Entre l’ancien marché couvert, face à une célèbre boite de nuit, et un restaurant bien connu – et sans doute aussi ailleurs -il ne se passe pas un matin, et pas seulement le lendemain du samedi, sans que le promeneur ou les résidents du bord de mer ne découvrent, à leur corps défendant, quantité de papier hygiénique, comme autant de papillons de mauvais augure, accompagnés de leur odorante commission, grosse ou petite, pour le plaisir des mouches, heureuses de ces aubaines récurrentes.
Selon la définition du dictionnaire, un lieu d’aisance est un espace « conçu pour permettre aux personnes de se soulager de leurs déjections corporelles comme l’urine, la matière fécale ou le vomi. »
En l’occurrence, ici, pour ce faire, l’espace en question n’est autre que cette portion du littoral lui-même, conçu par la nature, agrémenté d’arbres d’espèces diverses : calpatas, cocotiers, raisiniers bord de mer ou autres espèces endémiques, propices aux accroupissements nocturnes anonymes, sans complexe, entre deux canots à l’abandon, quand ce n’est pas directement en face des habitations et si possible carrément au plus près de leur entrée.
En ce matin du dimanche 22 février 2025, j’ai, pour ma part, dans mon environnement immédiat, dénombré pas moins d’une dizaine de déjections nauséabondes de toute nature manifestement humaines, même si parfois un chien errant s’est laissé aller en levant la patte sur un cocotier bienveillant.
Quelle image notre île résolument tournée vers le tourisme donne-t-elle au visiteur alors qu’elle dispose de toilettes publiques, payantes certes, mais facilement repérables et fonctionnelles ?
C’est à se demander si, au lieu du chien du panneau de la place des Héros – panneau certes utile mais qui s’est malencontreusement substitué à celui des noms de ces héros saintois morts pour la France – il ne faudrait pas remplacer le chien déféquant par un humain, homme ou femme ad libitum !
Une solution ?
Pour résoudre le problème, en plus d’enlever du littoral tous les canots inutiles servant d’abri aux malappris sans retenue, peut-être faudrait-il informer la population que tout excrément découvert sur la plage sera systématiquement brûlé et l’âme de leur propriétaire avec !
Cette légende à laquelle beaucoup croient encore aux Saintes inciterait peut-être les baisseurs et baisseuses de culotte ou de pantalon à recourir à un autre moyen pour satisfaire leurs pressants besoins !…
Un bon sujet entre autres, me suggère mon voisin, pour les prochains discours électoraux. Pourquoi pas après tout ?
Puisque, pour parodier un célèbre dicton ; n’est ce pas dans le besoin que le bon peuple reconnaît ses amis… politiques ?
Publié par Raymond Joyeux
le dimanche 22 février 2025




Excellente petite satire humoristique qui devrait être, j’ose l’espérer, d’une efficacité redoutable !!! Bravo, Raymond ! Marijoé
Les temps changent. Arlequin et Colombine ont cédé la plage à colombins et hygiéniques.
Il faut investiguer. Qui est coupable ? Saintois ou Touriste ? Saintoise ou Tourista ? Saintois pas sain ou touriste tous risques ?
Et même s’il faut de l’engrais pour les jardins, pas pour les plages. Fond-curé va-t-il s’appeler Fondement-à- récurer ?
Je laisse ces pistes odorantes à votre réflexion.
Gilles Samson
« Faire preuve d’un peu de retenue » est pour le moins l’attitude attendue chez les personnes » bien élevées « …
les emmerdeurs-deuses ici visé(e)s seraient-ils(-elles )les tristes rejetons d’une société où la satisfaction immédiate des désirs et besoins deviendrait un comportement « normal » ? Triste normalité dont la cause serait un défaut d’éducation (ou d’auto-éducation pour celles et ceux qui en ont été privés )?
Répondre à tous les caprices des enfants, ouvre, nous le savons, vers des comportements tyranniques et antisociaux; il deviennent les emmerdeurs & deuses que l’on rencontre au quotidien …A qui aura la plus grosse moto ou sono? parlera le plus fort? ira le plus vite? … etc ad nauseam
Apprendre à retenir et différer nos besoins naturels est un des premiers apprentissages de la vie. Même nos animaux domestiques, chat ou chien, apprennent cela très vite.
« Faire preuve de retenue » n’est pas un précepte rabat-joie car accepter et intégrer une frustration momentanée, se retenir, mène à un plaisir augmenté au moment de se libérer (enfin!) dans un lieu approprié …
Pour mémoire ce délicieux poème de Georges Sand qui devrait rappeler à ceux et celles qui sont pressé(e)s , le » petit coin » jubilatoire prévu à cet effet !
Le Petit Endroit
Vous qui venez icidans une humble posture
De vos flancs alourdisdécharger le fardeau
Veuillez quand vous aurezSoulagé la nature
Et déposé dans l’urneun modeste cadeau
Epancher dans l’amphoreun courant d’onde pure
Et sur l’autel fumantplacer pour chapiteau
Le couvercle arrondidont l’auguste jointure
Aux parfums indiscretsdoit servir de tombeau