Crise sociale aux Antilles : le point de vue d’une professeur de droit constitutionnel

Pour faire suite à la précédente chronique, voici ci-dessous l’analyse d’Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’université de Rennes-I.
Cette constitutionnaliste, qui a enseigné à l’université des Antilles et de la Guyane pendant six ans, porte un regard sans concession sur la situation de la Guadeloupe et de la Martinique.
Point de vue que, bien entendu, l’on n’est pas obligé de partager…

Aux Antilles, pourquoi une telle complaisance ?

Le 27 mars 2020, sur recours en référé de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), le président du tribunal administratif de Basse-Terre avait rendu une bien étrange ordonnance enjoignant l’ARS et le CHU de l’île de «passer commande des doses nécessaires au traitement de l’épidémie de Covid-19 par l’hydroxychloroquine et l’azithromycine comme défini par l’IHU Méditerranée infection», le tout en nombre suffisant pour «couvrir les besoins présents et à venir de la population» de l’archipel guadeloupéen ! L’ordonnance s’appuyait explicitement sur les déclarations du professeur Raoult et se basait sur le «droit à la vie» de la population insulaire. Cette décision loufoque, heureusement annulée en appel par le Conseil d’État, résume la tyrannie et le chantage qu’exerce de longue date sur les pouvoirs publics, y compris judiciaires, un syndicalisme insulaire irrationnel et infantile, dont on ne trouve l’équivalent qu’en Corse.

Les statuts de l’UGTG lui assignent de «prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre les intérêts des travailleurs, de défendre la liberté syndicale et les libertés démocratiques, de réaliser l’unité de tous les travailleurs de la Guadeloupe et de lutter pour la suppression des rapports d’exploitation coloniale, des rapports de production (sic)». L’étendue et l’esprit de cette «raison sociale», étrangement conçue pour une organisation prétendument professionnelle, permettent de comprendre pourquoi la situation insulaire, plus encore en Guadeloupe qu’en Martinique, se caractérise par des comportements syndicaux extrémistes et violents, accompagnés d’un clientélisme aux méthodes douteuses, dont les conséquences, notamment au CHU de Pointe-à-Pitre, ont parfois tourné au drame.

. (Photo by Carla BERNHARDT / AFP)

Cela fait des décennies que ce syndicalisme calamiteux ruine les maigres chances de développement économique de territoires insulaires privés de toute réelle compétitivité par un système social extravagant et une fonction publique surrémunérée et pléthorique. Prétendument indépendantistes, ces syndicats n’ont jamais rien fait d’autre, à coups de revendications irresponsables, que d’enfoncer ces territoires dans toujours plus d’assistanat et de dépendance. Chaque crise déclenchée n’a pour but et pour effet que d’ouvrir davantage le robinet de la perfusion publique.

Cette fois-ci, l’on commence par favoriser dans la partie de la population prompte à croire les remèdes de guérisseurs et de quimboiseurs un mouvement de colère anarchique, et l’on met ensuite en cause l’État «colonialiste», responsable de tous les maux. Mais ce n’est tout de même pas la faute de Paris ni du préfet si une grande partie de la population insulaire refuse de se faire vacciner et provoque ainsi une accélération des contaminations à fort potentiel toxique chez ceux des habitants qui sont diabétiques ou en surpoids. Imagine-t-on les critiques acerbes des médias nationaux si une partie de la population de deux départements métropolitains refusait de se faire vacciner et recourait à la violence pour faire plier l’État?

La mauvaise foi que traduit l’incrimination permanente de l’État, bouc émissaire idéal, atteint des sommets quand il s’agit de compétences appartenant notoirement aux collectivités ultramarines. L’eau ne manque pas dans les îles caribéennes, puisqu’il en tombe des trombes, et ce n’est pas l’État qui gère les services et installations hydrauliques, décentralisés. Si la question de l’eau potable ne cesse d’alimenter les mécontentements en Guadeloupe et en Martinique, c’est en raison de l’incurie et de l’impéritie légendaires des élus locaux concernant les services publics essentiels dont ils ont la responsabilité.

MO NEWS N°039 du jeudi 2 au mercredi 8 décembre 2021

S’agissant du chlordécone, dont on prétend qu’il serait à l’origine de la défiance de la population antillaise à l’égard de la politique sanitaire de l’État, ce dernier n’accorde jamais à un territoire ultramarin que les dérogations que les forces économiques, sociales et politiques locales «exigent». Et c’est bien le chantage à la compétitivité de la banane antillaise et donc à l’emploi local qui a été mis en avant, en son temps, pour justifier l’usage dérogatoire et funeste du pesticide. La seule faute de l’État dans cette affaire est précisément d’avoir trop écouté ses interlocuteurs locaux et de leur avoir cédé. Il devrait s’en souvenir au sujet de l’obligation vaccinale.

Voilà des décennies que les rapports s’accumulent sur la situation de l’outre-mer comme sur la Corse, faisant toujours les mêmes constats, diagnostiquant les mêmes responsabilités locales, aggravées par le chantage à l’emploi et la crainte des autorités de l’État, y compris juridictionnelles, de faire appliquer la loi et respecter l’ordre public parce qu’elles sont tétanisées par le poncif éculé de la «répression coloniale».

La crise actuelle vérifie l’habituelle comédie insulaire: l’État cède lamentablement en reportant l’obligation vaccinale, se ridiculisant au regard de l’impératif de santé publique tandis que ceux qui l’ont exigé aujourd’hui lui reprocheront demain avec aplomb d’avoir «discriminé» les Antillais en matière de protection sanitaire. Le gouvernement annonce aussi, bien entendu, mille emplois «aidés» supplémentaires, rajoutant la couche d’assistanat indispensable à toute «réponse» aux soubresauts insulaires, et il «ouvre» le sempiternel débat sur l’autonomie.

On évitera soigneusement la question essentielle : à quoi sert de donner plus de pouvoir à des élites insulaires dont l’incurie, démontrée, se trouve à l’origine de la crise ? Mais on ne change jamais, en France, une politique qui perd.

Anne-Marie Le Pourhiet, vice-présidente de l’Association française de droit constitutionnel.

Publié par Raymond Joyeux
le vendredi 3 décembre 2021

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Guadeloupe en crise : un jeune homme s’exprime

Comme beaucoup d’autres, sans doute, j’ai reçu le texte qui suit par WhatsApp. Parmi toutes les publications sur le sujet qui émaillent la toile, j’ai pensé que ce cri d’un jeune Guadeloupéen était susceptible d’intéresser les lecteurs de ce blog. D’où ma décision de le publier en dépit de son anonymat. À l’heure où la Guadeloupe est une nouvelle fois à la croisée des chemins, il peut être parmi d’autres un élément de réflexion. On peut y adhérer ou ne pas être d’accord. Je laisse donc chacun à ses opinions. Tous les commentaires, sauf injures et diffamations, sont les bienvenus.
Raymond Joyeux

STOP 🛑 ✋ JÉNÈSS GWADLOUP

Je suis un jeune Guadeloupéen et je ne me reconnais pas dans les jeunes qui se tiennent sur des barrages… ni même de nombreux amis à moi.

Je vous demande de ne pas parler de jeunesse Guadeloupéenne lorsque vous désignez ces voyous sur les barrages, ces cambrioleurs, ces voleurs violents qui ne respectent pas la loi.

J’ai 27 ans et par manque de sérieux je ne me suis pas investi dans ma scolarité et j’ai connu l’échec scolaire. Mais j’ai reçu une bonne éducation. Le soir j’étais chez ma mère et pas dans la rue!!!

J’ai connu le chômage et pourtant je ne me suis jamais drogué.

Si j’ai connu l’échec, ce n’était pas à cause du système comme on aime à dire, ou encore moins de l’Etat! Mais uniquement à cause de moi.

Il faut arrêter de toujours chercher un responsable, un coupable lorsqu’il arrive quelque chose.

Grâce à l’état et aux dispositifs en place j’ai pu bénéficier du RSA, ainsi que de nombreuses formations.

J’ai été accompagné pour la recherche d’une formation qui correspond à mon profil. Ce qui m’a choqué lorsque j’ai fait mon bilan de compétences c’est qu’on était à peine 6.

Les formations, travailler, n’intéresse pas tous les jeunes. Pour certains c’est plus facile de voler, de braquer et passer les journées à fumer du cannabis et à boire de l’alcool dans un abri de bus.

Ensuite ils disent pour se défendre « yo paka fè ayen ban nou » (Ils ne font rien pour nous)

TROP FACILE !

Heureusement qu’il y a beaucoup d’autres jeunes qui sont conscients et qui étudient en Guadeloupe ou ailleurs pour préparer leur avenir. Heureusement, il y a des jeunes qui prient Dieu.

A ceux qui sont sur les barrages, je leur dis ARRÊTEZ! vous ne me représentez pas. Rentrez chez vous pour aider vos parents, faites la vaisselle, nourrissez 2 poules, 2 cabris. Arrêtez de voler!

Adultes, médias, syndicalistes politiciens… Honte à vous!!!!

arrêtez de soutenir des voyous en cagoule. Lorsqu’on porte une cagoule c’est qu’on sait qu’on fait quelque chose d’interdit et on ne veut pas être reconnu.

Wouvè zyié a zot! (Ouvrez vos yeux)

Ce sont ces mêmes jeunes que vous encouragez qui viendront vous agresser demain, vous braquer et vous cambrioler.

Franchement j’ai honte de vous.

Pauvre Guadeloupe 😢😭

Valable aussi pour la Martinique 🇲🇶

Publié volontairement sans illustration le 28 novembre 2021

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Terre-de-Haut : une vraie folie de chien

Avatar de raymondjoyeuxRaymond Joyeux

Depuis la publication de cette chronique, en novembre 2018, il semblerait que Terre-de-Haut ait enregistré une recrudescence du nombre de chiens sur son petit territoire. Tant mieux pour les heureux propriétaires et pour ce sympathique animal de compagnie. Encore faudrait-il que certaines règles de salubrité publique et de courtoisie soient respectées. Ce qui ne semble pas toujours être le cas, vu les nombreuses plaintes exprimées ici ou là concernant en particulier les déjections abandonnées aussi bien sur les plages que dans les rues et sur les places.
Amis propriétaires, n’attendez pas que les autorités prennent des mesures autoritaires, entre autres celle d’interdire la présence de chiens sur les plages, comme cela se fait partout ailleurs. Ramassez les déjections de votre animal et ne le laissez pas galoper sans frein ni laisse au milieu des serviettes de plage et dans les rues au risque de provoquer un accident fatal pour lui…

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Les Saintes vues de l’espace

J’ai le plaisir de partager avec vous cette splendide photographie de notre archipel prise depuis l’espace par l’astronaute français Thomas PESQUET. De mon point de vue, Terre-de-Bas, à gauche, a la forme d’une tête de taureau avec une corne bien en évidence et les pattes antérieures prêtes à se jeter sur Terre-de-Haut, couchée sur le dos, qui demande grâce ! Mais à chacun son interprétation, la mienne ne valant pas plus qu’une autre…

Le texte qui suit est un extrait original d’un livre ancien sur la Guadeloupe publié sur Internet par Gallica. La dernière photographie représentant Terre-de-Haut est l’œuvre de ULM Archipel Guadeloupe.

Vous souhaitant un heureux moment de lecture, je vous adresse toutes mes amitiés et vous dis à très bientôt pour une prochaine chronique.

Raymond Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
Le 17 Octobre 2021

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Max Samson : un exemple et un modèle sportif pour les jeunes Saintois d’aujourd’hui

Désormais à la retraite, Max Samson est revenu à Terre-de-Haut. Les jeunes Saintois d’aujourd’hui le connaissent certainement. Mais savent-ils qu’il a été le champion incontesté de la natation saintoise, guadeloupéenne et caribéenne, à une époque où l’association L’Avenir Saintois faisait parler d’elle sur le plan sportif et pas seulement en natation ? L’article de Joseph Laurent que m’a aimablement transmis Marc-André Bonbon nous retrace l’exceptionnel parcours d’un garçon doué auquel il faut associer parmi d’autres les noms de Geo Petit, Yvan Samson, Gilles Dabriou, Gilbert Samson, Roger et Raymond Cassin, Christian Bonbon, Auguste Bartoche, Jocelyn Joyeux… mais aussi les filles comme Maryse et Patricia Bordy … (pardon pour ceux et celles que j’ai oubliés) – qui furent nos dignes représentants sur de nombreux podiums sportifs et qui peuvent servir de modèles d’engagement et de persévérance à la jeune génération d’aujourd’hui. R.J.

Max SAMSON : la glisse saintoise

Un texte de Joseph Laurent

Max Samson incarne l’implication et l’influence saintoises dans la natation guadeloupéenne des années 1970. Né à Saint-Claude en 1951 de parents saintois (son père est marin-pêcheur), il vit jusqu’à l’âge de 16 ans à Terre-de-Haut.

Le leader du club Avenir Saintois

C’est Georges Petit (dit Geo), à l’occasion d’animations sportives en mer, qui découvre ce jeune nageur qui affiche déjà de grandes qualités de glisse. Il l’entraînera pendant toute sa carrière en Guadeloupe, en mer et en piscine. Max est licencié à L’Avenir Saintois. Ce club, fierté de l’île, cultive un esprit de fraternité, un désir de progresser par l’effort et une volonté farouche de s’affirmer par les performances. Les nageurs de l’AS se veulent les meilleurs nageurs de la Guadeloupe et de la Caraïbe.

De gauche à droite : Geo Petit – Max Samson – Yvan Samson – Christian Bonbon

Un grand compétiteur de mer et de piscine

Samson, nageur de fond excelle dans les épreuves de mer en Guadeloupe et dans la Caraïbe. Son plus bel exploit reste l’édition de 1972 de la course Basse-Terre – Rivière Sens, contre Alain Mosconi, champion d’Europe. Max se classe en deuxième place, victime d’une faute de signalisation de l’entonnoir d’arrivée. À la Barbade il est sacré champion de la Caraïbe en 1971.

Au cours de sa carrière, Max défie de grands nageurs internationaux. Il affronte Michel Rousseau (champion d’Europe et vice-champion du 100 m nage libre en 1973), sur 100 m nage libre et réalise 4’36 » aux 400 m nage libre à la piscine de Baimbridge contre Alain Mosconi. En 1973, il bat Bernard Combet, finaliste au JO, sur 100 m papillon à Basse-Terre en 1’05 ».

Alain Mosconi- Ph. Internet
Michel Rousseau – Ph Internet

Un homme attaché à son pays

En 1977, Max Samson quitte la Guadeloupe pour exercer à la piscine communale de Saint-Ouen. Depuis 1991, il est maître-nageur – sauveteur (MNS) à la piscine du Bourget. Ce garçon de grande taille, sculpté pour la natation, doté d’une excellente technique sur les quatre nages, aurait pu aisément embrasser une carrière nationale. Il est resté tout au long de sa vie de sportif d’une grande humilité. Il n’a jamais oublié son île des Saintes. Il revient régulièrement en Guadeloupe et pense mettre ses compétences au service des jeunes de son pays à l’heure de la retraite.

Max Samson récompenséColl privée

Palmarès entre autres de Max Samson :
– Champion de la Caraïbe en mer à la Barbade (1971)
– Premier nageur antillo-guyanais à descende sous la minute (59’76 ») aux 100m nage libre.Chro

Joseph Laurent

Publié par Raymond Joyeux
Le 19 septembre 2021

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Les Astres noirs ou l’éloge de la poésie

Ô convoi solennel des soleils magnifiques,
Nouez et dénouez vos vastes masses d’or
Doucement, tristement, sur de graves musiques,
Menez le deuil très lent de votre sœur qui dort.

Jules Laforgue

Photo Alain Joyeux – Terre de Haut Août 2021

Je songe aux Astres noirs, au troupeau planétaire

Des lourds soleils éteints que le Temps fit déchoir ;

Je songe à vous, Étoiles d’ombre et de mystère,

Qui gravitez parmi vos sœurs blanches du soir ;

            Et que la Terre

            Ne peut pas voir.

 

Ô grands astres d’orgueil dont la flamme est profonde,

Astres fructifiés au flanc fertile et noir,

Où l’Être germe, où l’âme pense, où l’Amour gronde,

Globes divins emplis de sève et de pouvoir,

            Nul œil au monde

            Ne peut vous voir !

 

Notre œil voit les soleils frivoles au cœur vide,

Les vains soleils de gaz dans l’éther se mouvoir ;

Mais ceux qui vont, pompeusement, au ciel livide,

Féconds et lourds, couverts de Vie et de savoir

            Notre œil stupide

            Ne peut les voir.

 

Photo Raymond Joyeux-Terre-de-Haut-Mars 2018

Oh ! vos flores de pourpre ! oh ! vos monts de porphyre !

Vos faunes de terreur qu’on ne peut concevoir !

Oh ! ruts d’amour qui, par les bois, devez sourire,

Oh ! pleurs géants qui d’yeux profonds devez pleuvoir !

            L’homme, ô délire !

            Ne peut vous voir !

 

Et moi, songeant à vous, Astres noirs que Dieu roule,

Je pense – et les yeux clos, je me sens émouvoir –

À ces hautains Poètes noirs, dont le front croule

Plein de pensers, de voix, d’amour, de feu, d’espoir,

            Et que la foule

            Ne sait pas voir.

Poème de Jean Rameau
Extrait de l’anthologie de Jean-Pierre LUMINET
LES POÈTES ET l’UNIVERS
Éditions Cherche Midi
Octobre 2012

Publié par Raymond Joyeux
Le
6 septembre 2021

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Hommage à Nise

C’est avec une infinie tristesse et une très vive émotion que nous avons appris le décès de notre amie Nise Boulon, veuve Bertille, emportée par la pandémie le 19 août dernier. Ce samedi 28 août, une messe à son intention a été célébrée en l’église de Terre-de-Haut au cours de laquelle a été lu le témoignage qui suit : simple hommage à une grande dame que sa famille et ses nombreux amis regretteront longtemps.

Nise, te voilà désormais au paradis. En compagnie de ton cher époux Aimé que tu as rejoint en silence.

Toi qui avais l’habitude de t’éclipser, parfois en douce, pour nous revenir plus en forme que jamais, tu nous fais faux bond aujourd’hui pour l’éternité.

À nous qui te pleurons, tu laisses le lourd et douloureux héritage de ta définitive absence.

Toi, toujours si présente parmi nous, tes amis du bord de mer, qui étions devenus ta seconde famille, par la magie de ton sourire et de ta générosité.

Que de grands bonheurs nous avons vécus avec toi et grâce à toi !

Tu avais, chacun le sait, le cœur et la porte toujours grands ouverts. Pour nous, bien sûr, mais aussi aux passants souvent inconnus, de la rue comme de la plage, à qui tu ne manquais jamais de faire le signe de l’amitié et du partage.

Ce sens de l’accueil et de la bonne humeur qui te caractérisait, pas un instant tu l’as enfoui dans le sable du Fond-Curé.

Pas un instant sans que tu l’accomplisses comme un don naturel émanant de ton être, rayonnant de joie de vivre et de soleil intérieur.

Le raisinier du bord de mer, illuminé de ton rire, était notre point de ralliement et de convergence. Le témoin silencieux et complice de nos folies sans extravagances, mais toujours avec éclat, où tu prenais généreusement ta part de réjouissances, sans réticence ni calcul.

Il était le lieu géométrique de nos rassemblements interminables. Celui de nos palabres enjoués, de nos connivences vivantes et joyeuses.

Avec toi, nous ne manquions jamais une occasion ou un prétexte pour nous retrouver sous son ombre et célébrer un anniversaire, une fête religieuse ou profane, quelle qu’elle soit. Ou tout simplement pour partager un repas amical dans la complicité et le rayonnement de ta présence.

Sans le revendiquer, tu étais alors, malgré toi, la reine du jour et de la nuit. Une reine toujours pimpante, parfumée, souriante, resplendissante de beauté et d’élégance naturelle.

Quelle lumière manquera à nos cœurs désormais orphelins ! Quel éclat de rire manquera à nos conversations devenues aujourd’hui sans intérêt. Sinon pour évoquer ton exceptionnelle gentillesse et tes bras grands ouverts à tous et à chacun.

Chère Nise, tant aimée, là où tu es maintenant, vois ta famille et tes amis sans exception et que j’aurai du mal à nommer, tant ils sont nombreux et nombreuses, terrassés par le chagrin.

Vois-les, celles et ceux des Saintes, mais aussi de Basse-Terre et de toute la Guadeloupe aujourd’hui meurtrie par ce mal qui t’a si douloureusement emportée.

Aussi, même si nous sommes peu nombreux aujourd’hui dans cette église, pour te dire au revoir, c’est au nom de tous que nous te remercions pour ce que as été pour nous : un soleil toujours rayonnant, une écoute toujours attentive, un accueil toujours généreux, une amitié toujours entière et partagée.

C’est cela que nous garderons de toi et qui restera à jamais inscrit dans nos cœurs et nos mémoires. Cela que notre raisinier, lui aussi orphelin, gravera dans son écorce et que ni le vent ni la mer ne sauront un jour effacer.

Texte et photos Raymond Joyeux

Publié le samedi 28 août 2021

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Pour un tourisme durable ou une destruction de la richesse sous-marine des Saintes ?

Chers amis,

Je vous propose aujourd’hui le témoignage d’un lecteur de Terre-de-Haut qui m’a fait part de son indignation à la suite de la capture illicite dans la baie des Saintes d’un hippocampe et d’une raie léopard, deux espèces protégées dont la chasse et la destruction sont punies d’une forte amende et de trois ans de prison. Ces gestes inconsidérés, en plus d’être légalement pénalisable, témoignent de l’inconscience et de la stupidité de certains pour qui le respect et la protection de notre environnement passent au second plan de leurs préoccupations égoïstes. Puisse ce témoignage publié avec l’accord de l’intéressé nous incite à prendre enfin conscience que la nature n’est pas à notre disposition mais qu’elle est avant tout un patrimoine commun avec lequel nous nous devons de vivre en harmonie et considération. Au nom de tous les amoureux de la mer, je dis un grand merci à ce lecteur qui a souhaité garder l’anonymat.

Un témoignage émouvant

Ce n’est pas la première fois, mais aujourd’hui, ça déborde… je suis en larmes. Une amie m’a appris qu’elle avait vu un jeune Saintois attraper un hippocampe et le mettre dans sa poche !

Cet hippocampe était un mâle, il allait donner naissance à plus de 100 bébés.

Il était magnifique, faisait confiance aux nageurs et se laissait photographier. Il représentait beaucoup pour moi et pour beaucoup d’amoureux de la mer

Aujourd’hui, il est sans doute mort inutilement en souffrant. Pourquoi ?  Quel intérêt il y a-t-il à tuer un hippocampe ???

Il me semble important de rappeler qu’en France l’hippocampe est une espèce protégée, listée par arrêtés ministériels.

Il est ainsi par exemple interdit de capturer, détenir, tuer cette espèce.

Le fait de ne pas respecter ces mesures de protection est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

J’ai cherché les autres hippocampes de la baie que je connais, qui sont des animaux sédentaires assez faciles à retrouver : 4 autres ont disparu !!!

C’est inadmissible.

Il est peut-être temps que les mentalités changent, que les habitants des Saintes réalisent que nous vivons dans un monde en évolution où la nature reprend de l’importance.

Les animaux rapportent davantage vivants, en évoluant dans leur milieu, que morts dans une assiette ou séchés sur un meuble.

Qui, aujourd’hui, va acheter un diodon mort transformé en lampe ??? Tout le monde préfère le voir « sourire » sous l’eau !

Qui, en ayant nagé avec une raie léopard la matin dans la baie, va avoir envie de la manger en chiquetaille le midi parce qu’elle vient juste d’être tuée et dépecée par un pêcheur ?

L’île vit du tourisme et il est certains les tourments d’amour ne vont pas suffire à faire venir des vacanciers.

Les fonds sous-marins de l’archipel doivent être respectés et protégés pour le bien de tous.

Chaque animal vivant et libre va générer une somme inestimable de revenus à tous en devenant une source d’intérêt alors qu’une raie morte va faire vivre une famille une journée.

Je suis terriblement triste d’avoir perdu mes amis de la baie et regrette que ça ne soit pas le cas pour tout le monde aux Saintes !

Un habitué de la plongée, amoureux de la mer et de ses merveilles, déçu du comportement de certains de ses compatriotes.

Je remercie Claire Jeuffroy de m’avoir aimablement autorisé à utiliser ses photos pour illustrer cette chronique.

Publié par Raymond Joyeux,
le 4 juin 2021

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Littérature : les auteur.es saintois.es ont le vent en poupe

Qui a prétendu que les Saintes étaient un désert culturel ? Si cela a été plus ou moins vrai il y a quelques décennies, cette idée est aujourd’hui largement battue en brèche, et pour cause. Au cours de cette période 2020-2021, en dépit des difficultés sanitaires que nous connaissons, pas moins de cinq auteur(e)s saintois(e)s ont fait l’actualité en matière de publication littéraire.

Patrick PÉRON

À tout seigneur, tout honneur, (en plus de sa participation à de nombreuses publications collectives), voici le dernier ouvrage personnel de notre ami Patrick Péron qu’on ne présente plus. Cet ancien professeur des écoles, qui a élu domicile à Terre-de-Haut dans les années 1970, ne cesse d’interroger patiemment les archives locales, départementales et nationales pour nous offrir, dans la lignée de ses précédentes publications, Une Histoire des Saintes 1648-1948. Cet ouvrage, le septième de l’auteur, divisé en sept chapitres aussi passionnants les uns que les autres, est paru en août dernier aux Éditions Nestor de Gourbeyre, dont le directeur, Willy, n’est autre, lui-même, qu’un ancien élève du collège de Terre-de-Haut. Willy – dont je garde un excellent souvenir – fait aujourd’hui une belle carrière dans l’édition qui porte son nom. Nous pouvons lire en quatrième de couverture le résumé de l’ouvrage de Patrick Péron, qui, mieux que tout autre commentaire, nous projette de plain-pied, trois siècles durant, au cœur de notre Histoire pour le moins tourmentée.

L’histoire des Saintes démarre en 1648, quand, au nom du roi de France Louis XIV, un officier et un père dominicain prirent possession de ce minuscule archipel situé au sud de la Guadeloupe. Les colons furent envoyés aux Antilles, les plus grandes comme Saint-Domingue ou les plus petites comme les Saintes, pour y installer des établissements de commerce destinés à faire la fortune des négociants et du gouvernement. Pour atteindre cet objectif, il fallut développer une flotte de commerce et une marine de guerre pour protéger les îles. Les mers étant peu sûres, les Etats se mirent en quête de sites susceptibles de répondre à des critères stratégiques, militaires et commerciaux. La rade des Saintes correspondant à tous ces points, de nombreuses fortifications y furent érigées, en 1777 d’abord puis en 1841. Elle devint naturellement l’objet de combats entre Français et Anglais. Ceux-ci profitèrent plusieurs fois de la situation en France entre 1782 et 1815 pour s’emparer des Saintes qui redevinrent définitivement françaises l’année suivante. Après les colons, engagés et esclaves, Les Saintes connurent l’arrivée des migrants indiens et madériens en 1854 et l’utilisation de la vapeur appliquée aux navires en 1857. Elles subirent ensuite la terrible épidémie de choléra en 1865. Elles assistèrent enfin au départ de la garnison en 1903, après deux siècles et demi de présence militaire.

Marie-José GARAY

Autre passionnée d’Histoire locale, Marie-José Garay explore dans son dernier ouvrage les coulisses pas très reluisantes – mais cela nous le savions – de l’esclavage en Guadeloupe avant l’abolition de 1848. Quel patient et méticuleux travail de recherches et d’écriture a réalisé l’auteure de Liberté savane pour nous livrer, dans un style aussi pudique que flamboyant, ce précieux document, basé sur des faits réels, et qui fera date dans notre connaissance d’un passé – pas si lointain – qui n’a pas fini de peser sur notre mémoire collective et parfois nos comportements ! Après L’orpheline de la colonie publié en 2015 chez Nestor, Liberté savane est paru en décembre 2020 chez le même éditeur, avec en exergue cette citation très à propos d’Édouard Glissant extraite de son recueil Les Indes : « L’Histoire les oublie, car ils sont les morts de ce côté du monde où le soleil décline (…) Ils sont conquérants de la nuit nue. Ouvrez les portes et sonnez les héros sombres… » Citation que Marie-Jo, a le grand mérite d’actualiser magistralement en ouvrant justement les portes (de son cachot) sur une héroïne que, sans le talent et la sagacité de l’auteure, nous aurions sans doute oubliée et enfouie comme tant d’autres, dans la nuit nue… dont parle Glissant.

En 1840, un propriétaire est accusé d’avoir séquestré vingt-deux mois durant son esclave Lucile dans le cachot de son habitation. Le procès houleux tenu devant la cour d’assise de Pointe à Pitre défraya la chronique, résonnant jusqu’en France métropolitaine en s’invitant aux débats pré-abolitionnistes de l’Assemblée Nationale.

Après cinq jours de procès animé, le maître, Gabriel Aldebert, est acquitté sous les applaudissements des planteurs de l’île qui jugeaient trop intrusives les mesures gouvernementales prises pour améliorer les conditions de vie des esclaves. Quant à l’esclave Lucile on l’oublia à une forme de liberté officieuse, dite « liberté de savane ».
Ce roman permet de traverser l’époque où l’évidence d’émanciper les esclaves se précise en France, mais restait posée la question de comment faire, sans trop déranger un système socio-économique organisé depuis 1685.

Carla VICTORIA

Fille de Nathalie Cassin et de Charles Maisonneuve, à 23 ans, Carla est une artiste complète. En plus de s’adonner depuis son plus jeune âge à la chanson (elle a interprété et enregistré plusieurs titres le plus souvent agrémentés de clips originaux), elle vient de publier son premier roman : La souffrance des mots aux Éditions Sydney Laurent. Dans un style alerte et moderne, Carla nous retrace le parcours haletant d’une jeune artiste prête à (presque) tout pour réussir. Trajctoire qui n’est pas sans rappeler la propre expérience de cette précoce, prometteuse et talentueuse auteure. Un livre étonnant, revigorant, aux nombreux rebondissements, qui se lit d’autant plus facilement que les personnages nous présentent à tour de rôle leur propre vision des événements auxquels, les uns et les autres, ils sont plus qu’étroitement liés. Cet ouvrage où les réflexions sur la vie d’artiste – la vie tout court – et la psychologie intime tiennent une place prépondérante, est à mettre entre toutes les mains en attendant le second tome promis par l’auteure. Elle même promise, nous en sommes persuadé, à un brillant avenir dans le monde de la littérature… et de la chanson, ne l’oublions pas !

 Sissi a 17 ans. C’est une jeune artiste avec une voix magnifique, qui a eu un passé douloureux. Elle ne le sait pas encore, mais elle aura un avenir brillant. Un soir, dans sa ville natale, John Pecci, un producteur de 27 ans, lui-même chanteur et compositeur, lui fait une proposition qui va bouleverser sa vie. Sa souffrance est palpable. Sissi quitte alors sa petite ville avec l’accord de sa mère et part ainsi s’installer avec John, chez lui, à Edmonton, en étant désormais sous sa responsabilité. Elle possède un carnet rouille pailleté, précieux à ses yeux, qu’elle ne quitte jamais et dans lequel elle écrit la souffrance de ses maux. John voudrait connaître un peu plus Sissi, percer son mystère et il essaiera d’ailleurs d’obtenir sa confiance, cependant, elle se gardera bien de dévoiler ses émotions. Beaucoup de querelles et d’incompréhensions émailleront de leur collaboration. Au fil du temps, John et elle créeront une solide amitié, Sissi n’en ayant jamais eu auparavant. Et malgré elle, elle se rapprochera de lui. Maceo, un autre artiste que John n’apprécie pas du tout, interviendra à un moment précis de sa vie. Pendant son séjour auprès de John, Sissi fera une découverte surprenante. Aurait-il, lui aussi, des secrets qu’il cache ?

Léa SAMSON

Saintoise par son père Alain Samson, Léa est née en métropole il y a 32 ans. Pour notre plus grand plaisir, elle vient de faire paraître aux Éditions Le Lys Bleu son premier roman intitulé Dans le cœur d’Émily. Dans une interview accordée au journal Presse-Océan à la parution de son ouvrage, la jeune auteure déclare : « C’est un livre de vie retraçant des histoires d’amour et d’amitié. Comme je l’ai souhaité, ce roman moderne, rebondissant, spontané, réaliste entraînera le lecteur dans les déboires d’une jeune femme de 25 ans, prénommée Émily. J’ai choisi ce thème car je voulais écrire un livre destiné aux femmes. Comme une histoire sur les pas de Bridget Jones et Sex and the city. » Et plus loin :  « C’est un projet de longue date. Je suis passionnée des arts comme la musique et le cinéma et, depuis mon jeune âge, j’écris des scénarios ainsi que des petites histoires. Mais ce n’est qu’en 2013 que j’ai pris la décision d’écrire un livre. J’ai mis du temps à l’écrire mais je n’ai jamais lâché. Et en janvier 2020, j’ai enfin tapé le point final de mon ouvrage. »

Incontestablement douée pour l’écriture et la composition littéraire, Léa Samson a le sens inné du dialogue bien mené, des réparties spontanées et des situations dramatiques – ou jouissives- à rebondissements. Tout comme moi, je suis persuadé que de la première à la dernière page, vous serez séduit (e) par ce roman singulier où les intrigues se succèdent dans un tourbillon de péripéties dont on a hâte de connaître le dénouement. Certes, comme l’indique justement l’auteure, Dans le cœur d’Émily, est une histoire d’amour(s) et d’amitié(s) – j’ajouterais : pimentée d’un zeste d’érotisme pour ne pas dire plus – mais qui se lit à toute allure, comme un roman policier à suspense, sans jamais perdre le fil directeur du récit… Récit en l’occurrence palpitant qui n’a pas été écrit, contrairement à ce que dit Léa, – désolé de la contredire – uniquement pour les femmes, je vous rassure. Ce livre est à conseiller en effet à tous ceux et toutes celles qui aiment les intrigues amoureuses inattendues, souvent contrariées et les méandres forcément tortueux des amitiés partagées pas toujours au beau fixe…comme dans la vraie vie, quoi ! Nous attendons avec grande impatience la prochaine publication de Léa Samson déjà mise apparemment sur le chantier …

Raymond JOYEUX

Oui, je sais : ajouter mon nom à cette liste paraîtra sans doute prétentieux et mal venu aux esprits chagrins, mais qu’y puis-je ? puisque CaraïbÉditions vient de publier le second volet de mes souvenirs d’enfance intitulé Les manguiers du Galion, livre que j’ai présenté dans une précédente chronique, il est bien normal, selon moi, qu’en tant qu’auteur saintois, j’en parle ici aussi ! Quitte à vous proposer – pour éviter de m’étendre sur mon propre cas – seulement la première et la quatrième de couverture dont je ne suis ni l’illustrateur, ni l’auteur du résumé.. Merci de votre compréhension. Et à bientôt pour une prochaine chronique.

Je remercie vivement les auteurs cités de m’avoir prêté leur concours pour cette chronique et surtout pour leur contribution littéraire ou historique, enrichissant ainsi le patrimoine culturel saintois. Je précise enfin que tous ces ouvrages se trouvent normalement en librairie aussi bien aux Antilles qu’en France métropolitaine, ou sur commande sur les sites dédiés comme entre autres, pour ne pas les citer, la Fnac et Amazon.

Publié par Raymond Joyeux, le 29 avril 2021

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L’origine du Samedi Gloria

Nous avons l’habitude aux Antilles d’appeler le Samedi Saint, vigile de Pâques, le Samedi Gloria. Mais d’où vient cette appellation ?

Pour le savoir il faut remonter avant 1962, année où, le 12 octobre, le  pape Jean XXIII, convoque le concile de Vatican II que son successeur, le pape Paul VI, clôturera le 7 décembre 1965. Ce concile dont les travaux dureront trois ans, allait modifier un certain nombre de pratiques liturgiques de l’Église catholique dont, entre autres, l’abandon de la messe en latin et les cérémonies de la Semaine Sainte.

Avant l’application de ces nouvelles dispositions, le Samedi Saint, dernier jour avant Pâques, de la Semaine Sainte, était réservé à la consécration des eaux baptismales. Une cérémonie qui avait lieu en matinée sur le parvis de l’église et qui consistait pour l’officiant à consacrer l’eau qui devait servir aux baptêmes et aux autres rites religieux de bénédiction.

Le Pape Jean XXIII Journal Le Devoir Montréal

Au cours de la messe, alors que le crucifix du maître-autel et les statues de l’église, recouverts d’un voile violet durant la semaine sainte, avaient été découverts, lorsque le célébrant entonnait le Gloria in excelsis Deo, les cloches sonnaient à toute volée, d’où l’appellation de Samedi Gloria.

C’est ce jour-là, qu’aux Saintes, traditionnellement, les maisons étaient «curées»  de fond en comble (souvent avec des peaux de balistes séchées) et que les habitants se jetaient tout habillés à la mer au son des cloches. Alors que les jeunes garçons lançaient leurs voiliers pour une régate miniature qui ponctuait la baie d’une multitude de petites voiles blanches que le vent faisait pencher au gré de son humeur.

Tableau d’Alain Joyeux

Après le concile Vatican II, la bénédiction rituelle des eaux baptismales qui avait lieu dans la matinée a été remplacée par la fête de la lumière qui a lieu le soir. Ce qui a fait perdre aux Saintois leur bain de mer purificateur du Samedi Gloria et a anéanti du même coup le traditionnel lancer de voiliers dans la baie à la sonnerie retentissante des cloches de l’église.

https://liturgie.catholique.fr/accueil/sacramentaux/benedictions/298241-priere-benediction-eau-baptismale/

Raymond Joyeux
1er avril 2021

PS. Je suis désolé pour la présentation de cette nouvelle chronique, mon hébergeur a changé son modèle classique d’édition et l’a remplacé par un nouveau modèle
plus difficile à maîtriser.

Ce qui ne m’empêche pas de vous souhaiter à toutes et à tous
de joyeuses fêtes de Pâques

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