Les pérégrinations d’un plébéien à Rome (II)

Escapade hors de Rome

Villa Adriana et d’Este à Tivoli

IMG_7141 - copieToujours accompagnés de nos deux jeunes, talentueux et infatigables guides, Anne et Alexandre, le second épisode de nos pérégrinations italiennes nous conduit, depuis Rome, à Tivoli, Orvieto et Ostia, trois cités antiques des environs de la Ville Éternelle qui, tant par la beauté de leurs paysages que par leurs richesses archéologiques ou religieuses, valent le détour.  À Tivoli, très ancienne cité fondée en 1215 avant JC, nous arrivons vers 10 heures du matin, après une demi-heure de route, et arpentons, par très beau temps, inutile de le préciser, les allées et jardins de la Villa Adriana, cette somptueuse et gigantesque résidence « secondaire » que l’empereur Hadrien se fit construire au début du 2ème siècle av. J.C, pour échapper épisodiquement à ses harassantes obligations romaines. Sur plus de 80 hectares d’un domaine légèrement vallonné, se dressait autrefois un époustouflant complexe d’habitation, de délassement et de loisir dont les vestiges sont aujourd’hui classés par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

Maquette de la Villa Adriana

Maquette de la Villa Adriana à Tivoli

Entrée monumentale de la célèbre Villa

Entrée monumentale de la célèbre Villa

Influencé par ses voyages en Grèce et en Égypte et surnommé « le Petit Grec », Hadrien avait voulu reproduire, à l’écart de Rome, un ensemble architectural et résidentiel, proche des monuments et sculptures qu’il y avait vus et admirés au cours de ses lointaines campagnes. L’écrivain belge, Marguerite Yourcenar, a publié en 1951 les Mémoires d’Hadrien, roman historique inspiré de sources authentiques, dans lequel elle imagine les réflexions philosophiques et artistiques que cet empereur hors normes aurait depuis sa villa de Tivoli – Tibur à l’époque – adressées à son petit-fils adoptif Marc Aurèle, lui-même futur empereur qui conduira l’empire romain à son apogée et mettra fin par sa mort à la Pax Romana instaurée par Auguste. Mieux vaut tard que jamais, j’ai décidé, à mon retour en Guadeloupe, de me remettre à la lecture de ce bel ouvrage de M. Yourcenar, première femme à entrer à l’Académie Française, que je vous conseille également, si vous êtes passionnés d’Histoire antique mais sans vous forcer la main.

La Villa d’Este

esteDe cette même ville de Tivoli nous nous dirigeons vers une autre résidence, plus récente celle-ci, puisqu’édifiée au XVI ème siècle de notre ère à l’initiative du Cardinal Hippolyte d’Este, à l’emplacement d’un ancien couvent. Au contraire de la Villa d’Hadrien dont il ne reste que des ruines, la Villa d’Este, entièrement conservée et classée elle aussi par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, est appelée à juste titre « Le jardin des merveilles ». Aujourd’hui propriété de l’État italien, cette résidence unique, doublée d’un musée aux plafonds abondamment décorés, présente un savant agencement d’éléments architecturaux, de jeux d’eau, de jardins et de bassins dont l’harmonie générale n’a n’égale que l’intelligence et l’art sublime de ses concepteurs qui s’inspirèrent des techniques d’approvisionnement en eau des Romains et même de la Villa Adriana dont ils n’eurent aucun scrupule à piller marbres et pierres pour sa construction.

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Orvieto

Façade de la cathédrale d'Orvieto

Façade de la cathédrale d’Orvieto

Édifiée à 325 mètres d’altitude, la petite ville d’Orvieto domine une vallée où coulent deux rivières qui se jettent l’une et l’autre dans le Tibre, le célèbre fleuve qui traverse Rome et sa région. Fondée vers 800 av. J.C. par les Étrusques, elle doit son nom à l’expression latine Urbs vetus qui signifie vieille ville. Pendant longtemps libre et indépendante, son influence fut grande au XIVè siècle où elle rivalisait avec Sienne. Orvieto doit une partie de sa célébrité à sa cathédrale, le Duomo di Orvieto, de style gothique dont la construction s’échelonna sur près de 2 siècles, entre 1290 et 1456. Dédiée à l’Assomption de la Vierge Marie, elle a un point commun avec la petite église de Terre-de-Haut, elle même consacrée à la Vierge. Mais rassurez-vous, c’est seulement cette consécration commune qui rapproche les deux églises. Longue de 90 mètres, large de 33 et haute de 34, la Cathédrale d’Orvieto domine tous les autres édifices de la ville et il fut une époque où les papes avaient choisi cette ville isolée comme lieu de séjour lorsqu’ils quittaient Rome pour se reposer.

Intérieur de la cathédrale

Intérieur de la cathédrale

Ostia

rue ostieDernière étape de notre escapade « hors les murs » pour cette journée bien remplie : Ostia, Ostie en français, le port antique de Rome, situé à l’embouchure du Tibre, à 35 Km de la Capitale italienne. C’est par là qu’arrivait, se négociait et s’acheminait le ravitaillement de la population romaine : céréales, huile d’olive et autres marchandises. Après le retrait de la mer à plus de 3 Km du port initial, l’envasement du site par les alluvions du Tibre au cours des siècles et le détournement naturel de l’embouchure du fleuve qui ont complètement enfoui la ville sous des mètres cubes de terre et de boue, les fouilles archéologiques (qui se poursuivent encore aujourd’hui) font apparaître le tracé et le pavement des rues, l’emplacement des entrepôts et des boutiques, les murs des maisons d’habitation, édifiées parfois sur plusieurs étages, les sanctuaires, le théâtre, les thermes et la nécropole dont les cavités murales destinées à recevoir les urnes mortuaires sont encore parfaitement conservées.

paysage ostie retComme toujours, face à ces restes de constructions antiques, on est émerveillé de constater la perfection architecturale des édifices, l’agencement et la solidité des matériaux utilisés, ensemble complexe dont les photos en vue partielle peuvent difficilement rendre la beauté, l’équilibre et la perfection. Pour vous donner néanmoins une idée de ces merveilles, je vous invite à consulter le diaporama ci-dessous… en attendant la semaine prochaine pour la suite et le dernier volet de notre équipée romaine. (Je rappelle que les textes sont de moi-même, Raymond Joyeux, les photographies et la mise en images d’Alexandre. Je vous remercie de votre intérêt pour ce blog et sollicite votre indulgence pour les éventuelles erreurs, omissions et imprécisions qui se seraient glissées dans l’exposé…)

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Un commentaire pour Les pérégrinations d’un plébéien à Rome (II)

  1. Dominique Pinel dit :

    De Montréal: bravo pour la qualité de la mise en page et merci Alexandre et Raymond de nous permettre de vous accompagner dans votre si beau voyage!
    Dominique et David

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