Terre-de-Haut, une exposition de haute tenue : la photographe Claire Jeuffroy à l’honneur

À l’initiative conjointe d’Alain JOYEUX, de la Galerie Île-Art, et de la photographe Claire JEUFFROY, c’est une manifestation hors du commun qui nous est proposée à Terre-de-Haut jusqu’au 31 août de cette année 2024.

Pour le plaisir, je vous invite à prendre connaissance du reportage que le journal France-Antilles a consacré à cette exposition…. Mais surtout, si ce n’est déjà fait, à vous rendre en masse à la Galerie ÎLE-ART, 50 Rue Benoît Cassin à Terre-de-Haut, pour y admirer les remarquables photographies sous-marines de Claire Jeuffroy.

Outre le talent exceptionnel de Claire, vous y découvrirez en effet la richesse insoupçonnée de la faune et la flore sous-marines de notre région, mises en valeur par des clichés jamais réalisés à ce jour dans les eaux de notre archipel et pour lesquels notre photographe a maintes fois été primée.

Si cette exposition a pour vocation première de nous faire admirer cette richesse, elle nous invite aussi à prendre conscience de sa fragilité et de la nécessité urgente de la préserver.

À ce propos, vous lirez avec intérêt, j’en suis persuadé, la réflexion d’Alain Joyeux, jointe à ce dossier… En attendant les mesures qui seront préconisées à l’occasion d’une table ronde sur le sujet prévue sous peu, avec la participation de Claire Jeuffroy, invitée à juste titre par M. Louly Bonbon, maire de Terre-de-Haut, présent au vernissage de l’exposition le 10 août dernier.

Bonne expo à toutes et tous… et à bientôt pour une nouvelle chronique.

Raymond Joyeux

De la nécessité d’une collaboration active et responsable entre tous les intéressés

Par-delà la beauté des vues photographiques qu’elle partage à travers cette exposition et ses ouvrages, le rôle  de Claire Jeuffroy est important comme « sentinelle » du milieu naturel sous-marin saintois, car sa présence régulière sur les sites sous-marins du littoral mais aussi de Cabri, de Grand-ilet, de la Coche et des Augustins, de la Baleine et du Sec-Pâté, permet de rendre compte par la photographie de leur beauté et de la richesse de leur biotope, mais aussi d’alerter lorsque celui-ci est mis à mal.

Sa démarche écologique-sensible la confronte naturellement avec les premiers usagers « traditionnels » de la mer, les marins-pêcheurs, qui revendiquent parfois la mer comme leur propriété, tant cette pratique vitale est ancrée au cœur de l’archipel et des îles en général. Les pêcheurs sont normalement et par principe les premiers protecteurs de la mer tant il est vrai qu’elle est leur gagne-pain et première ressource depuis des générations.

Cela dit, la course au profit ne les épargne pas et certaines pratiques et techniques pas toujours maîtrisées (dur métier) créent « des dommages collatéraux » sur le milieu. Certains pêcheurs  n’apprécient bien-sûr pas d’être pointés du doigt comme étant par exemple responsables de la raréfaction des tortues, à cause notamment de filets perdus ou de folles à lambis les prenant dans leurs mailles.

Il ne s’agit pas d’opposer écologie et pêche. il s’agirait plutôt de continuer à associer ces termes dans une vue commune : « responsabilité » . Dans son action de sensibilisation pour la protection du milieu marin, Claire Jeuffroy alerte également sur l’utilisation abusive de certaines zones sensibles et fragiles du littoral comme le mouillage des bateaux de plaisance (entre autre la zone entre Pain de Sucre et Morne Rouge où le libre mouillage est encore permis) dont l’ancrage, fers et chaînages trainés endommagent parfois de façon irréversible les récifs, les coraux et leurs habitants. Son  travail d’observation est aussi une action de veille vigilante. Les autorités concernées n’ont parfois pas les moyens de faire ce travail colossal de surveillance et ne prennent pas toujours en compte les observations rapportées, se bornant au mieux  à produire des rapports ou signalements qui sont malheureusement souvent sans effets (ou effets encore attendus…), rapports sans doute perdus dans les labyrinthes administratifs ?

De fait, ces autorités publiques tardent également trop souvent à engager des actions qui sont pourtant dans certains cas urgentes, à régler dans l’immédiat. Il  n’est bien sûr pas question de jeter la pierre à qui que ce soit, étant conscient des limites de ces juridictions et des freins des procédures interminables ; des années parfois pour obtenir un financement et aller au bout d’un petit projet… 

Tout cela pour dire qu’il importe de soutenir le travail transversal des « amateurs », des bénévoles, des amoureux de la nature et de l’art, comme Claire Jeuffroy et de tous ceux qui engagent souvent des milliers d’heures incognito sur leur temps libre pour une noble cause : ici celle de la Mer. 

Ces « amateurs » peuvent réellement aider, travailler de concert avec les « professionnels » et officiels… Nous voyons une fois encore, ici avec l’engagement de Claire, le rôle majeur des observateurs indépendants pour tenter de sensibiliser la population sur des aspects peu connus et néanmoins majeurs de leur cadre de vie. Ses photographies, par leur aspect documentaire, vont ainsi  au-delà de la dimension artistique-esthétique, qui est ici remarquable, il faut le souligner, dimension qui simplement nous réjouit, nous éblouit, à travers cette exposition. Merci à elle d’avoir accepté d’exposer dans l’espace saintois ILE-ART… « ILe Aw' » en créole (Ton île !)

Comme le souligne J.M. G. Le Clézio :

« Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis »

Alain Joyeux

Les photographies sont de Claire Jeuffroy

Publié par Raymond Joyeux
le lundi 19 août 2024

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3 Responses to Terre-de-Haut, une exposition de haute tenue : la photographe Claire Jeuffroy à l’honneur

  1. Avatar de Gilles Samson Gilles Samson dit :

    Mission scientifique bientôt aux Saintes.

  2. Avatar de CORBIN Liliane CORBIN Liliane dit :

    Photos… commentaires… réflexion… conclusion : magnifique !

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