La chronique du jardinier – première séquence

AVRIL 2025

Vendredi 11, jour d’arrivée

Soleil. L’herbe est belle, haute et brillante. Et toute la vie qui grouille sous le couvert de cette mer végétale, hérissée comme une anémone géante. Vivantes algues ballottées par les courants d’air.
C’est l’image qui me vient. Quel travail à venir au carré des plantations et autres parcelles à cultiver !

La nuit porte conseil. Rêve de pelouse rase, lisse comme une mer d’huile verte. De terre labourée. Sans taupinières ni touffes récalcitrantes inarrachables. La nature n’a que faire des soucis du jardinier.
Elle est votre amie à condition de la cajoler. Ne ne pas l’abandonner six mois d’affilée. Seule trop longtemps, sans surveillance, elle se démène comme elle peut et s’égaille en tous sens. C’est un enfant qui aime la vie.

Samedi 12

Pluie abondante. Tout est gris. Mouillé. 
Douce chaleur du poêle.
Dehors je suis un naufragé sur une barque minuscule au milieu de vagues immenses.
Cette impossibilité de préparer le jardin me désole.
Tous les appareils de jardinage sont au repos.
Petite éclaircie à 11 heures. Le romarin a fleuri et embaume son aire. Son parfum méditerranéen me remplit de soleil.

Lundi 14 

Temps maussade avec éclaircies.
Débroussailleuse devant la maison.
À 16 heures : pluie et ciel noir.
Rêve de l’escargot.

Mardi 15

14h 30 : Réception de l’artisan-jardinier pour devis bêchage et fraisage à venir au grand jardin (25m2) prévus le 29 de ce mois, en matinée.

Mercredi 16

5° au lever. Ciel entièrement couvert.
Tout est mouillé à l’extérieur.
RAS au jardin.

Jeudi 17

4° au réveil. J’allume le poêle.
Ciel maussade, herbe humide, impossible à faucher. 
Débroussailleuse au repos.
J’avance dans le livre de Marie-Sylvie Dionne. Heureusement, j’ai craqué.
Suis-je sur le point de craquer à mon tour ?

Vendredi 18

Miracle : soleil au lever. 
Débroussailleuse, deux heures.
Essai démarrage tondeuse.
Premier oiseau aperçu.

Samedi 19

Ciel nuageux. Vent violent.
Poêle allumé.
18 h : baisse du vent, soleil aperçu entre les nuages.
Rien au jardin. Sinon l’herbe, indifférente, qui continue sa poussée.

Dimanche 20 avril

PÂQUES

Lever 7h30
Repas traditionnel polonais.
J’oublie le jardin.

Lundi 21

Temps couvert
T° 7 degrés
Alex rentre les bûches du mur rouge à la réserve de bois près de l’appentis. Travail de force avec brouette. À trente ans, présomptueux, étais-je capable de le faire… sans brouette ? Sic transit gloria mundi.

Mardi 22

Saint-Alexandre. Le vainqueur des héros.
Ciel modérément printanier tout en douceur. Nuages en pointillés suivant les éclaircies. Feu continu au poêle.
Après-midi : débroussailleuse petite parcelle du potager. Pas de vent.
Vaine tentative de brûler le tas de broussailles humides qui tentent de sécher, résidus de l’an dernier.

Mercredi 23

Soleil au lever vite remplacé par une petite pluie. Je suis prisonnier à la maison. 11h, à peine puis-je sortir chercher du bois pour le poêle.
15 h. À l’appel d’une éclaircie, j’explore le carré de menthe envahi d’herbes et autres petites oseilles sauvages. Cueille quelques feuilles pour la tisanière.
Aperçu un col-vert, long cou tendu en direction de l’Est. Petit miracle jouissif en cette atmosphère automnale. À 20 heures, six degrés au dehors.

Jeudi 24

Pluie le matin qui se calme l’après-midi. J’en profite pour biner le parterre des salades : bêche et râteau sont au travail. J’émiette le sol à l’aide du casse-mottes. Il ne reste plus qu’à se procurer une trentaine d’espèces variées et à les repiquer à la place des courgettes de l’an dernier .
Côté grand jardin, j’enlève les bordures en bois de palette à moitié désagrégées pour les remplacer par d’autres en ciment lorsque le motoculteur aura retourné la terre.

Vendredi 25

Six degrés au lever. C’est désespérant. Seule consolation : des nuages mais pas de pluie.
Bon travail l’après-midi. Déboussailleuse au grand carré pour permettre le passage du motoculteur le 29. Je découvre une série de petites salades qui ont résisté à l’hiver. Tout le potager est dégagé. On voit bien ce que sera l’ensemble dans quelques jours. Premier coucher de soleil depuis notre arrivée.

Samedi 26

Brouillard matinal. Enterrement du pape François.
Je laisse le jardin au repos et travaille sur le livre de Marie-Sylvie Dionne.

Dimanche 27

Tristes nouvelles : décès d’Yves Lorgé aux Saintes et de la mère de notre ami Jean-Claude Lavaud. Journée de recueillement. Le jardin aussi a besoin de paix. Il se recueille à sa manière et honore les morts pour des festins à venir !

Lundi 28

Grand soleil. À la serre du Temps des fleurs, achat de 10 plants de tomate, 30 de laitue, 10 de poirées, et de quelques fleurs décoratives pour l’auge du pignon.

Mardi 29

Soleil au lever. Grand bonheur.
9h, arrivée du motoculteur et de la fraise à émietter les mottes.
Deux heures de pleine action, le jardin se prépare sérieusement alors que l’herbe autour continue en silence sa course vers le haut.

Mercredi 30 avril

Toujours grand soleil. Ô joie déliée dans les hauteurs du ciel. Ce vers de Saint-John Perse m’illumine à chaque parcelle de bonheur.

Toute la journée, genoux au sol, à installer les nouvelles bordures ciment. Travail de précision avec enfouissement, ligne tendue et niveau. Ne jamais faire les choses à moitié. Le potager a des exigences qu’il faut satisfaire, si vous voulez qu’il vous gratifie en retour. Vous posez une bordure de travers, ne vous étonnez pas de voir tomates, courgettes, haricots… pousser de travers.

Merci, mon père, pour m’avoir appris à me servir d’un niveau et d’une ligne de maçon, toi qui fus charpentier-menuisier-ébéniste, marin-pêcheur, constructeur de canots et de meubles, à l’égoïne et à la varlope… et qui, comme moi, tenais chaque jour tes carnets de maître senneur.

En guise de conclusion

C’est la fin du mois d’avril. Après 20 jours d’activités diverses, le jardin est presque prêt pour les semaines à venir.
Je lis dans le recueil de poésie taoïste offert par Alain, ce poème, pour vous l’offrir à mon tour en guise de conclusion de cette première séquence de jardinage :

Il a plu la nuit dernière, je porte des sabots légers
le printemps est froid, je me couvre d’un vieux manteau ouaté

j’ouvre une rigole pour canaliser l’eau limpide
entre les saules éclosent les fleurs rouges des pêchers
mon champ d’herbes ressemble à un échiquier
à la lisière de la forêt je soulève la pierre de la bascule à eau
puis avec mon bonnet en peau de cerf
et mon bâton,
au soleil du crépuscule je disparais
dans les broussailles.

*****

Ce magnifique poème mis à part,
les autres textes, écrits au jour le jour et les photographies sont de
Raymond Joyeux.

Publié le samedi 31 mai 2025










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Lettre à Marie-Sylvie Dionne à propos de son livre : Heureusement, j’ai craqué…

L’auteure

Marie-Sylvie Dionne est québécoise. Avec une maîtrise en éducation des adultes et plus de 30 ans en consultation, elle a fondé et dirigé deux entreprises de services conseils, en plus de partager son expertise comme chargée de cours au collégial (enseignement supérieur) et à l’université. Blogueuse pour le Huffington Post durant six ans, elle s’est désormais consacrée à l’écriture et à la création de contenu, inspirée par son parcours de consultante et de formatrice.
Site Internet : https://www.mariesylviedionne.com

L’intrigue

À trente six ans, Stéphanie pensait avoir une vie bien rangée. Jusqu’au jour où tout bascule. Un incident au travail, une ligne franchie, une trahison, une découverte… et son monde s’écroule. En quête de répit, elle accepte une invitation en Guadeloupe. Mais au lieu du refuge espéré, elle se retrouve face à son passé. Coincée sur une île aussi belle que troublante, elle devra affronter ses blessures les plus profondes et dénouer les fils invisibles qui la retiennent captive.

Mon commentaire


Titre et couverture

Ma première impression concerne le titre et la couverture de votre livre. Je trouve que les deux, image et titre, résument et reflètent parfaitement le contenu de l’ouvrage : une marche des ténèbres vers la lumière. Deux éléments qui, du fait de leur chronologie respective, prennent le contrepied du titre comme une sorte de symétrie inversée, l’adverbe Heureusement devant logiquement se situer en fin d’expression puisqu’il qualifie l’état terminal du personnage parvenu à la sortie lumineuse du tunnel. Mais où il est placé sur la page, en tête du titre, il figure aussi comme une prémonition, anticipant le résultat positif de la démarche et du travail accompli par l’héroïne pour se retrouver, tout en renseignant le lecteur sur la fin heureuse de son parcours initiatique. J’ai craqué, expression négative qui symbolise la rupture, spontanée ou réfléchie, d’avec une situation antérieure invivable, est le point de départ, autrement dit le déclenchement de la démarche libératrice qui s’ensuit. 

Ce titre antinomique rappelle celui qu’Albert Camus a donné à son premier roman : La mort heureuse qui était une sorte de brouillon de L’étranger. Deux ouvrages dont le nom du héros, Meursault, est la contraction de mer et soleil. Or Stéphanie, pour se libérer du « lourd nuage » de son passé, de l’emprise mortifère de son ancienne vie, familiale, professionnelle, sociale, à la suite de ce que l’on appelle aujourd’hui un burn-out, est contrainte de quitter son Canada natal pour se rendre justement à la mer et au soleil : la Guadeloupe, les Saintes, la Dominique… et pour finir naviguer sur un voilier entre mer et soleil. La boucle est bouclée.

Étrangement, on trouve dans le roman de Camus un personnage qui s’appelle Raymond dont, à première vue, l’attitude est à l’opposé de celle dévolue au personnage du même nom dans votre récit. Encore que ce point de vue pourrait se discuter, puisque chez Camus, tout comme Raymond Sintès est à l’origine du meurtre commis par Meursault, qui est pour ce dernier une sorte de libération, chez vous, Raymond participe lui aussi, à son échelon, même minimement, à conduire Stéphanie vers sa propre libération, laquelle fait suite à la mort symbolique de sa vie antérieure.

Avec leur similitude d’identité, on peut donc établir un double parallèle entre ces deux personnages. Tout cela, j’imagine, n’est peut-être que pure coïncidence, mais rien n’empêche de le souligner, comme on peut souligner également que sa sœur Brigitte, par son rôle déterminant d’instigatrice du départ de Stéphanie, se rapprocherait davantage du Raymond de Camus puisque liée directement à ce départ ! Le comportement négatif par ailleurs immoral, et particulièrement exécrable envers les femmes, de ce trouble personnage camusien en moins, bien entendu.

Écriture

D’emblée, on peut observer dans votre texte l’usage fréquent de la métaphore. Dès la première ligne, vous parlez de la fenêtre du temps. Puis, plus loin, de la bombe de frustration, de la valeur boursière de ma vie, de lessiver mon esprit, de l’enveloppe de son cœur … Et ainsi, assez souvent, me semble-t-il, dans le cours du récit.

Je suis admiratif de la capacité de certains écrivains et écrivaines à employer naturellement cette figure de style qu’on retrouve fréquemment chez les auteurs antillais. Je pense que je n’ai pas l’imagination suffisamment fertile pour en inventer spontanément. De plus, j’ai un ami poète qui m’a beaucoup influencé en me répétant qu’il fallait bannir la métaphore de ses écrits, tout comme certains méprisent l’usage de l’adjectif. Pourtant je trouve que la métaphore colore joliment l’expression et matérialise la formule par l’image, la rendant plus « parlante ». 

S’il faut faire une comparaison, mon écriture est différente de celle de votre livre sur ce point. Peut-être aussi parce que mes lectures m’ont formaté en ce sens. J’ai rarement trouvé en effet de métaphores chez Modiano, par exemple, ou chez Le Clézio, ou chez aucun autre de mes auteurs habituels dont les énoncés linéaires me conviennent parfaitement. Si bien que, sauf peut-être en poésie où je l’utilise, il m’arrive de trouver mes récits narratifs parfois un peu plats, sans grand relief.

Mais il m’arrive aussi d’être (modérément) agacé de repérer chez les auteurs antillais (Guadeloupe et Martinique – moins chez les Haïtiens) des tournures créoles récurrentes à tout bout de champ. Ils en font parfois un usage tellement abusif que leur style sent la recherche, la posture imposée. Ce qui nuit, à mon sens, à la spontanéité et à l’universalité de leur écriture. Faire constamment, à tout prix, couleur locale enferme selon moi le message dans un contexte géolinguistique réducteur. Dans votre livre, les tournures québécoises existent mais elles sont rares et ne tombent jamais dans l’excès, coloriant au contraire au passage le récit d’un supplément d’originalité, sans jamais s’apparenter à un tic de langage. De ce point de vue, vous n’êtes pas Antillaise !

Ce qui m’a étonné cependant, pour une écrivaine canadienne francophone, c’est de trouver dans la bouche de Charlie, la navigatrice, des bribes de dialogue en anglais. Je comprends fort bien la raison et cela ne me choque pas. Mais si je me réfère au rejet systématique de l’anglais de la part d’un ami canadien (il est natif de Toronto) qui a renié sa langue natale au profit exclusif du français, je pensais que tous les Québécois francophones avaient la même attitude. Partant de cette constatation, vous concernant, je présume que vous ne faites pas partie de ce courant linguistique anglophobe au Québec qui s’inquiète – à juste titre ? – d’un envahissement de la langue de Shakespeare au détriment du français.

Vocabulaire et thème développé

Il n’échappera à aucun lecteur, même ignorant de votre cursus universitaire et de votre profession d’analyste, que votre vocabulaire et votre expression narrative soient constamment imprégnés de termes, de formulations et de procédés d’analyse liés à votre formation et à votre pratique de psychothérapeute. Ce qui est tout à fait normal. Non seulement d’ailleurs au niveau de l’énoncé mais également dans la démarche cathartique entreprise. Par le personnage principal lui-même d’abord, Stéphanie, qui semble être votre double, mais aussi par son amie navigatrice, visiblement férue de connaissances psychanalytiques, et pour finir par le doctèfey dominiquais dont, après tout, c’est disons-le, la spécialité. Je laisse de côté le gadézafè saintois et ses poulets qui n’a qu’un rôle accessoire d’intermédiaire. Encore que ! N’empêche que des lecteurs pointilleux trouveront peut-être excessif, sinon factice, le fait que vous ayez attribué trop facilement et sans doute d’instinct ce don d’analyse à des personnages dont, dans votre roman, ce n’est pas a priori la spécialité. En ce qui me concerne, cette constatation ne me dérange pas particulièrement. Même si je porte un regard plutôt dubitatif quant à l’efficacité et l’intérêt de la tendance très à la mode de la recherche du bien-être à tout prix et des procédés engagés pour y parvenir. J’ai observé cette tendance curieusement chez des amis québécois, toujours à l’affût d’explication à des postures jugées étranges, ou des affects perçus comme perturbés ou négatifs, chez eux comme chez autrui dans le but évident d’en « comprendre » l’origine et les rouages, et d’y porter remède. Ce qui a fait que j’étais enclin à penser que cette recherche d’explication récurrente des attitudes comportementales ou mentales était une spécificité québécoise !

Un concept très prisé aujourd’hui : le développement personnel

Mais en France aussi et aux Antilles, les ouvrages sur ce sujet de la recherche du bonheur individuel, du bien-être et autre développement personnel abondent dans les librairies et beaucoup de leurs auteurs s’improvisent coachs, sans peut-être posséder comme vous les compétences et le bagage requis. Je m’empresse cependant de préciser que votre livre est loin d’entrer dans la catégorie susnommée. C’est avant tout un beau roman qui met en évidence de façon convaincante l’origine et les effets d’une situation initiale traumatisante liée à des rapports souvent familiaux douloureux, profondément enfouis et objet de déni, jusqu’à ce qu’intervienne la rupture bienfaisante et brutale pour un dénouement heureux. Pour un nouvel appareillage en quelque sorte. Ce qui sera fait.

Je suis admiratif du chapitre intitulé La transmission. J’ignore comment vous avez imaginé la mise en scène, les interventions et le jeu de rôle des différents avatars. Je suis tenté de penser que finalement vous avez vous-même vécu cette expérience, ou en avez été le témoin actif, pour si bien la décrire, et que Stéphanie n’est en fait qu’un prête-nom. Dans tous les cas, j’ai beaucoup appris de votre livre, ignorant parfaitement l’existence d’une telle approche finale du sujet. Si tant est qu’elle soit authentique. Ce dont je ne doute pas.

Enfin, en plus de l’ensemble du livre, j’ai beaucoup apprécié le dernier chapitre qui est la synthèse du projet romanesque et espère que vous jugerez de façon bienveillante cette analyse rapide et superficielle de votre ouvrage. Vous demandant de pardonner les incongruités, les oublis, les interprétations approximatives ou fantaisistes de votre intéressant récit et, en fin de compte, de vos intentions d’auteure. 

Et c’est avec le même plaisir et l’enthousiasme que j’ai éprouvés à le découvrir que je conseille aux lectrices et lecteurs de ce blog la lecture de votre ouvrage qu’ils peuvent commander chez leur libraire ou sur n’importe quel site d’expédition. En précisant son titre : Heureusement, j’ai craqué, et le nom de l’auteure : Marie-Sylvie Dionne, aux éditions Libre Rivage février 2025.

                                                                                                         Très amicalement
 Raymond Joyeux
Le 24 avril 2025

Publié par Raymond Joyeux
le Mercredi 21 mai 2025

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L’émouvant hommage de sa famille à Denis Cassin

Décédé des suites d’un malaise cardiaque, le samedi 3 mai dernier, Denis Cassin, 87 ans, épouse de ma sœur Maryse, a reçu un émouvant hommage de la part de ses enfants lors de ses funérailles célébrées en l’église de Terre-de-Haut ce mercredi 7 mai.

Voici le texte qui a été lu à l’église par son fils Bruno en cette circonstance

Cher papa,

Quelle épreuve pour nous aujourd’hui, pour ton épouse, notre maman Maryse, pour tes enfants, tes petits et arrière-petits enfants, pour notre grande famille et tous tes nombreux amis, de devoir entendre prononcer en cette église ton éloge funèbre. Nous aurions préféré que ce soit le plus tard possible. Mais le destin en a décidé autrement et c’est avec émotion qu’en leur nom à tous et toutes, j’ai la douloureuse tâche d’évoquer brièvement l’homme, le mari, le père, le grand-père et arrière grand-père exceptionnel que tu as été. Sachant que ta modestie en aurait certainement souffert.

S’il est impossible, en si peu de lignes, de résumer ton passé, de résumer ta vie, tant elle a été riche d’engagement, de générosité, d’amour prodigué et reçu, de travail et d’abnégation, mais aussi de tant d’heureux événements, je ne retiendrai que ceux qui nous ont le plus marqués et qui constituent une grande part de l’héritage moral que tu nous as laissé. 

L’exemple d’abord d’un jeune homme épris de saine ambition, qui a su gravir toutes les étapes d’une ascension professionnelle hors du commun, puisqu’à force de volonté, de nuits blanches et de sueur, tu es passé de modeste agent d’exploitation à directeur départemental adjoint de l’administration postale de la Guadeloupe. Et que non content d’accomplir avec sérieux et compétence cette tâche de haute responsabilité, tu n’as eu de cesse d’aider à des degrés divers nombre de tes jeunes compatriotes à entrer dans la maison de cette grande fonction publique. Comme tu n’as jamais hésité à entreprendre, pour beaucoup d’autres, qui se reconnaîtront, des démarches par courrier ou déplacement personnel, aux tatillons services de la préfecture, des impôts, du cadastre, de l’urbanisme, de la Sécurité Sociale, des affaires maritimes… 

Et, c’est fort de ce rapprochement étroit avec une bonne partie de sa population que tu as cru bon devoir briguer par deux fois le poste de haut magistrat de ta commune, heureusement sans succès. Heureusement, dis-je, sans succès, non que tu n’aurais pas été un bon maire, sans doute l’un des meilleurs que nous aurions eu à connaître à Terre-de-Haut, à l’exemple de ton légendaire grand-père Benoît Cassin, mais parce que cette fonction de tous les instants t’aurait volé tout ton temps, ta disponibilité et ton énergie. Énergie et disponibilité désintéressées que tu as investies dans divers domaines au service de tes compatriotes, en créant, par exemple, avec d’autres cette association sportive qui porta haut les couleurs de notre jeunesse en natation, l’Avenir Saintois des années 60 dont tu as été le président pendant sept ans, alors que tu étais toi-même joueur de volleyball dans une équipe de Basse-Terre. 

Mais au nom de ta descendance dont je suis ce soir le porte-parole, je manquerais à tous mes devoirs si je n’évoquais pas ton rôle de mari et de père de famille aimant, affectueux et compréhensif. Une famille qu’en 62 années de mariage avec notre mère Maryse, tu as contribué à éduquer par l’exemple et à faire grandir dans l’exigence, l’amour du travail et l’honnêteté. Une famille unie de 4 enfants, 8 petits-enfants et 4 arrière-petits-enfants, qui, avec tes frères Michel, Daniel, Guy et Claude, mais aussi avec tes nombreux amis, parents et connaissances des Saintes, de Guadeloupe et de métropole, pleurent et regrettent aujourd’hui ton départ prématuré. 

Cher papa, à l’heure de te dire au revoir, j’unis à moi cette famille qui fut la tienne, et toute la communauté saintoise, respectueuse de ta personne, pour te dire combien nous t’aimions et que, par-delà ta disparition physique et la douleur que nous éprouvons aujourd’hui, cet amour continuera de t’accompagner. Un amour aussi fort que celui que tu nous as prodigué durant ta vie terrestre, pour lequel nous t’exprimons nos remerciements, notre affection et notre reconnaissance.

Un dernier mot, cher papa qui, nous sommes sûrs, te fera plaisir : sois sans crainte pour tes cabris et moutons. Avec ton ami Pierre, nous en prendrons soin, comme tu l’as toi-même fait de ton vivant, avec bonté et bienveillance, et qui, eux aussi, à leur manière, comme nous tous, ressentent sans doute déjà cruellement ton absence. 

Publié par Raymond Joyeux
Le jeudi 8 mai 2025

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Au revoir tonton Yves…

Une immense tristesse

C’est avec une immense tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès de notre compatriote et cousin Yves Lorgé, que tout le monde appelait aux Saintes Tonton Yves.

Aîné d’une famille de 9 enfants, il était né à Terre-de-Haut le 31 juillet 1934 et voguait tranquillement vers ses 91 ans, achetant tous les jours son journal et faisant lui-même ses courses à l’épicerie. Aimé et apprécié de tous, ce surnom familier de Tonton Yves lui allait parfaitement. Il était ainsi appelé non seulement par respect pour son âge vénérable mais aussi et surtout pour son comportement amical, accueillant et convivial, proche de la population et de chacun de ses membres, incarnant les valeurs communautaires et familiales de fraternité, de simplicité et d’empathie.

Victime d’une fracture du col du fémur, à la suite d’une chute malheureuse à son domicile du Fond-Curé le 4 avril dernier, il avait été opéré avec succès au CHU de Pointe-à-Pitre où il est décédé dans la soirée du samedi 26, probablement d’une infection nosocomiale. Ses obsèques ont été célébrées ce mardi 29 avril 2025 en l’église de la paroisse et c’est en présence d’une foule immense qu’il a été accompagné en sa dernière demeure au cimetière marin de Terre-de-Haut, face aux impressionnants rouleaux de la plage de Grande Anse, assidument fréquentée dans sa jeunesse.

Issu d’une lignée de marins

Marin de profession dès l’âge de 18 ans, tonton Yves avait de qui tenir. Son père, Léon Lorgé fut, en effet, avec son oncle Auguste, parmi les premiers armateurs saintois à assurer la liaison régulière de passagers avec la Guadeloupe via le port de Trois-Rivières sur la goélette Cassiopée. Alors que les frères Jacques : Jean, Gerville et Guy, assuraient celle de Basse-Terre avec la Belle-Saintoise.

Mais avant de devenir lui-même armateur, Tonton Yves exerça pendant longtemps le dur métier de marin-pêcheur, à une époque où les professionnels saintois se rendaient jusqu’à Saint-Barthélémy pour de fréquentes et longues campagnes de pêche, ne regagnant qu’occasionnellement les Saintes aux fêtes du 15 août, de Noël et de Pâques.

De patron de pêche à capitaine de navire à passagers

Avec l’arrivée de la vedette familiale Princesse Caroline en 1972, Tonton Yves change de catégorie professionnelle puisque de simple patron de pêche, il accède au grade de capitaine de la marine marchande en prenant le commandement de cette nouvelle unité de transport de passagers, avec toutes les compétences et les responsabilités requises pour cette activité. Et c’est, embarqué sur ce navire, après plusieurs années de service, qu’il signera sa retraite de marin en même temps que son jeune frère Jules qui avait lui-même navigué auparavant sur des pétroliers français et internationaux.

Princesse Caroline – Photo communiquée par Jules Lorgé

Un retraité actif et engagé

Plutôt que de rester tranquillement chez lui en la maison familiale du Fond-Curé, replié sur lui-même, mais bon pied, bon œil, à profiter sagement de sa retraite, tonton Yves n’avait de cesse de vivre pleinement aussi bien avec les uns qu’avec les autres, et de se rendre utile. Par ses conseils judicieux, sa participation à des associations, son engagement citoyen, il a montré que l’expérience acquise pouvait se partager et qu’en dépit de l’âge, on pouvait également s’intégrer parfaitement à la communauté comme n’importe quel autre actif.

C’est ainsi qu’il a été conseiller municipal et membre de l’Association Les Mille Fleurs aux manifestations de laquelle il n’avait jamais manqué de participer, aussi bien à Terre-de-Haut qu’à Terre-de-Bas. Et comme le hasard fait souvent les choses à sa guise, c’est à la veille de la fête annuelle 2025 de cette Association que Tonton Yves nous a quittés, comme un clin d’œil à ses amis sociétaires. Les plongeant aujourd’hui, avec sa famille, ses proches et tous les Saintois dans la peine et l’émotion.

Tonton Yves, au repas des 34 ans de l’Association Mille Fleurs – Février 2019 – Ph Raymond Joyeux

Hommage et adieux mérités

Comme en témoignait la longue chaîne des participants aussi bien à l’église que sur le chemin du cimetière, ce sont des anonymes, aux côtés des membres de sa famille, de ses amis, de ses connaissances qui sont venus nombreux des Saintes mais aussi de Guadeloupe et de Saint-Barthélemy, lui rendre un dernier hommage en ce mardi 29 avril 2025. Hommage et adieux mérités pour un homme dont la bonté, la bienveillance et la générosité avaient touché toute une communauté et qui restera pour toujours leur oncle de cœur : Tonton Yves.

À ses proches, ses frères et sœurs, ses beaux-frères, ses neveux et nièces, cousins et cousines, nous adressons nos plus sincères condoléances et les assurons de notre entière et profonde sympathie et affection.

Posté par Raymond Joyeux
le mercredi 30 avril 2025

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Autour de Ti-Auril…

Quel Saintois ou Saintoise de plus de vingt ans n’a pas entendu prononcer au moins une fois le nom de Ti-Auril ? Pourtant ce personnage mythique, quasi légendaire des Saintes, n’a laissé que peu de traces dans notre mémoire collective. En dehors de l’appellation passée à la postérité qui le désigne comme étant l’enfant sauvage du Grand-Îlet, nous ne connaissons en effet pratiquement rien de sa vie de Robinson volontairement isolé sur son ilot désert. Seuls les épisodes de sa capture et de son retour mouvementé au Fond-Curé sont connus, transmis par les anciens de génération en génération. En particulier l’utilisation du filet de pêche pour le capturer, le fait qu’il se soit réfugié sous un lit en s’échappant des mains de ses ravisseurs et qu’il ait mâchonné rageusement les fibres d’un balai de latanier utilisé pour le déloger avant d’être définitivement maîtrisé.

Dans ce récit, mêlant ces éléments connus à la fiction, j’ai imaginé la vie de Ti-Auril au Grand-Îlet, en tâchant de rester au plus près de la réalité. Cet ouvrage se situe donc dans la lignée des récits d’aventure pour la jeunesse, au programme de français des classes de sixième et de cinquième.

C’est ainsi qu’il est lu et étudié dans certains établissements scolaires dont la Maîtrise de Massabielle de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

À l’occasion de l’étude de ce récit avec leur professeure de français, une rencontre avec l’auteur, et grâce à l’amicale implication de la Compagnie de Transport Maritime Déher, (la CTM), des élèves de 6ème de cet établissement ont pu se rendre au plus près du Grand-Îlet, et réaliser ainsi leur souhait de découvrir les lieux où avait vécu cet étonnant et énigmatique personnage.

Embarquement pour l’aventure. Ph. Raymond Joyeux

Je remercie Madame Nathalie Bichara, professeure de français à l’initiative du projet, ainsi que les responsables de la CTM Déher d’avoir permis cette aventure. Aventure relatée ci-dessous dans le journal France-Antilles du 10 avril 2025, sous la plume de Marijoé Métayer.

Raymond Joyeux

Anse Rodrigue : les élèves de Massabielle et le Grand-Îlet, séjour de Ti-Auril – Ph. Raymond Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
le mercredi 16 avril 2025

Publié dans Actualités saintoises, Histoire locale | 4 commentaires

La plage de l’Anse Figuier temporairement interdite de baignade

Quatorze jours après les prélèvements effectués par l’ARS, la Mairie de Terre-de-Haut officialise ce lundi 24 mars 2025 l’interdiction de baignade à l’Anse Figuier. Une signalisation adéquate (drapeau rouge et affichage de l’arrêté municipal N° 2025-47-AT-PM.) est prévue sur le site pour en informer le public.

Anse Figuier. Au fond le Grand-îlet. Photo Raymond Joyeux

Une station d’épuration défaillante ?

La pollution des eaux de cette plage n’étonnera personne, et nul ne sait quand cette interdiction de baignade sera levée. Il faut savoir en effet que c’est à l’Anse Figuier que se déversent les égouts de la commune de Terre-de-Haut après avoir été théoriquement traités par la petite station d’épuration située en amont, juste sur le morne qui précède la descente vers le site. La question se pose de savoir si cette pollution provient du mauvais fonctionnement de la station d’épuration ou d’une autre source.

Nettoyage de la plage de l’Anse Figuier – Décembre 2020 – Photo Raymond Joyeux

L’Anse Figuier en poésie

Sauvagine

Aux aguets
l’œil fixe hors du temps
poinçonné d’or en périscope

bottes en aigrette sur le sable
écu de bronze
ciselé d’aspérités

un spadassin en armes
étrille son domaine
à la guérite du pourpier.

N’effraie pas ce peureux magnanime
à la herse baveuse
ce traitre ocydien

délateur de pataches
racoleur de fucus
aux moires du bassin

maraudeur d’abject et de fange.

Au guichet de l’épargne
L’Anse Figuier
grignote ses actions :

Rivières d’algues délétères
mues massacrées aux tessons des coraux
ravines ensemencées de larves cédulaires.

Escortée de relents de nausées
sous l’œil de sa cavalerie

une amazone aphteuse
agonise égorgée
aux ventouses de l’actinie.

(Extrait du recueil Nautiques – 2018)



Tentative d’explication

(Clés pour Nautiques)


Cette anse, qui forme comme une échancrure ourlée à l’à-pic oriental du Chameau, doit-elle son nom à la présence ancienne d’une plantation sauvage de figuiers maudits sur ses rives ? On pourrait l’imaginer, d’autant qu’en face, sur le Grand Îlet, s’est développée, de la même essence endogène, la plus vaste cathédrale végétale existant aux Saintes et peut-être même en Guadeloupe continentale.

Mais l’Anse Figuier est également connue pour être le domaine privilégié de cet élégant petit crabe des sables appelé chevalier, toujours en alerte sur ses bottes ciselées, les yeux démesurés, hors de leur orbite, à la manière de vivants périscopes. Familier de la grasse végétation des pourpiers sur laquelle il veille comme une sentinelle aux aguets, ce petit arthropode blond caparaçonné d’or est accusé dans le poème de faire bon ménage avec le fait que ce site sauvage ait été choisi pour recevoir les effluents des égouts communaux. D’où les expressions péjoratives utilisées pour le qualifier: traitre ophidien, délateur, racoleur, maraudeur… 

Parallèlement à cette accusation à l’encontre de l’habitant naturel des lieux, le poème met en évidence les caractéristiques négatives du site aujourd’hui dénaturé par l’action inconsidérée de l’homme : un champ lexical approprié traduit à l’envi cette dénaturation : abondance d’algues générée par les nutriments déversés par les égouts : fucus, algues délétères; fange; larves cédulaires; relents de nausée… Autant de qualifiants pour suggérer la détérioration d’un milieu autrefois parfaitement sain mais aujourd’hui particulièrement pollué.

À la manière d’un épargnant incapable de faire prospérer ses acquis, l’Anse Figuier grignote ses actions. Ce qui n’empêche pas la survivance d’une certaine activité biologique puisque le poème se termine par l’agonie d’une amazone aphteuse, métaphore pour désigner le crabe chevalier à la herse baveuse *, entre les griffes souples de l’anémone de mer, l’actinie

Conclusion pessimiste et optimiste à la fois qui suggère d’une part qu’au bout du compte, sous l’effet volontaire et mortifère de l’activité humaine, toute vie finira peut-être par disparaître un jour de ce site ; d’autre part, et tout au contraire, qu’en dépit de ce qui contribue à la dégrader, la nature reprenant toujours ses droits, la vie continuera à y éclore et à s’épanouir. L’agonie du chevalier-amazone symboliserait alors à la fois la fin de la désolation et le retour des sauvagines, ces oiseaux migrateurs, porteurs d’espérance, visiteurs accoutumés des berges de l’anse qu’ils avaient désertées pour d’autres lieux plus propices à leur escale occasionnelle.

* Le crabe chevalier porte au poitrail de sa carapace une plaque triangulaire amovible sous laquelle se logent les œufs après fécondation. Au-dessus de cette plaque se situe la cavité buccale laissant échapper en permanence une légère mousse, semblable à de la bave qui coule sur l’opercule abdominal.

Un itinéraire autobiographique ou clés pour Nautiques – Raymond JoyeuxDécembre 2020

Figuier Maudit du Grand-Îlet – Photo Raymond Joyeux

Poème, texte et photos de Raymond Joyeux
Publié le jeudi 27 mars 2025

Publié dans Actualités saintoises, Poésie | 2 commentaires

Une descente aux enfers…

Circulation intensive motorisée :
problème numéro un de Terre-de-Haut

Selon les dernières déclarations publiques des autorités municipales de Terre-de-Haut (février 2025), la circulation serait devenue aujourd’hui le problème numéro un de notre île. Qui ne le voit en effet et ne le regrette ?

Mais ce problème date-t-il vraiment d’aujourd’hui ? C’est loin d’être le cas. Faut-il rappeler que depuis le milieu des années 70, jusqu’en 2018, nombre d’arrêtés municipaux ont été pris pour tenter de prévenir ce que l’on constate aujourd’hui avec horreur.

Peine perdue. Soit qu’ils avaient été mal rédigés, soit qu’ils étaient matériellement inapplicables, ces arrêtés ont tous été retoqués par la préfecture pour des raisons de non respect de la liberté de circulation et de commerce. L’administration parlait alors d‘entrave. D’entrave à la liberté de circulation. Entrave, c’était le mot…

Ironie de l’histoire : qui cause aujourd’hui le plus d’entrave à la circulation à Terre-de-Haut ? Un arrêté, même imparfait, qui aurait pu la réguler tant bien que mal, ou le trop-plein anarchique des moyens de circulation eux-mêmes, toujours plus nombreux ?

Et ne parlons pas des piétons. Peuvent-ils aujourd’hui, circuler librement, sans entrave, en toute sécurité, sans le souci de se faire percuter à longueur de journée, se faufilant dangereusement dans la chaîne ininterrompue des voiturettes, scooters, vélos électriques, autos, motos, camions… stationnés en continu le long des rues ou, pire, roulant à vive allure, sans limitation de vitesse, sur des voies étroites, sans trottoir, déjà amplement encombrées ?

Quand on sait que nombre d’îles du littoral de la métropole n’autorisent sur leur sol que la présence de vélos non motorisés, on se demande si la loi est la même partout sur l’ensemble du territoire français. Un exemple parmi d’autres, l’île d’Aix en Charente Maritime, où, non contents de devoir circuler à pied ou à vélo, les visiteurs doivent ramener avec eux leurs poubelles, les conteneurs n’étant réservés qu’aux seuls résidents.

Raymond Joyeux

Type d’arrêtés municipaux totalement inapplicables
rejetés par la préfecture de Guadeloupe

Journal L’IGUANE, juin 1991

LE PARADIS DEVIENT UN ENFER

Texte de Dominique Perruchon

Une expression populaire disait : « Plus con tu meurs ». Et c’est en train d’arriver !
Terre de Haut est en train de mourir, étouffée par les voiturettes et les scooters de location.

La double bêtise de quelques Saintois mercantiles qui auto-détruisent leur île sans êtat-d’âme, et celle des touristes consuméristes devenus incapables de se souvenir qu’ils ont des jambes, est en train d’exaspérer ceux qui avaient le respect du lieu, pour y entretenir le traditionnel bonheur d’y vivre.

Le Bip-bip-bip continuel des avertisseurs des marches arrière, les klaxons qui retentissent pour faire écarter les pauvres piétons, sont devenus comme un chant symbolique de la marche arrière de l’intelligence qui avait protégée Terre de Haut dans sa beauté et dans sa quiétude…

C’est profondément triste à contempler, l’incapacité humaine à savoir tenir compte des leçons prises ailleurs dans ce qui a été détruit irrémédiablement, par l’invivable et ridicule sillage de laideurs, qu’on nous ment à baptiser « le progrès ».

TOUT EST DIT !

Vidéo réalisée par Dominique Perruchon, le dimanche 2 mars 2025, avec son aimable autorisation

L’exemple de l’Île d’Aix

(Vélos et absence de poubelles)

À l’entrée du port de l’Île d’Aix – Photo Raymond Joyeux, été 2023

Nous remercions Dominique Perruchon pour sa contribution à cette chronique précisant que d’autres vidéos du même désastre circulent abondamment sur les réseaux sociaux.

Publié par Raymond Joyeux
Le mercredi 5 mars 2025

Publié dans Actualités saintoises | 5 commentaires

Le cimetière des canots abandonnés…

Plage du Fond Curé 25 février 2025

Photo Raymond Joyeux
Photo Raymond Joyeux

Vous avez dit commune touristique ?

À quand un site communal de halage aménagé pour permettre aux propriétaires, pêcheurs, retraités et plaisanciers, de tirer, d’entreposer et de rénover leurs canots, afin de désencombrer le littoral ?
Ainsi les employés du nettoyage pourraient faire leur travail sans problème pour une plage praticable, accueillante, propre, nette et sans déchets…
Déchets de toute nature facilités par la présence accumulée de canots abandonnés servant poubelle, d’annexes à demeure, de planches nautiques endommagées, de palettes délabrées, le tout permettant aux noctambules avinés, peu soucieux de leur environnement, de faire leurs besoins naturels à l’abri des regards, en toute tranquillité et pas seulement les soirs de beuverie. Si vous voyez ce que je veux dire !
Rares sont les matins où l’on ne dénombre pas pêle-mêle, brassées de papier toilette éparpillé et leur odorant accompagnement, tampons hygiéniques, préservatifs, linge intime souillé, sans compter les habituels barbecues, cannettes, timbales, pailles, mégots, et autres emballages divers. Et ce ne sont pas les nombreux chiens errants qui les laissent, encore que !…
Nous lançons un appel urgent au service technique et sanitaire de la commune pour assainir cet endroit devenu un dépotoir-catiche-lupanar, très incommodant pour les riverains et les visiteurs de passage, indigne d’une commune touristique.

Publié par Raymond Joyeux
Le mercredi 26 février 2025

Publié dans Actualités générales, Environnement | 3 commentaires

La trace des crêtes

Publiée en 2017, voici une chronique qui intéressera sans doute les nombreux randonneurs qui sillonnent les merveilleuses collines de notre île et qui se demandent peut-être ce qu’est devenue la Trace des crêtes… Pour la lire, cliquer sur le lien ci-dessous.

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Circulation intensive à Terre-de-Haut : une chronique d’avril 2019 : cliquer sur le titre ci-dessous.

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