Portrait d’artistes avec UKA (United Karibean Artist ) – France-Antilles du 15 octobre 2018

Alain Joyeux : « L’art, une voie spirituelle »

Peintre tout en couleur, Alain Joyeux est installé chez sa grand-mère, aux Saintes. En plein coeur du centre-ville, il expose ses oeuvres et propose ses talents de professeur à tout ceux qui ont la chance de se promener dans la superbe île de Terre-de-Haut.

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Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Artiste saintois, je suis issu d’une double culture : caribéenne et européenne. Ma petite enfance dans notre archipel marque à jamais mon lien profond avec nos îles. Diplômé à l’école supérieure des Beaux-Arts de Lyon, professeur d’arts plastiques à Pointe-à-Pitre et à Terre-de-Bas dans les années 90, puis jardinier bio sur les hauteurs de Capesterre-Belle-Eau, j’ai enseigné par la suite dans les écoles Waldorf/ Steiner en France et me suis également formé en Art thérapie. De retour dans mon archipel chéri, les Saintes, depuis août 2017, je crée et expose à Terre-de-Haut, chez « Man’Titine » . J’y propose des ateliers, des cours de dessin et de peinture pour tous. J’organise également en Guadeloupe des journées d’initiation à l’art thérapie qui se déroulent à Bouillante chaque mois.

Quelles sont vos techniques de travail ?

Véritablement « gourmand de couleurs » , Je suis un touche-à-tout concernant les techniques picturales, considérant que chaque outil et support, séparés ou combinés, apporte son originalité quant à la qualité d’expression, aux sujets traités, aux ambiances…

Dans mes créations, je privilégie l’acrylique, sur toile ou sur bois, petit ou grand format, tout autant que l’aquarelle que j’utilise le plus souvent sur papier mouillé. Je décline ses transparences jusqu’à saturation de la couleur, ce qui diffère de l’usage habituel de ce médium. Cette technique, découverte et approfondie à l’Atelier Hauschka lors de ma formation en art thérapie, donne à mes créations une dimension visuelle originale, très puissante en terme d’impression rétinienne.

 

L’aquarelle ainsi utilisée invite au voyage onirique : la couleur est un véhicule du rêve, véhicule de l’oeuvre, l’image qui apparaît s’invite le plus souvent sans projet de départ.
Mes créations à l’acrylique, figuratives ou abstraites, sont plus « jaillissantes » : j’aime aussi le côté brut de tube et flashy que permet cette technique. Les couleurs de nos archipels m’invitent à ce festival « bariolé » ! Il y a sans doute quelque chose de l’enfance retrouvée dans cette extravagance de couleurs .

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

L’art qui m’inspire prend aussi ses sources dans la multiplicité des cultures du monde. Sensible depuis toujours à sa dimension sacrée, l’art est aussi pour moi une voie spirituelle. Qu’ils soient d’occident, d’orient, d’Océanie, d’Amériques, d’Afrique, d’inspiration chamaniques , toutes ces expressions tiennent une place importante dans mon « réseau d’influences » pour ma propre exploration, notamment l’art inspiré du Taoisme.

Chez les Classiques, les modernes et les contemporains, je peux aussi citer, comme sources d’inspiration quelques noms, mais ils sont si nombreux ! William Turner, David G. Friedrich, Paul Gauguin, Claude Monet, Marc Chagall, Mark Rothko, Gerhardt Richter, Fabienne Verdier, etc. Les artistes m’inspirent ! Une belle exposition ou un livre d’art me donnent tout de suite envie de peindre !

 

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Pop-Boat Acrylique sur bois- 122 x 70 cm – 2018

Qu’est-ce qu’être un artiste caribéen aujourd’hui ?

La Caraïbe est un melting-pot. Cette région nous donne le privilège d’être des cosmopolites. Choc de l’histoire et des civilisations et de leur multi-influences. Nous avons en plus la chance de vivre sous un climat où l’on peut rencontrer au quotidien la force des éléments, marcher pieds nus, nager, éprouver l’impact du soleil, flamboyances, lumières incroyables, douceurs et violences tout à la fois : des forêts au coeur de l’océan, le feu du ciel et les magmas souterrain, la caresse et la puissance du vent, la beauté des êtres humains nourris de tout cela avec toute leurs histoires où proximités étonnantes et différences profondes s’entremêlent , hospitalités souriantes, luttes et combats. Nous sommes pétris de cette intensité et de cette beauté. Être en contact, en relation avec tout cela, voici la nourriture de l’artiste caribéen. « Vivre et laisser Vivre »
Cet article a été publié par le quotidien France-Antilles Guadeloupe du lundi 15 octobre 2018 que nous remercions vivement pour ce partage.
PS : Pour plus d’infos sur Alain Joyeux, vous rendre sur le lien :