En marge de la Cop 21 : une réflexion d’Alain Joyeux

Terre-de-Haut : une vraie dépendance ?

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Si la principale ressource alimentaire des Saintes a été et est encore dans une large mesure, issue de la mer par le développement des pratiques de pêche, les cultures fruitières et vivrières, malheureusement pour la plupart disparues aujourd’hui, étaient une ressource non négligeable, notamment dans le quartier de La Savane à présent entièrement construit. Outre les plantations de manguiers, de cajous, de pommes cannelle, de goyaves, les anciens, et en particulier ma grand-mère de son vivant, évoquent la culture du maïs et du millet, du giraumon, des pois, des patates douces, des pastèques, de la vigne, du manioc et autre gombo, mais aussi du coton et du tabac. Les petits élevages, volailles essentiellement, ont toujours existé de leur côté et se portent encore bien. Mais en ce qui concerne les quelques troupeaux de vaches et de cabris, celui qui marche un peu à travers les mornes peut constater un effet pervers de leur présence, à savoir une désertification et une érosion dramatiques pour des gains dérisoires. N’empêche que globalement, avec l’apport du modernisme, le niveau de vie et de richesse des Saintois n’a cessé d’augmenter.

Élevage de cabris à Terre-de-Haut- Ph R. Joyeux

Élevage de cabris à Terre-de-Haut

Le problème de l’eau résolu en apparence

Bienfaits des conduites sous-marines

Aujourd’hui, tout ce qui contribue au confort et à la richesse relative des Saintois est directement dépendant des ressources extérieures telles que l’eau et l’énergie électrique, (mais aussi – hors le poisson – l’ensemble des produits d’alimentation). Cette situation présente est bien évidemment appréciable et a permis l’installation d’un nombre toujours plus important de résidents à l’année et un développement de l’activité économique dopée par ailleurs par la manne touristique. Terre-de-Haut fait partie actuellement des communes les plus riches – matériellement parlant – de l’archipel guadeloupéen, et la plupart des Saintois ont pu investir dans un confort technologique aussi bien domestique que professionnel. Ce développement-là a tout l’air d’un développement durable… Mais l’est-il vraiment à long terme ?

Mise en place de la conduite d'eau entre TDH et la Guadeloupe . Ph. Chantier

Pose de la conduite d’eau entre TDH et la Guadeloupe. Ph. chantier

La récente conduite sous-marine approvisionnant les Saintes en eau potable, (11 ans aujourd’hui), véritable bienfait pour l’île par l’abondance et la constance qu’elle procure, a fait oublier à beaucoup de Saintois qu’une telle installation est tributaire de deux facteurs : d’abord de ceux qui contrôlent les vannes… Mais on peut écarter d’emblée toute paranoïa en comptant sur la solidarité du peuple guadeloupéen avec sa « dépendance » en cas de divergence politique ! Ensuite et surtout, cette conduite sous-marine, tout extraordinairement fiable qu’elle puisse être, est cependant à la merci non seulement d’une défaillance technique, comme c’est le cas actuellement où des M3 d’eau s’échappent chaque jour d’une fissure qui va s’élargissant, mais aussi des tumultes de l’océan dont il n’est nul besoin de rappeler la puissance en cas de perturbation climatique ou géo-sismique. Une rupture, même momentanée aurait des conséquences dramatiques en chaîne, car les habitudes prises d’hyper-consommation d’eau, notamment dans le secteur de la restauration et de l’hôtellerie, sont totalement dépendantes de cet approvisionnement quasi miraculeux.

Disparition des citernes individuelles

Face à cette nouvelle technologie dont ils mesurent mal ou pas du tout la fragilité, de nombreux Saintois omettent d’intégrer une citerne de récupération d’eau de pluie dans leur nouvelle résidence, voire détruisent des réservoirs encore opérationnels pour « faire de la place ». Mais de la place, il y en aura lorsque plus de la moitié de la population sera privée d’eau et devra peut-être s’exiler ! Faire une confiance absolue à une conduite entre deux eaux, est-ce là véritablement du développement durable ? La gouvernance régionale avait, à une certaine époque, encouragé la construction de citernes domestiques par des subventions. Voilà un exemple de politique de développement durable, ce qui n’empêchait pas en même temps de profiter des bienfaits de l’abondance…

Autre nerf de la guerre : les carburants

Nous arrivons ici, sans doute au véritable nerf de la guerre qui, s’il reste suffisamment vigoureux, pourrait, grâce aux techniques induites par l’énergie électrique – venue elle-même de Guadeloupe par câbles sous-marins -, résoudre une pénurie momentanée d’eau courante : les carburants, issus des produits pétroliers. Mais, aux Saintes comme ailleurs, et sans doute plus crucialement qu’ailleurs, si la ressource en carburant venait à manquer, voilà que tout s’effondre dans l’organisation de la société, telle qu’elle se présente aujourd’hui à Terre-de-Haut. Faute de carburants, c’est, entre autres, l’arrêt des transports de masse et de l’approvisionnement de l’extérieur, de la pêche sinon côtière, et encore, faudrait-il un certain temps pour que le poisson revienne, éloigné qu’il a été par le tumulte des moteurs… Cette hypothèse, plus qu’un scénario catastrophe, est une possibilité réaliste à court, moyen ou long terme… La conjoncture internationale montre clairement les enjeux économiques, écologiques et de pouvoirs, liés aux problèmes pétroliers. L’axe Venezuela/USA, dont le chemin est la mer des Caraïbes, sera-t-il soucieux de nos besoins insulaires en cas de crise d’approvisionnement en Guadeloupe, attendu que c’est le pétrole qui est garant de la plus grande partie de la production électrique du département.

Transformateur électrique sur la route de l'anse Figuier - Ph R.Joyeux

Une énergie venue de Guadeloupe : Transformateur électrique sur la route de l’Anse Figuier 

Alors, quelles solutions ?

Il est, je crois, sans pessimisme exagéré, important de ne pas faire l’autruche au regard de telles éventualités. L’on peut même dire à coup sûr qu’elles se produiront inéluctablement un jour. Face à ces évidences, pour qui se soucie d’autre chose que de son propre confort, il importe d’agir pour anticiper d’une façon raisonnée et sereine. Non pas qu’il faille agir par peur de l’inévitable, mais plutôt avoir confiance en l’intelligence qui peut composer avec la réalité d’abondance actuelle et poser quelques jalons de base pour pouvoir, le cas échéant, faire face sans tout perdre à la fois. Autrement dit la perspective d’une tragédie annoncée (consciente ou non mais bien présente) ne devrait pas pousser la collectivité insulaire à une attitude irresponsable du genre « après moi, le déluge ». Aussi, il est possible qu’il soit déjà trop tard et qu’aucune action, même collective, ne puisse rien changer en profondeur au processus suicidaire actuellement en mouvement… Cependant, pour ceux qui veillent, il est néanmoins possible de commencer à préparer une re-colonisation sur des bases nouvelles, en continuant de vivre en dépit du rythme imposé par l’époque, tout en posant quelques pierres pour l’avenir, ne serait-ce qu’en se préparant intérieurement à des changements qui, s’ils ne sont pas progressifs comme il faut l’espérer, pourraient être brutaux et douloureux…

De la voile traditionnelle au développement durable

Il y a aujourd’hui, pour une certaine jeunesse aux Saintes, une sorte de renouveau des traditions qui s’exprime par exemple par les régates de voiles traditionnelles, ce qui n’empêche pas les équipages d’utiliser par ailleurs leurs moteurs hors-bord au quotidien. Néanmoins, ils savent manœuvrer avec le vent, et ce fait-même est chargé d’espoir… Voir fleurir à Terre-de-Haut des jardins luxuriants irrigués par des réserves d’eau de pluie ; construire encore des citernes et reboiser là où cela est possible ;  développer les énergies renouvelables (les Saintes ne manquent ni de soleil ni de vent) et en cela Terre-de-Bas a donné exemple avec ses éoliennes… Mais se préoccuper aussi  du social et du culturel en développant les valeurs de solidarité, d’hospitalité, de communication… voilà des orientations de développement durable nécessaire aujourd’hui pour préparer l’avenir.

Maison de TDH équipée de chauffes-eau solaires- Ph. R.Joyeux

Maison de TDH équipée de chauffe-eaux solaires 

Pour cela, il faut que des initiatives individuelles et privées soient portées dans ce sens pour qu’une prise de conscience collective s’installe peu à peu. Il y a toujours eu besoin de quelques pionniers montrant la voie ! Le développement durable n’est pas une question de changement radical, mais de transformation progressive qui n’est possible que par une écoute attentive de son temps et de ses enjeux.

Revenir aux cultures traditionnelles. Raisin saintois autrefois réputé pour son abondance

Revenir aux cultures traditionnelles. Ici raisin saintois autrefois réputé pour sa qualité et son abondance

Texte : Alain Joyeux – Illustrations photos : Raymond Joyeux

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9 commentaires pour En marge de la Cop 21 : une réflexion d’Alain Joyeux

  1. Alain Joyeux dit :

    Merci d’avoir publié cette réflexion écrite qui date déjà de 2005. Depuis il y a déja eu quelques évolutions : l’arrêt de la décharge du chameau et quelques initiatives privées comme celle des voitures electriques par exemple. Les chroniques de ce blog ne cessent d’ailleurs de montrer les initiatives des uns ou des autres qui s’incrivent dans un réel « déveleppement durable », initiatives récentes ou plus anciennes: apiculture, jardins, charbon etc….

  2. Duval Michel dit :

    L’évolution de Terre-de-Haut est la même que celle des autres régions riches et prospères de la planète. Après être sortie il y a quelques décennies de la pauvreté, elle s’est tournée rapidement vers la recherche du luxe inutile (souvent bling-bling), puis maintenant vers le statut de bobo écolo branché.
    Son approvisionnement en eau et électricité n’est nullement menacé. Il est garanti par la République, généreuse avec l’argent des contribuables, particulièrement en cas de catastrophe naturelle !

  3. Alain Joyeux dit :

    Michel,

    … Oui sans doute pour les catastrophes naturelles mineures et selon les modalités actuelles qui prévalent depuis quelques décennies … En effet il n’y a pas de menace imminente ni même de menace tout-court pour le futur de « deconnexion des fluides vitaux » ( ou perçus comme tels aujourd’hui pour l’electricité et les hydrocarbures) si les conditions présentes sont préservées. mais là est justement la question: ces conditions peuvent-elles être encore longtemps préservées?

    Les développements ci dessus incitent seulement à la prudence et donc à une quête d’autonomie (relative) sur ces ressources aujourd’hui vitales pour une population qui en dépend entièrement dans sa manière de vivre actuelle.

    Ce texte de 2005 veut juste éveiller à s’intérroger propos d’ éventualités qui ne sont malheureusement pas à écarter d’un revers de manche: au cas par exemple où le vent politico-économique international, national ou même régional tournerai radicalement…

    Est ce si délirant au regard de l’actualité ? Est-ce à exclure définitivement ?

    Il serait imprudent de penser par exemple, que notre « république » est pour toujours garantie… Par les temps qui courent, cette question est loin d’être irrationnelle ou déplacée.

    Il est alors pertinent d’imaginer, en toute sérénité mais aussi lucidité, qu’un archipel comme les Saintes au demeurant relativement peu habité, puisse être considéré comme quasi insignifiant pour une nation comme la France si celle-ci doit faire face à une crise majeure. Notre archipel serait sans doute rapidement oublié des « services publics », même locaux, si par mésaventure, ceux-ci étaient désorganisés ou accaparrés vers d’autres priorités, quelqu’en soit les causes, y compris celle d’une catastrophe naturelle d’une vaste ampleur, possible et imprévisible par nature…

    Juste avoir la présence d’esprit qu’un petit rien peut faire dysfonctionner et transformer la belle villa « bling-bling » en une coquille vide inhabitable… pour quelques jours… et si ce n’est pas un petit rien, peut être pour longtemps ! Dans ce dernier cas, Les Saintes: « archipel fantôme » ?… ou ilôts de résistance d’une population débrouillarde et prévoyante ? (comme elle le fut déjà il n’y a pas si longtemps)

    Par ailleurs , même si aucune de ces inquiétantes augures ne se réalisent, souhaitons-le, le fait de penser et de progresser vers l’autonomie en eau et en énergie pour l’archipel , serait en tous points profitable à la population.

    Même sans restrictions particulières et par temps d’abondance, une habitation familiale au moins autonome en eau, point vital, procure un sentiment de responsabilité et de conscience en terme de consommation, ainsi qu’un sentiment de tranquilité intérieure à la pensée de pouvoir subvenir au minimum vital pour les siens sans être dépendant d’installations ou de bons vouloirs extérieurs; tranquilité intérieure qui est loin d’être le cas lorsque l’on est exclusivement reliés à des robinets dont on ne maîtrise pas les flux, idem s’il sont electriques, pétroliers… financiers ? …

    Aussi, une fois responsable et autogestionnaires du « minimum vital » au niveau domestique ou même communal, pas besoin forcément de se débrancher des systèmes en places tant qu’il sont opérationnels.
    Pourquoi s’en priver si l’abondance et la facilité est accessible? … La plupart des saintois avisés qui ont gardé , rénové ou construit des réserves d’eau domestiques sont par ailleurs branchés sur l’eau du réseau sous marin… Deux options valent assurément mieux qu’une seule.

    Mais toute cette abondance est-elle réellement abordable ?
    Nous devons ABSOLUMENT nous poser cette question .

    Outre les factures qui témoignent de l’impact direct sur les ressources personnelles, ne doit-on pas indirectement en payer le prix fort, collectivement ?

    A chacun d’enquêter sur les origines des kilowatts produits en Guadeloupe ou sur la provenance et traitement des pétroles… Quel est le prix réel de tout cela au niveau mondial ? Coût financier global d’une part … mais quel est le prix du sang ou de la vie impliquée, imbriquée à notre confort ? pourra t-il un jour être évalué ? Quelles conséquences en amont et en aval sur la biosphère et la condition humaine (ouvriers forçats du pétrole par ex.), conséquences générées pour avoir ses conforts?

    Si le developpement du web présente une avancée pour l’humanité, c’est bien celle de permettre l’accès à une information quasi illimitée sur tous les sujets:
    nous ne pourrons pas dire alors qu’il, était impossible de savoir quel coût réel fut celui de notre mollesse. Fermerons-nous les yeux encore longtemps ? devrons nous avouer notre paresse à réfléchir et à agir pour notre humanité?

    Pour conclure, le defi qui nous attend n’est pas de devenir « indépendants », autarciques ou encore plus isolés dans une tour d’ivoire, mais il bien celui de prendre la mesure réelle de notre interdépendance à l’échelle planétaire …
    +Quelle région de la planète étouffe dans la boue des champs pétrolifères ? Quelle famille pleure son enfant mort sous les bombes en Syrie alors que je continue à mettre de l’essence dans mon scooter ? Pourrons-nous rester encore longtemps indifférents à ces relations directes que nous pouvons maintenant faire entre nos actes et leur conséquences en chaîne?

    Nous ne pouvons plus ignorer notre interdépendance morale, vitale.

    Penser global / agir local

    • Duval Michel dit :

      Tout à fait d’accord avec toi que les Saintois ont tout intérêt à garder leurs citernes d’eau de pluie, même s’ils s’en servent de moins en moins. C’est d’ailleurs ce que fait la majorité des plus anciens d’entre eux.
      En cas d’interruption de l’approvisionnement en eau ou électricité depuis la Guadeloupe, il serait impossible à l’État de ne pas les rétablir dans les plus brefs délais. Ne pas le faire créerait la panique dans toutes les communes de métropole et d’outre-mer, qui se verraient elles aussi menacées à l’avenir. Pour que l’État ne puisse intervenir, cela prendrait une crise économique mondiale gigantesque, encore plus forte qu’en 1929. Dans un tel cas, il n’y aurait plus de touristes non plus, et plus besoin de services…
      De façon plus générale, tout le monde est d’accord pour sauver la planète, mais à condition que ce soient les autres qui changent leur mode de vie. On l’a bien vu à la COP 21, qui est un demi-échec comme les précédentes conférences (échéances d’amélioration floues et non contraignantes).
      Concrètement à TdH, a-t-on besoin de piscines dans les villas de luxe ? A-t-on besoin de lampadaires ultra-puissants dans tous les recoins de l’île ? Les Saintois seraient-ils prêts à limiter le nombre des scooters et autres véhicules ? Seraient-ils prêts à réduire leur consommation d’électricité, d’eau et de confort dans leurs maisons ? Évidemment non, cela ferait fuir les touristes et affecterait leur prospérité.
      Et il n’y a pas assez de ressources sur l’île pour devenir autonome sur tous ces plans. Si ces services viennent un jour à manquer, ce sera l’exil comme dans le passé, et il ne restera plus sur l’île que quelques irréductibles gaulois-créoles ! Peut-être est-ce là l’avenir ? Je ne détesterais pas personnellement revenir à la situation d’il y a trente ans, malgré tous ses inconvénients. Mais la plupart des Saintois, à part les très vieux, la trouveraient certainement insupportable.

  4. Alain Joyeux dit :

    … ou quelques jeunes – certes pas la majorité qui est piégée dans le confort de surface et dérrière les écrans de la virtualité . Certains sont plus avisés et débrouillards qu’on pourrait le croire… J’en connais quelques uns ! … d’ailleurs il ne réagissent pas par un commentaire sur le sujet: ils sont déja sur le terrain.

    • Duval Michel dit :

      Bonne nouvelle ! Aurais-tu des exemples d’actions concrètes ayant réellement empêché ou réduit la croissance accélérée de la consommation sur l’île et augmenté son autonomie ?

  5. Eric Tille dit :

    Bonjour! Tout d’abord, un immense remerciement à ce site pour les précieuses informations qui nous sont rapportées de mois en mois, avec un éclectisme qui reflète agréablement bien l’univers des Saintes.
    Et puis, quant aux commentaires de cette lettre de décembre 2015, l’observateur étranger qui vous écrit aurait de nombreuses remarques, la plupart sous forme de questions aux Saintois. Beaucoup de questions qui peuvent concerner la dépendance matérielle que la vie moderne apporte en ces îles, tout comme on peut le voir aussi dans les villages reculés des campagnes et des montagnes de la plupart des pays.
    Cette dépendance appelle presque toujours au moins deux réactions.
    La première en forme d’affranchissement moral, comme pour expliquer les choix qui sont faits. C’est la répétition du « on a bien le droit de … » pour justifier ce qui est parfaitement ressenti comme des abandons de coutumes ou de codes moraux. La prise de pouvoir par l’argent est toujours regrettée, mais hélas jamais combattue.
    Et la seconde par une affirmation souvent outrancière de l’identité communautaire. Une manière de dire aux autres « nous faisons comme vous, mais nous ne sommes pas comme vous ». Car les Saintois sont bien conscients de faire les mêmes erreurs qu’ailleurs et d’être en même temps incapables de renoncer au bien-être immédiat qu’elles leur procure.
    Aussi bien l’autonomie matérielle que le recours à la solidarité nationale ne peuvent se concrétiser durablement tant qu’est accepté un renoncement aux valeurs morales et sociales qui font de nous tous, habitants de ce pays autant que de la Terre, des Hommes et non de simples hominiens pratiquant le chacun pour soi.
    Mais toutes ces phrases, et bien d’autres réflexions encore, ne font pas vraiment partie de ce thème, qui est la COP21.
    Pour celle-ci, on peut simplement faire cette remarque: la Révolution française nous apporta la Déclaration des Droits de l’Homme. Peut-être faudra-t-il une autre révolution pour apporter la Déclaration des Devoirs de l’Homme envers la Création.

    • raymondjoyeux dit :

      Je vous remercie, Monsieur, pour votre intérêt pour le blog et pour votre très pertinent commentaire. J’espère pouvoir continuer à vous satisfaire dans la mesure de mes modestes moyens, et sachez que vos observations seront toujours les bienvenues.

    • Duval Michel dit :

      Il est intéressant de suivre l’évolution de TdH car elle est un modèle réduit de l’économie mondiale. TdH n’a pas d’autre choix que d’acheter à l’extérieur la quasi-totalité de ses produits de consommation (eau, électricité, alimentation, véhicules, matériaux, technologie), et donc de perdre son autonomie d’autrefois, quand elle vivait dans la pauvreté.
      En échange, TdH vend à l’extérieur des produits à très forte valeur ajoutée (locations aux touristes, restauration, boutiques de luxe, immobilier). Sa « balance commerciale » est fortement positive, ce qui se traduit par un accroissement considérable de son niveau de vie et de richesse.
      Des catastrophes naturelles à répétition (sargasses, méduses, tremblements de terre) pourraient affecter ses revenus. Il pourrait donc être utile de chercher à diversifier son économie, par exemple en créant des paradis fiscaux comme dans d’autres îles tropicales proches, même si cela n’est pas très moral, les Saintois étant déjà des spécialistes de l’évasion fiscale !

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