrivée le soleil ne nous a pas quittés. Dès le matin, la température extérieure avoisine les 35 degrés. Le ciel est d’un bleu cobalt intense, sans le moindre soupçon de nuage. L’air immobile inciterait plutôt au farniente. Mais si nous sommes venus ici ce n’est pas pour nous endormir en restant tranquillement au frais dans nos chambres d’hôtel. Aujourd’hui, deux visites importantes sont prévues : Auschwitz-Birkenau et la maison natale de Jean-Paul II à Wadowice.

Au cœur de l’inconcevable
1- Auschwitz N° 1 – le Stammlager

Dans un important ouvrage collectif abondamment illustré sur les camps de la mort au cours de la deuxième guerre mondiale, intitulé, en référence à la liturgie nocturne de la semaine Sainte,  LEÇONS DE TÉNÈBRES, publié par les Éditions Perrin en 2004, l’ancien déporté André Rogerie écrit : « Contrairement à ce qu’on pense communément, ce qu’on appelle le camp de concentration d’Auschwitz représente en réalité trois camps situés au sud de la Pologne, à 60 kilomètres de Cracovie … Le camp d’Auschwitz N°1, le Stammlager (camp principal) ; le camp d’Auschwitz N°2, Birkenau ; le camp N°3, Buna-Monowitz. C’est cet ensemble de trois camps qu’on appelle AUSCHWITZ. »

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Portail d’entrée du camp principal d’Auschwitz. il est écrit en allemand : « Le travail rend libre. »

C’est en début de matinée que notre bus se gare aux emplacements réservés non loin de l’entrée du camp N°1 d’Auschwitz, première étape de nos deux importantes visites d’aujourd’hui. Bien qu’ayant fait par le passé en individuels la visite de ce trop célèbre camp de la mort, c’est toujours avec la plus grande émotion que l’on franchit le seuil de ce « musée » unique, heureusement, dans le monde, et qui perpétue la mémoire d’une partie de ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants innocents, victimes de la « barbarie nazie », comme on dit souvent machinalement, sans penser peut-être, sans imaginer ce que cette expression galvaudée exprime d’insupportable. Et surtout sans comprendre vraiment ce qui s’est déroulé ici, au Sud de la Pologne, durant ces cinq terribles années de la Seconde Guerre mondiale. Sans comprendre, comme le soulignent les mots du déporté feu Edmond Michelet étreignant à sa libération son ami Maurice Schumann venu à sa rencontre :  » Tu vas voir, tu vas pleurer, mais tu ne comprendras pas. Pour comprendre, il faut avoir été ici avec la mort. »

D’anciens casernements polonais

Lors de l’invasion de la Pologne par les Allemands en 1939, c’est naturellement que ces derniers occupèrent une ancienne caserne polonaise qu’ils transformèrent en avril 1940 en camp de concentration. « C’est là que furent incarcérés et souvent exterminés, lit-on dans Leçons de Ténèbres, de nombreux Polonais, des Russes et des Juifs de toutes nationalités ».  Au début, le camp comportait 20 bâtiments dont 14 pavillons et 6 blocs indépendants d’un étage. Par la suite les prisonniers furent chargés de travailler à l’agrandissement des bâtiments et à ajouter un étage aux pavillons. Au total le camp comporta 28 bâtiments pour recevoir jusqu’à 20 000 prisonniers, avant l’arrivée en masse des déportés voués à l’extermination. Bureaux, cachots, chambres à gaz et fours crématoires y furent en effet aménagés en vue de leur funeste destination et, aujourd’hui, ce sont ces mêmes tristes locaux et ces installations – celles qui n’ont pas été détruites par les Allemands en tout cas – qui servent de salles au musée. Salles que notre guide, maîtrisant parfaitement le français, nous fait successivement découvrir, apportant toutes les explications nécessaires dans une écoute respectueuse, malgré l’affluence des autres groupes de visiteurs se succédant dans un ordre relativement fluide.

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Des témoignages plus qu’émouvants

Sans entrer dans des détails indécents que, par respect pour le million et demi estimé de victimes assassinées ici par les nazis, j’ai évité personnellement de photographier, nous avons pu voir, au rez-de-chaussée des différents Blocs, les salles où ont été recueillis les effets personnels des déportés à qui l’on faisait croire qu’ils n’étaient que de passage : valises, chaussures, lunettes, affaires de toilette, ustensiles de cuisine… Mais les plus émouvantes de ces reliques sont sans conteste les amas des cheveux entremêlés et les photographies aux murs des bustes, face et profil, des prisonniers en habit rayé, le N° de matricule inscrit sur la poche. Ce qui nous marqua aussi fortement ce sont les explications du guide concernant la virtuosité cynique des nazis à inventer supplices et tortures aussi bien physiques que morales infligées aux prisonniers avant leur extermination. Et c’est ici que prend toute sa terrible confirmation l’adage qui dit que : « Ce que l’homme a fait subir à son semblable, aucun animal ne l’a jamais fait. »

Four crématoire

Entrée d’un four crématoire illuminée à l’occasion d’une cérémonie du souvenir à Auschwitz.

2- Auschwitz N°2 – Birkenau

Une terrible impression de malaise et de compassion

Au sortir de ce musée, c’est un sentiment mêlé de malaise et de compassion qui domine chez nous tous. Malaise quant à ce qui pousse les hommes à tant de haine et de créativité dans l’accomplissement de tels actes gratuits de barbarie ; compassion pour les victimes de cette barbarie touchant de si nombreuses personnes, sans distinction d’âge, de nationalité, d’origine, de religion, jusqu’à la solution finale visant exclusivement les Juifs. Sentiment de malaise que nous continuerons à éprouver lors de notre arrivée à Birkenau. Ce camp N°2, situé à 3 Km d’Auschwitz comprenait 300 bâtiments qui ont été construits sur 175 ha, lorsque le camp principal était devenu trop petit pour les projets criminels des nazis d’élimination massive. Sur la totalité de ces 300 bâtiments, seuls 42 baraquements en briques et 22 en bois sont restés intacts.  Ils constituent un  témoignage poignant des atrocités et de la mort cruelle infligées à plusieurs centaines de milliers de détenus innocents. L’entrée principale avec les voies ferrées de sinistre usage sont également en parfait état.  C’est le seul vestige de cette folie humaine, avec le mirador et les barbelés ci-dessous que j’ai osé photographier.

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Entrée principale de Birkenau

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Que dire après cela ?

Que dire, au-delà de la grande émotion éprouvée, sinon que, malgré une dérive un peu trop touristique de notre point de vue, mais sans doute inévitable, une visite à ces hauts lieux de mémoire est indispensable et nécessaire à qui veut se rendre compte d’une triste et tragique réalité pas si lointaine qui a marqué de façon indélébile notre humanité. Que dire encore, sinon notre incompréhension face à ceux qui s’obstinent à mettre en doute cette réalité. Que dire enfin sinon que la lecture des récits de ceux qui ont survécu à cet enfer ne pourrait que renforcer notre prise de conscience de ce que des hommes ont fait  méthodiquement subir à leurs semblables : je veux parler, parmi d’autres, du livre de Primo Levi : Si c’est un homme, de celui de Robert Antelme : L’espèce humaine et de celui de Jorge Semprun : l’Écriture ou la vie.

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Fragment du Camp de Birkenau en hiver

Texte de Raymond Joyeux

Crédit photos :
1 – Portail du camp d’Auschwitz  : ouvrage collectif en polonais : Auschwitz- Birkenau
2 – Barbelés : ibidem
3 – Entrée d’un four crématoire : Auschwitz Les Voix des ténèbres -2001 – Adam Bujak
4  et 5 – Raymond Joyeux
6Fragment du camp de BirkenauAuschwitz Les Voix des ténèbres -2001 – Adam Bujak
  • Prochaine chronique : visite de la maison natale de Jean-Paul II à Wadowice
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Quand MARIA fait des siennes..

La Dominique, les Saintes et le Sud Basse-Terre durement touchées 

À la demande des nombreux lecteurs et amis internautes de ce blog, je fais une parenthèse sur mes pérégrinations polonaises dont j’avais commencé la publication des premières chroniques. Cela pour vous transmettre quelques photos des Saintes après le passage de l’ouragan Maria. Je précise que n’étant pas à Terre-de-Haut au moment du cyclone (et ne le suis toujours pas), je n’ai pu, ni ne peux, me rendre compte personnellement des dégâts et n’ai pas pu prendre de photos comme à l’accoutumée. Mon correspondant sur place, Alain Joyeux, doit m’en transmettre, mais l’île étant privée d’électricité (et d’eau), il ne peut pour le moment recharger la batterie de son portable et a du mal à me joindre. Je me contenterai donc de vous proposer deux liens pour vous permettre de visionner photos et vidéos publiées par des amateurs de Terre-de-Haut et Terre-de-Bas témoins directs des événements : Maria Terre de haut et Terre de Bas   . Ces images, également publiées pour la plupart sur le Facebook de  Terre de Haut Indiscretions vous donneront une idée de la situation. Images que leurs auteurs acceptent de partager mais qui restent leur propriété personnelle. Merci à ces photographes amateurs, témoins de ces graves événements et aux sites diffuseurs.

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L’ouragan sur les Antilles. Le petit point foncé sur la Dominique c’est l’œil du cyclone

En attendant que vous ouvriez facilement le lien, voici quelques photos récupérées sur Terre-de-Haut Indiscrétions et dont vous trouverez le nom des auteurs sur le site.

Quartier du Fond Curé

Le jardin saccagé de Paul-Henri et un pan de sa maison à droite

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Le petit marché en face de Vival

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Le Miss Guadeloupe échoué au Pain de Sucre

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Plage de l’Anse à Gilot : voiliers échoués et restaurant détruit

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Maison particulière endommagée

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Route du Marigot

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À proximité de la place de la Mairie

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Quartier du Marigot

Non loin du stade

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La maison bateau route de l’Anse Mire

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Pour Terre-de-Bas, encore plus gravement touchée que Terre-de-Haut, je vous transmets à nouveau le lien avec des images de Jordy Petit :

Maria Terre de Haut et Terre de Bas

En conclusion de cette chronique improvisée, voici un commentaire d’Igor Schlumberger, amoureux des Saintes et propriétaire d’une maison à l’Anse Mire qu’il vient de finir de rénover. Igor n’a pas vécu personnellement l’ouragan. Sa maison semble-t-il, n’a pas été endommagée, mais son commentaire résume la situation actuelle à Terre-de-Haut au lendemain du passage de Maria. J’espère qu’il vous intéressera, en souhaitant que sa prédiction finale un peu pessimiste restera sans lendemain… et que vous qui me lisez ayez des nouvelles rassurantes de vos familles, parents ou amis saintois. Pour ma part, tout va bien. Je rassure mes parents et amis : seulement du sable devant la maison côté mer, la végétation saccagée mais rien de sérieux. Même remarque pour le reste de ma famille aux Saintes : des arbres tombés, des barrières couchées, des poules envolées, mais tout le monde est sain et sauf et les maisons intactes… il faut dire que ma sœur aînée Maryse est présidente à Terre-de-Haut du Rosaire en équipe, autrement dit des Enfants de Marie  !… Ouf !…

Voici le témoignage d’Igor Schlumberger que je remercie pour son amitié :

« Je viens d’avoir le témoignage d’un ami sur place. C’était une véritable lessiveuse. Il fallait tenir les portes, car avec les vibrations, les crochets se relevaient tout seuls. Toutes les paraboles se sont envolées. Le toit de la maison bateau a été retrouvé au fort Napoleon (à vérifier quand même). Le toit de la bibliothèque a été abîmé, celui de l’école maternelle également. Son avocatier qui avait plus de 20 ans a été déraciné (alors qu’il était protégé par un mur). Beaucoup de barrières ont été endommagées. Les gens sont restés sagement chez eux. Peu ont dormi. Le calme est revenu sur Terre de Haut qui panse ses plaies et qui sait à quoi s’en tenir, car un prochain cyclone aussi fort s’abattra à nouveau sur Terre de Haut un jour. »

En attendant  les photos et commentaires d’Alain, je vous renouvelle à tous mon amitié et vous souhaite du courage à n’en plus finir pour que notre île retrouve rapidement son vrai visage et reparte de l’avant, ayant pansé les plaies de Maria, quoi que cela coûte…

Raymond Joyeux

P.S. : Sur cette photo satellite, on voit nettement en jaune, au centre du phénomène, l’œil de l’ouragan  qui s’apprête à traverser la Dominique.

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Dépaysement estival en Pologne – 2

En route pour Kraków

Après une bonne nuit de sommeil réparateur, n’ayons pas peur des clichés ! les fatigues du trajet depuis Montceau commencent à s’estomper. L’enthousiasme règne dans le groupe et c’est de bonne grâce, ce mardi 2 août, que tout le monde, requinqué par l’habituel copieux petit déjeuner, obtempère aux injonctions de notre ami Daniel : notre bus est prêt à démarrer. Un ultime comptage, une courte prière en polonais par Tadeusz qui nous recommande aux dieux de la route et nous voilà partis pour une longue journée ensoleillée de visite à Kraków.

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Kraków, Cracovie en français, est la capitale historique du royaume de Pologne.  Supplantée depuis 1596 par Varsovie, l’actuelle capitale située plus au nord, elle ne reste pas moins l’une des villes du pays la plus chargée d’histoire, de monuments prestigieux, tant civils que religieux, de trésors architecturaux les plus célèbres d’Europe … C’est dans cette ville que les rois se faisaient couronner et c’est le siège de l’université Jagellonne qui date du XIVème siècle. Université où ont étudié, à cinq siècles d’intervalle, l’astronome Nicolas Copernic, (1473-1543) et celui qui n’était pas encore canonisé, le futur Pape et Saint, Jean-Paul II, de son vrai nom Karol Wojtyła (1920-2005), dont nous visiterons plus tard la ville natale et la demeure familiale.

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Cour intérieure de l’Université Jagellonne

Le château de WAWEL et sa cathédrale

Outre sa célèbre université, Kraków abrite les prestigieux et incontournables Château de Wawel et sa Cathédrale, édifiés sur une colline fortifiée dominant la Vistule. Un guide, (ou plutôt une) – époustouflant d’érudition, (même si elle hésite à traduire jusqu’au bout les inscriptions et titres latins des tapisseries, extraits de la Bible !) – une guide, disais-je, nous attend pour nous expliquer dans les détails et en français l’historique de chacune des salles avec sa collection de portraits, de tapisseries, de bijoux, d’armures… Nous sommes éblouis par tant de richesses artistiques et de trésors amassés au cours des siècles, dont les joyaux de la couronne, (comme il se doit !), mais aussi par les effets architecturaux, la plupart d’époque, certains, dégradés par les guerres et le temps, ayant été reconstitués à l’identique. Les groupes de visiteurs se croisent avec leur guide entre deux portes monumentales de cette Tour de Babel aux multiples tonalités de langage. C’est l’été, saison touristique par excellence, et la Pologne, l’un des pays les plus visités d’Europe de l’Est, et riche de ses attraits et de son histoire, n’échappe pas à la règle.

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Là-haut sur la colline…

Malheureusement aucune photo n’est permise à l’intérieur, règle compréhensible, surtout à cause des flashes qui altèrent les couleurs, mais règle que certains, en douce, ne se privent pas de contourner allègrement… Nous visitions dans la foulée la cathédrale, de style gothique et ses nombreuses chapelles baroques, ajoutées au fil des siècles. Seule la crypte échappe à nos déambulations : c’est pourtant là que se trouvent les tombeaux des rois de Pologne, mais aussi celui – très controversé – de l’ancien président Lech Kaczyński, décédé en 2010 dans l’accident de son avion à Smoleńsk, et frère de l’actuel président du parti conservateur le PIS.

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Un ensemble architectural unique : le château royal de Wawel et sa cathédrale 

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La cour Renaissance du château et ses colonnades

Visite de la vieille ville et de l’ancien quartier juif de KAZIMIERZ

Après Wawel, nous gagnons au pas de charge, au pied de la colline, la station de départ des voiturettes électriques, que, très inspirés, Daniel et Tadeusz nous ont réservées, comme à Wrocław. Aussi, c’est ensemble mais en trois groupes distincts, et tranquillement installés à l’ombre, que nous nous lançons à la visite guidée de la vieille ville de Cracovie avec sa superbe place médiévale, Rynek Glówny, la plus grande d’Europe, la Basilique Sainte-Marie, appelée aussi Basilique Notre-Dame, érigée en l’honneur de l’Assomption de la Vierge Marie, entre le XIIIème et de début du XVème siècle. Mélange d’architecture gothique et de style Renaissance, cette église est également célèbre pour son monumental retable de Wit Stwosz qui domine le chœur de ses 13 mètres de hauteur sur 11 de large, qu’il est interdit bien entendu de photographier mais que l’on peut retrouver facilement sur Internet.

Basilique Notre Dame à Cracovie

Toujours en voiturettes, nous parcourons l’ancien quartier juif de KAZIMIERZ, centre historique et social des Juifs de la ville jusqu’à la seconde Guerre mondiale. Autonome  à ses débuts mais rattaché à Cracovie en 1872, ce quartier de la ville fut fondé en 1335 par le roi Casimir le grand qui lui donna son nom. Autrefois entouré de murailles, il accueillit pendant plusieurs siècles la communauté juive de la ville mais aussi de nombreux réfugiés israélites venus des pays d’Europe centrale où ils étaient persécutés. La présence d’un ghetto témoigne de l’existence cloîtrée des membres de cette communauté, liquidés par les SS en mars 1943, à l’instar de celui de Varsovie de tragique mémoire.

Synagogues et autres monuments furent alors érigés dont on retrouve aujourd’hui les traces et même l’intégralité, comme l’ancien hôtel de ville transformé en musée ethnographique et 7 synagogues dont encore une est ouverte au culte. Certaines  de ces synagogues sont en rénovation, d’autres servent de salles d’exposition très appréciées des touristes qui parcourent rues, cours et placettes chargées souvent d’une histoire tragique, conséquence directe des atrocités de la guerre. C’est dans cet ancien quartier juif hébergeant une célèbre usine que le réalisateur Steven Spielberg tourna, sur les lieux mêmes des événements relatés,  plusieurs scènes de son film : La Liste de Schindler. 

 Façade de l’usine Schindler et photographies de quelques-uns des employés sauvés par l’industriel. 

Repas et quartier libre l’après-midi

De retour à notre point de départ, nous nous retrouvons tous au restaurant Hawełka situé non loin de la Grand’Place à deux pas de la Basilique Notre-Dame. Le décor est somptueux et la bière frappée à souhait est la bien venue. La soupe froide à la betterave ouvre agréablement le menu « presque trop copieux » … même pour nos trois jeunes végétariens condamnés volontaires aux salades composées et à l’éternel fromage pané. Si la salle est climatisée, la chaleur extérieure se marie parfaitement à la glace-dessert de fin de repas. Un petit café clôt ce moment reposant de convivialité et nous voilà repartis – à pied cette fois et délaissant le groupe –  à la découverte de la ville : l’université, l’intérieur de la Basilique, une ou deux autres églises, la Halle aux draps sont nos principaux points de prédilection. Et, comme le souligne si bien Jean-Christophe Bailly dans ses « Voyages en France » – Éditions du Seuil, avril 2011 – : « Aucun aménagement exagéré, aucun fléchage absurde ne vient perturber ici le mouvement naturellement sans règles de la flânerie… »

La terrasse arborée de notre restaurant

 

Intérieur baroque de l’église Sainte Anne, non loin de l’Université Jagellonne

La célèbre galerie marchande de La Halle aux draps

17 heures : retour à l’hôtel

Mais, avec Daniel et Tadeusz, les deux patients anges gardiens de notre expédition, on ne badine pas avec les horaires. Rassemblés au point de RDV, les cabas pour certaines bien remplis, nous nous apprêtons à regagner notre hôtel loin du centre-ville. Rassurez-vous ce n’est pas dans le carrosse de la photo ci-dessous, si beaux soient les chevaux, que nous nous embarquerons pour le Jurajski. Mais bien, hélas, dans notre bus diesel habituel, dont les chauffeurs nous accueillent toujours avec le sourire et sans réflexions désagréables malgré nos fréquents retards : de vrais princes polonais, discrets, silencieux, courtois et particulièrement prudents !

La super deux-chevaux polonaise, bien trop « classe » pour nous !

Cette journée bien remplie du 2 août n’est pas terminée pour autant… une animation musicale, concoctée par D et T,  est prévue au souper à l’hôtel Jurajski : nous allons de surprise en surprise. Nos organisateurs ont vraiment bien fait les choses, et nous ne sommes qu’au deuxième jour !

Si les danseurs sont encore peu nombreux, les musiciens, eux, au fond, s’en donnent à cœur-joie

Texte et photos : Raymond Joyeux

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Dépaysement estival en Pologne

UnknownAprès la Scandinavie, la Pologne

Notre expédition en Pologne, cet été 2017, diffère de beaucoup de notre escapade de l’an dernier en pays nordiques. Alors que nous n’ étions partis que quatre en voiture pour la Hollande, le Danemark et la Suède, cette année, c’est en voyage organisé avec 36 autres personnes que nous avons parcouru le Sud de la Pologne. Un périple néanmoins inoubliable de 10 jours en dépit de longues heures de bus, à l’aller comme au retour, entrecoupées, heureusement d’arrêts réguliers nous permettant de nous dégourdir les jambes et de nous substanter de modestes repas tirés du sac, le premier et le dernier jour du voyage.

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Une initiative de la Chorale Traditions

C’est L’Amicale des Anciens de la Chorale Traditions de Montceau-les-Mines, sous l’énergique férule du dynamique et sympathique Daniel, secondé par le père Tadeusz de IŁOWA, chez qui nous faisons notre première escale, qui a eu la très bonne idée d’organiser ce mémorable « dépaysement ». Dépaysement au sens étymologique du terme dont l’itinéraire, minutieusement préparé ne nous a réservé que d’agréables surprises, tant pour les incontournables visites programmées que pour le gîte et le couvert dans trois hôtels différents, réputés pour leur accueil toujours cordial et empressé et pour la qualité exceptionnelle de leurs mets le plus souvent traditionnels.

17 heures de route à travers la France et l’Allemagne

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Mulhouse, dernier arrêt avant l’Allemagne

Partis des Gautherets en banlieue montcellienne le 31 juillet à 4 heures du matin, nous prenons la direction de Mulhouse, dernière ville française avant l’Allemagne, dont nous côtoyons sous le soleil, sans nous arrêter, les villes de Karlsruhe, Nuremberg et Dresde. Si les autoroutes allemandes sont gratuites, bien entretenues et sans limitation de vitesse, leurs aires de repos aux toilettes payantes, sans chauvinisme aucun, sont loin de valoir celles de la France. Malheureusement, en bus, notre vitesse à nous est forcément limitée et les innombrables zones de travaux nous ralentissent et nous font prendre un retard de deux heures sur l’horaire prévu. C’est donc à 21 heures, alors qu’il fait encore jour, que nous sommes heureux de mettre pied à terre et de découvrir notre première étape polonaise : IŁOWA, petite ville de 4000 habitants dont nous n’avons pas le temps de voir grand chose, et dont la visite d’ailleurs n’est pas prévue au programme. Accueillis pour le repas à la cure de Tadeusz, nous soupons, à volonté, comme des rois, pressés cependant de gagner nos chambres à l’hôtel Janków après ces 17 heures de route, interrompues seulement de trois courts arrêts plus que  bienvenus, en dépit d’une canicule qui n’a rien d’exceptionnel pour la saison…

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Hôtel Janków, ancienne villa allemande où nous passons notre première nuit.

Mardi 1er août :  BOLESŁAWIEC et WROCŁAW 

Le petit déjeuner à la résidence Janków est à l’image de tous ceux que nous aurons à déguster par la suite : choix de jus frais, fromages, œufs brouillés, charcuteries diverses, fruits de saison, lait, café, thé… petits pains exquis au sésame ou au pavot qu’on peut tartiner à volonté de beurre local, de confiture ou de miel, selon ses goûts et habitudes. Et même si ce n’est pas le cas, personne ne se prive de bien garnir assiette et soucoupe, histoire de faire honneur à la tradition du « buffet suédois » comme est appelé ici ce « p’tit dej » gargantuesque, à la mesure de la générosité légendaire de nos hôtes… Mais Daniel veille, il ne s’agit pas de flâner, le bus nous attend déjà et à 7 heures tout le monde, avec armes et bagages, doit être ceinturé à son siège. Nous n’avons que peu de temps pour faire quelques achats au magasin d’usine de céramique d’art de BOLESŁAWIEC et visiter WROCŁAW en voiturettes électriques… avant de prendre à 15 heures, juste après le déjeuner, la direction de Kraków et de notre prochain hôtel.

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WROCŁAW : Capitale 2016 de la culture européenne

Fondée au 10ème siècle, cette capitale de la Basse-Silésie, est la quatrième ville de Pologne avec plus de 630 000 habitants. La ville est traversée par le fleuve Oder qui se divise en plusieurs bras dont les rives sont reliées par pas moins de 120 ponts. Caractéristique qui a valu à la cité le surnom de « Venise polonaise » ou Venise du Nord. Ville universitaire, WROCŁAW accueille près de 150 000 étudiants de toutes nationalités. De nombreux Prix Nobel y ont étudié et obtenu leur diplôme. Les organisateurs de notre voyage nous ont concocté avec bonheur un tour de ville en voiturettes électriques, particulièrement apprécié et instructif car un guide parlant impeccablement le français nous dévoile, souvent avec humour, les aspects les plus insolites de la ville dont la présence dans presque toutes les rues de lutins en bronze érigés à partir de 2001. On compte actuellement plus de 350 de ces figurines, protégées par le gouvernement et constituant avec nombre de monuments, d’églises, de théâtres, de musées, l’une des attractions principales de la ville…
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Sur l’un des bras de l’Oder nous découvrons avec surprise ce pont aux cadenas d’amour, semblable à ceux de Paris dont les grillages, comme au Pont des Arts, croulaient sous des tonnes de métal, ce qui a nécessité leur récent enlèvement par les autorités de la capitale. Ici, à Wrocław, les fameux cadenas sont encore parfaitement visibles et, pour l’instant, personne ne semble vouloir les enlever. Les amoureux qui les ont avec ferveur accrochés peuvent continuer à dormir tranquilles dans les bras l’un de l’autre, et à s’aimer sans souci !

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Le Pont aux Cadenas d’amour

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 Hôtel de ville gothique construite entre 1242 et le XVI ème siècle, rénové en 1950

À vrai dire, les merveilles architecturales et naturelles de cette magnifique ville avec ses îles sur l’Oder sont si nombreuses, qu’il m’est impossible de vous les présenter toutes, surtout que, délaissant nos voiturettes électriques, nous sommes attendus au restaurant Dwór Polski, non loin de la place principale, pour un repas bien mérité, avant de prendre à 15 heures la route de KRAKÓW. C’est à sa périphérie, à trois heures de route de WROCŁAW, que notre prochain hôtel a été réservé. Pressés par un Tadeusz inflexible sur l’horaire, ceux (surtout celles) qui avaient envisagé de faire du lèche-vitrines en restent pour leurs frais !

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L’Hôtel de ville et son beffroi vu sous un autre angle

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Sur la place chauffée au soleil...

Direction KRAKÓW et l’hôtel JURAJSKI

C’est autour de 19 heures que notre bus climatisé (il fait 35° au dehors) nous dépose à notre second hôtel : le JURAJSKI. Comme l’ascenseur est souvent utilisé, nous nous résignons à monter nos valises au deuxième étage par l’escalier et à prendre possession de nos chambres, toujours accueillantes avec salle de bains et toilettes attenantes. Lits séparés comme il se doit mais couchage moelleux à souhait, comme une invite exclusive au repos, après ces deux premières journées enrichissantes, mais pour le moins rythmées et quelque peu harassantes. Dans la touffeur atténuée du soir, petite promenade autour de l’hôtel après le repas bien arrosé de bière du pays, avant de regagner nos chambres aux lits séparés. Il est 22 heures 30, le ciel est étoilé, demain est un autre jour !…

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Notre hôtel à la périphérie de KRAKÓW : Le Jurajski

Texte et photographies : Raymond Joyeux

 

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Ouragan José aux Saintes

Des photos impressionnantes

des effets de José à Terre-de-Haut

Alain Joyeux

 Vendredi 8 Septembre

La plage de Grande Anse démontée

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La mer envahit la piste d’atterrissage

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Anse Galet

Samedi 9 septembre

Le calme est revenu

 

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Ici, le mer a fait le ménage

Merci Alain pour ces photos uniques

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Cyclone : il est temps de sceller la porte à la rafale…

Un cyclone à Terre-de-Haut

Le mauvais temps commença en douceur, sous un soleil inaccoutumé, par une houle ample et silencieuse, sans le moindre souffle de vent. Ce n’est qu’à la mi-journée que le ciel se voila et que le cyclone s’installa peu à peu par petites risées à peine perceptibles mais régulières. Une certaine excitation animait la population comme toujours à l’approche de ces grandes intempéries où l’homme se sent démuni et confusément dépossédé de ses forces. Cependant, en quelques heures, la solidarité jouant à plein, il ne restait sur la rade moutonneuse que les grosses embarcations impossibles à tirer sur le rivage ou dans les rues.

Partout, avec méthode mais sans affolement, portes et fenêtres étaient consolidées par des pièces de bois clouées de travers. Certaines cases dont les tôles sifflaient déjà au vent, étaient littéralement ficelées comme des paquets fragiles avec de robustes cordes de senne. Le ciel était devenu rapidement une chape de plomb où des vapeurs moites et basses couraient en tous sens. La large houle avait fait place à des rouleaux nerveux et déferlants, attaquant sans ménagement le littoral, léchant dangereusement les premières maisons.

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Passant sans prévenir du nord à l’ouest puis au sud, les rafales s’enflaient pour souffler en saccades précipitées, soulevant sur la crête des lames des jaillissements d’écume tourbillonnante. Des centaines d’oiseaux marins, comme pris dans un piège infernal pour n’avoir pas perçu à temps l’approche de la dépression, mais mus par un mystérieux instinct de survie et de lutte, affrontaient les éléments maintenant déchaînés en un vol immobile au ras de la mer en ébullition. Leurs piaillements désespérés se mêlaient au rugissement des rafales et au grondement sourd des flots qui s’écrasaient sur le sable en gerbes meurtrières.

Çà et là, s’envolaient, dans des craquements sinistres, des branches de poirier et de flamboyant et il devenait imprudent de s’aventurer dans les rues transformées en coupe-gorge par la furie de l’ouragan. Quelques vieux cocotiers au tronc buriné résistaient encore et leurs crinières échevelées semblaient implorer le ciel comme des bras multiples sur des corps désarticulés.

La pluie était venue d’un seul coup, accompagnée d’éclairs et d’un tonnerre de tous les diables. Un crépitement de grains serrés et brûlants s’était abattu sur les toits ondulés et martelait rageusement les façades et le béton des chemins dans un fracas d’apocalypse. Des trombes d’eau, charriant dans leur démence aveugle feuilles, branches, ordures, carcasses d’animaux imprudents, ne tardèrent pas à dévaler les mornes, transformant rues et ravines en torrents boueux, s’infiltrant sous les portes, coloriant la rade démontée de l’argile sale des terres arrachées…

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Agenouillés autour de notre mère, au pied de la petite chapelle aux Saints de la chambre parentale, mes deux sœurs et moi guettions avec inquiétude l’arrivée de notre père parti apporter son aide et mettre à l’abri ses propres filets et canots, après avoir consolidé la maison et dicté ses recommandations.

La flamme vacillante de la veilleuse à huile, allumée par ma mère dès l’annonce du cyclone, projetait sur la cloison l’ombre tremblante de nos visages torturés par l’angoisse qu’accentuaient les gémissements de la charpente et les coups de boutoir des lames contre la porte de la cuisine.

Tout en récitant des Je vous salue Marie et des Jésus protégez-nous, je pensais aux deux couples de tourterelles et à leurs trois oisillons déjà presque adultes que, sur le conseil de mon père, j’avais libérés de leur cage et laissés s’envoler le matin, après le passage du garde champêtre. Qu’étaient-ils devenus au milieu de ce malstrom de vent, de pluie et d’orage  et qu’était devenue leur cage grillagée à neuf que je n’avais eu ni le temps ni le courage de démonter ?

En début de nuit, trois coups brefs frappés à la porte latérale de la maison, donnant sur le gros poirier déplumé de la cour, me sortirent de mes pensées. C’était mon père qui revenait.

Me recommandant la plus grande prudence, ma mère me chargea de faire pivoter lentement le barreau de fermeture de la porte tout en maintenant fermement celle-ci vers l’intérieur. Avant qu’une rafale ne me l’arrache des mains, mon père entra prestement et referma la porte derrière lui en rabattant violemment le barreau dans ses encoches.

 -Ne vous en faites pas, nous rassura-t-il, trempé de la tête aux pieds, le vent va bientôt se calmer, nous entrons dans l’œil du cyclone. Mais pour la mer, c’est une autre histoire, sa colère ne retombera qu’en fin de nuit. Tante Irène et tonton sont en lieu sûr, mes sennes et canots à l’abri et la maison ne craint rien, c’est l’essentiel.

Si la présence de mon père ramena un peu de sérénité dans nos esprits, elle ne nous permit pas de trouver totalement le sommeil. Une longue nuit commençait alors, peuplée de bruits insolites, de sifflements, de crépitements saccadés de la pluie sur les tôles. Mais c’était surtout le tumulte incessant de la mer qui nous tenait éveillés. Nous l’imaginions comme un rouleau compresseur aveugle et furieux, s’acharnant à déraciner la maison et à l’anéantir dans les flots.

Néanmoins, les prévisions de mon père s’avérèrent justes. À mesure que les heures s’écoulaient, le vent et les pluies se calmèrent et, vers trois heures du matin, les attaques de la mer se firent moins brutales. Ce répit des éléments, ajouté à la tension et aux péripéties de la journée, eut raison de nos corps fatigués…

Le spectacle de désolation qui s’étalait au petit jour sous nos yeux encore bouffis d’un restant de demi-sommeil ne nous surprit pas. Côté mer, le sable, jonché de détritus, de varech emmêlé, de poissons morts le ventre en l’air, bloquait à mi-hauteur la porte de la cuisine. Il était inutile de chercher à retrouver un quelconque vestige de la cage à tourterelles, emportée sans doute dès les premiers assauts des vagues.

Ce pan de mon enfance, définitivement englouti par la tempête, me fit monter les larmes aux yeux mais l’urgence des tâches à accomplir me ramena vite à la réalité et dissipa ma tristesse : il fallait se retrousser les manches et tous les bras étaient nécessaires.

La conviction que mes dernières tourterelles avaient échappé au mauvais temps me remplit au contraire de courage. Et la pensée qu’elles volaient maintenant libres dans le ciel délavé, se riant peut-être de nos malheurs de terriens, m’obséda toute la journée et m’accompagna jusqu’aux dernières heures de cette fin de vacances agitée…

Texte : Raymond Joyeux – extrait du récit autobiographique
Fragments d’une enfance saintoise
Photos des Saintes :  Alain Joyeux

Épilogue poétique

Lorsque le vent se lève
au Nord de mon pays
s’inscrit la fuite des courants
à la lisière des hauts fonds.

Et le ciel s’écartèle
aux quatre temps de la saison
lorsque septembre en transe
en voile de mariée
gravit les marche du cyclone.

La mer huilée
en tous ses muscles de lutteur
déploie sur toutes rives dévastées
ses grandes rages tapageuses.

Et le soir qui s’essouffle
à cerner l’œil de la tempête
grave l’espoir
au cœur de l’homme.

Raymond Joyeux

Extrait des Poèmes de l’Archipel :
L’œil du cyclone

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Plage de Grande Anse après le passage d’Irma – 7/9/17 – Photos Alain Joyeux

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En préambule à la Pologne, escale ensoleillée au port de Montceau-les-Mines

Bienvenue à la navigation fluviale

Pour les puristes, fluvial est ici sans doute inapproprié car ce n’est pas un fleuve qui traverse Montceau-les-Mines, mais un canal. Le Canal du Centre, pour ne pas le nommer, appelé autrefois Canal du Charolais dont la construction s’échelonna de 1784 à 1791. Longue de 114 km, cette magnifique voie d’eau qui va de Digoin à Chalon-sur-Saône, est jalonnée de 61 écluses, permettant aux plaisanciers de franchir une dénivellation de 121 mètres, passant de 300 m à son apogée à Digoin, à 179 m, sa plus basse altitude à Chalon.

 

Une cité minière devenue ville fleurie et port de plaisance

Petite ville minière de 20 000 habitants, située au cœur de la Bourgogne, Montceau-les-Mines eut son heure de gloire avec l’exploitation charbonnière, dont l’activité s’est achevée en l’an 2000, et l’industrie textile aujourd’hui également en partie éteinte. Privée de sa principale ressource industrielle et de ses mines, la ville a su tirer profit du passage sur son territoire du Canal du Centre que les municipalités successives, anticipant la dureté des temps, aménagèrent, modernisèrent et embellirent progressivement pour le plus grand plaisir des habitants et des amateurs de navigation fluviale.

Anciens bureaux de la mine reconvertis en ateliers culturels

 

Aujourd’hui, Montceau-les-Mines peut se targuer d’être un véritable port de plaisance, accueillant chaque jour nombre de familles de navigateurs en escale longue ou de passage, souhaitant visiter au fil de l’eau les villes et régions traversées… ou aller plus loin et rejoindre agréablement, en flânant au gré des écluses, soit la Méditerranée par la Saône et le couloir rhodanien, soit l’Atlantique par la Loire, soit enfin Paris et la Manche, grâce au Canal de Briare qui relie la Loire à la Seine.

 

Pour certaines localités maritimes de chez nous aux Antilles qui attendent impatiemment leurs installations portuaires, de pêche ou de plaisance, tant de fois promises et jamais réalisées, Montceau pourrait être en ce domaine un modèle de simplicité et d’efficacité par l’aménagement de ses pontons flottants offrant de nombreux emplacements et d’anneaux d’amarrage judicieusement disposés.

 

Ainsi, sans se gêner le moins du monde, les bateaux de faible ou de moyen tonnage trouvent facilement non seulement une place où séjourner, mais un espace suffisamment large pour manœuvrer, qu’ils descendent ou remontent le canal, selon leur destination. Une capitainerie, hébergeant l’Office du tourisme, accueille visiteurs et plaisanciers et assigne à ces derniers, moyennant une modeste contribution, selon la durée de l’escale et le tonnage du navire, un emplacement sécurisé adéquat, disposant du WIFI gratuit et de prises d’eau et d’électricité qui peuvent être utilisées en cas de besoin.

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Quant à nous, c’est par la route, rassurez-vous, que le lundi 31 juillet à quatre heures du matin, nous prendrons de Montceau la direction de la Pologne pour un périple de 10 jours dont, peut-être, je vous ferai part ici même, si les dieux me sont favorables, que la Vierge Noire me l’autorise… et que mon vieil ordi supporte la Zubrowka !

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Le bien nommé Centre des Arts de Montceau, sur la rive gauche du Canal

Pont-levant sur le Canal

 

 

Passerelle piétonnière reliant les deux rives du Canal

Texte et photographies : Raymond Joyeux
Pour en savoir plus, si vous le souhaitez, sur le Canal du Centre, Montceau et sa région,  vous pouvez vous rendre sur les sites suivants :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_du_Centre_(France)
http://www.creusotmontceautourisme.com

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Chronique d’un désastre annoncé ou les racines du mal saintois

Un lourd passé politique encombrant

Le séisme politico-judiciaire qui secoue depuis quelques mois la commune de Terre-de-Haut, contrairement aux tremblements de terre naturels, était prévisible. Prévisible et inévitable. Les signes précurseurs de la catastrophe nous avaient en effet depuis longtemps alertés et le mal qui ronge l’actuelle municipalité saintoise ancre ses racines dans un long passé politique délétère remontant au milieu des années 1970. Soit plus de quarante ans d’administration communale menés par des équipes pratiquement inamovibles, reconduites d’élection en élection par un électorat encadré, conditionné, manipulé, hypnotisé. Électorat sélectif, illégalement surnuméraire par la magie de commissions annuelles partisanes, faisant à leur guise la pluie et le beau temps en matière d’inscriptions et de radiations sur les listes électorales, sans aucun contrôle efficient des instances préfectorales, malgré moult interventions de ce qu’il est convenu d’appeler l’opposition.

Un processus irréversible amplement engagé

Déficit de 1993 : un lourd héritage

Mais à supposer même que ces élections successives depuis 1977 aient été parfaitement régulières, sans listes truquées, sans procurations abusives, sans clientélisme honteux, sans bureaux de vote non conformes à la légalité, le premier responsable du fiasco saintois actuel, selon nous, n’est pas d’abord un homme, mais une loi électorale aberrante qui a trop longtemps privé les petites communes de moins de deux mille habitants d’une représentation proportionnelle aux différents conseils municipaux. Il aura fallu attendre en effet les élections de mars 2014 pour que cette loi change enfin et que l’opposition ait pleinement sa place au sein de notre assemblée communale, constituant ainsi une force de vigilance, de propositions et de contrôle, agissant comme un frein aux irrégularités de gestion manifestes et à leurs désastreuses conséquences. Malheureusement, il était déjà trop tard. Le processus des malversations présumées, maintes fois pointées du doigt par la CRC (Chambre Régionale des Comptes), et aujourd’hui par la Justice, était depuis très longtemps, à la date de mars 2014, amplement enclenché.

Une opposition honnie systématiquement rejetée

Imaginons néanmoins que cette loi eût instauré la proportionnalité, ne serait-ce que depuis les élections de 2001, les choses se seraient sans doute passées autrement et ceux qui sont pris aujourd’hui dans la tourmente, n’auraient peut-être rien eu à se reprocher. La présence d’une opposition active, même minime, au sein de l’assemblée municipale aurait logiquement permis d’éviter le pire. Aussi bien pour les personnes actuellement incriminées que pour l’intérêt général et le redressement de la commune. Encore aurait-il fallu que les débats au sein du conseil municipal aient été respectueux de l’esprit démocratique de transparence et que les dossiers transmis, comme il se doit, à tous les participants, fussent complets et sincères, et la minorité associée aux décisions. Ce qui a été et est encore loin d’être le cas, chez nous, chacun le sait parfaitement. Aussi, ceux qui depuis des lustres n’ont eu de cesse de fustiger et de rejeter les opposants considérés comme leurs pires ennemis doivent s’en mordre aujourd’hui les doigts.

Un système électoral aberrant

Pour revenir à la loi électorale qui a défavorisé jusqu’en 2014 les petites communes, si elle n’est pas la seule responsable de nos maux actuels, elle y a singulièrement contribué. D’abord, nous l’avons dit, par le principe de la liste bloquée, excluant de l’administration communale les membres de l’opposition, alors même qu’ils ont régulièrement représenté un pourcentage non négligeable de la population. Mais aussi et surtout par la possibilité qu’elle a donnée et donne encore aux mêmes éternels élus de se porter indéfiniment candidats d’une élection à l’autre, accaparant ainsi, sans partage, pendant des décennies, le pouvoir local. Carence aberrante d’un système électoral que la prochaine loi sur la moralisation de la vie publique devrait combler… Mais, hélas, apparemment, encore une fois, pas pour les petites communes dont les élus, considérés à tort comme des modèles d’honnêteté et de vertu démocratique, pourraient continuer à accumuler un nombre indéfini de mandats municipaux, sans être tenus de passer la main.

Un goût immodéré de domination

Cette absence institutionnalisée et pérenne d’alternance électorale a porté un coup fatal au jeu démocratique. Elle a conduit des élus indélicats, à l’appétit insatiable pour le pouvoir (dont on sait que l’abus rend fou)à considérer comme leur bien propre ce qui en fait appartient à la collectivité : personnel communal, bâtiments publics, matériel et surtout gestion budgétaire… Alors qu’ils n’en sont que les dépositaires passagers, censés rendre des comptes aux administrés non seulement à la fin, mais tout au long de leur mandat. L’imbécile et vindicatif slogan, bien connu à Terre-de-Haut, haineusement braillé par la populace après chaque élection municipale : « Mairie-la cé tan nous ; mairie-la cé pas ta yo »1, est symptomatique de cet état d’esprit archaïque, devenu une sorte d’aberrant réflexe conditionné, inculqué à leurs partisans fanatisés par ceux-là mêmes qui ont la responsabilité morale d’élever le niveau civique et démocratique de la population.

Une mairie confisquée : mairie-la cé pas ta yo ! Ph. R.Joyeux

Une conception égocentrique du pouvoir

Comment dès lors s’étonner de la situation dramatique actuelle de Terre-de-Haut ? Elle n’est à l’évidence que l’enfant monstrueux d’une conception hyper personnalisée de l’exercice du pouvoir local, venin mortel qui contamine et paralyse depuis près d’un demi-siècle tous les rouages de notre administration communale. Certes la municipalité actuelle, judiciairement mise en cause, a hérité du lourd fardeau d’un déficit budgétaire colossal, cyniquement élaboré par l’homme en place depuis 1971 et dont l’ombre maléfique hante encore, tel un vautour déplumé, les couloirs, bureaux et officines de la mairie. Mais n’est-ce pas ce même homme qui a réglé monarchiquement sa succession sans jamais se départir de son influence néfaste ? Traçant la voie tortueuse que ses adorateurs zélés ont imprudemment suivie, sans le moindre sursaut de clairvoyance, ce qui les a conduits, la commune et nous avec, au désastre d’aujourd’hui.

Des résolutions sans lendemain

Lorsqu’un an tout juste après sa première élection à la tête de la commune, interrogé par un correspondant local du quotidien France-Antilles daté du 12 juin 2002, le maire actuel de Terre-de-Haut, s’étant un peu trop hâtivement félicité d’avoir réglé le problème du déficit, avait déclaré : « Je souhaite donner une plus grande lisibilité à notre action, plus de démocratie avec des règles qui valent pour tous… Je suis un homme de dialogue, soucieux d’équité et de solidarité… » 2, il aurait été bien inspiré de suivre lui-même ces règles et de mettre en pratique ces belles paroles. Mais le ver était déjà sans doute dans le fruit et nous savons, 15 ans plus tard, ce qu’il est advenu de ces déclarations qui n’étaient en réalité que du vent. Un vent qui aura fini au bout du compte par tout balayer !

Raymond Joyeux
14 juillet 2017

1 – La mairie est à nous. La mairie n’est pas à eux.
2 – Propos recueillis par Philippe Capy – France-Antilles du 12 juin 2002

Une image symbolique : Terre-de-Haut dans la tourmente – Ph. R. Joyeux

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Terre-de-Haut : le dispensaire dégraine !

Une métaphore osée

Deux ouvriers venus de Guadeloupe, sans doute dépêchés par le Conseil Général, se sont affairés ces jours derniers (mi-juin 2017), avant les grosses pluies d’hivernage, à reprendre l’étanchéité de la dalle de toit de notre Dispensaire dont la charpente d’origine et la couverture en tôle n’existent plus depuis longtemps. Est-ce un premier pas vers une rénovation générale de cet établissement qui mérite indiscutablement, ne serait-ce qu’extérieurement, un sacré coup de neuf ? Nous osons l’espérer. Les Saintois doivent en effet se souvenir de l’humoristique mot d’esprit prononcé il y a 22 ans dans un discours par un candidat aux élections cantonales des Saintes de 1995 : « Le Dispensaire dégraine » ! Créolisme imagé qui signifie littéralement, vous l’aurez deviné, « perdre ses graines », c’est-à-dire, pour un homme, sa virilité. Et, dans le cas qui nous intéresse, par extension : tomber en déconfiture, menacer ruine.

Désormais  séparés de quelques mètres, ces deux containers ont longtemps habité côte à côte

Si beaucoup se sont esclaffés d’entendre dans la bouche d’un honorable candidat au Conseil Général une telle expression, il n’est pas moins vrai que le futur élu avait vu juste. Car s’il s’était permis cette métaphore osée, c’est qu’il savait que ce dispensaire, comme tous les autres, était (et est toujours) un établissement public départemental de santé, donc géré et entretenu par les services ad hoc du Conseil Général. Lesquels services auraient été, selon lui, manifestement défaillants et qu’il allait, lui, s’il était élu, taper du poing sur la table et restituer ses « graines » à notre dispensaire ! L’a-t-il fait ?  Là est une autre question. En tous cas, si restauration il y a eu, elle aura été bien éphémère, du moins extérieurement. Car 22 ans après ce fameux discours, nous en sommes toujours au même point. Et le panneau que le maire M. Robert Joyeux avait fait malicieusement accrocher en 1995 au grillage rouillé de la clôture du bâtiment est plus que jamais d’actualité. Il est vrai qu’il était alors à couteaux tirés avec le Président socialiste de l’Assemblée départementale de l’époque, M. Dominique Larifla, par ailleurs cardiologue de son état.

Une date et des fonctions confirmées

Inauguré en février 1951, comme l’a noté mon père, Joubert JOYEUX, dans son carnet de route, cet établissement a été construit au Fond Curé sur un terrain ayant appartenu à M. Jules Corbin, à l’emplacement d’une ancienne prison cantonale dont on a conservé une partie du mur d’enceinte. Ainsi que je l’ai précisé dans une précédente chronique, sa création allait apporter un confort certain et une sécurité non négligeable à la population saintoise en matière de structure sanitaire de proximité. Outre de remplir sa fonction de Protection Maternelle et Infantile, (PMI), il était également, et l’est toujours, centre de soins, de vaccinations pour les scolaires, de consultations et d’obstétrique, autant d’actes médicaux assurés aujourd’hui par un médecin généraliste qui y a établi depuis peu son cabinet.

Sur le carnet retrouvé de mon père Joubert Joyeux – Archives R.Joyeux

Le témoignage du Docteur Yves Espiand

Un témoignage irremplaçable sur le sujet est celui du Docteur Yves Espiand, toujours bon pied bon œil à l’heure où nous publions cette chronique, et qui y avait établi son cabinet dans les années 60. Affecté aux Saintes de novembre 1962 à septembre 1965, le jeune et dynamique docteur a eu tôt fait de prendre la mesure des besoins sanitaires de nos îles. En commençant par l’absence de pharmacie, problème qu’il résolut grâce à sa ténacité et son savoir-faire médical. Dans son livre-souvenirs d’Esculape à Thémis, publié à compte d’auteur en 2014, voici comment le Docteur Espiand évoque sa prise de fonction au dispensaire de Terre-de-Haut : «  Le département avait mis à ma disposition un centre de P.M.I., avec une sage-femme d’origine saintoise : consultations hebdomadaires de nourrissons et femmes enceintes, un cabinet jumelé avec le centre et une chambre à deux lits en arrière de la PMI, mais attenant à elle pour les accouchées en difficulté de logement. J’étais propharmacien, prescrivant bien entendu les médicaments que j’avais dans ma réserve… [en les commandant au besoin] aux laboratoires métropolitains, et en cas d’urgence à mon ami Lamothe, un pharmacien de Basse-Terre. Ils étaient livrés par le bateau qui faisait la ligne dans l’après-midi. » Précisons qu’en ce qui concerne la pharmacie, cette époque lointaine est désormais révolue puisqu’il existe depuis de longues années un pharmacien à temps plein qui s’est installé dans la commune, pour la satisfaction de tous, d’abord au cœur du bourg puis au Mouillage à l’ancienne maison Martin…

Pharmacie actuelle de Terre-de-Haut

 

Une dégradation insoutenable

Si on peut logiquement penser, à l’exemple de la dalle, que les parties intérieures (salles et équipements) de notre dispensaire sont régulièrement entretenues, puisqu’on y pratique des actes médicaux, qu’un médecin y exerce à temps plein et qu’il a toujours existé une employée pour le ménage, il faut hélas reconnaître le parfait état de délabrement de certaines parties extérieures et surtout l’abandon pur et simple d’entretien et d’aménagement des abords et espaces verts. Les photos qui suivent sont la preuve d’une dégradation insoutenable, indigne d’un établissement de ce type, donnant, à l’époque où nous sommes, une piètre image des services sanitaires départementaux. Image négative qui rejaillit forcément sur la commune. D’autant plus que cette dernière non seulement semble inefficace pour obtenir du Conseil Général qu’il assume ses responsabilités, mais ajoute à l’insalubrité et à l’aspect déjà peu amène des lieux, avec l’installation devant le bâtiment, tels des sentinelles de mauvais augure, deux containers de tri qui n’ont pas leur place à proximité immédiate d’un établissement de soins, censé accueillir des nourrissons, des malades, des blessés, des patients fragilisés…

Le dispensaire après le passage du cyclone Cléo en 1964. Capture d’écran video INA 

Quelques détails du délabrement extérieur actuel

Portail et poubelle délabrés – Juin 2017

 

Clim hors service – Juin 2017

Container bondé –  Juin 2017 – souvent malodorant

Végétation sauvage envahissante – Juin 2017

À propos de végétation, rappelons qu’il y aura bientôt quatre ans, en octobre 2013, sous prétexte de procéder à un « grand nettoyage » des abords et du parc attenant, les services de santé du Conseil Général avaient dépêché sur place une équipe armée de tronçonneuses et d’un élévateur afin d’abattre tous les arbres du petit clos entourant le dispensaire. Pour faire passer l’élévateur, il avait fallu pratiquer, côté rue, une brèche dans le mur de clôture. Or, alors que cette brèche a été faite à plusieurs mètres d’un superbe frangipanier décoratif qui ne gênait en rien ni le passage de l’engin ni le travail des agents, celui-ci a été bêtement abattu, comme les flamboyants de l’arrière du bâtiment.

Souche du frangipanier abattu : travail parfait d’un amoureux des arbres !

Le dispensaire et son frangipagnier décoratif en juin 2009

Après le saccage des flamboyants en octobre 2013 

Juin 2017 : derrière la clôture, côté plateau sportif 

Il n’y a plus d’arbres aujourd’hui dans l’enclos. De hautes broussailles les ont remplacés et les détritus s’accumulent derrière les clôtures. Après ce massacre programmé, notre intervention téléphonique en novembre 2013 au Conseil Général pour explications n’avait eu que cette laconique et évasive réponse : « C’était nécessaire ! »…  Peut-être ! En tous cas, quatre ans plus tard, tout est à recommencer. Le soi-disant remède a été pire que le mal et, si l’on excepte l’étanchéité de la dalle régulièrement rénovée, notre dispensaire est à nouveau en plein « dégrainage ». Il a besoin d’un traitement de choc, d’un conseiller départemental actif et d’une municipalité bienveillante, pour retrouver agrément, santé et salubrité. C’est ce que réclament et espèrent aujourd’hui, semble-t-il, tous les Saintois. 

Deux containers pas très décoratifs qui n’ont pas leur place ici – Juin 2017

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Les vacances approchent. Je vous les souhaite heureuses et reposantes. J’espère pouvoir vous entretenir bientôt de mes pérégrinations de cet été, et surtout de vous retrouver en pleine forme à la rentrée de septembre…

Je précise que toutes les photos de cette présente chronique sont de votre serviteur,
même celle du panneau « dispensaire abandonné » de 1995 de notre facétieux ancien maire, lui-même Conseiller général entre 94 et 95 !..

Raymond Joyeux

Publié dans Actualités saintoises | 7 commentaires