Sport, loisir et culture à Terre-de-Haut : la série noire continue

Une conséquence inattendue de Maria :
la fermeture de la bibliothèque municipale

Après l’arrêt des activités de la voile traditionnelle et la disparition des deux associations de marins-pêcheurs ; après la fermeture par arrêté municipal de l’OMCS (Office Municipal de la Culture et des Sports) et la dissolution de l’AJSS (Association de la Jeunesse Sportive Saintoise) en novembre 2017, voici la condamnation pure et simple de la bibliothèque municipale suite aux intempéries de l’ouragan Maria. Autant dire que Terre-de-Haut ne dispose à ce jour (février 2018) d’aucune structure associative, de sport, de loisir ou de culture susceptible d’intéresser ou d’occuper intelligemment jeunesse, visiteurs et population. Un seul exemple significatif : cette année 2018, aucune manifestation carnavalesque digne de ce nom  organisée autrefois par l’OMCS et sa dynamique équipe… Rappelons que cette structure très active a été (momentanément) fermée pour incompatibilité entre la municipalité et les membres du nouveau bureau élus régulièrement mais supposés être de l’opposition !

Les locaux de l’OMCS aujourd’hui fermés par arrêté municipal

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Porte de droite : entrée de la bibliothèque municipale

Une structure minimaliste plus qu’archaïque

Peu attrayante par sa vétusté et son exiguïté, (un local à demi délabré d’une ancienne et lépreuse caserne militaire), la minuscule bibliothèque municipale de Terre-de-Haut avait au moins le mérite d’exister. Sans autre aménagement intérieur que des rayonnages adossés aux murs, elle fonctionnait néanmoins tant bien que mal, jusqu’à l’arrivée de Maria. Et cela grâce à la persévérance et à la disponibilité de sa bibliothécaire attitrée, secondée par un agent communal détaché, mais aussi, il faut le dire, grâce à la générosité de quelques donateurs qui l’alimentaient régulièrement en ouvrages, revues et brochures de toute nature pour la satisfaction de tous. Malheureusement, l’ouragan du 18 septembre 2017 ayant emporté les tôles du toit, l’eau s’est infiltrée dans la structure, détériorant une partie de son contenu, rendant local et livres momentanément inexploitables.

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Une simple bâche sur le toit du bâtiment depuis 5 mois

Une négligence coupable

Mais si une fermeture passagère au public s’imposait, tous les ouvrages n’ayant pas été atteints, avec moins de négligence et un minimum de bonne volonté, beaucoup d’entre eux auraient pu être sauvés et transportés en lieu sûr. Au lieu de cela, pour suppléer à l’absence de toiture, la municipalité, laissant les ouvrages moisir sur place, s’est contentée d’installer une bâche sur la charpente que le vent et les pluies de ces derniers jours ont fini par déchiqueter avec les conséquences irréparables que l’on imagine… D’où, depuis le passage dévastateur de l’ouragan Maria, Terre-de-Haut se voit privée du seul lien qui la rattachait à un semblant de culture.

Et pourquoi pas la maison Monrose ?

Il faudra donc à l’évidence, pour reconstituer le stock de livres et remettre sur pied la bibliothèque, repartir à zéro. Dans ce cas, en attendant la réparation du toit de la caserne et la restauration du local, pourquoi ne pas utiliser la villa communale Monrose, le plus souvent inoccupée, pour y installer, ne serait-ce que provisoirement, un embryon de bibliothèque ? Quitte à solliciter les donateurs qui ne manqueront pas, nous en sommes persuadés, de répondre présents et de mettre à la disposition du public, leur surplus de livres et autres ouvrages comme ils l’ont fait jusqu’à ce jour. C’est le sens de notre appel d’aujourd’hui aussi bien à l’adresse de notre municipalité, très soucieuse, à n’en pas douter, de redonner un peu de vie chez nous à la culture, qu’aux amateurs éclairés qui ne savent que faire de leurs ouvrages déjà lus. Un double geste généreux que tout un chacun saurait apprécier à sa juste valeur.

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La villa Monrose pour redonner vie à la bibliothèque municipale

Nous tenons pour notre part un carton de livres, tous genres confondus, à la disposition de la bibliothécaire et de son adjoint qui peuvent à tout instant nous contacter pour en prendre possession quand bon leur semblera.

PS : Les photos sont de l’auteur.

Raymond Joyeux

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Quand les collégiens des Saintes découvrent et lisent un auteur saintois

Présentation de l’auteur

par Anne de Floris,

 ancienne élève de l’École Normale Supérieure, agrégée d’histoire, doctorante, enseignante à la Sorbonne

Il est particulièrement mal aisé, déplaisant et, sans doute quelque peu prétentieux, de parler de soi et de se mettre publiquement en avant. C’est avant tout sous couvert de modestie et d’une sincère pudeur que Raymond Joyeux repoussait sans cesse l’écriture de ce billet. Une bien noble attitude, certes, mais qui avait le grand inconvénient de priver son lectorat d’une réflexion passionnante sur l’émergence d’un fait nouveau aux Saintes : la lecture et l’étude par les collégiens de l’archipel des écrits d’un auteur saintois, en l’occurrence le rédacteur habituel de ce blog. C’est pour cette raison que nous lui avons proposé, en fin de compte, de rédiger cette présentation à sa place, estimant qu’il était bien dommage de passer sous silence les termes d’une rencontre féconde entre les traces d’une mémoire individuelle mise en prose et le regard d’une jeune génération, si souvent aveugle à l’histoire des lieux qu’elle côtoie chaque jour. Après de longues hésitations l’auteur a finalement accepté notre proposition, convaincu que le récit de cette expérience susciterait de fructueux débats sur les notions liées de lecture et de patrimoine, et saurait rencontrer de nombreux échos tant auprès des collégiens eux-mêmes que des nombreux lecteurs de ce blog. Et pour peu que le dialogue s’établisse par le biais des commentaires, ce serait, selon lui, une occasion supplémentaire de nous enrichir les uns les autres, culturellement parlant…

Écoliers de Terre-de-Haut du début du XXème siècle

Des ouvrages édités à compte d’auteur par et pour l’Association Les Ateliers de la Lucarne

À l’origine, nous explique l’auteur, un court récit autobiographique de 160 pages intitulé Fragments d’une enfance saintoise paru en novembre 2009 et postfacé aujourd’hui par Mme Scarlett Jesus, ancienne Inspectrice de l’Éducation nationale, critique d’art et de littérature. Pensant à tort ou à raison que ce modeste ouvrage pourrait intéresser les enseignants du primaire et des collèges, Raymond Joyeux, l’avait transmis à tout hasard aux bibliothécaires des établissements scolaires de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, sans attendre particulièrement de réponse, ce qui fut le cas, précise-t-il, pendant trois ans. Jusqu’au jour où le gestionnaire du collège des Saintes de l’époque, M. Patrick Giorgi, à la demande d’une nouvelle prof de français, en commande, à sa grande surprise, une vingtaine d’exemplaires pour les classes de sixième.

Et c’est ainsi que, par l’entremise de leur professeur de français, Mme Hélène Rossignol, les collégiens saintois eurent pour la première fois entre leurs mains cet ouvrage et reçurent son auteur dans leur classe. De fil en aiguille, ce premier récit, étudié dès lors en 6ème, aussi bien à Terre-de-Haut qu’à Terre-de-Bas, fut suivi d’un second récit toujours autobiographique de 210 pages, plus spécialement accessible aux élèves de 3ème : Les manguiers du Galion, relatant son expérience de lycéen au séminaire-collège de Blanchet près de Gourbeyre. De son côté, le plus souvent disponible, puisqu’à la retraite, et navigant régulièrement entre Pointe-à-Pitre et les Saintes, Raymond Joyeux s’est proposé pour continuer à passer bénévolement dans les classes à la demande des enseignants intéressés. Aux Saintes, respectivement professeurs de français à Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, M. Marbœuf et Mme Rossignol l’ont alors de nouveau sollicité pour rencontrer leurs élèves et répondre à leurs questions. C’est ce qui s’est encore fait cette année scolaire 2017-2018, juste au retour des congés de la Toussaint, aux collèges jumelés des deux îles, avec l’assentiment officiel de leur Principale, Mme Luce Cassin.*

* Rappelons pour mémoire que, voilà quelques années, M. Patrick Péron, professeur des écoles à Terre-de-Haut, aujourd’hui à la retraite, et auteur lui-même de nombreux ouvrages (poésie, roman, histoire), avait invité Raymond Joyeux dans sa classe de CM2 pour une séance de poésie.

Des rencontres enrichissantes

Classe de 6ème de Terre-de-Bas novembre 2017

Rencontrer des élèves qui étudient ses textes est toujours pour Raymond Joyeux, ancien professeur lui-même, une grande satisfaction. Cet enthousiasme revêt ici, aux Saintes, une dimension toute particulière, les collégiens trouvant dans les ouvrages étudiés les reflets d’une vie insulaire qu’ils connaissent bien mais dont la patine les surprend, les laissant avec nombre de questions. Pouvoir rencontrer l’auteur et l’interroger directement sur ses souvenirs est une chance incroyable, qui se résout dans un échange d’une grande richesse, intergénérationnel et collectif, passionné et curieux. Au-delà de la recherche avide de l’anecdote et du sympathique exercice de comparaison, il est plaisant de constater que l’intérêt qu’ils manifestent dévie toujours sur le travail d’écriture à proprement parler, permettant ainsi à l’auteur de répondre à leurs nombreuses questions sur sa conception du livre comme objet culturel et patrimonial.

Voici à ce propos les réflexions qu’a développées Raymond Joyeux à l’intention des élèves de 3ème. Réflexions regroupées ici en un bloc unique pour la nécessité de la présente chronique. Laissons donc la parole à l’auteur sur le rôle et l’importance, selon lui, du livre et de la littérature en général pour le grand public et à l’école en particulier.
Anne de Floris, agrégée d’Histoire, enseignante à la Sorbonne.

La parole à l’auteur :

Le livre, objet cultuel doublement patrimonial

Élèves de 3ème du collège de Terre-de-Haut, novembre 2017

1  – L’œuvre littéraire comme objet culturel

Saint-John Perse, poète guadeloupéen, Prix Nobel de littérature 1960 

En tant que tel, en dehors de son contenu et quel que soit celui-ci, le livre est, par nature, objet du patrimoine. C’est-à-dire que, sitôt publié, il n’appartient plus totalement à son auteur mais à la communauté dont celui-ci est originaire. Au même titre qu’une œuvre picturale, musicale, artisanale ou autre. Ces œuvres qui prennent racines au sein d’une communauté donnée enrichissent, par leur caractère culturel, le patrimoine immatériel de cette communauté, en ce sens qu’elles appartiennent à ses membres qui peuvent dès lors se l’approprier. Il arrive que lorsque leur importance est universellement reconnue, ces œuvres dépassent le cadre de la collectivité originelle restreinte pour faire partie du patrimoine de la communauté humaine en son ensemble : grandes œuvres artistiques de toute nature. (Littérature, musique, peinture, architecture etc.). Ainsi, on peut considérer que le poète guadeloupéen Saint-John Perse, bien qu’originaire d’une petite île, entre dans la catégorie des grands créateurs universels et a enrichi par son génie outre le patrimoine de la Guadeloupe, celui de toute la communauté humaine. De même que la musique de Mozart ou de Beethoven, les grandes œuvres picturales de la Renaissance italienne, la statuaire antique grecque et latine, les peintures rupestres des grottes de Lascaux… pour ne citer que ces exemples-là.

2 – Le livre en tant que support de la mémoire collective

Pour revenir à un aspect plus modeste – mais non moins essentiel – de la notion de patrimoine, celui d’une communauté restreinte comme la Guadeloupe dite continentale et ses îles, tous les écrivains guadeloupéens (pour ne parler que de littérature) l’ont enrichi par leurs talents et leurs écrits, que ceux-ci relèvent du domaine du roman, du théâtre, du conte, de l’histoire ou de la poésie… Si en plus, ces ouvrages sont des œuvres autobiographiques, évoquant des faits et gestes de notre passé en les mettant en valeur dans des situations de vie réelle, leurs auteurs auront contribué à les sortir de l’oubli, leur permettant de s’inscrire dans la mémoire collective. Sans eux, ces modes de vie d’autrefois auraient été, sans doute, définitivement perdus. Maryse Condé avec Le cœur à rire et à pleurer, Ernest Pépin avec Coulée d’or, Max Rippon et Le dernier matin, Daniel Maximin avec Tu, c’est l’enfance, entre autres auteurs connus, font partie de ces écrivains populaires dont les œuvres entrent sans conteste dans le patrimoine culturel de notre région.

Dans cette optique, mais beaucoup plus modestement que les auteurs et œuvres cités, certains de mes propres écrits, qu’on le veuille ou non, toutes proportions gardées et surtout toute vraie ou fausse prétention mise à part, entrent dans cette catégorie. Fragments d’une enfance saintoise d’abord, Les manguiers du Galion ensuite, ces deux récits autobiographiques, en s’inscrivant dans le contexte géographique et historique des années 50-60, contribuent à immortaliser, en quelque sorte, de nombreux aspects passés de la culture saintoise et guadeloupéenne. Ils entrent par conséquent, dans le patrimoine commun régional, pour peu que ce qualificatif se débarrasse de toute connotation péjorative. Les étudier en classe est le moyen le plus sûr de faire connaître aux membres de la jeune génération ce que fut notre passé et les leçons qu’on peut en tirer pour aujourd’hui. Passé vécu qui plus est par un auteur encore à leur portée par l’entremise de professeurs engagés, soutenus dans leur action de perpétuation de la mémoire par une programmation officielle appropriée.

Vue du collège de Terre-de-Bas côté jardin

3 – Pour conclure : que penser des journées dites du patrimoine ?

Les journées du patrimoine organisées annuellement sur le plan national, donc également chez nous en Guadeloupe et aux Saintes, permettent le plus souvent au public de ne visiter et découvrir que les grands monuments de la collectivité où ils sont implantés. Malheureusement d’autres aspects du patrimoine ne sont pas, à notre sens, suffisamment mis en valeur et présentés, comme si les arts (littérature, musique, peinture, sculpture…), et encore plus l’artisanat en étaient les parents pauvres et parfois pas parents du tout. Il est certes plus difficile de permettre l’appropriation d’une œuvre littéraire ou musicale en une journée que de visiter une cathédrale ou une fortification. D’où l’importance de l’école comme lieu, moyen et vecteur de cette appropriation. C’est là un des rôles primordiaux de l’Éducation nationale que mettent en œuvre les enseignants, soucieux de perpétuer ainsi, en l’élargissant, cette richesse patrimoniale que sont les livres en particulier et tous les autres arts en général.

Remerciements

Aussi, il ne me reste plus qu’à remercier Anne de Floris pour sa présentation trop aimable à mon égard, mes collègues du collège Archipel des Saintes, Madame Hélène Rossignol et Monsieur Marbœuf ainsi que leur directrice, Mme Luce Cassin, qui ont accepté d’accueillir avec gentillesse et sympathie mes ouvrages dans leur établissement. Comme le font certains professeurs de français d’autres collèges et lycées de la Guadeloupe continentale. En faisant lire et étudier ces ouvrages aux élèves, – les miens comme ceux d’autres auteurs – ces établissements contribuent à promouvoir le patrimoine littéraire de notre région tout en donnant aux jeunes générations le goût et le plaisir indicible de la lecture et de la culture. Raymond Joyeux

Classe de 6ème de Massabielle – PAP,  étudiant Fragments d’une enfance saintoise

PS : Tous les ouvrages de l’auteur (récits et poésie) sont imprimés par Speedyprint à Jarry, entreprise saintoise gérée par Sylvie Bonbon pour le compte de l’Association Les Ateliers de la Lucarne.
Les photos sont de Raymond Joyeux, sauf celles des écoliers du haut, de Saint-John Perse et des livres de M. Condé et D. Maximin.
Celles des classes sont publiées avec l’assentiment enthousiaste des intéressés.
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Voyage au cœur de l’archipel saintois (suite et fin)

« J’ai rêvé l’autre soir d’îles plus vertes que le songe… Et les navigateurs descendent au rivage en quête d’une eau bleue ; ils voient – c’est le reflux – le lit refait des sables ruisselants : la mer arborescente y laisse, s’enlisant, ces pures empreintes capillaires, comme de grandes palmes suppliciées… » Saint-John Perse – Amers.

Cette présente chronique fait suite au précédent article publié le 17 janvier dernier, selon le texte de Sauzeau de Puyberneau extrait de sa Monographie sur les Saintes, éditée à Bordeaux en 1901. Rappelons que l’auteur était à l’époque médecin militaire dans l’archipel et qu’il a fait une étude complète et minutieuse de la situation géographique, humaine et administrative de chacune des îles qui le composent. Document précieux pour l’histoire, cette monographie présente un intérêt majeur unique pour la connaissance de notre passé insulaire et, par comparaison avec la situation actuelle de notre environnement, devrait à ce titre intéresser tous les Saintois d’aujourd’hui.
Raymond Joyeux

2 – Terre-de-Bas

La Terre d’en Bas, ainsi appelée à cause de sa situation sous le vent de l’archipel, dont elle est l’unité la plus à l’Ouest, diffère essentiellement de Terre d’en Haut, non seulement par sa configuration extérieure, mais encore par sa constitution géologique. Cet îlot semble avoir été plus respecté des soulèvements et des contractions terrestres, et au lieu de débris disséminés de minéralisation volcanique, le sol présente effectivement une plus grande aptitude végétale.

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L’altitude de Terre d’en Bas envisagée dans son ensemble est supérieure à celle de Terre d’en Haut. Elle est bordée de hautes falaises qui ne s’interrompent qu’en quelques points pour former les Petites Anses, double baie très étroite qui sert de débarcadère aux habitants du bourg ; l’Anse à Dos, semblable aux précédentes ; l’Anse Pajot, assez grande mais peu profonde ; l’Anse à Chaux, en face du Pâté ; la Grande Anse, la plus large, la plus sablonneuse, très profonde, rappelant beaucoup son homonyme de Terre d’en Haut ; l‘Anse des Mûriers, la seule qui soit constamment à l’abri des mauvais temps, refuge des marins ; la Grande Baie ou Anse Fidelin, relativement calme aussi.

Une géométrie parfaite

Terre d’en Bas fait dans la mer un dessin presque hexagonal dont les angles sont représentés  par la Pointe à Vaches, la Pointe Noire, la Pointe du Fer à Cheval, la Pointe Sud et la Pointe du Gouvernail. La superficie de Terre d’en Bas dépasse celle de Terre d’en Haut car elle mesure 3.300 mètres du Nord au Sud et 3.600 mètres de l’Est à l’Ouest. Le bourg est bâti à 60 mètres environ au-dessus du niveau de la mer ; on y arrive par un chemin excessivement rapide qui naît des Petites Anses.

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Le bourg de Petites Anses aujourd’hui – Photo R. Joyeux

Terre d’est Haut est distante de Terre d’en Bas de 4650 mètres (distance rectiligne mesurée de l’Anse du Bourg de l’une à la Grande Anse de l’autre) ; mais il faut compter un trajet triple quand on veut atterrir aux Petites Anses.  Le vent et les courants sont tels que les marins eux-mêmes préfèrent à cette traversée celle du Vieux Fort, et depuis longtemps ils demandent que leur commune relève du Vieux Fort au lieu de Terre d’en Haut (perception, contributions, syndicat maritime, service de santé).

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Emblème actuel du hameau de Grande Anse – Photo R. Joyeux

Aussi à la Grande Anse, se trouve un hameau très considérable. Le trajet de la Grande Anse aux Petites Anses est très pénible et demande une heure de marche environ par un sentier composé de roches en escalier, particularité qui a fait donner à ce sentier le nom de Dégel ; il faut passer par-dessus un morne de 284 mètres d’altitude, le Morne Létang, ou Morne Paquet dont le sommet est un magnifique plateau.

3 – Îlet à Cabrits

À l’Ouest de Terre d’en Haut, cet îlet contribue à former la passe du Nord de la rade à la protection de laquelle il concourt par sa position naturelle. Trois ou quatre mornes le constituent dans sa presque totalité : le Morne Joséphine (90 mètres), le Morne Bombarde, le Morne Cabrits.

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Îlet à Cabris vu de Terre-de-Haut – Photo R. Joyeux

On y avait autrefois établi des batteries dont les feux pouvaient au besoin couvrir la rade. Sa conformation rappelle beaucoup celle de Terre d’en Haut, comme laquelle elle présente un ensemble de pointes et d’anses très gracieuses : la Pointe Bombarde, la Pointe à Cabrits, la Pointe du Sable sont les trois plus importantes et limitent trois baies larges, mais peu profondes : l’Anse du Bananier ou Anse du Vent, l’Anse à Chaux, l’Anse sous le Vent. Il mesure, abstraction faite de la superficie des hauteurs, considéré à la base seulement, 750 mètres du Nord au Sud, 1.100 mètres de l’Est à l’Ouest.

 

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L’îlet à Cabrits n’est pas habité par des particuliers ; il présente un grand intérêt, néanmoins, au point de vue administratif, car c’est là que sont établis un lazaret important et la prison centrale de la colonie. Près de l’Anse à Chaux, un petit cimetière garde fidèlement les restes des victimes de l’épidémie de choléra de 1865, de triste mémoire. Au Nord du Morne à Cabrits, à une faible distance du rivage, se dresse un rocher innommé dont la forme simule vaguement celle d’un lion.

Un rocher dont la forme simule celle d’un lion – Photo R. Joyeux

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Ruines du Fort Joséphine à l’îlet à Cabrits – Photo R. Joyeux

3- Le Grand Îlet

Situé à 1.200 mètres au Sud  de Terre d’en Haut, il est assez élevé, lui aussi, au-dessus du niveau de la mer. Il offre également plusieurs mornes dont le plus élevé a 168 mètres. Taillé en falaise du côté de la haute mer, il se perd insensiblement, du côté Nord, en une longue plage sablonneuse au milieu de laquelle est creusé un vaste étang qui ne se dessèche jamais. La forme presque triangulaire de cet îlet le rapproche un peu du précédent, sans pourtant que les pointes terminales ressemblent en rien aux angles de ce dernier : la Grosse Pointe, dans le Nord est abrupte, tandis que la Pointe Basse, comme l’indique son nom, constitue, à l’opposé, un point d’atterrissage relativement facile. En face de cette pointe, il y a une série de petits rochers aigus désignés sous le nom de Les Quilles. (1)

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Le Grand Îlet vu du Chameau – Photo R. Joyeux

Le Grand Îlet n’est plus habité aujourd’hui (nous sommes 1901) que par une seule famille qui s’occupe de l’élevage des moutons. Les terres sont la propriété de plusieurs héritiers, ce qui explique pourquoi elles ne sont pas encore mieux exploitées. Il est assez étendu en superficie : 1.200 mètres de la Pointe Basse  à la Pointe des Colibris qui est dans le Sud-Est et 900 mètres de la Pointe Basse à la Grosse Pointe.

(1) – Les Quilles ont disparu, fracassées lors des exercices à tirs réels de la Marine nationale dans les années 60, à une époque où le concept de protection de l’environnement était inconnu !  Aujourd’hui, le Grand Îlet est la propriété du Conservatoire du littoral, au même titre que l’Îlet à Cabris. (NDLR)

4 – La Coche

C’est un long rocher placé sur la même ligne de latitude que l’îlet que nous venons de voir, dont il est séparé par un bras de mer de 750 mètres, auquel on a donné l’appellation de Passe des Dames. Il est allongé à direction de N-0 – S-E ; sa pointe Nord est juste en face de de la Passe du Sud dont il est distant de 1.800 mètres. Comme le Grand Îlet, il présente une plage très sablonneuse dans le bas du versant tourné du côté de Terre d’en Haut, et se termine au contraire brusquement du côté opposé par une haute falaise ; c’est donc là qu’est la plus grande hauteur du rocher. Il est très étroit : 150 mètres dans sa plus grande largeur, sur 800 mètres de long. il est inhabité.

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La Coche et à droite l’îlet des Augustins – Photo R. Joyeux

5 – Les Augustins

Groupe de rochers à l’Ouest de la Coche qu’ils touchent presque ; un petit passage étroit et dangereux, la Passe des Souffleurs permet néanmoins d’en faire le tour. Ils n’ont rien d’intéressant.

Ilet des Augustins et sa Vierge de pierre – Photo R. Joyeux

6 – Le Pâté

Le Pâté est ce rocher plat qui émerge en face de Terre d’en Bas, à 900 mètres au N-E de la Pointe à Vaches. Il rappelle grossièrement le nom qu’il porte. L’ascension en est très difficile, et il est encore plus difficile d’échouer un canot au pied de ses falaises. Aux environs, la mer est toujours forte, et il n’est pas prudent de s’y risquer sans le conseil d’un professionnel du timon. Les naufrages ne sont pas rares en cet endroit ; il faut avoir une parfaite connaissance des vents. Le Pâté est la demeure d’oiseaux de toute sorte.

7 – La Redonde

Elle se présente presque avec la même apparence que le Pâté ; elle est plus régulière, moins nue et un peu moins élevée. 150 mètres seulement la séparent de la Terre d’en Haut, près de la Plaine.

La Redonde et les Îlets environnants – Photo Alain Joyeux

Texte : Sauzeau de Puyberneau 1901
Photos de Raymond et d’Alain Joyeux.

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Environnement : reconstitution du récif corallien à Terre-de-Haut

Le collège de Gourdeliane s’implique

Les Saintois n’ont pas manqué d’observer en novembre dernier et en ce mois de janvier 2018 la présence sur leur littoral durant plusieurs jours de jeunes garçons et filles s’affairant autour d’une étrange structure flottante qu’ils ont remorquée au large et mouillée non loin de l’îlet à Cabris. Ce n’étaient tout simplement que les élèves d’une classe de 3ème du collège de Gourdeliane à Baie-Mahault qui se sont investis depuis deux ans dans la préservation des coraux dans le cadre d’une opération intitulée Kay an nou. Cette opération qui a pour mission la sauvegarde et la reconstitution de nos récifs coralliens s’inscrit elle-même dans un projet national plus global initié par la Fondation C.GÉNIAL.

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Qu’est-ce que la Fondation C.Génial ?

Créée en 2006 par des entreprises et le soutien du Ministère de la Recherche, la Fondation C.Génial a pour mission de promouvoir les sciences et les technologies, et les métiers qui y sont associés. Elle œuvre également au rapprochement entre le monde de l’entreprise et celui de l’éducation pour faire face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Voici comment cette fondation définit elle-même sa mission et ses objectifs :

Nos objectifs sont multiples et complémentaires :

– Promouvoir les métiers scientifiques et techniques et mieux faire connaître leur intérêt et leur diversité
– Susciter des vocations scientifiques, chez les filles et chez les garçons.
– Développer des échanges entre la jeunesse et le milieu de la science et de l’entreprise.
– Impliquer ingénieurs et techniciens des entreprises dans la mise en valeur de leurs métiers.
– Illustrer l’enseignement des sciences au collège et au lycée avec des exemples d’applications en entreprise.
– Informer les jeunes sur les grands enjeux de société liés à l’avancée des sciences et des technologies.
Grâce à l’engagement des professionnels du monde de l’enseignement et de l’entreprise, nous mettons en place plusieurs actions phares :

Nos valeurs

ENGAGEMENT dans des actions à vocation sociétale. Cet engagement sociétal est teinté de pragmatisme car nous nous investissons pleinement chaque jour pour mener à bien notre mission.
GÉNÉROSITÉ qui est notre leitmotiv. Cette générosité s’exprime à la fois par le temps consacré à nos actions, le bénévolat et par les contributions financières qui nous sont essentielles afin d’accroître notre développement.
ENTHOUSIASME pour aider les jeunes à comprendre le monde d’aujourd’hui et de demain en leur donnant le goût des sciences et des technologies. C’est par cet enthousiasme communicatif que nous assurons la pérennisation de nos actions.
OUVERTURE sur le monde scientifique et technique qui se traduit par une transmission de compétences et de savoir-faire envers les jeunes et leurs enseignants.

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Un partenariat fort avec l’Éducation nationale

L’ensemble des actions de la Fondation se fait en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale. Une convention-cadre a été signée en 2011 et a été renouvelée en 2014, puis en 2017 afin de développer nos actions au sein de l’Éducation nationale. Cette étroite collaboration se traduit notamment par un travail actif entre la Fondation et le dispositif ministériel « Sciences à l’école ».

Remorquage à l’Îlet à Cabris – Photo Raymond Joyeux – novembre 2017

Concours

images-1«Sciences à l’École» et la Fondation C.Génial pilotent et organisent le « concours C.Génial », concours scientifique national pour les collégiens et les lycéens. Le « concours C.Génial », qui se décline en « C.Génial-collège » et « C.Génial-lycée », est destiné à promouvoir les sciences et s’adresse aux élèves de collèges et lycées.
Il s’agit pour les élèves participants de présenter un projet scientifique conduit en équipe. Après une première étape de sélection, toutes les équipes finalistes se retrouvent pour la finale nationale. Pour la session 2018, la finale aura lieu à Toulouse, à la Cité de l’Espace.

Objectifs

Le « concours C.Génial » invite les collégiens et les lycéens à présenter en équipe un projet innovant. Est attendue une démarche de projet scientifique interdisciplinaire (mathématiques,  physique, chimie, sciences de la vie et de la Terre, technologie…) et associant si possible l’enseignement professionnel et les enseignements généraux dans le cas des projets présentés par des équipes de lycées professionnels.

Le Collège de Gourdeliane :
vainqueur académique du concours C.Génial

Pour la troisième fois le collège de Gourdeliane a remporté le 1er prix de la finale académique de ce concours scientifique. « Cette année nous avons présenté un projet innovant intitulé « KAY AN NOU ». Il s’agit là de proposer une réponse au problème du blanchissement des coraux. Après avoir réalisé des recherches, des expériences, et fabriqué des maquettes et prototypes en classe, ce dispositif artificiel a été implanté par les 27 élèves de la 3ème D à l’Îlet à Cabrit aux Saintes au mois de janvier. Un reportage de Guadeloupe 1ère a d’ailleurs couvert l’événement. Vous pourrez, si vous le désirez, observer à l’Îlet à Cabrit les structures immergées repérables par la bouée en surface ainsi que le panneau d’information fixé sur l’Îlet ». (Dossier de presse Collège de Gourdeliane)

HELP pour l’exposition internationale de Sciences au Luxembourg

Suite à leur premier prix au concours national de Sciences C.Génial, les élèves du Collège de Gourdeliane seront les seuls représentants de la France à l’exposition internationale de Sciences qui se déroulera au Luxembourg fin mars 2018. Malheureusement seuls 3 élèves et un professeur sont pris en charge par les organisateurs pour la finale nationale à Paris qui aura lieu du 18 au 20 mai 2018. Pour qu’un maximum d’élèves de cette classe qui se sont impliqués dans ce projet puissent partir à Paris soutenir leurs camarades, comme c’est le cas pour les élèves des autres académies de l’Hexagone, 6000 € sont nécessaires. Aussi les responsables du projet KAY AN NOU lancent un appel aux dons afin de récolter les fonds nécessaires. Si vous souhaitez y participer, cliquez sur le lien ci-dessous. Par votre obole, vous aurez contribué à soutenir et encourager ces élèves pour leur implication méritoire dans la sauvegarde de notre environnement. (Site Collège de Gourdeliane)

https://www.leetchi.com/c/projets-de-fse-gourdeliane􏰊􏰖􏰇􏰢􏰩􏰉􏰑􏰒􏰞􏰇􏰖􏰂􏰇􏰅􏰆􏰇􏰝􏰘􏰗􏰝􏰗􏰢􏰆􏰘􏰇􏰟􏰦􏰆􏰇􏰘􏰀􏰝􏰗􏰦􏰢􏰆􏰇􏰉􏰟􏰇􏰝􏰘􏰗􏰃􏰖􏰌􏰓􏰆􏰇􏰅􏰟􏰇􏰃􏰖􏰉􏰦􏰎􏰔􏰒􏰢􏰢􏰆􏰓􏰆􏰦􏰞􏰇􏰅􏰆􏰢􏰇􏰎􏰗􏰘􏰉􏰟􏰠􏰪􏰇􏰁􏰝􏰘􏰌􏰢􏰇􏰉􏰚􏰗􏰒􏰘􏰇 􏰟􏰔􏰎􏰗􏰓􏰚􏰔􏰇􏰀􏰐􏰚􏰇􏰟􏰐􏰌􏰖􏰐􏰟􏰌􏰖􏰐􏰚􏰡􏰇􏰀􏰐􏰚􏰇􏰐􏰤􏰢􏰔􏰟􏰓􏰐􏰜􏰌􏰐􏰚􏰡􏰇􏰐􏰠􏰇􏰒􏰎􏰆􏰟􏰓􏰞􏰙􏰔􏰇􏰀􏰐􏰚􏰇􏰝􏰎􏰞􏰙􏰐􏰠􏰠􏰐􏰚􏰇􏰐􏰠􏰇􏰢􏰟􏰘􏰠􏰘􏰠􏰫􏰢􏰐􏰚􏰇􏰐􏰜􏰇􏰌􏰗􏰎􏰚􏰚􏰐􏰡􏰇􏰌􏰐􏰇 􏰀􏰓􏰚􏰢􏰘􏰚􏰓􏰠􏰓􏰒􏰇􏰎􏰟􏰠􏰓􏰒􏰓􏰌􏰓􏰐􏰗􏰇􏰎􏰇􏰔􏰠􏰔􏰇􏰓􏰝􏰢􏰗􏰎􏰜􏰠􏰔􏰇􏰢􏰎􏰟􏰇􏰗􏰐􏰚􏰇􏰬􏰭􏰇􏰔􏰗􏰑􏰛􏰐􏰚􏰇􏰀􏰐􏰇􏰗􏰎􏰇􏰮􏰑􏰝􏰐􏰇􏰍􏰇􏰂􏰇􏰖􏰩􏰒􏰖􏰆􏰞􏰇􏰂􏰇􏰄􏰉􏰃􏰘􏰒􏰞􏰇􏰉􏰟􏰠􏰇􏰋􏰉􏰒􏰦􏰞􏰆􏰢􏰇􏰉􏰟􏰇 􏰝􏰘􏰓􏰚􏰇􏰀􏰐􏰇􏰦􏰎􏰜􏰛􏰓􏰐􏰟􏰥􏰇􏰂􏰜􏰇􏰟􏰐􏰢􏰘􏰟􏰠􏰎􏰕􏰐􏰇􏰀􏰐􏰇􏰍􏰙􏰎􏰀􏰐􏰗􏰘􏰙􏰢􏰐􏰇􏰣􏰑􏰟􏰐􏰇􏰉􏰇􏰅􏰩􏰉􏰒􏰖􏰖􏰆􏰟􏰘􏰢􏰇􏰎􏰗􏰟􏰚􏰆􏰘􏰞􏰇􏰖􏰩􏰀􏰚􏰌􏰦􏰆􏰓􏰆􏰦􏰞􏰪􏰇 􏰏􏰗􏰟􏰢􏰇􏰝􏰗􏰟􏰘􏰘􏰆􏰙􏰇􏰢􏰒􏰇􏰚􏰗􏰟􏰢􏰇􏰖􏰆􏰇􏰅􏰀􏰢􏰒􏰘􏰆􏰙􏰇􏰗􏰃􏰢􏰆􏰘􏰚􏰆􏰘􏰇􏰂􏰇􏰖􏰩􏰒􏰖􏰆􏰞􏰇􏰂􏰇􏰄􏰉􏰃􏰘􏰒􏰞􏰇􏰖􏰆􏰢􏰇􏰢􏰞􏰘􏰟􏰎􏰞􏰟􏰘􏰆􏰢􏰇􏰒􏰓􏰓􏰆􏰘􏰑􏰀􏰆􏰢􏰇􏰘􏰆􏰝􏰀􏰘􏰉􏰃􏰖􏰆􏰢􏰇􏰝􏰉􏰘􏰇

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Panneau d’information sur le projet à Terre-de-Haut – Photo R.Joyeux

Rectificatif

Les responsables du projet KAY AN NOU du collège de Gourdeliane m’ont apporté les précisions suivantes concernant cette opération que je m’empresse de vous communiquer avec toutes mes excuses pour les erreurs contenues dans la chronique initiale :

1 – Ce n’est pas la Fondation CGénial qui a initié le projet concerné, mais les enseignants avec les élèves et ce n’est qu’après que nous avons présenté notre projet au concours Génial académique.
2 – L’exposition au Luxembourg se fait les 23 et 24 mars, aussi nous partons le mercredi 21 mars.
Merci de prendre note de ce rectificatif
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Raymond Joyeux

Publié dans Actualités saintoises | 5 commentaires

Voyage au cœur de l’archipel saintois

Bonne et heureuse année à tous à la (re)découverte des Saintes…

En ce début d’année 2018, que je vous souhaite excellente à tous points de vue, je vous propose une présentation des îles de notre archipel, écrite par le médecin militaire  Sauzeau de Puyberneau, en poste à Terre-de-Haut entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, alors que les Saintes étaient encore pratiquement inconnues du reste du monde. C’est dans une brochure intitulée Monographie sur les Saintes, dépendance de la Guadeloupe, publiée à Bordeaux en 1901, que j’ai sélectionné ces textes exceptionnels. Inestimable pour nous aujourd’hui, cette présentation, île par île, nous révèle la manière dont était perçu notre environnement géographique et l’intérêt qu’il a suscité aux yeux de cet observateur passionné. Davantage que dans un banal prospectus touristique, nous apprécierons la qualité littéraire et la précision chirurgicale des descriptions dont a fait preuve cet auteur, influencé à coup sûr par sa formation médicale, mais sans doute aussi par l’insolite beauté des paysages côtoyés et l’amour qu’il en a éprouvé. Puissent ces pages nous permettre de mieux connaître et préserver ces îles que beaucoup nous envient et renforcer notre attachement à l’exceptionnel cadre de vie qui est le nôtre.

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Terre-de-Haut vue d’avion – Photo Internet

1 – Terre-de-Haut

Un bourg blotti entre rade et collines-sentinelles

Un petit village très gai, frais et propre, bâti au bord de l’eau ! une chaîne de montagnes le domine et s’étend dans toute la longueur de l’île ; elle ressemble à une sorte d’échine le long de laquelle se succèdent des pics plus ou moins élevés dont les principaux sont : le morne Myr (110 mètres) qui porte le Fort Napoléon, le morne Morel (130 mètres), le morne Rouge (100 mètres), qu’il ne faut pas confondre avec la Tête Rouge, autre élévation sans importance où est établie une batterie, le morne à Craie (80 mètres), le Piton (140 mètres), le Chameau (316 mètres) au haut duquel se trouve la Tour Modèle. La chaîne occupe presque le milieu de l’île, et de chaque côté les versants mènent directement à la mer en pente douce, sauf en quelques points où sont taillées de hautes falaises. Celles-ci sont assez nombreuses du côté Est de l’île dont la forme est vaguement convexe ; la mer y vient battre avec fracas. De l’autre côté, ouvert à l’Ouest, la forme circulaire de l’île est plus correcte : c’est de ce côté que s’étend le village, de ce côté qu’est la rade.

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Le bourg et la rade vus du Morne Myr – Ph. Raymond Joyeux

Une multitude de baies sablonneuses et tranquilles

Le flot a creusé tout autour des baies de toute beauté auprès desquelles on surprend quelquefois des rêveurs, souvent paresseux, mais jamais d’artistes. À la baie du Marigot qui dort sans jamais troubler l’approche de la Roche aux Mauves, succède la baie de Pompierre, presque fermée par les rochers connus sous le nom de Roches percées, où viennent bouillonner les grandes vagues du large ; plus loin la Grande Anse, où les lames énormes se bousculent comme des géants, poussées par les vigoureuses rafales qui soufflent de la Dominique, et s’éclaboussent en s’étendant sur la vaste plage de la baie. C’est un spectacle magnifique ! en continuant vers le Sud, on tombe sur l’Anse Rodrigue et l’Anse Figuier, plus petites et surplombées de chaque côté par des rochers aigus. Ces deux anses, ainsi que celle de Cahouenne qui les suit, sont très fréquentées des pêcheurs.

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La Baie du Marigot et la roche aux Mauves,  au fond TDB – Photo Raymond Joyeux

En dedans, se sont dessinées d’autres petites baies, plus discrètes et plus aptes à faire apprécier la saveur et les bienfaits de l’eau de mer : l’Anse à Myr, l’une des plus connues par les baigneurs en villégiature, entourée d’un paysage curieux ; l’Anse du Bourg où se trouve le débarcadère ; la Petite Anse, au pied de l’église, l’Anse du Fond Curé, peu profonde mais étendue ; l’Anse Galet, une des mieux partagées comme fond ; l’Anse du Pain de Sucre, au vent d’un morne conique tronqué qui porte le nom de l’Anse ; l’Anse à Cointre qui offre une assez jolie plage.

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Plage de Grande Anse – Photo Alain Joyeux

Des promontoires rocheux à la toponymie poétique et maritime

Les promontoires, qui se détachent et se prolongent quelquesfois assez loin de la ligne creuse de ces anses, sont des pointes aiguës et souvent abruptes, qui les font ressembler à d’énormes éperons menaçants. Ce sont en allant du Nord vers l’Est : la Pointe Portail ou Pointe à L’eau, en face de laquelle se trouve un haut-fond dangereux, la Pointe Morel, la plus avancée dans la mer ; la Pointe Zozio, placée en face de Marie-Galante ; la Pointe du Vent , dans la direction des alizés ; la Grosse Pointe, volumineux promontoire qui borne la Grande Anse ; la Pointe Rodrigue, large et arrondie celle-là ; la Pointe de la Redonde, vis-à-vis de laquelle émerge le rocher de ce nom ; la Pointe de Boisjoli, point terminus de l’île au Sud ; le Pain de Sucre, gros rocher réuni à la terre par un petit isthme ; la Tête Rouge, siège d’une batterie d’artillerie, la Pointe de la Petite Anse ; la Pointe Coclett, qui limite la passe des Baleines.

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L’Anse Figuier et ses ilots – Photo Alain Joyeux

Des panoramas à couper le souffle

Presque tous les mornes constituent une série d’ascensions dont la fatigue est largement compensée par la vue du délicieux panorama que l’on enveloppe du haut de leur faîte, quel qu’il soit. De la Tour Modèle, surtout, apparaît dans son ensemble Terre-de-Haut, comme un gracieux ruban, harmonieusement découpée sur les bords, vert ou brun suivant les saisons, légèrement jaunâtre dans les baies, avec en relief des gaufrures inégales et inégalement espacées ; le ruban se termine par deux gaufrures : le Fort Napoléon et le pic Morel. Du Fort Napoléon, le site est charmant aussi : toutes les crêtes se profilent vivement sur le fond bleu ; à ses pieds on voit d’un côté battre la vague monotone et tranquille de la rade, de l’autre se rompre en panache le flot tumultueux et protéique de la grande mer. Quand on fait l’ascension de la Tour Modèle ou du Fort Napoléon, le matin de très bonne heure le soleil qui se lève et dore progressivement l’île, l’air qui apporte sa fraîcheur, le ciel qui étend sa grande nappe d’azur : tout cela est d’un charme difficile à éviter, inoubliable.

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Vue du Chameau – Photo Alain Joyeux

Deux quartiers disparates séparés par l’église

Le bourg est divisé en deux parties par la petite église pauvre bâtie sur un tertre ; ces deux parties sont très disparates. La partie Nord appelée Le Mouillage, a l’apparence plus riche, plus aristocratique, si tant est que l’on puisse, en l’espèce, se servir de ce terme ; on y voit d’assez belles habitations. Le Fond Curé, qui désigne la partie Sud, est plus particulièrement occupée par les pêcheurs qui ont leurs petites maisons sur le bord de l’anse de façon à mieux surveiller leurs embarcations qu’ils échouent tous les jours, et à se trouver plus à même pour les préparatifs que nécessite leur métier.

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Église de l’Assomption – Photo Raymond Joyeux

Pour beaucoup, le Fond Curé est plus digne d’intérêt que le Mouillage. Il est plus pittoresque ; il est d’ailleurs plus étendu en raison de la facilité qu’ont les pêcheurs à y obtenir de l’État une concession de terrain. D’un bout à l’autre, le bourg ne mesure pas moins d’un kilomètre, sans compter le hameau de l’Anse Myr où sont groupées une dizaine d’habitations d’âge très différent. Ce hameau est un coin délicieux, toujours ombragé ; il est devenu une promenade accréditée, 8 à 900 mètres à peine le séparent du centre du bourg.

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Le Chameau sur fond de coucher de soleil

De nombreuses possibilités de balade

On peut, au reste, facilement varier ses promenades à Terre-de-Haut qui mesure 5 kilomètres ½ dans sa plus grande longueur et 2 kilomètres dans sa plus grande largeur. L’île est étranglée à sa partie moyenne où elle ne mesure que 600 mètres ; c’est au niveau de cet étranglement que la Chapelle des Marins, maigre ex-voto vaguement entretenu par les femmes des marins, petit pèlerinage annuel de ces derniers, dresse sa simple blancheur fanée, qu’éclaire une pâle lueur de prière…

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Vue de la Chapelle des Marins – Photo Pédro Lionet

Texte : Sauzeau de Puyberneau (1901)
Sous-titres : Raymond Joyeux
Photographies de Pédro Lionet et de Raymond et Alain Joyeux
Prochaine chronique : Terre-de-Bas et les îlots environnants.

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Il y a 43 ans : Les Saintes…

md22663762626 (1)Cest dans cette brochure touristique (photo ci-contre) intitulée tout simplement Guadeloupe, publiée en 1974, puis successivement en 1975 et 1978 aux Éditions du Pacifique*, que j’ai découvert cet article sur notre archipel saintois. Vous sachant toujours très friands de tout ce qui touche nos îles, c’est avec plaisir que je vous propose cette  originale présentation, rédigée il y a 43 ans par Bob Putigny, écrivain, ancien correspondant de l’AFP et auteur d’ouvrages, entre autres, sur Tahiti et l’Île de Pâques. Les illustrations, sauf autre précision d’origine, sont tirées de la brochure et ont pour auteurs les photographes Bernard Hermann et Michel Folco dont vous trouverez aisément les biographies détaillées sur Internet. À la veille des fêtes de fin d’année, j’espère que cette dernière chronique de 2017 vous intéressera, et profite de l’occasion pour vous souhaiter à toutes et à tous un très Joyeux Noël et une bonne année 2018, avec toute mon amitié et mes remerciements pour votre fidélité. Raymond Joyeux
Pour connaître les publications des Éditions du Pacifique, cliquez sur le lien ci-dessous : 

http://www.leseditionsdupacifique.com

Découverte : novembre 1493

Ce petit archipel, à une quinzaine de kilomètres dans le sud de la Basse-Terre de la Guadeloupe, ne possède, si l’on néglige les îlets minuscules, que quatre îles dignes de ce nom : Terre-de-Haut, Terre-de-Bas, Grand Îlet, Îlet à Cabrit. Découvert le jour de la Toussaint 1493 par Christophe Colomb, il reçut de ce fait le nom de « Los Santos » : Les Saintes. Vues de la mer, ces îles, en tout 1467 hectares de rocher, de terre et de sable, se présentent comme des collines arrondies, par endroit dénudées. La végétation est rabougrie, composée principalement de fourrés et de cactus, hantée par les iguanes, lézards monstrueux, certains atteignent un mètre cinquante de longueur. Parfaitement inoffensifs malgré leur tête crêtée aux yeux brillants, leur corps long et disgracieux couvert d’écailles, ils semblent venir tout droit des époques antédiluviennes.

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Iguane commun des Saintes  – Photo Raymond Joyeux – décembre 2017

Les cultures sont plutôt rares et se limitent à quelques champs de maïs et de manioc. Cependant les reliefs accentués légèrement boisés offrent quelques possibilités d’élevage : chèvres, cabris et volailles.

La pêche, principale ressource

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Pêcheurs saintois remaillant leur filet – Photo Brochure Guadeloupe – 1974

Mais le climat lui-même est très sec, les pluies sont infiniment plus rares qu’à la Guadeloupe, cependant très proche, et la principale ressource de l’archipel reste la pêche. On pratique ici indifféremment : la pêche à la traîne, à la senne, au casier et, le soir sur les plages, lorsque les bateaux rentrent, on peut y admirer les plus magnifiques étalages de grands poissons des Caraïbes : tazars, thons, dorades, bonites et de poissons locaux aux noms charmants et drôles : les z’œils-de-bœuf, les z’oreilles noires, les grand-gueules. Ces pêcheurs-nés, les Saintois, sont originaires de l’Armorique, mais apparemment plus mélangés que les Saint-Barts, « habitants de Saint-Barthélemy ». De fréquents métissages ne les empêchent pas d’avoir encore des enfants blonds et de se proclamer Bretons. Certains prétendent même descendre des corsaires. Il faut reconnaître qu’ils ont belle allure avec leur haute taille et leurs larges chapeaux de paille. Ce sont aussi d’habiles charpentiers de marine. Ils construisent des bateaux aux formes allongées avec lesquels ils sortent pour aller à la pêche au large ou pour se rendre à Trois-Rivières, sur l’île de la Guadeloupe. Imperturbables, ils naviguent quelles que soient la force du vent et la hauteur des vagues sur ces embarcations appelées comme eux des saintois.

Retour de pêche à la senne – Photo Brochure Guadeloupe  – 1974

 Terre-de-Haut

À Terre-de-Haut qui est à la fois le nom du village et celui de l’île, on baigne dans un sympathique et chaleureux milieu de gens de mer. Très accueillants et hospitaliers, ils vous emmènent volontiers avec eux à la pêche et vous font partager leur existence. En contrebas du village, le sable du rivage est partiellement couvert de barques élégantes et de toutes couleurs, et jalonnée par des pyramides de gros coquillages très décoratifs et éminemment comestibles, les « lambis ».

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Barques de pêche saintoises  – Photo Brochure Guadeloupe – 1974

De longs filets de pêche sèchent suspendus à des bâtons fourchus. Mais le matin un mouvement incessant se produit dans la rade, des barques partent pour la pêche ou en reviennent, évoluant à toute vitesse et s’arrêtant d’un coup, moteur stoppé ou voiles affalées. Tandis qu’on embarque ou qu’on débarque au milieu des rires et des cris joyeux, car pour les non-initiés, c’est déjà une aventure de prendre place dans un de ces engins rapides, étroits qui manquent de stabilité, tandis que d’autres embarcations chargées à ras-bords assurent les constantes liaisons avec la Guadeloupe.

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Saintoises discutant au marché – Photo Brochure Guadeloupe  – 1974

Fortifications 

Au sommet de Terre-de-Haut, se trouve le fort Napoléon. Ses enceintes, son glacis, ses chemins de ronde, ses remparts sont en parfait état. C’est une curiosité. Construit sous Napoléon, il n’a jamais servi, militairement parlant, contrairement aux autres forteresses antillaises dont les pierres furent plus ou moins piquetées par les balles ou écornées par les boulets de canons. Son sol n’a jamais bu de sang humain, mais constitue une attraction pour les touristes imaginatifs. Il sert de logement aux pacifiques troupes des colonies de vacances et de cachettes aux cabris vagabonds. Ces cachots ont tenu prisonniers, très momentanément, les gaullistes antillais en 1942. Le pendant du fort Napoléon est tout naturellement le fort Joséphine. C’est un vrai fort, celui-là qui a subi l’épreuve du feu. Il lui fait face sur l’Îlet à Cabrit. Mais ses bâtiments sont maintenant transformés en un hôtel confortable et paisible.

Repos d’après-midi à Terre-de-Haut – Photo Brochure Guadeloupe  – 1974

Des lieux chargés d’histoire

Cependant que de combats, que de coups de canons dans ces lieux chargés d’histoire. Les Indiens Caraïbes en 1653 y attaquaient furieusement les premiers colons européens, tandis que deux siècles plus tard, tout l’archipel servait de toile de fond à une des plus grandes défaites françaises, revanche de la flotte britannique sur la victoire française de Chesapeak Bay qui avait été déterminante pour l’indépendance des États-Unis. Là, dans le canal des Saintes, au matin du 12 avril 1782, les trente navires de la flotte du comte de Grasse, prenaient leur formation de combat face aux trente-sept unités de l’amiral Rodney. Attaque téméraire s’il en fut : deux mille deux cent quarante-huit canons français allaient ouvrir le feu contre trois mille douze canons anglais de meilleure qualité. Mais l’amiral de Grasse qui s’était la veille fait prendre un navire, refusa de l’abandonner disant qu’il y allait de son honneur et de celui de la Marine Royale. Aussi, malgré une manœuvre superbe de Bougainville, qui commandait l’escadre bleue française, la disparité des forces et un vent défavorable, firent qu’au tomber du jour, l’amiral de Grasse amenait son pavillon tandis que ses bateaux qui pouvaient encore naviguer fuyaient, s’égaillant dans la nuit. Un mois plus tard, apprenant ce désastre, le peuple de Paris chantonnait : « Notre amiral s’est rendu de la meilleure grâce, Français de quoi te plains-tu de grâce. » Il n’empêche que l’Angleterre allait conserver, et pour bien longtemps, la maîtrise des mers dans les Caraïbes, et que toute l’histoire des Antilles françaises allait durement le ressentir.

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Figure saintoise au salaco – Photo Brochure Guadeloupe – 1974

 Vue imprenable

Le principal sommet de l’île (309 mètres) est dit le « Chameau ». On peut aisément grimper sur sa bosse d’où l’on découvre un panorama admirable de terre, de ciel et d’eau où flottent des îles, tandis qu’à l’horizon s’allongent en fond de décor la Guadeloupe et les îles de Montserrat et de la Dominique.

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Terre-de-Haut vue du Chameau – Photo Brochure Guadeloupe – 1974

Rappel 

Le texte est de Bob Putigny et date de 1974 – Les photos sous-titrées Brochure Guadeloupe sont de Bernard Hermann et de Michel Folco.
La brochure Guadeloupe, ISBN 2-85 700-079-0, est éditée aux Éditions du Pacifique que je remercie de  m’avoir aimablement autorisé à publier l’article ci-dessus ainsi que les photographies l’accompagnant. Les sous-titres sont de la rédaction du blog.

À tous, je renouvelle mes vœux de bonnes fêtes de Noël et de nouvel an et vous donne rendez-vous en 2018, si Dieu me prête vie, bien entendu.
Raymond Joyeux

 

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Peinture : vernissage réussi pour Alain Joyeux à LO Bleu

Une récidive très appréciée

Après l’OMCSL de Terre-de-Bas en février dernier, le public est venu nombreux ce samedi soir 9 décembre 2017 dans les locaux agréables et spacieux de l’hôtel LO Bleu à Terre-de-Haut pour le premier jour d’exposition Couleurs pays d’Alain JOYEUX. Les tableaux particulièrement attrayants qu’il a présentés, dont certains très récents, ont ravi les visiteurs enthousiastes. Méditant devant les œuvres du peintre, chacun y allait de son admiration et de ses commentaires, prouvant, s’il en était besoin, que le Saintois, résident ou d’adoption, abreuvé en continu des mirifiques colorations changeantes de la mer et du ciel – colorations sublimées par le talent explosif d’Alain – n’est pas insensible à cet art subtil et délicat qu’est la peinture.

Au vernissage de ce samedi soir, il convient de noter la présence amicale et chaleureuse de deux artistes de renom : le designer et graphiste Bruno Coiffard, bien connu en Guadeloupe, récemment installé aux Saintes, auquel on doit, entre autres, le design des verres à punch d’une célèbre distillerie du Sud Basse-Terre, à la production particulièrement appréciée ici… Et Ella Helman, artiste-peintre d’origine polonaise de renommée internationale, en voie de monter son atelier chez nous, à Terre-de-Haut. De quoi satisfaire pleinement Alain Joyeux dont l’exposition à LO Bleu est appelée à durer jusqu’à fin décembre, permettant ainsi aux amateurs, empêchés samedi dernier, de ne pas rater cette occasion unique de se faire plaisir.

Alain Joyeux en famille, au milieu de ses œuvres

Retour aux sources poétiques et familiales

Satisfaction d’autant plus grande et émouvante pour Alain que l’hôtel dont le nom renvoie au célèbre poème d’Arthur Rimbaud, Voyelles : (A noir, E blanc, I vert, U rouge, O bleu), est construit sur l’ancienne propriété de son arrière grand-père Jean-Marie JOYEUX, maître-senneur et notable reconnu aux Saintes, qui y avait édifié sa résidence et rangeait autrefois ses filets, cordages et autres engins de pêche dans un entrepôt jouxtant une plantation en tonnelle de ce fameux et succulent raisin muscat qui fit pendant longtemps la juste renommée de notre île.

Pêcheurs saintois

Un accueil bienveillant et passionné

Les sympathiques et très accueillants actuels maîtres des lieux, Stéphane Nicolas et son épouse Véronique, amoureux tous deux, sans retenue, de l’art et de notre archipel, et qui ont su imprimer leur touche personnelle à la fois rustique et moderne à ce bel ensemble hôtelier, ne sont pas à leur coup d’essai en matière d’exposition artistique. Avant Alain, d’autres artistes ont accroché avec succès leurs œuvres aux cimaises de ce splendide hall, s’ouvrant directement sur la baie illuminée des Saintes, cadre particulièrement propice et adapté à ce genre de manifestation. L’Eau bleue – LO Bleu, subtil et poétique jeu de mots que ne manquent certainement pas de relever et d’apprécier les amateurs de couleurs, de nature et de poésie, clients privilégiés, habituels ou épisodiques de l’établissement et de son environnement exceptionnel.

Vague

Pour un festival d’art pérenne et reconnu aux Saintes

Merci à Alain Joyeux, au public et au couple Nicolas pour cette manifestation culturelle de haut niveau, esthétique et conviviale, qui devrait devenir une tradition, dans le sillage des festivals artistiques réguliers de certaines communes, (musique, chants, poésie, peinture, cinéma…) et qui nous font tant défaut aux Saintes… Espérons que ce premier pas réussi sera suivi de beaucoup d’autres tout aussi enthousiasmants. Ce ne sont pas les artistes en tous genres qui manquent à Terre-de-Haut… à eux de se faire connaître et apprécier !

 

Pour plus d’informations sur les motivations, les influences et l’œuvre picturale d’Alain Joyeux, cliquer sur le lien suivant :

https://raymondjoyeux.com/2015/01/19/alain-joyeux-ou-linspiration-tropicale/

L’homme qui plantait des arbres

« Puisse l’arbre de la peinture et de l’œuvre d’Alain prospérer dans notre imaginaire et y porter ses fruits apaisants et colorés. » J’ai voulu terminer par cette petite note poético-philosophique… à vous de juger si ma formulation est ratée ou non ! Merci de votre indulgence…

Raymond Joyeux

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Terre-de-Haut : hommage et reconnaissance à nos agents communaux

Se prendre en charge :
une spécificité majoritairement inconnue des Saintois

S’ils ne sont pas les seuls, les Saintois sont rouspéteurs de nature. Tout le monde le sait. La majorité d’entre eux, de tout temps, ne comptent que sur la commune pour résoudre leurs problèmes. Qu’ils soient personnels ou collectifs. Et si ça tarde un peu, ils rouspètent ! Il faut dire que depuis près de 50 ans, ON les a habitués à ne jamais se prendre personnellement en charge, ou si peu ! Pourquoi se gêneraient-ils aujourd’hui ?

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Bâtiment des services techniques de la commune de TDH

Une étrange habitude imposée : la mairie comme lieu géométrique centralisateur de la vie communale

Il n’y a pas si longtemps encore tout passait par la mairie. C’était une obligation imposée et une bien étrange pratique. Une réunion de parents d’élèves : à la mairie ; une rencontre des marins-pêcheurs : à la mairie ; un bilan associatif (du temps où existaient les associations), à la mairie ; une manifestation prévue de commerçants : encore à la mairie ; la programmation d’une chorale ou l’organisation d’une soirée récréative, toujours à la mairie, et j’en oublie certainement… Tout cela bien entendu orchestré et dirigé par M.M nos maires en personne. Personnages publics importants certes, polyvalents de nature, ça va de soi, mais aussi histoire sans doute de se tenir informés des moindres faits et gestes de la vie de leurs administrés et d’ y mettre leur grain de sel. Belle et noble raison ! Et comme on n’a jamais eu l’idée (et surtout pas la volonté) – au cas où les opposants en bénéficieraient –  de créer une maison des associations, au fonctionnement indépendant des instances politiques et municipales, comme cela existe partout ailleurs, il faut bien se réunir quelque part, alors pourquoi pas à la mairie ? N’est-elle pas appelée, après tout, maison du peuple ?

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Étrange maison du peuple, accueillante plus souvent qu’à son tour !

Un personnel mis à rude épreuve, toujours sur la brèche

Mais trêve d’ironie de mauvais aloi et de persiflage. Malgré son toit rouillé, la mairie de Terre-de-Haut existe et fonctionne bien. Et c’est tant mieux. Avec son maire d’abord qui répond systématiquement de bonne grâce à tous vos courriers ; avec son personnel administratif ensuite, accueillant et coopératif, toujours prêt à vous écouter, à vous informer et à satisfaire vos demandes,… sans attendre des mois pour vous fournir une fiche d’état civil. Mais aussi et surtout avec ses agents techniques qu’on pourrait qualifier des « services extérieurs », chargés de tout ce qui touche à l’entretien et à l’embellissement des biens communaux ; à la propreté du bourg et à la sauvegarde de son patrimoine et de son environnement : abattage, élagage, broyage, balayage, nettoyage, ramassage, jardinage… Tâches ingrates s’il en est, mais indispensables, et qui méritent qu’on s’y attarde au lendemain des intempéries de septembre qui nous ont si cruellement touchés.

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Jean-Charles, le roi incontesté du râteau

Impatience et rouspétance

Bien entendu, les choses ne se passent jamais assez vite et aussi bien que nous le souhaitons. D’où la rouspétance évoquée plus haut et un sentiment de frustration, voire d’injustice de certains qui attendent que l’on déblaie devant leur porte où s’accumulent encore, plus de deux mois après le passage de l’ouragan, les méfaits trop visibles de Maria.

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Que l’ON déblaie ! Oui, mais qui ? Sinon justement ces agents communaux qui dès le lendemain de la tempête jusqu’au jour d’aujourd’hui (1er décembre 2017) n’ont ménagé ni leur peine ni leur temps pour redonner progressivement à la commune son cachet d’avant : noria journalière incessante d’engins, bennes et camions pour collecter les encombrants de toute nature, polluant les rues et le littoral : tôles et ferrailles rouillées, antennes de TV délabrées, branchages enchevêtrés, vieilles planches vermoulues, gouttières plastiques endommagées, filets, cordages et bâches échoués qu’il faut désensabler… Ajouté à cela le service régulier de ramassage des déchets ménagers et des appareils électriques hors d’usage qui viennent s’additionner aux lourds sacs de vinyle noir, remplis à ras bord, bien connus – mais mal aimés à juste titre – des éboueurs matinaux.

Et après cela il serait injuste et déplacé de rendre hommage à ce personnel exceptionnel sans qui toutes les communes, dont la nôtre, crouleraient sous les décombres et la pestilence ? ! Bien au contraire, c’est ne pas le faire qui serait injuste !

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René, symbole souriant de l’agent technique impliqué dans le nettoyage communal

 Et si chacun y mettait du sien ?

Et si, pour les aider, chacun y mettait un peu du sien ? Râteaux, pelles, brouettes, sachets poubelles, cela coûte si peu en comparaison des efforts fournis par nos agents communaux. Et, à vrai dire, tout le monde n’est pas resté les bras croisés. On en a vu – souvent les mêmes – qui quotidiennement se sont retroussé les manches sans attendre le secours providentiel de la collectivité. Et c’est grâce au travail combiné et complémentaire des uns et des autres que Terre-de-Haut commence à redevenir propre et belle, en dépit de quelques amoncellements toujours visibles mais qui, avant Noël, nous en sommes persuadés, auront disparu pour la satisfaction de tous.

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Mieux vaut se munir des gants solides et résistants pour ce genre de récolte !

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Reconnaissance et hommage amplement mérités

Voilà l’hommage que je tenais, en votre nom et au mien, chers compatriotes, à rendre à tous ces particuliers et à nos nombreux agents communaux des « services extérieurs » qu’il faudrait citer individuellement tant ils sont tous aussi méritants et généreux les uns que les autres. Merci et bravo mesdames et messieurs pour votre engagement et votre sens du bien commun au service de la collectivité de Terre-de-Haut.

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Un bon bricoleur fouineur et persévérant y trouverait son compte !

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Amoncellement hétéroclite de déchets sur fond de navire de croisière : 29/11/17

 La délation : pratique policière ou sport favori de certains

Dans ce remue-ménage incessant de remise en état de notre île, on peut être sûr en tout cas que ce n’est pas vous, particuliers responsables et agents techniques communaux, qui perdez votre précieux temps à téléphoner aux autorités pour leur rapporter qu’ intel ka koupé piébois ; qu’ intel ka planté pikets ; qu’ intel ka fè ci ; ka fè ça … Ceux-là, ce sont des makos patentés, comme on dit vulgairement chez nous. Des tontons macoutes décérébrés qui, en d’autres temps, auraient dénoncé à coup sûr leurs voisins innocents pour les envoyer à la mort. On peut être certain aussi que ce ne sont pas eux qui ont tenu un râteau ou une pelle pour nettoyer, après le cyclone, devant leur porte. Ils ont préféré ou préfèrent encore attendre en délateurs, qu’on vienne le faire à leur place. Triste et pitoyable réalité que ce sport imbécile et honteux que pratiquent certains habitants de notre commune, au cerveau dérangé, toujours à l’affût du mal qu’ils pourraient faire aux autres. Ce à quoi il faudrait ajouter que cette attitude maladive et perverse devrait être depuis longtemps  éradiquée de nos mœurs saintoises si, au lieu de l’encourager, les responsables politiques successifs – car la politique sert aussi à éduquer – l’avaient désapprouvée en remettant à leur place ces minables petits rapporteurs, en quête, faute d’intelligence, d’une hypothétique et monnayable reconnaissance.

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Élagage individuel pour suppléer à la surcharge municipale : autorisation officielle indispensable

Car la vraie et respectable reconnaissance, s’il faut en attribuer une, c’est à nos agents communaux qu’elle revient. À ceux et celles qui chaque jour font leur boulot de façon désintéressée. Sans chercher à nuire à qui que ce soit. Pour la simple et unique satisfaction d’accomplir une responsabilité honnêtement assumée.

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Toutes les photos sont de Raymond Joyeux. Celles présentant des personnes sont publiées avec l’autorisation des intéressés que l’auteur remercie pour leur collaboration.

Raymond Joyeux

PS : Une pensée particulière en ce début décembre pour la famille Bocage qui vient de perdre coup sur coup deux de ses membres : Michel, resté 23 ans paralysé à la suite d’un accident cérébral et Jean-Michel, le fils de Carmen et de notre regretté Francis. À leurs parents, proches et amis nous adressons nos très sincères condoléances et notre plus vive sympathie. Condoléances et sympathie à partager avec les familles Hoff et Bride à l’occasion du décès en métropole de Maryse, épouse de notre ami Philippe.

 

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L’eau aux Saintes, suite !….

Bonjour à tous,

Face au problème récurrent de la distribution de l’eau aux Saintes, je souhaiterais publier un article paru en décembre 2013 sur le sujet. Malheureusement, l’informatique me jouant des tours, je ne peux que vous donner le lien de cet article dont j’ai quelque peu modifié le titre et l’introduction. Mille excuses pour cet incident.
Bonne journée à tous. Raymond Joyeux

https://raymondjoyeux.com/2013/12/18/leau-aux-saintes-un-epineux-probleme-aujourdhui-resolu/

 

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L’eau aux Saintes : un épineux problème aujourd’hui résolu ?..

Le jeudi 23 novembre à 13 heures, une rupture de canalisation à Trois-Rivières a privé d’eau Terre-de-Haut et Terre-de-Bas pendant deux jours. Maintenant que la distribution a été rétablie,  nous avons jugé bon de publier à votre intention cette chronique parue en décembre 2013, retraçant l’évolution de l’alimentation en eau de notre archipel. Si  nous avons ajouté un point d’interrogation au titre initial, c’est pour signifier que nous sommes à la merci d’un incident identique à n’importe quel moment et que le problème n’est pas aussi définitivement résolu qu’il y paraît. D’autant que nous sommes tributaires de la petite guerre politique que se livrent à nos dépens la CASBT dirigée par Mme Michaux-Chevry  et le Conseil Général de la Guadeloupe en la personne de Madame Borel-Lincertin. À preuve cette dernière publication de Terre-de-Haut Indiscrétion qui nous apprend que c’est sur l’intervention de Mme Borel que la réparation a pu être réalisée, la présidente de la CASBT refusant de la prendre en charge !.. 

Chassés par le manque d’eau

voyage labatL’histoire nous apprend que les premiers colons qui abordèrent les côtes saintoises en 1648 durent abandonner rapidement l’archipel à cause du manque d’eau. « Il n’y a qu’une chose désagréable dans ces Isles,  écrit Jean-Baptiste Labat, c’est le défaut d’eau douce. »Ces colons revinrent cependant quelques années plus tard, en 1652, et s’y installèrent définitivement, ayant sans doute trouvé un moyen quelconque (que les archives ne précisent pas), pour récupérer et conserver le précieux liquide.

Réservoirs militaires et communaux

Par la suite, nous savons que lorsque s’édifièrent les fortifications et bâtiments militaires (entre 1809 et 1870), les constructeurs prirent soin de doter la plupart d’entre eux d’immenses citernes, dont certaines souterraines, capables de fournir aux garnisons et à la population de l’époque un approvisionnement régulier en eau. Selon un document manuscrit authentifié en ma possession, voici la liste, le lieu, la date de construction et la contenance de ces citernes :

Citernes Bien

Citerne de la Caserne -1841. Photo R.Joyeux

Si l’on excepte le réservoir souterrain du Fort Napoléon, la plupart de ces citernes sont aujourd’hui abandonnées ou comblées et certaines d’entre elles totalement détruites. Une réhabili-tation des édifices existants, outre la préservation d’un patrimoine excep-tionnel, serait un hommage rendu à l’histoire et au passé de notre île.

Puis, au fur et à mesure que se cons-truisirent les édifices  publics : église, mairie, écoles, se sont édifiées simultanément des citernes com-munales gérées par les autorités et assurant en saison de sécheresse des ressources complémentaires.

Jarres, fûts et citernes privées

Modèle de jarre utilisée aux Saintes

Parallèlement à cet effort public, les particuliers se mirent à constituer leurs réserves personnelles en installant des gouttières autour du toit de leurs maisons pour alimenter jarres et fûts, au contenu éphémère, en attendant d’avoir les moyens de construire des citernes en dur. Certains avaient  creusé dans leur cour ou leurs « terres », des puits ou mares pour subvenir aux besoins en eau du bétail, et éventuellement s’en servir pour le ménage, la vaisselle ou la lessive. La commune elle-même possédait une mare au Marigot, qui existe encore et autour de laquelle se sont affairées pendant des décennies, des générations de femmes saintoises transformées en lavan-dières… quand elles ne se rendaient pas à l’îlet à cabris par canots entiers.

La mare du Marigot

Située au pied des Mornes du même nom et ancrée dans la mémoire collective des Saintois, la Mare du Marigot est régulièrement alimentée par les eaux de ruissellement. Plusieurs fois comblée de terres charriées lors de pluies abondantes, elle a été souvent désensablée, réaménagée et une partie de ses berges renforcée en dur, ce qui a altéré quelque peu son caractère naturel et modifié certainement son biotope originel.

La mare du Marigot aujourd'hui. Photo R. Joyeux

L’Étang Bélénus

 Avec la mare du Marigot, le plan d’eau douce le plus célèbre de Terre-de-Haut reste sans conteste l’Étang Bélénus aujourd’hui disparu. Cet étang, peu profond, mais très étendu, situé à l’entrée de la plage de Grand’Anse, constituait un élément exceptionnel et unique du biotope saintois par la présence en ses eaux et aux abords d’espèces animales et végétales d’une extraordinaire variété. Comblé en 1966 par les militaires du SMA (Service Militaire Adapté), à l’occasion des travaux de l’aérodrome, sa disparition prive Terre-de-Haut non seulement d’une appréciable et naturelle réserve d’eau douce, mais d’un patrimoine écologique et paysager irremplaçable.

Étang Bélénus avant sa disparition - Coll. Boisel

Les pompes-fontaines de Théodore Samson

Les plus anciens doivent s’en souvenir : lorsque les carêmes étaient particulièrement rigoureux, tout ce qui vivait aux Saintes, hommes, animaux, végétaux, ressentait douloureusement les effets du manque d’eau. C’est pour cette raison que la municipalité de Théodore SAMSON, dans les années 50, ordonna des forages pour tenter de faire monter l’eau du sous-sol. Des fontaines, actionnées par une pompe à bras, furent installées aux endroits stratégiques de l’île, (carrefour de la mairie, de la Poste, des écoles…), permettant à la population de venir s’approvisionner facilement. Ce fut la première tentative « scientifique » de résolution du problème de l’eau toujours crucial à Terre-de-Haut. Malheureusement, si l’idée était bonne et la technique relativement au point pour l’époque, la proximité de la nappe sous-marine, rendant l’eau saumâtre, donc inutilisable, fit échouer le projet et les pompes qui fonctionnèrent un certain temps, finirent par s’oxyder et disparurent l’une après l’autre.

Les interventions de la Marine nationale

Citerne ronde communale -Photo R.Joyeux

Au cours de la période 1960-1975, sous les municipalités successives de Georges AZINCOURT, d’Eugène SAMSON et de René GERMAIN, la Marine nationale est intervenue à maintes reprises  pour alimenter les Saintes en eau potable. Des navires citernes qui faisaient le plein en Guadeloupe venaient régulièrement en période de dure sécheresse remplir la citerne ronde de la mairie, obligeant malgré tout, sous la surveillance étroite du garde-champêtre Virgile Cloris,  à un rationnement de la population. Rationnement qui suscitait, pour autant que je m’en souvienne, de mémorables bousculades, contestations, altercations et « babillages » aux heures de distribution…

Une technique d’évaporation irréalisable

À la fin des années 60, le conseil municipal sous la conduite d’Eugène Samson, se pencha sérieusement sur une technique, capable, pensait-on, de  solutionner définitivement le problème récurrent de l’eau aux Saintes : un procédé d’évaporation-récupération dont une maquette expérimentale resta un certain temps installée en plein soleil devant la mairie de Terre-de-Haut. Difficilement réalisable à grande échelle, le projet resta à l’état de maquette et c’est une municipalité nouvelle élue en 1971 et dirigée par le Docteur René GERMAIN qui entreprit les travaux d’installation d’une usine de dessalinisation de l’eau de mer.

La dessalinisation ou dessalement de l’eau de mer

Cette technique révolutionnaire à l’époque, qui avait fait ses preuves en Israël, semblait être en effet, en dépit de son coût élevé, la solution de l’avenir. Une première unité de dessalement fut installée en plein bourg, dans le bâtiment désaffecté de l’ancien groupe électrogène. Les conduites d’alimentation de l’usine amenaient l’eau de mer directement de la rade, pompée à quelques encablures au large du débarcadère. Outre les risques de pollution et le bruit occasionné par le fonctionnement des appareils, cette unité de production à faible débit ne servit au début qu’à alimenter les citernes communales, en attendant que se construisent, aux flancs du Chameau et du Morne Mire, les châteaux-d’eau et, dans le bourg, les canalisations urbaines pour le branchement des particuliers.

Unités de dessalement de Morel en 1985 - Photo R.Joyeux

Lorsque, après plus de dix longues années de travaux particulièrement incommo-dants, furent achevées et  rendues opérationnelles ces importantes et coûteuses réalisations : (trois réser-voirs en béton d’une capacité totale de 2650 M3, et une grande partie du réseau urbain de canalisations souterraines), il fallut penser à réformer la petite usine du bourg devenue obsolète. La commune disposant d’un vaste emplacement à Morel, c’est l’UCDEM (Unité Caribéenne de Dessalement de l’Eau de Mer), une société spécialisée basée à Saint-Martin, qui se chargea de l’implantation de deux unités performantes de production d’eau douce, d’un débit quotidien de 90 M3.  Mises en service en 1985, elles étaient appelées à assurer désormais à la population une alimentation régulière en eau, à condition qu’elle y mette le prix : jusqu’à 60 F le M3, soit l’équivalent de 9€ 15 actuels. La distribution, gérée par un Syndicat communal des eaux, sous la houlette de la mairie, devint vite objet de pression électoraliste, les autorités municipales détenant seules le droit régalien de raccordement ou non des particuliers.

Vers la solution définitive

Alors qu’il semblait qu’avec cette nouvelle usine le problème de l’eau aux Saintes serait définitivement résolu, des pannes à répétition et des incidents techniques, (mauvais dosage entre autres des apports en sels minéraux), intervenant en pleine sécheresse, causèrent de sérieux inconvénients aux particuliers et aux hôteliers. Il s’est alors avéré que la fiabilité des installations et de leur mise en œuvre était loin d’être assurée à 100%. Incidents  auxquels était venu se greffer un grave contentieux financier entre le Syndicat des eaux et l’UCDEM, laissant les Saintois à la merci d’une pénurie généralisée.

Préparation d'un élément de la canalisation

C’est alors que les autorités départementales décidèrent de prendre les choses en mains. À l’instar de la Désirade qui venait d’être reliée en eau à la Guadeloupe par des canalisations sous-marines, le Conseil Général entreprit de rassembler les moyens financiers, techniques et humains susceptibles de régler le problème des Saintes une fois pour toutes.

Ce ne sont pas moins de 100 Millions de Francs (l’équivalent de 15 Millions d’Euros) qui allaient être consacrés à la mise en œuvre d’un gigantesque chantier, présenté comme une première mondiale en ce domaine. Une canalisation flexible de 14 kilomètres en continu, réalisée au Danemark et posée entre deux eaux, à des profondeurs atteignant parfois 320 mètres, par une barge spécialisée venue directement de Scandinavie, amènera désormais l’eau aux Saintes depuis la Guadeloupe.

Le chantier de raccordement

Débutés en septembre 1993, les travaux s’achèveront en février 1994 et c’est le Président du Conseil Général, M. Dominique Larifla, qui inaugura le 15 août de la même année cette liaison vitale des communes sain-toises avec la grande île, mettant définitivement, pour de bon cette fois, il faut l’espérer, un point final aux tracasseries de nos popu-lations, privées naturelle-ment sur leur sol de rivières et de sources, leur permettant d’assurer leur autonomie en eau douce, élément indispensable à toute vie sur la planète. Élément rare, précieux et fragile qu’il nous incombe  de préserver et d’économiser… en songeant aux efforts constants consentis par nos prédécesseurs pour nous rendre pratiques et sûres aujourd’hui ses multiples et vitales utilisations.

Mise à l'eau

Raymond Joyeux
Les photos du chantier m’ont été aimablement communiquées à l’époque
par un responsable du projet.

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9 commentaires pour L’eau aux Saintes : un épineux problème aujourd’hui résolu ?..

  1. Alain Joyeux dit :

    Comme toujours, les dossiers sur le patrimoine local présentés sur ce blog ( le lambi, le tourment s d’amour…) sont d’un immense intérêt pour ceux qui aiment notre petit pays. Ce dossier sur l’eau est à la hauteur des précédents. La précision des informations ainsi que la rigueur du traitement, les documents iconographiques (souvent des images inédites ou rares), font de cette chronique un véritable travail d’historien et de journalisme tout en incluant des souvenirs personnels, précieux témoignages, qui nous rendent les description particulièrement vivantes : les « mémorables bousculades, contestations, altercations et « babillages » aux heures de distribution » mettent du piment dans ce qui aurait seulement pu être un simple inventaire de faits et de dates.
    Ce dossier insiste sur l’espoir de résoudre cette question essentielle de l’eau sur l’île. Cet espoir est à chaque fois la motivation de nouvelles installations, un véritable feuilleton sur plusieurs générations !
    Au final l’approvisionnement par tuyaux sous marin est présenté comme « la solution définitive » . Vu la récurrence du problème depuis les premiers colons il m’aurait semblé plus prudent d’y ajouter un point d’interrogation : l’abduction sous marine depuis la Guadeloupe est-elle vraiment l’épilogue de cette histoire d’eau ?… En effet il paraît hasardeux de faire une confiance absolue sur le long terme à une canalisation sous marine, fut-elle d’une technologie avancée, fiable et solide. Certaines rumeurs parlent de fuites considérables … est-ce vrai ? En tout cas, lorsque l’on prend conscience de la force des éléments, il est tout à fait possible que cette conduite se rompe un jour ou l’autre suite a des mouvements de mer plus fort qu’ à l’habitude. Qui est chargé de la maintenance de cette conduite ? Y aurait-il aujourd’hui dans le département les barges et technologies disponibles pour réparer rapidement en cas d’avarie ?
    Les citernes du chameau et autres sont elles pleines en permanence afin de palier momentanément aux besoins en eau de la population suite à une rupture de la dite conduite sous marine ?
    L’usine de Morel est elle encore en mesure de traiter l’eau ? Son bon fonctionnement est-il assuré au cas où ?
    Y-a-t-il un plan B en cas de rupture de la conduite sous marine. Si oui quel est-il ?
    Il semble que ce dossier, aussi excellent soit-il pour les repères historiques qu’il donne, mérite d’être complété par les réponses aux questions ci dessus.
    Par ailleurs il serait intéressant d’avoir des données chiffrées sur l’évolution de la quantité d’eau consommée par la population de Terre de Haut au fil du temps. Aujourd’hui, ce confort certain d’avoir une source inépuisable au robinet doit certainement changer la donne en matière de consommation, compte tenu , non seulement du « haut débit » relatif au structures hôtelières et touristiques, mais aussi du simple changement d’habitude de tout un chacun, savourant ce bienfait inestimable d’une eau de bonne qualité à profusion. Il n’est pourtant pas si lointain, le temps, où l’on faisait sa toilette avec un couï par personne pour économiser l’eau de la citerne familiale…
    D’un autre coté, les personnes bien avisées, qui ont bonne mémoire et surtout l’espace et les moyens de rénover ou de construire des citernes domestiques sont bien évidemment celle les mieux placés pour faire face à une avarie sur le réseau de distribution. Rappelons que les techniques de maçonnerie actuelle, les qualités des armatures et des ciments, certains matériaux composites, permettent la construction d’unité de stockage de l’eau de pluie anti-sismiques, sans parler des systèmes de filtrations qui sont loin de rendre obsolète le concept de la citerne domestique.
    Plutôt que se reposer exclusivement sur un système externe soumis à d’éventuels aléas (la conduite sous marine), Le bon sens voudrait que la politique encouragée soit celle de l’autonomie familiale en eau, surtout aux Saintes, vu les données géo climatiques. Avoir une citerne en réserve n’empêche pas d’avoir le branchement sur le réseau actuel de distribution. Le conseil régional de la Guadeloupe a un temps « sponsorisé » les particuliers pour les inciter à recueillir les eaux de pluie. Cette politique d’aide est-elle encore d’actualité ?
    Voilà pour les quelques questions.
    Si l’auteur ou des lecteurs de ce blog peuvent amener des réponses…

    A Noter : au registre des zones naturelles, il peut être fait mention de la fameuse « cascade » du chameau (sur l’anse Figuier) , très active certes lorsque la saison est bien arrosée, cascade qui peut couler à flot pendant quelques temps de grosses pluies, et qui garde généralement en permanence un filet d’eau même pendant le carême.
    Raymond, tu n’as pas mentionné l’épisode d’un sourcier qui serait venu (dans les années 60 ?) ainsi que ses conclusions sur d’hypothétiques réserves d’eau naturelle sur notre île. Est-ce une légende ? un oubli de ta part ? Il serait intéressant de mentionner cet épisode. Qui était ce sourcier ? Qui l’a fait venir ? A t-il découvert quelque chose ?
    Merci pour ce dossier qui, en tout cas, est une bonne référence pour notre histoire collective.
    AJ.

    • Analyse et questions pertinentes quant à la viabilité à long terme du procédé, jamais à l’abri d’incidents techniques liés à l’usure des matériaux, à une défaillance imprévue de l’installation et aux aléas climato-météorologiques. Incidents qui se sont déjà d’ailleurs produits, aussi bien sur le réseau désiradien que saintois. À ma connaissance, Il a fallu à chaque fois faire intervenir une barge, du matériel et des ouvriers spécialisés qui apparemment ne sont pas basés sur place. Incidents qui n’ont cependant pas affecté de façon significative la distribution d’eau, mais c’est vrai, des fuites sous-marines, souvent importantes, sont régulièrement signalées ici ou là et leur colmatage reste à chaque fois problématique en raison même de la complexité du système et de la profondeur où « flottent » les canalisations…

      J’ignore si les réservoirs de Terre-de-Haut sont toujours entretenus et opérationnels et s’ils sont programmés pour suppléer aux défaillances momentanées du réseau sous-marin. Je sais par contre que beaucoup de Saintois, peut-être un peu trop confiants, démolissent leurs citernes jugées inutiles, n’étant encouragés par aucune autorité à les conserver.

      Concernant le rapport du sourcier, en réalité un radiesthésiste, c’est volontairement que je ne l’ai pas signalé, ne possédant que des informations fragmentaires. De plus, les déductions qu’il avait faites voilà 30 ans n’entraient pas à proprement parler dans le cadre d’une mission rémunérée. Je ne citerai donc pas son nom mais selon lui, des forages au flanc du Chameau permettraient d’atteindre une nappe d’eau douce très importante, à une profondeur ne dépassant pas 36 mètres, pour un débit de 5 M3 heure ; 100 M3 si on fore plus en profondeur… Selon lui également, cette nappe d’eau se situerait à l’aplomb de l’ancienne décharge municipale, ce qui laisserait planer des doutes quant à la potabilité de l’eau… Mais c’est toujours bon à savoir, pour un futur à mon sens très éloigné, mais sait-on jamais …

  2. Chrysos dit :

    Merci Alain pour ta contribution, elle solde mes interrogations quant à la pérennité du cordon ombilical qui nous relie « au continent » …Les impondérables politiques , les catastrophes : il ne faudrait sous estimer aucun risque , selon moi.

    Par ailleurs, il se dit qu’ un esprit hante la mare du marigot. Serait-ce celui de l’enfant Casimir BELENUS( homonyme avec celui qui fit fonction de maire)retrouvé noyé en 1832 ( source: les archives départementales) si ma mémoire est bonne.

  3. Alain Joyeux dit :

    Un plan B officiel en cas de rupture du « cordon » ? Quelle serait l’alternative programmée ? Peut-être la compagnie des eaux peut-elle répondre à cette question ?

    • En ballade au Chameau avec Roméo Léon, le dimanche 29 décembre, à 5 heures du matin, il m’a expliqué que le réservoir du Chameau est parfaitement opérationnel car c’est là qu’arrive l’eau de la Guadeloupe qui est répartie après modération de la pression, chez les particuliers de TDH. Les autres réservoirs, selon lui, sont laissés à l’abandon. Donc, apparemment, il n’y a pas de plan B.

  4. peter christian dit :

    Je voudrais simplement rajouter que le réservoir du fort napoléon est aussi en fonction. A eux deux rempli constitue environ a peine 48 heurs en consommation normal voir moins. il y a disons 5 années il avais fait une étude a savoir si la citerne du chameau pouvais alimenter celle de terre de bas résultat non et j’ai cru comprendre qu’il envisage un procédé pour le futur afin de relier les deux îles

  5. Un grand merci Christian pour ton commentaire qui éclaire notre lanterne. J’ai toujours grand plaisir à te lire et toute information sur ce sujet (ou sur un autre) sera le bienvenu. Je profite pour te souhaiter, à toi, à ta famille et à tous nos lecteurs, une excellente année 2014, en attendant que je reprenne bientôt le fil de mes chroniques.

  6. Marc DUPUY dit :

    Je viens de tomber sur votre article qui est passionnant à lire et m’interpelle sur les problèmes de l’eau, qui n’est pas assuré partout…

  7. Alain Thouret dit :

    Merci Raymond pour ces détails historiques. L’eau, problème crucial pour tout ilien probablement, et l’électricité ? Acheminement sous marin également , mais apparemment moins problématique .
    En tout cas, ayant vécu MARIA , l’eau et l’électricité font parti de notre quotidien, et quand ils manquent…ça se complique, surtout l’eau, élément vital.

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