C’est l’hiver en automne : huit degrés au réveil à 7 heures du matin, ce mercredi 24 septembre. Avec quelques-uns des marcheurs et marcheuses de Versaugues, encapuchonnés dans leur anorak, nous nous préparons pour une visite du marché aux bovins de race charolaise de Saint-Christophe, en plein cœur du Brionnais, dit marché au Cadran. La plus importante des 41 structures de ce type existant en France. Cette visite guidée n’est possible que le mercredi matin, jour où vendeurs et acheteurs de bétail se retrouvent pour les tractations commerciales de la semaine.
Il fait un froid de canard devant le tableau de l’historique de l’établissement, en plein courant d’air, où notre guide nous a rassemblés. Les Anglais, habitués à la grisaille de Londres, disent, avec leur flegme légendaire : «Chez nous, le soleil c’est comme le bon Dieu, on ne le voit pas mais on y croit. » Je trouve cette formule géniale qui s’applique ici aussi aujourd’hui, depuis qu’un épais couvercle de plomb s’est posé sur le ciel de notre région, voilà maintenant près d’une semaine.
De 1488 à 2009
Après les rappels historiques évoquant les circonstances de la création du marché sous Charles VIII, en 1488, et ses évolutions successives jusqu’en juin 2009, date de l’inauguration du nouveau complexe, nous sommes invités à entrer dans le vif du sujet.
Terminés les tractations et marchandages d’autrefois où ventes et achats se négociaient exclusivement de gré à gré, de part et d’autre du célèbre mur d’argent, même si cette dernière possibilité, réduite à la portion congrue, existe encore aujourd’hui. Avec la modernisation, c’est un tout autre monde qui est offert aux éleveurs et marchands de bestiaux.
Au Cadran, à l’ouverture des ventes, les acheteurs sont assis dans un amphithéâtre, tels de studieux étudiants, vêtus de leurs blouses noires de maquignons, carnet, stylo, portable et calculatrice à la main. Il n’y a que des hommes. Devant eux, le bouvier fait entrer les bovins, un à un, dans un cercle qui a la forme d’un ring, circonscrit par une barrière métallique.
S’inscrivent alors sur un grand cadran placé en hauteur toutes les caractéristiques de l’animal, sa race, son origine, son poids, et les enchères commencent dont les montants successifs s’affichent sur le cadran en même temps que le directeur des ventes les annonce par haut-parleur. Pour le folklore, nous précise notre guide !
Lorsque plus personne ne renchérit, le cadran s’immobilise, et indique que la vache ou le taureau a été adjugé et vendu à tel prix. Les acheteurs récupèrent leurs bêtes et vont régler au guichet les modalités financières des transactions. Quarante-huit heures plus tard le vendeur perçoit son gain. Tout est régi automatiquement comme du papier à musique.
Nombreux panneaux explicatifs
Mais notre visite n’est pas terminée pour autant. S’il est interdit de photographier animaux et intervenants, de nombreux panneaux explicatifs nous informent sur les problématiques liées à la production de la viande bovine, de l’animal au steak, par exemple, et à la gestion des opérations nécessaires au bon fonctionnement de la structure, comme la récupération des eaux pluviales et le traitement de celles de lavage.
Une vidéo récapitulative
À midi, cette intéressante visite terminée, résumée ci-dessous dans la vidéo de F3 Bourgogne, nous sommes invités à une petite dégustation, en avant-goût du repas programmé, pour la plupart à l’inévitable tête de veau, au restaurant de proximité, comme une invite à prolonger le plaisir de la découverte de cet exceptionnel marché au Cadran de Saint Christophe en Brionnais.
Petite randonnée digestive
Mais n’oublions pas, comme précisé plus haut, que cette très instructive visite a été organisée par le groupe de marche de Versaugues que nous saluons joyeusement au passage pour cette belle initiative.
Aussi, après le repas, comme il se doit, sous la conduite avisée de notre ami Jacques, une balade d’une petite heure est proposée au groupe qui s’engage volontiers sur les sentiers d’un circuit d’une randonnée bien connue des participants n’hésitant pas à se salir les baskets pour la circonstance.
Et c’est ainsi que se termine cette magnifique journée, sans soleil à l’extérieur, certes, mais lumineuse au cœur de chacun, prémices d’autres sorties gratifiantes, occasion de rencontres amicales et de convivialité…. En attendant la saison d’hiver qui sera sans doute très rude, car comme le dit un proverbe indien du Canada :
« Quand homme blanc fait beaucoup de bois, l’hiver sera rude ! »
Photo Raymond Joyeux
Publié par Raymond joyeux le jeudi 25 septembre 2025
Et le soleil continue ce vendredi de nous être complice pour un périple touristique à la découverte de la Côte de granit rose et du Gouffre de Plougrescant. Une réplique monumentale de la modeste Roche Percée saintoise de Pompierre, fait observer Alex. Gouffre qui me ramène à mon très lointain passé lycéen et à mon camarade de seconde Louis D. dit Loulou, surnommé Le gouffre de Padirac à cause de sa corpulence et de son imposant postérieur… on se demande bien pourquoi. Lamentable facétie d’ado.
Ph. R. Joyeux
La célèbre maison entre deux rochers est intrigante. Classique pub pour la Bretagne, vue sur tous les magazines. Privilège de la découvrir in situ. Étonnant rêve d’un bâtisseur original avant la loi littoral et les interdits du conservatoire…
Photo R. Joyeux
Perros-Guirec
Ph. R.Joyeux
Escale bien venue et déjeuner à Perros-Guirec, occasion pour nous de nous souvenir de nos amis Annie et Marcel R. qui y possédaient une maison face aux îles. Parking ombragé le long d’un bassin nautique urbain où s’exercent les futurs amiraux de la Royale sur de minuscules embarcations à moteur, grossière imitation des paquebots d’antan et autres barcasses insolites.
Le personnel du Bistrot de la Rade où nous avons table dressée sur réservation opportune d’Alex nous attend. En ce domaine, rien n’a été laissé au hasard. C’est une chance que nous apprécions. Car en cette fin août les visiteurs sont encore nombreux et les restos submergés d’affamés patientant à la queue leu-leu sous le soleil. Je tente la pêche du jour : aile de raie sur coussin de légumes, particulièrement goûteuse qui change des innommables préparations ammoniaquées à l’huile rance servies parfois aux Saintes. Et nous voilà repartis pour l’escalade programmée des rochers roses de Perros.
Photo Google : Tourisme en Bretagne.Wikipédia
Petite déception : aucune place disponible aux nombreux parkings côtiers de Ploumanac’h – village préféré des Français en 2015 – en dépit d’une recherche assidue de notre opiniâtre conductrice. Ce changement de programme nous conduit à Trégastel et à la minuscule île Grande, qu’un pont relie au continent depuis 1891.
Photo R. Joyeux
Faute d’escalader les rochers roses, paisible marche le long de la plage de Saint-Sauveur encore découverte par la marée. Inutile de chercher à se rincer ne serait-ce que le bout du plus petit orteil mais la langue de sable, parsemée de varech séché, est plus agréable que la rugosité des cailloux du sentier !
De Trégastel, nous prenons la direction de Lannion par Trébeurden, ce village où j’ai eu le privilège il y a quelque vingt ans de rencontrer chez lui l’écrivain écossais, inventeur de la géopoétique, Kenneth White, aujourd’hui décédé, et son épouse Marie-Claude. La simplicité du personnage, sa modestie naturelle et l’image des feuillets manuscrits éparpillés à même le béton du sous-sol, en petits paquets retenus par des galets, et les dédicaces qu’il me fait l’honneur de signer me sont restées en mémoire.
Site K. White -Wikipedia
Lannion
À Lannion, nous nous garons en haut de la rue principale et parcourons le centre-ville jusqu’à la librairie Gwalarn au rayon poésie bien garni.
Une édition bilingue de poèmes d’Erri De Luca pour Anne et achat de Rue des fleurs de Jean-Michel Maulpoix et Mathématique générale de l’infini de Serge Pey, poète toulousain. Titre qui me fait penser à mon ami Bernard Bonbon et ses recherches et publications en géométrie parabolique.
«La poésie n’est pas faite pour être comprise, elle sert à comprendre. »
Rasade de bière, cidre et menthe à l’eau, à chacun selon ses goûts, nous faisons le plein de liquide avant retour à notre gîte de Plouézec, pour notre dernière soirée bretonne et repas pour une fois à domicile…
Samedi 23 août
Sur la route de Rennes
Branlebas dès le matin avant la visite des proprios et remise des clés. La confiance règne : aucun CR de l’état des lieux sur lesquels nous revenons après 20 minutes de route récupérer la veste d’Alex oubliée derrière la traitresse porte d’entrée. Heureuse coïncidence, nos véhicules se croisent à l’entrée du bourg. Ce qui favorise le retour à la résidence et la récup du bien d’Alex qui doit regagner Paris en train avec Anne depuis Rennes.
Notre logement à Plouézec – Photo R.Joyeux
Mais nous ne sommes pas au bout de nos petites frayeurs. Un accident sans gravité apparente ralentit la circulation. Puis c’est l’invraisemblable recherche de la gare en centre ville. Les panneaux se contredisent et les travaux affolent le GPS. C’était sans compter sur la légendaire perspicacité d’Anne. En moins de temps qu’il faut pour l’écrire, elle repère l’entrée de la gare et c’est l’inéluctable séparation… En attendant nos retrouvailles à l’anniv d’Alex en septembre.
Photo R. Joyeux
Retour:compter les pieds de l’infini
Quel périple, avons-nous ensemble accompli ! Quelle richesse désormais inscrite en nos mémoires et dans nos cœurs ! Exceptionnelle beauté de la géographie et de l’histoire, merveille de la gastronomie, plaisir des yeux et de la marche, redécouverte d’une boisson traditionnelle injustement oubliée… et la complicité qui nous unit. Mais rien de tout cela n’aurait été possible sans l’implication fructueuse en amont de nos deux chercheurs-randonneurs enthousiastes à l’affût des curiosités à partager.
Photo R. Joyeux
Curiosités ? Non. Splendeurs de la nature, œuvres de l’homme, traditions, art et culture. En un mot : poésie rayonnante qui, selon Serge Pey, est « l’art de renverser la terre ». Renverser la terre, ce que nous avons fait en six petits jours,
« en comptant deux fois nos pas courts au bout de nos sandales puis encore deux fois nos pas lents. Et encore les courts deux fois et les longs quatre fois jusqu’à compter les pieds de l’infini. » À 13h50 nous quittons Rennes, allégés de nos deux comparses et de leurs pesantes valises d’intenses images, le cœur un peu lourd aussi, jusqu’à notre point de départ qui semble désormais si lointain, pour mettre pied à terre après six heures de route et un périple de 2149 kilomètres ensoleillés au compteur de la Captur.
Texte inédit publié par Raymond Joyeux Le vendredi 19 septembre 2025
Lever avec ciel couvert et 16 degrés à l’extérieur. Dans deux mois, nous serons à Orly pour le retour programmé en Guadeloupe. L’an dernier, à la même date j’avais noté : « Pluie abondante dans la matinée. Le fût bleu déborde ». C’est le cas aujourd’hui mais l’eau restera probablement dans sa réserve jusqu’à l’été prochain.
Entre 11h et midi, sous une forêt d’herbes, de celles dont l’extrémité de la tige s’accroche à vos basques comme du stratch et vous fait pester, à l’aide de ma bêche plate, je déterre les patates, facilité par la souplesse de la terre. À peine un fond de panier d’osier de cette maigre récolte de tubercules de Parmentier, dont certains attaqués par le ver blanc présentent des cavités qui font penser à de petits cratères de volcans éteints.
Comme il ne faut jamais laver les patates sorties de terre, je les étale sur le deck pour séchage et les termine délicatement à la brosse. Beaucoup de sueur pour peu de résultat. Faudra-t-il continuer à en cultiver ? La question se pose. Notre ami Sam, aux Ripaines près de Suin y a renoncé depuis longtemps.
Contrairement aux jours de canicule où elle était plus dure que pierre, la terre est tellement imbibée en profondeur que d’ici notre retour en 2026, je doute qu’elle parvienne à sécher ! L’inconvénient de cette région, lorsque l’humidité s’installe, à cette époque de l’année, le soleil sur le déclin n’arrive jamais à la résorber. Il en est de même dans la maison où seul le poêle bien alimenté, même en été, peut la combattre. Je me vois mal dans ces conditions passer tout un hiver sous la grisaille, herbe et terre toujours mouillées, engoncé dans des pulls qui vous alourdissent et vous entravent.
Samedi 6 septembre
Beau présage : 8 h, le soleil, plein Est, s’infiltre sous la porte de la chambre d’Alex. Ciel parfaitement dégagé au réveil. Température extérieure 14 degrés. Le thermomètre indique qu’elle serait descendue à 8 cette nuit. Et nous ne sommes pas encore en automne. Dans l’axe de l’entrée de l’ancienne étable, je photographie le clocher de l’église, bien visible à travers la haie de frênes déjà à demi dépouillés de leurs feuilles. Même image à l’étage depuis la fenêtre de la chambre.
Tué à la bombe deux frelons à demi engourdis qui grimpent péniblement près de la lampe de la marquise. Avec les trois précédents, gisant encore sur le rebord de la fenêtre, ça fait cinq de ces bestioles indésirables exterminées en peu de jours. Après vérification, ils ne semblent pas être de l’espèce asiatique. Il paraît qu’il ne faut jamais écraser un frelon sous peine d’en voir arriver d’autres à la rescousse, attirés par la phéromone dégagée suite au stress de leur congénère. Au potager, je commence à déraciner les pieds séchés de haricots.
L’herbe est archi mouillée comme elle l’était tous les matins avant la canicule. Peut-être se sera-t-elle essorée en fin d’après-midi pour un éventuel passage de la tondeuse. De11h 30 à 13h : sarclage parcelle haricots avec grand soleil. Il ne reste plus qu’à retourner la terre et la couvrir d’une bâche pour l’hiver.
Certains prétendent que c’est un mauvais choix car la bâche perturbe la vie du sol et l’empêche de respirer. Tant pis, ce sera du travail en moins ce printemps. Car, pour parodier L’Ecclésiaste : « que restera-t-il à l’homme de toute sa peine et de tout l’effort pour lequel son cœur aura peiné sous le soleil ? » L’herbe enlevée à l’automne, si elle repousse plus drue au printemps, mes efforts d’aujourd’hui n’auront servi à rien. « Mais cela aussi, poursuit la Bible, est vanité. » J’ai rechargé les deux batteries de la petite tondeuse électrique. On verra cet après-midi. 16h passage tondeuse jusqu’à 17h. Le soleil ne faiblit pas. 21h, moules-frites avec grosse lune.
Dimanche 7 septembre
Encore du très beau soleil au réveil sans un pouce de vent. Qui s’en plaindra ? Température douce à tiède à l’extérieur. On se croirait revenu au milieu du printemps.
Cueillette d’une bonne brassée de bettes que je dépouille de leurs fanes. À côté, les deux pieds de poivron plantés au printemps ont souffert de la chaleur. Aucun rouge récolté sinon des embryons attaqués par brûlure et pourriture. Sur l’autre pied, 5 ou 6 petits verts attendent de grossir. Un peu tard, à mon avis.
Beaucoup de tomates vertes à donner à François, comme l’an dernier pour confiture. Échange de bon procédé puisque notre ami ayant réussi ses courges, nous en offrira pour l’Halloween du 31 octobre.
Certains arbres ont perdu presque toutes leurs feuilles et annoncent à grands pas la venue de l’automne sans avoir eu le temps de jaunir. Ce dimanche, c’est peut-être le dernier jour avant notre départ que, grâce à la clémence du soleil, la fenêtre de la cuisine reste ouverte toute la journée pour une température intérieure affichée de 26 degrés.
À 15h30, sous une agréable chaleur, nous filons à la Foire de Digoin où nous rencontrons des amis de Versaugues puis, après un tour complet des exposants, Marijo, l’ancienne secrétaire du collège Jeanne d’Arc et son mari. Une bière locale nous désaltère et achetons au stand de la Confrérie, cinq épognes aux grattons, la spécialité du lieu – qui n’est pas forcément la mienne – avant de reprendre la route des Bruyères.
Le Spa, toujours à 35 degrés, nous invite à profiter de sa douce chaleur. Vingt minutes de bullothérapie et nous voilà rétablis pour la soirée. La Pologne a gagné son match. Et la lune, je l’ai su trop tard, entame une éclipse alors que le ciel se couvre et que le mauvais temps se prépare pour cette nuit et demain.
Texte et photographies de Raymond Joyeux
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Écrit dans mon studio
À la fenêtre à l’ouest le soleil a dépassé midi j’ai faim, je m’assieds les yeux brouillés je prends un pinceau et calligraphie un petit poème l’encre sèche, les caractères sont penchés en un bref instant déjà ils remplissent une feuille, voletant comme des corbeaux dans le vent… J’ai beau savoir que la pluie s’infiltre dans les murs, je n’ai pas honte de dessiner sur le sable avec un pinçon soudain on m’annonce que le repas est prêt je pose mon pinceau, ma joie est sans borne j’appelle un garçon, qu’il aille ramasser du bois mort au bord du torrent, pour goûter le thé domestique qui pousse sur la montagne.
Lu Yu (Poète taoïste 1125-1210)
Publié par Raymond Joyeux Le vendredi 12 septembre 2025
Réveil 7 heures sous le soleil revenu. On se prépare pour l’île de Bréhat. 9h15 départ. Parking payant surchargé. Une place dans l’herbe loin du port. Embarquement pour le tour des îles. Mer calme avec vue panoramique, voiliers, barques de pêche et passage entre les îlots. Une centaine, nous dit-on et des rochers submergés à marée haute. Explication au micro : rythme des marées, phares et navigation, 360 résidents, école élémentaire, mairie, sapeurs-pompiers, deux véhicules motorisés. Détails intéressants mais vite oubliés comme pour les savantes notices des musées…
Barque de pêche autour de l’île – Ph R. joyeux
11h, arrimage au quai (à la cale comme disent les marins d’ici). Longue marche le long du littoral sur un chemin troué, recouvert à marée haute, avant l’apparition du bourg. Déambulation au coude à coude entre kirielle de touristes en tous genres avec chiens en tous genres aussi et vélos sans avertisseur…
Cale à marée basse- Ph R. Joyeux
Floppée de petites guinguettes et crêperies prises d’assaut. File d’attente avec mémés à canne, stars à lunettes, jeunes filles en short moulant et débardeur flottant où ballottent deux vivants globes terrestres non tenus en laisse, pas toujours miniatures, poussettes et chiens en laisse ceux-là, jusque très loin sur la route.
Déjeuner sur réservation au Crech-Kerio. Moules aux algues, + frites qu’on peut compter sur les doigts d’une main, arrosées de cidre maison. Pour nos deux végétariens : très bel assortiment de légumes variés colorés, superbement agencés.
Notre restaurant le Krech Kerio– Ph Raymond Joyeux
Un grand tour de l’île jusqu’à la chapelle Saint-Michel perchée à 33 mètres au-dessus du niveau de la mer, d’où l’on domine le village, piqué de ses maisons typiques aux prétentieuses cheminées, ses îlots périphériques, ses canots avachis sur la vase, en attente de marée. Les marches de pierre grossière, archi-hautes m’ont démoli les guiboles. Je m’affale, à bout d’air et le palpitant affolé, sur un banc de prière face à Saint-Michel terrassant le démon, (tout un symbole !) pour reprendre souffle. La descente, même à grandes enjambées, est plus facile aurait dit La Palisse.
Chapelle St Michel et ses marches de pierre.
Un cauchemar : Édition du 21/08/ 25
Encore 1 km d’une route étroite autrefois bétonnée, bordée de part et d’autre, d’un talus plat herbeux, faussement accueillant, encore plus mince que le chemin. Ne vous y fiez pas. Ce tapis soyeux qui vous tend les bras est parsemé tous les 50 centimètres d’odorantes déjections canines le plus souvent posées en croix de Saint-André tels des cailloux malicieux d’un petit-poucet farceur. Ces deux sentes latérales d’herbes souillées sont à éviter à tout prix, sauf à devoir vous décrotter les baskets et parfumer désagréablement bateau et auto au retour sur la terre ferme !
Nous arrivons à la jonction des deux îles, matérialisée par un pont d’une imposante maçonnerie pleine qui fait barrage avec un restant de marée croupie de chaque côté. Au flanc des rochers déchiquetés les lignes sombres vous indiquent la hauteur de l’eau à certaines heures de la journée et de la nuit, selon la lunaison et ses erratiques fantaisies.
À la jonction des deux îles. Ph R. Joyeux
15h retour au port sans avoir pu apprécier les habituels massifs fleuris d’agapanthes, hortensias, mimosas, cistes et j’en passe, qui font la juste renommée de cette île-paradis. La saison trop avancée et les canicules successives ont eu raison de leur ondoyante floraison dont il ne subsiste que de grotesques restes fanés du plus mauvais effet. Taches de vieillesse inopportunes sur un visage autrefois lisse et joli à tomber. Attention à la marche… du temps sur les tapis faussement soyeux d’une île dite de beauté ! Les horaires des navettes n’ont pas changé. 19h 30, crêperie à L’escabelle de Saint-Quay-Portrieux, à 25Km de notre résidence. Encore une journée splendide ensoleillée.
Crêpe bretonne à l’andouille et bolées de cidre – Ph. R. Joyeux
Voiles auriques autour de Bréhat – Photo Raymond Joyeux
À l’heure où nous apprenons le décès de Claude Deproft, je me permets de partager le message de la mairie de Terre-de-Haut. Et exprime à son épouse Alice, à sa fille Valérie, à son fils Philippe, à ses proches et à toute sa famille mes condoléances attristées, gardant le souvenir d’un homme serviable, accessible, profondément impliqué dans la vie de notre communauté.
Raymond Joyeux
Le Maire Louly BONBON salue la mémoire d’un homme engagé dans la vie publique de Terre-de-Haut.
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Monsieur Claude DE PROFT à l’âge de 80 ans, dont le parcours et l’engagement politique ont profondément marqué la vie politique locale. Elu conseiller municipal de Terre-de-Haut en mars 1989, Claude DE PROFT a exercé les fonctions d’adjoint au maire de 1992 à 2020, chargé notamment des dossiers d’urbanisme.
Technicien géomètre, il a incarné tout au long de sa vie professionnelle les valeurs de dévouement et de bienveillance. Homme de confiance et d’une loyauté sans faille, il s’est toujours distingué par sa générosité de cœur et son engagement sincère au service des autres. Il convient aussi de saluer sa participation active au sein des associations saintoises (ASPP, AJCS, Office Municipal du Tourisme, OMSC). Il laisse une empreinte indélébile dans la mémoire de ceux qui l’ont côtoyé.
Au nom de l’ensemble de la population, le Maire Louly BONBON et son conseil municipal adressent leurs plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches, notamment ses enfants, Valérie et Philippe, en ces moments douloureux.
Le Maire invite l’ensemble des élus et le personnel municipal à se joindre aux funérailles de Monsieur Claude DE PROFT afin de lui rendre un dernier hommage. Repose en paix, Claude.
Publié par Raymond Joyeux le mercredi 13 août 2025
Écrit pour ma petite fille Gaïaelle, alors qu’elle avait 8 ans, aujourd’hui 29, ce texte fait partie d’un ensemble intitulé Contes pour enfants sages et gentilles grandes personnes. J’ai souhaité le publier dans son intégralité pour éviter une lecture hachée qui risquait de faire perdre le fil de l’histoire. Mes remerciements à l’illustratrice Chantal Béné, auteure de plusieurs plaquettes illustrées sur le mal-être de la petite enfance.R.J.
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Il était une fois, dans un pays très très lointain, il y avait un très petit village qui s’appelait Griseville. Ce village était tellement isolé et coupé du monde que seuls ses habitants connaissaient son existence.
Personne d’autre n’y était jamais allé et on ne trouvait sur aucune carte de géographie ni son nom ni son emplacement. Pourtant il existait bien puisqu’il était habité.
Mais les habitants de ce village ne l’avaient eux-mêmes jamais quitté et ignoraient totalement qu’il puisse exister d’autres pays et d’autres hommes, d’autres femmes et d’autres enfants.
Ce qui caractérisait ce village et ses habitants, c’était l’absence totale de couleurs. Tout y était parfaitement gris. Le ciel était gris même quand il faisait beau, l’herbe était grise, les arbres étaient gris. La peau, les yeux, les cheveux, les habits des habitants ainsi que le poil et les plumes des animaux étaient gris.
Ni le bleu, ni le rouge, ni le jaune, ni le vert, ni même le blanc n’existaient. Le mot couleur lui-même était absent de tous les dictionnaires et personne ne l’avait jamais entendu ni prononcé. Mais comme tout le monde était habitué à cette situation et ignorait l’existence des autres couleurs, personne ne trouvait anormal de vivre dans ce drôle de village.
Il faut pourtant dire que c’était un peu triste, et on sentait dans les yeux, sur le visage et dans le cœur des gens beaucoup de mélancolie. On avait beau repeindre régulièrement l’intérieur et l’extérieur des maisons, les murs, les plafonds et les toits restaient toujours gris.
Ce n’était pas non plus très gai de feuilleter les livres d’images et de regarder la télévision car tout paraissait toujours en gris avec quelques nuances pour distinguer les objets, les animaux et les personnages. Les peintres eux-mêmes, par la force des choses, ne peignaient que des toiles grises.
A l’école, lorsque le maître ou la maîtresse demandait aux enfants de dessiner quelque chose, un paysage, une maison ou un animal, comme ils n’avaient que des crayons gris, tous les dessins étaient gris et tristes.
Bien sûr il y avait des fleurs sur les bords des chemins et dans les jardins, mais elles étaient toutes grises et personne ne sentait le besoin ni de les cueillir pour les mettre dans un vase, ni de les offrir à leurs parents, à leurs amis ou à leurs amoureux.
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Or, un jour, une petite fille aux yeux très bleus, venant d’un autre pays, arriva par hasard dans ce village. On ne pouvait pas dire exactement comment elle y était arrivée. Tout ce qu’on savait c’est qu’un vendredi soir, en sortant de l’école, elle avait laissé ses camarades et s’était trompée de chemin pour rentrer chez elle. On savait aussi qu’elle avait marché toute une nuit, toute une journée puis toute une nouvelle nuit, sans savoir où elle allait.
Elle avait traversé des prés, des rivières, des forêts, s’arrêtant quelquefois pour se reposer, pour boire ou grignoter le reste du goûter qu’elle avait dans son sac d’école.
Le matin de la deuxième nuit, elle continuait encore à marcher mais avec plus de difficultés car cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas dormi et qu’elle se faisait du souci pour ses parents. Elle était sûre qu’ils étaient très inquiets de ne pas l’avoir vue rentrer le vendredi soir après l’école .
Ce qui la chagrinait aussi c’était qu’au fur et à mesure qu’elle avançait, elle se rendait compte que quelque chose changeait autour d’elle. Ce matin-là, alors que le soleil était déjà bien levé, elle fut surprise de ne plus distinguer ni le bleu du ciel, ni le vert des prairies et des feuilles, ni les belles couleurs de ses habits et de son sac. C’était comme si un voile de poussière grise avait enveloppé le paysage et tout ce qu’il contenait.
Inquiète, elle s’arrêta pour réfléchir et commençait à se décourager quand elle aperçut dans le lointain, flottant dans l’air gris comme des papillons sans couleur, le toit et la cheminée de quelques maisons. Cela lui redonna du courage et elle se remit à marcher. Mais pas pour longtemps car avant d’atteindre la première maison, elle s’évanouit de fatigue et tomba doucement dans l’herbe grise comme une poupée de chiffon désarticulée.
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Quand elle reprit connaissance, toute une ribambelle d’enfants s’agitaient autour d’elle. Elle n’était plus couchée dans l’herbe grise mais dans un lit gris, dans une petite chambre aux murs tout aussi gris, qu’elle ne reconnaissait pas.
Le temps de reprendre ses esprits, le souvenir de son aventure lui revint peu à peu à la mémoire : la sortie de l’école du vendredi soir, sa longue marche à travers prés et forêts, la perte des couleurs et le ciel gris au-dessus de sa tête qui s’était mise à tourner.
A peine se fut-elle assise sur le lit qu’elle vit arriver dans la chambre inconnue un monsieur et une dame habillés tout de gris qui écartèrent les enfants et se mirent à l’interroger.
Elle raconta son histoire dans un grand silence car personne ne voulait perdre une miette de ses paroles. Seules quelques exclamations comme “oh!” , “extraordinaire ! ” ponctuaient son récit.
Quand elle prononça le mot couleur, personne ne comprit ce qu’elle voulait dire car ce mot était inconnu dans ce village. On crut que la fatigue de la marche, le manque de sommeil et de nourriture lui faisaient dire n’importe quoi.
Alors la dame habillée de gris proposa qu’elle se restaure, qu’elle se repose plus longuement car son évanouissement, qui n’avait pas duré longtemps, ne lui avait pas permis de reprendre des forces.
Après quelques heures d’un repos bien mérité et un bon déjeuner, on la conduisit dans une pièce qui ressemblait à une salle de classe.
Nous étions au milieu de l’après midi et le soleil brillait dans le ciel malgré le gris qui n’avait pas cessé d’envelopper tout le village et ses environs. Les enfants s’étaient assis en cercle autour d’elle et toutes les autorités du village avaient été invitées.
Se sentant la vedette de l’assemblée, la petite fille prit son courage à deux mains et recommença à raconter son histoire. Bien sûr on lui posa toutes sortes de questions : quel était son nom, comment s’appelaient son papa et sa maman, si elle avait des petites sœurs ou des petits frères, de quel pays elle venait, comment elle s’était perdue, combien de jours et de nuits elle avait marché… Et surtout le maire du village en personne l’interrogea sur le mot inconnu qu’elle avait prononcé en se réveillant la première fois et que personne ne connaissait ni n’avait compris.
Elle essaya d’expliquer au mieux qu’elle put le sens de ce mot et parla des différentes couleurs qui n’existaient pas dans ce village. Mais c’est dur de parler de couleurs sans les montrer. Elle avait beau dire que dans son pays le ciel et la mer étaient bleus, qu’au coucher du soleil l’horizon devenait rouge, que l’herbe et les feuilles étaient vertes, que le jaune des œufs étaient jaunes, que les fleurs pouvaient être de toutes le couleurs, comme l’arc-en-ciel, personne ne comprenait toujours rien à ce qu’elle disait.
Alors elle eut l’idée de chercher dans son sac d’école la boîte de crayons de couleurs qui ne la quittait jamais ainsi que le beau dessin tout coloré qu’elle venait juste de terminer pour son papy des îles lointaines…
Lorsqu’elle mit sur la table la boîte de crayons de couleurs et le joli dessin qu’elle n’avait pas encore expédié, elle ouvrit grand les yeux et des larmes se mirent à couler lentement sur son visage.
C’est vrai qu’elle n’avait pas cessé de penser à ses parents et à la peine qu’ils devaient avoir depuis vendredi soir. Mais c’était surtout parce que ses crayons et son joli dessin avaient perdu toutes leurs couleurs et qu’ils étaient devenus tout gris qu’elle s’était mise à pleurer.
Elle voulait prouver aux habitants de ce drôle de village que les couleurs existaient et voilà que toute sa démonstration tombait à l’eau. Elle voulait leur montrer qu’elle ne mentait pas et voilà que personne ne la croyait et qu’on la prenait pour une folle.
Et surtout elle pensait à tous les dessins colorés qu’elle ne pourrait plus jamais réaliser, elle qui prenait tant de plaisir à dessiner et à peindre. Elle qui, de quelques coups de crayons de couleurs ou de pinceau croquait si facilement un arbre, une maison, un personnage ou un iguane vert des îles lointaines. Elle qui avait tant d’imagination pour réaliser des cartes de joyeux anniversaire et de bons vœux !
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La petite fille était désespérée car les enfants et les grandes personnes présentes dans la salle riaient de son malheur et s’apprêtaient à rentrer chez eux. Alors prise de rage, elle saisit sa boîte de crayons de couleurs et la lança de toutes ses forces par la fenêtre.
Malgré le brouhaha des gens qui riaient et qui commençaient à s’en aller, tout le monde entendit distinctement le bruit de la boîte de crayons s’écrasant sur le sol. Et c’est à ce moment là qu’un grand silence se fit…
En heurtant le carrelage de la terrasse, la boîte s’était défaite, tous les crayons s’étaient éparpillés et le bout de leurs mines s’était touché. Ce contact avait provoqué une telle réaction que dans toute la salle ce fut comme une révélation. Le voile gris qui depuis toujours enveloppait les objets et les gens disparut comme par enchantement.
Une illumination soudaine avait envahi la pièce et toutes les couleurs jusqu’alors invisibles apparurent, plongeant les spectateurs dans une stupéfaction jamais ressentie.
Oubliant la petite fille, tous les gens se mirent à parler en même temps, à toucher leurs habits, les murs de la salle, les objets. Ils se mirent surtout à se regarder dans les yeux, cherchant partout un miroir pour se voir et s’admirer car ils avaient remarqué que les yeux aussi avaient des couleurs différentes. Et comme personne ne connaissait le nom de ces couleurs, chacun voulait voir à quoi ressemblaient ses propres yeux…
Pendant ce temps, la petite fille, qui elle aussi avait retrouvé “ses” couleurs, sortit de la pièce et alla récupérer ses crayons. Elle observa que c’était seulement dans la salle et sur la terrasse où les mines des crayons s’étaient légèrement touchées que le miracle s’était produit.
Tout l’extérieur avait conservé sa grisaille et sa tristesse. Ciel, paysage, arbres, herbe et fleurs, tout baignait encore dans un léger brouillard malgré la présence du soleil.
La petite fille retourna alors dans la salle et demanda à tout le monde de faire le silence et de l’écouter.
Malgré la vive émotion et l’excitation tout à fait compréhensible qui suivit l’extraordinaire phénomène, elle réussit à se faire entendre et demanda qu’on lui apporte un petit couteau, un mortier et un pilon de laboratoire, précisant qu’elle avait une dernière expérience à réaliser.
Elle expliqua que c’était seulement dans la salle et sur la terrasse que les couleurs étaient apparues et qu’il restait encore à les faire revenir partout dans le village et alentour.
Sitôt qu’elle eut le matériel demandé, elle défit toutes les mines de ses crayons, les écrasa dans le mortier, les mélangea en une fine poudre qu’elle récupéra dans un petit récipient. Elle demanda ensuite au maire de rassembler tous les habitants du village sur la grande place de l’église de façon à ce que tout le monde assiste en direct à l’extraordinaire changement qui allait se produire.
Comme nous étions dimanche après-midi et qu’il faisait très beau, tout le monde voulait voir de ses yeux le miracle annoncé par la petite fille, d’autant plus que ceux qui avaient retrouvé leurs couleurs dans la salle les avaient désespérément toutes perdues sitôt qu’ils s’étaient retrouvés à l’extérieur.
Quand tout le monde fut rassemblé, le maire du village demanda qu’on fasse le silence, qu’on observe attentivement les gestes de la petite fille et qu’on garde son calme jusqu’à la fin de l’expérience.
La petite fille, debout sur une table pour être bien vue de toute la foule, prit délicatement le précieux mélange de couleurs formé des mines de ses crayons finement écrasées, ferma les yeux, se concentra de toutes ses forces et lança vers le ciel le contenu du récipient.
La poudre magique s’éparpilla en arc-en-ciel, comme les étoiles multicolores et brillantes de la baguette d’une fée.
D’un seul coup, un véritable arc-en-ciel se déploya dans le ciel devenu subitement bleu et tout le paysage se colora instantanément.
Un grand ohooo s’éleva de la foule, des applaudissements crépitèrent de partout et, comme cela s’était déjà produit dans la salle, tout le monde se mit à parler en même temps, à s’embrasser, à se toucher, à rire, à chanter et à danser.
Cette fois-ci, on n’oublia pas la petite fille et c’est le maire du village en personne qui alla la chercher pour la conduire à la mairie.
Une grande réception fut organisée l’après-midi même de ce beau dimanche, et de nombreux discours furent prononcés. La petite fille, très émue, était à l’honneur et on trinqua à sa santé. Mais dans son cœur, la tristesse n’avait pas totalement disparu car elle n’arrêtait pas de penser à ses parents qui devaient remuer ciel et terre pour la retrouver.
Or, c’est seulement en début de soirée, alors que monsieur le maire, ceint de son élégante écharpe multicolore, annonçait solennellement qu’il allait changer le nom du village, en remplaçant Griseville par Gaïaville, et remettre à la petite fille une baguette de fée d’or pour la remercier de l’extraordinaire miracle qu’elle venait d’accomplir, qu’on apprit qu’un jeune homme et qu’une jeune femme inconnus étaient arrivés dans le village.
Lorsqu’au milieu de la fête, de la musique et des chants, ce jeune homme et cette jeune femme franchirent la grande porte de la mairie et pénétrèrent dans la salle de réception peinte de toutes les couleurs, une haie se forma à leur passage et des applaudissements crépitèrent.
Tout le monde avait compris que c’étaient la maman et le papa de la petite fille qui, après deux jours de recherche, avaient retrouvé sa trace et arrivaient juste à temps pour la voir recevoir des mains de monsieur le maire la récompense méritée.
Tout le monde avait compris aussi que c’étaient eux qui allaient lui passer, comme après l’élection d’une miss, cette magnifique écharpe de soie où était brodée en lettres de toutes les couleurs la splendide inscription :
Et c’est ainsi que se termina la magnifique aventure de la petite fille aux yeux très bleus qui adorait les couleurs et qui passait son temps à dessiner.
Parce qu’elle avait redonné leurs couleurs à l’herbe, au ciel, aux arbres, aux fleurs, aux yeux et au cœur des habitants d’un village lointain, perdu autrefois dans la grisaille, son nom devait rester à jamais inscrit dans toutes les mémoires…
Elle s’appelait tout simplement Gaïaelle.
Fin
Texte Raymond Joyeux Illustration : Chantal Béné
Ce texte sous copyright est la propriété exclusive de l’auteur. Tous droits de reproduction réservés
Un grand merci amical à Chantal Béné pour ses dessins.
Publié le dimanche 10 août 2025 par Raymond Joyeux
Levé 6h30. Ciel bleu sans un souffle. 28° dans la cuisine. Je profite de la relative fraîcheur matinale pour arroser le potager en prévision de la canicule et prépare la plate-bande pour les 10 nouveaux pieds de laitues diverses achetés au marché de Marcigny. Ce sera pour ce soir à la tombée du jour. Cueillette d’une belle courgette et d’une salade que je nettoie à l’eau vinaigrée sans plus attendre. Une nouvelle journée chaude en perspective.
À 13h, impossible de rester dehors. Confiné à la maison qui a gardé un peu de fraîcheur, j’installe une moustiquaire au vélux de la salle de bain. Vingt heures, mise en terre comme prévu des salades de Marcigny + arrosage. Ch revenue de Montceau est dans son Spa. Nous dînons à l’intérieur. Le champ en face de la cuisine a été fauché et le foin retourné.
Mercredi 2 juillet
Encore une journée prévue chaude et ensoleillée. Qui s’en plaindra ? La température est à 28 dans la cuisine. Fenêtre ouverte + moustiquaire. Un courant d’air chaud traverse la maison de part en part. Ce qui n’arrive qu’une ou deux fois dans l’année. J’ouvre également toutes les fenêtres de l’étage. Dès 7h arrosage du potager. Je protège les jeunes plants de salades avec des cartons. Les blettes, enfouies sous des ombrelles d’aneth, sont presque prêtes à être cueillies et les haricots grossissent à vue d’œil. Pas de courgettes ce matin.
Arrosage potager vers 20h. L’air s’est un peu rafraîchi. Volets fermés, nous laissons les fenêtres intérieures ouvertes pour la nuit.
Jeudi 3 juillet
Levé 6h. Personne n’est venu forcer les volets et la maison a retrouvé de la fraîcheur. La température semble vouloir se normaliser : 20 degrés ce matin à l’extérieur. Temps très agréable. Comme hier, j’ouvre en grand les fenêtres. Pas d’arrosage. Une belle courgette récupérée… Entre Versaugues et Paray, la route est jalonnée de champs moissonnés.
Décorés aux bordures de quelques guirlandes d’herbes folles, les prés rasés de près sont des nappes d’or à ciel ouvert. Je pense au livre de mon collègue Ernest Pépin sur son enfance en Guadeloupe, Coulée d’or, et voudrais que l’été se perpétue ainsi jusqu’en octobre : soleil, chaleur, journées longues et calmes, un rêve. Mais bientôt peut-être une ondée nocturne bienvenue transformera le paysage jaune d’œuf en mer d’émeraude et les jours doucement continueront à diminuer.
13 h apéro sur le deck. Assaillis de mouches et de guêpes, nous rentrons déjeuner à l’intérieur alors que mon neveu Bruno, descendu de Paris, nous fait la belle surprise d’arriver juste pour se mettre à table avant de repartir pour Montpellier vers 16h30. Belle journée trop courte en très agréable compagnie.
20h, j’arrose le potager en attendant demain. Mes nouveaux appareils fonctionnent parfaitement. J’entends parfaitement la musique du clignotant de la voiture et, pour en profiter, le laisse fonctionner jusqu’au prochain embranchement !
Vendredi 4 juillet
Levé 6h avec le soleil. Agréable fraîcheur matinale. RAS au potager. Je cueille une nouvelle courgette. Arrose les suspensions de Ch. en attendant qu’elle se lève… 9 h, retour au jardin : élagage des feuilles de tomate inutiles, pose d’un film anti-herbe aux pieds des premières plantations. La chaleur monte. Bruno a posté les photos de son passage à Versaugues sur la Grande Famille.
Après le potager, je m’occupe du tamaris : enlève tous les rejets au pied du tronc. Matériel utilisé : taille-haie, cisaille, élagueur, disque de débroussailleuse… Un vrai déballage d’outils pour si peu de travail. Après-midi, nous filons aux courses à Paray. Arrosage. Puis bain au SPA avec spritz. Carpe diem.
Samedi 5 juillet
Lever 6h30. Fenêtres fermées, la maison est restée chaude alors que dehors, la fraîcheur vous revigore. Premier arrosage de la journée et cueillette d’une nouvelle courgette. Selon certains, cette année sera décevante en tomates. Les pieds végètent, fleurissent mais peu d’éclosion de fruits. Sans doute les effets de la canicule persistante de ces derniers jours. Je le constate également et me console avec les courgettes, les salades, et bientôt les haricots.
Montage à la maison, à l’abri du soleil, du dernier élément des structures extérieures du Spa. Arrivée d’Éliane avec 10Kg d’abricots. Aussi sucrés qu’il y a 3 ans ! 17h je me mets en tenue de travail. Élagage au taille-haie des deux buissons près du Spa. À terminer ultérieurement. Le ciel se couvre.
Dimanche 6 juillet
Matinée sans rien de spécial. Nous nous préparons à partir à Orches chez des amis. La chaleur semble avoir abandonné la partie. Il fait 16° au thermomètre. Une petite pluie serait bienvenue. Amical repas avec une quinzaine de convives dont les Fernandez reçus aux Saintes et les Moissenet viticulteurs réputés de Pommard. Petite ondée en fin de journée. Les hommes s’amusent sous un auvent à tirer à la carabine tandis que les femmes papotent à l’intérieur. Retour 20 h à Versaugues. Reçu texte M-S Dionne sur Dromadaire.
Lundi 7 juillet
Lever 8h. Le ciel est gris mais la pluie espérée cette nuit a fait faux bond. La terre n’est pas davantage mouillée que les plumes de l’oie au sortir de la mare ! Il faudra encore arroser même si l’effet est loin d’être le même. Les plantes savent ce qui leur convient le mieux. Première cueillette de haricots. Plantation 15 mai, récolte 7 juillet : 50 jours de patience et de soins..
Entre 11h et midi, alors que je m’apprête à me remettre au travail, voilà qu’une fifine de pluie et la fraîcheur revenue me rappellent que nous sommes en France et non sous les tropiques, car le petit vent est presque glacial. Je mets de l’ordre à l’étable
Mardi 8 juillet
7h30 : récupération d’Alex et Anne à la gare de Paray. Le cycle des repas végé et cocktails maison commence qui n’est pas pour nous déplaire… Le vent assez fort oblige à replier le toit de toile du deck et du parasol et à renforcer l’attache des tomates. Je m’affaire au potager toute la matinée. Après-midi courses Paray, je reste à la maison et publie la troisième séquence du jardinier. Pierrette m’apprend le décès de Toto Hoff. Alain m’envoie une série de photos en N et B. J’apprends également le décès d’Auguste Bartoche 86 ans. J’adresse condoléances aux familles sur le site de la mairie.
Bois du Neubourg. Ph R.Joyeux
Mercredi 9 juillet
Nous préparons notre départ pour le pique-nique avec François au Rond Neubourg à la Motte Saint-Jean. Très beau temps.Sympathique repas tiré du sac en forêt. Après quoi nous organisons une partie de Molky puis une petite marche d’une demi-heure : 1km 200. Visite de la nouvelle maison de François retour Versaugues vers 20 h. Surprise, Alex a colorisé les photos NB envoyées par Alain et imprimé un aménagement du salon par Chat GPT. 21h match PSG-Réal (4/0 pour PSG). Super repas végé préparé par Anne accompagné d’un cocktail d’Alex.
Jeudi 10 juillet
12 degrés à 7h. 24 dans la maison. Sans vent. De 10 à 11 je commence le désherbage des poireaux après arrosage. Les mauvaises herbes ont pris de l’essor dans une terre archi sèche. Difficile à déraciner malgré l’arrosage. Il reste les ¾ du parterre à terminer après une heure de travail. 16h nous descendons à Paray pour un moment de détente : glaces + Librairie. J’achète un petit livre : Sur l’île d’Elisabeth O’Connor.
« Elle me raconte qu’elle rêvait d’un endroit sauvage, où les gens sont comme des fleurs des champs. Il faudrait que je lui dise qu’au printemps, quand on récupère la laine des moutons pour la filer, des brins flottent dans l’air comme des ailes de fées. »
21h : Repas à l’intérieur après un délassement au Spa. Journée chaude et splendide avec grand soleil.
Me réjouissant du beau temps
Au moment où je suis las d’entendre la tourterelle annoncer la pluie, soudain j’entends les pies jacasser du beau temps le chemin est dégagé, l’eau s’est évacuée j’ouvre un livre et me réjouis devant la fenêtre lumineuse le soleil filtre à travers les ombres éparses sur le store le vent apporte le son de la corne du crépuscule les enfants se bousculent pour me dire qu’au portail il y a le marchand de cerises rouges.
Lu Yu (1125-1210)
Crépuscule à Versaugues. Photo Raymond Joyeux
Publié par Raymond Joyeux le dimanche 27 juillet 2025
Mon ami Jean Sahaï* ne m’en voudra certainement pas de partager ici, sans son autorisation, ce succulent – et très instructif – article sur les vertus multiples de la mangue posté sur sa page Facebook. Qu’il soit remercié pour cet emprunt, relayé par Alain Joyeux, artiste peintre bien connu à Terre-de-Haut.
* Pour en savoir plus sur l’auteur de cet article, cliquez sur son nom en rouge, en bas de la page.
VIV MANGO ! MANGO SÉ POU KOCHON !
Konkou a manjé-mango, gastronomie, jeux, sculpture de fruits et légumes… etc. étaient au programme de la Fête de la Mangue qui a lieu depuis mars chaque année, tout partout dans l’Inde. A Mumbaï (ex-Bombay), les amoureux de la mango ont pu en savourer des centaines de variétés, et des spécialités à base du fameux fruit doré : jus, lassi, gelées, confitures, punchs, sorbets, chutneys, sorbets, remèdes… etc. et assister à tout un programme de manifestations culturelles à son entour. Chez nous, (aux Antilles NDLR), la franco-faune créole, on entend plutôt dire comme ça que ‘fwiyapen é mango sé pou kochon’…
La source de ce rejet est due à l’acculturation. En effet, un certain Couverchel ne note-t-il pas dans son ‘Traité des fruits’ dès le XVIIè siècle, que « la mangue y est fort estimée des Indigènes ; mais son goût résineux, qui rappelle celui de la térébenthine, répugne assez généralement aux Européens… »
Et donc l’indigène civilisé, pommé, poudré, décrêpé et cidré a fini par cracher sur ce cadeau de la Nature qu’il aimait. Sinon pour se limiter aux Julie sans fibre, et à quelques mango-pom bien ron-rondes.
Or la mango est considérée chez nos ancêtres indiens comme sacrée, elle est symbole de joie de vivre, de vitalité romantique, et de variété.
Le mot mango vient du Tamoul mang-gay, transformé par les Portugais en manga. L’arrivée du fruit est saluée chaque année avec enthousiasme dans les familles asiatiques.
On l’achète avec vénération en cageots où chaque fruit est soigneusement enveloppé dans du papier journal, pour les amener au foyer qui leur fait aussitôt la fête!
La Fête de la Mangue, chaque mois de Mars en Inde, prend maintenant une dimension internationale, à mesure qu’Européens et Américains, lassés comme vous et moi du sempiternel parti PPR – la triade pomme/poire/raisin – découvrent les fruits gorgés de senteurs de nos latitudes.
Les exportations de mango du sous-continent indien, du Mexique, de la République Dominicaine, du Vénézuela, du Brésil (et de chez nous – mais non, que non…!) atteignent des sommets.
Ayurvédique
Il faut savoir qu’il existe près de mille variétés de mangues! Nous avons les mango pom (sic), fil, tine, thérébenthine, takté, mousach, reine Amélie, bœuf… Mais Alphonso, Kesar, Banganpalli, Totapari, Safeda, Neela Fazli, Mallika, Dusheri, Malda, Amrapali… sont d’autres jolis noms de variétés populaires de ce fruit vénéré des Indiens. Avec plus que délice ET raison, car leur sage connaissance ayurvédique n’a pas attendu la science du rapace, pour savoir que l’écorce, les feuilles, la peau, et même le noyau de la mango, ont de bénéfiques propriétés.
Ces vertus étaient depuis des temps immémoriaux précisées dans les Vedas et les Upanishads.
Si on en croit l’écrivain Michel Coquet, dans un village de l’Inde, un vieux manguier âgé de plus de 3.500 ans est considéré comme l’incarnation des quatre Védas (ou sources de la connaissance classique indienne).
L’arbre, qui symbolise le Sanathana Dharma (la voie juste), possède quatre énormes branches dont les fruits on quatre goûts différents, et dont les feuilles ont une texture également différente, selon la branche où elles se trouvent.
D’après la croyance populaire, les femmes atteintes de stérilité doivent manger un fruit de ce pied-mango pour avoir la chance d’avoir un enfant.
Pli i vet, pli i ka ba’w si ! (Plus il est vert, plus il te donne ceci) Pli i mi, pli i ka ba’w sa ! (Plus il est mûr, plus il te donne cela)
La mangue (Mangifera indica en latin) est l’un des fruits les plus riches en carotène, ou pro-vitamine A. Le taux de carotène de la mangue (3 mg/100 g), est supérieur à celui du melon ou de l’abricot, les deux fruits de l’ami « métro » considérés comme les plus riches en pro-vitamine A. Et ce taux augmente avec le degré de maturation du fruit :
Pli i mi, pli i ka ba’w vitamin A ! (Plus il est mûr, plus il te donne de la vitamine A)
Par son action préventive, nous disent les recherches de l’INRA et autres instituts, la mango lutte efficacement contre le vieillissement cellulaire prématuré, et aide à prévenir l’athérosclérose.
La mangue verte, source de bonne acidité pour la cuisine, est également bien pourvue en acide ascorbique ou vitamine C: 44 mg / 100 g, soit un taux comparable à celui des agrumes prônés par nos diseurs d’euro-science (pamplemousse, orange ou mandarine).
Mon feu père René Samson Sahaï ne mangeait pas de mango sans passer ensuite la peau sur son cou et sa figure en mouvements remontants, avec un aaaAaah de ravissement.
Contrairement à ce qui se passe pour la provitamine A, le taux de vitamine C de la mango décroît quand le fruit mûrit: pli i vét, pli i ka ba’w vitamin C !
Les substances aromatiques et odoriférantes du fruit descendu des contreforts de l’Himalaya sont abondantes, complexes. Fout sa bon douvan né, é andidan bouch ! (Que c’est bon au nez et dans la bouche !)
Ces subtiles substances embaumantes appartiennent aux groupes des aldéhydes, des esters et des alcools-esters volatiles, et atteignent leur top lorsque le fruit est à pleine maturité. Elles confèrent à la mango sa saveur typée, si de chez nous.
Attristant donc, que ce fruit-pays béni soit traité avec si peu de consideration par tant de nos congénères, et même des plus instruits (c’est à dire idiotisés) qui préfèrent donner leurs suffrages au PPR.
Faits maison ou emmenés de Trinidad & Tobago, les chutney de mango sont le condiment estimé du fin connaisseur, pas celui qui s’engorge de jambon-fromage-mayo-ketchup et autres indigestes exigibles de l’import…
Mais pa pè ! (Mais n’aie pas peur). Te fais pas de bile !…
Comme il y va du fonctionnement chez nos cerveaux-lavés, lorsque la mangue, puis la sapotille, la pomme(sic)-cannelle, la grenade, le cachiman, la carambole, la pomme(sic)-liane, le monbin, le tamarin, les surettes, surelles, acerola, mini-mini-bananes et autres gâteries quénettes de mère Nature auront disparu ici-dans – ces trésors auront trouvé leurs lettres de noblesse à Paris, Tokyo et New-York.
Grâce aux milliers de tonnes de ces fruits qui seront importés du Brésil et d’Asie par la jet-set du G8, nous comprendrons enfin que c’est c’est-ce qui était tan nou, nous réaliserons comment une certaine éducation (édu-castration) nous a, par omission et substitution, aliéné l’esprit et colonisé l’estomac, de l’école à l’université.
Nous cesserons, faut croire, de couper nos derniers pyé-fwi (arbres fruitiers) centenaires pour poser béton, de laisser pourrir fruits d’or au pied des pieds, et faire des ti moun des pom-pom kids aseptisés qui ne savent plus ablutionner mains et figure de bon nectar…
En nattant dents, sirotez un jus de mangue – hélas en pot, jusque d’Asie.Ou un bon lassi mango-péyi, facile à faire: mixez la pulpe ek yaourt liquide et glace pilée, zeste de citron vert, sucre, pointe de muscade ou cardamone.
Emmenez au bureau, dans un thermos chinois idéo-grammé Bonheur!
Lanné tala / lanné la sa, lézom é lé gazel, Annou f’té bon mango tout kalté an kò an nou ! (Cette année-ci, hommes et gazelles, allons nous gaver de toute sorte de mangues )
Viv mango !
PS : Traduction (approximative) des passages en créole : Raymond Joyeux
Après les disparitions du mois dernier, la communauté saintoise est à nouveau sous le choc en ce début juillet 2025. Gaston Hoff et Auguste Bartoche, deux personnalités connues et appréciées aux Saintes et au-delà sont en effet décédées pratiquement le même jour, plongeant les familles et la population de notre archipel dans l’émotion et la tristesse.
Les mots dans ces circonstances douloureuses étant difficiles à trouver, je me permets de partager pour Toto le magnifique hommage que la Compagnie de Transport Maritime Déher (CTM) lui a rendu, et pour Auguste Bartoche, le témoignage amical de Joyeux de Cocotier, publiés sur leur site Facebook respectif.
Hommage de la CTM Déherà Toto Hoff
Les mots ne suffiront pas à témoigner toute la reconnaissance et tout le respect de la CTM DEHER à Mr HOFF Gaston, Toto pour beaucoup d’entre nous .
Cet homme a tout simplement porté cette entreprise au creux de ses mains, au fond de son Cœur …
Son engagement sans retenu allait bien au delà des responsabilités professionnelles de Capitaine ,
Sa Loyauté exceptionnelle et Son intégrité sont le fondement et les valeurs de notre entreprise ,
Sa vision du transport Maritime,
Ses compétences et ses conseils ont fait de la CTM DEHER ce qu’elle est aujourd’hui !
Sa bienveillante autorité envers ses collègues a été une véritable leçon de courage, de ténacité et de motivation afin de faire grandir tous ceux qui travaillaient à ses côtés .
Nous garderons son sourire et la force de ses convictions au plus profond de nous et nous nous en inspirerons chaque jour .
A sa femme Nadine, à ses enfants , Anthony, Teddy et Elsy , à l’ensemble de sa famille , la CTM DEHER présente ses plus sincères condoléances.
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Hommage de Joyeux de Cocotier à Auguste Bartoche
Je viens d’apprendre le décès d’une légende saintoise Auguste Bartoche, dit Ti-Gus. Je suis triste de cette mauvaise nouvelle.
Ti-Gus c’était une idole pour nous Saintois et Saintoises, un champion de natation dans les années 70-80. Il gagnait presque toutes les courses avec ses amis Gilbert Samson et Géo Petit… À l’époque, la natation’était le sport qu’on appréciait le plus dans mon île.
Ti-Gus battait tous les reccords. À Terre-de-Haut c’était notre héros. Je me souviens de sa plus belle victoire lors d’une course de fond Basse-Terre/Vieux-Fort. Il était très fort ce jour-là. Si ma mémoire est bonne je crois qu’il avait remporté cette course avec panache et était devenu un dieu pour le tout le monde à Terre-de-Haut.
Aujourd’hui son décès nous a brisé le moral. Marin-pêcheur, il avait épousé une guadeloupéene, Lucie, qui était institutrice à Terre-de-Haut. Depuis sa retraite, il vivait en Guadeloupe. Auguste avait 86 ans.
Condoléances à sa famille et au peuple des Saintes. Une légende, homme qui fut des Saintes et de la mer, qu’il repose en paix.
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En remerciant la CTM Déher et Joyeux de Cocotier pour leur contribution à cette chronique nécrologique, je présente mes sincères condoléances aux proches, parents et familles éprouvés de ces deux compatriotes aujourd’hui disparus et les assure de toute ma sympathie.
Publié par Raymond Joyeux le vendredi 11 juillet 2025
C’EST L’ÉTÉ. Le jour le plus long de l’année. Grand soleil.
Anzy-le Duc-Photo. Ch Joyeux
Je ne peux que remercier les dieux de l’Olympe, plus que bienveillants, Zeus et Ouranos réunis, pour cette semaine exceptionnellement ensoleillée, pour le ciel étoilé sans la pollution des villes, pour les jours à venir où l’on nous promet encore du beau temps.
À 7h 30, grande satisfaction : je cueille une belle salade et 4 courgettes à point pour une ratatouille de première. 40 jours de patience et de soins. Joie déliée dans les hauteurs du ciel. Bouquet de roses, de boutons d’or et de coquelicots. C’est la fête des fleurs et de la musique. Nous sommes dehors dès 8h. Ajustement, fin de montage du SPA et mise en eau. À 15h, plein cagnard. Il fait 25 dans la maison, 36 au dehors.
Dimanche 22
Très beau temps. 11h, départ pour Mars, petit village près de Charlieu, chez d’anciens élèves. Repas gargantuesque de charcuterie et de salade + pizza et œufs mayo… jusqu’à 19 h. On se montre des photos des classes du collège de l’époque où nous étions profs. J’ai oublié ma casquette. Retour à Versaugues nous dégustons une bière, faisons le tour du jardin et cueillons une belle salade pour les amis. À 22h, gros orage à l’horizon. Ciel menaçant. Je filme en vidéo les éclairs impressionnants du côté de Paray. Mais pas encore de pluie.
L’orage menace – Photo Raymond Joyeux
Lundi 23
Lever 7 h. L’orage d’hier soir a fait long feu ! Petite fraîcheur très agréable au matin. Ciel couvert. Sans pluie. Arrosage.Les haricots fleurissent. Cueillette de deux nouvelles super courgettes. 13h, apéro autour du Spa. Dîner à l’intérieur à 21h.
Rangs de haricots en fleur. Photo Raymond Joyeux
Mardi 24
Grand soleil. J’en profite pour commencer à débroussailler la parcelle derrière les petits bâtiments. Fil coupé à plusieurs reprises. J’installe la lame qui fauche à ras du sol chiendents et orties mais sans déchiqueter l’herbe. Donc passage au fil obligatoire après cette première coupe. Et ratissage pour rassembler le foin… 19h, premier bain au SPA. L’eau est à 26 degrés, un peu trop fraîche pour certains et premier vrai repas sur le deck depuis notre arrivée. Pas un insecte importun autour de la table. Sans doute abasourdies par la canicule, les guêpes préfèrent la clim de leur refuge alvéolé. Beau ciel coloré à l’ouest.
Photo Raymond Joyeux
Le deck et so Spa – Photo Raymond Joyeux
Mercredi 25
Dès le réveil, sous le soleil, petits exercices matinaux : remonter 10 seaux d’eau du puits pour arrosage, attacher les tomates, ratisser l’herbe derrière le pêcher, arrimer la vigne qui grimpe partout, … Avec Alain, nous installons le parasol livré ce matin. L’orage est annoncé mais nous dînons d’huitres sur le deck jusqu’à 21h. Bain au SPA puis rentrons tout ce qui risque de s’envoler car le ciel se couvre à nouveau sérieusement et les éclairs zèbrent le ciel… pour presque rien sinon plusieurs coupures de courant à 23h qui obligent à baisser le compteur jusqu’au matin… Four bousillé l’an dernier à cause d’un orage et une journée entière sans courant électrique !
Jeudi 26
Réveil 6h. Précautionneusement, j’actionne le disjoncteur. Miracle, tout s’allume… Vérification potager : peu de dégâts, quelques branchettes du saule au sol, les poirées penchées, à redresser, sinon rien de spécial, les tomates sont debout… mais beaucoup de petites poires dans l’herbe.
Parterre de blettes – redressées après l’orage – Photo Raymond Joyeux
10h : travail au potager : je m’occupe des poirées-blettes et vérifie l’attache des tomates. Désherbage poireaux et carottes côté courgettes. Installation supports pour les courges + arrosage. La petite pluie d’hier soir n’était que superficielle. À peine plus qu’un pipi de moineau. Désherbage des tomates. Très belle journée d’été, nous déjeunons et dînons sur le deck. Il a fait grand soleil du lever au coucher, sans vent. Temps hyper calme. Nous nous ébouillantons dans le SPA à 32°.
Vendredi 27
Arrosage dès le lever à 7h. L’herbe est rase et sèche, sans rosée. Le soleil s’est mis sur son 31 avant les grandes chaleurs. Pas un pouce de vent. C’est le bonheur à la campagne.
10h, suite débroussaillage coté appentis. Je déplace les poteaux téléphoniques au sol pour délimiter une nouvelle parcelle à bêcher pour l’an prochain ! En attendant, nous montons le parasol à une nouvelle place. L’ombre englobe désormais tout le SPA. Repas midi à l’intérieur. Miracle au potager : les premiers minuscules haricots émergent de leurs fleurs. Semés le 15 mai, soit 43 jours de gestation… Après-midi : je continue mon travail de débroussaillage côté bouchure Deverchère-Naulin.
Courgettes et nouvelle parcelle à venir -Photo Raymond Joyeux
Nous activons le Spa et c’est le bain réconfortant avec bulles à 33°. Bain également bien venu pour le potager que j’arrose copieusement. Dîner sur le Deck avec Alain. Beau ciel au couchant. Marie-Sylvie Dionne a reçu mon livre posté le 16, soit 12 jours de périple jusqu’à Montréal. J’attends ses commentaires…
Lever 7h avec ciel bleu et grand soleil, alors que les jours imperceptiblement diminuent. L’herbe est un peu plus humide ce matin et la petite fraîcheur agréable. Je visite le potager et donne deux arrosoirs aux courgettes après en avoir cueilli une belle, sans défaut. Tout est calme. C’est ainsi que j’ai toujours imaginé les journées d’été. 9h, je suis au jardin. Pour éviter la repousse de l’herbe, j’installe deux bandes de film aux pieds des tomates puis désherbe l’autre parterre. La chaleur monte peu à peu et, avant le pic, entre cuisine et haie, je manœuvre la tondeuse de Sam qui démarre au quart de tour, dès la première lancée. Afin de déjeuner au plus frais et tromper l’avancée latérale du soleil, avec Alain nous installons face au pré le petit triangle de toile entre deux supports du toit du deck.
Après-midi : repos. Difficile de jardiner dans un four ! Fenêtre ouverte, il fait 30 degrés dans la cuisine. Température jamais atteinte à ce jour dans cette pièce orientée plein nord, généralement la plus froide de la maison. Attendons 19 heures pour nous aventurer au dehors et donner à boire au potager, avant le départ pour St Yan chez Éliane, JB et Bernard. Dégustation en papillote de féras pêchées par JB au lac Léman. Retour 1h30 du matin sous un ciel superbement étoilé.
Lever tardif : pour une fois 9h 30… avec toujours beau soleil au rendez-vous.. Bouquet de roses et boutons d’or. Je cueille une nouvelle courgette et rafraîchis les pieds à l’arrosoir. Pour le potager, ce sera à la tombée de la nuit ou du jour, c’est selon…
Midi, au Spa, l’eau est plus fraîche que précédemment. Nous déjeunons sur le deck, bien protégés du soleil. Après-midi, je rabote le bas de la porte de la cuisine qui gonfle l’hiver, râpe le sol et entrave la manœuvre des charnières.
La grande chaleur est toujours présente qui ratatine les feuilles des courgettes. Je sors le parasol de Simon pour réparation ultérieure… Nous nous baignons dans notre mini-piscine à une eau à 30 degrés et déjeunons à 21h de salade et de beignets de nos courgettes, recette grecque. PSG bat Miami 4/0. Coucher 23 h avec ventilo…
Lundi 30
Quelle joie à 7 heures du matin d’ouvrir les fenêtres de la cuisine et de l’ancienne laiterie devenue bureau, deux fenêtres cadenassées tout l’hiver ! Soleil et chaleur pénètrent dans la maison chassant habituelle froidure et humidité. Ce n’est pas moi qui me plaindrai.
Cette année, nous sommes envahis de fourmis bien plus que les années précédentes. À ce jour, aucun produit n’est efficace. J’ai testé le bicarbonate mélangé à du sucre, nada. Elles sont toujours là, plus actives que jamais dans la cuisine et sur les tablettes des fenêtres. Chaque année apporte son lot d’inconvénients : une année mouches, l’autre fourmis, la troisième guêpes et frelons. Quelquefois les quatre ensemble !
Petits bonheurs pas toujours appréciés de la campagne ! En fin de compte c’est l’Écogel Novar seringue réparti en ligne sur le plan de travail qui nous en débarrasse. Les fourmis s’y agglutinent, s’empoissonnent et meurent où elles se sont mises à table ! La gourmandise en quelque sorte les a tuées ! Arrosage intensif au potager… À huit heures du matin, le soleil est déjà haut.
11h, à Marcigny, achat de 10 pieds de salades à repiquer. Nous déjeunons à l’intérieur, délogés par la chaleur. Mais le soir retour au deck, avec 3 lièvres gambadant en face dans le pré voisin.
Calme plat. L’odeur du foin coupé nous grise presque… Nous ne sommes pas aux Saintes face à la mer. Les palabres incessants des oisifs sous le raisinier, tout comme le bruyant défilé des touristes sans gêne, clope au bec et mégots dans le sable, ne nous manquent pas ! Rien ne vaut le silence apaisant des lièvres un soir d’été à la campagne.
3 lièvres en vadrouille face au deck : trouvez-les !
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Un plat de légumes taoïste
Le chou vert et le poireau depuis les temps anciens sont considérés comme d’excellents légumes…
Vieux paysan, de mes propres mains je défriche le potager la terre est comme de la glaise, l’eau comme du lait quand on dépend de ça afin de pourvoir aux besoins de la famille, inutile d’aller chercher ailleurs
en manteau de paille je ne crains pas de sortir dans le brouillard et sous la pluie
dans l’âtre creusé à même le sol j’ai allumé le feu monte le parfum des légumes en train de cuire si le bout de ma langue n’en a pas encore profité, mon nez déjà s’en délecte.
Lu Yu, poète chinois (1125-1210) _______
Publié par Raymond Joyeux, le mardi 8 juillet 2025