Une activité insolite à Terre-de-Haut : l’apiculture

  1. Philippe Bélénus, amateur d’abeilles éclairé

Phil bélénusRien ne prédisposait Philippe Bélénus à pratiquer un jour l’apiculture ! Marin depuis toujours, aujourd’hui capitaine à plein temps sur un navire de transport de marchandise entre les Saintes et la Guadeloupe, il consacre le plus clair de ses loisirs à s’occuper de ses ruches, tel un vrai professionnel. Soit dit en passant, il est, bien entendu, régulièrement inscrit à la chambre d’agriculture, comme le veut la loi en la circonstance. Particulièrement pointilleux sur la règlementation, alors même qu’il n’envisage pas pour le moment de commercialiser sa production, Philippe a pris toutes les précautions d’usage pour respecter la législation apicole en vigueur : assurances, distance entre les ruches et les propriétés voisines, déclaration auprès des services vétérinaires, jusqu’à l’installation d’un abreuvoir pour empêcher ses abeilles d’aller étancher leur soif chez les voisins. Amateur donc très éclairé, Philippe Bélénus, ne laisse rien au hasard dans la pratique d’une activité délicate pour laquelle il s’est formé et continue à le faire en autodidacte consciencieux. C’est ainsi qu’à ce jour, sur les hauteurs de La Savane, en arrière de la maison familiale qui domine de son balcon la baie de Terre-de-Haut, avec vue imprenable sur l’Îlet à Cabris et la Guadeloupe en toile de fond, il dispose de cinq ruches dont il prévoit pour les mois à venir, si tout va bien, une récolte annuelle d’une cinquantaine de kilos d’un miel succulent, toutes fleurs confondues, estampillé Miel des Saintes, destiné exclusivement, pour le moment, à la famille et aux amis.

Vue de la propriété de Philippe Bélénus - Ph R. Joyeux

Vue du balcon de Philippe Bélénus, apiculteur amateur 

Un essaim sauvage domestiqué

C'est sur ce courbaril que Philippe  a découvert l'essaim sauvage

C’est sur ce courbaril que Philippe découvre l’essaim sauvage, point de départ de sa passion apicole.

C’est à la fin de l’année 2012, qu’intrigué par des vols sporadiques d’abeilles autour de sa maison que Philippe, craignant par-dessus tout ces petites bêtes ailées, découvre sur un courbaril de son terrain un essaim dont il ne sait que faire. Il prend alors contact avec un apiculteur chevronné de Trois-Rivières qui lui prête une ruchette et lui indique comment capturer en toute sécurité la colonie et sa reine. Ce ne fut pas chose aisée, mais de ce jour, naquit chez notre navigateur une véritable passion pour l’apiculture. Dès lors il a fallu préparer le terrain en aménageant un espace largement dégagé pour y installer ses ruches, faciliter leur approche et commencer son élevage. Entre temps il a fait l’acquisition de tout le matériel nécessaire et indispensable à son exploitation : corps de ruches et leurs hausses, cadres préalvéolés, voile de protection, enfumoir, extracteur… sans oublier quelques ouvrages spécialisés et des adresses de sites Internet pour parfaire ses connaissances et sa pratique d’apiculteur amateur.

Toujours parfaire ses connaissances. Ph R. Joyeux

Toujours parfaire ses connaissances. 

Une passion exigeante

Philippe et ses ruches

Un entretien régulier

S’occuper d’un rucher, surtout sur son temps libre, n’est pas toujours de tout repos. L’élevage de ces dames abeilles nécessite une vigilance et un entretien quasi quotidiens. Même s’il convient de laisser aux colonies la sérénité et la tranquillité nécessaires à leur méticuleux travail d’ouvrières infatigables. C’est donc régulière-ment que Philippe rend visite à ses hôtes, protégé par son voile et muni de son enfumoir, de sa brosse et de son lève-cadre pour alterner les hausses et permettre ainsi un remplissage uniforme des rayons. De plus, il convient de procéder à l’alimentation de la colonie et d’éliminer les abeilles mortes, car si la vie d’une reine avoisine les 5 ans, celle des ouvrières ne dépasse pas 90 jours. Autant de manipulations délicates qui exigent précision, calme et douceur de la part de l’apiculteur, la moindre précipitation ou nervosité déclencherait fureur et agressivité chez les abeilles, particulièrement susceptibles, auquel cas, il conviendrait de renoncer à les déranger.

Un environnement floral sain et varié

Fleur de lantanier- Ph R. Joyeux

Fleur de lantana

Le terrain de Philippe Bélénus et son environnement immédiat sont riches en plantes et arbustes aux fleurs mellifères. Ce qui permet aux abeilles de butiner et polliniser  à loisir, sans s’éloigner outre mesure de leurs ruches qu’elles retrouvent sans peine après chacune de leurs sorties. Pour ce faire, notre apiculteur, soucieux de la qualité biologique de sa production, prend particulièrement soin de ses plantations, aussi bien florales que fruitières, évitant soigneusement tout emploi de pesticides ou d’engrais chimiques. Cocotiers, raisiniers de mer, manguiers, avocatiers, courbarils, anacardiers… sont judicieusement répartis et entretenus à l’intérieur et aux abords de la propriété, auxquels s’ajoutent les fleurs sauvages des parterres et des haies, comme celles du lantana appelées mille-fleurs aux Saintes, et particulièrement appréciées des abeilles locales.

Sous la protection de Saint Ambroise  de Milan 

Fleurs de cocotier

Fleurs de cocotier 

Cette diversité de fleurs, sauvages ou fruitières, concourt sans peine à la production et à la récolte biannuelle (en mai et août) d’un miel ambré, léger et subtilement parfumé, qui, espérons-le, fera un jour son apparition sur le marché saintois, sans pour autant vouloir (ou pouvoir) concurrencer celui de la Guadeloupe continentale, réputé, comme son café, le meilleur du monde ! Une crainte, cependant justifiée, pour notre apiculteur-navigateur saintois : les maladies endémiques qui déciment les colonies d’abeilles à travers le monde, et surtout la survenue prochaine de la saison cyclonique qui risque d’endommager son rucher. Mais d’ores et déjà, Philippe Bélénus, en capitaine prévoyant et superstitieux, a pris ses précautions : l’acquisition programmée d’une statuette de Saint-Ambroise, protecteur des abeilles et patron des apiculteurs, dont il escompte protection et sauvegarde efficaces contre toutes maladies ou intempéries qui menaceraient potentiellement ses ruches, leurs reines et leurs laborieuses ouvrières. Souhaitons qu’ils seront, le cas échéant, lui et son rucher, miraculeusement écoutés et exaucés, et que, par la même occasion, Saint Ambroise, célébré le 7 décembre, nous épargnera, à nous aussi, simples amateurs du précieux nectar, ouragans et tempêtes tropicales dont débute bientôt la saison redoutée.

Diaporama : Philippe Bélénus et ses ruches

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Texte, photos et diaporama sont de Raymond Joyeux

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9 commentaires pour Une activité insolite à Terre-de-Haut : l’apiculture

  1. vonvon dit :

    Il y a aussi, trop rarement il est vrai, de bonnes nouvelles sur notre petite commune. Celle-ci est excellente merci Papou de cette passion je me demandais d’où venaient toutes ces abeilles qui viennent butiner chez moi maintenant je sais. Je vais me faire une joie de te commander un litre de cette merveille !

  2. Claudie dit :

    Bravo, moi qui aime le miel, je vais m empresser d’aller commander un litre

  3. alaintht dit :

    Du miel des Saintes, une bonne nouvelle, bravo à Mr Bélénus. En métropole nous n’avons pas les cyclones dévastateurs mais les frelons asiatiques qui mettent sérieusement les ruches en danger. Espérons qu’elles n’arriverons pas aux Saintes…..

  4. Merci Raymond ! Sans ton écrit , nous ne l’aurions pas su..;Et bravo à Philippe d’avoir cette dévotion aux abeilles! Car grâce à elles on soulage nos toux et agrémente nos « pti dej »

  5. DEHER dit :

    Très bon reportage et pour une nouvelle c’est une bonne nouvelle.Il y a une semaine un essaim d’abeilles à survolé mon jardin et se dirigeait vers le seau d’eau.
    Félicitation Philippe pour ta nouvelle passion.
    R A Deher

  6. ALAIN JOYEUX dit :

    J’ai eu le privilège l’an passé de goûter une des premières récoltes. un régal. merci Philippe.
    Je connaissais depuis longtemps le miel de Terre-de-Bas; le miel « des Saintes » était ainsi déjà réputé par les connaisseurs pour son goût unique, les abeilles évoluant dans un environnement privilégié par les forêts a dominante de bois d’inde. Y a t-il d’ailleurs toujours une apiculture à Terre de bas ? En tout cas, il est heureux que Terre de Haut abrite à présent son apiculteur . le massif du chameau notamment est une richesse verte idéale pour les colonies d’abeilles. Bravo et encouragement pour cette passion saine et fertile.

  7. ALAIN JOYEUX dit :

    Une question: de quelle type d’abeille s’agit-il ? est-ce une colonie d’abeilles de type européenne ou s’agit-il de l’espèce endémique caribéenne dite « mouche à miel » (petite abeille noire avec une rayure jaune) ? …

  8. raymondjoyeux dit :

    J’interrogerai Philippe pour connaître le type d’abeilles. Mais il faut savoir qu’un autre apiculteur exerce à TDH : Thierry Cassin qui dispose d’une dizaine de ruches et à Terre-de-Bas un autre en possède une soixantaine. Donc Philippe Bélénus n’est pas le seul aux Saintes à pratiquer l’apiculture. Et c’est tant mieux !

  9. Luc Federmeyer dit :

    Bravo Philippe! Voila un beau sujet pour une sortie des collégiens de TDH…

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