Stupéfaction au conseil municipal
Lors de la réunion pour l’élection du maire et la désignation des adjoints qui s’est tenue en mairie le vendredi 20 mars 2026, Louly Bonbon, massivement réélu, a fait une déclaration fracassante :
« Au lendemain de notre élection, c’est-à-dire lundi dernier, a-t-il annoncé, j’ai reçu un mail de l’ARS (Agence Régionale de Santé) avec les services préfectoraux en copie, me demandant de prendre un arrêté pour interdire de manière permanente, je dis bien de manière permanente, la baignade au Fond de Curé. «
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S’agissant d’un problème de salubrité publique, on pourrait s’étonner du caractère tardif de cette déclaration. Retard auquel il faut ajouter la fréquence et les délais de prélèvement, d’analyse biologique par les services de santé et la transmission des résultats à la commune. Dans ce domaine, comme sans doute pour les autres cités balnéaires de la Guadeloupe (prétendument l’île aux belles eaux !), nous sommes coutumiers du fait, sachant que, comme à l’impossible nul n’est tenu, de la lenteur administrative nul n’est préservé. Mais, en l’occurrence, chez nous, peut-être fallait-il attendre la nomination du maire et la mise en place du nouveau conseil municipal pour officialiser l’information, rédiger, signer et publier l’arrêté. Cela tombait très mal il est vrai et on peut le comprendre.
Toujours est-il que, pendant ce temps, sans information publique par voie d’affichage ou de drapeau signalétique, nombre de locaux et de visiteurs dont des enfants, se sont adonnés, insouciants, aux joies de la baignade et à la confection de châteaux de sable dans un environnement hautement pollué.
Rejet en mer d’eaux usées et dysfonctionnement du réseau d’égouts
Tout le monde sait aux Saintes, la population comme les autorités, qu’en cas de fortes pluies, ce sont les eaux de la baie qui reçoivent les effluents contaminés inconsidérément déversés dans des caniveaux inappropriés. Quand ce ne sont pas les plaques d’égout qui se soulèvent et débordent, et la station d’épuration qui remplit mal son office. Ce problème n’est pas nouveau et il serait mal venu d’incriminer la dernière municipalité, ainsi que celles des années précédentes, qui, les unes après les autres, se sont à leur niveau préoccupées en vain de résoudre cette calamité.

Ph R.Joyeux -22.3.26
Des conséquences désastreuses pour tous
Cette situation calamiteuse impacte bien évidemment en premier lieu la population résidente, les marins-pêcheurs du secteur, mais aussi les visiteurs de plus en plus nombreux à fréquenter notre belle île tout au long de l’année, en quête de soleil et de baignade sécurisée. Est-ce pour ne pas effrayer ces derniers que les résultats des analyses sont très tardivement affichés – quand ils le sont – sur les panneaux ad hoc et que le drapeau rouge n’a jamais flotté au mât prévu à cet effet. Nous n’osons le penser, car en cas d’infection bactérienne grave, par staphylocoque entre autres, par exemple, ce serait la commune qui serait responsable, et cela pourrait lui coûter très cher.
Entre pollution marine récurrente et déjections canines, quelle solution ?
Si la question de la pollution des eaux de mer ne relève qu’en partie de la responsabilité communale, en obligeant entre autres les particuliers à mettre aux normes leurs installations sanitaires et en interdisant tous rejets dans les caniveaux, c’est au service départemental de la gestion de l’eau (SMGEAG) qu’il revient de régler au plus vite le problème des égouts défectueux. Mais vu l’état de ses finances et de ses capacités de maintenance pour le moins chaotiques, le pourra-t-il de sitôt ? Toute la question est là.
En revanche pour ce qui concerne la présence libre quasiment permanente de chiens sur la plage, dont les propriétaires contreviennent aux interdictions clairement affichées, les services de police municipale ont leur mot à dire. Et pas seulement leur mot. Des contraventions en bonne et due forme inciteraient à coup sûr ces propriétaires négligents à plus de civilité pour le bien de tous. Car déjections, vers à chien et pollution microbienne d’origine canine dans le sable ne sont pas moins inoffensifs que les Escherichia coli et autres staphylocoques des eaux de baignade.
Publié par Raymond Joyeux
Le dimanche 22 mars 2026



Il est important de rappeler que l’interdiction de baignade ne signifie pas que l’accès à la mer est physiquement impossible. Les gens peuvent toujours entrer dans l’eau, mais ils le font à leurs risques et périls, car la baignade n’est plus encadrée et la commune n’en assume plus la responsabilité. L’arrêté municipal, le drapeau rouge et l’affichage obligatoire servent justement à informer clairement le public du risque sanitaire.
Les hôtels, locations touristiques et hébergements professionnels situés à proximité de la plage ont, eux aussi, un devoir d’information envers leurs clients. Lorsqu’un établissement met en avant la proximité d’une plage ou la baignade comme argument commercial, il doit signaler toute restriction connue. C’est une obligation légale d’information loyale prévue par le Code du tourisme. Les hôtes particuliers (Airbnb, gîtes, etc.) doivent également informer leurs locataires dès lors qu’ils ont connaissance de l’interdiction.
Enfin, même si l’ARS parle d’une fermeture “permanente”, il faut préciser que cette décision n’est pas irréversible. Une plage peut être réhabilitée si les causes de pollution sont corrigées. La procédure est connue :
Autrement dit, la situation actuelle est grave, mais pas définitive si les acteurs concernés (commune, SMGEAG, services de l’État) engagent réellement les travaux nécessaires. La réhabilitation est possible, mais elle demande une volonté politique forte, des investissements et un suivi rigoureux. Belle mission pour la Mairie.
Bonjour Igor,
Un grand merci pour tes observations qui méritent d’être lues par le plus grand nombre.
Je vais transmettre le lien de ma chronique au FB de Terre-de-Haut Autrement. Si elle est publiée, les gens en prendront lecture et se comporteront en connaissance de cause.
Avec toute mon amitié.
Raymond