Lundi 12 octobre 2026
Après l’escalade de la Roche de Soluté le 10 août dernier, c’est sous un soleil radieux, inattendu et réconfortant qui va briller toute la journée que les adhérents et sympathisants du groupe des marcheurs de Versaugues se retrouvent place de l’église ce lundi 12 octobre pour une excursion à Charlieu, cité médiévale remarquable du département de la Loire.
« Nous partîmes cinq cents mais par un prompt renfort ; Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port . »
Non ! soyons plus modestes. Oublions ce début de la tirade de Rodrigue dans Le Cid de Corneille à propos de la bataille des Espagnols contre les Mores en 1492 et revenons à la réalité. Nous ne sommes en effet que 17 à prendre à la queue leu leu la départementale 982 en direction de Roanne avant de bifurquer vers Charlieu, notre destination finale.
Des places vite trouvées sur le parking à l’entrée du bourg – comme si elles nous avaient été réservées – et nous voilà accueillis par Lydie Jalabert, la charmante directrice de l’Office du tourisme de Charlieu-Belmont en personne, qui nous servira de guide. Les présentations faites, notre accompagnatrice, sourire aux lèvres et diction parfaite, nous invite à la suivre directement au centre historique de la ville, face à la prestigieuse abbaye bénédictine, notre premier point de ralliement.

Parmi de multiples informations historiques aussi intéressantes les unes que les autres, nous apprenons que ce sont les moines qui, satisfaits du caractère exceptionnel de leur implantation en 875, donnèrent son nom à la ville naissante : du latin Carus Locus qui signifie cher lieu, devenu par la suite Charlieu. Nous parcourons la rue principale bordée de superbes bâtisses à colombage, de la Maison de Pays hébergeant l’Office de tourisme, et du monumental mur peint de la place des Canuts inauguré en mai 2025 à l’occasion du 1150e anniversaire de la fondation de l’abbaye. Puis c’est au tour de l’église Saint-Philibert de recevoir notre visite. Église du XIIIe siècle aux stalles uniques, rehaussées de 24 dossiers en bois peints, représentant les apôtres et autres saints, dont Saint André et Saint Louis, deux prénoms familiers qui nous disent quelque chose ! Merveilleuse visite qui se poursuit jusqu’à la mairie et la salle des mariages ornée de remarquables motifs architecturaux et de trois magnifiques tapisseries d’Aubusson datant du XVIIIe siècle.
Après un parcours dans les rues aux pittoresques façades médiévales et leurs linteaux sculptés en dentelle dans la pierre, dont chaque motif a une histoire et une signification, nous voilà en route pour une pause bien venue au restaurant Le Sornin du nom de cet affluent de la Loire qui traverse la ville. Choix judicieux que cette escale gastronomique et conviviale où nous reprenons des forces pour les deuxième et troisième chapitres de notre excursion. Au menu, chair et poisson au choix, très apprécié, arrosé d’un petit Saint-Joseph-charpentier, de la Cave Saint-Désirat, autant de Saintscélèbres à nouveau qui nous rappellent que nous sommes de passage dans une cité hautement religieuse et que, si nous notre halte-restauration est située Place Bouverie, ce n’est pas une raison, encore moins le lieu et le moment de nous livrer à je ne sais quelle honteuse et profane beuverie !
L’après-midi débute par un retour à l’abbaye pour une longue et savante exploration de ce monument emblématique de la ville. Une visite complète jamais ennuyeuse grâce aux explications pointues de notre guide Éric qui a pris la relève de notre précédente accompagnatrice. Toute l’histoire agitée de l’édifice, dont la construction s’étale du IXe au XIIIe siècle, est passée en revue, depuis ses origines jusqu’à nos jours, et qui a subi au cours tumultueux des ans de nombreuses modifications : destructions et ajouts qui font ce qu’il est aujourd’hui. Mais le point d’orgue de notre cheminement à travers les méandres du temps et des murs séculaires, c’est l’admiration que nous éprouvons tous pour cet extraordinaire tympan sculpté du porche, l’un des plus anciens de l’art roman en France, inspiré des scènes de l’Apocalypse.
Encore sous le coup de l’émotion esthétique suscitée par tant de merveilles, une visite à la boutique s’impose avant le départ pour le Couvent des Cordeliers, dernière étape de notre périple culturel de ce lundi ensoleillé du 12 octobre 2026.
Sans doute éblouis par les sublimes découvertes précédentes inspirées par la foi et la ferveur chrétiennes des bâtisseurs des siècles passés, il est difficile pour certains de trouver le parking de cette ultime halte avant de regagner nos pénates versauguaises. Situé à la limite des communes de Charlieu et de Saint-Nizier-sous-Charlieu, le Couvent des Cordeliers a été fondé en 1280 par les frères franciscains. Détruit au cours de la Guerre de Cent Ans, il a été reconstruit entre 1390 et 1410. C’est l’occasion pour nous de parcourir le cloître et son jardin, espace, apprenons-nous, de méditation et symbole du paradis terrestre ; l’occasion d’admirer ce qui reste de l’église, sa charpente en chêne de la fin du XVIIe siècle et ses peintures murales restaurées entre 1989 et 92 ; d’apprécier enfin les chapelles du chœur et les gisants avant de faire une dernière halte à la boutique où sont présentés les écrits de Saint François d’Assise dont le célèbre « Cantique des créatures. » Aujourd’hui propriété du département de la Loire, qui en « assure la gestion, la conservation et la valorisation », cet ensemble monastique unique, au parcours tumultueux, comme pour les précédents monuments, clôturera notre excursion à Charlieu dont il nous restera à coup sûr le souvenir d’une journée passionnante de découvertes historiques, architecturales et culturelles enrichissantes.

Comment dès lors ne pas remercier en particulier Chantal Merle, organisatrice de cette sortie, en partenariat avec l’Office de tourisme de Charlieu, qui a mis à notre disposition deux guides particulièrement affûtés, attentifs à nos questions et remarques. Guides que nous remercions sans réserve, ainsi que le personnel du restaurant mais également chacune et chacun d’entre vous, participants enthousiastes, sans lesquels aucune visite collective guidée n’aurait pu se faire. En ce lundi ensoleillé qui restera gravé dans nos mémoires, voici, pour conclure, extraite du Cantique des Créatures de Saint-François d’Assise, la strophe qu’il consacre au Soleil, dont peut-être s’est inspirée la devise de la ville :
Un seul Charlieu ; un seul Soleil.
« Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière ; il est beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole. »
Texte de Raymond Joyeux – Publié le 23 octobre 2026



Belle excursion 👍😍