Terre-de-Haut en ébullition – acte 3

Résultat de la consultation sur l’interdiction ou non des voiturettes :

Il reste à savoir maintenant comment les autorités municipales tiendront compte des résultats de ce vote, sachant que selon certains (voir précédente chronique) ce referendum local (le premier à Terre-de-Haut) n’aurait aucune valeur légale et ne ferait aucune obligation au maire de l’appliquer. Nous sommes donc dans l’expectative, en attente de la suite qui sera donnée à cette affaire.

Dans l’immédiat, je vous propose cette info relative à un accident de voiturette qui a eu lieu aux Saintes le vendredi 27 juin dernier, relatée par Guadeloupe la 1ère.

https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/accident-de-voiturette-a-terre-de-haut-une-blessee-grave-et-trois-blesses-legers-1599939.html?

Publié par Raymond Joyeux
le mercredi 2 juillet 2025

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Jour de chaleur

En cette fin juin où les températures sont extrêmes, je vous propose ce poème de circonstance :

*****

Le soleil : Photo NASA


La chaleur fige le paysage

accentue le calme en ce midi d’avril 

seule la mer tremblote enveloppée 

dans son châle de brume

ciselée par des vagues et des vents millénaires 

l’île cligne des yeux et anticipe sa sieste 

sous les feuilles immobiles

tous les volets sont clos 

le feu s’engouffre sous les lattes 

et serpent invisible 

traverse la maison 

il effleure l’aiguière d’argile 

qui somnole sur l’étagère 

rampe vers la porte entr’ouverte 

et happe à grandes goulées 

la fraîcheur striée des palmes

le sable est tison sous les pieds 

les quais les rues désertes brûlent 

sous le vieux crucifix efflanqué 

la paille des chapeaux fume à la patère. 

Le ciel poussiéreux s’inquiète pour son bleu délavé que le soleil taraude.

Pas un souffle c’est midi en carême.

Ce poème, intitulé Carême, est extrait du recueil Saintoises publié en décembre 2019 aux Ateliers de la Lucarne à Terre-de-Haut.

Publié par Raymond Joyeux
le samedi 28 juin 2025

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Terre-de-Haut en ébullition- Acte 2

La consultation populaire décidée par la municipalité ce samedi 28 juin 2025 qui fait suite à la demande d’une majorité d’électeurs de la commune continue de faire couler beaucoup d’encre et de mettre Terre-de-Haut sous pression.

Voici en effet un nouvel épisode publié sous forme de lettre ouverte par le groupe MVE (Mieux Vivre Ensemble) que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien ci-dessous. Un appel à boycotter le vote jugé faussement démocratique par les signataires de cette lettre et, selon eux, ans réelle portée juridique.

Affaire à suivre donc…

Terre-de-Haut, 2 avril 2025 – Circulation bloquée, résultat d’un trop grand nombre de véhicules.
Photo Raymond.Joyeux

Nous vous tiendrons informés des prochaines péripéties de cette affaire.

Pour info :

Sur l’île de Batz, les voitures ne sont plus les bienvenues

Voir reportage ci-dessous

Publié par Raymond Joyeux
Le jeudi 26 juin 2025

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Terre-de-Haut en ébullition !

Pour celles et ceux qui suivent régulièrement ce blog, voici deux événements qui me parviennent des Saintes, que j’ai le plaisir de leur présenter et qui, je n’en doute pas les intéresseront.

1 – Un référendum consultatif à propos du problème de la circulation urbaine

C’est à la suite d’une pétition lancée par un groupe politique local ayant obtenu le nombre de voix suffisant que la municipalité organise cette consultation.

Une initiative qui semble susciter de nombreuses réactions si l’on en croit les commentaires des internautes sur le site de la mairie de Terre-de-Haut.

https://www.facebook.com/mairiedeterredehaut

La réponse des propriétaires et loueurs de véhicules ne s’est pas fait attendre.
Voici en effet leur réaction à l’annonce de cette consultation, postée anonymement sur la page Facebook de Terre-de-Haut autrement :

Et quid par la suite ?

En cas de réponse positive majoritaire à ce référendum local, il reste à savoir si la municipalité sera tenue de respecter la volonté des électeurs (sachant que le vote par procuration est interdit pour ce genre de consultation). Toute la question est là. En réalité, quelle que soit la réponse des électeurs, si cette consultation n’aboutit qu’à un coup d’épée dans l’eau trouble de l’anarchie qui règne en matière de circulation urbaine à Terre-de-Haut, nous serons revenus au point de départ et tout restera à faire. Dossier donc à suivre.

2 – La fête de la pêche

Le second événement, beaucoup plus convivial et attrayant que le précédent, c’est la reprise de la traditionnelle fête de la pêche à laquelle nous avait habitués par le passé l’AMPS, l’Association des Marins-Pêcheurs Saintois.

Événement dont nous avait privés une détestable politique partisane de division et de discrimination. Nous sommes heureux aujourd’hui de constater le retour de cette belle manifestation que le rédacteur du Facebook de l’ASPP (Fort Napoléon)nous relate en ces termes :

« Ce samedi 14 juin, notre île a célébré la Fête de la Pêche, un moment fort pour mettre à l’honneur les pêcheurs de Terre-de-Haut et leur savoir-faire transmis de génération en génération. Un grand bravo à l’AMPS (Association des Marins Pêcheurs Saintois), au cœur de cette belle journée, ainsi qu’à l’association Associationfilaos..

L’ASPP (Association Saintoise de Protection du Patrimoine) et le Fort Napoléon sont fiers de pouvoir soutenir cet évènement. »

Suivent les 2 photos ci-dessous de cette même ASPP que nous remercions de nous autoriser à publier :

Fête de la pêche – Photo ASPP

Fête de la pêche – Photo ASPP

En attendant vos commentaires, je vous remercie de votre fidélité ainsi que l’ASPP (Fort Napoléon) de sa bienveillante contribution, et vous souhaite à toutes et à tous une belle saison d’été.

Publié par Raymond Joyeux
Le mercredi 18 juin 2025

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La chronique du jardinier – Séquence 2

20 jours en mai

Jeudi 1er

Fête du travail et du muguet

Grand soleil et ciel d’un bleu parfait. Il fait 30 degrés à Paris.
Nous ne sommes pourtant pas en 68 où il était « interdit d’interdire. » Où le feu couvait sous les pavés. Souvenir des manifs estudiantines à Lyon cette année-là et affrontement avec la police. L’inspecteur du permis de conduire est un ancien policier. Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? me demande-t-il. Reçu pourtant du premier coup et achat d’une 2 chevaux d’un étudiant iranien… Qu’est-il devenu ?
Au jardin, aujourd’hui, j’aplanis au râteau le sol labouré et enlève le plus gros des herbes flottantes.
Au rectangle face au mur rouge, huit beaux trous pour les premières tomates. Quelques feuilles d’ortie au fond recouvertes de terreau pour préserver du mildiou et mise en place des piquets reliés au sommet par des baguettes de bambou pour plus de rigidité et accrochage des branches.

Première plantation de tomates

17h, profitant du soleil : tondeuse grande cour. Mauvais travail à cause de la hauteur de l’herbe et des nombreuses taupinières en surface pourtant aplanies et tassées à la houe.
18 h, première plantation de tomates sur la parcelle aménagée. Avec copeaux de bois aux pieds pour garder la fraîcheur.
Désherbage des fleurs du pignon ainsi que des fraises et de la menthe.
Légère blessure au doigt avec le (minuscule) taille-bordure électrique. Misère. Les mains sont précieuses au jardin. Et la terre généreuse est aussi potentiellement dangereuse (risque de tétanos). Nécessité de porter des gants ! 
Nous avons honoré la fête du Travail, sans défilé, sans muguet ni slogans syndicaux. Une journée fériée bien remplie loin des effervescences urbaines. Mai 68 est très loin derrière nous.

Vendredi 2

7h 30. Ciel laiteux au réveil. Puis soleil timide, beaucoup moins généreux que les jours précédents.
Rangement de l’étable-atelier et travail au jardin jusqu’à 10h.
Seconde tentative de feu aux branchages de l’an dernier. Une réussite grâce au white spirit et à l’absence de vent. Par précaution, fourche et tuyau d’arrosage toujours à proximité. 
13h, Casse-croûte chez un ami non prévu qui ne m’arrange pas. Je dois noyer mon feu qui n’avait pas fini son travail. Au retour, fumée et flammèches malgré les précautions et l’eau versée. Je réactive mon jet pour la nuit.

Samedi 3

Ciel clair avec grand soleil, contrairement à la veille.
Au potager, je prépare l’emplacement d’une nouvelle plantation de tomates.
Même protocole que précédemment.

Dimanche 4

Repas polonais. Le jardin attendra. Il profitera de la pluie du jour.
na zdrowie !

Lundi 5

Temps pluvieux et froid.
Départ à l’enterrement. Le ciel s’est mis au diapason de la situation.
Mon ami Sam me propose une tondeuse dont il veut se débarrasser.


Mardi 6

Arrosage préventif avant le départ pour une escapade à Meyzieu, Pérouges près de Lyon et Viviers en Ardèche chez une cousine de Guadeloupe et des amis.
Cinq jours de repos pour le jardin.
Et qui vous dit qu’il n’en a pas marre de me voir ?
Délicieux séjour impromptu.

Dans les rues de Pérouges

Dimanche 11

13h30, retour au bercail. Premier réflex du jardinier, devinez lequel ?
Les taupes ont étendu leur domaine. Épargnant miraculeusement le potager.
19 h, arrosage intensif. La terre altérée boit l’eau avec avidité.
Il n’a pourtant pas fait une chaleur excessive !
La pluie annoncée pour la nuit complétera le bienfait de l’arrosoir.

Lundi 12

Réveil huit heures. Brouillard dans les combes.
Tout est mouillé mais quelques rayons fugaces à travers les nappes. 
Tour au jardin : des taupes ont rebouché leur refuge en s’accrochant peut-être aux épines du rosier. 
À 10h direction Marcigny chez le pépiniériste. 12 tomates diverses, 3 courgettes, 2 aubergines, 2 poivrons (jaunes et verts) –
Petite pluie. Poêle allumé.
Après-midi : plantation de 12 tomates presque sous le soleil. Arrêt 17h 30. Feu éteint au poêle.
Premier jour fauchage foin en face. Cigognes et autres oiseaux à la recherche de leur pitance accompagnent le geste tracté du faucheur. Qualifié autrefois d’auguste pour le semeur. Les temps changent.

Fannage : retournement de l’herbe pour la faire sécher
Premiers rangs de salades

Mardi 13

8h, léger brouillard qui s’éfiloche. 10 degrés.
Rallume feu à la maison.
Grand soleil. Jardin toute la journée avec pull. 
11-13 h, préparation parterre + plantation de 3 pieds de courgette, avec petite bâche au sol contre l’herbe.
15 -18 h, bêchage carré salade, plantation 36 pieds. 3 rangs de 12, espèces diverses.
Maintien feu maison toute la journée. 22 °
Heureuse surprise, reçu deux livres d’une amie des Saintes.

Mercredi 14

8h. 6° sans brouillard, ciel entièrement dégagé. Vent nul. 18° grande salle.
RAS au jardin. Herbe mouillée pleine croissance. 10h-midi, préparation sol aubergines, poirées dites blettes ou betes avec un ou deux t. Bref, beta vulgaris pour les intimes, poivrons, côté mur allée extérieure.
Grosse brouette d’herbes folles, aux racines profondes difficiles à extraire sans la binette.
Caresser la terre nue de ses mains pour l’égaliser et la douciner.
Revenir l’après-midi pour l’alimenter. Généreuse, espérons-le, elle nous le rendra au centuple dans un mois ou deux. 
Semé carottes petite parcelle courgettes.
Graines de fleurs grimpantes contre mur pignon. 
Fanage foin en face avec cigognes.
Arrosage des plants mis en terre.

Jeudi 15

Levé 8 heures – Soleil, ciel dégagé.
Heureux présage pour un anniversaire.
10-13 h : fixation bordure composite droite. 
Lever d’un petit vent mais le soleil persiste. Début ciel nuageux épars, vite effacé.
Plantation de 2 rangs de haricots.
15 h Retour au jardin.
Préparation parterre et plantation de 21 pieds de patates. 
Grand soleil avec vent.
17h30 : tondeuse Sam. Essais concluants.
Mise en bottes foin fermier d’en face sous un ciel d’été.

Après fanage, enveloppement des balles sous protection plastique : le bottelage

Vendredi 16

Lever avec soleil. Grand ciel bleu sans nuages.
Plantation côté nouveau mur 2 poivrons, 6 poirées vertes + au grand jardin, 2 aubergines avec tuteur. Semé koper (aneth) le long du mur. Arrosage.
Après-midi : débroussailleuse boîte aux lettres + début pelouse clôture. Arrosage général.
Enroulement meules de foin toute la sainte journée face maison. Cigognes.
15 h 30 récupération Alex et Anne. La sortie Sainte Élisabeth est ouverte.
21h repas anniv Ch. Retour 23h30.

Samedi 17

Lever 8h – 10° grand soleil, sans vent.
Avec Alex, sortie table, chaises et banc sur le deck
Tondeuse et débroussailleuse toute la matinée.
Ciel bleu. Pas un nuage.
Courses sans moi Paray.
Préparation blog livre Marie-Sylvie Dionne
Diner royal avec cocktail Alex. Gin à l’italienne
Eurovision : Autriche. Louane 7è. Orage et désespoir !
Alex renouvelle mon abonnement Word-press : 80€
Arrosage intensif (du potager !)…

Dimanche 18

Grand soleil au lever, 4° la nuit. 18 dans l’appart à 8h. Frileux, je rallume le poêle.
Au jardin, les tomates ne progressent pas. Certaines ont les feuilles toutes ratatinées. Sans doute à cause des basses températures nocturnes et du vent du nord, hantise du jardinier. Pourtant grand soleil la journée, mais fond de l’air frais. Première salade attaquée par le ver blanc, l’antipathique herbum vermis. Tout bêtement larve du hanneton.Tapie l’hiver en profondeur et grande dévoreuse de racines saladières, elle remonte au printemps se nourrir en dévorant l’intérieur de la racine principale !. .
Nous déjeunons quant à nous à midi dans le salon avec feu, 21 degrés.
Après-midi : départ des enfants. Tristesse. 
Décide de ne rien faire au jardin. Seule une baguette d’épines de rosier au trou d’une taupe bordure haricots. Réflexion d’Alexandre le randonneur : « Horribilis. »
Découragé de constater que tout végète aux plates-bandes, je remplis au seau le fût bleu du puits.

Lundi 19

Lever 7h30 avec soleil amical.
8h, le ciel se couvre à l’ouest. Moins de clarté. Pluie prévue cet après-midi. Au jardin la taupe a rebouché son trou. A-t-elle été piquée par les épines du rosier ? Rien n’est moins sûr.
11h, Marcigny : achat de plants de poireau et de brocoli au marché.
14h45 – Retour au jardin – Plantation de 40 pieds de poireau et 2 brocolis.
Bonne température extérieure. Très frais dans la maison.
16h15 : Le fermier a fini de ramasser ses meules, juste avant le début d’une petite pluie. Il a le calendrier-météo dans la tête. Les champs sont ponctués de corbeaux à la recherche de victuailles. Ciel très couvert à l’ouest.
À 19h j’allume le poêle, la température remonte doucement jusqu’à 21 degrés à 20 heures. Toujours pas la pluie annoncée. Peut-être cette nuit.

Mardi 20

Temps couvert. La pluie prévue pour la nuit n’a pas été au rendez-vous. Mais le ciel est resté gris, sans un rayon de chaleur. La température a baissé de deux degrés dans la maison. Il fait 12 à l’extérieur, sans vent heureusement. Si bien qu’elle remontera sans doute rapidement à 18, et peut-être à 21 en cours de journée. Je pense à nos 28 degrés en continu des Saintes. 28, mon n° de pensionnaire à Blanchet.
10h, arrosage. Eau tirée du puits à 12 mètres de profondeur, Petits exercices matinaux, propices au développement pectoral, biceps et j’en passe.

Le puits, précieux auxiliaire du jardinier

11h, le soleil bienvenu profite d’une échancrure dans les nuages pour me faire la fête. Il est parcimonieux mais agréablement tiède et réconfortant. Tout le jardin est maintenant entièrement planté. Finis les préparatifs : ils ont duré un mois et demi. Sarclage, bêchage, binage, bordures, organisation des parterres et allées, choix et mise en terre des plants. 

Fleurs de cives de Guadeloupe parmi la menthe

Je récapitule : tomates, haricots verts, salades, poireaux, pommes de terre, brocolis, poivrons, poirés, semis de carottes, aubergines, courgettes. À chacun sa place ! Plus le pied d’oseille de l’an dernier ainsi que le thym, le romarin, la livèche, la ciboulette, les cives increvables de Guadeloupe, la sauge, le persil, l’origan d’Anne, la menthe persistante toujours envahie d’herbe comme les fraises et framboises qui ont franchi leur bordure.

Il ne reste qu’à mettre en terre un beau pied de basilic, indispensable mais extrêmement capricieux et fragile, les courges enfin (10 grosses l’an dernier), en attendant que les graines pointent en leurs godets, puisque celles de François ont dépéri. 

À la même date, sur mon carnet de l’an dernier, je lis : « Tour au jardin hyper mouillé. J’ai envie de tout laisser tomber. Déprimant à mort. Les rangs de salades diminuent à cause des vers blancs. Tout ce travail pour rien. Je ne m’en occupe plus ! »

Midi : un peu plus de soleil. Oiseaux joyeux s’égaillant à tue-tête dans le ciel. 
Maintenant que le potager se débrouille seul, (encore que surveillé du coin de l’œil !), gros et harassant projet en perspective : débroussaillement des abords devenus jungle et forêt d’herbes géantes, orties et autres oseilles sauvages. Les boutons d’or et les marguerites animent pourtant un joli tableau champêtre que n’aurait pas renié l’hôte de Giverny.

François signale une recrudescence de vipères cette année. 
15h, débroussailleuse en action jusqu’à l’arrivée d’une petite pluie, insuffisante pour remplacer un arrosage efficace. Je rentre mes outils. Les nuages s’accumulent au nord avec petit vent frais. C’est fini aujourd’hui au jardin. À minuit, le ciel est étoilé.


****

En guise d’épilogue à ce chapitre :
ce poème d’un moine taoïste, toujours extrait du recueil de poésie chinoise :

La pluie sur la montagne est fréquente
ce sera bientôt le beau temps
à la fenêtre, de temps à autres volètent des pétales de fleurs
au bout des branches partout se répand le chant des loriots
l’endroit est à l’écart, nul visiteur avec qui bavarder
lors de la récolte du blé, tout le monde se réjouit de cette époque de paix
ce n’est pas parce que je suis décrépit que je dois renoncer
à profiter des produits de saison
un bol de yaourt de lait de chèvre garni
de cerises rouges.

Marguerites et boutons d’or épargnés par la débroussailleuse.

****

Sauf le poème, texte et photographies sont de l’auteur

Publié par Raymond Joyeux
le vendredi 13 Juin 2025





Publié dans Au jardin | 3 commentaires

La chronique du jardinier – première séquence

AVRIL 2025

Vendredi 11, jour d’arrivée

Soleil. L’herbe est belle, haute et brillante. Et toute la vie qui grouille sous le couvert de cette mer végétale, hérissée comme une anémone géante. Vivantes algues ballottées par les courants d’air.
C’est l’image qui me vient. Quel travail à venir au carré des plantations et autres parcelles à cultiver !

La nuit porte conseil. Rêve de pelouse rase, lisse comme une mer d’huile verte. De terre labourée. Sans taupinières ni touffes récalcitrantes inarrachables. La nature n’a que faire des soucis du jardinier.
Elle est votre amie à condition de la cajoler. Ne ne pas l’abandonner six mois d’affilée. Seule trop longtemps, sans surveillance, elle se démène comme elle peut et s’égaille en tous sens. C’est un enfant qui aime la vie.

Samedi 12

Pluie abondante. Tout est gris. Mouillé. 
Douce chaleur du poêle.
Dehors je suis un naufragé sur une barque minuscule au milieu de vagues immenses.
Cette impossibilité de préparer le jardin me désole.
Tous les appareils de jardinage sont au repos.
Petite éclaircie à 11 heures. Le romarin a fleuri et embaume son aire. Son parfum méditerranéen me remplit de soleil.

Lundi 14 

Temps maussade avec éclaircies.
Débroussailleuse devant la maison.
À 16 heures : pluie et ciel noir.
Rêve de l’escargot.

Mardi 15

14h 30 : Réception de l’artisan-jardinier pour devis bêchage et fraisage à venir au grand jardin (25m2) prévus le 29 de ce mois, en matinée.

Mercredi 16

5° au lever. Ciel entièrement couvert.
Tout est mouillé à l’extérieur.
RAS au jardin.

Jeudi 17

4° au réveil. J’allume le poêle.
Ciel maussade, herbe humide, impossible à faucher. 
Débroussailleuse au repos.
J’avance dans le livre de Marie-Sylvie Dionne. Heureusement, j’ai craqué.
Suis-je sur le point de craquer à mon tour ?

Vendredi 18

Miracle : soleil au lever. 
Débroussailleuse, deux heures.
Essai démarrage tondeuse.
Premier oiseau aperçu.

Samedi 19

Ciel nuageux. Vent violent.
Poêle allumé.
18 h : baisse du vent, soleil aperçu entre les nuages.
Rien au jardin. Sinon l’herbe, indifférente, qui continue sa poussée.

Dimanche 20 avril

PÂQUES

Lever 7h30
Repas traditionnel polonais.
J’oublie le jardin.

Lundi 21

Temps couvert
T° 7 degrés
Alex rentre les bûches du mur rouge à la réserve de bois près de l’appentis. Travail de force avec brouette. À trente ans, présomptueux, étais-je capable de le faire… sans brouette ? Sic transit gloria mundi.

Mardi 22

Saint-Alexandre. Le vainqueur des héros.
Ciel modérément printanier tout en douceur. Nuages en pointillés suivant les éclaircies. Feu continu au poêle.
Après-midi : débroussailleuse petite parcelle du potager. Pas de vent.
Vaine tentative de brûler le tas de broussailles humides qui tentent de sécher, résidus de l’an dernier.

Mercredi 23

Soleil au lever vite remplacé par une petite pluie. Je suis prisonnier à la maison. 11h, à peine puis-je sortir chercher du bois pour le poêle.
15 h. À l’appel d’une éclaircie, j’explore le carré de menthe envahi d’herbes et autres petites oseilles sauvages. Cueille quelques feuilles pour la tisanière.
Aperçu un col-vert, long cou tendu en direction de l’Est. Petit miracle jouissif en cette atmosphère automnale. À 20 heures, six degrés au dehors.

Jeudi 24

Pluie le matin qui se calme l’après-midi. J’en profite pour biner le parterre des salades : bêche et râteau sont au travail. J’émiette le sol à l’aide du casse-mottes. Il ne reste plus qu’à se procurer une trentaine d’espèces variées et à les repiquer à la place des courgettes de l’an dernier .
Côté grand jardin, j’enlève les bordures en bois de palette à moitié désagrégées pour les remplacer par d’autres en ciment lorsque le motoculteur aura retourné la terre.

Vendredi 25

Six degrés au lever. C’est désespérant. Seule consolation : des nuages mais pas de pluie.
Bon travail l’après-midi. Déboussailleuse au grand carré pour permettre le passage du motoculteur le 29. Je découvre une série de petites salades qui ont résisté à l’hiver. Tout le potager est dégagé. On voit bien ce que sera l’ensemble dans quelques jours. Premier coucher de soleil depuis notre arrivée.

Samedi 26

Brouillard matinal. Enterrement du pape François.
Je laisse le jardin au repos et travaille sur le livre de Marie-Sylvie Dionne.

Dimanche 27

Tristes nouvelles : décès d’Yves Lorgé aux Saintes et de la mère de notre ami Jean-Claude Lavaud. Journée de recueillement. Le jardin aussi a besoin de paix. Il se recueille à sa manière et honore les morts pour des festins à venir !

Lundi 28

Grand soleil. À la serre du Temps des fleurs, achat de 10 plants de tomate, 30 de laitue, 10 de poirées, et de quelques fleurs décoratives pour l’auge du pignon.

Mardi 29

Soleil au lever. Grand bonheur.
9h, arrivée du motoculteur et de la fraise à émietter les mottes.
Deux heures de pleine action, le jardin se prépare sérieusement alors que l’herbe autour continue en silence sa course vers le haut.

Mercredi 30 avril

Toujours grand soleil. Ô joie déliée dans les hauteurs du ciel. Ce vers de Saint-John Perse m’illumine à chaque parcelle de bonheur.

Toute la journée, genoux au sol, à installer les nouvelles bordures ciment. Travail de précision avec enfouissement, ligne tendue et niveau. Ne jamais faire les choses à moitié. Le potager a des exigences qu’il faut satisfaire, si vous voulez qu’il vous gratifie en retour. Vous posez une bordure de travers, ne vous étonnez pas de voir tomates, courgettes, haricots… pousser de travers.

Merci, mon père, pour m’avoir appris à me servir d’un niveau et d’une ligne de maçon, toi qui fus charpentier-menuisier-ébéniste, marin-pêcheur, constructeur de canots et de meubles, à l’égoïne et à la varlope… et qui, comme moi, tenais chaque jour tes carnets de maître senneur.

En guise de conclusion

C’est la fin du mois d’avril. Après 20 jours d’activités diverses, le jardin est presque prêt pour les semaines à venir.
Je lis dans le recueil de poésie taoïste offert par Alain, ce poème, pour vous l’offrir à mon tour en guise de conclusion de cette première séquence de jardinage :

Il a plu la nuit dernière, je porte des sabots légers
le printemps est froid, je me couvre d’un vieux manteau ouaté

j’ouvre une rigole pour canaliser l’eau limpide
entre les saules éclosent les fleurs rouges des pêchers
mon champ d’herbes ressemble à un échiquier
à la lisière de la forêt je soulève la pierre de la bascule à eau
puis avec mon bonnet en peau de cerf
et mon bâton,
au soleil du crépuscule je disparais
dans les broussailles.

*****

Ce magnifique poème mis à part,
les autres textes, écrits au jour le jour et les photographies sont de
Raymond Joyeux.

Publié le samedi 31 mai 2025










Publié dans Au jardin | 3 commentaires

Lettre à Marie-Sylvie Dionne à propos de son livre : Heureusement, j’ai craqué…

L’auteure

Marie-Sylvie Dionne est québécoise. Avec une maîtrise en éducation des adultes et plus de 30 ans en consultation, elle a fondé et dirigé deux entreprises de services conseils, en plus de partager son expertise comme chargée de cours au collégial (enseignement supérieur) et à l’université. Blogueuse pour le Huffington Post durant six ans, elle s’est désormais consacrée à l’écriture et à la création de contenu, inspirée par son parcours de consultante et de formatrice.
Site Internet : https://www.mariesylviedionne.com

L’intrigue

À trente six ans, Stéphanie pensait avoir une vie bien rangée. Jusqu’au jour où tout bascule. Un incident au travail, une ligne franchie, une trahison, une découverte… et son monde s’écroule. En quête de répit, elle accepte une invitation en Guadeloupe. Mais au lieu du refuge espéré, elle se retrouve face à son passé. Coincée sur une île aussi belle que troublante, elle devra affronter ses blessures les plus profondes et dénouer les fils invisibles qui la retiennent captive.

Mon commentaire


Titre et couverture

Ma première impression concerne le titre et la couverture de votre livre. Je trouve que les deux, image et titre, résument et reflètent parfaitement le contenu de l’ouvrage : une marche des ténèbres vers la lumière. Deux éléments qui, du fait de leur chronologie respective, prennent le contrepied du titre comme une sorte de symétrie inversée, l’adverbe Heureusement devant logiquement se situer en fin d’expression puisqu’il qualifie l’état terminal du personnage parvenu à la sortie lumineuse du tunnel. Mais où il est placé sur la page, en tête du titre, il figure aussi comme une prémonition, anticipant le résultat positif de la démarche et du travail accompli par l’héroïne pour se retrouver, tout en renseignant le lecteur sur la fin heureuse de son parcours initiatique. J’ai craqué, expression négative qui symbolise la rupture, spontanée ou réfléchie, d’avec une situation antérieure invivable, est le point de départ, autrement dit le déclenchement de la démarche libératrice qui s’ensuit. 

Ce titre antinomique rappelle celui qu’Albert Camus a donné à son premier roman : La mort heureuse qui était une sorte de brouillon de L’étranger. Deux ouvrages dont le nom du héros, Meursault, est la contraction de mer et soleil. Or Stéphanie, pour se libérer du « lourd nuage » de son passé, de l’emprise mortifère de son ancienne vie, familiale, professionnelle, sociale, à la suite de ce que l’on appelle aujourd’hui un burn-out, est contrainte de quitter son Canada natal pour se rendre justement à la mer et au soleil : la Guadeloupe, les Saintes, la Dominique… et pour finir naviguer sur un voilier entre mer et soleil. La boucle est bouclée.

Étrangement, on trouve dans le roman de Camus un personnage qui s’appelle Raymond dont, à première vue, l’attitude est à l’opposé de celle dévolue au personnage du même nom dans votre récit. Encore que ce point de vue pourrait se discuter, puisque chez Camus, tout comme Raymond Sintès est à l’origine du meurtre commis par Meursault, qui est pour ce dernier une sorte de libération, chez vous, Raymond participe lui aussi, à son échelon, même minimement, à conduire Stéphanie vers sa propre libération, laquelle fait suite à la mort symbolique de sa vie antérieure.

Avec leur similitude d’identité, on peut donc établir un double parallèle entre ces deux personnages. Tout cela, j’imagine, n’est peut-être que pure coïncidence, mais rien n’empêche de le souligner, comme on peut souligner également que sa sœur Brigitte, par son rôle déterminant d’instigatrice du départ de Stéphanie, se rapprocherait davantage du Raymond de Camus puisque liée directement à ce départ ! Le comportement négatif par ailleurs immoral, et particulièrement exécrable envers les femmes, de ce trouble personnage camusien en moins, bien entendu.

Écriture

D’emblée, on peut observer dans votre texte l’usage fréquent de la métaphore. Dès la première ligne, vous parlez de la fenêtre du temps. Puis, plus loin, de la bombe de frustration, de la valeur boursière de ma vie, de lessiver mon esprit, de l’enveloppe de son cœur … Et ainsi, assez souvent, me semble-t-il, dans le cours du récit.

Je suis admiratif de la capacité de certains écrivains et écrivaines à employer naturellement cette figure de style qu’on retrouve fréquemment chez les auteurs antillais. Je pense que je n’ai pas l’imagination suffisamment fertile pour en inventer spontanément. De plus, j’ai un ami poète qui m’a beaucoup influencé en me répétant qu’il fallait bannir la métaphore de ses écrits, tout comme certains méprisent l’usage de l’adjectif. Pourtant je trouve que la métaphore colore joliment l’expression et matérialise la formule par l’image, la rendant plus « parlante ». 

S’il faut faire une comparaison, mon écriture est différente de celle de votre livre sur ce point. Peut-être aussi parce que mes lectures m’ont formaté en ce sens. J’ai rarement trouvé en effet de métaphores chez Modiano, par exemple, ou chez Le Clézio, ou chez aucun autre de mes auteurs habituels dont les énoncés linéaires me conviennent parfaitement. Si bien que, sauf peut-être en poésie où je l’utilise, il m’arrive de trouver mes récits narratifs parfois un peu plats, sans grand relief.

Mais il m’arrive aussi d’être (modérément) agacé de repérer chez les auteurs antillais (Guadeloupe et Martinique – moins chez les Haïtiens) des tournures créoles récurrentes à tout bout de champ. Ils en font parfois un usage tellement abusif que leur style sent la recherche, la posture imposée. Ce qui nuit, à mon sens, à la spontanéité et à l’universalité de leur écriture. Faire constamment, à tout prix, couleur locale enferme selon moi le message dans un contexte géolinguistique réducteur. Dans votre livre, les tournures québécoises existent mais elles sont rares et ne tombent jamais dans l’excès, coloriant au contraire au passage le récit d’un supplément d’originalité, sans jamais s’apparenter à un tic de langage. De ce point de vue, vous n’êtes pas Antillaise !

Ce qui m’a étonné cependant, pour une écrivaine canadienne francophone, c’est de trouver dans la bouche de Charlie, la navigatrice, des bribes de dialogue en anglais. Je comprends fort bien la raison et cela ne me choque pas. Mais si je me réfère au rejet systématique de l’anglais de la part d’un ami canadien (il est natif de Toronto) qui a renié sa langue natale au profit exclusif du français, je pensais que tous les Québécois francophones avaient la même attitude. Partant de cette constatation, vous concernant, je présume que vous ne faites pas partie de ce courant linguistique anglophobe au Québec qui s’inquiète – à juste titre ? – d’un envahissement de la langue de Shakespeare au détriment du français.

Vocabulaire et thème développé

Il n’échappera à aucun lecteur, même ignorant de votre cursus universitaire et de votre profession d’analyste, que votre vocabulaire et votre expression narrative soient constamment imprégnés de termes, de formulations et de procédés d’analyse liés à votre formation et à votre pratique de psychothérapeute. Ce qui est tout à fait normal. Non seulement d’ailleurs au niveau de l’énoncé mais également dans la démarche cathartique entreprise. Par le personnage principal lui-même d’abord, Stéphanie, qui semble être votre double, mais aussi par son amie navigatrice, visiblement férue de connaissances psychanalytiques, et pour finir par le doctèfey dominiquais dont, après tout, c’est disons-le, la spécialité. Je laisse de côté le gadézafè saintois et ses poulets qui n’a qu’un rôle accessoire d’intermédiaire. Encore que ! N’empêche que des lecteurs pointilleux trouveront peut-être excessif, sinon factice, le fait que vous ayez attribué trop facilement et sans doute d’instinct ce don d’analyse à des personnages dont, dans votre roman, ce n’est pas a priori la spécialité. En ce qui me concerne, cette constatation ne me dérange pas particulièrement. Même si je porte un regard plutôt dubitatif quant à l’efficacité et l’intérêt de la tendance très à la mode de la recherche du bien-être à tout prix et des procédés engagés pour y parvenir. J’ai observé cette tendance curieusement chez des amis québécois, toujours à l’affût d’explication à des postures jugées étranges, ou des affects perçus comme perturbés ou négatifs, chez eux comme chez autrui dans le but évident d’en « comprendre » l’origine et les rouages, et d’y porter remède. Ce qui a fait que j’étais enclin à penser que cette recherche d’explication récurrente des attitudes comportementales ou mentales était une spécificité québécoise !

Un concept très prisé aujourd’hui : le développement personnel

Mais en France aussi et aux Antilles, les ouvrages sur ce sujet de la recherche du bonheur individuel, du bien-être et autre développement personnel abondent dans les librairies et beaucoup de leurs auteurs s’improvisent coachs, sans peut-être posséder comme vous les compétences et le bagage requis. Je m’empresse cependant de préciser que votre livre est loin d’entrer dans la catégorie susnommée. C’est avant tout un beau roman qui met en évidence de façon convaincante l’origine et les effets d’une situation initiale traumatisante liée à des rapports souvent familiaux douloureux, profondément enfouis et objet de déni, jusqu’à ce qu’intervienne la rupture bienfaisante et brutale pour un dénouement heureux. Pour un nouvel appareillage en quelque sorte. Ce qui sera fait.

Je suis admiratif du chapitre intitulé La transmission. J’ignore comment vous avez imaginé la mise en scène, les interventions et le jeu de rôle des différents avatars. Je suis tenté de penser que finalement vous avez vous-même vécu cette expérience, ou en avez été le témoin actif, pour si bien la décrire, et que Stéphanie n’est en fait qu’un prête-nom. Dans tous les cas, j’ai beaucoup appris de votre livre, ignorant parfaitement l’existence d’une telle approche finale du sujet. Si tant est qu’elle soit authentique. Ce dont je ne doute pas.

Enfin, en plus de l’ensemble du livre, j’ai beaucoup apprécié le dernier chapitre qui est la synthèse du projet romanesque et espère que vous jugerez de façon bienveillante cette analyse rapide et superficielle de votre ouvrage. Vous demandant de pardonner les incongruités, les oublis, les interprétations approximatives ou fantaisistes de votre intéressant récit et, en fin de compte, de vos intentions d’auteure. 

Et c’est avec le même plaisir et l’enthousiasme que j’ai éprouvés à le découvrir que je conseille aux lectrices et lecteurs de ce blog la lecture de votre ouvrage qu’ils peuvent commander chez leur libraire ou sur n’importe quel site d’expédition. En précisant son titre : Heureusement, j’ai craqué, et le nom de l’auteure : Marie-Sylvie Dionne, aux éditions Libre Rivage février 2025.

                                                                                                         Très amicalement
 Raymond Joyeux
Le 24 avril 2025

Publié par Raymond Joyeux
le Mercredi 21 mai 2025

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L’émouvant hommage de sa famille à Denis Cassin

Décédé des suites d’un malaise cardiaque, le samedi 3 mai dernier, Denis Cassin, 87 ans, épouse de ma sœur Maryse, a reçu un émouvant hommage de la part de ses enfants lors de ses funérailles célébrées en l’église de Terre-de-Haut ce mercredi 7 mai.

Voici le texte qui a été lu à l’église par son fils Bruno en cette circonstance

Cher papa,

Quelle épreuve pour nous aujourd’hui, pour ton épouse, notre maman Maryse, pour tes enfants, tes petits et arrière-petits enfants, pour notre grande famille et tous tes nombreux amis, de devoir entendre prononcer en cette église ton éloge funèbre. Nous aurions préféré que ce soit le plus tard possible. Mais le destin en a décidé autrement et c’est avec émotion qu’en leur nom à tous et toutes, j’ai la douloureuse tâche d’évoquer brièvement l’homme, le mari, le père, le grand-père et arrière grand-père exceptionnel que tu as été. Sachant que ta modestie en aurait certainement souffert.

S’il est impossible, en si peu de lignes, de résumer ton passé, de résumer ta vie, tant elle a été riche d’engagement, de générosité, d’amour prodigué et reçu, de travail et d’abnégation, mais aussi de tant d’heureux événements, je ne retiendrai que ceux qui nous ont le plus marqués et qui constituent une grande part de l’héritage moral que tu nous as laissé. 

L’exemple d’abord d’un jeune homme épris de saine ambition, qui a su gravir toutes les étapes d’une ascension professionnelle hors du commun, puisqu’à force de volonté, de nuits blanches et de sueur, tu es passé de modeste agent d’exploitation à directeur départemental adjoint de l’administration postale de la Guadeloupe. Et que non content d’accomplir avec sérieux et compétence cette tâche de haute responsabilité, tu n’as eu de cesse d’aider à des degrés divers nombre de tes jeunes compatriotes à entrer dans la maison de cette grande fonction publique. Comme tu n’as jamais hésité à entreprendre, pour beaucoup d’autres, qui se reconnaîtront, des démarches par courrier ou déplacement personnel, aux tatillons services de la préfecture, des impôts, du cadastre, de l’urbanisme, de la Sécurité Sociale, des affaires maritimes… 

Et, c’est fort de ce rapprochement étroit avec une bonne partie de sa population que tu as cru bon devoir briguer par deux fois le poste de haut magistrat de ta commune, heureusement sans succès. Heureusement, dis-je, sans succès, non que tu n’aurais pas été un bon maire, sans doute l’un des meilleurs que nous aurions eu à connaître à Terre-de-Haut, à l’exemple de ton légendaire grand-père Benoît Cassin, mais parce que cette fonction de tous les instants t’aurait volé tout ton temps, ta disponibilité et ton énergie. Énergie et disponibilité désintéressées que tu as investies dans divers domaines au service de tes compatriotes, en créant, par exemple, avec d’autres cette association sportive qui porta haut les couleurs de notre jeunesse en natation, l’Avenir Saintois des années 60 dont tu as été le président pendant sept ans, alors que tu étais toi-même joueur de volleyball dans une équipe de Basse-Terre. 

Mais au nom de ta descendance dont je suis ce soir le porte-parole, je manquerais à tous mes devoirs si je n’évoquais pas ton rôle de mari et de père de famille aimant, affectueux et compréhensif. Une famille qu’en 62 années de mariage avec notre mère Maryse, tu as contribué à éduquer par l’exemple et à faire grandir dans l’exigence, l’amour du travail et l’honnêteté. Une famille unie de 4 enfants, 8 petits-enfants et 4 arrière-petits-enfants, qui, avec tes frères Michel, Daniel, Guy et Claude, mais aussi avec tes nombreux amis, parents et connaissances des Saintes, de Guadeloupe et de métropole, pleurent et regrettent aujourd’hui ton départ prématuré. 

Cher papa, à l’heure de te dire au revoir, j’unis à moi cette famille qui fut la tienne, et toute la communauté saintoise, respectueuse de ta personne, pour te dire combien nous t’aimions et que, par-delà ta disparition physique et la douleur que nous éprouvons aujourd’hui, cet amour continuera de t’accompagner. Un amour aussi fort que celui que tu nous as prodigué durant ta vie terrestre, pour lequel nous t’exprimons nos remerciements, notre affection et notre reconnaissance.

Un dernier mot, cher papa qui, nous sommes sûrs, te fera plaisir : sois sans crainte pour tes cabris et moutons. Avec ton ami Pierre, nous en prendrons soin, comme tu l’as toi-même fait de ton vivant, avec bonté et bienveillance, et qui, eux aussi, à leur manière, comme nous tous, ressentent sans doute déjà cruellement ton absence. 

Publié par Raymond Joyeux
Le jeudi 8 mai 2025

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Au revoir tonton Yves…

Une immense tristesse

C’est avec une immense tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès de notre compatriote et cousin Yves Lorgé, que tout le monde appelait aux Saintes Tonton Yves.

Aîné d’une famille de 9 enfants, il était né à Terre-de-Haut le 31 juillet 1934 et voguait tranquillement vers ses 91 ans, achetant tous les jours son journal et faisant lui-même ses courses à l’épicerie. Aimé et apprécié de tous, ce surnom familier de Tonton Yves lui allait parfaitement. Il était ainsi appelé non seulement par respect pour son âge vénérable mais aussi et surtout pour son comportement amical, accueillant et convivial, proche de la population et de chacun de ses membres, incarnant les valeurs communautaires et familiales de fraternité, de simplicité et d’empathie.

Victime d’une fracture du col du fémur, à la suite d’une chute malheureuse à son domicile du Fond-Curé le 4 avril dernier, il avait été opéré avec succès au CHU de Pointe-à-Pitre où il est décédé dans la soirée du samedi 26, probablement d’une infection nosocomiale. Ses obsèques ont été célébrées ce mardi 29 avril 2025 en l’église de la paroisse et c’est en présence d’une foule immense qu’il a été accompagné en sa dernière demeure au cimetière marin de Terre-de-Haut, face aux impressionnants rouleaux de la plage de Grande Anse, assidument fréquentée dans sa jeunesse.

Issu d’une lignée de marins

Marin de profession dès l’âge de 18 ans, tonton Yves avait de qui tenir. Son père, Léon Lorgé fut, en effet, avec son oncle Auguste, parmi les premiers armateurs saintois à assurer la liaison régulière de passagers avec la Guadeloupe via le port de Trois-Rivières sur la goélette Cassiopée. Alors que les frères Jacques : Jean, Gerville et Guy, assuraient celle de Basse-Terre avec la Belle-Saintoise.

Mais avant de devenir lui-même armateur, Tonton Yves exerça pendant longtemps le dur métier de marin-pêcheur, à une époque où les professionnels saintois se rendaient jusqu’à Saint-Barthélémy pour de fréquentes et longues campagnes de pêche, ne regagnant qu’occasionnellement les Saintes aux fêtes du 15 août, de Noël et de Pâques.

De patron de pêche à capitaine de navire à passagers

Avec l’arrivée de la vedette familiale Princesse Caroline en 1972, Tonton Yves change de catégorie professionnelle puisque de simple patron de pêche, il accède au grade de capitaine de la marine marchande en prenant le commandement de cette nouvelle unité de transport de passagers, avec toutes les compétences et les responsabilités requises pour cette activité. Et c’est, embarqué sur ce navire, après plusieurs années de service, qu’il signera sa retraite de marin en même temps que son jeune frère Jules qui avait lui-même navigué auparavant sur des pétroliers français et internationaux.

Princesse Caroline – Photo communiquée par Jules Lorgé

Un retraité actif et engagé

Plutôt que de rester tranquillement chez lui en la maison familiale du Fond-Curé, replié sur lui-même, mais bon pied, bon œil, à profiter sagement de sa retraite, tonton Yves n’avait de cesse de vivre pleinement aussi bien avec les uns qu’avec les autres, et de se rendre utile. Par ses conseils judicieux, sa participation à des associations, son engagement citoyen, il a montré que l’expérience acquise pouvait se partager et qu’en dépit de l’âge, on pouvait également s’intégrer parfaitement à la communauté comme n’importe quel autre actif.

C’est ainsi qu’il a été conseiller municipal et membre de l’Association Les Mille Fleurs aux manifestations de laquelle il n’avait jamais manqué de participer, aussi bien à Terre-de-Haut qu’à Terre-de-Bas. Et comme le hasard fait souvent les choses à sa guise, c’est à la veille de la fête annuelle 2025 de cette Association que Tonton Yves nous a quittés, comme un clin d’œil à ses amis sociétaires. Les plongeant aujourd’hui, avec sa famille, ses proches et tous les Saintois dans la peine et l’émotion.

Tonton Yves, au repas des 34 ans de l’Association Mille Fleurs – Février 2019 – Ph Raymond Joyeux

Hommage et adieux mérités

Comme en témoignait la longue chaîne des participants aussi bien à l’église que sur le chemin du cimetière, ce sont des anonymes, aux côtés des membres de sa famille, de ses amis, de ses connaissances qui sont venus nombreux des Saintes mais aussi de Guadeloupe et de Saint-Barthélemy, lui rendre un dernier hommage en ce mardi 29 avril 2025. Hommage et adieux mérités pour un homme dont la bonté, la bienveillance et la générosité avaient touché toute une communauté et qui restera pour toujours leur oncle de cœur : Tonton Yves.

À ses proches, ses frères et sœurs, ses beaux-frères, ses neveux et nièces, cousins et cousines, nous adressons nos plus sincères condoléances et les assurons de notre entière et profonde sympathie et affection.

Posté par Raymond Joyeux
le mercredi 30 avril 2025

Publié dans Actualités saintoises, Hommage | 4 commentaires

Autour de Ti-Auril…

Quel Saintois ou Saintoise de plus de vingt ans n’a pas entendu prononcer au moins une fois le nom de Ti-Auril ? Pourtant ce personnage mythique, quasi légendaire des Saintes, n’a laissé que peu de traces dans notre mémoire collective. En dehors de l’appellation passée à la postérité qui le désigne comme étant l’enfant sauvage du Grand-Îlet, nous ne connaissons en effet pratiquement rien de sa vie de Robinson volontairement isolé sur son ilot désert. Seuls les épisodes de sa capture et de son retour mouvementé au Fond-Curé sont connus, transmis par les anciens de génération en génération. En particulier l’utilisation du filet de pêche pour le capturer, le fait qu’il se soit réfugié sous un lit en s’échappant des mains de ses ravisseurs et qu’il ait mâchonné rageusement les fibres d’un balai de latanier utilisé pour le déloger avant d’être définitivement maîtrisé.

Dans ce récit, mêlant ces éléments connus à la fiction, j’ai imaginé la vie de Ti-Auril au Grand-Îlet, en tâchant de rester au plus près de la réalité. Cet ouvrage se situe donc dans la lignée des récits d’aventure pour la jeunesse, au programme de français des classes de sixième et de cinquième.

C’est ainsi qu’il est lu et étudié dans certains établissements scolaires dont la Maîtrise de Massabielle de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

À l’occasion de l’étude de ce récit avec leur professeure de français, une rencontre avec l’auteur, et grâce à l’amicale implication de la Compagnie de Transport Maritime Déher, (la CTM), des élèves de 6ème de cet établissement ont pu se rendre au plus près du Grand-Îlet, et réaliser ainsi leur souhait de découvrir les lieux où avait vécu cet étonnant et énigmatique personnage.

Embarquement pour l’aventure. Ph. Raymond Joyeux

Je remercie Madame Nathalie Bichara, professeure de français à l’initiative du projet, ainsi que les responsables de la CTM Déher d’avoir permis cette aventure. Aventure relatée ci-dessous dans le journal France-Antilles du 10 avril 2025, sous la plume de Marijoé Métayer.

Raymond Joyeux

Anse Rodrigue : les élèves de Massabielle et le Grand-Îlet, séjour de Ti-Auril – Ph. Raymond Joyeux

Publié par Raymond Joyeux
le mercredi 16 avril 2025

Publié dans Actualités saintoises, Histoire locale | 4 commentaires