Les pérégrinations d’un plébéien à Rome (III ème et dernier épisode)

Notre merveilleux voyage touche à sa fin. Avant de quitter Rome, de mettre un terme à nos pérégrinations italiennes et de prendre la route du retour à Nice, notre point de chute momentané, nous consacrons ce qu’il nous reste d’heures aux visites incontournables de la Villa Borghèse, de la Basilique Saint-Pierre et des Thermes de Caracalla, cadre magique d’un concert en plein air à 21 heures auquel nous assistons, ayant pris soin de réserver nos places plus de deux mois à l’avance… Miracle de l’informatique et d’Internet.

La Villa Borghèse

Villa-Borghese-RomaÀ l’écart du centre ville et bâtie au XVII ème siècle par le Cardinal Scipione Borghèse, éminent amateur d’art, cette Villa est célèbre pour ses jardins somptueux et sa collection inestimable de peintures et de sculptures. Elle regroupe de nombreux musées dont la Galerie Borghèse, répartie en huit salles d’exposition, une chapelle et un salon d’entrée, où l’on peut contempler, sans jamais se lasser, œuvres antiques, statues, tableaux et plafonds peints des plus grands maîtres du XVème au XVIIIème siècles. Le Titien, Le Caravage, Rubens, Raphaël…, des chefs d’œuvre uniques de la peinture italienne et flamande côtoient les statues, inimitables de réalisme, de finesse et de force, des sculpteurs Le Bernin et Canova. Régal pour les yeux et l’esprit, ce musée satisfait autant le connaisseur que le béotien, l’un et l’autre ne pouvant éprouver qu’admiration et respect pour le génie humain, capable d’aussi grandes œuvres.

La Place et la Basilique Saint-Pierre

S P 1 - copieSéjourner à Rome sans se rendre à la Place Saint-Pierre et ne pas visiter la Basilique vaticane serait une faute impardonnable. Aussi, bravant la foule et le soleil, et bien qu’étant venus une première fois voilà une dizaine d’années, nous emboitons le pas aux nombreux pèlerins qui font la queue et nous nous engageons courageusement pour la visite. Connaissant déjà la Chapelle Sixtine et les musées du Vatican, nous nous contentons de la Basilique et c’est déjà plus que bien. C’est l’empereur Constantin qui entreprit sa construction en 320, à l’endroit où, dit-on, l’apôtre Pierre a été enterré. Elle fut achevée en 366 mais c’est sous le pontificat du Pape Paul V qu’elle prend son aspect définitif pour être enfin consacrée par Urbain VIII, le 18 novembre 1626.

Michel-Ange_Pieta_Vatican-1143x1201La Basilique Saint-Pierre de Rome est l’édifice religieux le plus important du catholicisme. Elle mesure 219 mètres de longueur extérieure, 154 mètres de largeur intérieure, pour une hauteur sous coupole de 136 mètres, un record à ce jour que seule la Sagrada Familia de Barcelone battra à son achèvement. Elle peut accueillir 60000 fidèles. La place Saint-Pierre vers laquelle est tournée la façade reçoit chaque dimanche, pour l’Angélus papal, 150000 personnes. Classée au patrimoine mondial de l’humanité, c’est le monument le plus visité au monde. Elle est décorée intérieurement de nombreuses sculptures en marbre dont, entre autres, la légendaire Piéta de Michel-Ange à propos de laquelle le guide Scala nous dit que « c’est la seule œuvre que Michel-Ange ait signée… Une signature qui indique combien l’artiste était fier du résultat atteint. » On ne peut qu’être impressionné par la beauté, la perfection, le faste et le côté grandiose de l’édifice et, croyant ou pas, nul ne peut rester indifférent face à ce haut lieu de la spiritualité chrétienne qui a vu se succéder sur le siège de Saint-Pierre 266 papes dont 91 béatifiés ou canonisés, les derniers en date étant, cette année-même, Jean XXIII et Jean-Paul II.

Spirituellement requinqués par cette visite hors du commun et quelque peu affamés, nous cherchons une trattoria pour nous restaurer, loin de la Place Saint-Pierre où tout est hors de prix, non sans une escale obligée à la boutique de souvenirs afin de nous procurer, comme il se doit, quelques menus présents pour la famille et les amis : calendriers, images pieuses, stylos au sceau du Pape François…

Intérieur de la Basilique Saint-Pierre

Intérieur de la Basilique Saint-Pierre

L’Ara Pacis

IMG_7511 - copieUne marche sous le soleil jusqu’à la Place d’Espagne et la célèbre Fontaine de Trévi (actuellement asséchée et en travaux), nous occupe une partie de l’après-midi que nous terminons à l’Ara Pacis, l’Autel de la Paix, que le Sénat fit construire en l’an 13 av JC, en l’honneur d’Auguste et que Mussolini au temps du fascisme a fait reconstituer et déplacer. Une fresque représentant la famille impériale par ordre hiérarchique est visible sur un coté bas du temple, une autre magnifie les hauts faits d’Auguste, le tout entrelacé de feuilles d’acanthe sculptées. Puis après un détour par le Panthéon au dôme ouvert impressionnant, nous regagnons nos résidences respectives afin de nous préparer pour notre soirée-concert aux Thermes de Caracalla.

Fin de séjour en apothéose 

caracallaÀ 20 heures, nos deux jeunes guides nous rejoignent en bus Via Flavia et nous prenons ensemble la voiture pour les Thermes situés à l’est du Tibre, dans le quartier sud de la ville. À l’époque romaine, la fréquentation des établissements de bains était ancrée dans les mœurs car on y trouvait réunis, jardins, portiques, salles de jeux, bibliothèques. C’étaient des lieux de loisir et de culture du corps et de l’esprit où les Romains passaient gratuitement plusieurs heures par jour. Les Thermes de Caracalla, inaugurés en 216, sont de ceux qui se sont le mieux conservés. Ils fonctionnèrent jusqu’en 537 avant que les aqueducs qui alimentaient Rome en eau ne soient pour la plupart coupés et en grande partie détruits par les Goths.

Rossini et le Barbier de Séville

Caracalla-Baths-400x276-300x207Munis de nos billets pour la première exceptionnelle d’une représentation, en plein air, du Barbier de Séville, sur la musique de Rossini, nous gagnons nos places sous un très beau ciel étoilé, parmi plus de 10000 spectateurs de toutes nationalités, impatients de voir débuter cet opéra dont le texte en anglais et en italien sera discrètement projeté sur un écran de part et d’autre de la scène. Dans un style moderne à vous couper le souffle, mettant en valeur les différents tableaux de la pièce de Beaumarchais sans la dénaturer, nous assistons pendant deux heures et demie à un spectacle époustouflant de chants, de danse et de lumières, exécuté par des acteurs et chanteurs exceptionnels, maîtrisant parfaitement leur sujet. Car qu’y a-t-il d’autre à dire sinon que nous terminons notre séjour en apothéose, avant de prendre le lendemain la longue route du retour ?

Sur la route du retour

Dernières visites

640px-Estasi_di_Santa_Teresa rertPuisqu’Alexandre et Anne doivent prendre leur avion pour Paris dans la soirée, les dernières heures de notre séjour romain sont pour nous l’occasion de quelques flâneries supplémentaires. Ayant remis les clés de notre logement à notre hôte, Niccolo, nous avons le temps de déguster une vraie glace italienne et de visiter avec nos guides l’église Santa Maria della Vittoria où se trouve exposée la fameuse sculpture du Bernin : l’Extase de Sainte Thérèse ; l’impressionnant et monumental Saint-Paul-Hors-les-Murs et, pour finir, la Basilique Saint-Jean-de-Latran, bâtie sur le modèle de Saint- Pierre et qui fut un temps résidence et siège officiel de la papauté jusqu’en l’an 1300. À midi, nous prenons, cette fois sans nos guides, la direction de l’autostrada qui nous conduit à Rapallo, petite ville côtière de la province génoise où nous passons notre dernière nuit en Italie… pour cette année !

Portofino, le minuscule Saint-Tropez italien 

IMG_7609 - copie 2Prendre la navette de Rapallo à Portofino pour la modeste somme de 11 € l’aller-retour est une opportunité à ne manquer sous aucun prétexte. C’est ce que nous faisons dans la matinée du 25 juillet pour notre première visite dans ce petit port hautement pittoresque, bijou de la Riviera italienne, avec en tête la chanson de Dalida : Love in Portofino (à écouter ici). Habitués réguliers du Canal des Saintes sur Miss Guadeloupe et la CTM, la liaison maritime en soi n’est pas pour nous une découverte. Mais où le dépaysement est total et unique, c’est dans le paysage côtier environnant tout au long du parcours et dans le fourmillement harmonieux des couleurs des façades à l’arrivée.

Portofino 2 - copie 2L’Histoire nous apprend que cette petite ville fut fondée par les Romains qui la baptisèrent Portus Delphini à cause des dauphins présents en quantité dans le golfe. La papauté y a établi un moment ses quartiers et de riches armateurs italiens comme de modestes pêcheurs en ont fait leur port d’attache. Un château et deux églises constituent les principales attractions que les nombreux touristes n’hésitent pas à prendre d’assaut, le plus souvent en grimpant car, hormis les bâtisses du port, tout est construit à flanc de colline. Nous nous contentons de visiter les églises, d’arpenter les sentiers du Parc Naturel et, avant de mettre un point final à nos pérégrinations, de parcourir les rues colorées à la recherche d’une auberge originale pour nous restaurer d’un mets local de préférence. Nous reprenons la navette à 15 heures. Il nous reste quelque 200 Km jusqu’à Contes, sur les hauteurs de Nice où nous arrivons sans nous presser à 20 heures. Avec le fort sentiment de satisfaction physique et mentale, de richesses accumulées et d’ivresse absolue que j’ai modestement tenté de vous transmettre en attendant d’autres sujets de chroniques et, si possible, de passion partagée, à l’image de celle de cette extraordinaire semaine italienne vécue en votre compagnie par la magie de l’informatique.

Embarquement pour Portofino

Embarquement pour Portofino

 

Cet article a été publié dans Réflexions. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Les pérégrinations d’un plébéien à Rome (III ème et dernier épisode)

  1. cathy dit :

    merci pour cette riche et belle balade culturelle

  2. sabine dit :

    Ayant effectué un voyage à Rome il y a trois ans et adorant cette ville éternelle pleine de richesses je tiens à dire merci pour ces pérégrinations enrichissantes . Bravo pour la mise en page et les photos.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s