Les Saintes : une saison touristique prometteuse

Une satisfaction partagée

Tourisme

Alors qu’elle vient à peine de commencer, la saison touristique aux Saintes semble avoir pris cette année un très bon départ. Et le pic de fréquentation enregistré aux vacances de Carnaval est un signe qui ne trompe pas. Chaque jour désormais, depuis fin décembre- début janvier, les vedettes maritimes nous déversent leurs lots colorés de visiteurs de tous âges prenant d’assaut boutiques de souvenirs, restaurants et locations de scooters, envahissant rues et plages pour la plus grande satisfaction des commerçants et professionnels du tourisme, tandis que les bouées d’amarrage de la baie semblent le plus souvent insuffisantes pour tous les voiliers qui voudraient s’y ancrer.

Des statistiques imprécises

OfficeMalgré l’implantation d’un nouvel Office du tourisme installé dans les locaux de l’ancienne gendarmerie, place du débarcadère, les statistiques officielles sur le fait touristique à Terre-de-Haut ne sont pas légion. Certes, les structures d’accueil, d’hébergement et de restauration y sont répertoriées mais le taux réel de fréquentation ne semble pas, jusqu’à ce jour, faire l’objet d’une réelle comptabilisation. La seule donnée chiffrée qui pourrait servir de base à une estimation quantitative quant à la moyenne annuelle de visiteurs accueillis aux Saintes est le nombre d’entrées payantes au musée du Fort Napoléon. Les derniers relevés en ce domaine  indiquent une moyenne de 90 000 personnes pour l’année 2014. Si l’on considère que seulement la moitié des visiteurs se rendent au Fort, on peut estimer à environ  de 180 à 200 000 le nombre de « touristes » qui foulent chaque année le sol des Saintes. Mais ce n’est qu’une extrapolation approximative, sans valeur mathématique fiable.

Différentes catégories de visiteurs.

bateau pour blog rec 2Mis à part les croisiéristes des grands paquebots et des yachts particuliers qui ne mettent pied à terre qu’épisodiquement ou seulement quelques heures la journée, on peut considérer que les visiteurs de notre île se divisent en trois catégories : les journaliers qui arrivent le matin et repartent en fin d’après-midi, ceux qui louent pour quelques jours ou le week-end et ceux enfin qui séjournent au pays entre un et six mois chaque année. De plus en plus nombreux, semble-t-il, ces visiteurs d’un autre type, venus de Métropole, du Canada, de Suisse, d’Allemagne… ne devraient d’ailleurs pas être catalogués « touristes » mais semi-résidents puisque leur logement leur est réservé d’une année sur l’autre et que, pour la plupart, ils fréquentent les Saintes depuis 15, 20, 25 ans ou plus. Vivant une bonne partie de l’année, si ce n’est la moitié, au milieu de la population, connaissant pratiquement tout le monde, généralement très bien intégrés et accueillis, ils sont plus Saintois que certains originaires qui ne viennent au pays qu’un WE sur deux, ou qui l’ont abandonné pour d’autres cieux.

Janot, un habitué inconditionnel de Terre-de-Haut

janotParisien bon teint mais ayant élu domicile dans les Yvelines, Janot fait partie des demi-Saintois évoqués plus haut. Ancien directeur technique d’une entreprise d’importation de machines-outils et pilote amateur, ayant bourlingué pendant 30 ans en Méditerranée et séjourné au cours de ses pérégrinations en Grèce, en Sicile, en Turquie, ce sympathique et avenant retraité a finalement choisi les Saintes, avec son épouse Anne-Marie, comme port d’attache et lieu de villégiature saisonnière prolongée. C’est après avoir sillonné  toutes les îles de la Caraïbe, que le choix du couple s’est porté finalement sur Terre-de-Haut dont ils apprécient la tranquillité et la douceur du climat qui leur épargne chaque année, depuis plus de 15 ans, les rigueurs de l’hiver métropolitain.

avion janot

Dessinateur accompli et amateur de modélisme, Janot remplit bien ses journées qu’il partage entre promenade à la fraîche, farniente quotidien sur la plage, croquis de bateaux et fabrication de maquettes. Ayant monté son petit établi sur la terrasse de son logement – réservé pour lui de novembre à avril – ce passionné de modèles réduits n’a pas le temps de s’ennuyer. Et c’est naturellement qu’il construit patiemment avions, voiliers et maisons de pêcheur. Autant de maquettes et mobiles qui ornent sa petite résidence, qu’il laisse dans la maison à son départ et qu’il retrouve et enrichit à son retour la saison suivante.

maison janot 3
Incollable sur le nom, le type, les caractéristiques et le pavillon des nombreux voiliers et vedettes qui mouillent en rade de Terre-de-Haut, Janot n’a pas son pareil pour les croquer sur un petit carnet qui ne le quitte jamais et dont il m’a fait voir récemment les derniers dessins.

dessin de janot

Voilà donc un « touriste-résident » passionné qui profite de son séjour hivernal aux Saintes pour s’adonner aux joies de la création et de la détente, dans un cadre et une atmosphère appréciés. Bel exemple de hobby dont devraient s’inspirer nombre de nos visiteurs et de nos propres aînés à court d’idées ou d’imagination pour occuper leur temps libre.

Un tourisme équilibré, source de bien-être et d’enrichissement pour nos visiteurs comme pour nous

Voilier janot

Favoriser et développer le tourisme aux Saintes,  comme certainement partout ailleurs, ce n’est pas entreprendre la transformation radicale ou insidieuse des modes de vie traditionnels et du milieu naturel. C’est au contraire préserver et valoriser ce qui fait le particularisme géographique, historique et humain de la communauté et du cadre de vie. C’est d’abord et surtout mettre à la disposition de la population non seulement un outil de travail, mais tous les éléments d’un mieux être social, économique et culturel, dont profiteraient naturellement nos visiteurs, les incitant à rester plus longtemps chez nous et à y revenir régulièrement, comme le font Janot et son épouse… et quelques autres que la plupart de nos compatriotes connaissent et apprécient.

PS : Maquettes et dessins, réalisés aux Saintes, sont de Janot, que nous remercions chaleureusement pour son accueil et sa disponibilité.

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Morts ou disparus en mer : les Saintois se souviennent

 

Par un mercredi venteux

Monument communal aux marins-pêcheurs disparus

Monument communal aux marins-pêcheurs disparus

Le mercredi 21 février 1990, il y a 25 ans jour pour jour, à trois heures du matin, Michel Bordy, 38 ans, Patrick Bride, 36 ans et son frère François, 29 ans, quittent la baie du Marigot à Terre-de-Haut sur leur saintoise Calou, comme ils le font presque chaque nuit depuis l’ouverture de la pêche à la traîne, au large de l’archipel. Le temps n’est pas très beau en cette période de vacances de Carnaval, mais c’est le lot quotidien des pêcheurs saintois,  au risque, hélas, de leur vie, de devoir affronter les éléments d’où ils tirent par tradition et nécessité leur principale subsistance et celle de leur famille, tentant parallèlement d’assumer les lourdes charges financières qui sont les leurs, et qu’alourdit d’année en année l’échéance trimestrielle du rôle d’équipage, leur garantissant la qualité d’inscrits maritimes et de professionnels.

Une communauté maritime solidaire

Patrick Bride, 36 ans

Patrick Bride, 36 ans

À terre, ce mercredi, jusque dans l’après-midi, malgré la mauvaise brise qui souffle de l’Est, personne n’est particulièrement inquiet, les familles étant habituées aux retours de pêche tardifs en cette saison. C’est seulement en fin de journée, alors que la nuit commence à tomber, que le retard des trois jeunes pêcheurs est pris au sérieux et que l’angoisse s’installe et grandit dans les cœurs. Après une nuit que l’on imagine sans sommeil pour les parents et amis tourmentés, l’alerte est donnée le jeudi matin 22 février. Sans attendre, la communauté des marins et pêcheurs saintois, solidaire de ceux qui manquent à l’appel, entreprend les premières recherches, conjointement menées par le dispositif départemental de secours et de repérage en mer. Elles vont durer officiellement quatre jours, sans résultat, amenuisant au fil des heures l’espoir de retrouver vivants Michel, Patrick et François.

Un naufrage inexpliqué

Michel Bordy, 38 ans

Michel Bordy, 38 ans

Le mardi 27, près d’une semaine après le naufrage présumé, alors que toute la Guadeloupe, indifférente aux soucis de la petite dépendance, se défoule, défile et danse au rythme du Carnaval, une épave est repérée au large de Capesterre Belle-Eau. Sitôt la nouvelle confirmée, les pêcheurs qui, eux, n’ont jamais cessé les recherches, reprennent la mer dans la direction signalée, trouvent le hors-bord partiellement immergé avec ses deux moteurs intacts et tout son attirail, et le ramènent à Terre-de-Haut vers 20 heures. Le cœur serré, la quasi totalité de la population abattue se rend au débarcadère comme pour interroger ce témoin silencieux du drame : nos amis ont dû sombrer le matin même de leur départ car les réserves d’essence sont à peine entamées et les appâts bien rangés dans un thermos enfermé dans le gaillard d’avant. Surpris sans doute par une lame, Calou a dû se trouver tout à coup rempli d’eau, le poids des moteurs ne tardant pas à le faire gîter par l’arrière. Mais sans doute pour éviter la perte de leur bateau, l’équipage a le temps d’arrimer des bouées à l’étrave, de solidariser les réservoirs de carburant et de mettre à l’abri le matériel de pêche. C’est ainsi en tout cas que les sauveteurs retrouvent l’épave, l’avant seul, soutenu par les bouées, émergeant de la surface des flots.

 Des recherches perçues à l’époque comme insuffisantes et inadaptées

François Bride, di Calou, 29 ans

François Bride, dit Calou, 29 ans

Ce même soir, on apprend qu’un corps a été retrouvé sur une plage de Marie-Galante. C’est celui de François. De ses camarades, aucune nouvelle. C’est la consternation et la rage, car on sait aujourd’hui que des recherches mieux organisées et mobilisant davantage de moyens, auraient peut-être permis d’éviter le pire, le naufrage ayant probablement eut lieu à quelques encablures de la Grande dépendance.
Il fallait être présent à l’enterrement de François en cet après-midi du 28 février 1990 écrasé de soleil, pour comprendre et partager la douleur des familles pleurant leurs enfants, mais aussi l’émotion de toute une population solidaire, bouleversée par ce drame.

Un mémorial aux marins-pêcheurs disparus en mer

momu busteLes deux frères Bride et Michel Bordy ne sont pas, hélas, les seuls pêcheurs saintois ayant payé de leur vie leur tribut à la mer. Avant eux, en 1978, un marin breton, connu sous le nom de Rémy, installé aux Saintes avec sa famille, habitué à sortir seul, disparaissait mystérieusement corps et biens dans des circonstances jamais élucidées. Deux ans plus tard, le 22 février 1980, c’est au tour de Camille et d’André Cassin de faire naufrage au large de Saint-Barthélemy. Seul Camille, dit Lazare, réussit à gagner la terre, son compagnon  à quelques mois de la retraite, n’a jamais été retrouvé. En juin-juillet 2013, Jean-Louis Cassin et Daniel Judes, suite au mauvais temps et à une avarie de leur voilier, sont retrouvés au large du Vénézuela après  32 jours d’errance sur l’océan, sans eau ni vivre, alors qu’ils faisaient route vers Saint-Barth. Déshydraté et inanimé, Jean-Louis a pu être ramené à la vie de justesse, mais Daniel Judes a été retrouvé mort sur le voilier. En mémoire de ces marins saintois morts ou disparus en mer, la municipalité de Terre-de-Haut a fait ériger un monument, à l’esthétique improbable, contestée, il est vrai, par beaucoup, et visible place de la mairie. Une plaque de marbre, malheureusement non nominative et mal entretenue, rappelle le souvenir de ces hommes qui ont tragiquement perdu leur vie en mer, élément qui leur est pourtant familier et qui depuis des générations est leur raison d’être et les fait vivre. En ce jour du 25 ème anniversaire de la mort et de la disparition de Patrick, François et Michel, associons les noms de Rémy, André, Daniel et, bien qu’il fût un enfant, celui de Jeoffrey, le fils de Fernand Samson, pour affirmer notre solidarité avec leurs familles et leurs proches et rendre hommage à leur mémoire.

En ce 25 ème anniversaire du drame de 1990, un petit effort de rénovation aurait pu être fait !

En ce 25 ème anniversaire du drame de 1990, un petit effort de rénovation aurait pu être fait !

PS : Les photos de Patrick et François Bride m’ont été aimablement communiquées par leur sœur Fanny. Celle de Michel Bordy par sa sœur Elza. Un grand merci à toutes deux.

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Notre compatriote Fernand Bélénus honoré à Saint-Malo

Un personnage hors du commun

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOn ne présente plus Fernand Bélénus, alias, aux Saintes, Tonton Fernand. La verve intarissable, l’humour subtil, la franche personnalité et la juste renommée de notre ami sont tels qu’ils ont franchi depuis longtemps les frontières de notre archipel. Ancien navigateur, connu et apprécié dans tous les milieux maritimes de France et de Navarre, en particulier en Bretagne et singulièrement à Saint-Malo où, comme animateur et ambassadeur bénévole de notre île, il participe ou a participé à tous les événements nautiques organisés ou orchestrés par ce célèbre port breton, Fernand vient d’être promu sociétaire de la SNBSM sous le N° 2610. Ce qui fait de lui à ce jour le premier et seul Antillais membre de ladite Société, fondée en 1848 et qui compte aujourd’hui pas moins de 1000 adhérents actifs.

Une lettre du Président de la SNBSM 

Membre SNBSM 2C’est par une lettre élogieuse du Président de la Société Nautique de la Baie de Saint-Malo, datée du 17 janvier 2015, qu’il a officiellement appris la bonne nouvelle. Usant du tutoiement, signe de complicité évidente et gage d’une longue amitié, le Président de la SNBSM s’adresse à Fernand en ces termes :
« Fernand, cher ami,
J’ai à cœur de te dire, une fois encore, l’immense plaisir que tu nous as fait, en octobre dernier, en venant illuminer par ta présence les festivités du départ de la course St-Malo-Pointe-à-Pitre. Les animateurs de la cellule « Club des Partenaires » ne tarissent pas d’éloges à ton égard et l’ensemble des personnes, membres ou pas de la SNBSM, gardent de toi un formidable souvenir, regrettant que la prochaine édition de la Route du Rhum ne s’inscrive pas dans un cycle annuel. Ta bonne humeur, ton énergie et ton savoir faire le ti-punch n’ont pas leur pareil, et c’est moins le départ des bateaux que ton absence, pourtant programmée, qui a créé un vide autour de nous, gens de la SNBSM…

OLYMPUS DIGITAL CAMERANous avons fait connaissance lors de l’édition précédente, en 2010, nous nous sommes appréciés en 2014, pourrons-nous nous séparer en 2018 ? Il est vrai que je ne serai plus alors aux responsabilités de la SNBSM, et c’est un autre président qui aura le plaisir de te recevoir et faire ton éloge.
Mon cher Fernand, pour l’aide précieuse que tu as su apporter à la SNBSM, avec discrétion et efficacité, le Comité Directeur et moi-même tenons à t’offrir, pour 2015, ta première adhésion au Club, avec nos félicitations. Tu trouveras ta carte de membre jointe à cette lettre…
Je te renouvelle mon amitié et celle des membres de la SNBSM qui ont eu l’occasion de te rencontrer à Saint-Malo. Je te dis à une prochaine fois, ici, en Guadeloupe ou ailleurs. »

Ambassadeur talentueux et efficace de nos îles

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEn dépit des tracasseries incessantes dont il est injustement victime dans sa propre commune de la part d’un chef d’édilité particulièrement hargneux, selon lui, à son égard, et avec qui il n’a jamais eu aucun atome crochu – ce qui lui a valu de faire en 2008 une célèbre grève de la faim – Fernand Bélénus n’a cessé et ne cesse d’œuvrer, avec la verve et le talent qu’on lui connaît, pour faire connaître et aimer son île lointaine de Terre-de-Haut en particulier, et l’archipel des Saintes en général. Profitant de ses animations bénévoles, de ses nombreux passages dans les salons de promotion touristique et de ses interviews sur les médias régionaux ou nationaux, radios et télés, à l’occasion des manifestations nautiques ou autres auxquelles il participe en Métropole, Fernand a peut-être fait davantage que tous les organismes officiels pour inviter et inciter les visiteurs et la population métropolitaine à mieux connaître et à se rendre en Guadeloupe et dans nos îles saintoises.

OLYMPUS DIGITAL CAMERANe serait-ce que pour son implication désintéressée et fructueuse en ce domaine, il aurait dû être non seulement officiellement remercié par les instances locales soucieuses de développement commercial et touristique, mais reçu à bras ouverts par ces mêmes instances. Qu’à cela ne tienne, l’amour et la promotion de sa terre natale sont plus forts que le dépit qu’il aurait pu concevoir du rejet et de la malveillance dont il est chez lui l’objet incompréhensible de la part de certains représentants des autorités communales. Sollicité dans de nombreuses villes de Métropole pour sa connaissance reconnue de notre archipel et pour ses dons incontestables d’animateur jamais à court de bons mots désopilants, adulé et promu à Saint-Malo, Tonton Fernand est l’exemple parfait, la vivante illustration du célèbre adage qui prétend, que nul, hélas, n’est prophète en son pays… Et c’est bien dommage !

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Un document historique exceptionnel : le manuscrit du premier syndicat saintois

1905 : création du premier syndicat de marins-pêcheurs aux Saintes

Dans une chronique datée de novembre 2013 intitulée Terre-de-Basune fête du lambi réussie, j’avais évoqué la création en 1934 du syndicat des Marins-pêcheurs de Terre-de-Haut L’Union fraternelle. En réalité ce n’était pas le premier du genre créé aux Saintes. Le 17 décembre 1905, voilà donc bientôt 110 ans, nos pêcheurs avaient senti le besoin de se rassembler et de s’unir pour défendre leur profession. Je vous présente en effet, en exclusivité, l’original du manuscrit des statuts de ce que l’on peut considérer aujourd’hui comme étant le tout premier syndicat des marins-pêcheurs ayant vu le jour dans notre île.

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En 18 articles rédigés en un français parfait, et une calligraphie particulièrement travaillée, nos aînés avaient défini les règles de leur association dont l’objet comme indiqué ci-dessus consistait en « l’étude et la défense des intérêts économiques de ceux qui exercent la profession de pêcheurs et qui donneront leur adhésion à la société. » Initialement prévue pour les seuls marins-pêcheurs de Terre-de-Haut, l’association, lors de sa séance plénière du 25 novembre 1906 – soit un an après sa création – vote une modification de ses articles I – V et X pour ouvrir ses portes aux professionnels de Terre-de-Bas, Petites Anses et Grande Anse, formant chacune une section au sein du syndicat, lequel se donne alors pour titre : Syndicat des marins-pêcheurs.

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Malheureusement, le document, s’il indique bien la composition du bureau – Président, Vice-Président, Secrétaire, Trésorier – celle-ci n’est pas nominative. Nous trouvons néanmoins la signature du Président et du Secrétaire au bas des statuts, respectivement Messieurs P.François CÉLESTINE et LAROTTE. Ce dernier patronyme, qui a disparu chez nous, serait apparenté à la famille Jacques. Quant à celui de Célestine, il est bien représenté à Terre-de-Haut par les descendants directs de ce P. François, qui ne doit pas être confondu avec son homonyme, François Célestine, vraisemblablement son petit-fils, lui-même fils d’Yves Célestine qui fut conseiller municipal sous Eugène Samson, de 1963 à 1971.

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Le syndicat de 1934

Livret de 1934 ayant appartenu à P.E. Joyeux

Livret de 1934 ayant appartenu à P.E. Joyeux

Bien que l’ayant déjà présenté, comme mentionné, en novembre 2013, voici reproduite à nouveau ci-contre la couverture du livret syndical de L’Union fraternelle, association des Marins-Pêcheurs de Terre-de-Haut datant de 1934, livret ayant appartenu à mon grand-oncle, Paul-Émile Joyeux, l’un des deux vice-présidents de l’époque. Ce syndicat, ayant sans doute plus de moyens que celui de 1905, avait fait imprimer ses statuts en bonne et due forme à Pointe-à-Pitre et contient la composition nominative du bureau.

Dans l’ordre, Il s’agit de messieurs :

– Benoît CASSIN, président
– Paul-Émile JOYEUX et Bermont QUINTARD, vice-présidents
– René SAINT-FÉLIX, secrétaire
– Gerville JACQUES, secrétaire adjoint
– Léon BELMONT, trésorier
– Émilien AZINCOURT, trésorier adjoint
– Joseph FRAGILE, assesseur
– Joseph VINCENT, assesseur
– Iréné AZINCOURT, assesseur.

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Deux de ces patronymes ont disparu depuis à Terre-de-Haut, il s’agit des familles BELMONT et FRAGILE. Les autres ont tous des descendants encore vivants aux Saintes. Comme le premier syndicat, L’Union Fraternelle incluait également dans ses sociétaires les marins-pêcheurs de Terre-de-Bas, sans pour autant prendre le titre de Marins-pêcheurs saintois. À noter, en 1905, le droit d’entrée et la cotisation mensuelle sont chacun de 0,50 centimes, alors que 30 ans plus tard, inflation sans doute oblige et la guerre de 14-18 étant passée par là, le droit d’entrée est porté à cinq francs et la cotisation mensuelle à 2 francs (de l’époque, bien entendu !)

Pour mémoire : aujourd’hui, deux associations rivales

Aujourd’hui, contre toute logique, il existe aux Saintes deux associations de marins-pêcheurs qui ont banni de leur titre le terme de syndicat : l’Association des Marins-Pêcheurs Saintois, regroupant les professionnels de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, dénommée l’AMPS, créée en 2002, en dehors de toute obédience politique, ayant à sa tête M. Georges PINEAU ; et l’Association des Marins-Pêcheurs de Terre-de-Haut, l’AMTH, n’incluant comme son nom l’indique que les pêcheurs de cette commune, créée en 2007 pour des raisons politiques, à l’initiative du maire – qui, rappelons-le, est agent douanier et non marin-pêcheur -, et présidée par M. Félicien BÉLÉNUS. Si bien qu’à la Pentecôte de chaque année, les Saintois ont droit à deux fêtes simultanées de la pêche, organisées par l’une et l’autre des associations, en deux lieux différents…

Pécheurs de Terre-de-Bas préparant leur senne- début 20e siècle.

Pécheurs de Terre-de-Bas préparant leur senne- début 20e siècle.

En conclusion, si nos aînés du siècle passé avaient le sens de l’union et de la fraternité, certains de nos responsables d’aujourd’hui auraient plutôt celui de la discorde et de la division. L’histoire saintoise des mentalités, non seulement ne se répète pas mais évolue à l’évidence dans le mauvais sens. C’est, malheureusement, selon nous, la triste leçon à tirer de la réalité comparée d’hier et d’aujourd’hui. Benoît CASSIN, président du syndicat de 1905 et P.François CÉLESTINE, celui de 1934, doivent se retourner dans leur tombe respective.

Pêcheurs ravaudant leurs filets - Plage de Petite Anse

Pêcheurs de Terre-de-Haut ravaudant leurs filets – début 20e siècle

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Le test de l’arbre

Michel Tournier

CHOISEL: MICHEL TOURNIERMichel Tournier est un écrivain français né à Paris en décembre 1924. Âgé aujourd’hui de 90 ans, il obtint le Prix Goncourt en 1970 pour son roman Le Roi des aulnes. Il est connu de tous les collégiens de France (et d’ailleurs) pour Vendredi ou la vie sauvage, réécriture à leur intention d’un premier roman plus complexe, Vendredi ou les limbes du Pacifique, dans lequel il revisite à sa façon les aventures et le mythe de Robinson Crusoë. Auteur prolixe de romans, de contes, de nouvelles et d’essais à caractère philosophique, Michel Tournier, est un admirateur de l’œuvre de Flaubert qu’il considère comme « le sommet de la littérature française ». Germaniste de formation, il reconnaît néanmoins et revendique l’influence thématique et stylistique de la littérature allemande sur sa création littéraire. Dans son ouvrage autobiographique Le Vent Paraclet, publié en 1978, il propose une réflexion sur la littérature et apporte un éclairage instructif sur son œuvre personnelle.

Petites proses

peties prosesSi tous les livres de Michel Tournier, des romans aux essais, présentent chacun un intérêt majeur pour le lecteur passionné de littérature, il en est un d’assez court, qui se lit sans ordre et qui s’intitule petites proses. Pour employer la formule habituelle qui n’enlève rien à ma sincérité, je ne saurais que trop vous conseiller la lecture de ce petit livre qui n’est pas sans rappeler l’esprit et la démarche de la dernière publication – beaucoup plus volumineuse – de l’écrivain franco-québécois-haïtien Dany Laferrière : L’art presque perdu de ne rien faire – (Éditions Grasset). Dans petites proses, Tournier, bien avant notre ami Laferrière, nous propose toute une série de succulentes réflexions sur les faits, gestes et thèmes de la vie quotidienne où l’impertinence et l’humour sont loin d’être absents. Vous vous régalerez avec : Des clés et des serrures  – L’esprit de l’escalier – Téléphone –  Bas-fonds – Mains – Mon œuf et moi – Célébration des fesses… etc. Autant de petits bijoux que vous ne manquerez sûrement pas d’apprécier et qui vous donneront peut-être l’envie de vous mettre à votre tour au clavier de votre ordinateur et de vous essayer, pourquoi pas ? comme Laferrière,  à  » l’art presque perdu de ne rien faire ».

Le test de l’arbre

Parmi les textes de petites proses, j’ai choisi Le test de l’arbre. Sans aucune raison particulière, sinon celle de vous mettre l’eau à la bouche et peut-être aussi parce qu’il entre dans le cadre de ce Blog, qui souvent fait, modestement, la synthèse de la philosophie, de l’action et de la poésie, comme le précise la conclusion de Michel Tournier. Le problème c’est que dès que vous l’aurez lu, connaissant la signification, selon l’auteur, de la représentation des différentes parties de l’arbre, vous ne pourrez plus innocemment dessiner le vôtre sans être influencé. Je vous propose donc de suspendre un instant votre lecture, de prendre un crayon et un papier et de vous mettre à l’ouvrage. Votre arbre dessiné, vous reprendrez la lecture et vous saurez ainsi dans quelle catégorie vous vous situez. C’est parti. Mettez de côté pour un instant votre ordinateur.

Le texte de Michel Tournier

Tableau d'Alain Joyeux

Tableau d’Alain Joyeux

« Pour déceler la psychologie du « sujet », on lui demande de dessiner un arbre. C’est là que commence le suspens, car il n’y a pas deux arbres identiques, aussi bien dans la nature que sur le papier.

Commençons par les racines. Certains « sujets » omettent purement et simplement de les dessiner. Si on leur fait remarquer leur oubli, ils répondent que l’arbre cache ses racines dans la terre et qu’il ne faut pas faire comme l’enfant qui n’oublie pas de dessiner le nombril du bonhomme habillé qu’il dessine. On peut se satisfaire de cette explication. Mais on peut également définir la nature de la racine, élément nocturne, tellurique, qui assure obscurément à l’arbre à la fois sa nourriture et sa stabilité. Gaston Bachelard allait encore plus loin et voyait dans la racine une étrange synthèse de la vie et de la mort, parce que, inhumée comme un défunt, elle n’en poursuit pas moins sa puissante et secrète croissance.

On comprend dès lors que s’il y a des hommes-racines, qui dans leur dessin privilégient le niveau souterrain de l’arbre, d’autres s’en détournent au contraire instinctivement.

Sans doute accorderont-ils leur préférence au tronc. C’est l’élément vertical de l’arbre, celui qui symbolise l’élan, l’essor, la flèche dressée vers le ciel, la colonne du temple. L’homme d’action doué d’une dimension spirituelle se reconnaît dans cette partie de l’arbre. Il y a autre chose. Le tronc ne fournit pas seulement le mât du navire. C’est lui qui donne le bois, matériau de la planche, de la poutre, du billot. Sa couleur, ses lignes, ses nœuds et même son odeur parlent puissamment à l’imagination.

Mais toute une catégorie d’hommes et de femmes ne se reconnaissent que dans les branches horizontales et leur feuillage. C’est le poumon de l’arbre, les mille et mille ailes qui battent comme pour s’envoler, les mille et mille langues qui murmurent toutes ensemble quand un souffle de vent passe dans l’arbre. Au demeurant, ramage signifie à la fois chant et entrelacs de rameaux.

Ainsi chaque arbre rassemble les images des trois grandes familles humaines : les métaphysiciens, les hommes d’action et les poètes. Et il nous apprend en même temps qu’ils sont solidaires, car il ne peut y avoir de frondaison sans tronc, ni de tronc sans racine. »

Une réponse attendue ou non

Si vous avez joué le jeu et qu’effectivement vous avez dessiné votre arbre avant d’avoir lu le texte de Michel Tournier, vous pouvez, si vous le souhaitez, laisser un commentaire. À moins que vous préfériez garder pour vous la conclusion de votre test. La liberté d’expression n’est-elle pas devenue par les temps qui courent le maître-mot à l’honneur de tous les médias actuels et de toutes les bouches à l’unisson ? Merci néanmoins pour votre contribution. J’ai toujours privilégié quant à moi les branches et le feuillage. De là à conclure que je suis poète, je ne m’aventurerai que délicatement en ce lumineux chemin, connaissant l’éclat et la puissance du mot poésie !..

***

PS : J’ai ajouté un lien pour un tout nouveau blog : zbler.com. Je vous conseille vivement de vous y rendre sans tarder. Des articles passionnants sur l’art vous y attentent, écrits par des étudiants férus de culture.

Poirier centenaire Place de la mairie à Terre-de-Haut - 1960

Poirier centenaire Place de la mairie à Terre-de-Haut – 1950 – remplacé aujourd’hui par…un lampadaire !

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Alain JOYEUX ou l’inspiration tropicale

LIvre alain retArtiste-peintre, dessinateur et photographe, ayant sélectionné quelques unes de ses œuvres, Alain JOYEUX a publié en décembre 2014 une remarquable monographie intitulée simplement COULEURS.  Publication  limitée en quantité et diffusion, cet ouvrage de 56 pages à la couverture cartonnée ne pourra, pour le moment, toucher un large public. C’est une des raisons pour lesquelles je vous propose de le découvrir en texte et en images, en donnant la parole à l’auteur qui saura mieux que moi se présenter et définir son travail, son parcours et ses motivations artistiques. Je dirai simplement qu’Alain a bien choisi le titre de cet album, illustrant d’emblée la première de couverture d’un tableau emblématique de sa démarche de coloriste. Tout comme sont emblématiques les toiles et dessins choisis qui constituent la teneur de l’ouvrage. Acryliques, aquarelles, dessins, toute la production d’Alain Joyeux, pour partie rassemblée ici, contribue à définir sa personnalité et son œuvre, le plus souvent inspirée de ses origines insulaires et de son séjour sur les hauteurs de l’Habituée de Capesterre-Belle-Eau en Guadeloupe continentale.

Une enfance saintoise

alain Joyeux« Né à Lyon en 1969, petite enfance à Terre-de-Haut des Saintes (archipel de Guadeloupe), je découvre et explore les verts bocages du Charolais-Brionnais le temps de ma scolarité… Me revoici à Lyon pour des études à l’école des Beaux Arts ; une seule idée pour la suite : retourner en Guadeloupe pour y créer mon « œuvre »… Enfin de nouveau aux Antilles au début des années 90, j’enseigne les arts plastiques à Pointe-à-Pitre puis dans l’archipel isolé de mon enfance (l’océan émerge de façon constante dans mes images peintes). Je crée ensuite mon lieu de vie, de jardins et d’art, dans le proche voisinage des célèbres Chutes du Carbet.  Mon « domaine contemplatif » : la forêt tropicale foisonnante, royaume de la pluie compacte et du gigantisme végétal sur les pentes du chaudron volcanique de la Soufrière. La présence des torrents et des cascades dans mes images commémore cette proximité vécue au quotidien, cette immersion quasi osmotique au cœur de « l’île aux belles eaux » pendant plusieurs années, les plus belles peut-être de mon existence. Mais le meilleur n’est-il pas toujours à venir ? l’ambition artistique s’attèle alors à le faire surgir à l’instant même !

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 De la couleur à l’art thérapie

arbre en fleurDe retour en France depuis 1998, je redécouvre l’art et particulièrement la couleur avec un autre regard, grâce à la pédagogie Waldorf dans laquelle je m’engage comme étudiant puis pour enseigner et, à l’issue de la même source et du même élan, à travers l’art thérapie… Je sillonne le pays de long en large, résidant successivement dans le Jura, l’Ariège, l’arrière-pays niçois, le Languedoc, la Mayenne puis, pour quelques années, en Suisse Romande avant de revenir alentour de ma ville natale. Ses effluents industriels me rappellent la nécessité d’une vie en alliance avec les éléments, les espaces ouverts. La pratique artistique, la couleur, me permet alors ce rappel essentiel avant une prochaine immersion qui s’avère indispensable ! Puisse ce modeste ouvrage témoigner de ces quelques réminiscences de la beauté du vivant qui me guide.

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Réminiscences caraïbes, normandes et bourguignonnes

automne'Dès ma prime enfance, la couleur et les beautés de la nature ont inondé ma vie : des flamboyances tropicales de la Caraïbe en passant par la douceur du pays normand, puis par les forêts profondes de la Bourgogne et la pierre dorée de ses monuments sacrés, c’est à la fois tout en contraste et tout en nuances que je décline à présent en couleurs un univers empreint de mes contemplations nomades. Ainsi, les peintures ici présentées sont tour à tour aquarelles ou acryliques, les unes privilégiant les brumes colorées, nuancier d’ambiances, transparences et profondeurs des tons, mystère des apparitions ; les autres se laissant aller à la franchise des à-plats « brut de tube » à la manière des fauves. peinture 007Ce contraste de matières et de formes colorées est présenté sans souci de chronologie, en alternance, image fidèle du vécu artistique : impulsions de peintures tantôt pastelles, tantôt « flashies », qui se succèdent selon l’humeur et les saisons, donnant parfois l’impression, au fil des images, qu’il y a plusieurs peintres à l’œuvre… telle est ma liberté : celle d’adapter mes outils et mon mode d’expression picturale en fonction de ma seule fantaisie du moment, sans concept préalable ni ligne de conduite, sinon celle de « me laisser faire » par la couleur ! Ce strict dilettantisme cache cependant une puissante lame de fond. Si la spontanéité est présente et perceptible dans l’exécution, celle-ci est l’aboutissement d’une gestation lente et tenace. En effet la plupart des œuvres présentées ici sont le fruit d’une longue maturation avant d’émerger sur le papier ou la toile.

La beauté est dans l’œil de celui qui regarde

Dans la fraîcheur du geste, étonnement des retrouvailles avec une ambiance colorée, une image, un thème ou sujet longuement médité puis oublié, qui ressurgit enfin mûr, à point nommé : peinture-interception d’un flux vivant, vital… D’autres couleurs sont par ailleurs le fruit de mes recherches et d’exercices lors de mon apprentissage pour l’art thérapie, à l’atelier Margarethe Hauschka. Dans ce cadre, les peintures sortent du champ de la production d’une œuvre d’art, témoignant seulement, essentiellement, devrais-je dire, de la force de la présence dans l’acte de peindre. »

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Alain Joyeux

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Pour commencer l’année en BEAUTÉ…

Un livre exceptionnel

la beauté 1En ce début de l’année 2015, vous remerciant chaleureusement de vos vœux et de votre fidélité, je me permets de vous conseiller un livre magnifique sur un des aspects les plus prégnants de notre vie quotidienne : la recherche et la contemplation de la Beauté. De la beauté sous toutes ses formes : naturelle, (je veux dire de la nature qui nous entoure), humaine, littéraire, picturale, musicale… Ce concept auquel chacun peut donner sa propre définition, tant il est chargé de subjectivité, est magistralement analysé à partir d’exemples iconographiques abondamment présentés par Umberto ECCO, l’auteur mondialement connu du Nom de la Rose  qui a assuré la direction de l’ouvrage. Publié à Milan en 2004, traduit de l’italien et paru en France chez Flammarion en 2010, on trouve actuellement l’Histoire de la Beauté dans toutes les bonnes librairies, et si vous êtes amateur d’esthétique (qui ne le serait pas ?), soucieux de vous enrichir culturellement, courrez sans tarder vous le procurer.

Umberto ECCO : un auteur de premier ordre

Photo Wikipedia

Photo Wikipedia

« Professeur, essayiste, romancier, sémiologue, linguiste, Umberto ECCO, né en 1932 dans le Piémont (Italie), n’a cessé de tirer son fil rouge : celui du langage, s’imposant comme le maître incontesté de la sémiotique. Parallèlement, son œuvre romanesque, du Nom de la Rose (Grasset 1983) au Cimetière de Prague (Grasset 2011), couronnée par les prix littéraires les plus prestigieux, connaît un succès mondial. » Telle est la présentation succincte de l’auteur en 4ème de couverture de l’Histoire de la Beauté. Nous retiendrons cependant que sa production en qualité d’essayiste dépasse de loin ses œuvres de fiction, généralement basées sur un contexte et des faits historiques, et ne compte pas moins d’un cinquantaine d’ouvrages très savants ayant pour thème principal la sémiotique, c’est-à-dire, pour résumer, l’étude des signes et leur signification.

Histoire de la Beauté

La Naissance de Vénus - Botticelli

La Naissance de Vénus – Botticelli

Ce livre de 440 pages commence par une interrogation : la Beauté peut-elle se définir rationnellement ou s’agit-il tout simplement d’une appréciation purement subjective ? Umberto ECCO et ses collaborateurs, pour tenter d’y répondre, nous proposent une étude détaillée des plus grandes œuvres de la culture occidentale, de l’antiquité à nos jours. Nous découvrons ainsi à l’aide de reproductions picturales de haut niveau d’impression et de textes sublimes, les multiples facettes de la Beauté, même celle présente dans les monstres de Jérôme Bosch, car nous dit ECCO, la Laideur est nécessaire à la Beauté. Les rabats de la jaquette de l’ouvrage sont truffés de citations d’auteurs, de Plotin à Victor Hugo en passant par Baudelaire, Sapho, Léonard de Vinci, John Keats… Auteurs qui exposent en quelques mots leur conception de la Beauté, l’assimilant parfois, comme Guillaume de Conches (12 ème siècle) « à tout ce qui apparaît dans les éléments singuliers (du monde), comme les étoiles dans le ciel, les oiseaux dans l’air, les poissons dans l’eau, les hommes sur la terre. »

Portrait présumé de Gabrielle d'Entrées et de sa sœur - Artiste inconnu

Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées et de sa sœur – Artiste inconnu

« Représenter la Beauté du corps signifie, pour le peintre, répondre à des exigences tant théoriques – qu’est-ce que la Beauté, à quelles conditions est-elle connaissable , – que pratiques – quels canons, quels goûts, quelles coutumes sociales permettent de dire qu’un corps est « beau » ? Page 193.

Albretch Dürer : Autoportrait à la fourrure -1500

Albretch Dürer : Autoportrait à la fourrure – 1500

« La Beauté classique est sentie comme vide, sans âme. Les maniéristes privilégient les figures en mouvement, et surtout le S, figure serpentine qui ne s’inscrit pas dans un cercle ou un quadrilatère géométrique mais renvoie plutôt à des langues de feu. »  page 220.

La Vénus Médicis

La Vénus Médicis – Sculpteur grec inconnu

« La grâce diffère peu de la beauté et en comporte bien des éléments. Elle concerne la posture et le mouvement et tient à l’absence totale d’embarras, à une légère inflexion du corps, et à une disposition générale des parties qui exclue toute gène réciproque comme tout angle aigu et saillant (…) chacun pourra s’en convaincre en examinant la Vénus Médicis. » Edmund Burke – Page 293.

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Ce mercredi 7 janvier 2015, alors que je termine cette chronique, un attentat, perpétré par des ennemis de la culture et de la liberté d’expression, tue 12 personnes au siège de Charlie Hebdo à Paris.
En solidarité avec tous ceux et toutes celles qui condamnent cet attentat, avec les familles et les proches des victimes, je me permets d’afficher ce slogan repris et arboré par des millions de personnes en France et dans le monde et auquel j’adhère bien évidemment en mon nom personnel :

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Bonne Année

Bannière Bonne année

 

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Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce site a été vu 24 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 9 spectacles pour accueillir tout le monde.

541 images ont été publiées, pratiquement une par jour depuis sa création en juillet 2013.

Ce site a été visité depuis 101 pays différents cette année. La Guadeloupe, la France et le Canada constituent le trio de tête des connexions.

Je tiens à remercier chaleureusement tous les lecteurs, abonnés et commentateurs dont les plus assidus : Atht, Michel Duval, Alain Joyeux, Vonvon … ainsi que tous ceux qui ont pris part de près ou de loin à l’activité et au dynamisme de ce site.

Bonne et heureuse année à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures !…

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Raymond Joyeux

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Coup d’œil sur Terre-de-Bas

Une île à part

salaco retouchéUne étudiante en histoire vivant en Métropole, dont la famille est originaire de Terre-de-Bas, a souhaité par contact avoir des informations sur son île d’origine. N’étant ni historien ni géographe, je lui ai transmis une bibliographie succincte où elle pourra, je l’espère, se documenter et trouver de quoi satisfaire son intérêt et sa légitime curiosité. Profitant de cette occasion je vous propose une brève présentation de cette île de notre archipel saintois, touristiquement moins fréquentée que sa jumelle Terre-de-Haut, et injustement laissée à l’écart des livres d’histoire et de vulgarisation. Autant il est facile en effet de trouver pour Terre-de-Haut toute une documentation relatant à profusion le passé de cette commune, autant pour Terre-de-Bas cela est plus difficile. Pourtant l’histoire de cette île n’est pas moins riche et tumultueuse que celle de sa voisine. J’ai ai donc conseillé à cette jeune étudiante (elle prépare une licence) de se mettre à l’ouvrage (c’est le cas de le dire), et d’être la première à publier un livre sur le passé du pays de ses ancêtres.

En attendant cette publication que nous disent les archives ?

De la géographie

terre dbasSelon le médecin militaire Sauzeau de Puybernau qui séjourna aux Saintes au début du siècle dernier et qui publia à Bordeaux en 1901 une brochure  Les Saintes, dépendances de la Guadeloupe, «  Terre d’en Bas est ainsi appelée à cause de sa situation sous le vent de l’archipel, dont elle est l’unité la plus à l’Ouest. Elle diffère essentiellement de Terre d’en Haut, non seulement par sa configuration extérieure, mais encore par sa constitution géologique. Cet ilot semble avoir été plus respecté des soulèvements et des contractions terrestres, et au lieu de débris disséminés de minéralisation volcanique, le sol présente effectivement une plus grande aptitude végétale.pêcheurs au canot ret L’altitude de Terre d’en Bas envisagée dans son ensemble est supérieure à celle de Terre d’en Haut. Elle est bordée de hautes falaises qui ne s’interrompent qu’en quelques points pour former les Petites Anses, double baie très étroite qui sert de débarcadère aux habitants du bourg ; l’Anse Pajot, assez grande mais peu profonde ; l‘Anse à Chaux, en face du Pâté, la Grande Anse, la plus large, la plus sablonneuse, très profonde, rappelant beaucoup son homonyme de Terre d’en Haut ; l’Anse des Mûriers, la seule qui soit constamment à l’abri des mauvais temps, refuge des marins ; la Grande Baie ou Anse Fidelin, relativement calme aussi. Terre d’en bas fait dans la mer un dessin presque hexagonal dont les angles sont représentés par la Pointe à Vaches, la Pointe noire, la Pointe du Fer à Cheval, la Pointe Sud, le Gros Cap et la Pointe du Gouvernail.

pêcheurs tdb retLa superficie de Terre d’en Bas dépasse celle de Terre d’en Haut, car elle mesure 3000 mètres du Nord au Sud et 3000 mètres de l’Est à l’Ouest. Le bourg est bâti à 60 mètres environ au-dessus du niveau de la mer ; on y arrive par un chemin excessivement rapide qui naît de Petites Anses. Terre d’en Haut est distant de Terre d’en Bas de 4650 mètres (distance rectiligne mesurée de l’Anse du Bourg de l’une à la Grande Anse de l’autre); mais il faut compter un trajet triple lorsqu’on veut atterrir aux Petits Anses. Le vent et les courants sont tels que les marins eux-mêmes préfèrent à cette traversée celle du Vieux Fort, et depuis longtemps ils demandent que leur commune relève du Vieux Fort au lieu de Terre d’en Haut (perception, contribution, syndicat maritime, service de santé.) » 

De l’histoire

Site de Grand-Anse

Site de Grande-Anse

Découverte par Christophe Colomb en novembre 1493 en même temps que sa voisine, il semblerait que Terre-de-Bas ait été peuplée bien plus tardivement que Terre-de-Haut. Mais bien avant la colonisation européenne qui date de 1660, cette île fut un lieu de passage pour les Amérindiens dont de nombreuses traces ont été mises au jour dans la zone de Grande Anse où un village caraïbe a été établi, daté de la première moitié du 13ème siècle. Quatre siècles plus tard, les premiers colons, originaires pour la plupart de Normandie et de la région charentaise auxquels il faut adjoindre des familles d’origine hollandaise se sont installés, également à Grande-Anse où ils cultivaient pois et maïs. À cette époque, en l’absence de bourg, chaque propriétaire vit sur ses terres. C’est là qu’il travaille et se fait enterrer. Une chapelle est édifiée qui permet au curé de célébrer l’office en présence des habitants estimés alors à 400 individus.

La poterie de Grand Baie

poterie (Copier)Entre 1750 et 1850, une célèbre poterie, implantée sur le site de Grand-Baie, dont la création est attribuée à Pierre Guichard, a changé plusieurs fois de propriétaire. L’un des derniers en date est un dénommé Fidelin qui va lui donner, en plus de son nom, un essor remarqué, employant jusqu’à 150 personnes, soit 1 habitant de l’île sur 4. Cette poterie s’est spécialisée dans la fabrication de formes pour les pains de sucre destinées à approvisionner les nombreuses habitations sucrières réparties dans toute la Caraïbe. Outre les richesses générées par la poterie – les ruines de superbes habitations en pierres des propriétaires en témoignent – , la culture de l’indigo, du café et du cacao est florissante. Le café de Terre-de-Bas est d’ailleurs si renommé que Napoléon 1er et Louis XVIII n’en voulaient, paraît-il, que de cette origine !

emblème terre de bas (Copier)C’est en 1817 que le sieur Sainte-Marie Grizel décide d’édifier à Petites Anses le premier bourg de l’île, faisant construire en même temps la première église, dotant les prêtres de biens fonciers importants destinés à assurer leur subsistance. Ce n’est qu’après l’abolition de l’esclavage (1848) que naît le bourg de Grande-Anse. Les deux bourgs vont se développer parallèlement et leurs habitants, en majorité agriculteurs, se tournent progressivement vers la pêche. Néanmoins, l’exploitation du Bois d’Inde donnera naissance à deux distilleries, l’une à Grand Baie où se trouve la poterie, et l’autre à Petites Anses au lieu-dit Dans Fond. Il faut préciser qu’alors, les deux îles de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas ne forment qu’une seule commune dont Terre-de-Haut est le chef-lieu et que c’est à l’initiative du maire unique, Jean-Pierre LOGNOS, qu’un décret du 9 août 1882 décide de leur séparation en deux communes distinctes. Terre-de-Bas devient alors le chef-lieu des Saintes et c’est là que les jeunes gens doivent se présenter pour leur recrutement au service militaire obligatoire (disparu depuis).

Années 1950 : arrivée du modernisme

PLace du 9 août 1882 et Mairie de Terre-de-Bas Ph. Hélène Rossignol

Au fond, mairie reconstruire après le séisme de 2004

En même temps que sa voisine, les années 1950 à Terre-de-Bas voient l’arrivée de l’électricité, des moteurs marins, des automobiles (en très petit nombre comparé à l’île sœur), et des réfrigérateurs, ce qui modifiera profondément  la vie des habitants. (Environ 1030 aujourd’hui). Le tourisme, peu développé à ce jour, s’installe progressivement dans le respect du cadre de vie et des habitudes de la population. Les visiteurs recherchent surtout le calme et le charme des sentiers pédestres des forêts de Bois d’Inde et autres plantes du passé, qu’ils ne trouvent pas à Terre-de-Haut. Ils apprécient la beauté des paysages encore jalousement protégés, l’authenticité naturelle et culturelle de l’île. En 2004, le 21 novembre, un séisme de magnitude 6,3 frappa la communauté saintoise et plus particulièrement Terre-de-Bas qui subit de lourdes pertes matérielles dont l’effondrement de l’église de 1817, qui a été heureusement reconstruite à l’identique, comme la mairie et autres bâtiments publics et privés. La jetée de Petites Anses, autrefois port de débarquement, plusieurs fois détruite par les cyclones n’existe plus et c’est le site de l’Anse des Mûriers, très bien sécurisé par de récents et importants travaux, qui a pris la relève. C’est là que vous mettrez pied à terre si vous envisagez de débarquer à Terre-de-Bas pour les fêtes de fin d’année que je vous souhaite agréables et joyeuses en attendant la venue de l’an nouveau pour de nouvelles chroniques sur ce blog. Merci de votre fidélité et de vos encouragements.

JOYEUX NOËL À TOUS ET BONNE ANNÉÉ 2015 !

Route menant à la baie de Petites Anses

Route menant à la baie de Petites Anses (1978)

Sources :
– Monographie sur les Saintes – Sauzeau de Puyberneau – Bordeaux 1901
– Guadeloupe – Éditions du Pacifique – Papeete-Tahiti – 1978
– Site Internet : Histoire de Terre-de-Bas
– Sauf pour la carte, les armoiries et la mairie, les photos sont de Bernard Hermann et Michel Folco, extraites du livre Guadeloupe, Éditions du Pacifique, précédemment mentionné.

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Couleurs marines de Claire Jeuffroy

Un superbe album à (s’) offrir pour les fêtes

album jeuffroy retClaire Jeuffroy est monitrice de plongée et photographe au club Pisquettes de Terre-de-Haut. Passionnée depuis toujours par l’élément marin et la vie sous-marine, elle nous offre un album photographique de ses rencontres avec la faune et la flore, trop souvent méconnues, de nos fonds saintois qu’elle parcourt pratiquement tous les jours depuis son installation dans l’archipel. Un ouvrage  passionnant de 60 pages sur papier glacé, merveilleusement illustré de ses étonnantes photographies que l’on peut acquérir au Club Pisquettes des Saintes, non loin de la Maison-Bateau, pour la modique somme de 25 €, et qui constitue un magnifique présent à offrir (ou à s’offrir) à l’occasion des prochaines fêtes de Noël et du jour de l’an. Car en plus de la beauté incomparable des sujets photographiés, et du talent de la photographe qui les met admirablement en valeur et nous les restitue, c’est une leçon de science in vivo que nous propose l’auteur, d’abord à nous insulaires qui sommes loin de soupçonner nos propres richesses, mais également à tous ceux qui apprécient et veulent faire apprécier l’extraordinaire vie sous-marine tropicale, patrimoine naturel inestimable à mieux connaître, à mieux aimer et à mieux protéger.

Une série de vidéos sur Youtube en complément

Non contente d’avoir publié « Couleurs marines », Claire Jeuffroy nous propose sur Internet, pour notre plaisir, toute une série de vidéos sur le même sujet que l’on peut consulter en tapant le nom de l’auteur ou en cliquant sur les liens suivants : https://www.facebook.com/C.Jeuffroy/timeline

La préface-présentation de Cathy Voglimacci et de Pierre Séguret

Oursin rectifié rognéMieux qu’un banal commentaire de ma part, je vous propose, pour vous mettre l’eau à la bouche, la belle et didactique préface de l’ouvrage de Claire Jeuffroy que nous livrent Cathy Voglimacci et Pierre Séguret (1), tous deux à l’évidence amoureux eux-mêmes, comme l’auteur, de la mer et des Saintes. Puissent ces précieuses lignes, magnifique-ment écrites, à l’image des photographies évoquées, vous inciter à offrir à vos proches et, pourquoi pas à vous même, cette prestigieuse collection de photographies sous-marines commentées par l’auteur. Vous ne le regretterez pas !

« L’évocation des « dessous » de la mer, de ce monde enfoui, réduit au silence par la formule fameuse de Jacques Cousteau, renvoie encore beaucoup d’entre nous à un univers inconnu, étrange, inquiétant ou pour le dire autrement, inaccessible. Pourtant la distance qui nous sépare de cet univers, berceau de la vie terrestre, n’est construite que du seul et infime espace entre deux éléments : l’air et l’eau. Et sitôt que l’on s’aventure à glisser le regard sous la surface, dès lors que l’on passe cette frontière ténue et finalement si facile à franchir, on se trouve instantanément au contact de la foisonnante matérialité du milieu sous-marin. poisson trompetteC’est le message simple et puissant que Claire Jeuffroy nous délivre au cours de ces pages, l’illustration de la chance inouïe donnée à chacun de pouvoir contempler la vie « intra-marine », parée de mille grâces et couleurs. Avec son œil éclairé de professionnelle de la plongée, avec sa pédagogie de formatrice chevronnée, avec l’amour et la compréhension de la mer qui l’animent, elle nous révèle la stupéfiante beauté de ce biotope, nous livre ces lumineuses photos, fruits d’un persévérant travail et d’une relation privilégiée à ses sujets, ses « stars » d’un monde parallèle où la vie se déploie avec une explosive et féroce vigueur. Photos tissées de patience et prises quelque part entre l’affleurement et la surface et 8 à 10 mètres de profondeur tout au plus. Photos exclusivement cadrées dans la majestueuse enceinte de ce non moins fameux territoire des Antilles françaises au charme sans équivalent : les Saintes, ce grand rocher aussi spectaculaire et réputé au-dessus de la frontière naturelle de laquelle il émerge, qu’il est encore secret et souvent méconnu « en-dessous ». chatrou

Au-delà de l’émerveillement qu’elle nous procure, sonnant comme un appel à l’exploration du monde sous-marin, Claire Jeuffroy prend aussi le soin de nous livrer quelques informations précieuses, efficaces, pour comprendre comment évoluent les êtres bigarrés qui peuplent cet espace à l’organisation multiforme, de sorte qu’on referme le livre, à la fois ébloui et enrichi d’une belle connaissance, avec l’irrépressible envie de se jeter à l’eau pour vérifier que cette magie existe bel et bien pour qui sait l’observer ; prêt à l’envoûtement qui saisit tout visiteur curieux et respectueux de ce monde complexe échappant encore, sinon à la prédation de l’homme, au moins pour partie, à son emprise. »

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1 – Pierre Séguret, originaire de l’Aveyron, est docteur ès lettres et écrivain. Partageant sa vie entre les Antilles et le Midi de la France, il a publié aux Éditions Orphie  L’Île Fauve, Etat brut et Deux ou trois jours aux Saintes, récits qui ont le plus souvent pour cadre la Caraïbe, Montpellier et… les Saintes qui les ont inspirés. –
– Cathy Voglimacci résidant à Terre-de-Haut est gérante de société –
– Les photos sont tirées du livre de Claire Jeuffroy
– Les vidéos ont été réalisées par Éric Verbois et autres plongeurs de passage au club Pisquettes à Terre-de-Haut que nous remercions pour leur contribution.

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