Pour un tourisme durable ou une destruction de la richesse sous-marine des Saintes ?

Chers amis,

Je vous propose aujourd’hui le témoignage d’un lecteur de Terre-de-Haut qui m’a fait part de son indignation à la suite de la capture illicite dans la baie des Saintes d’un hippocampe et d’une raie léopard, deux espèces protégées dont la chasse et la destruction sont punies d’une forte amende et de trois ans de prison. Ces gestes inconsidérés, en plus d’être légalement pénalisable, témoignent de l’inconscience et de la stupidité de certains pour qui le respect et la protection de notre environnement passent au second plan de leurs préoccupations égoïstes. Puisse ce témoignage publié avec l’accord de l’intéressé nous incite à prendre enfin conscience que la nature n’est pas à notre disposition mais qu’elle est avant tout un patrimoine commun avec lequel nous nous devons de vivre en harmonie et considération. Au nom de tous les amoureux de la mer, je dis un grand merci à ce lecteur qui a souhaité garder l’anonymat.

Un témoignage émouvant

Ce n’est pas la première fois, mais aujourd’hui, ça déborde… je suis en larmes. Une amie m’a appris qu’elle avait vu un jeune Saintois attraper un hippocampe et le mettre dans sa poche !

Cet hippocampe était un mâle, il allait donner naissance à plus de 100 bébés.

Il était magnifique, faisait confiance aux nageurs et se laissait photographier. Il représentait beaucoup pour moi et pour beaucoup d’amoureux de la mer

Aujourd’hui, il est sans doute mort inutilement en souffrant. Pourquoi ?  Quel intérêt il y a-t-il à tuer un hippocampe ???

Il me semble important de rappeler qu’en France l’hippocampe est une espèce protégée, listée par arrêtés ministériels.

Il est ainsi par exemple interdit de capturer, détenir, tuer cette espèce.

Le fait de ne pas respecter ces mesures de protection est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

J’ai cherché les autres hippocampes de la baie que je connais, qui sont des animaux sédentaires assez faciles à retrouver : 4 autres ont disparu !!!

C’est inadmissible.

Il est peut-être temps que les mentalités changent, que les habitants des Saintes réalisent que nous vivons dans un monde en évolution où la nature reprend de l’importance.

Les animaux rapportent davantage vivants, en évoluant dans leur milieu, que morts dans une assiette ou séchés sur un meuble.

Qui, aujourd’hui, va acheter un diodon mort transformé en lampe ??? Tout le monde préfère le voir « sourire » sous l’eau !

Qui, en ayant nagé avec une raie léopard la matin dans la baie, va avoir envie de la manger en chiquetaille le midi parce qu’elle vient juste d’être tuée et dépecée par un pêcheur ?

L’île vit du tourisme et il est certains les tourments d’amour ne vont pas suffire à faire venir des vacanciers.

Les fonds sous-marins de l’archipel doivent être respectés et protégés pour le bien de tous.

Chaque animal vivant et libre va générer une somme inestimable de revenus à tous en devenant une source d’intérêt alors qu’une raie morte va faire vivre une famille une journée.

Je suis terriblement triste d’avoir perdu mes amis de la baie et regrette que ça ne soit pas le cas pour tout le monde aux Saintes !

Un habitué de la plongée, amoureux de la mer et de ses merveilles, déçu du comportement de certains de ses compatriotes.

Je remercie Claire Jeuffroy de m’avoir aimablement autorisé à utiliser ses photos pour illustrer cette chronique.

Publié par Raymond Joyeux,
le 4 juin 2021

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8 commentaires pour Pour un tourisme durable ou une destruction de la richesse sous-marine des Saintes ?

  1. igorschlum dit :

    Merci pour cette campagne de sensibilisation. Il en va de même avec les étoiles de mer. Certains pensent qu’elles viennent mourrir sur la plage de l’Anse Mire en octobre. Non, elles viennent s’y reproduire et ensuite repartent. Si on les sort de l’eau pour les observer, on perturbe leur système respiratoire. Si elles sembles échouées, on peut les déplacer, mais pas trop loin, car je pense qu’elles cherchent à se reproduire au plus près de la plage protégée.

  2. Didier Verdureau dit :

    Merci Raymond pour cette tribune qui alerte.

    J’ai aimé et j’aime Terre de Haut,
    et ces mots venant de vous ont de multiples échos,
    vous êtes une plume talentueuse saintoise et un semeur de sagesse.
    Que vous soyez vous, et ceux qui mesurent la richesse de mère nature entendus…
    Un cri et des mots
    Que naissent encore et encore la vie dans votre fabuleuse baie
    Personne n’a su faire plus extraordinaire et plus éblouissant que la nature.
    Que nos jeunes puissent en mesurer la fragilité et en ressentir suffisamment de fierté pour la respecter dans l’écrin des Saintes et partout ailleurs.

    C’est au bord de ces jardins de sable
    Au creux de ces nids de varech
    D’où flottent des parfums couleur d’iode
    De myrrhe d’ossuaire marin
    Des odeurs d’océan
    Que naît la vie là-bas
    À l’homme de ces îles.

    Merci infiniment
    Didier

    • Didier Verdureau dit :

      Je précise pour ceux et celles qui ne les connaîtraient pas que ce sont vos vers que je cite à la fin de mon commentaire.

      Poèmes de l’archipel
      Raymond Joyeux

      Bien cordialement

  3. BONBON BERNARD dit :

    Une chronique nécessaire indispensable même, que tu as eu le courage de rédiger et à laquelle j’adhère totalement. Il faudra revenir constamment à la charge pour éradiquer ces comportements égoïstes irresponsables d’un autre âge.

    Bravo pour tes chroniques « saintoises « . Bon courage Raymond

  4. alain thouret dit :

    Quelle tristesse ! Lamentable ! Ces énergumènes ne comprennent probablement rien à cette vie qui nous entoure.

    • raymondjoyeux dit :

      Merci chers amis pour vos commentaires. Outre l’intérêt personnel que vous portez au sujet de cette chronique, ils contribuent à faire vivre ce blog et alimentent positivement le débat. Vous serez toujours les bien venus et vos encouragements me vont sincèrement droit au cœur.

  5. Thierry Petit le Brun dit :

    Il faudrait un peu plus de conscience du vivant et du respect ou de la considération pour « ce qui est là  » à notre portée. Cette terre saintoise comme tout le reste de la planète et de l’univers offre ce qu’elle/il est. Nous prenons. A Gosier hier, les élagueurs ont abattus des arbres pour cause de saison cyclonique. Cela me rappelle l’élagage des poiriers porteurs de fraicheur de Terre-de-Haut.
    Allez, merci Raymond.

    • raymondjoyeux dit :

      S’il y en a un qui doit être remercié pour sa contribution à la connaissance et au respect de notre environnement – tous secteurs confondus – c’est bien toi, Thierry. Je possède encore la quasi totalité des N° de GWADLOUP NATURES, cette brochure inimitable et gratuite dont tu as été en grand connaisseur de notre faune et flore locales, le créateur et le directeur passionné. Je m’en inspire encore pour certaines rubriques, sans te demander l’autorisation, car je sais que tu me l’accordes d’office, car je n’oublie jamais de mentionner mes sources. Très amicalement du fond de la Bourgogne !

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