La chronique du jardinier – séquence 4

10 jours de rêve en juillet :

Euphorie

Mardi 1er juillet

Levé 6h30. Ciel bleu sans un souffle. 28° dans la cuisine. Je profite de la relative fraîcheur matinale pour arroser le potager en prévision de la canicule et prépare la plate-bande pour les 10 nouveaux pieds de laitues diverses achetés au marché de Marcigny. Ce sera pour ce soir à la tombée du jour.
Cueillette d’une belle courgette et d’une salade que je nettoie à l’eau vinaigrée sans plus attendre. Une nouvelle journée chaude en perspective.

À 13h, impossible de rester dehors. Confiné à la maison qui a gardé un peu de fraîcheur, j’installe une moustiquaire au vélux de la salle de bain.
Vingt heures, mise en terre comme prévu des salades de Marcigny + arrosage. Ch revenue de Montceau est dans son Spa. Nous dînons à l’intérieur. Le champ en face de la cuisine a été fauché et le foin retourné. 

Mercredi 2 juillet

Encore une journée prévue chaude et ensoleillée. Qui s’en plaindra ? La température est à 28 dans la cuisine. Fenêtre ouverte + moustiquaire. Un courant d’air chaud traverse la maison de part en part. Ce qui n’arrive qu’une ou deux fois dans l’année. J’ouvre également toutes les fenêtres de l’étage.
Dès 7h arrosage du potager. Je protège les jeunes plants de salades avec des cartons. Les blettes, enfouies sous des ombrelles d’aneth, sont presque prêtes à être cueillies et les haricots grossissent à vue d’œil. Pas de courgettes ce matin.


Arrosage potager vers 20h. L’air s’est un peu rafraîchi.
Volets fermés, nous laissons les fenêtres intérieures ouvertes pour la nuit. 

Jeudi 3 juillet

Levé 6h. Personne n’est venu forcer les volets et la maison a retrouvé de la fraîcheur. La température semble vouloir se normaliser : 20 degrés ce matin à l’extérieur. Temps très agréable. Comme hier, j’ouvre en grand les fenêtres. Pas d’arrosage. Une belle courgette récupérée…
Entre Versaugues et Paray, la route est jalonnée de champs moissonnés.

Décorés aux bordures de quelques guirlandes d’herbes folles, les prés rasés de près sont des nappes d’or à ciel ouvert. Je pense au livre de mon collègue Ernest Pépin sur son enfance en Guadeloupe, Coulée d’or, et voudrais que l’été se perpétue ainsi jusqu’en octobre : soleil, chaleur, journées longues et calmes, un rêve. Mais bientôt peut-être une ondée nocturne bienvenue transformera le paysage jaune d’œuf en mer d’émeraude et les jours doucement continueront à diminuer. 

13 h apéro sur le deck. Assaillis de mouches et de guêpes, nous rentrons déjeuner à l’intérieur alors que mon neveu Bruno, descendu de Paris, nous fait la belle surprise d’arriver juste pour se mettre à table avant de repartir pour Montpellier vers 16h30. Belle journée trop courte en très agréable compagnie.


20h, j’arrose le potager en attendant demain. Mes nouveaux appareils fonctionnent parfaitement. J’entends parfaitement la musique du clignotant de la voiture et, pour en profiter, le laisse fonctionner jusqu’au prochain embranchement !  

Vendredi 4 juillet

Levé 6h avec le soleil. Agréable fraîcheur matinale. RAS au potager. Je cueille une nouvelle courgette. Arrose les suspensions de Ch. en attendant qu’elle se lève…
9 h, retour au jardin : élagage des feuilles de tomate inutiles, pose d’un film anti-herbe aux pieds des premières plantations. La chaleur monte. Bruno a posté les photos de son passage à Versaugues sur la Grande Famille.

Après le potager, je m’occupe du tamaris : enlève tous les rejets au pied du tronc. Matériel utilisé : taille-haie, cisaille, élagueur, disque de débroussailleuse… Un vrai déballage d’outils pour si peu de travail.
Après-midi, nous filons aux courses à Paray. Arrosage. Puis bain au SPA avec spritz. Carpe diem.        

Samedi 5 juillet

Lever 6h30. Fenêtres fermées, la maison est restée chaude alors que dehors, la fraîcheur vous revigore. Premier arrosage de la journée et cueillette d’une nouvelle courgette. Selon certains, cette année sera décevante en tomates. Les pieds végètent, fleurissent mais peu d’éclosion de fruits. Sans doute les effets de la canicule persistante de ces derniers jours. Je le constate également et me console avec les courgettes, les salades, et bientôt les haricots.


Montage à la maison, à l’abri du soleil, du dernier élément des structures extérieures du Spa. Arrivée d’Éliane avec 10Kg d’abricots. Aussi sucrés qu’il y a 3 ans ! 
17h je me mets en tenue de travail. 
Élagage au taille-haie des deux buissons près du Spa. À terminer ultérieurement. Le ciel se couvre.

Dimanche 6 juillet

Matinée sans rien de spécial. Nous nous préparons à partir à Orches chez des amis. La chaleur semble avoir abandonné la partie. Il fait 16° au thermomètre. Une petite pluie serait bienvenue. Amical repas avec une quinzaine de convives dont les Fernandez reçus aux Saintes et les Moissenet viticulteurs réputés de Pommard. Petite ondée en fin de journée. Les hommes s’amusent sous un auvent à tirer à la carabine tandis que les femmes papotent à l’intérieur. Retour 20 h à Versaugues. Reçu texte M-S Dionne sur Dromadaire.

Lundi 7 juillet

Lever 8h. Le ciel est gris mais la pluie espérée cette nuit a fait faux bond. La terre n’est pas davantage mouillée que les plumes de l’oie au sortir de la mare ! Il faudra encore arroser même si l’effet est loin d’être le même. Les plantes savent ce qui leur convient le mieux. Première cueillette de haricots. Plantation 15 mai, récolte 7 juillet : 50 jours de patience et de soins..

Entre 11h et midi, alors que je m’apprête à me remettre au travail, voilà qu’une fifine de pluie et la fraîcheur revenue me rappellent que nous sommes en France et non sous les tropiques, car le petit vent est presque glacial. Je mets de l’ordre à l’étable

Mardi 8 juillet

7h30 : récupération d’Alex et Anne à la gare de Paray.
Le cycle des repas végé et cocktails maison 
commence qui n’est pas pour nous déplaire…
Le vent assez fort oblige à replier le toit de toile du deck et du parasol et à renforcer l’attache des tomates. Je m’affaire au potager toute la matinée.
Après-midi courses Paray, je reste à la maison et publie la troisième séquence du jardinier. Pierrette m’apprend le décès de Toto Hoff. Alain m’envoie une série de photos en N et B. J’apprends également le décès d’Auguste Bartoche 86 ans. J’adresse condoléances aux familles sur le site de la mairie.

Bois du Neubourg. Ph R.Joyeux

Mercredi 9 juillet

Nous préparons notre départ pour le pique-nique avec François au Rond Neubourg à la Motte Saint-Jean. Très beau temps.Sympathique repas tiré du sac en forêt. Après quoi nous organisons une partie de Molky puis une petite marche d’une demi-heure : 1km 200. Visite de la nouvelle maison de François retour Versaugues vers 20 h. Surprise, Alex a colorisé les photos NB envoyées par Alain et imprimé un aménagement du salon par Chat GPT. 21h match PSG-Réal (4/0 pour PSG). Super repas végé préparé par Anne accompagné d’un cocktail d’Alex.

Jeudi 10 juillet

12 degrés à 7h. 24 dans la maison. Sans vent. De 10 à 11 je commence le désherbage des poireaux après arrosage. Les mauvaises herbes ont pris de l’essor dans une terre archi sèche. Difficile à déraciner malgré l’arrosage. Il reste les ¾ du parterre à terminer après une heure de travail.
16h nous descendons à Paray pour un moment de détente : glaces + Librairie. J’achète un petit livre : Sur l’île d’Elisabeth O’Connor.

« Elle me raconte qu’elle rêvait d’un endroit sauvage, où les gens sont comme des fleurs des champs. Il faudrait que je lui dise qu’au printemps, quand on récupère la laine des moutons pour la filer, des brins flottent dans l’air comme des ailes de fées. »

21h : Repas à l’intérieur après un délassement au Spa.
Journée chaude et splendide avec grand soleil.

Me réjouissant du beau temps

Au moment où je suis las d’entendre
la tourterelle annoncer la pluie,
soudain j’entends les pies
jacasser du beau temps
le chemin est dégagé, l’eau s’est évacuée
j’ouvre un livre et me réjouis
devant la fenêtre lumineuse
le soleil filtre à travers les ombres éparses
sur le store
le vent apporte le son de la corne du crépuscule
les enfants se bousculent pour me dire
qu’au portail il y a le marchand
de cerises rouges.


Lu Yu (1125-1210)

Crépuscule à Versaugues. Photo Raymond Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
le dimanche 27 juillet 2025

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La mangue dans tous ses états

Mon ami Jean Sahaï* ne m’en voudra certainement pas de partager ici, sans son autorisation, ce succulent – et très instructif – article sur les vertus multiples de la mangue posté sur sa page Facebook. Qu’il soit remercié pour cet emprunt, relayé par Alain Joyeux, artiste peintre bien connu à Terre-de-Haut.

* Pour en savoir plus sur l’auteur de cet article, cliquez sur son nom en rouge, en bas de la page.

VIV MANGO !
MANGO SÉ POU KOCHON !

Konkou a manjé-mango, gastronomie, jeux, sculpture de fruits et légumes… etc. étaient au programme de la Fête de la Mangue qui a lieu depuis mars chaque année, tout partout dans l’Inde. A Mumbaï (ex-Bombay), les amoureux de la mango ont pu en savourer des centaines de variétés, et des spécialités à base du fameux fruit doré : jus, lassi, gelées, confitures, punchs, sorbets, chutneys, sorbets, remèdes… etc. et assister à tout un programme de manifestations culturelles à son entour. Chez nous, (aux Antilles NDLR), la franco-faune créole, on entend plutôt dire comme ça que ‘fwiyapen é mango sé pou kochon’…

La source de ce rejet est due à l’acculturation. En effet, un certain Couverchel ne note-t-il pas dans son ‘Traité des fruits’ dès le XVIIè siècle, que « la mangue y est fort estimée des Indigènes ; mais son goût résineux, qui rappelle celui de la térébenthine, répugne assez généralement aux Européens… »

Et donc l’indigène civilisé, pommé, poudré, décrêpé et cidré a fini par cracher sur ce cadeau de la Nature qu’il aimait. Sinon pour se limiter aux Julie sans fibre, et à quelques mango-pom bien ron-rondes.

Or la mango est considérée chez nos ancêtres indiens comme sacrée, elle est symbole de joie de vivre, de vitalité romantique, et de variété.

Le mot mango vient du Tamoul mang-gay, transformé par les Portugais en manga. L’arrivée du fruit est saluée chaque année avec enthousiasme dans les familles asiatiques.

On l’achète avec vénération en cageots où chaque fruit est soigneusement enveloppé dans du papier journal, pour les amener au foyer qui leur fait aussitôt la fête!

La Fête de la Mangue, chaque mois de Mars en Inde, prend maintenant une dimension internationale, à mesure qu’Européens et Américains, lassés comme vous et moi du sempiternel parti PPR – la triade pomme/poire/raisin – découvrent les fruits gorgés de senteurs de nos latitudes.

Les exportations de mango du sous-continent indien, du Mexique, de la République Dominicaine, du Vénézuela, du Brésil (et de chez nous – mais non, que non…!) atteignent des sommets.

Ayurvédique

Il faut savoir qu’il existe près de mille variétés de mangues! Nous avons les mango pom (sic), fil, tine, thérébenthine, takté, mousach, reine Amélie, bœuf… Mais Alphonso, Kesar, Banganpalli, Totapari, Safeda, Neela Fazli, Mallika, Dusheri, Malda, Amrapali… sont d’autres jolis noms de variétés populaires de ce fruit vénéré des Indiens. Avec plus que délice ET raison, car leur sage connaissance ayurvédique n’a pas attendu la science du rapace, pour savoir que l’écorce, les feuilles, la peau, et même le noyau de la mango, ont de bénéfiques propriétés.

Ces vertus étaient depuis des temps immémoriaux précisées dans les Vedas et les Upanishads.

Si on en croit l’écrivain Michel Coquet, dans un village de l’Inde, un vieux manguier âgé de plus de 3.500 ans est considéré comme l’incarnation des quatre Védas (ou sources de la connaissance classique indienne).

L’arbre, qui symbolise le Sanathana Dharma (la voie juste), possède quatre énormes branches dont les fruits on quatre goûts différents, et dont les feuilles ont une texture également différente, selon la branche où elles se trouvent.

D’après la croyance populaire, les femmes atteintes de stérilité doivent manger un fruit de ce pied-mango pour avoir la chance d’avoir un enfant.

Pli i vet, pli i ka ba’w si ! (Plus il est vert, plus il te donne ceci)
Pli i mi, pli i ka ba’w sa ! (Plus il est mûr, plus il te donne cela)

La mangue (Mangifera indica en latin) est l’un des fruits les plus riches en carotène, ou pro-vitamine A. Le taux de carotène de la mangue (3 mg/100 g), est supérieur à celui du melon ou de l’abricot, les deux fruits de l’ami « métro » considérés comme les plus riches en pro-vitamine A. Et ce taux augmente avec le degré de maturation du fruit :

Pli i mi, pli i ka ba’w vitamin A ! (Plus il est mûr, plus il te donne de la vitamine A)

Par son action préventive, nous disent les recherches de l’INRA et autres instituts, la mango lutte efficacement contre le vieillissement cellulaire prématuré, et aide à prévenir l’athérosclérose.

La mangue verte, source de bonne acidité pour la cuisine, est également bien pourvue en acide ascorbique ou vitamine C: 44 mg / 100 g, soit un taux comparable à celui des agrumes prônés par nos diseurs d’euro-science (pamplemousse, orange ou mandarine).

Mon feu père René Samson Sahaï ne mangeait pas de mango sans passer ensuite la peau sur son cou et sa figure en mouvements remontants, avec un aaaAaah de ravissement.

Contrairement à ce qui se passe pour la provitamine A, le taux de vitamine C de la mango décroît quand le fruit mûrit: pli i vét, pli i ka ba’w vitamin C !

Les substances aromatiques et odoriférantes du fruit descendu des contreforts de l’Himalaya sont abondantes, complexes. Fout sa bon douvan né, é andidan bouch ! (Que c’est bon au nez et dans la bouche !)

Ces subtiles substances embaumantes appartiennent aux groupes des aldéhydes, des esters et des alcools-esters volatiles, et atteignent leur top lorsque le fruit est à pleine maturité. Elles confèrent à la mango sa saveur typée, si de chez nous.

Attristant donc, que ce fruit-pays béni soit traité avec si peu de consideration par tant de nos congénères, et même des plus instruits (c’est à dire idiotisés) qui préfèrent donner leurs suffrages au PPR.

Faits maison ou emmenés de Trinidad & Tobago, les chutney de mango sont le condiment estimé du fin connaisseur, pas celui qui s’engorge de jambon-fromage-mayo-ketchup et autres indigestes exigibles de l’import…

Mais pa pè ! (Mais n’aie pas peur). Te fais pas de bile !…

Comme il y va du fonctionnement chez nos cerveaux-lavés, lorsque la mangue, puis la sapotille, la pomme(sic)-cannelle, la grenade, le cachiman, la carambole, la pomme(sic)-liane, le monbin, le tamarin, les surettes, surelles, acerola, mini-mini-bananes et autres gâteries quénettes de mère Nature auront disparu ici-dans – ces trésors auront trouvé leurs lettres de noblesse à Paris, Tokyo et New-York.

Grâce aux milliers de tonnes de ces fruits qui seront importés du Brésil et d’Asie par la jet-set du G8, nous comprendrons enfin que c’est c’est-ce qui était tan nou, nous réaliserons comment une certaine éducation (édu-castration) nous a, par omission et substitution, aliéné l’esprit et colonisé l’estomac, de l’école à l’université.

Nous cesserons, faut croire, de couper nos derniers pyé-fwi (arbres fruitiers) centenaires pour poser béton, de laisser pourrir fruits d’or au pied des pieds, et faire des ti moun des pom-pom kids aseptisés qui ne savent plus ablutionner mains et figure de bon nectar…

En nattant dents, sirotez un jus de mangue – hélas en pot, jusque d’Asie.Ou un bon lassi mango-péyi, facile à faire: mixez la pulpe ek yaourt liquide et glace pilée, zeste de citron vert, sucre, pointe de muscade ou cardamone.

Emmenez au bureau, dans un thermos chinois idéo-grammé Bonheur!

Lanné tala / lanné la sa, lézom é lé gazel,
Annou f’té bon mango tout kalté an kò an nou !
(Cette année-ci, hommes et gazelles,
allons nous gaver de toute sorte de mangues )

Viv mango !

PS : Traduction (approximative) des passages en créole : Raymond Joyeux

Mangifera indica, mangues 
Tableau de Jean Claude Legagneur. 
© Galerie Nader 

Jean S. Sahaï

Publié par Raymond Joyeux
Le mardi 15 juillet 2025

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Tristesse au sein de la communauté saintoise : deux décès simultanés à Terre-de-Haut

Après les disparitions du mois dernier, la communauté saintoise est à nouveau sous le choc en ce début juillet 2025. Gaston Hoff et Auguste Bartoche, deux personnalités connues et appréciées aux Saintes et au-delà sont en effet décédées pratiquement le même jour, plongeant les familles et la population de notre archipel dans l’émotion et la tristesse.

Les mots dans ces circonstances douloureuses étant difficiles à trouver, je me permets de partager pour Toto le magnifique hommage que la Compagnie de Transport Maritime Déher (CTM) lui a rendu, et pour Auguste Bartoche, le témoignage amical de Joyeux de Cocotier, publiés sur leur site Facebook respectif.

Hommage de la CTM Déher à Toto Hoff

Les mots ne suffiront pas à témoigner toute la reconnaissance et tout le respect de la CTM DEHER à Mr HOFF Gaston, Toto pour beaucoup d’entre nous .

Cet homme a tout simplement porté cette entreprise au creux de ses mains, au fond de son Cœur …

Son engagement sans retenu allait bien au delà des responsabilités professionnelles de Capitaine ,

Sa Loyauté exceptionnelle et Son intégrité sont le fondement et les valeurs de notre entreprise ,

Sa vision du transport Maritime,

Ses compétences et ses conseils ont fait de la CTM DEHER ce qu’elle est aujourd’hui !

Sa bienveillante autorité envers ses collègues a été une véritable leçon de courage, de ténacité et de motivation afin de faire grandir tous ceux qui travaillaient à ses côtés .

Nous garderons son sourire et la force de ses convictions au plus profond de nous et nous nous en inspirerons chaque jour .

A sa femme Nadine, à ses enfants , Anthony, Teddy et Elsy , à l’ensemble de sa famille , la CTM DEHER présente ses plus sincères condoléances.

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Hommage de Joyeux de Cocotier à Auguste Bartoche

Je viens d’apprendre le décès d’une légende saintoise Auguste Bartoche, dit Ti-Gus. Je suis triste de cette mauvaise nouvelle.

Ti-Gus c’était une idole pour nous Saintois et Saintoises, un champion de natation dans les années 70-80. Il gagnait presque toutes les courses avec ses amis Gilbert Samson et Géo Petit… À l’époque, la natation’était le sport qu’on appréciait le plus dans mon île.

Ti-Gus battait tous les reccords. À Terre-de-Haut c’était notre héros. Je me souviens de sa plus belle victoire lors d’une course de fond Basse-Terre/Vieux-Fort. Il était très fort ce jour-là. Si ma mémoire est bonne je crois qu’il avait remporté cette course avec panache et était devenu un dieu pour le tout le monde à Terre-de-Haut.

Aujourd’hui son décès nous a brisé le moral. Marin-pêcheur, il avait épousé une guadeloupéene, Lucie, qui était institutrice à Terre-de-Haut. Depuis sa retraite, il vivait en Guadeloupe. Auguste avait 86 ans.

Condoléances à sa famille et au peuple des Saintes. Une légende, homme qui fut des Saintes et de la mer, qu’il repose en paix.

*****

En remerciant la CTM Déher et Joyeux de Cocotier pour leur contribution à cette chronique nécrologique, je présente mes sincères condoléances aux proches, parents et familles éprouvés de ces deux compatriotes aujourd’hui disparus et les assure de toute ma sympathie.

Publié par Raymond Joyeux
le vendredi 11 juillet 2025

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La chronique du jardinier – séquence 3

Derniers jours de juin

Samedi 21

C’EST L’ÉTÉ. Le jour le plus long de l’année. Grand soleil. 

Anzy-le Duc- Photo. Ch Joyeux

Je ne peux que remercier les dieux de l’Olympe, plus que bienveillants, Zeus et Ouranos réunis, pour cette semaine exceptionnellement ensoleillée, pour le ciel étoilé sans la pollution des villes, pour les jours à venir où l’on nous promet encore du beau temps.

À 7h 30, grande satisfaction : je cueille une belle salade et 4 courgettes à point pour une ratatouille de première. 40 jours de patience et de soins. Joie déliée dans les hauteurs du ciel. 
Bouquet de roses, de boutons d’or et de coquelicots. C’est la fête des fleurs et de la musique.
Nous sommes dehors dès 8h. Ajustement, fin de montage du SPA et mise en eau. À 15h, plein cagnard. Il fait 25 dans la maison, 36 au dehors.

Dimanche 22

Très beau temps. 11h, départ pour Mars, petit village près de Charlieu, chez d’anciens élèves. Repas gargantuesque de charcuterie et de salade + pizza et œufs mayo… jusqu’à 19 h. On se montre des photos des classes du collège de l’époque où nous étions profs. J’ai oublié ma casquette. Retour à Versaugues nous dégustons une bière, faisons le tour du jardin et cueillons une belle salade pour les amis. À 22h, gros orage à l’horizon. Ciel menaçant. Je filme en vidéo les éclairs impressionnants du côté de Paray. Mais pas encore de pluie.

L’orage menace – Photo Raymond Joyeux

Lundi 23

Lever 7 h. L’orage d’hier soir a fait long feu ! Petite fraîcheur très agréable au matin.  Ciel couvert. Sans pluie. Arrosage. Les haricots fleurissent. Cueillette de deux nouvelles super courgettes. 
13h, apéro autour du Spa. Dîner à l’intérieur à 21h.

Rangs de haricots en fleur. Photo Raymond Joyeux

Mardi 24

Grand soleil. J’en profite pour commencer à débroussailler la parcelle derrière les petits bâtiments. Fil coupé à plusieurs reprises. J’installe la lame qui fauche à ras du sol chiendents et orties mais sans déchiqueter l’herbe. Donc passage au fil obligatoire après cette première coupe. Et ratissage pour rassembler le foin…
19h,  premier bain au SPA. L’eau est à 26 degrés, un peu trop fraîche pour certains et premier vrai repas sur le deck depuis notre arrivée. Pas un insecte importun autour de la table. Sans doute abasourdies par la canicule, les guêpes préfèrent la clim de leur refuge alvéolé. Beau ciel coloré à l’ouest. 

Photo Raymond Joyeux
Le deck et so Spa – Photo Raymond Joyeux

Mercredi 25

Dès le réveil, sous le soleil, petits exercices matinaux : remonter 10 seaux d’eau du puits pour arrosage, attacher les tomates, ratisser l’herbe derrière le pêcher, arrimer la vigne qui grimpe partout, … Avec Alain, nous installons le parasol livré ce matin. L’orage est annoncé mais nous dînons d’huitres sur le deck jusqu’à 21h. Bain au SPA puis rentrons tout ce qui risque de s’envoler car le ciel se couvre à nouveau sérieusement et les éclairs zèbrent le ciel… pour presque rien sinon plusieurs coupures de courant à 23h qui obligent à baisser le compteur jusqu’au matin… Four bousillé l’an dernier à cause d’un orage et une journée entière sans courant électrique !

Jeudi 26

Réveil 6h. Précautionneusement, j’actionne le disjoncteur. Miracle, tout s’allume… Vérification potager : peu de dégâts, quelques branchettes du saule au sol, les poirées penchées, à redresser, sinon rien de spécial, les tomates sont debout… mais beaucoup de petites poires dans l’herbe.

Parterre de blettes – redressées après l’orage – Photo Raymond Joyeux

10h : travail au potager : je m’occupe des poirées-blettes et vérifie l’attache des tomates. Désherbage poireaux et carottes côté courgettes. Installation supports pour les courges + arrosage. La petite pluie d’hier soir n’était que superficielle. À peine plus qu’un pipi de moineau. Désherbage des tomates. Très belle journée d’été, nous déjeunons et dînons sur le deck. Il a fait grand soleil du lever au coucher, sans vent. Temps hyper calme. Nous nous ébouillantons dans le SPA à 32°.

Vendredi 27

Arrosage dès le lever à 7h.  L’herbe est rase et sèche, sans rosée. Le soleil s’est mis sur son 31 avant les grandes chaleurs. Pas un pouce de vent. C’est le bonheur à la campagne. 

10h, suite débroussaillage coté appentis. Je déplace les poteaux téléphoniques au sol pour délimiter une nouvelle parcelle à bêcher pour l’an prochain ! En attendant, nous montons le parasol à une nouvelle place. L’ombre englobe désormais tout le SPA.
Repas midi à l’intérieur. Miracle au potager : les premiers minuscules haricots émergent de leurs fleurs. Semés le 15 mai, soit 43 jours de gestation…
Après-midi : je continue mon travail de débroussaillage côté bouchure Deverchère-Naulin.

Courgettes et nouvelle parcelle à venir -Photo Raymond Joyeux

Nous activons le Spa et c’est le bain réconfortant avec bulles à 33°. Bain également bien venu pour le potager que j’arrose copieusement.
Dîner sur le Deck avec Alain. Beau ciel au couchant.
Marie-Sylvie Dionne a reçu mon livre posté le 16, soit 12 jours de périple jusqu’à Montréal. J’attends ses commentaires…

Samedi 28

Film anti-herbe – Photo Raymond Joyeux

Lever 7h avec ciel bleu et grand soleil, alors que les jours imperceptiblement diminuent. L’herbe est un peu plus humide ce matin et la petite fraîcheur agréable. Je visite le potager et donne deux arrosoirs aux courgettes après en avoir cueilli une belle, sans défaut. Tout est calme. C’est ainsi que j’ai toujours imaginé les journées d’été. 9h, je suis au jardin. Pour éviter la repousse de l’herbe, j’installe deux bandes de film aux pieds des tomates puis désherbe l’autre parterre. La chaleur monte peu à peu et, avant le pic, entre cuisine et haie, je manœuvre la tondeuse de Sam qui démarre au quart de tour, dès la première lancée.
Afin de déjeuner au plus frais et tromper l’avancée latérale du soleil, avec Alain nous installons face au pré le petit triangle de toile entre deux supports du toit du deck.

Après-midi : repos. Difficile de jardiner dans un four ! Fenêtre ouverte, il fait 30 degrés dans la cuisine. Température jamais atteinte à ce jour dans cette pièce orientée plein nord, généralement la plus froide de la maison. Attendons 19 heures pour nous aventurer au dehors et donner à boire au potager, avant le départ pour St Yan chez Éliane, JB et Bernard. Dégustation en papillote de féras pêchées par JB au lac Léman. Retour 1h30 du matin sous un ciel superbement étoilé.

Dimanche 29

Lever tardif : pour une fois 9h 30… avec toujours beau soleil au rendez-vous.. Bouquet de roses et boutons d’or. Je cueille une nouvelle courgette et rafraîchis les pieds à l’arrosoir. Pour le potager, ce sera à la tombée de la nuit ou du jour, c’est selon…

Midi, au Spa, l’eau est plus fraîche que précédemment. Nous déjeunons sur le deck, bien protégés du soleil. Après-midi, je rabote le bas de la porte de la cuisine qui gonfle l’hiver, râpe le sol et entrave la manœuvre des charnières.

La grande chaleur est toujours présente qui ratatine les feuilles des courgettes. Je sors le parasol de Simon pour réparation ultérieure…
Nous nous baignons dans notre mini-piscine à une eau à 30 degrés et déjeunons à 21h de salade et de beignets de nos courgettes, recette grecque. PSG bat Miami 4/0. Coucher 23 h avec ventilo…

Lundi 30

Quelle joie à 7 heures du matin d’ouvrir les fenêtres de la cuisine et de l’ancienne laiterie devenue bureau, deux fenêtres cadenassées tout l’hiver ! Soleil et chaleur pénètrent dans la maison chassant habituelle froidure et humidité. Ce n’est pas moi qui me plaindrai.

Cette année, nous sommes envahis de fourmis bien plus que les années précédentes. À ce jour, aucun produit n’est efficace. J’ai testé le bicarbonate mélangé à du sucre, nada. Elles sont toujours là, plus actives que jamais dans la cuisine et sur les tablettes des fenêtres. Chaque année apporte son lot d’inconvénients : une année mouches, l’autre fourmis, la troisième guêpes et frelons. Quelquefois les quatre ensemble !

Petits bonheurs pas toujours appréciés de la campagne ! En fin de compte c’est l’Écogel Novar seringue réparti en ligne sur le plan de travail qui nous en débarrasse. Les fourmis s’y agglutinent, s’empoissonnent et meurent où elles se sont mises à table ! La gourmandise en quelque sorte les a tuées ! Arrosage intensif au potager… À huit heures du matin, le soleil est déjà haut.

11h, à Marcigny, achat de 10 pieds de salades à repiquer. Nous déjeunons à l’intérieur, délogés par la chaleur. Mais le soir retour au deck, avec 3 lièvres gambadant en face dans le pré voisin.

Calme plat. L’odeur du foin coupé nous grise presque… Nous ne sommes pas aux Saintes face à la mer. Les palabres incessants des oisifs sous le raisinier, tout comme le bruyant défilé des touristes sans gêne, clope au bec et mégots dans le sable, ne nous manquent pas ! Rien ne vaut le silence apaisant des lièvres un soir d’été à la campagne.

3 lièvres en vadrouille face au deck : trouvez-les !

*****

Un plat de légumes taoïste

Le chou vert et le poireau depuis les temps anciens
sont considérés comme d’excellents légumes…

Vieux paysan, de mes propres mains je défriche le potager
la terre est comme de la glaise, l’eau comme du lait
quand on dépend de ça afin de pourvoir aux besoins de la famille,
inutile d’aller chercher ailleurs


en manteau de paille je ne crains pas
de sortir dans le brouillard et sous la pluie

dans l’âtre creusé à même le sol j’ai allumé le feu
monte le parfum des légumes en train de cuire

si le bout de ma langue n’en a pas encore profité,
mon nez déjà s’en délecte.


Lu Yu, poète chinois

(1125-1210)

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Publié par Raymond Joyeux,
le mardi 8 juillet 2025

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Tour de Guadeloupe en voile traditionnelle

C’est ce jeudi 3 juillet qu’a été disputé le prologue du tour de la Guadeloupe en voile traditionnelle.

À cette occasion je vous communique le reportage de Guadeloupe la 1ère sur le sujet qui donne la parole à notre compatriote Alain Foy, constructeur de saintoises, bien connu à Terre-de-Haut et dans le milieu de la voile traditionnelle guadeloupéenne.

Nous remercions l’auteur, Josiane Champion, de permettre aimablement le partage de son article daté du 2 juillet 2025.

Archives Raymond Joyeux

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.J-1 avant le Traditour 2025 : le canot saintois selon Alain Foy

22 des 39 canots qui s’aligneront sur la plage de Portsmouth, le 3 juillet, pour le départ du Traditour 2025, sont signés Alain Foy. Le constructeur, qui se veut le gardien d’un savoir-faire ancestral autour de la saintoise traditionnelle, en est à sa 61ème création. Et chaque nouveau canot issu du chantier de Terre-de-Haut comporte sa touche d’innovation.

Sur la plage de Marigot, à Terre-de-Haut, dans l’archipel des Saintes, se trouve l’atelier de charpenterie marine d’Alain Foy. Moins d’une semaine avant le départ du Traditour 2025, l’artisan terminait le ponçage d’un mât, fabriqué en quatre jours, à la demande d’un concurrent de la flotte, basé à Morne-à-l’Eau.

La « révolution » des mâts en lamellé-collé

« Depuis l’an dernier, la « Classe des canots saintois de voile traditionnelle de Guadeloupe », autorise, dans ses règles de jauge, les mâts en lamellé-collé », explique Alain Foy.

Avant, pour fabriquer des mâts, on coupait des arbres en forêt, ce qui était embêtant, parce que souvent, les bûcherons abattaient au moins huit arbres pour en trouver un bon. L’intérêt du lamellé-collé, c’est qu’au lieu d’avoir un seul arbre qui constitue le mât, tu peux le monter toi-même à partir de planches différentes, coupées en morceaux que tu colles. Tu peux ainsi donner la forme que tu veux au mât. C’est beaucoup plus solide, car il n’y a pas de tension, de courbe dans le vent.Alain Foy, charpentier marine, constructeur de canots saintois

« Cela a amélioré énormément la voile traditionnelle. Aujourd’hui, on voit clairement la différence entre les nouveaux canots équipés de ces mâts-là et les anciens. Le progrès continue ! », se réjouit le constructeur.

Alain Foy a testé dans un premier temps le lamellé-collé en utilisant du bois d’acajou blanc. « Léger, mais trop flexible ». Il fabrique aujourd’hui ses mâts à partir de pin commandé au Canada.

Réglage sur mesure

Si la hauteur (7,25m) et le diamètre du mât (11 cm minimum) sont réglementés, la jauge du canot saintois en revanche n’impose pas un poids minimum.

Certains des mâts que j’ai fabriqués pèsent 22 kg ; d’autres 18kg. Je mets toutes les planches dehors sur des tôles et c’est comme dans un four. Quand je vais utiliser le bois, ainsi étuvé, une planche qui pesait par exemple 8 kilos sera descendue à 5 kg !Alain Foy, charpentier marine

Et pas question pour Alain Foy, de livrer un mât sans l’avoir réglé lui-même sur le canot. « Souvent, les gens demandent un mât et l’installent n’importe comme dans le bateau, et ne comprennent pas pourquoi ça ne marche pas. Moi je fais jouer ma responsabilité en indiquant le réglage précis du mât : quelle quête, comment tirer dessus… ». Les clients venus de Guadeloupe doivent donc s’organiser pour acheminer leur canot jusqu’à Terre-de-Haut avant de prendre possession d’un nouveau mât.

5 nouveaux canots dans le Traditour

Même s’ils ont perdu du terrain ces deux dernières années au profit de ceux issus du chantier Forbin, les canots d’Alain Foy restent majoritaires dans la flotte du Traditour. Sur les 39 embarcations engagées cette année, 22 ont été fabriquées à Terre-de-Haut, soit une part de marché de 56,4%.

En 2025, le Saintois a construit cinq nouveaux canots, qui seront présents sur ce tour de l’archipel. Certains se sont déjà fait remarquer pendant la saison, comme « Captain Nautic », barré par Fabien Delporte, qui a remporté en mai le championnat de Guadeloupe. Autre représentant des nouvelles créations Foy : Philippe Fiston, sur « Black Sab Les Sablières ». Le tout dernier canot sorti du chantier naval saintois est celui de l’équipage mixte « Vil Tibou », mené par Andy Nelsom. Livré fin juin, il sera étrenné sur ce Traditour.

« La mer n’est pas carrelage… »

« C’est mon 61ème canot », s’exclame fièrement le constructeur.

J’ai commencé en 2002. Et sur les 61 canots, aucun ne se ressemble. Pour chaque nouvelle coque, je mets un petit plus, de vitesse… Moi ne ne navigue pas, je ne fais pas de compétition. Cela veut dire que je dois trouver comment régler les canots à point. Pour les derniers bateaux créés, les barreurs m’ont appelé en me disant que le réglage était incroyable : la barre est tellement douce et légère qu’ils ont l’impression de ne pas la tenir. Le canot marche tout seul ! Or, sur un canot traditionnel, dès que tu lâches la barre, il lofe. Le but pour moi, c’est de chercher cette précision-là.Alain Foy, charpentier marine

 Et pour Alain Foy, tout n’est pas uniquement technique.    

Dans la construction, il y a déjà l’amour de ce que tu vas faire. C’est très important, parce que ça reste humain. Les arbres, c’est du vivant. Il y a une énergie entre toi, l’arbre, les gens qui vont courir avec le canot… Et parfois cette union est parfaite… Il faut déjà le bon bois, qu’il ait bien séché… Et ensuite, moi quand je cherche une forme, je dois connaître le poids du barreur. Si la personne est trop lourde, il faut créer quelque chose pour que le canot ne s’asseye pas sur l’arrière. Je travaille aussi beaucoup sur le frottement : la façon dont le bateau va pénétrer une vague, parce que la mer n’est pas carrelage !Alain Foy, charpentier marine

Un métier menacé ?

Alain Foy est intarissable. Mais le poète de la construction nautique est amer. « Là où j’ai beaucoup de peine, c’est de voir qu’il n’y a pas de transmission. Il n’existe pas d’école de construction marine en Guadeloupe. Le métier de charpentier marine est en train de disparaître. Cela fait des années que je me bas pour cela, auprès des politiques, des centres de formation… sans résultat », déplore le constructeur, âgé de 60 ans, et qui avait lui-même appris du savoir-faire de son père.

Josiane Champion  • Publié le 2 juillet 2025 à 17h05, mis à jour le 3 juillet 2025 à 12h08

Régate voile traditionnelle à Terre-de-Haut -Photo Raymond Joyeux

Première étape ce vendredi 4 juillet : Dominique-Terre-de-Haut

Vainqueur : Steven FOY

Après l’arrivée aux Saintes – Photo mairie de Terre-de-Haut.

Publié par Raymond Joyeux,
le vendredi 4 juillet 2025

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Terre-de-Haut en ébullition – acte 3

Résultat de la consultation sur l’interdiction ou non des voiturettes :

Il reste à savoir maintenant comment les autorités municipales tiendront compte des résultats de ce vote, sachant que selon certains (voir précédente chronique) ce referendum local (le premier à Terre-de-Haut) n’aurait aucune valeur légale et ne ferait aucune obligation au maire de l’appliquer. Nous sommes donc dans l’expectative, en attente de la suite qui sera donnée à cette affaire.

Dans l’immédiat, je vous propose cette info relative à un accident de voiturette qui a eu lieu aux Saintes le vendredi 27 juin dernier, relatée par Guadeloupe la 1ère.

https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/accident-de-voiturette-a-terre-de-haut-une-blessee-grave-et-trois-blesses-legers-1599939.html?

Publié par Raymond Joyeux
le mercredi 2 juillet 2025

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Jour de chaleur

En cette fin juin où les températures sont extrêmes, je vous propose ce poème de circonstance :

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Le soleil : Photo NASA


La chaleur fige le paysage

accentue le calme en ce midi d’avril 

seule la mer tremblote enveloppée 

dans son châle de brume

ciselée par des vagues et des vents millénaires 

l’île cligne des yeux et anticipe sa sieste 

sous les feuilles immobiles

tous les volets sont clos 

le feu s’engouffre sous les lattes 

et serpent invisible 

traverse la maison 

il effleure l’aiguière d’argile 

qui somnole sur l’étagère 

rampe vers la porte entr’ouverte 

et happe à grandes goulées 

la fraîcheur striée des palmes

le sable est tison sous les pieds 

les quais les rues désertes brûlent 

sous le vieux crucifix efflanqué 

la paille des chapeaux fume à la patère. 

Le ciel poussiéreux s’inquiète pour son bleu délavé que le soleil taraude.

Pas un souffle c’est midi en carême.

Ce poème, intitulé Carême, est extrait du recueil Saintoises publié en décembre 2019 aux Ateliers de la Lucarne à Terre-de-Haut.

Publié par Raymond Joyeux
le samedi 28 juin 2025

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Terre-de-Haut en ébullition- Acte 2

La consultation populaire décidée par la municipalité ce samedi 28 juin 2025 qui fait suite à la demande d’une majorité d’électeurs de la commune continue de faire couler beaucoup d’encre et de mettre Terre-de-Haut sous pression.

Voici en effet un nouvel épisode publié sous forme de lettre ouverte par le groupe MVE (Mieux Vivre Ensemble) que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien ci-dessous. Un appel à boycotter le vote jugé faussement démocratique par les signataires de cette lettre et, selon eux, ans réelle portée juridique.

Affaire à suivre donc…

Terre-de-Haut, 2 avril 2025 – Circulation bloquée, résultat d’un trop grand nombre de véhicules.
Photo Raymond.Joyeux

Nous vous tiendrons informés des prochaines péripéties de cette affaire.

Pour info :

Sur l’île de Batz, les voitures ne sont plus les bienvenues

Voir reportage ci-dessous

Publié par Raymond Joyeux
Le jeudi 26 juin 2025

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Terre-de-Haut en ébullition !

Pour celles et ceux qui suivent régulièrement ce blog, voici deux événements qui me parviennent des Saintes, que j’ai le plaisir de leur présenter et qui, je n’en doute pas les intéresseront.

1 – Un référendum consultatif à propos du problème de la circulation urbaine

C’est à la suite d’une pétition lancée par un groupe politique local ayant obtenu le nombre de voix suffisant que la municipalité organise cette consultation.

Une initiative qui semble susciter de nombreuses réactions si l’on en croit les commentaires des internautes sur le site de la mairie de Terre-de-Haut.

https://www.facebook.com/mairiedeterredehaut

La réponse des propriétaires et loueurs de véhicules ne s’est pas fait attendre.
Voici en effet leur réaction à l’annonce de cette consultation, postée anonymement sur la page Facebook de Terre-de-Haut autrement :

Et quid par la suite ?

En cas de réponse positive majoritaire à ce référendum local, il reste à savoir si la municipalité sera tenue de respecter la volonté des électeurs (sachant que le vote par procuration est interdit pour ce genre de consultation). Toute la question est là. En réalité, quelle que soit la réponse des électeurs, si cette consultation n’aboutit qu’à un coup d’épée dans l’eau trouble de l’anarchie qui règne en matière de circulation urbaine à Terre-de-Haut, nous serons revenus au point de départ et tout restera à faire. Dossier donc à suivre.

2 – La fête de la pêche

Le second événement, beaucoup plus convivial et attrayant que le précédent, c’est la reprise de la traditionnelle fête de la pêche à laquelle nous avait habitués par le passé l’AMPS, l’Association des Marins-Pêcheurs Saintois.

Événement dont nous avait privés une détestable politique partisane de division et de discrimination. Nous sommes heureux aujourd’hui de constater le retour de cette belle manifestation que le rédacteur du Facebook de l’ASPP (Fort Napoléon)nous relate en ces termes :

« Ce samedi 14 juin, notre île a célébré la Fête de la Pêche, un moment fort pour mettre à l’honneur les pêcheurs de Terre-de-Haut et leur savoir-faire transmis de génération en génération. Un grand bravo à l’AMPS (Association des Marins Pêcheurs Saintois), au cœur de cette belle journée, ainsi qu’à l’association Associationfilaos..

L’ASPP (Association Saintoise de Protection du Patrimoine) et le Fort Napoléon sont fiers de pouvoir soutenir cet évènement. »

Suivent les 2 photos ci-dessous de cette même ASPP que nous remercions de nous autoriser à publier :

Fête de la pêche – Photo ASPP

Fête de la pêche – Photo ASPP

En attendant vos commentaires, je vous remercie de votre fidélité ainsi que l’ASPP (Fort Napoléon) de sa bienveillante contribution, et vous souhaite à toutes et à tous une belle saison d’été.

Publié par Raymond Joyeux
Le mercredi 18 juin 2025

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La chronique du jardinier – Séquence 2

20 jours en mai

Jeudi 1er

Fête du travail et du muguet

Grand soleil et ciel d’un bleu parfait. Il fait 30 degrés à Paris.
Nous ne sommes pourtant pas en 68 où il était « interdit d’interdire. » Où le feu couvait sous les pavés. Souvenir des manifs estudiantines à Lyon cette année-là et affrontement avec la police. L’inspecteur du permis de conduire est un ancien policier. Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? me demande-t-il. Reçu pourtant du premier coup et achat d’une 2 chevaux d’un étudiant iranien… Qu’est-il devenu ?
Au jardin, aujourd’hui, j’aplanis au râteau le sol labouré et enlève le plus gros des herbes flottantes.
Au rectangle face au mur rouge, huit beaux trous pour les premières tomates. Quelques feuilles d’ortie au fond recouvertes de terreau pour préserver du mildiou et mise en place des piquets reliés au sommet par des baguettes de bambou pour plus de rigidité et accrochage des branches.

Première plantation de tomates

17h, profitant du soleil : tondeuse grande cour. Mauvais travail à cause de la hauteur de l’herbe et des nombreuses taupinières en surface pourtant aplanies et tassées à la houe.
18 h, première plantation de tomates sur la parcelle aménagée. Avec copeaux de bois aux pieds pour garder la fraîcheur.
Désherbage des fleurs du pignon ainsi que des fraises et de la menthe.
Légère blessure au doigt avec le (minuscule) taille-bordure électrique. Misère. Les mains sont précieuses au jardin. Et la terre généreuse est aussi potentiellement dangereuse (risque de tétanos). Nécessité de porter des gants ! 
Nous avons honoré la fête du Travail, sans défilé, sans muguet ni slogans syndicaux. Une journée fériée bien remplie loin des effervescences urbaines. Mai 68 est très loin derrière nous.

Vendredi 2

7h 30. Ciel laiteux au réveil. Puis soleil timide, beaucoup moins généreux que les jours précédents.
Rangement de l’étable-atelier et travail au jardin jusqu’à 10h.
Seconde tentative de feu aux branchages de l’an dernier. Une réussite grâce au white spirit et à l’absence de vent. Par précaution, fourche et tuyau d’arrosage toujours à proximité. 
13h, Casse-croûte chez un ami non prévu qui ne m’arrange pas. Je dois noyer mon feu qui n’avait pas fini son travail. Au retour, fumée et flammèches malgré les précautions et l’eau versée. Je réactive mon jet pour la nuit.

Samedi 3

Ciel clair avec grand soleil, contrairement à la veille.
Au potager, je prépare l’emplacement d’une nouvelle plantation de tomates.
Même protocole que précédemment.

Dimanche 4

Repas polonais. Le jardin attendra. Il profitera de la pluie du jour.
na zdrowie !

Lundi 5

Temps pluvieux et froid.
Départ à l’enterrement. Le ciel s’est mis au diapason de la situation.
Mon ami Sam me propose une tondeuse dont il veut se débarrasser.


Mardi 6

Arrosage préventif avant le départ pour une escapade à Meyzieu, Pérouges près de Lyon et Viviers en Ardèche chez une cousine de Guadeloupe et des amis.
Cinq jours de repos pour le jardin.
Et qui vous dit qu’il n’en a pas marre de me voir ?
Délicieux séjour impromptu.

Dans les rues de Pérouges

Dimanche 11

13h30, retour au bercail. Premier réflex du jardinier, devinez lequel ?
Les taupes ont étendu leur domaine. Épargnant miraculeusement le potager.
19 h, arrosage intensif. La terre altérée boit l’eau avec avidité.
Il n’a pourtant pas fait une chaleur excessive !
La pluie annoncée pour la nuit complétera le bienfait de l’arrosoir.

Lundi 12

Réveil huit heures. Brouillard dans les combes.
Tout est mouillé mais quelques rayons fugaces à travers les nappes. 
Tour au jardin : des taupes ont rebouché leur refuge en s’accrochant peut-être aux épines du rosier. 
À 10h direction Marcigny chez le pépiniériste. 12 tomates diverses, 3 courgettes, 2 aubergines, 2 poivrons (jaunes et verts) –
Petite pluie. Poêle allumé.
Après-midi : plantation de 12 tomates presque sous le soleil. Arrêt 17h 30. Feu éteint au poêle.
Premier jour fauchage foin en face. Cigognes et autres oiseaux à la recherche de leur pitance accompagnent le geste tracté du faucheur. Qualifié autrefois d’auguste pour le semeur. Les temps changent.

Fannage : retournement de l’herbe pour la faire sécher
Premiers rangs de salades

Mardi 13

8h, léger brouillard qui s’éfiloche. 10 degrés.
Rallume feu à la maison.
Grand soleil. Jardin toute la journée avec pull. 
11-13 h, préparation parterre + plantation de 3 pieds de courgette, avec petite bâche au sol contre l’herbe.
15 -18 h, bêchage carré salade, plantation 36 pieds. 3 rangs de 12, espèces diverses.
Maintien feu maison toute la journée. 22 °
Heureuse surprise, reçu deux livres d’une amie des Saintes.

Mercredi 14

8h. 6° sans brouillard, ciel entièrement dégagé. Vent nul. 18° grande salle.
RAS au jardin. Herbe mouillée pleine croissance. 10h-midi, préparation sol aubergines, poirées dites blettes ou betes avec un ou deux t. Bref, beta vulgaris pour les intimes, poivrons, côté mur allée extérieure.
Grosse brouette d’herbes folles, aux racines profondes difficiles à extraire sans la binette.
Caresser la terre nue de ses mains pour l’égaliser et la douciner.
Revenir l’après-midi pour l’alimenter. Généreuse, espérons-le, elle nous le rendra au centuple dans un mois ou deux. 
Semé carottes petite parcelle courgettes.
Graines de fleurs grimpantes contre mur pignon. 
Fanage foin en face avec cigognes.
Arrosage des plants mis en terre.

Jeudi 15

Levé 8 heures – Soleil, ciel dégagé.
Heureux présage pour un anniversaire.
10-13 h : fixation bordure composite droite. 
Lever d’un petit vent mais le soleil persiste. Début ciel nuageux épars, vite effacé.
Plantation de 2 rangs de haricots.
15 h Retour au jardin.
Préparation parterre et plantation de 21 pieds de patates. 
Grand soleil avec vent.
17h30 : tondeuse Sam. Essais concluants.
Mise en bottes foin fermier d’en face sous un ciel d’été.

Après fanage, enveloppement des balles sous protection plastique : le bottelage

Vendredi 16

Lever avec soleil. Grand ciel bleu sans nuages.
Plantation côté nouveau mur 2 poivrons, 6 poirées vertes + au grand jardin, 2 aubergines avec tuteur. Semé koper (aneth) le long du mur. Arrosage.
Après-midi : débroussailleuse boîte aux lettres + début pelouse clôture. Arrosage général.
Enroulement meules de foin toute la sainte journée face maison. Cigognes.
15 h 30 récupération Alex et Anne. La sortie Sainte Élisabeth est ouverte.
21h repas anniv Ch. Retour 23h30.

Samedi 17

Lever 8h – 10° grand soleil, sans vent.
Avec Alex, sortie table, chaises et banc sur le deck
Tondeuse et débroussailleuse toute la matinée.
Ciel bleu. Pas un nuage.
Courses sans moi Paray.
Préparation blog livre Marie-Sylvie Dionne
Diner royal avec cocktail Alex. Gin à l’italienne
Eurovision : Autriche. Louane 7è. Orage et désespoir !
Alex renouvelle mon abonnement Word-press : 80€
Arrosage intensif (du potager !)…

Dimanche 18

Grand soleil au lever, 4° la nuit. 18 dans l’appart à 8h. Frileux, je rallume le poêle.
Au jardin, les tomates ne progressent pas. Certaines ont les feuilles toutes ratatinées. Sans doute à cause des basses températures nocturnes et du vent du nord, hantise du jardinier. Pourtant grand soleil la journée, mais fond de l’air frais. Première salade attaquée par le ver blanc, l’antipathique herbum vermis. Tout bêtement larve du hanneton.Tapie l’hiver en profondeur et grande dévoreuse de racines saladières, elle remonte au printemps se nourrir en dévorant l’intérieur de la racine principale !. .
Nous déjeunons quant à nous à midi dans le salon avec feu, 21 degrés.
Après-midi : départ des enfants. Tristesse. 
Décide de ne rien faire au jardin. Seule une baguette d’épines de rosier au trou d’une taupe bordure haricots. Réflexion d’Alexandre le randonneur : « Horribilis. »
Découragé de constater que tout végète aux plates-bandes, je remplis au seau le fût bleu du puits.

Lundi 19

Lever 7h30 avec soleil amical.
8h, le ciel se couvre à l’ouest. Moins de clarté. Pluie prévue cet après-midi. Au jardin la taupe a rebouché son trou. A-t-elle été piquée par les épines du rosier ? Rien n’est moins sûr.
11h, Marcigny : achat de plants de poireau et de brocoli au marché.
14h45 – Retour au jardin – Plantation de 40 pieds de poireau et 2 brocolis.
Bonne température extérieure. Très frais dans la maison.
16h15 : Le fermier a fini de ramasser ses meules, juste avant le début d’une petite pluie. Il a le calendrier-météo dans la tête. Les champs sont ponctués de corbeaux à la recherche de victuailles. Ciel très couvert à l’ouest.
À 19h j’allume le poêle, la température remonte doucement jusqu’à 21 degrés à 20 heures. Toujours pas la pluie annoncée. Peut-être cette nuit.

Mardi 20

Temps couvert. La pluie prévue pour la nuit n’a pas été au rendez-vous. Mais le ciel est resté gris, sans un rayon de chaleur. La température a baissé de deux degrés dans la maison. Il fait 12 à l’extérieur, sans vent heureusement. Si bien qu’elle remontera sans doute rapidement à 18, et peut-être à 21 en cours de journée. Je pense à nos 28 degrés en continu des Saintes. 28, mon n° de pensionnaire à Blanchet.
10h, arrosage. Eau tirée du puits à 12 mètres de profondeur, Petits exercices matinaux, propices au développement pectoral, biceps et j’en passe.

Le puits, précieux auxiliaire du jardinier

11h, le soleil bienvenu profite d’une échancrure dans les nuages pour me faire la fête. Il est parcimonieux mais agréablement tiède et réconfortant. Tout le jardin est maintenant entièrement planté. Finis les préparatifs : ils ont duré un mois et demi. Sarclage, bêchage, binage, bordures, organisation des parterres et allées, choix et mise en terre des plants. 

Fleurs de cives de Guadeloupe parmi la menthe

Je récapitule : tomates, haricots verts, salades, poireaux, pommes de terre, brocolis, poivrons, poirés, semis de carottes, aubergines, courgettes. À chacun sa place ! Plus le pied d’oseille de l’an dernier ainsi que le thym, le romarin, la livèche, la ciboulette, les cives increvables de Guadeloupe, la sauge, le persil, l’origan d’Anne, la menthe persistante toujours envahie d’herbe comme les fraises et framboises qui ont franchi leur bordure.

Il ne reste qu’à mettre en terre un beau pied de basilic, indispensable mais extrêmement capricieux et fragile, les courges enfin (10 grosses l’an dernier), en attendant que les graines pointent en leurs godets, puisque celles de François ont dépéri. 

À la même date, sur mon carnet de l’an dernier, je lis : « Tour au jardin hyper mouillé. J’ai envie de tout laisser tomber. Déprimant à mort. Les rangs de salades diminuent à cause des vers blancs. Tout ce travail pour rien. Je ne m’en occupe plus ! »

Midi : un peu plus de soleil. Oiseaux joyeux s’égaillant à tue-tête dans le ciel. 
Maintenant que le potager se débrouille seul, (encore que surveillé du coin de l’œil !), gros et harassant projet en perspective : débroussaillement des abords devenus jungle et forêt d’herbes géantes, orties et autres oseilles sauvages. Les boutons d’or et les marguerites animent pourtant un joli tableau champêtre que n’aurait pas renié l’hôte de Giverny.

François signale une recrudescence de vipères cette année. 
15h, débroussailleuse en action jusqu’à l’arrivée d’une petite pluie, insuffisante pour remplacer un arrosage efficace. Je rentre mes outils. Les nuages s’accumulent au nord avec petit vent frais. C’est fini aujourd’hui au jardin. À minuit, le ciel est étoilé.


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En guise d’épilogue à ce chapitre :
ce poème d’un moine taoïste, toujours extrait du recueil de poésie chinoise :

La pluie sur la montagne est fréquente
ce sera bientôt le beau temps
à la fenêtre, de temps à autres volètent des pétales de fleurs
au bout des branches partout se répand le chant des loriots
l’endroit est à l’écart, nul visiteur avec qui bavarder
lors de la récolte du blé, tout le monde se réjouit de cette époque de paix
ce n’est pas parce que je suis décrépit que je dois renoncer
à profiter des produits de saison
un bol de yaourt de lait de chèvre garni
de cerises rouges.

Marguerites et boutons d’or épargnés par la débroussailleuse.

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Sauf le poème, texte et photographies sont de l’auteur

Publié par Raymond Joyeux
le vendredi 13 Juin 2025





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