Une journée enrichissante : la découverte du marché au cadran de Saint-Christophe en Brionnais

Mercredi 24 septembre 2025

C’est l’hiver en automne : huit degrés au réveil à 7 heures du matin, ce mercredi 24 septembre. Avec quelques-uns des marcheurs et marcheuses de Versaugues, encapuchonnés dans leur anorak, nous nous préparons pour une visite du marché aux bovins de race charolaise de Saint-Christophe, en plein cœur du Brionnais, dit marché au Cadran. La plus importante des 41 structures de ce type existant en France. Cette visite guidée n’est possible que le mercredi matin, jour où vendeurs et acheteurs de bétail se retrouvent pour les tractations commerciales de la semaine.

Il fait un froid de canard devant le tableau de l’historique de l’établissement, en plein courant d’air, où notre guide nous a rassemblés. Les Anglais, habitués à la grisaille de Londres, disent, avec leur flegme légendaire : «Chez nous, le soleil c’est comme le bon Dieu, on ne le voit pas mais on y croit. » Je trouve cette formule géniale qui s’applique ici aussi aujourd’hui, depuis qu’un épais couvercle de plomb s’est posé sur le ciel de notre région, voilà maintenant près d’une semaine.

De 1488 à 2009

Après les rappels historiques évoquant les circonstances de la création du marché sous Charles VIII, en 1488, et ses évolutions successives jusqu’en juin 2009, date de l’inauguration du nouveau complexe, nous sommes invités à entrer dans le vif du sujet.

Terminés les tractations et marchandages d’autrefois où ventes et achats se négociaient exclusivement de gré à gré, de part et d’autre du célèbre mur d’argent, même si cette dernière possibilité, réduite à la portion congrue, existe encore aujourd’hui. Avec la modernisation, c’est un tout autre monde qui est offert aux éleveurs et marchands de bestiaux.

Au Cadran, à l’ouverture des ventes, les acheteurs sont assis dans un amphithéâtre, tels de studieux étudiants, vêtus de leurs blouses noires de maquignons, carnet, stylo, portable et calculatrice à la main. Il n’y a que des hommes. Devant eux, le bouvier fait entrer les bovins, un à un, dans un cercle qui a la forme d’un ring, circonscrit par une barrière métallique.

S’inscrivent alors sur un grand cadran placé en hauteur toutes les caractéristiques de l’animal, sa race, son origine, son poids, et les enchères commencent dont les montants successifs s’affichent sur le cadran en même temps que le directeur des ventes les annonce par haut-parleur. Pour le folklore, nous précise notre guide !

Lorsque plus personne ne renchérit, le cadran s’immobilise, et indique que la vache ou le taureau a été adjugé et vendu à tel prix. Les acheteurs récupèrent leurs bêtes et vont régler au guichet les modalités financières des transactions. Quarante-huit heures plus tard le vendeur perçoit son gain. Tout est régi automatiquement comme du papier à musique.

Nombreux panneaux explicatifs

Mais notre visite n’est pas terminée pour autant. S’il est interdit de photographier animaux et intervenants, de nombreux panneaux explicatifs nous informent sur les problématiques liées à la production de la viande bovine, de l’animal au steak, par exemple, et à la gestion des opérations nécessaires au bon fonctionnement de la structure, comme la récupération des eaux pluviales et le traitement de celles de lavage.

Une vidéo récapitulative

À midi, cette intéressante visite terminée, résumée ci-dessous dans la vidéo de F3 Bourgogne, nous sommes invités à une petite dégustation, en avant-goût du repas programmé, pour la plupart à l’inévitable tête de veau, au restaurant de proximité, comme une invite à prolonger le plaisir de la découverte de cet exceptionnel marché au Cadran de Saint Christophe en Brionnais.

Petite randonnée digestive

Mais n’oublions pas, comme précisé plus haut, que cette très instructive visite a été organisée par le groupe de marche de Versaugues que nous saluons joyeusement au passage pour cette belle initiative.

Aussi, après le repas, comme il se doit, sous la conduite avisée de notre ami Jacques, une balade d’une petite heure est proposée au groupe qui s’engage volontiers sur les sentiers d’un circuit d’une randonnée bien connue des participants n’hésitant pas à se salir les baskets pour la circonstance.

Et c’est ainsi que se termine cette magnifique journée, sans soleil à l’extérieur, certes, mais lumineuse au cœur de chacun, prémices d’autres sorties gratifiantes, occasion de rencontres amicales et de convivialité….
En attendant la saison d’hiver qui sera sans doute très rude, car comme le dit un proverbe indien du Canada :

« Quand homme blanc fait beaucoup de bois, l’hiver sera rude ! »

Photo Raymond Joyeux

Publié par Raymond joyeux
le jeudi 25 septembre 2025

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