L’émouvant hommage de sa famille à Denis Cassin

Décédé des suites d’un malaise cardiaque, le samedi 3 mai dernier, Denis Cassin, 87 ans, épouse de ma sœur Maryse, a reçu un émouvant hommage de la part de ses enfants lors de ses funérailles célébrées en l’église de Terre-de-Haut ce mercredi 7 mai.

Voici le texte qui a été lu à l’église par son fils Bruno en cette circonstance

Cher papa,

Quelle épreuve pour nous aujourd’hui, pour ton épouse, notre maman Maryse, pour tes enfants, tes petits et arrière-petits enfants, pour notre grande famille et tous tes nombreux amis, de devoir entendre prononcer en cette église ton éloge funèbre. Nous aurions préféré que ce soit le plus tard possible. Mais le destin en a décidé autrement et c’est avec émotion qu’en leur nom à tous et toutes, j’ai la douloureuse tâche d’évoquer brièvement l’homme, le mari, le père, le grand-père et arrière grand-père exceptionnel que tu as été. Sachant que ta modestie en aurait certainement souffert.

S’il est impossible, en si peu de lignes, de résumer ton passé, de résumer ta vie, tant elle a été riche d’engagement, de générosité, d’amour prodigué et reçu, de travail et d’abnégation, mais aussi de tant d’heureux événements, je ne retiendrai que ceux qui nous ont le plus marqués et qui constituent une grande part de l’héritage moral que tu nous as laissé. 

L’exemple d’abord d’un jeune homme épris de saine ambition, qui a su gravir toutes les étapes d’une ascension professionnelle hors du commun, puisqu’à force de volonté, de nuits blanches et de sueur, tu es passé de modeste agent d’exploitation à directeur départemental adjoint de l’administration postale de la Guadeloupe. Et que non content d’accomplir avec sérieux et compétence cette tâche de haute responsabilité, tu n’as eu de cesse d’aider à des degrés divers nombre de tes jeunes compatriotes à entrer dans la maison de cette grande fonction publique. Comme tu n’as jamais hésité à entreprendre, pour beaucoup d’autres, qui se reconnaîtront, des démarches par courrier ou déplacement personnel, aux tatillons services de la préfecture, des impôts, du cadastre, de l’urbanisme, de la Sécurité Sociale, des affaires maritimes… 

Et, c’est fort de ce rapprochement étroit avec une bonne partie de sa population que tu as cru bon devoir briguer par deux fois le poste de haut magistrat de ta commune, heureusement sans succès. Heureusement, dis-je, sans succès, non que tu n’aurais pas été un bon maire, sans doute l’un des meilleurs que nous aurions eu à connaître à Terre-de-Haut, à l’exemple de ton légendaire grand-père Benoît Cassin, mais parce que cette fonction de tous les instants t’aurait volé tout ton temps, ta disponibilité et ton énergie. Énergie et disponibilité désintéressées que tu as investies dans divers domaines au service de tes compatriotes, en créant, par exemple, avec d’autres cette association sportive qui porta haut les couleurs de notre jeunesse en natation, l’Avenir Saintois des années 60 dont tu as été le président pendant sept ans, alors que tu étais toi-même joueur de volleyball dans une équipe de Basse-Terre. 

Mais au nom de ta descendance dont je suis ce soir le porte-parole, je manquerais à tous mes devoirs si je n’évoquais pas ton rôle de mari et de père de famille aimant, affectueux et compréhensif. Une famille qu’en 62 années de mariage avec notre mère Maryse, tu as contribué à éduquer par l’exemple et à faire grandir dans l’exigence, l’amour du travail et l’honnêteté. Une famille unie de 4 enfants, 8 petits-enfants et 4 arrière-petits-enfants, qui, avec tes frères Michel, Daniel, Guy et Claude, mais aussi avec tes nombreux amis, parents et connaissances des Saintes, de Guadeloupe et de métropole, pleurent et regrettent aujourd’hui ton départ prématuré. 

Cher papa, à l’heure de te dire au revoir, j’unis à moi cette famille qui fut la tienne, et toute la communauté saintoise, respectueuse de ta personne, pour te dire combien nous t’aimions et que, par-delà ta disparition physique et la douleur que nous éprouvons aujourd’hui, cet amour continuera de t’accompagner. Un amour aussi fort que celui que tu nous as prodigué durant ta vie terrestre, pour lequel nous t’exprimons nos remerciements, notre affection et notre reconnaissance.

Un dernier mot, cher papa qui, nous sommes sûrs, te fera plaisir : sois sans crainte pour tes cabris et moutons. Avec ton ami Pierre, nous en prendrons soin, comme tu l’as toi-même fait de ton vivant, avec bonté et bienveillance, et qui, eux aussi, à leur manière, comme nous tous, ressentent sans doute déjà cruellement ton absence. 

Publié par Raymond Joyeux
Le jeudi 8 mai 2025

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Au revoir tonton Yves…

Une immense tristesse

C’est avec une immense tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès de notre compatriote et cousin Yves Lorgé, que tout le monde appelait aux Saintes Tonton Yves.

Aîné d’une famille de 9 enfants, il était né à Terre-de-Haut le 31 juillet 1934 et voguait tranquillement vers ses 91 ans, achetant tous les jours son journal et faisant lui-même ses courses à l’épicerie. Aimé et apprécié de tous, ce surnom familier de Tonton Yves lui allait parfaitement. Il était ainsi appelé non seulement par respect pour son âge vénérable mais aussi et surtout pour son comportement amical, accueillant et convivial, proche de la population et de chacun de ses membres, incarnant les valeurs communautaires et familiales de fraternité, de simplicité et d’empathie.

Victime d’une fracture du col du fémur, à la suite d’une chute malheureuse à son domicile du Fond-Curé le 4 avril dernier, il avait été opéré avec succès au CHU de Pointe-à-Pitre où il est décédé dans la soirée du samedi 26, probablement d’une infection nosocomiale. Ses obsèques ont été célébrées ce mardi 29 avril 2025 en l’église de la paroisse et c’est en présence d’une foule immense qu’il a été accompagné en sa dernière demeure au cimetière marin de Terre-de-Haut, face aux impressionnants rouleaux de la plage de Grande Anse, assidument fréquentée dans sa jeunesse.

Issu d’une lignée de marins

Marin de profession dès l’âge de 18 ans, tonton Yves avait de qui tenir. Son père, Léon Lorgé fut, en effet, avec son oncle Auguste, parmi les premiers armateurs saintois à assurer la liaison régulière de passagers avec la Guadeloupe via le port de Trois-Rivières sur la goélette Cassiopée. Alors que les frères Jacques : Jean, Gerville et Guy, assuraient celle de Basse-Terre avec la Belle-Saintoise.

Mais avant de devenir lui-même armateur, Tonton Yves exerça pendant longtemps le dur métier de marin-pêcheur, à une époque où les professionnels saintois se rendaient jusqu’à Saint-Barthélémy pour de fréquentes et longues campagnes de pêche, ne regagnant qu’occasionnellement les Saintes aux fêtes du 15 août, de Noël et de Pâques.

De patron de pêche à capitaine de navire à passagers

Avec l’arrivée de la vedette familiale Princesse Caroline en 1972, Tonton Yves change de catégorie professionnelle puisque de simple patron de pêche, il accède au grade de capitaine de la marine marchande en prenant le commandement de cette nouvelle unité de transport de passagers, avec toutes les compétences et les responsabilités requises pour cette activité. Et c’est, embarqué sur ce navire, après plusieurs années de service, qu’il signera sa retraite de marin en même temps que son jeune frère Jules qui avait lui-même navigué auparavant sur des pétroliers français et internationaux.

Princesse Caroline – Photo communiquée par Jules Lorgé

Un retraité actif et engagé

Plutôt que de rester tranquillement chez lui en la maison familiale du Fond-Curé, replié sur lui-même, mais bon pied, bon œil, à profiter sagement de sa retraite, tonton Yves n’avait de cesse de vivre pleinement aussi bien avec les uns qu’avec les autres, et de se rendre utile. Par ses conseils judicieux, sa participation à des associations, son engagement citoyen, il a montré que l’expérience acquise pouvait se partager et qu’en dépit de l’âge, on pouvait également s’intégrer parfaitement à la communauté comme n’importe quel autre actif.

C’est ainsi qu’il a été conseiller municipal et membre de l’Association Les Mille Fleurs aux manifestations de laquelle il n’avait jamais manqué de participer, aussi bien à Terre-de-Haut qu’à Terre-de-Bas. Et comme le hasard fait souvent les choses à sa guise, c’est à la veille de la fête annuelle 2025 de cette Association que Tonton Yves nous a quittés, comme un clin d’œil à ses amis sociétaires. Les plongeant aujourd’hui, avec sa famille, ses proches et tous les Saintois dans la peine et l’émotion.

Tonton Yves, au repas des 34 ans de l’Association Mille Fleurs – Février 2019 – Ph Raymond Joyeux

Hommage et adieux mérités

Comme en témoignait la longue chaîne des participants aussi bien à l’église que sur le chemin du cimetière, ce sont des anonymes, aux côtés des membres de sa famille, de ses amis, de ses connaissances qui sont venus nombreux des Saintes mais aussi de Guadeloupe et de Saint-Barthélemy, lui rendre un dernier hommage en ce mardi 29 avril 2025. Hommage et adieux mérités pour un homme dont la bonté, la bienveillance et la générosité avaient touché toute une communauté et qui restera pour toujours leur oncle de cœur : Tonton Yves.

À ses proches, ses frères et sœurs, ses beaux-frères, ses neveux et nièces, cousins et cousines, nous adressons nos plus sincères condoléances et les assurons de notre entière et profonde sympathie et affection.

Posté par Raymond Joyeux
le mercredi 30 avril 2025

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Autour de Ti-Auril…

Quel Saintois ou Saintoise de plus de vingt ans n’a pas entendu prononcer au moins une fois le nom de Ti-Auril ? Pourtant ce personnage mythique, quasi légendaire des Saintes, n’a laissé que peu de traces dans notre mémoire collective. En dehors de l’appellation passée à la postérité qui le désigne comme étant l’enfant sauvage du Grand-Îlet, nous ne connaissons en effet pratiquement rien de sa vie de Robinson volontairement isolé sur son ilot désert. Seuls les épisodes de sa capture et de son retour mouvementé au Fond-Curé sont connus, transmis par les anciens de génération en génération. En particulier l’utilisation du filet de pêche pour le capturer, le fait qu’il se soit réfugié sous un lit en s’échappant des mains de ses ravisseurs et qu’il ait mâchonné rageusement les fibres d’un balai de latanier utilisé pour le déloger avant d’être définitivement maîtrisé.

Dans ce récit, mêlant ces éléments connus à la fiction, j’ai imaginé la vie de Ti-Auril au Grand-Îlet, en tâchant de rester au plus près de la réalité. Cet ouvrage se situe donc dans la lignée des récits d’aventure pour la jeunesse, au programme de français des classes de sixième et de cinquième.

C’est ainsi qu’il est lu et étudié dans certains établissements scolaires dont la Maîtrise de Massabielle de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

À l’occasion de l’étude de ce récit avec leur professeure de français, une rencontre avec l’auteur, et grâce à l’amicale implication de la Compagnie de Transport Maritime Déher, (la CTM), des élèves de 6ème de cet établissement ont pu se rendre au plus près du Grand-Îlet, et réaliser ainsi leur souhait de découvrir les lieux où avait vécu cet étonnant et énigmatique personnage.

Embarquement pour l’aventure. Ph. Raymond Joyeux

Je remercie Madame Nathalie Bichara, professeure de français à l’initiative du projet, ainsi que les responsables de la CTM Déher d’avoir permis cette aventure. Aventure relatée ci-dessous dans le journal France-Antilles du 10 avril 2025, sous la plume de Marijoé Métayer.

Raymond Joyeux

Anse Rodrigue : les élèves de Massabielle et le Grand-Îlet, séjour de Ti-Auril – Ph. Raymond Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
le mercredi 16 avril 2025

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La plage de l’Anse Figuier temporairement interdite de baignade

Quatorze jours après les prélèvements effectués par l’ARS, la Mairie de Terre-de-Haut officialise ce lundi 24 mars 2025 l’interdiction de baignade à l’Anse Figuier. Une signalisation adéquate (drapeau rouge et affichage de l’arrêté municipal N° 2025-47-AT-PM.) est prévue sur le site pour en informer le public.

Anse Figuier. Au fond le Grand-îlet. Photo Raymond Joyeux

Une station d’épuration défaillante ?

La pollution des eaux de cette plage n’étonnera personne, et nul ne sait quand cette interdiction de baignade sera levée. Il faut savoir en effet que c’est à l’Anse Figuier que se déversent les égouts de la commune de Terre-de-Haut après avoir été théoriquement traités par la petite station d’épuration située en amont, juste sur le morne qui précède la descente vers le site. La question se pose de savoir si cette pollution provient du mauvais fonctionnement de la station d’épuration ou d’une autre source.

Nettoyage de la plage de l’Anse Figuier – Décembre 2020 – Photo Raymond Joyeux

L’Anse Figuier en poésie

Sauvagine

Aux aguets
l’œil fixe hors du temps
poinçonné d’or en périscope

bottes en aigrette sur le sable
écu de bronze
ciselé d’aspérités

un spadassin en armes
étrille son domaine
à la guérite du pourpier.

N’effraie pas ce peureux magnanime
à la herse baveuse
ce traitre ocydien

délateur de pataches
racoleur de fucus
aux moires du bassin

maraudeur d’abject et de fange.

Au guichet de l’épargne
L’Anse Figuier
grignote ses actions :

Rivières d’algues délétères
mues massacrées aux tessons des coraux
ravines ensemencées de larves cédulaires.

Escortée de relents de nausées
sous l’œil de sa cavalerie

une amazone aphteuse
agonise égorgée
aux ventouses de l’actinie.

(Extrait du recueil Nautiques – 2018)



Tentative d’explication

(Clés pour Nautiques)


Cette anse, qui forme comme une échancrure ourlée à l’à-pic oriental du Chameau, doit-elle son nom à la présence ancienne d’une plantation sauvage de figuiers maudits sur ses rives ? On pourrait l’imaginer, d’autant qu’en face, sur le Grand Îlet, s’est développée, de la même essence endogène, la plus vaste cathédrale végétale existant aux Saintes et peut-être même en Guadeloupe continentale.

Mais l’Anse Figuier est également connue pour être le domaine privilégié de cet élégant petit crabe des sables appelé chevalier, toujours en alerte sur ses bottes ciselées, les yeux démesurés, hors de leur orbite, à la manière de vivants périscopes. Familier de la grasse végétation des pourpiers sur laquelle il veille comme une sentinelle aux aguets, ce petit arthropode blond caparaçonné d’or est accusé dans le poème de faire bon ménage avec le fait que ce site sauvage ait été choisi pour recevoir les effluents des égouts communaux. D’où les expressions péjoratives utilisées pour le qualifier: traitre ophidien, délateur, racoleur, maraudeur… 

Parallèlement à cette accusation à l’encontre de l’habitant naturel des lieux, le poème met en évidence les caractéristiques négatives du site aujourd’hui dénaturé par l’action inconsidérée de l’homme : un champ lexical approprié traduit à l’envi cette dénaturation : abondance d’algues générée par les nutriments déversés par les égouts : fucus, algues délétères; fange; larves cédulaires; relents de nausée… Autant de qualifiants pour suggérer la détérioration d’un milieu autrefois parfaitement sain mais aujourd’hui particulièrement pollué.

À la manière d’un épargnant incapable de faire prospérer ses acquis, l’Anse Figuier grignote ses actions. Ce qui n’empêche pas la survivance d’une certaine activité biologique puisque le poème se termine par l’agonie d’une amazone aphteuse, métaphore pour désigner le crabe chevalier à la herse baveuse *, entre les griffes souples de l’anémone de mer, l’actinie

Conclusion pessimiste et optimiste à la fois qui suggère d’une part qu’au bout du compte, sous l’effet volontaire et mortifère de l’activité humaine, toute vie finira peut-être par disparaître un jour de ce site ; d’autre part, et tout au contraire, qu’en dépit de ce qui contribue à la dégrader, la nature reprenant toujours ses droits, la vie continuera à y éclore et à s’épanouir. L’agonie du chevalier-amazone symboliserait alors à la fois la fin de la désolation et le retour des sauvagines, ces oiseaux migrateurs, porteurs d’espérance, visiteurs accoutumés des berges de l’anse qu’ils avaient désertées pour d’autres lieux plus propices à leur escale occasionnelle.

* Le crabe chevalier porte au poitrail de sa carapace une plaque triangulaire amovible sous laquelle se logent les œufs après fécondation. Au-dessus de cette plaque se situe la cavité buccale laissant échapper en permanence une légère mousse, semblable à de la bave qui coule sur l’opercule abdominal.

Un itinéraire autobiographique ou clés pour Nautiques – Raymond JoyeuxDécembre 2020

Figuier Maudit du Grand-Îlet – Photo Raymond Joyeux

Poème, texte et photos de Raymond Joyeux
Publié le jeudi 27 mars 2025

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Une descente aux enfers…

Circulation intensive motorisée :
problème numéro un de Terre-de-Haut

Selon les dernières déclarations publiques des autorités municipales de Terre-de-Haut (février 2025), la circulation serait devenue aujourd’hui le problème numéro un de notre île. Qui ne le voit en effet et ne le regrette ?

Mais ce problème date-t-il vraiment d’aujourd’hui ? C’est loin d’être le cas. Faut-il rappeler que depuis le milieu des années 70, jusqu’en 2018, nombre d’arrêtés municipaux ont été pris pour tenter de prévenir ce que l’on constate aujourd’hui avec horreur.

Peine perdue. Soit qu’ils avaient été mal rédigés, soit qu’ils étaient matériellement inapplicables, ces arrêtés ont tous été retoqués par la préfecture pour des raisons de non respect de la liberté de circulation et de commerce. L’administration parlait alors d‘entrave. D’entrave à la liberté de circulation. Entrave, c’était le mot…

Ironie de l’histoire : qui cause aujourd’hui le plus d’entrave à la circulation à Terre-de-Haut ? Un arrêté, même imparfait, qui aurait pu la réguler tant bien que mal, ou le trop-plein anarchique des moyens de circulation eux-mêmes, toujours plus nombreux ?

Et ne parlons pas des piétons. Peuvent-ils aujourd’hui, circuler librement, sans entrave, en toute sécurité, sans le souci de se faire percuter à longueur de journée, se faufilant dangereusement dans la chaîne ininterrompue des voiturettes, scooters, vélos électriques, autos, motos, camions… stationnés en continu le long des rues ou, pire, roulant à vive allure, sans limitation de vitesse, sur des voies étroites, sans trottoir, déjà amplement encombrées ?

Quand on sait que nombre d’îles du littoral de la métropole n’autorisent sur leur sol que la présence de vélos non motorisés, on se demande si la loi est la même partout sur l’ensemble du territoire français. Un exemple parmi d’autres, l’île d’Aix en Charente Maritime, où, non contents de devoir circuler à pied ou à vélo, les visiteurs doivent ramener avec eux leurs poubelles, les conteneurs n’étant réservés qu’aux seuls résidents.

Raymond Joyeux

Type d’arrêtés municipaux totalement inapplicables
rejetés par la préfecture de Guadeloupe

Journal L’IGUANE, juin 1991

LE PARADIS DEVIENT UN ENFER

Texte de Dominique Perruchon

Une expression populaire disait : « Plus con tu meurs ». Et c’est en train d’arriver !
Terre de Haut est en train de mourir, étouffée par les voiturettes et les scooters de location.

La double bêtise de quelques Saintois mercantiles qui auto-détruisent leur île sans êtat-d’âme, et celle des touristes consuméristes devenus incapables de se souvenir qu’ils ont des jambes, est en train d’exaspérer ceux qui avaient le respect du lieu, pour y entretenir le traditionnel bonheur d’y vivre.

Le Bip-bip-bip continuel des avertisseurs des marches arrière, les klaxons qui retentissent pour faire écarter les pauvres piétons, sont devenus comme un chant symbolique de la marche arrière de l’intelligence qui avait protégée Terre de Haut dans sa beauté et dans sa quiétude…

C’est profondément triste à contempler, l’incapacité humaine à savoir tenir compte des leçons prises ailleurs dans ce qui a été détruit irrémédiablement, par l’invivable et ridicule sillage de laideurs, qu’on nous ment à baptiser « le progrès ».

TOUT EST DIT !

Vidéo réalisée par Dominique Perruchon, le dimanche 2 mars 2025, avec son aimable autorisation

L’exemple de l’Île d’Aix

(Vélos et absence de poubelles)

À l’entrée du port de l’Île d’Aix – Photo Raymond Joyeux, été 2023

Nous remercions Dominique Perruchon pour sa contribution à cette chronique précisant que d’autres vidéos du même désastre circulent abondamment sur les réseaux sociaux.

Publié par Raymond Joyeux
Le mercredi 5 mars 2025

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Le cimetière des canots abandonnés…

Plage du Fond Curé 25 février 2025

Photo Raymond Joyeux
Photo Raymond Joyeux

Vous avez dit commune touristique ?

À quand un site communal de halage aménagé pour permettre aux propriétaires, pêcheurs, retraités et plaisanciers, de tirer, d’entreposer et de rénover leurs canots, afin de désencombrer le littoral ?
Ainsi les employés du nettoyage pourraient faire leur travail sans problème pour une plage praticable, accueillante, propre, nette et sans déchets…
Déchets de toute nature facilités par la présence accumulée de canots abandonnés servant poubelle, d’annexes à demeure, de planches nautiques endommagées, de palettes délabrées, le tout permettant aux noctambules avinés, peu soucieux de leur environnement, de faire leurs besoins naturels à l’abri des regards, en toute tranquillité et pas seulement les soirs de beuverie. Si vous voyez ce que je veux dire !
Rares sont les matins où l’on ne dénombre pas pêle-mêle, brassées de papier toilette éparpillé et leur odorant accompagnement, tampons hygiéniques, préservatifs, linge intime souillé, sans compter les habituels barbecues, cannettes, timbales, pailles, mégots, et autres emballages divers. Et ce ne sont pas les nombreux chiens errants qui les laissent, encore que !…
Nous lançons un appel urgent au service technique et sanitaire de la commune pour assainir cet endroit devenu un dépotoir-catiche-lupanar, très incommodant pour les riverains et les visiteurs de passage, indigne d’une commune touristique.

Publié par Raymond Joyeux
Le mercredi 26 février 2025

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La trace des crêtes

Publiée en 2017, voici une chronique qui intéressera sans doute les nombreux randonneurs qui sillonnent les merveilleuses collines de notre île et qui se demandent peut-être ce qu’est devenue la Trace des crêtes… Pour la lire, cliquer sur le lien ci-dessous.

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Circulation intensive à Terre-de-Haut : une chronique d’avril 2019 : cliquer sur le titre ci-dessous.

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Plaidoyer pour la marche

Cette chronique a été publiée pour la première fois le 18 janvier 2019 et a été lue plus de 400 fois ! Nous pensons que vu la situation aujourd’hui à Terre-de-Haut en matière de circulation, elle apparaît plus que jamais d’actualité. Aussi c’est avec plaisir que je vous en fais part. Me permettant de signaler aux amateurs que le lundi et le jeudi après-midi, Rony Bride organise une marche à Terre-de-Haut et que cette activité est ouverte à toutes celles et à tous ceux qui se sentent physiquement capables de se joindre à ce collectif..

Des îles, autrefois… sans voitures

Publié le janvier 18, 2019 par raymondjoyeux

Lorsque nous étions enfants aux Saintes, avant les années 60, et bien entendu, plus encore pour les générations antérieures, nous ne connaissions qu’un seul moyen de locomotion : la marche. D’ailleurs, nous étions la risée de nos amis et compatriotes guadeloupéens continentaux pour la simple raison que nos communes étaient dépourvues de voitures !

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Rue de Terre-de-Haut début du XXème siècle

Cette réflexion, considérée par eux comme la pire des insultes, si elle nous laissait à vrai dire indifférents, stigmatisait à leurs yeux notre état supposé d’arriération, notre absence avérée de progrès et de modernisme ! Aujourd’hui, ceux qui pensaient à cette époque nous rabaisser, en nous renvoyant à notre état de nature, seraient sans doute les premiers à s’insurger contre l’envahissement actuel de nos rues par des véhicules motorisés en tous genres, entravant leur bien-être de touristes en changement d’air ! Et le pire c’est qu’ils n’auraient pas tort !

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Quartier de la poissonnerie avant l’arrivée des scooters – Photo Plé 1973

Le paradis perdu des marcheurs…

Devenues en effet un véritable et grouillant panier à crabes au sens littéral du terme, les rues de Terre-de-Haut sont désormais difficilement praticables pour le piéton ordinaire, quelles que soient l’heure et sa bonne volonté. Autrefois paradis des marcheurs, notre île, au fil des années, a vu la circulation motorisée prendre le pas sur celui des adeptes de cet exercice naturel qui consiste à mettre instinctivement un pied devant l’autre et à déambuler paisiblement dans le calme et la sérénité.

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Rue piétonne préservée à Terre-de-Haut – Photo Anne de Floris – 2018

Bien sûr, il reste encore de nombreux lieux protégés aux Saintes où, loin du bourg et de sa fièvre, le marcheur trouve encore son plaisir. Mais quand on voit les enfants des écoles, lorsqu’ils ne sont pas, dès sept heures du matin, transportés par leurs parents en voiture, à moto ou à scooter, se rendre en classe sur un engin à propulsion électrique (vélo, skate ou trottinette), et rentrer solitaires à la maison par les mêmes moyens, on s’interroge sur leurs aptitudes à développer le sens de l’effort physique et du plaisir social à flâner en chemin entre copains, là où se nouent souvent et se développent les plus solides amitiés.

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Chemin exceptionnellement désert vers la plage de Grand’Anse à TDH – Ph. A. de Floris

Marcher c’est faire preuve de dignité 

Le quotidien Le Monde/Éditions de l’Aube vient de publier un petit livre fort intéressant pour les amateurs ou non de la pratique pédestre, intitulé Philosophie de la marche, et que j’ai la chance de posséder. L’intérêt de cet ouvrage collectif d’une centaine de pages, réside dans les réflexions des auteurs sur le sujet, mais aussi et surtout dans les citations d’écrivains et de philosophes parmi lesquels Jean-Jacques Rousseau, Arthur Rimbaud, Victor Hugo, Henry David Thoreau, Jacques Lacarrière, David Le Breton, Walt Whitman…
Des auteurs du livre et des écrivains cités, j’ai sélectionné pour vous les citations suivantes :

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Un contact vivifiant avec la nature – Photo R. Joyeux 2018

Marche de solidarité. Ici, Je suis Charly – Terre-de-Haut 2015 – Ph. R. Joyeux

Au bout du chemin quelque chose nous attend – Terre-de-Bas  2015 – Ph . R. Joyeux

Je ne peux, bien évidemment, vous présenter ici la totalité du contenu de cette petite Philosophie de la marche. Aussi je vous invite fortement à vous la procurer au plus vite. Pour la modique somme de 12 € (prix métropole), non seulement vous serez encouragé à vous adonner à cette pratique naturelle qu’est la marche, si ce n’est déjà fait, mais vous y puiserez de sublimes réflexions qui vous conforteront dans l’idée que marcher n’est pas seulement bon pour le corps, mais qu’il produit sur l’esprit tout autant de bienfaits : plaisir de l’effort, rêverie, détente, sérénité, découverte de la nature et de soi, élan de solidarité… et plus encore selon votre complexion et votre humeur du moment !

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Petit clin d’œil sympathique et tranquille

Tellement pris par sa passion de peintre et sa pratique intensive de la marche enjouée, notre talentueux artiste Alain Joyeux, auteur de cette amusante toile colorée, a oublié une  ou deux lettres supplétives dans son texte, ce qui fait l’originalité et la valeur du tableau. Comme moi, je pense que vous lui pardonnerez volontiers cette étourderie. C’est bien connu, les vrais artistes comme les marcheurs impénitents, bien qu’ayant les pieds sur terre, sont souvent un peu sur la lune, perdus dans leurs rêveries !

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année de marche et de méditation en vous remerciant de votre amicale fidélité.

Publié par Raymond Joyeux
le samedi 15 février 2025

8 commentaires pour Plaidoyer pour la marche

  1. yves.espiand@sfr.fr dit :janvier 18, 2019 à 8:51 Salut Raymond et meilleurs voeux. Tu connais mon avis sur l’ « ultra motorisation » de notre chère ile. Cet engouement reflète la paresse de l’effort pourtant valorisant qu’est le déambulage pour admirer les beautés de l’archipel. C’est entré dans les moeurs dommage. Amitiés Réponse
  2. vonvon dit :janvier 18, 2019 à 11:09 et il semblerait qu’il y a un projet de feux rouges je pense que les riverains de ces feux vont devoir supporter les scooters pétaradants stoppés à ces feux bon courage à eux …l’ancien maire avait eu une bonne idée, pour une fois, en instaurant des bandes jaunes pour limiter les stationnements sauvages devant les portes des habitants. Il y a une solution, je pense, en faisant remarquer aux instances concernées, une mise en avant du danger envers la faune, la flore, et la santé des Saintois ils l’ont fait en france sur certaines îles pourquoi pas ici ?Réponse
  3. Liliane CORBIN dit :janvier 18, 2019 à 9:51 Afin que l’île retrouve la sérénité d’antan, il faudrait peut-être interdire les véhicules à moteur et autoriser seulement les engins qui fonctionnent avec, non pas de l’huile de coude, mais … de genou. Et tant pis si quelqu’un me rétorque qu’avant l’on s’éclairait à la bougie et que l’on utilisait les charrettes pour le transport des marchandises !!!Réponse
  4. raymondjoyeux dit :janvier 19, 2019 à 8:12 Votre proposition, chère Liliane, ne serait pas une régression, mais tout simplement un retour au bon sens ! D’ailleurs nos deux précédents maires s’ y étaient collés. Entre 1991 et 2003, Robert Joyeux et Louis Molinié avaient successivement signé de nombreux arrêtés municipaux pour tenter de maîtriser la situation. Le dernier en date de ces arrêtés – toujours en vigueur puisque jamais aboli – préconisait l’interdiction totale de la circulation motorisée dans le bourg. Dans notre chronique du 5 juillet 2015, nous évoquions longuement cet épineux problème. Malheureusement, la tournure actuelle des événements ne semble pas plaider pour une solution raisonnable en ce domaine :https://raymondjoyeux.com/2015/05/07/circulation-larrete-municipal-oublie/embed/#?secret=e7n5wfzyfW#?secret=SZaKtQY6BrRéponse
  5. raymondjoyeux dit :janvier 19, 2019 à 8:21 Pour compléter cette chronique sur la marche, je vous propose la relecture de celle du 17 janvier 2014 : Une balade au Chameau en compagnie de Roméo Léon :https://raymondjoyeux.com/2014/01/17/une-balade-au-chameau/embed/#?secret=SmS2USZAnz#?secret=39rY8i82lnRéponse
  6. ALAIN JOYEUX dit :janvier 20, 2019 à 9:44 « Quand le monde était grand, car on allait encore à pied… »Si tout ou presque est dit sur les vertus de la marche (grand merci au passage pour le relais de ce petit tableau et sa très pittoresque fote d’ortografe !), l’utilisation des deux roues pétaradants génère parfois un effet comique bien qu’au final pathétique : Voici que certain(e)s trouvent tout à fait normal de garder leur casque vissé sur leur tête lorsqu’il rentrent, par exemple, dans les commerces ! Nous voyons alors déambuler , aux heures de pointe, quantité de « playmobiles » qui, lorsqu’ils se rencontrent au rayon fromage, se font même la bise sans ôter leur coquille de burgot qui leur couvre le chef.
    Très drôle mais, excusez moi ceux qui se reconnaîtront, grotesque et pathétique (j’assume la répétition).Pour ma part, les visiteurs de la galerie où j’expose quelques unes de mes créations à Terre de haut sont informés par un casque peint portant cette mention : « Ici, j’enlève mon casque » ; sous titré à propos de l’objet : « protège le crâne mais enferme l’esprit » . Tout comme l’on ôtait son chapeau par respect dans les salutations d’autrefois, il me semble que de prendre le temps d’enlever son casque, même pour une course d’une minute à la boulangerie, est une marque de courtoisie élémentaire, un gage de bien vivre ensemble… combien de jeunes dans cette attitude ne font qu’imiter leurs parents ?Cet oubli apparemment anodin, sans doute inconscient, et somme toute pas si grave, ne concerne pas bien sûr tous scooteristes et motards. Il est pourtant selon moi symptomatique d’un état d’esprit ambiant : vite, vite… pas le temps … peur ? … « je ne reconnais plus personne en Harley Davidson » ! tableau surréaliste donnant l’impression de vivre dans une banlieue suburbaine ! Hého, les saintois ? Hého ? il y a quelqu’un ? … arrêtons de nous croire comme à la télé… dans un stress permanent illusoire.Je profite de cette chronique pour adresser un message à tous nos amis motorisés : « S’il vous plaît, Lorsque que vous arrêtez pour parler avec vos amis, eux même en scooter, au lieu du dialogue de sourds qui s’en suit, où chacun hurle pour vous faire entendre et comprendre ( car bruit du moteur + casque- je ne parle même pas du smartphone qui se manifeste en même temps !)… coupez le contact… prenez le temps… Merci ! … ou alors, marchez maintenant ! Pour se parler entre humains, c’est beaucoup plus SYMPATIQUE !Réponse
  7. ALAIN JOYEUX dit :janvier 20, 2019 à 9:59 Au passage un message aux visiteurs de passage dans notre île:L’île est petite, profitez, marchez !!! enfin les vacances, un peu de sport fera du bien et vous n’aurez pas l’air d’une quiche avec votre casque et la charlotte en dessous ! aah, aah…
    même en scooter on ne verra pas tout !Il est vrai que les commerces de location de véhicule et de visites guidée à la sortie du bateau peux faire croire à la nécessité d’un moyen de locomotion… poudre aux yeux ! sans compter le danger. Ici, trop d’accidents de la route. Il ne se passe pas une semaine sans que l’hélico ne vienne évacuer un accidenté grave sur la route.
    Le vélo éléctrique paraît plus soft et convivial mais est au moins aussi dangereux…Si vous n’êtes pas souffrant, que vos jambes et votre souffle fonctionnent encore , marchez !
    gardez votre argent pour vous payer de bons restaurants, un livre de poésie d’un auteur saintois ou un tableau à ma galerie !Réponse
  8. vonvon dit :janvier 21, 2019 à 7:16 j’ai passé un excellent moment à lire les 2 commentaires d’Alain, commentaires plein de vérité et de vécu mais hélas je n’ai qu’une crainte: que les concernés ne lisent pas ! par contre les usagers qui déambulent dans les magasins ou parfois dans les rues avec leur casque me confirme que nous sommes sur une autre planète ….PTDR !!Réponse

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Bizarre hasard ou l’heureuse rencontre littéraire à l’épicerie Vival…

Le dimanche 9 février 2025, sorti pour une course en milieu de matinée et, m’apprêtant comme chaque jour à consulter les nouveautés de notre minuscule bibliothèque-armoire Libres Livres, je me retrouve nez-à-nez avec un jeune couple qui photographie la couverture d’un ouvrage, placé de face sur un rayonnage.

Heureux de cette opportunité, je lie spontanément conversation avec ces sympathiques visiteurs de passage aux Saintes, imaginant qu’ils ont déniché la perle rare et qu’ils la photographient pour immortaliser leur trouvaille.

Non. En réalité, c’est la jeune femme qui a apporté son propre ouvrage et, avant de le confier aux lecteurs, le photographie comme témoignage et souvenir de sa contribution. J’apprends au cours de notre conversation que c’est la première publication de cette jeune auteur (je rechigne à mettre un e à ce mot et refuse esthétiquement d’employer autrice ou écrivaine) : un recueil de nouvelles que, d’une calligraphie appliquée d’artiste, elle a superbement dédicacé en ces termes : 

Terre-de-Haut, le 09/02/25

Chers lecteurs des Saintes et d’ailleurs, en vacances aux Saintes, je découvre la charmante bibliothèque de Livres libres de Terre-de-Haut. Alors j’y dépose mon premier recueil de nouvelles qui vous emmènera en voyage à la rencontre de personnages aux destins multiples.
Si vous l’aimez, faites-moi un petit coucou sur les réseaux sociaux, cela me fera très plaisir.
Je vous souhaite de belles lectures et de beaux voyages.
Axelle.

Au cours de notre conversation, après avoir fait plus ample connaissance, je les renseigne sur l’origine de notre petite bibliothèque et leur propose un échange : j’emprunte momentanément l’ouvrage de l’auteur et lui offre en contrepartie ma dernière publication chez CaraïbÉditions : Ti-Auril, l’enfant sauvage du Grand-Îlet, lui promettant, comme elle le souhaite, de la contacter après lecture de son livre pour lui donner mon avis.

Qui est Axelle Rallier du Baty, l’auteur de Hasards bizarres… ?

Pour le savoir, je me rends sur son site, axelle-rallierdubaty.com et trouve cette notation : « En l’an de grâce 1985, dès que, fille du matin, parut l’aurore aux doigts de rose, une autre fille du matin apparut : moi ! 
Je n’attendis pas bien longtemps avant de tenir un crayon entre mes doigts, dessinant sur tous les supports qui voulaient bien se présenter »…

Tout de suite, la métaphore qui peut paraître anodine bien que pittoresque : l’aurore aux doigts de rose, attire mon attention et me renvoie à l’Odyssée d’Homère, dans la traduction de Victor Bérard, celle que je préfère, et constate alors que cette jeune auteur est une passionnée de poésie, nourrie de culture antique et, à n’en pas douter, également de musique classique, dont le piano, qu’elle doit certainement pratiquer. Musique, poésie et culture tout court qui jalonnent chacune de ses onze nouvelles que je me suis empressé de lire quasiment d’une traite..

L’ouvrage d’Axelle Rallier du Baty

Publié en 2023 en auto-édition, sous une illustration symbolique de l’auteur, ce petit ouvrage de 235 pages nous propose une fresque de onze nouvelles dont les personnages, comme précisé en quatrième de couverture, voyageant « de la France à la Chine, se heurtent aux murs qu’on leur a imposés ou qu’ils se sont eux-mêmes construits. Mais un événement, une rencontre, peut faire basculer l’existence la plus banale dans un univers parallèle déroutant, bizarre, et aussi furieusement vivace. Entre ironie, poésie, magie, la vie leur réserve de bien étranges surprises. » Autrement dit, la définition même de la nouvelle comme genre littéraire.

Servie par une imagination collant à la réalité, quand elle n’est pas carrément fantasque comme dans Le jardin, des dialogues bien menés et une belle écriture toute de simplicité efficace, la structure classique de la nouvelle, avec un minimum de personnages, est en effet à chaque fois parfaitement maîtrisée. Une situation initiale, positive ou négative, un élément perturbateur (le zèbre de la couverture ? ), une situation finale inattendue, (arrivant à mon gré parfois un peu trop brutalement), à l’opposé de celle du départ. Le tout habilement agencé, sans heurt ni hiatus, dans un parfait enchaînement des différentes péripéties du récit qui semble couler de source… Pour ne parler, bien entendu, que de la technique et des procédés d’expression, laissant de côté dans cette présentation les thèmes et la philosophie sous-jacente des situations évoquées, des rapports et interactions entre les personnages, de l’influence du contexte familial, culturel, social et géographique où ces derniers évoluent.

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Inutile de dire que j’ai pris grand plaisir à lire ces courts récits et pourrais sur chacun d’eux donner un avis enthousiaste. Mais je vous laisse, lecteurs, lectrices, le loisir de les découvrir par vous-mêmes sans influencer votre jugement. Je préciserai simplement que ma préférence va à Tempête et sa conclusion particulièrement originale ; et que celui qui m’a le plus touché s’intitule Vacances, évoquant l’attachement d’une petite fille pour son chien Tango…

Pour finir, je vous propose cette magnifique illustration de l’auteur par elle-même, sans oublier de la remercier pour le partage de son livre avec les lecteurs de notre île, de la féliciter pour son talent d’artiste et d’écrivain… et de vous souhaiter, à vous lecteurs et lectrices, d’agréables moments en compagnie des surprenants personnages aux destins distincts de la fine, sensible et prometteuse Axelle Rallier du Baty.

Raymond Joyeux

PS. Après lecture, comme convenu, j’ai déposé le livre dans l’armoire-bibliothèque Libres Livres à l’épicerie Vival de Terre-de-Haut. Chacun peut donc le consulter le temps qu’il faut, avant de venir le remettre dans l’armoire pour d’autres lecteurs et lectrices. Au nom de tous les amoureux du livre, merci de votre compréhension.

Publié par Raymond Joyeux
Le mardi 11 février 2025

Publié dans Chronique littéraire, Littérature, Uncategorized | 3 commentaires