Municipales 2020 : les candidats frappent à la porte…

20190905_073347 (1).jpgDécidément, hormis la liasse imposante de pubs, d’invitations et de factures habituelles, ma boîte aux lettres de Terre-de-Haut m’a réservé bien des surprises en ce début septembre 2019. Après deux mois d’absence, outre la lettre du maire à propos du 3ème prix obtenu par notre commune au concours télé du Village préféré des Français, lettre dont j’ai rendu compte par ailleurs, (voir la chronique précédente) voilà que m’atterrit sous les yeux la profession de foi d’un candidat inattendu, parmi d’autres, semble-t-il, aux municipales de 2020. La surprise passée et bien qu’ayant pris mes distances d’avec la politique, c’est avec une attention toute particulière et un grand intérêt que j’ai pris connaissance du texte de M. Engel Molinié, jeune professeur de physique-chimie, récemment nommé au Collège Archipel des Saintes. (1)
Au placard donc la sempiternelle bipolarisation de l’exercice électoral qui a prévalu chez nous jusqu’à ce jour. Avec à la clé un renouvellement potentiel de la classe dirigeante saintoise pour une alternance souhaitée et un changement radical, espérons-le, de nos mœurs politiques locales, corrompues, partisanes et inefficaces.

(1) – Le texte intégral de la déclaration de M. Molinié est publié sur le Facebook de l’intéressé

Une constatation lucide

Ce qui frappe d’abord chez M. Engel Molinié, c’est qu’il entre d’emblée dans le vif du sujet. Pas de salamalecs inutiles ni de périphrases alambiquées pour vanter ses mérites et se mettre en valeur, mais pour dire tout simplement que « depuis des années nous subissons des conflits politiques ». Une évidence qu’il résume en stigmatisant avec raison une « politique archaïque » qui « créé, précise-t-il, la méfiance et divisé les familles ». Comment ne pas être d’accord avec lui sur ce point ? Bien entendu, dans ce type de déclaration, on peut difficilement entrer dans des considérations qui alourdiraient le propos et rendraient inaudible la communication par des longueurs excessives. N’empêche qu’une analyse plus approfondie serait bien venue pour que l’électeur comprenne d’où viennent ces conflits, qui les provoquent et les entretiennent. Seraient-ils inhérents à la politique elle-même dont l’essence est d’opposer les candidats entre eux, ce qui génère nécessairement partisans et adversaires, mais qui, les élections passées, finissent, dans une démocratie normale, par s’oublier sinon se réconcilier ? Ou bien sont-ils liés aux individus dont l’indigence culturelle, la mentalité perverse et le comportement mal approprié défient les règles de la morale, des principes démocratiques et du respect de l’autre ?

Image babelio.com

Les exemples ne manquent pas en effet chez nous de ces conduites aberrantes distillant en permanence la haine et le mépris et que plus de 40 années consécutives de règne sans partage des mêmes et inamovibles dirigeants n’ont pas contribué à atténuer, encore moins à abolir. M. Engel Molinié est sans doute trop jeune pour se souvenir exactement de quoi nous parlons ici. Certains dans son entourage pourraient alors  lui rafraîchir la mémoire… peut-être même en musique et chansons ! Gardons-nous cependant de lui jeter trop vite la pierre. Nul n’est responsable des méfaits des autres, fussent-ils très proches, s’il n’y est pas personnellement associé. Et puisqu’il reconnaît, fustige et condamne avec courage ces agissements passés et souhaite pour l’avenir une « amélioration de la situation », laissons-lui le bénéfice favorable de la bonne foi et de la sincérité.

Un rappel des valeurs « traditionnelles »

Sans lier nécessairement pour ma part « le partage, le respect, la tolérance, la bonté et le courage » à la religion, comme le fait naïvement M. Engel Molinié, je ne peux que me réjouir de constater que ce futur candidat, reprend presque mot pour mot mes propres concepts, maintes fois exposés ici-même comme piliers d’une politique rénovée et fraternelle. Je le renvoie donc à mes écrits et propositions qu’il retrouvera facilement, s’il le souhaite, en naviguant sur ce blog.

https://raymondjoyeux.com/2018/03/26/actualite-politique-une-ere-nouvelle-pour-terre-de-haut/

À ce propos, ma seule réserve porterait sur l’adjectif « traditionnelles ». Si les vertus énoncées l’étaient tant que cela, traditionnelles, si elles étaient « inscrites dans notre façon de vivre », comme le prétend un peu facilement M. Engel Molinié, aurions-nous connu ces conflits et divisions qu’il pointe du doigt au début de sa déclaration ? Non, M. Molinié, les vertus que vous énumérez, si je ne doute pas que vous les pratiquiez assidument chez vous, elles ne sont pas toutes, ne vous en déplaise, inhérentes à notre mentalité saintoise. Loin de là, et vous le savez très bien. Sinon vous n’auriez pas souhaité qu’elles s’inscrivent dans la nouvelle pratique politique que vous préconisez. Je concède qu’il ne faille pas généraliser et connais nombre de nos compatriotes qui les revendiquent et les mettent en pratique, mais de là à prétendre qu’elles soient, comme le sens de l’accueil, inscrites dans notre façon de vivre, dans notre ADN en quelque sorte, c’est aller un peu vite en besogne. Permettez-moi de ne pas vous suivre sur ce terrain glissant pour ne pas dire démagogique.

Une condamnation sans appel du « monarchisme » municipal.

image wikipedia – maxicours.com

Un nouvel aveu courageux de la part de M. Engel Molinié s’exprime, dans sa déclaration, par la condamnation des pratiques récentes de nos dirigeants politiques. « Un maire ne peut plus diriger la commune comme un monarque. Ce temps est révolu », écrit-il. Voilà qui fait du bien à entendre. On s’étonne seulement que la lucidité dont fait preuve aujourd’hui M. Molinié n’ait pas influé sur les pratiques monarchiques instituées par ses amis alors au pouvoir à Terre-de-Haut, particulièrement au cours des 15 dernières années avant le vote du 17 mars 2018. Mais sans doute avait-il depuis longtemps pris ses distances avec eux, et qu’il a toujours réprouvé leurs turpitudes sans que nous le sachions. Ce qui constituerait non seulement une courageuse position de sa part, mais une première aux Saintes, tant famille et politique sont étroitement liées chez nous depuis la nuit des temps.

Plus de reconnaissance et de transparence

Enfonçant le clou de la bonne gouvernance, M. Engel Molinié préconise enfin la participation active aux affaires municipales de la population qui selon lui « ne veut plus subir la politique mais veut en être l’acteur principal ». Regrettant que « depuis des années nous sommes dépossédés de toute influence », M. Molinié revendique alors « plus de reconnaissance et de transparencec’est là, poursuit-il, une « exigence démocratique. »

image wikipedia- démocratie participative.gouv.fr

On ne peut être plus clair dans ses intentions et il serait mal venu de contester cette conception de la politique que beaucoup d’entre nous partageons sans restriction… et que surtout les autres candidats ne manqueront sans doute pas de reprendre à leur compte. Car qui, dans une déclaration préalable à toute candidature électorale, s’aviserait de dire le contraire ? Toute la question est de savoir si, parvenu au pouvoir, ce candidat, comme les autres, mettra en pratique la promesse faite d’instaurer enfin chez nous la démocratie participative, le dialogue et la transparence que depuis des lustres nous appelons nous-mêmes de nos vœux. Sur ce point, le passé politique calamiteusement ankylosé de notre île est loin de nous rassurer…

Un appel à l’union et à l’humilité

N’empêche qu’il est extrêmement agréable et réconfortant, en dépit des réserves exprimées d’entendre ce langage qui contraste étrangement avec des pratiques pas si lointaines qui ont plongé notre commune dans le gouffre moral et financier que nous connaissons. Le grand mérite de M. Engel Molinié c’est en définitive d’avoir eu le courage de condamner avec force et lucidité, sans aucun état d’âme, ces pratiques d’un autre âge et de préconiser pour l’avenir une gouvernance municipale basée sur l’union et la réconciliation, afin, dit-il, en conclusion de sa déclaration, que « chacun d’entre nous apporte sa pierre à l’édifice pour que Terre-de-Haut vive ! ». Puisse-t-il être entendu, en toute « humilité », comme il le souhaite, bien sûr… Cela va de soi !

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Une place très convoitée – Photo Facebook Mairie de Terre-de-Haut

                                                                          Raymond Joyeux  

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