Cri d’alarme pour la sauvegarde du français au Québec

Intro Raymond

Langue française et immigration : qui sont les vrais racistes ?

Gabrielle BENNETT-PINEL

[…]

246516_10151822110865594_1541264947_n - Version 2Fille d’une mère française et d’un père ontarien, j’ai été élevée en français car mon père, bien qu’anglophone, le parlait très bien et jugeait normal que nous grandissions dans la langue du lieu qu’il avait choisi pour fonder sa famille. J’ai grandi dans le secteur Outremont/Côte-des-Neiges à Montréal. J’ai souvenir d’une enfance en environnement complètement francophone, à l’excep-tion [de certains groupes ultra religieux] anglophones d’Outremont qui m’ont toujours paru très repliés sur eux et aucunement intégrés à la société québécoise.

Mon tout premier souvenir négatif concernant les immigrants remonte à mon adolescence… Je devais avoir seize ans lorsque je me suis retrouvée dans un wagon de métro à la station Parc, soudainement entourée de gens de toutes nationalités… Je me souviens d’un léger sentiment d’angoisse de ne pas me sentir « chez moi ». Cela dit, durant toute ma jeunesse, j’ai eu des amis de toutes les ethnies : africaine, arabe, asiatique, hispanique… J’ai même fréquenté un Arabe et un Hispanophone en début d’âge adulte, tous francophones cependant.

 do-you-speak-englishJ’ai également voyagé en Espagne, au Maroc, au Guatemala et au Honduras, entre autres, curieuse de découvrir d’autres cultures. À l’école, j’ai appris l’anglais, mais aussi l’espagnol, par choix. Ces expériences m’ont donné une « ouverture », selon la définition actuellement valorisée, sur d’autres langues et cultures dont peu de nos concitoyens peuvent se targuer. Puis, j’ai fait mon entrée sur le marché du travail. Évidemment, je servais les clients anglophones dans leur langue et cela me paraissait normal. Plus tard, j’ai même occupé des emplois ou les employés se parlaient en anglais. Là encore, je n’y voyais pas d’inconvénient, si ce n’est mon léger malaise à parler un anglais très approximatif…

À cette époque, j’écoutais systématiquement la radio anglophone et les chansons francophones me semblaient, pour la plupart, dénuées d’intérêt. J’étais également outrée lorsque mon conjoint de l’époque me taquinait [par des facéties, attitudes ou réflexions] qui me semblaient complètement racistes et révoltants.

Election 2Puis, j’ai rencontré mon conjoint actuel, celui qui m’a ouvert les yeux, qui m’a fait naître intellectuellement. Avant lui, je n’avais jamais voté, n’en voyant tout simplement pas l’intérêt. Je ne faisais aucune différence entre les partis politiques et je me disais que, de toute façon, mon vote serait comme une goutte d’eau dans l’océan… Réfractaire au début, donc, j’ai fini par me laisser convaincre de l’importance d’accomplir mon devoir de citoyenne. Au début, ce n’était que pour la forme, puis, petit-à-petit, j’ai senti naître une certaine fierté à exprimer mes convictions, à tel point que j’aurais souhaité pouvoir voter plus d’une fois!

commerce-en-francais retouchéC’est aussi lui qui m’a fait réaliser en premier à quel point le français est menacé au Québec. Bien sûr, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Je dois dire que mon expérience en service à la clientèle y est pour beaucoup également… Après m’être fait « engueuler » plusieurs fois par des clients anglophones parce que je leur répondais en français, disons que je ne me suis pas sentie respectée dans ma culture. Ces expériences ont déclenché une colère qui ne m’a jamais quittée depuis… Cette rage de sentir ma liberté d’expression bafouée, d’autant plus que j’étais maintenant consciente que la seule langue officielle au Québec est le français!

Graduellement, j’ai également constaté que la plupart de ces clients anglophones récalcitrants étaient immigrants. Et avec la langue venait aussi souvent l’attitude : les clients francophones étant souvent beaucoup plus polis et discrets. J’en suis donc venue à associer langue et culture et à [moins apprécier] ces immigrants anglophones [qui me semblaient ] méprisants.

Diversité culturelle au Québec - Cliché Le Devoir

Diversité culturelle au Québec – Cliché Le Devoir

Bien sûr, il y a des exceptions. Mon propre père en est une, lui qui craint maintenant que notre relation soit entachée par ma colère. Mais je lui dis de ne pas s’en faire car il a tout mon respect et mon admiration, étant l’un des seuls anglophones que je connaisse à réclamer qu’on le serve en français dans les commerces !

 L’aplaventrisme : un danger intérieur 

Ce qui m’amène au point le plus souffrant de tous : l’attitude [à mon sens] colonisée des Québécois envers les anglophones et les immigrants. Je ne peux les blâmer car j’étais comme eux il n’y a pas si longtemps, prête à parler anglais à la moindre occasion, ne fût-ce que pour accommoder un seul anglophone parmi tout un groupe de francophones… Mais aujourd’hui, lorsque je reviens dans le quartier ou j’ai grandi et que j’entends l’anglais partout autour de moi dans des lieux que j’ai connus francophones toute ma vie […], je ne peux m’empêcher de rager et de souffrir lorsque de parfaits francophones s’abaissent si fièrement à servir en anglais des clients qui eux, ne font pas le moindre effort pour parler notre langue.

Manifestation pro français. Cliché J. Nadeau -Le Devoir

Manifestation pro français à Montréal. Cliché Jacques Nadeau -Le Devoir

Lorsque mes parents me parlent de l’école primaire au coin de leur rue dont sept professeurs sur sept sont des femmes […] d’une culture totalement différente de la nôtre, je ne peux m’empêcher de douter que l’éducation qu’on y prodigue reflète entièrement les valeurs québécoises… L’ouverture que je me suis volontairement imposée quand j’étais jeune, j’ai réalisé qu’elle va à sens unique. On demande aux Québécois d’être « ouverts » alors que les anglophones et les immigrants vivent la plupart du temps repliés sur eux et refusent très souvent d’apprendre notre langue ou de respecter nos valeurs. S’agit-il vraiment d’ouverture, ou n’est-ce pas plutôt de l’aplaventrisme ?

images-1Lorsque je croise systématiquement plus d’immigrants anglo-phones ou allophones que de Québécois dans la rue, je ne peux m’empêcher de me sentir envahie et étouffée par toutes ces cultures qui ne sont pas la mienne. Je ne peux m’empêcher de nous trouver trop accueillants et accommodants, tout comme lorsque je reçois un bulletin d’électeur bilingue ou que je découvre un site d’information multilingue pour les élections. Je me demande alors à quoi ressemblera le Québec de demain… Comment même espérer qu’il représente mes valeurs, celles véhiculées par la langue française, si nous encourageons autant à voter ceux qui n’en comprennent pas un mot ? […] Parfois, je n’arrive même plus à me retenir… J’arrache les affiches unilingues anglaises ainsi que la partie en anglais des affiches bilingues. Je fais des graffitis « En français S.V.P.! » sur celles que je ne peux arracher !..

anglais-intensif - copie retouchéeJ’ai mal aussi lorsque j’entends parler de programmes d’anglais intensif obligatoire au primaire alors que l’anglais est déjà en train de nous « bouffer tout crus »! Surtout qu’il n’est pas question de français intensif pour les anglophones… Surtout aussi lorsque je constate à quel point la maîtrise du français est en déclin partout autour de moi, que ce soit à l’oral, avec la quantité croissante d’anglicismes utilisés, ou à l’écrit, avec les fautes d’orthographe que je remarque de plus en plus, souvent flagrantes et à des endroits que je ne peux concevoir ( qu’il s’agisse de Unes de journaux ou de gros titres à la télévision, ou même de publicités ne contenant que quelques mots…). Cela m’attriste de constater le peu d’importance que nous accordons à notre langue, pourtant si riche. Je perçois cela comme un manque de respect envers nous-mêmes. Je pense à toute cette attirance vers le bilinguisme et je me dis : à quoi bon si nous ne maîtrisons même pas vraiment notre propre langue dans toutes ses subtilités ? Avant l’anglais intensif, privilégions donc le bon français intensif !

Un réflexe de survie

Suis-je devenue radicale ? Je crois que oui, par réflexe de survie. Suis-je devenue raciste ? Je ne le crois pas. J’apprécie encore toutes les cultures, à condition qu’elles respectent la mienne, ce qui n’est pas le cas présentement. Il n’est pas normal qu’on doive respecter la culture de tous les peuples dans leurs pays respectifs, mais qu’on accepte que ceux-ci ne le fassent pas avec nous quand ils viennent chez nous !

[…]

franglais[Selon moi], les vrais racistes, les vrais radicaux, [si tant est que ces mots conviennent en la circonstance], ce sont ceux qui contribuent à la disparition du français sur ce continent. Si notre langue disparaît, si notre peuple est noyé dans une mer d’immigrants ne s’intégrant pas, c’est la spécificité québécoise qui disparaît et c’est une partie de l’humanité qui se trouve appauvrie. Fermer les yeux devant l’anéan-tissement de toute une culture sous prétexte qu’elle ne serait pas assez forte pour survivre, cela rappelle les pires périodes humaines et je crois que les gens qui se gorgent de bilinguisme ou qui déroulent le tapis rouge devant tous les immigrants feraient mieux d’ouvrir un livre d’histoire et de voir ce qui est advenu des peuples minoritaires ayant suivi cette voie.

Gabrielle Bennett-Pinel

En contrepoint à la réflexion de Gabrielle, cette information publiée le 27 mars 2014 par My TF1 News sur l’avenir du français dans le monde : 

« Le mandarin et l’anglais langue n°1 dans le monde ? Pas si sûr. Selon une étude, le français sera la langue la plus parlée en 2050 dans le monde….

750 millions. C’est le nombre de personnes qui parleront le français dans le monde d’ici 2050. Ces projections sont le fruit d’une étude menée par la banque Natixis, à l’occasion de La Journée internationale de la Francophonie du 20 mars dernier, relayée par le magazine Forbes. »

De quoi rassurer quelque peu, je l’espère, notre jeune auteure québécoise d’aujourd’hui ainsi que tous ceux qui, comme elle, s’inquiètent du destin de la langue de Molière, au Québec comme ailleurs.

R.J.

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10 commentaires pour Cri d’alarme pour la sauvegarde du français au Québec

  1. Gabrielle Bennett-Pinel dit :

    Merci et bravo Raymond pour cette bonne adaptation plus universelle de mon texte! Bon choix d’images également! En espérant qu’il plaira aux lecteurs, ou du moins, qu’il permettra une certaine réflexion…

    Gabrielle Bennett-Pinel

  2. David Bennett dit :

    Les Québécois de langue française sont peu nombreux (6.1 millions en 2011). Ils partagent l’Amérique du Nord avec 330 millions d’anglophones. Ils sont donc condamnés à une vigilance éternelle pour préserver leur langue. La francophobie déplorable des médias anglophones du Canada anglais est devenue la norme. On s’y moque et y méprise trop facilement les préoccupations linguistiques des Québécois en évoquant des grands mots comme xénophobie, racisme et fascisme. (Si défendre la langue française est considéré comme raciste, de quelle race s’agit-il?) Étant un peuple colonisé par un siècle d’occupation de l’armée britannique, les Québécois se laissent facilement convaincre qu’ils abusent de leur minorité anglo-québécoise, pourtant ô combien choyée. Vivant depuis bientôt 50 ans au Québec, je suis un de ces anglos et je ne me suis jamais senti abusé par les francophones, et bien au contraire, la langue française a agrémenté mon quotidien. Aujourd’hui, je crains que trop peu de Québécois se rendent compte de l’ampleur de l’anglicisation à Montréal et ses environs. Tristement, c’est avec la complicité de trop de francophones eux-mêmes que nous approchons d’un état critique où il ne sera plus possible d’inverser le déclin de leur langue, et qui dit langue dit culture.

    À propos de l’élection du 7 avril prochain, voici une citation d’une lettre publiée dans Le Devoir du 26 mars et qui exprime mon point de vue :
    « Le Parti libéral n’est certes pas celui qui se donnera la mission de promouvoir le fait français ; leurs électeurs n’y voient aucun intérêt ! Et cela m’inquiète profondément pour l’avenir des Québécois francophones, pour l’avenir de mes petits-enfants. Et je me demande pourquoi les anglophones du Québec qui sont nos concitoyens, que nous respectons, que nous apprécions, pourquoi ceux-ci en retour nous méprisent à ce point ».

    Papa de Gabrielle

    • Gabrielle Bennett-Pinel dit :

      Bravo papa! 100% d’accord avec toi!

      • raymondjoyeux dit :

        C’est la faute à Jeanne d’Arc !..

        Merci David et Gabrielle pour vos appréciations et contributions au débat. Je pourrais y participer moi aussi, si vous le permettez, car je relis le livre de Henriette Walter, offert d’ailleurs par Dominique et toi-même David, intitulé Honni soit qui mal y pense et dans lequel, elle ne semble pas du tout inquiète de la situation du français au Québec, sans pour autant développer outre mesure ce sujet. Je n’entrerai pas dans les détails. Mais je vous citerai juste un petit passage connu mais qui m’a amusé néanmoins, au début du livre :  » Le français avait conquis (au XI ème siècle !) ses lettres de noblesse en Angleterre comme il l’avait fait en France, et cette situation se prolongea durant trois cents ans, pendant lesquels le français est resté la langue phare en Angleterre. C’est seulement au milieu du XIV ème siècle que l’anglais commence à s’imposer à son tour, et l’action de Jeanne d’Arc aura pour conséquence de mettre, quelques décennies plus tard, un point final à la prépondérance du français de l’autre côté de la Manche. En boutant les Anglais hors de France, Jeanne d’Arc avait du même coup fait perdre à la langue française les chances d’expansion mondiale que l’anglais connaîtra beaucoup plus tard… »

        L’amusant c’est que j’ai raconté cet fait historique à un Français « pure laine » et savez-vous ce qu’il m’a répondu ?  » Finalement les Anglais ont bien fait d’avoir brûlé Jeanne d’Arc » et se reprenant il a ajouté :  » En même temps, ils ont eu tort, car c’est grâce à elle que leur langue a conquis le monde ! » Authentique… En conclusion, sans Jeanne d’Arc, ce sont les anglophones du Canada qui se plaindraient aujourd’hui d’être menacés dans leur langue par les francophones. Comme quoi un « rien » suffit parfois à changer le cours des choses et de l’histoire ! Mais ça on le savait déjà…

  3. atht dit :

    Bonjour,
    article très intéressant et tellement vrai. Ici en Bretagne (comme partout en France), on voit certaines communautés s’installer, notre magnifique pays étant à leurs yeux l' »Eldorado ». Cela ne me pose pas de problème, toutes les cultures sont enrichissantes, et quoi de plus normal que de vouloir vivre décemment et libre. Malheureusement pour certains, et c’est là ou je rejoins Mme Bennett-Pinel, notre culture ne les intéresse pas, parfois il la rejette,, s’intégrer oui, mais une intégration à sens unique.
    C’est le terroir de l’incompréhension et du racisme. Mais n’est pas toujours raciste celui que l’on croit !
    Que faire pour éviter une « colonisation par immersion » ? Je pose la question sans vouloir choquer, mais si je respecte les différentes cultures, j’aime la mienne et je souhaite que mes petits enfants y prospèrent et qui sait , l’améliorent encore.

  4. Duval Michel dit :

    Gabrielle a raison de dire que l’anglais est dominant dans son quartier (partie ouest de Montreal et de la province). Mais historiquement (depuis le 18e siècle) il l’a toujours été, donc il n’y a pas eu là de régression du français. Au contraire, avant la loi 101 des années 1970 le français y était carrément interdit, alors qu’il y est quand même très répandu aujourd’hui. Les anglophones s’en plaignent d’ailleurs abondamment ! Les nouveaux immigrants ont tendance à s’installer d’abord dans ce quartier parce qu’il est moins cher, essayant de s’intégrer du côté anglophone en pensant que cela va augmenter leurs chances de réussite sociale au Canada ou aux USA (ils viennent tous ou presque pour des raisons économiques). Puis leurs enfants vont à l’école française (ils n’ont pas le choix), et ils finissent par s’intégrer aux francophones et deviennent de parfaits québécois.

    • Gabrielle Bennett-Pinel dit :

      L’anglicisation que je remarque n’est pas uniquement dans mon quartier d’enfance, mais partout autour de moi. Je n’ai qu’à penser au centre-ville de Montréal ou à Laval, ou l’anglais se propage à une vitesse folle…
      Et il me semble noter une contradiction dans vos propos: comment se fait-il que l’anglais soit dominant dans un quartier multiethnique si, comme vous le dites, les immigrants « finissent par s’intégrer aux francophones et deviennent de parfaits québécois » ? Pour ma part, je crois que cette intégration est loin d’être majoritaire…

  5. Duval Michel dit :

    Il n’y a pas de contradiction. Le quartier CdN-NdG est le point d’arrivée des nouveaux immigrants anglophones (de Jamaique, Pakistan, Indonésie, Indes, etc) ou allophones. À cela deux raisons : les loyers y sont moins chers, et ils y trouvent des compatriotes qui les aident dans leur difficile transition culturelle. Puis ils envoient leurs enfants à l’école française (ils n’ont pas le choix avec la loi 101), ceux-ci deviennent de parfaits québécois francophones, la situation économique des parents s’améliore, et après quelques années toute la famille déménage dans d’autres quartiers (le plus souvent francophones à cause du travail et des enfants). C’est la réussite du modèle d’intégration québécois.

    Pour ce qui est des québécois anglophones de souche, ceux-là ont le choix de rester unilingues anglophones, ce qui est bien normal, mais la plupart deviennent bilingues, sachant que cela est quasiment indispensable pour travailler ou faire des affaires au Québec. À part quelques commerces radicaux de l’ouest de l’île ou de banlieue, si on s’adresse à eux en français, ils répondront en français.

    Je ne pense pas que le français soit actuellement menacé au Québec, y compris à Montréal. Au contraire, sa situation s’est énormément améliorée depuis 1976 avec la loi 101, et je ne trouve pas qu’elle se soit dégradée ces dernières années. Même le parti québécois le reconnait, à part quelques radicaux ultra nationalistes.

    Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur les élites francophones nationalistes du Québec (j’en connais beaucoup), qui ont toujours voulu empêcher les francophones ordinaires d’apprendre l’anglais correctement « pour leur bien », alors que eux le maîtrisent très bien. Ils se comportent en cela comme le clergé catholique d’autrefois, qui préférait maintenir le peuple dans l’ignorance « dans l’intérêt supérieur de l’Église et de la nation».

    Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, maîtriser plusieurs langues est indispensable et doit plutôt être encouragé, dans la mesure où la langue principale n’est pas menacée, ce qui est le cas aujourd’hui au Québec. Les Européens du nord parlent mieux l’anglais en langue seconde que beaucoup de Britanniques ou Américains et cela, entre autres talents, leur permet d’avoir un niveau de vie supérieur au nôtre.

  6. Duval Michel dit :

    Après deux mois de très longs voyages à l’étranger, je reprends cette intéressante discussion.

    L’article mentionné ci dessus par Gabrielle a été écrit par le Mouvement Québec français (MQF), un organisme ultra nationaliste qui n’a pas hésité à passer sous silence les chiffres de Statistique Canada de 2011 pour le Québec, indiqués dans l’article écrit par TVA nouvelles exactement au même moment et attaché à l’article de Gabrielle : (http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2012/10/20121024-092725.html).

    Statistique Canada, contrairement à ce que laisse entendre le MQF, mentionne que « au Québec, 82,5% de la population parlaient le français le plus souvent à la maison en 2011 », .. « la proportion de la population ayant le français comme langue maternelle était de 79,7% »..et « 94,4% des Québécois étaient capables de parler le français. » Il ajoute que « c’est le faible taux de fécondité et l’immigration internationale qui influent le plus sur l’évolution du français au Canada » (et au Québec). La fédération des francophones du Canada ajoute : « ce qui est étonnant c’est de voir qu’il y a beaucoup (d’immigrants) qui n’ont pas le français comme langue maternelle mais qui parlent le français ».

    On est donc très loin des propos alarmistes du MQF, destinés à promouvoir son agenda politique, et il est faux de dire que le français est en danger actuellement au Québec.

    Sur l’île de Montréal, la proportion de francophones est effectivement à la baisse mais cela est dû à l’exode des québécois francophones de souche (y compris du MQF) vers les balieues plus cossues de la Rive Sud et de la Rive Nord, remplacés par des immigrants plus pauvres. Globalement cela n’affecte pas la situation au Québec. À cause de cet exode, la population de Montréal en général, et pas seulement des francophones, est d’ailleurs également à la baisse. Quand habiter sur l’île redeviendra à la mode, la proportion de francophones sur l’île repartira à la hausse, avec le retour des riches banlieusards francophones qui s’y achèteront des condos de luxe…

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