Joyeux de Cocotier : tel qu’en lui-même !..

Un ouvrage qui fera date

Pour ceux qui le connaissent depuis toujours et l’apprécient aux Saintes, en Guadeloupe, en métropole et ailleurs, comme pour ceux qui ne le connaissent pas encore, voici un ouvrage qui leur dira tout, mais vraiment tout, sur le personnage de Cocotier. Les inconditionnels y trouveront bien sûr largement leur compte et découvriront, en plus, des aspects cachés de son singulier talent et de sa personnalité hors du commun, tandis que les autres, après être tombés des nues, se précipiteront pour aller écouter sur les réseaux internet ses œuvres musicales et danser au rythme de ses clips déjantés, puis de courir illico chez leur disquaire se procurer ses CD pimentés à la sauce punchy des Antilles !

Que dire de plus ?

Mais, que dire de plus sur Éric Joyeux, dit Cocotier, qui ne soit pas déjà écrit dans la très belle présentation d’Élisabeth Meissirel et dans la magistrale postface de Didier Verdureau, tous deux proches de l’auteur, à l’origine, avec d’autres, de la publication bien venue de cet opus, superbement illustré de textes souvent inédits, de tableaux hauts en couleurs et de clichés pour le moins provocateurs de l’artiste en personne, réalisés pour la plupart par Didier Verdureau ? Que dire de plus en effet que ne révèlent ces deux présentations qui font le tour complet de cet inclassable troubadour adulé par les uns, décrié forcément par les autres, ne laissant jamais en tout cas personne indifférent ? Rien de bien original en fait, sinon de rappeler inlassablement à son propos que notre petite île des Saintes, Terre-de-Haut, devrait être fière, selon nous, et reconnaissante aux dieux des arts, (odieux lézard me souffle ma voisine !) de la musique et de la danse d’avoir vu naître sur son sol cet autodidacte original qui, parti clandestinement de rien sur un bananier il y a bien longtemps, s’impose aujourd’hui comme un digne et incontournable représentant et animateur de notre culture insulaire, et qui vient pour notre plaisir, d’ajouter à son volumineux répertoire musical cette luxuriante et luxurieuse publication de ses chansons-poèmes et autres textes originaux, abondamment illustrés d’œuvres picturales polychromes d’une remarquable qualité.

Il y aura toujours des détracteurs

Bien entendu, l’adage bien connu nul n’est prophète en son pays a toujours été pour Cocotier le boulet accroché à sa guitare… ou à ses extravagants locks enluminés. En Guadeloupe, certes, où les Saintois n’ont pas toujours bonne presse, mais aussi aux Saintes, son paradis d’origine, où ceux qui ne font rien, avachis sur leur néant, sont souvent les premiers à clamer la nullité de ceux qui osent quelque chose. Vantard, imbu de lui-même, maléluvé, prétentieux, sans talent, sans gêne… et j’en passe, sont les quelques affectueux noms d’oiseau les plus habituellement attachés à son personnage. Mais, en drôle d’oiseau qu’il aime à se définir lui-même, croyez-vous qu’il en tienne compte ? Lucide, s’il reconnait volontiers ces défauts qu’on lui colle au coin de ses chansons, loin de s’en formaliser, il en joue au contraire et en rajoute au grand dam de ses détracteurs mais pour la plus grande satisfaction de ses admirateurs dont nous sommes.

Par-delà le bien et le mal

Cela ne signifie pas que tout est parfait chez Cocotier. Loin de là. Et nous sommes les premiers, avouons-le sans honte, à lui déballer ses quatre vérités, si tant est que nous soyons nous- mêmes exempts des tares qui lui sont reprochées. À vrai dire, si nous pouvons nous permettre certaines critiques, c’est surtout parce que nous avons la chance et le privilège d’avoir été, involontairement parfois, son parolier pour des poèmes qu’il interprète à sa façon et dont les illustrations vidéo n’ont pas toutes l’heur de plaire à leur auteur. Éric le sait et reconnaît volontiers qu’une certaine distanciation est à l’origine de nos divergences artistiques. Qu’à cela ne tienne : comment ne pas être globalement satisfait d’un artiste qui peint vos poèmes sur les murs et vous élève au rang de ses poètes préférés, à côté de Baudelaire, d’Aragon, de Prévert, de Boris Vian, de Léo ferré… ? Il y a nettement moins bien comme compagnons au panthéon de la poésie !

Et si Dieu n’existait pas…

En conclusion de ce modeste témoignage, disons qu’en dépit de tout ce qu’on peut lui reprocher à tort ou à raison, avec sa centaine de textes dont on se demande où et quand il a trouvé le temps de les écrire, lui l’éternel baroudeur des quatre vents ; avec ses guitares chantantes et ses autoportraits – au sens étymologique du terme – présentés à l’envi dans son ouvrage L’ART SAUVAGE*Joyeux de Cocotier, alias Éric JOYEUX, représente pas moins, pour nous personnellement et pour beaucoup d’autres, la figure d’un Don Quichotte moderne de la provocation. Le pourfendeur des moulins – bien réels ceux-là – de la bienséance outrée et du conventionnel aigri de ceux qui n’ont jamais rien osé et qui se contentent de contempler bêtement leur nombril, assis, répétons-le, sur le tabouret vermoulu de leur néant, à décrier ceux qui entreprennent ! En un mot comme en cent, pour parodier Bakounine, ce camarade vitamine de Léo Ferré mais aussi Voltaire, l’implacable ennemi de l’intolérance et du fanatisme, si Joyeux de cocotier n’existait pas, il faudrait l’inventer. L’ouvrage qu’il vient de publier, dont le titre à lui seul est à l’image du marginal assumé qu’il est et revendique, en est la parfaite illustration.

Texte Raymond Joyeux
Illustrations tirées du livre L’Art Sauvage

Publié par Raymond Joyeux
Le 08 Août 202
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Titre : L’ART SAUVAGE
Auteur : Joyeux de Cocotier
Mise en page, conception et réalisation : Didier Verdureau
Éditeur : Centre Littéraire d’Impression Provençal
Marseille Février 2022 – 200 Pages -35 €

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5 commentaires pour Joyeux de Cocotier : tel qu’en lui-même !..

  1. Alain Joyeux dit :

    Très beau texte inspiré . j’ai la chance d’avoir un exemplaire de l’art sauvage dédicacé, consultable par les visiteurs de la galerie ILE ART à Terre de haut., 50 rue Benoit Cassin. avis à celles et ceux qui aimeraient le feuilleter avant d’en commander un exemplaire.

  2. Didier Verdureau dit :

    Merci Raymond Didier

  3. Didier Verdureau dit :

    « L’ART SAUVAGE – JOYEUX DE COCOTIER » est publié à compte d’auteur !

    Au grand plaisir de Joyeux de Cocotier et de ses amis, l’ouvrage a un accueil exceptionnel, de très belle facture il connaît un franc succès bien au-delà du cercle habituel des « inconditionnels » … 200 pages sur l’ensemble de ses œuvres et textes … un voyage sur les rivages créatifs de l’artiste aux racines caraïbes dont même les intimes ne pouvaient connaître la richesse et la singularité de la production. Le troubadour poète, chanteur et fêtard est aussi un artiste plasticien.

    Pour se procurer un exemplaire de cette premier édition il faut contacter Joyeux de Cocotier sur Marseille, où lors de ses fréquents déplacements en Guadeloupe.

    Le livre peut également être expédié.

    Merci Raymond d’avoir donné écho à l’édition du livre, il est une partie intégrante du patrimoine artistique de Terre-de-Haut.

  4. Gilles Samson dit :

    Bonjour.
    Il est parent avec vous ?

    • raymondjoyeux dit :

      Bonjour Gilles, je dois certainement avoir un lien de parenté avec Éric Joyeux du côté de sa mère Irène Joyeux. Il faudrait pour en être sûr interroger les généalogistes. Il y a de nombreuses branches Joyeux à Terre-de-Haut, comme pour les Samson et pour la plupart des autres patronymes. Peut-être même est-il votre cousin éloigné puisque son père n’est autre que Henri Samson qui avait épousé Camille Déher. Avec Irène, la maman d’Éric, Henri Samson a eu 5 enfants dont un seul, l’aîné, a été reconnu : Yéno Samson décédé récemment. Tous les autres : Éric, Gina, Georges et Ti-Jean porte le patronyme de leur mère. Je n’ai pas connaissance qu’entre nous il y ait un lien direct. Mais nous nous considérons officieusement tous les deux comme « cousins ».

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