Plaidoyer pour la marche

Cette chronique a été publiée pour la première fois le 18 janvier 2019 et a été lue plus de 400 fois ! Nous pensons que vu la situation aujourd’hui à Terre-de-Haut en matière de circulation, elle apparaît plus que jamais d’actualité. Aussi c’est avec plaisir que je vous en fais part. Me permettant de signaler aux amateurs que le lundi et le jeudi après-midi, Rony Bride organise une marche à Terre-de-Haut et que cette activité est ouverte à toutes celles et à tous ceux qui se sentent physiquement capables de se joindre à ce collectif..

Des îles, autrefois… sans voitures

Publié le janvier 18, 2019 par raymondjoyeux

Lorsque nous étions enfants aux Saintes, avant les années 60, et bien entendu, plus encore pour les générations antérieures, nous ne connaissions qu’un seul moyen de locomotion : la marche. D’ailleurs, nous étions la risée de nos amis et compatriotes guadeloupéens continentaux pour la simple raison que nos communes étaient dépourvues de voitures !

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Rue de Terre-de-Haut début du XXème siècle

Cette réflexion, considérée par eux comme la pire des insultes, si elle nous laissait à vrai dire indifférents, stigmatisait à leurs yeux notre état supposé d’arriération, notre absence avérée de progrès et de modernisme ! Aujourd’hui, ceux qui pensaient à cette époque nous rabaisser, en nous renvoyant à notre état de nature, seraient sans doute les premiers à s’insurger contre l’envahissement actuel de nos rues par des véhicules motorisés en tous genres, entravant leur bien-être de touristes en changement d’air ! Et le pire c’est qu’ils n’auraient pas tort !

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Quartier de la poissonnerie avant l’arrivée des scooters – Photo Plé 1973

Le paradis perdu des marcheurs…

Devenues en effet un véritable et grouillant panier à crabes au sens littéral du terme, les rues de Terre-de-Haut sont désormais difficilement praticables pour le piéton ordinaire, quelles que soient l’heure et sa bonne volonté. Autrefois paradis des marcheurs, notre île, au fil des années, a vu la circulation motorisée prendre le pas sur celui des adeptes de cet exercice naturel qui consiste à mettre instinctivement un pied devant l’autre et à déambuler paisiblement dans le calme et la sérénité.

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Rue piétonne préservée à Terre-de-Haut – Photo Anne de Floris – 2018

Bien sûr, il reste encore de nombreux lieux protégés aux Saintes où, loin du bourg et de sa fièvre, le marcheur trouve encore son plaisir. Mais quand on voit les enfants des écoles, lorsqu’ils ne sont pas, dès sept heures du matin, transportés par leurs parents en voiture, à moto ou à scooter, se rendre en classe sur un engin à propulsion électrique (vélo, skate ou trottinette), et rentrer solitaires à la maison par les mêmes moyens, on s’interroge sur leurs aptitudes à développer le sens de l’effort physique et du plaisir social à flâner en chemin entre copains, là où se nouent souvent et se développent les plus solides amitiés.

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Chemin exceptionnellement désert vers la plage de Grand’Anse à TDH – Ph. A. de Floris

Marcher c’est faire preuve de dignité 

Le quotidien Le Monde/Éditions de l’Aube vient de publier un petit livre fort intéressant pour les amateurs ou non de la pratique pédestre, intitulé Philosophie de la marche, et que j’ai la chance de posséder. L’intérêt de cet ouvrage collectif d’une centaine de pages, réside dans les réflexions des auteurs sur le sujet, mais aussi et surtout dans les citations d’écrivains et de philosophes parmi lesquels Jean-Jacques Rousseau, Arthur Rimbaud, Victor Hugo, Henry David Thoreau, Jacques Lacarrière, David Le Breton, Walt Whitman…
Des auteurs du livre et des écrivains cités, j’ai sélectionné pour vous les citations suivantes :

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Un contact vivifiant avec la nature – Photo R. Joyeux 2018

Marche de solidarité. Ici, Je suis Charly – Terre-de-Haut 2015 – Ph. R. Joyeux

Au bout du chemin quelque chose nous attend – Terre-de-Bas  2015 – Ph . R. Joyeux

Je ne peux, bien évidemment, vous présenter ici la totalité du contenu de cette petite Philosophie de la marche. Aussi je vous invite fortement à vous la procurer au plus vite. Pour la modique somme de 12 € (prix métropole), non seulement vous serez encouragé à vous adonner à cette pratique naturelle qu’est la marche, si ce n’est déjà fait, mais vous y puiserez de sublimes réflexions qui vous conforteront dans l’idée que marcher n’est pas seulement bon pour le corps, mais qu’il produit sur l’esprit tout autant de bienfaits : plaisir de l’effort, rêverie, détente, sérénité, découverte de la nature et de soi, élan de solidarité… et plus encore selon votre complexion et votre humeur du moment !

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Petit clin d’œil sympathique et tranquille

Tellement pris par sa passion de peintre et sa pratique intensive de la marche enjouée, notre talentueux artiste Alain Joyeux, auteur de cette amusante toile colorée, a oublié une  ou deux lettres supplétives dans son texte, ce qui fait l’originalité et la valeur du tableau. Comme moi, je pense que vous lui pardonnerez volontiers cette étourderie. C’est bien connu, les vrais artistes comme les marcheurs impénitents, bien qu’ayant les pieds sur terre, sont souvent un peu sur la lune, perdus dans leurs rêveries !

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année de marche et de méditation en vous remerciant de votre amicale fidélité.

Publié par Raymond Joyeux
le samedi 15 février 2025

8 commentaires pour Plaidoyer pour la marche

  1. yves.espiand@sfr.fr dit :janvier 18, 2019 à 8:51 Salut Raymond et meilleurs voeux. Tu connais mon avis sur l’ « ultra motorisation » de notre chère ile. Cet engouement reflète la paresse de l’effort pourtant valorisant qu’est le déambulage pour admirer les beautés de l’archipel. C’est entré dans les moeurs dommage. Amitiés Réponse
  2. vonvon dit :janvier 18, 2019 à 11:09 et il semblerait qu’il y a un projet de feux rouges je pense que les riverains de ces feux vont devoir supporter les scooters pétaradants stoppés à ces feux bon courage à eux …l’ancien maire avait eu une bonne idée, pour une fois, en instaurant des bandes jaunes pour limiter les stationnements sauvages devant les portes des habitants. Il y a une solution, je pense, en faisant remarquer aux instances concernées, une mise en avant du danger envers la faune, la flore, et la santé des Saintois ils l’ont fait en france sur certaines îles pourquoi pas ici ?Réponse
  3. Liliane CORBIN dit :janvier 18, 2019 à 9:51 Afin que l’île retrouve la sérénité d’antan, il faudrait peut-être interdire les véhicules à moteur et autoriser seulement les engins qui fonctionnent avec, non pas de l’huile de coude, mais … de genou. Et tant pis si quelqu’un me rétorque qu’avant l’on s’éclairait à la bougie et que l’on utilisait les charrettes pour le transport des marchandises !!!Réponse
  4. raymondjoyeux dit :janvier 19, 2019 à 8:12 Votre proposition, chère Liliane, ne serait pas une régression, mais tout simplement un retour au bon sens ! D’ailleurs nos deux précédents maires s’ y étaient collés. Entre 1991 et 2003, Robert Joyeux et Louis Molinié avaient successivement signé de nombreux arrêtés municipaux pour tenter de maîtriser la situation. Le dernier en date de ces arrêtés – toujours en vigueur puisque jamais aboli – préconisait l’interdiction totale de la circulation motorisée dans le bourg. Dans notre chronique du 5 juillet 2015, nous évoquions longuement cet épineux problème. Malheureusement, la tournure actuelle des événements ne semble pas plaider pour une solution raisonnable en ce domaine :https://raymondjoyeux.com/2015/05/07/circulation-larrete-municipal-oublie/embed/#?secret=e7n5wfzyfW#?secret=SZaKtQY6BrRéponse
  5. raymondjoyeux dit :janvier 19, 2019 à 8:21 Pour compléter cette chronique sur la marche, je vous propose la relecture de celle du 17 janvier 2014 : Une balade au Chameau en compagnie de Roméo Léon :https://raymondjoyeux.com/2014/01/17/une-balade-au-chameau/embed/#?secret=SmS2USZAnz#?secret=39rY8i82lnRéponse
  6. ALAIN JOYEUX dit :janvier 20, 2019 à 9:44 « Quand le monde était grand, car on allait encore à pied… »Si tout ou presque est dit sur les vertus de la marche (grand merci au passage pour le relais de ce petit tableau et sa très pittoresque fote d’ortografe !), l’utilisation des deux roues pétaradants génère parfois un effet comique bien qu’au final pathétique : Voici que certain(e)s trouvent tout à fait normal de garder leur casque vissé sur leur tête lorsqu’il rentrent, par exemple, dans les commerces ! Nous voyons alors déambuler , aux heures de pointe, quantité de « playmobiles » qui, lorsqu’ils se rencontrent au rayon fromage, se font même la bise sans ôter leur coquille de burgot qui leur couvre le chef.
    Très drôle mais, excusez moi ceux qui se reconnaîtront, grotesque et pathétique (j’assume la répétition).Pour ma part, les visiteurs de la galerie où j’expose quelques unes de mes créations à Terre de haut sont informés par un casque peint portant cette mention : « Ici, j’enlève mon casque » ; sous titré à propos de l’objet : « protège le crâne mais enferme l’esprit » . Tout comme l’on ôtait son chapeau par respect dans les salutations d’autrefois, il me semble que de prendre le temps d’enlever son casque, même pour une course d’une minute à la boulangerie, est une marque de courtoisie élémentaire, un gage de bien vivre ensemble… combien de jeunes dans cette attitude ne font qu’imiter leurs parents ?Cet oubli apparemment anodin, sans doute inconscient, et somme toute pas si grave, ne concerne pas bien sûr tous scooteristes et motards. Il est pourtant selon moi symptomatique d’un état d’esprit ambiant : vite, vite… pas le temps … peur ? … « je ne reconnais plus personne en Harley Davidson » ! tableau surréaliste donnant l’impression de vivre dans une banlieue suburbaine ! Hého, les saintois ? Hého ? il y a quelqu’un ? … arrêtons de nous croire comme à la télé… dans un stress permanent illusoire.Je profite de cette chronique pour adresser un message à tous nos amis motorisés : « S’il vous plaît, Lorsque que vous arrêtez pour parler avec vos amis, eux même en scooter, au lieu du dialogue de sourds qui s’en suit, où chacun hurle pour vous faire entendre et comprendre ( car bruit du moteur + casque- je ne parle même pas du smartphone qui se manifeste en même temps !)… coupez le contact… prenez le temps… Merci ! … ou alors, marchez maintenant ! Pour se parler entre humains, c’est beaucoup plus SYMPATIQUE !Réponse
  7. ALAIN JOYEUX dit :janvier 20, 2019 à 9:59 Au passage un message aux visiteurs de passage dans notre île:L’île est petite, profitez, marchez !!! enfin les vacances, un peu de sport fera du bien et vous n’aurez pas l’air d’une quiche avec votre casque et la charlotte en dessous ! aah, aah…
    même en scooter on ne verra pas tout !Il est vrai que les commerces de location de véhicule et de visites guidée à la sortie du bateau peux faire croire à la nécessité d’un moyen de locomotion… poudre aux yeux ! sans compter le danger. Ici, trop d’accidents de la route. Il ne se passe pas une semaine sans que l’hélico ne vienne évacuer un accidenté grave sur la route.
    Le vélo éléctrique paraît plus soft et convivial mais est au moins aussi dangereux…Si vous n’êtes pas souffrant, que vos jambes et votre souffle fonctionnent encore , marchez !
    gardez votre argent pour vous payer de bons restaurants, un livre de poésie d’un auteur saintois ou un tableau à ma galerie !Réponse
  8. vonvon dit :janvier 21, 2019 à 7:16 j’ai passé un excellent moment à lire les 2 commentaires d’Alain, commentaires plein de vérité et de vécu mais hélas je n’ai qu’une crainte: que les concernés ne lisent pas ! par contre les usagers qui déambulent dans les magasins ou parfois dans les rues avec leur casque me confirme que nous sommes sur une autre planète ….PTDR !!Réponse

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Bizarre hasard ou l’heureuse rencontre littéraire à l’épicerie Vival…

Le dimanche 9 février 2025, sorti pour une course en milieu de matinée et, m’apprêtant comme chaque jour à consulter les nouveautés de notre minuscule bibliothèque-armoire Libres Livres, je me retrouve nez-à-nez avec un jeune couple qui photographie la couverture d’un ouvrage, placé de face sur un rayonnage.

Heureux de cette opportunité, je lie spontanément conversation avec ces sympathiques visiteurs de passage aux Saintes, imaginant qu’ils ont déniché la perle rare et qu’ils la photographient pour immortaliser leur trouvaille.

Non. En réalité, c’est la jeune femme qui a apporté son propre ouvrage et, avant de le confier aux lecteurs, le photographie comme témoignage et souvenir de sa contribution. J’apprends au cours de notre conversation que c’est la première publication de cette jeune auteur (je rechigne à mettre un e à ce mot et refuse esthétiquement d’employer autrice ou écrivaine) : un recueil de nouvelles que, d’une calligraphie appliquée d’artiste, elle a superbement dédicacé en ces termes : 

Terre-de-Haut, le 09/02/25

Chers lecteurs des Saintes et d’ailleurs, en vacances aux Saintes, je découvre la charmante bibliothèque de Livres libres de Terre-de-Haut. Alors j’y dépose mon premier recueil de nouvelles qui vous emmènera en voyage à la rencontre de personnages aux destins multiples.
Si vous l’aimez, faites-moi un petit coucou sur les réseaux sociaux, cela me fera très plaisir.
Je vous souhaite de belles lectures et de beaux voyages.
Axelle.

Au cours de notre conversation, après avoir fait plus ample connaissance, je les renseigne sur l’origine de notre petite bibliothèque et leur propose un échange : j’emprunte momentanément l’ouvrage de l’auteur et lui offre en contrepartie ma dernière publication chez CaraïbÉditions : Ti-Auril, l’enfant sauvage du Grand-Îlet, lui promettant, comme elle le souhaite, de la contacter après lecture de son livre pour lui donner mon avis.

Qui est Axelle Rallier du Baty, l’auteur de Hasards bizarres… ?

Pour le savoir, je me rends sur son site, axelle-rallierdubaty.com et trouve cette notation : « En l’an de grâce 1985, dès que, fille du matin, parut l’aurore aux doigts de rose, une autre fille du matin apparut : moi ! 
Je n’attendis pas bien longtemps avant de tenir un crayon entre mes doigts, dessinant sur tous les supports qui voulaient bien se présenter »…

Tout de suite, la métaphore qui peut paraître anodine bien que pittoresque : l’aurore aux doigts de rose, attire mon attention et me renvoie à l’Odyssée d’Homère, dans la traduction de Victor Bérard, celle que je préfère, et constate alors que cette jeune auteur est une passionnée de poésie, nourrie de culture antique et, à n’en pas douter, également de musique classique, dont le piano, qu’elle doit certainement pratiquer. Musique, poésie et culture tout court qui jalonnent chacune de ses onze nouvelles que je me suis empressé de lire quasiment d’une traite..

L’ouvrage d’Axelle Rallier du Baty

Publié en 2023 en auto-édition, sous une illustration symbolique de l’auteur, ce petit ouvrage de 235 pages nous propose une fresque de onze nouvelles dont les personnages, comme précisé en quatrième de couverture, voyageant « de la France à la Chine, se heurtent aux murs qu’on leur a imposés ou qu’ils se sont eux-mêmes construits. Mais un événement, une rencontre, peut faire basculer l’existence la plus banale dans un univers parallèle déroutant, bizarre, et aussi furieusement vivace. Entre ironie, poésie, magie, la vie leur réserve de bien étranges surprises. » Autrement dit, la définition même de la nouvelle comme genre littéraire.

Servie par une imagination collant à la réalité, quand elle n’est pas carrément fantasque comme dans Le jardin, des dialogues bien menés et une belle écriture toute de simplicité efficace, la structure classique de la nouvelle, avec un minimum de personnages, est en effet à chaque fois parfaitement maîtrisée. Une situation initiale, positive ou négative, un élément perturbateur (le zèbre de la couverture ? ), une situation finale inattendue, (arrivant à mon gré parfois un peu trop brutalement), à l’opposé de celle du départ. Le tout habilement agencé, sans heurt ni hiatus, dans un parfait enchaînement des différentes péripéties du récit qui semble couler de source… Pour ne parler, bien entendu, que de la technique et des procédés d’expression, laissant de côté dans cette présentation les thèmes et la philosophie sous-jacente des situations évoquées, des rapports et interactions entre les personnages, de l’influence du contexte familial, culturel, social et géographique où ces derniers évoluent.

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Inutile de dire que j’ai pris grand plaisir à lire ces courts récits et pourrais sur chacun d’eux donner un avis enthousiaste. Mais je vous laisse, lecteurs, lectrices, le loisir de les découvrir par vous-mêmes sans influencer votre jugement. Je préciserai simplement que ma préférence va à Tempête et sa conclusion particulièrement originale ; et que celui qui m’a le plus touché s’intitule Vacances, évoquant l’attachement d’une petite fille pour son chien Tango…

Pour finir, je vous propose cette magnifique illustration de l’auteur par elle-même, sans oublier de la remercier pour le partage de son livre avec les lecteurs de notre île, de la féliciter pour son talent d’artiste et d’écrivain… et de vous souhaiter, à vous lecteurs et lectrices, d’agréables moments en compagnie des surprenants personnages aux destins distincts de la fine, sensible et prometteuse Axelle Rallier du Baty.

Raymond Joyeux

PS. Après lecture, comme convenu, j’ai déposé le livre dans l’armoire-bibliothèque Libres Livres à l’épicerie Vival de Terre-de-Haut. Chacun peut donc le consulter le temps qu’il faut, avant de venir le remettre dans l’armoire pour d’autres lecteurs et lectrices. Au nom de tous les amoureux du livre, merci de votre compréhension.

Publié par Raymond Joyeux
Le mardi 11 février 2025

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Petite révolution culturelle à Terre-de-Haut : La nuit de la lecture

C’est à l’initiative de Claudine Blasco qui a su, par ses compétences, son dynamisme et son enthousiasme, mobiliser un petit groupe de volontaires de (presque) tous les âges, épris de beaux textes et de partages littéraires, que s’est tenue à Terre-de-Haut, le vendredi 24 janvier 2025,  à la maison des jeunes et de la culture, Place des Héros, la première Nuit de la lecture. 

Cette manifestation programmée par le Ministère de la Culture était, en France hexagonale, à sa neuvième édition, et pour nous aux Saintes à notre première édition.

Claudine : présentation de la manifestation

Sur le thème du patrimoine, Claudine a ainsi convié non seulement les écrivaines et écrivains de notre île qui, à des degrés divers, ont publié ou non leurs productions (romans, récits, poésie, chants, musique …) mais aussi toutes celles et ceux qui ont accepté spontanément de prêter leur concours et leurs talents pour les lectures, l’animation et la présentation des auteurs. 

Catherine : Moun a set soley

À l’intention des lecteurs de ce blog, précisons que les participants ont été :

1- Pour l’animation
Claudine déjà citée et Blondine et ses proverbes créoles

2- Pour la technique (Sono/Vidéo) :
Emmanuelle et Rony  

3 – Pour l’interprétation des œuvres, dans l’ordre de passage :

Zoé et Valentine, Les chatons – de Sandrine Charron
Charlie : Il était une fois la Guadeloupe de Danièle Fossette et Anne Montarbon

Charlie : il était une fois la Guadeloupe

Hanaé : L’Iguane  de Pierre Séguret
Blondine : Proverbes 
Catherine : Moun à set soley de Max Diakok + Rony au Ka
Raymond : Le cauchemar de Ti-Auril l’enfant sauvage de Raymond Joyeux
Cécile : Lucilène de Pierre Séguret
Véronique : L’orpheline de la colonie de Marijo Garay
Olivier : Lise, chanson de l’auteur à la guitare
Monique : Alyzée de Françoise Sylvestre
Claudine : Je connais un marin, poème de Raymond Joyeux
Gisèle : Le trésor des Saintes de Jacques Boone
Lila : Les derniers rois mages de Maryse Condé
Rony : Lion et Maringouin (Conte créole des Grands Fonds)
accompagné de Christophe au Ka

Rony : Lion et maringouin


Élin : chansons de Jérôme Hoff– La tourterelle, Mes statuettes 

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Élin : chansons de Jérôme Hoff


Marijoé : Paroles de confinés de Marijoé Métayer
Christophe : Chansons et poèmes par l’auteur

Olivier violon. Christophe guitare


Gisèle : La vigie – Une perle blanche à Terre-de-Haut de Victor Vala
Raymond : L’arrivée de la Jeanne d’arc : Fragments d’une enfance saintoise
Blondine : Le chevalier de Fréminvile
Olivier : Je crois que j’ai trouvé mon île – Chanson à la guitare
Claudine : Dorsale Bossale – d’ Aimé Césaire
Blondine : La prière du petit enfant nègre – de Guy Tirolien
Élin : Chansons de Jérôme Hoff
Rosy : Coup de senne – de Max Rippon
Carla Victoria : Chant et extrait de Pourquoi toi par l’auteur

4 – Clôture et remerciements par Claudine

Claudine : remerciements

La présence nombreuse du public à cette première édition de La Nuit de la lecture à Terre-de-Haut ne peut qu’encourager les organisateurs, auteurs, lecteurs, lectrices, techniciens… à renouveler cette belle expérience. Et surtout à inciter les autorités communales à mettre rapidement à la disposition de la population une véritable bibliothèque municipale qui fait tant défaut à notre petite collectivité.
C’est le souhait que tous les participants à cette manifestation formulent pour un proche avenir.
Un avenir qui, nous l’espérons toutes et tous aux Saintes, ne saurait attendre des années à se concrétiser.

Publié par Raymond Joyeux
le dimanche 2 février 2025
Illustration : photos mairie de Terre-de-Haut

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Terre-de-Haut : les derniers poiriers

Dans une précédente chronique, Le poirier de Jules Corbin, datée du 6 septembre 2016, j’avais évoqué l’événement historique à l’origine de la plantation de ces allées de poiriers à Terre-de-Haut : l’abolition de l’esclavage de 1848. Ils avaient été baptisés Les arbres de la liberté et défense avait été faite de les supprimer.

https://raymondjoyeux.com/2016/06/09/le-poirier-de-jules-corbin/

Photo datant des années 1900
Ce qui reste de cette allée en janvier 2025

Ces poiriers plus que centenaires, ombrageant les rues de notre commune, commencent malheureusement à disparaître les uns après les autres, sans être remplacés. Arrivé sans doute en fin de vie et menaçant de s’effondrer sur la chaussée, l’un des derniers de ces magnifiques spécimens qui subsistent encore vient d’être abattu ce vendredi 24 janvier 2025 par le service technique de la mairie.

Si on peut regretter la disparition programmée de ces arbres emblématiques, on comprend aussi qu’il est nécessaire de préserver la sécurité publique. Mais d’un autre côté ne devrait-on pas penser aux générations futures et se pencher sur la possibilité d’en replanter où cela est encore possible ?

Un texte de Pierre Charles :

L’arbre est d’abord un cramponné

Je voudrais contempler les arbres de la forêt, ceux des parcs, des jardins, des avenues, des cimetières, les saules pleureurs et les chênes séculaires, et essayer de capter quelque chose de la sagesse qui les a créés….

Je sais bien ce que nous y cherchons : de l’ombre contre le soleil et parfois un abri précaire contre une averse, du combustible contre le froid et des planches pour nos menuiseries, et aussi des ornements pour nos paysages. Mais l’arbre est bien autre chose encore qu’un serviteur complaisant, et on n’a pas tout dit de lui quand on nous apprend que de sa pulpe on fait de la pâte à papier et que, débité très fin, il nous fournit des allumettes.

Poirier de la place de la mairie -1942 – Photo Catan

L’arbre est d’abord un cramponné. Il ne voyage pas comme l’animal. Il est fixé là où sa graine est tombée. J’en ai vu poussant presque comme des acrobates dans les hautes crevasses des ruines, ou sur les pentes abruptes des précipices. Il n’a pas pu choisir ni changer sa situation dans l’espace. Tout son avenir est décidé par une sorte de chute originelle, lorsque le gros fruit est tombé lourdement par terre ou lorsque la semence légère, avec ses ailettes, ses barbes plumeuses ou son mince duvet a cessé de tournoyer au souffle du vent. L’arbre doit pousser et mourir là où il a rencontré le sol. Et c’est sans doute ce qui leur donne à tous cet air obstiné.

Frangipanier route du Chameau -Ph. Alain Joyeux

La majesté de la forêt, cette majesté qui ravit jusqu’aux petits enfants, ne vient pas d’autre chose : une multitude en place depuis des siècles, chacun de ces arbres occupant le même coin du sol, jusqu’à sa mort, et même après…

Texte extrait de l’ouvrage La prière de toutes les choses.
Pierre Charles, Editions Desclée De Brouwer – 1957

Baobab du city-sport à Terre-de-Haut ; Ph. R. Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
Le dimanche 26 janvier 2025

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Terre-de-Haut, la plage du Fond-Curé polluée, interdite à la baignade

Depuis le 27 décembre 2024, le drapeau rouge flottant allègement au vent du Nord – quand il n’est pas carrément couché au sol – signale aux candidats à la trempette que la baignade est interdite dans la zone indiquée. Le problème est de savoir pour quelle raison puisque la fiche de l’arrêté municipal d’interdiction, soigneusement protégée par une pochette plastique n’est visible que très loin dudit drapeau et qu’il faut être particulièrement soucieux de sa santé pour la trouver…. suspendue par un simple fil nylon à une branche virevoltante de calpata.

Drapeau rouge en mauvaise posture

Si nous abordons ici ce problème ce n’est par pour critiquer encore moins pour dénigrer, mais pour simplement signaler quelques anomalies et suggérer aux responsables des améliorations susceptibles de bien renseigner la population et les visiteurs, car c’est la santé de chacun d’entre nous qui est en jeu.

Arrêté municipal d’interdiction

Soyons sérieux et posons-nous quelques questions

1 – Sauf erreur, l’Agence Régionale de Santé (A.R.S.) a transmis aux autorités communales – comme indiqué sur l’arrêté – les résultats de ses analyses le 23 décembre 2024, signalant une pollution bactériologique importante justifiant l’interdiction de baignade. Or le drapeau rouge a été planté le 27, soit 4 jours après. Bon, nous étions en période de fête, mais quand même. Combien de personnes se sont baignées entre temps, moi le premier, en prenant des risques sans le savoir ?

2 – Pire, il s’est passé 13 jours (soit près de deux semaines) entre les prélèvements par l’ARS ( le 13 décembre), l’analyse par l’Institut Pasteur (le 17 décembre), la réception en mairie (le 23 décembre) et l’information au public avec drapeau (le 27 décembre)… On comprend bien sûr que ces différentes opérations ne peuvent pas se faire du jour au lendemain, sans compter qu’avant la date des prélèvements l’eau était sans doute déjà polluée. Mais ne pourrait-on pas essayer de réduire ces délais par simple mesure de sécurité ? Évidemment la solution serait de supprimer les sources de cette pollution récurrente, mais là, c’est un autre problème !

3- Pourquoi drapeau rouge et affichage ne sont pas dispatchés à divers points de la plage pour une information efficace au public et, surtout, pourquoi n’y a t-il pas un panneau fixe au pied des drapeaux qui resterait en permanence afin de fournir une information périodique complète, même lorsqu’il n’y a pas de pollution ou autre empêchement de baignade (méduses, houle.. par exemple. ) Cela se fait ailleurs, pourquoi pas chez nous ? Un drapeau vert serait également le bien venu…

Voilà, ce ne sont que de simples suggestions de bon sens, à l’heure où notre merveilleuse île reçoit de plus en plus de visiteurs et se targue d’être une commune touristique.

L’exemple de Sainte-Anne

Pour lire l’arrêté municipal ci-dessous, cliquer sur
commune de Terre-de-Haut

Posté par Raymond Joyeux,
le dimanche 19 janvier 2025

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Création du premier collège des Saintes

En ce début janvier 2025, à l’heure où l’école primaire de Terre-de-Haut, faisant la une de l’actualité régionale, est confrontée au délicat problème de la présence pérenne aux Saintes des maîtres et maîtresses, aujourd’hui professeurs des écoles, et soumis en leur qualité de fonctionnaires à l’obligation d’accepter l’affectation qui leur est signifiée, je me permets d’évoquer les conditions dans lesquelles a été créé le premier collège des Saintes. Ce collège, dénommé à l’époque CEG municipal, était géré, comme son nom l’indique, par les instances communales au même titre que l’école primaire. Personnellement impliqué dans cette création, j’ai longtemps hésité à publier cette chronique. Mais les choses étant ce qu’elles sont, je ne fais que rapporter les étapes de cette création telles qu’elles se sont déroulées, quitte à subir quelques reproches d’autosatisfaction…

Une visite de M. Roux, député de Paris

Le 6 février 1966, alors qu’il n’existe pas encore de collège aux Saintes et que seuls quelques privilégiés, parmi les écolières et écoliers de nos deux commues ayant terminé leur cursus primaire, ont la chance d’aller poursuivre leurs études en Guadeloupe continentale, la municipalité de Terre-de-Haut reçoit en grande pompe, au milieu d’une foule enthousiaste, M. Claude Roux, député de Paris. 

À cette occasion, le maire, M. Eugène Samson, son premier adjoint, M. Raymond Dufay et le docteur René Germain, conseiller général et futur maire, prennent tour à tour la parole. Pour évoquer, non pas l’éventualité de la création d’un collège – l’idée n’est pas encore dans l’air du temps – mais pour parler de piste d’atterrissage, de routes, de construction d’un bureau de poste moderne, d’électrification et d’adduction d’eau… Autant de beaux projets pour la réalisation desquels aucun visiteur, si haut placé soit-il, même venant de Paris, n’a pas plus de pouvoir qu’un élu local !

Mairie de Terre-de-Haut années 1960-70 Photo R. Joyeux

Un article dans le quotidien Antilles-Matin

Ayant terminé une partie de mes études en métropole et revenu de mon service militaire, je suis présent ce jour-là, à l’extérieur de la mairie, et écoute avec attention ces interventions, diffusées par haut-parleur. Stupéfait que pas un mot ne soit prononcé à propos de notre jeunesse scolarisée, je rédige un article sur l’inutilité, selon moi, de ces visites venues d’ailleurs, sur l’absence d’intérêt de nos élus pour les jeunes saintois, et surtout sur le problème de la poursuite de la scolarité de nos écoliers après le primaire, évoquant pour la première fois la nécessité urgente de la création d’un collège aux Saintes. Cet article, dont j’ai conservé le texte, paraît le 10 février 1966 dans le journal Antilles-Matin dirigé par M. Max Martin, entrepreneur d’origine saintoise et important exportateur de bananes.

Ouverture de la première classe de sixième

Quelques jours plus tard, quel ne fut pas mon étonnement de recevoir une invitation conjointe du maire, M. Samson, et du conseiller général, le docteur Germain, d’abord pour me reprocher avec véhémence le contenu de mon article mais surtout pour discuter avec eux en mairie du problème scolaire. Je vous passe les détails houleux des différentes interventions, mais peux témoigner qu’en moins d’une heure, en présence de M. Georges Vincent, adjoint, à l’époque, au secrétaire de mairie, le principe était acquis d’ouvrir, si possible dès la rentrée 66-67, la première classe de sixième.

Il restait bien entendu à monter le dossier, à entreprendre les démarches auprès du vice-rectorat et surtout à résoudre l’épineuse question du local. Sur ma proposition, l’ancienne caserne du Mouillage, bâtiment communal désaffecté, est visitée sur la lancée et, à ma grande satisfaction, le maire décide d’y aménager une salle… afin d’ouvrir, si possible, dès la rentrée 1966, la première classe de sixième, rattachée momentanément à l’école primaire. Et c’est ainsi que le CEG municipal de Terre-de-Haut qui n’a pas encore de nom voit officiellement le jour….  

De fil en aiguille les autres classes suivront, jusqu’à la 3ème, toujours dans cette même caserne aménagée au fur et à mesure pour la circonstance.

À cette date (septembre 1966), je suis affecté pour un mois au collège de Gourbeyre, puis à l’école primaire de Terre-de-Haut, avant de repartir à Lyon terminer mes études. Pendant ce temps, le collège poursuit son bonhomme de chemin sous différentes directions jusqu’à mon retour aux Saintes en 1971.

En juillet 1971, en effet, revenu de métropole après avoir enseigné à Lyon et à Pointe-à-Pitre, je sollicite une mutation pour Terre-de-Haut et suis nommé à la direction du CEG, avec un temps complet d’enseignement, sans dispense de cours, jusqu’à mon nouveau départ en août 1974. 

120 collégiens et collégiennes des deux îles à la rentrée 1971

L’établissement occupant toujours la vieille caserne du Mouillage, compte alors 120 élèves et 5 niveaux d’enseignement, puisque de nombreux élèves de Terre-de-Bas, hébergés sur place dans des familles d’accueil, y sont inscrits, et qu’une classe de transition (CPPN) est rattachée à la structure.  

Sans secrétariat, sans bureau, sans personnel administratif, sans bibliothécaire, sans gestionnaire ni cadre éducatif, nous travaillons mes collègues professeurs et moi, avec l’aide de la mairie, à améliorer progressivement les locaux, à rénover et enrichir le matériel pédagogique, à créer une bibliothèque et un embryon de CDI, à inciter les parents à s’unir en association. 

Mais surtout, et c’est le plus important, à obtenir du Vice-Rectorat que les sessions du Brevet des Collèges (BEPC) et de l’examen final de la classe de transition soient désormais organisées aux Saintes afin d’éviter aux élèves de se rendre en Guadeloupe pour plusieurs jours, le plus souvent sans possibilité d’hébergement, pour y subir ces examens.

Collège Jean Calo à Terre-de-Haut 1971-1974 inséré dans sa petite cour Photo Raymond Joyeux

Des horaires d’enseignement largement dépassés

Nous sommes alors six professeurs pour faire fonctionner le collège, contraint chacun, dépassant largement notre quota d’horaires, d’enseigner plusieurs matières. Je peux ainsi mentionner M. Jocelyn Bonbon puis Christophe Questel, pour l’Anglais ; M. Claude Revest, pour les Mathématiques et les sciences ; M. Cétout, puis Davigny, pour l’Histoire et la Géographie ; M. Irénée Molinié pour le CPPN, et moi-même pour le Français, la musique et les travaux manuels. Pour l’EPS, nous nous relayons pour nous rendre alternativement, le samedi après-midi, au Marigot où un petit terrain est aménagé à cet effet.

Retour d’une sortie en mer autour du paquebot France d’une classe du collège en 1974- Photo Raymond Joyeux

Voilà, amis lecteurs, comment a vu le jour le premier collège de Terre-de-Haut, sous les mandats, la volonté et l’impulsion de M. Eugène Samson et de M. René Germain, respectivement maire et Conseiller général des Saintes.

1982 : la décentralisation

Par la suite, lorsque les collèges, quittant le giron communal, sont devenus départementaux, notre CEG municipal prit le nom de Jean Calo. Ce changement de statut, découlant de la Loi de Décentralisation de 1982, sous la présidence de François Mitterand et porté par le Ministre Gaston Deferre, sera à l’origine de la volonté du département de la Guadeloupe de construire un collège unique pour les deux îles saintoises.

Pressentie au départ pour l’implantation de ce collège départemental, la commune de Terre-de-Haut n’ayant pu proposer un terrain approprié, c’est finalement à Terre-de-Bas qu’il a été construit. Encore un épisode scolaire très mouvementé qui vous sera peut-être conté dans une prochaine chronique, si vous le voulez bien, évidemment.

En attendant, nous souhaitons pour notre part que l’actuel conflit concernant l’école primaire de Terre-de-Haut soit définitivement apaisé et résolu pour le bien de nos écolières et écoliers et pour la satisfaction des parents et de toutes les parties concernées.

Publié par Raymond Joyeux
le mercredi 15 janvier 2025


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Sites caractéristiques de Terre-de-Haut

1 – La Vierge des Augustins

En juin 2018, j’ai publié un recueil de 26 poèmes intitulé Nautiques avec comme sous-titre Paysages.

Ce recueil, aujourd’hui épuisé, a fait l’objet d’une présentation sur ce blog que l’on peut consulter en cliquant sur le lien suivant :

https://raymondjoyeux.com/2018/06/21/une-nouvelle-publication-aux-ateliers-de-la-lucarne/

Pour commencer l’année 2025 en poésie, je vous propose une sélection de quelques-uns de ces poèmes, accompagnés d’un commentaire personnel dont l’ensemble pourrait être considéré comme une sorte d‘itinéraire autobiographique.

Autobiographique puisque ces paysages m’accompagnent depuis l’enfance et que j’ai encore aujourd’hui la chance et le privilège de les admirer, même si certains d’entre eux ont subi des modifications le plus souvent dues à la main de l’homme.

En vous souhaitant bonne lecture, je vous remercie pour l’intérêt que vous porterez à ces nouvelles chroniques, et plus globalement que vous manifestez pour ce blog. Puisque depuis sa création en juillet 2013, les 354 articles publiés ont été visités à ce jour par 224 235 lecteurs qui ont cliqué 415 532 fois sur les différentes chroniques, laissant 1686 commentaires et avis.

Encore une fois, belle année 2025 à chacune et chacun d’entre vous et en route pour de nouvelles aventures littéraires et poétiques.

Raymond .Joyeux

Photo Raymond Joyeux prise avant le séisme de 2004

Pour rappel : La photo de la Vierge des Augustin ci-dessus, prise par mes soins date d’avant le séisme du 21 novembre 2004. Malheureusement, cette statue de lave a été décapitée par les secousses et n’a plus la même silhouette qu’autrefois. On reconnaît néanmoins la forme du corps qui, lui, est resté intact.

Vierge des Augustins

(Madone)

                 
Vierge perlée d’embruns
en sa grotte marine

phare de l’alouette
à l’écharpe de pierre

et qui guide le vol
de la sterne et de l’exocet

Madone du grand retour
en sa nef de lave

que couronne l’écume
au vent tiède du large

et qui de la marée
accueille les offrandes

reine aimante exposée
au sel des étoiles

quand le ciel à genoux
ensemence la houle

et brûle aux sillons
l’algue vieillie du temps

vestale des tempêtes
qui descelle l’écoute

aux silences de nos prières

quel aveu échappé
de nos lèvres insincères

abolira l’offense
au chapelet de nos îles.

****

Commentaire

La ressemblance est frappante. Silhouette de madone couronnée, drapée dans sa tunique de vestale, parfaitement sculptée dans cette lave pétrifiée qui s’élève à fleur d’eau entre deux minuscules îlots séparant Terre-de-Haut de sa jumelle Terre-de-Bas, la Vierge des Augustins porte à merveille son précieux nom. C’est la réplique minérale et millénaire de la statue de Notre-Dame du Grand Retour, trônant sur une chaloupe, qui visita les Antilles en 1948, semant, semble-t-il, sur son passage en Martinique, en Guadeloupe et bien entendu aux Saintes des prodiges de guérisons miraculeuses.

On ne peut que s’émerveiller devant ce miracle géologique du volcanisme faisant émerger des entrailles de la terre cette Vierge, comme un signe surnaturel de bénédiction ou d’appel à la conversion. Le poème associe les éléments du domaine de la mer (embruns, écume, vent, marée, algue, tempête, nef, phare…) aux éléments du domaine religieux (vierge, madone, reine, vestale, chapelet, prières), suggérant l’image d’un rosaire maritime et céleste puisque sont évoqués également les étoiles et le ciel ainsi que le vol de l’alouette, de la sterne et de l’exocet, ce dernier symbolisant l’union mystique de l’air et de l’eau. Une supplique cosmogonique qui trouve son aboutissement dans l’avant-dernière strophe par la bienveillance suggérée de la Vierge qui descelle l’écoute au silence de nos prières, touchée sans doute par l’aveu de toutes ces offenses faites au chapelet de nos îles et prélude à un possible repentir

Photo Wikipédia : Statue de Notre Dame du Grand Retour qui visita la Guadeloupe, la Martinique et les Saintes en 1948.

Publié par Raymond Joyeux
le jeudi 9 janvier 2025

Publié dans Environnement, Poésie | Un commentaire

Circulation routière : deux incidents graves, jusqu’où irons-nous ?

Peu avant la rédaction de cette chronique (vendredi 3 janvier 2025-14h 30), deux incidents graves se sont produits sur les routes de Terre-de-Haut : une voiturette en feu au Pain de Sucre, heureusement sans gravité pour le conducteur et les passagers ; une sortie de route sur le chemin du Fort Napoléon faisant trois blessés transportés d’urgence au dispensaire de la commune.

Voiturette en feu au Pain de sucre 03. 01. 25. Ph. transmise par M.A.Bonbon

Mises en garde et pétition sans résultat

Or, ce n’est pas manque d’avoir mis en garde les autorités sur les risques d’une trop grande densité de véhicules motorisés sur notre petite île et d’avoir lancé une pétition pour tenter de restreindre le nombre de ces engins ultra dangereux et limiter drastiquement leur vitesse dans les rues passantes et toujours bondées de la commune. Faut-il attendre que d’autres accidents plus dramatiques se produisent pour prendre les mesures qui s’imposent ? On peut se poser la question.

Ambulances devant le dispensaire le 03.01.25 Ph. Raymond Joyeux

Un article de Christelle Joyeux

Ainsi, le 29 octobre 2024, il y a donc seulement deux mois, Christelle JOYEUX a mis en ligne sur son compte Facebook le texte suivant qu’elle demande de partager, c’est donc volontiers que je me permets de le faire sur ce blog avec son autorisation :

Bonjour,

Il y a de plus en plus de véhicules sur Terre de Haut.
Certains me disent 25 vont arriver, puis 60, hier ce chiffre est passé à 80 nouvelles voitures qui devraient arriver pour la nouvelle saison.

C’est vraiment beaucoup, sans compter toutes celles qui y sont déjà, en plus de tous les scooters, vélos et camions. Certains sont nécessaires au fonctionnement de l’île, d’autres sont nécessaires au commerce ou à des personnes pour des raisons à chacun personnelles.

Le fait est qu’il y en a trop.

C’est une réalité et tous le disent, mais le profit, l’égoïsme, la vision à courte échéance font que ça continue.

Il est devenu dangereux de marcher. Dangereux pour les enfants de courir dans leur rue, d’apprendre à faire du vélo comme ils l’ont toujours fait, devant chez eux.

Dangereux pour les anciens d’être sur leur pas de porte à discuter et encore plus de marcher. Car même en allant lentement, à petits pas, ils n’entendent plus ces véhicules devenus si discrets. Dangereux de pousser son chariot ou sa poussette, dangereux de s’arrêter discuter.

Il n’y a pas de trottoir, il n’y a pas la place. Et les travaux de réaménagement sont trop énormes pour l’île.

Alors que faire ?

Limiter le nombre de véhicules ?

Beaucoup le demandent mais il paraît que c’est impossible .

M. Le Maire est responsable de la sécurité de ses concitoyens. Et là, concernant cette sécurité, ce n’est plus le cas depuis longtemps déjà.

Des solutions peuvent sans doute être envisagées dont celle de

PASSER TOUTE L’ÎLE EN PRIORITÉ AUX PIETONS.

Mais aussi imposer un quota d’entrée de nouveaux véhicules en fonction du nombre d’habitants.

Imposer les contrôles techniques

Imposer le départ des véhicules « morts ».

Limiter la vitesse à 10 km au centre et 30 maxi ailleurs.

Beaucoup de visiteurs n’ont jamais conduit de scooter ni de voiturette ou de vélo électrique avant d’en louer un ici. Ils sont des dangers ambulants constants pour eux et pour tous les autres !

Inventer pour pouvoir retrouver ou maintenir un niveau de sécurité et de bien être sur Terre-de-Haut.

Des idées j’en entends régulièrement.

Alors, passage à l’acte, mais pour quand ?

Carcasse calcinée de la voiturette qui a pris feu. Ph; R. Joyeux

Un remerciement particulier aux pompiers, ambulanciers et personnel médical pour leur dévouement, leurs compétences et leur promptitude à agir.

Texte de Christelle Joyeux
Publié par raymondjoyeux.com
Le vendredi 3 janvier 2025

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Un Noël à Fort-de-France pendant la guerre

Le texte qui suit est extrait d’un livre à venir, encore inédit mais totalement achevé, intitulé La malédiction de la Saline dans lequel est racontée l’histoire romancée mais basée sur des faits réels, de Deverne J., jeune Saintois de19 ans, élève de Terminale au lycée Sainte-Marie de Fort-de-France en 1942-43. Période pendant laquelle, la Martinique et la Guadeloupe, encore colonies françaises, sont administrées respectivement par l’Amiral Robert et Constant Sorin.

***

L’année 1942 tirait à sa fin. En prévision des fêtes de Noël et du jour de l’an, tous les quartiers de Fort-de-France s’étaient pavoisés de guirlandes multicolores, de branches de filao décorées aux coins des trottoirs, d’étoiles géantes se balançant au gré de la brise, entre deux piliers télégraphiques ou deux façades d’immeubles eux-mêmes scintillant de lumignons qui clignotaient en rythme dans la nuit.

On avait l’impression que, pour oublier la guerre pourtant lointaine, les habitants de la ville s’étaient donné le mot pour rivaliser d’ingéniosité en matière de décoration de la devanture de leur maison. Et quelle animation ! Le soir, de toutes les cases, s’élevaient des chants traditionnels de Noël comme en un concert polyphonique, un pot-pourri de circonstance où les paroles de Michaud veillait se mêlaient en canon à celles de Joseph mon cher fidèle et d’Allez mon voisin… Des airs enlevés d’accordéon, d’harmonica et de violon, accordés au tempo des tambours, résonnaient dans les faubourgs, créant une atmosphère singulière de fête à la fois joyeuse et mélancolique.

Anticipant la nuit de la nativité et de la Saint-Sylvestre, les autorités avaient levé le couvre-feu. Des bandes de jeunes, ivres de cette liberté nocturne retrouvée dont ils étaient sevrés depuis des mois, se tenant par le cou, déambulaient dans les rues, riant et chantant à tue-tête, à la recherche d’un chanté nwel  où couleraient à flots le shrubb à la peau d’orange et la liqueur de merise-maison amoureusement préparés pour l’occasion. Accompagnées de l’incontournable boudin créole, traditionnellement épicé, dont la force emportait la bouche, ces boissons alcoolisées, colorées d’ambre ou de carmin, servaient de prétexte à apaiser le feu du piment qu’au contraire elles attisaient.

Au lycée Sainte-Marie, séminaristes et lycéens s’étaient mis au diapason de la liturgie à venir. Comme à l’accoutumée, une immense crèche en papier rocher décorait le chœur de la chapelle, attendant l’arrivée d’un Enfant-Jésus blond en porcelaine, à demi-nu, les bras ouverts en offrande, rose-chair comme une poupée de kermesse. La chorale de son côté, sous la direction du Père Vacherand, répétait chaque soir les chants grégoriens de l’Avent et de la messe de minuit. Deverne qui en faisait partie aimait ces moments d’élévation mélodique qui lui emplissaient le cœur, le transportant dans une autre dimension, hors du temps, sur les sommets d’une psalmodie apaisante, indicible, presqu’irréelle. Ce qui ne l’empêchait pas de penser aux vacances prochaines et à la sortie programmée au Diamant avec Alfred et les deux filles du couvent Saint-Joseph….

Chanté Nwel aux Saintes décembre 2024- Ph; Raymond Joyeux

JOYEUX NOËL À TOUTES ET TOUS – BONNES FÊTES DE FIN D’ANNÉE

Avec mes remerciements pour votre fidélité
et mes vœux sincères pour 2025.

Posté par Raymond Joyeux
Le 24 décembre 2024

Publié dans Histoire locale, Littérature | 4 commentaires

L’aventure du petit banc de la plage du Fond-Curé

Sur le littoral de la baie du Fond-Curé à Terre-de-Haut, entre la Petite-Anse et le Morne Rouge, jadis ombragé de cocotiers et de calpatas tropicaux (cousin créole et déformation nominale du catalpa européen, mais pas exactement de la même branche ! ), il est un petit banc, assoupi sous un raisinier, que la plupart des Saintois (et quelques visiteurs privilégiés) connaissent bien ! Ce petit banc a une histoire que je voudrais vous conter ici.

Littoral du Fond-Curé bordé de cocotiers et de calpatas créoles en 1900

Parlons d’abord arbres :

1 – les cocotiers

Au milieu des années 90, je plante deux cocotiers, un de chaque côté de la petite maison que je fais construire à l’époque, pour remplacer ceux que j’ai toujours connus là dans mon enfance et à l’ombre desquels j’ai grandi. 

1993 : Plantation de mes premiers cocotiers devant la maison

Alors qu’ils ont atteint leur taille adulte, deux cyclones successifs, Luis et Marilyn des 10 et 14 septembre 1995 les couchent au sol si bien qu’après leur enlèvement, il ne reste plus aucun arbre debout sur cette portion de la plage. L’année suivante, j’en replante deux autres, mais de nouvelles intempéries les saccagent à leur tour.

1998 – Les deux nouveaux cocotiers en pleine croissance 3 ans après Luis et Marilyn
2006 – Déraciné par la houle et le vent

2 – Le raisinier bord de mer

C’est alors que mon ami Fernand Bélénus, merveilleux jardinier et défenseur inconditionnel de l’environnement, malheureusement décédé depuis, m’offre quatre petits plants de raisinier bord de mer (cocoloba uvifera) que je laisse grandir à l’abri des prédateurs, avant de me décider à les transplanter. 

La veille de cette transplantation, à Pâques 2007, je les sors de leur enclos afin de choisir le plus vigoureux, susceptible de s’enraciner rapidement et de croître paisiblement sous le soleil. Or, au matin de la mise en terre, je découvre (bizarrement sans étonnement !) qu’un individu – sans doute grand amoureux des arbres et profitant vaillamment de la nuit – a, très artistiquement, à la pointe de son canif, écorcé intégralement le tronc de trois d’entre eux, de la base des rameaux à la naissance des racines, les vouant immanquablement au dessèchement et à la mort. N’ayant sans doute pas eu le temps d’achever son œuvre criminelle, ou, au contraire, pris de remords, il m’en laisse, magnanime, un seul totalement intact dans son pot et sa terre de croissance.

C’est ce dernier, sauvé par miracle de la mort, que je plante dans le sable, prenant soin de le protéger de la lame meurtrière du simple d’esprit écorcheur. De mois en mois, ce raisinier prospère à la vitesse grand V, pour devenir, moins de 20 ans plus tard, le bel arbre que nous connaissons aujourd’hui, nous gratifiant de la fraîcheur de son ombre protectrice, particulièrement appréciée.

En plein essor, le 3 septembre 2017, 15 jours avant Maria (vous observerez la propreté de la plage !)

Installation du petit banc

L’idée du petit banc sous ce raisinier ne me vient pas tout de suite. C’est lorsque feu M. André Bonbon, mon voisin de l’autre côté de la rue, prend sa retraite de marin-pêcheur et qu’il vient s’asseoir tous les jours au soleil, sur un muret face à la mer, pour veiller sur son canot Trévis, que le projet s’impose à moi et voit le jour au début de l’an 2012. Voilà donc 12 ans, cette année 2024 que le petit banc est installé sous le raisinier, sans ancrage en béton… mais son histoire est loin d’être terminée.  

Septembre 2012, M. André Bonbon, premier utilisateur du petit banc

Initialement dédié, je l’ai dit, pour le préserver du soleil, à mon voisin pêcheur, inventeur de la drague à lambis et amoureux de son canot, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’il a été vite investi (et l’est toujours !) du matin au soir par les nombreux arpenteurs du littoral, baigneurs et baigneuses, de tous âges, arrivant les premiers, en quête d’ombre et d’une station de repos, mais aussi la nuit par des accros, à la bière et autres boissons alcoolisées, à la cigarette et à la Marie-Jeanne bien roulée. Histoire pour votre serviteur non seulement de bénéficier des effluves ad hoc mais de devoir débarrasser la plage au petit jour de déchets de toute nature : bouteilles, cannettes, timbales, mégots, déjections canines, restes de victuailles et de BBQ , en dépit des affiches réitérées invitant au respect et à la propreté des lieux, sachant que les services publics du nettoyage ont déserté depuis longtemps le secteur… et qu’il n’y a aucune poubelle à proximité le long de la plage.

Sans commentaire !

Néanmoins, puisque, selon l’adage, à toute chose malheur est bon, en plus des feuilles à ratisser quotidiennement et de « musiques » tonitruantes le week-end à vous rendre sourd, ces inconvénients sont compensés par le plaisir de rencontres inattendues… Comme celles, parmi d’autres, de l’écrivain Jean Clausel, du violoniste Olivier Darras, du chanteur Joyeux de Cocotier, de l’artiste Alain Joyeux, de groupes musicaux de passage, et de quelques visiteurs privilégiés, amoureux de poésie et d’histoire locale, tels Nadine et Éric, originaires de Lyon, occupants attitrés du petit banc durant leur séjour aux Saintes et devenus par la suite des amis.

Cela nous change agréablement du boum boum répétitif assourdissant des baffles mal réglés ouverts à toute

Le temps des avatars

1 – Décès de M. André Bonbon

Cependant, ce petit banc tranquille, à l’ombre bienveillante du raisinier, objet de toutes les convoitises, va subir bien des avatars. Il y a d’abord la disparition en 2015 de son principal attributaire, M. André Bonbon pour qui d’abord il a été construit. Triste opportunité pour moi d’apposer une plaque à son nom, comme témoignage de sa présence virtuelle et occasion pour ses filles de venir lui rendre hommage à chaque anniversaire de son décès, par un recueillement et un petit bouquet commémoratif. Merveilleux rituel de piété filiale, conférant à ce modeste lieu face à la mer un caractère quasi sacré.

2 – L’ouragan Maria

Puis le 18 septembre 2017, s’abat sur les Saintes l’ouragan Maria. On connaît les dégâts occasionnés par ce montre météorologique, et pas seulement sur la végétation. Dégâts et témoignages répertoriés par Marijoé Métayer dans son livre MARIA, les Saintois n’oublient pas *., illustré de nombreuses photos des désastres subis. Les Saintois, certes, s’en souviennent encore, mais si, comme certains le croient, les arbres aussi ont une mémoire, notre raisinier ne devrait pas échapper à la règle. D’autant plus qu’il porte encore, 7 ans après, les stigmates des blessures infligées par l’ouragan, Tout comme le petit banc, qu’il a fallu restaurer et, en fin de compte remplacer, tant il a été malmené.

* Éditions Negmawon, novembre 2018

Le lendemain de Maria -19 septembre 2017
Raisinier mis à bas, petit banc endommagé.,

L’après Maria

Après Maria, nous avons, mes amis riverains et moi, débarrassé la plage de ses déchets, remis le sable à niveau, élagué le raisinier et reconstruit un nouveau banc qui remplace aujourd’hui l’ancien, ayant conservé la plaque dédiée à M. André Bonbon. Tout est donc redevenu normal et rentré dans l’ordre !

Œuvre d’Alain Bocage, après le cyclone Maria.

Lieu de rencontres et de partage

S’il a perdu beaucoup de son lustre des premiers jours, le petit banc à l’ombre du raisinier, continue, vaille que vaille, après maints cyclones et raz de marées successifs, de vivre et d’accueillir nombre de visiteurs, parmi lesquels, avant l’arrivée des touristes, nos retraités matinaux du secteur : Michel Cassin, Louly Appolinaire, Édouard Hoff, Gaby Garçon, Yvon Samson, les frères Bocage, Philippe Lognos… et quelques autres parmi les plus assidus.

Nadine et Éric, janvier 2024

Lesquels, comme mes amis Nadine et Éric, en plus de profiter de l’ombre et d’une étape accueillante, bénéficient du cadre idyllique qu’est la baie du Fond-Curé. Regrettant que d’autres petits bancs sous d’autres raisiniers bord de mer ne soient pas installés pour le plaisir de tous, tout au long de ce rivage enchanteur, incomparable bijou et attrait touristique indéniable, trop souvent laissé à l’abandon… mais là est une autre histoire !

Texte et photographies Raymond Joyeux
Publié le vendredi 6 décembre 2024

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