Les pérégrinations d’un plébéien à Rome (I)

Vendredi 18 juillet, de Nice à la Via Flavia :  710 Km

arrivée à rome - copieNous n’avons pas compté le nombre de tunnels et de viaducs qui se sont succédé sur le trajet de Nice à Rome ce vendredi 18 juillet. Mais pour un Saintois habitué aux étroits chemins bétonnés (relativement) pai-sibles de Terre-de-Haut, rien n’est plus stressant, à 130 à l’heure, que l’alternance continue d’ombre et de lumière, sur près de 300 Km d’affilée. Heureusement qu’au cours de ces huit heures du parcours, (arrêts et ralentissements compris), à l’approche de la Ville Éternelle, l’autostrada est plus tranquille et les premières indications de notre destination s’affichent au devant de nous : Bologna-Roma. Avec le jeu de mots tentant : Rhum-Bologne, nous sommes doublement en pays de connaissance car en plus de faire de la publicité gratuite pour une célèbre enseigne d’Outre-Mer, c’est notre troisième expédition en cette région de l’Italie, après la Toscane découverte voilà quelques années dans les mêmes conditions de voyage et de circulation éprouvante, à grande vitesse.

Se garer, se détendre, se restaurer

IMG_7502 - copieTrouver une place de parking en plein Rome à 18 heures un vendredi soir de vacances d’été nous oblige à tourner en rond pendant une demi-heure autour de notre résidence. Mais la providence aidant, – (ne sommes- nous pas en terre chrétienne ? ) – enfin casés : voiture garée et bagages montés au petit studio de la via Flavia, 4ème étage avec terrasse, de l’hôtel M.., nous savourons le plaisir de nous détendre. L’air est doux et le ciel d’un bleu limpide, en cette fin de journée harassante. Il ne nous reste plus qu’à trouver une petite trattoria de dégustation et de nous rendre au cœur de la cité. Puis, avant d’établir une stratégie de visites pour la semaine à venir, de parcourir à pied quelques unes des nombreuses rues de la capitale italienne, bondées de touristes de toutes nationalités, rassemblés autour de leur guide que signale un petit foulard coloré qu’il agite au sommet d’une perche. C’est chose faite alors que le soleil, le même d’il y a 2 800 ans et bien davantage, tardant comme nous à se coucher, fait jouer encore des ombres sur les murs…

Samedi 19 : les musées du Capitole, le Forum et le Mont Palatin

Le Capitole et ses musées

marc aurèle - copieVous avez certainement entendu parler des Oies du Capitole, ces volatiles qui, selon la légende, auraient averti les habitants de Rome de l’arrivée des barbares Gaulois et qui sont devenus sacrés par la suite. Eh bien, c’est à cette place que nous consacrons notre première visite. Anne et Alexandre sont nos guides.  Étudiants à Paris, l’une à l’École Normale Supérieure, l’autre à la Sorbonne, tous deux fins connaisseurs de l’histoire romaine, de l’art antique et de la Renaissance, ils nous accompagneront tout au long de notre séjour. Nous apprenons par eux que c’est à Michel-Ange que l’on doit, en 1536, l’aspect monumental actuel de la Place du Capitole avec la statue équestre de Marc-Aurèle tournée vers la Basilique Saint-Pierre à la demande du pape Paul III Farnèse. Sous un soleil de plomb qui n’a rien à envier à celui des Saintes, déambulation passionnante qui nous conduit directement aux Musées Capitolins, non loin de la fameuse place, et dans lesquels est racontée en tableaux et sculptures la légende de la création de Rome, avec, entre autres chefs d’œuvre, le célèbre bronze anonyme de la Louve Capitoline, celle qui est censée avoir nourri Romulus et Rémus, les deux jumeaux, fondateurs supposés de la ville éternelle :

La Louve Capitoline

La Louve Capitoline

Le Forum, ses temples et ses allées de colonnes

Le Forum vu des musées capitolins

Le Forum vu des Musées Capitolins et un bout du Colisée au loin.

Des Musées Capitolins, on aperçoit les vestiges du Forum Républicain, lieu central et historique de la ville antique où les habitants et dirigeants, toutes classes confondues : simples citoyens, commer-çants, hommes politiques ou religieux, marchands ordi-naires ou vendeurs d’esclaves, se rencontraient et venaient discuter, acheter et vendre, tissant ainsi les liens sociaux indispensables à la vie harmonieuse de la cité. Situé entre le  Capitole et Palatin, le Forum était l’endroit où se célébraient toutes les manifestations publiques et privées :  mariages, jeux et combats de gladiateurs, cérémonies religieuses, échanges, décisions de justice, organisation administrative, économique, religieuse et politique de la ville… C’est aussi là que défilaient les troupes victorieuses revenues des campagnes militaires.

Le Palatin et la Maison d’Auguste

IMG_7115 maison d'auguste 2 - copieEn longeant le Circus Maximus, nous accédons au Mont Palatin, l’une des sept célèbres collines de Rome. C’est sur cette éminence verdoyante dominant la ville du haut de ses 70 mètres que les empereurs successifs faisaient construire leurs résidences, leurs « palais ». Ce mot venant lui-même, vous l’avez deviné, de Palatin (du latin Palatio). Le site est impressionnant. Entre jardins et plantations, pans d’aqueducs, thermes et promenades, se dresse la Maison d’Auguste, ou du moins ce qu’il en reste. La précision architecturale, le gigantisme époustouflant et l’agencement des édifices que l’on devine sous les pierres et les briques laissent bouche bée. Et malgré la beauté  de ce qu’il faut bien appeler des ruines, on ne peut ne pas penser à Joachim Du Bellay qui n’avait pas l’air de les apprécier outre mesure, puisqu’il écrit dans Heureux qui comme Ulysse ces vers étonnants  que nous avons tous appris à l’école :

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux
Que des palais romains le front audacieux,

Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine 

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

*****

Mais laissons-là pour aujourd’hui le poète Joachim Du Bellay, ses appréciations et ses chauvines préférences, et prenons rendez-vous pour la prochaine chronique sur Rome et ses environs, avec les  textes et les illustrations photographiques d’Alexandre et de Raymond Joyeux.

Statue d'Auguste non loin du Forum

Statue d’Auguste non loin du Forum

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Un commentaire pour Les pérégrinations d’un plébéien à Rome (I)

  1. Christophe Joyeux dit :

    … Je mettrais dans mon jardin aussi ma statut avec mes gloires ….!! lol

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